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2e Bureau, Affaires militaires, Archives Nationales, État-major de l'armée, Belle Époque, Document historique, Espionnage 1904, Histoire du renseignement, Ministère de la Guerre, Renseignement français, Sûreté générale, Service de Renseignements, Spilleux
Découvrez une pièce d’archive fascinante datée de 1904 : un bordereau du Ministère de la Guerre issu du service de renseignements (le célèbre 2e Bureau). Ce document historique lève le voile sur les activités de l’ombre au début du XXe siècle à travers une lettre du sieur Spilleux. Entre promesses de révélations sur une « nouvelle maison » et menaces de vendre son silence à prix d’or, cette correspondance adressée à la Sûreté générale illustre parfaitement les tensions et les méthodes d’espionnage de l’époque. Plongez dans les coulisses de l’état-major français, où l’information se monnaye et où les agents doubles ne sont jamais loin.

Bordereau Ministère de la guerre. Etat-major de l’armée.Section de renseignements.
Envoyé à la Sûreté générale le 1er mars 1904.
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n°248 S.R
Paris, le 1er mars 1904.
n°248 S.R
Paris, le 1er mars 1904.
NOTE
Envoi d’une lettre du sieur SPILLEUX.
Comme suite à la note du 26 février dernier, on a l’honneur de transmettre ci-joint, à la Direction de la Sûreté générale, une nouvelle lettre adressée par le sieur Spilleux.
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Copie.
13 (illisible, probablement mars)
(À Monsieur Lucien Perraud.)
J’ai l’avantage de vous accuser réception de votre lettre du 29 du mois écoulé et vous confirme la mienne de même date. Pour ce qui concerne l’ancienne affaire, vous n’y êtes pas du tout : je n’ai jamais reçu de télégramme le 3 août, ni le 4 ; j’ai eu une entrevue avec F. à Bruxelles le 30 août, et le lendemain 31, j’ai reçu une dépêche accompagnant un mandat télégraphique de cent francs dont j’ai délivré quittance. Somme qui devait me permettre de me rendre à Lille, où j’ai eu une nouvelle entrevue avec F., qui m’a absolument « refait », grâce à ma rondeur (?) en affaires et à la confiance que j’avais dans votre délégué…
Entre parenthèse, mon séjour dans le Nord m’a coûté plus de deux cents francs !
Concernant les nouveaux renseignements que je possède au sujet d’une nouvelle maison, au reçu de la présente envoyez-moi un mandat télégraphique, à l’adresse que vous connaissez, et je prendrai immédiatement le train pour Paris afin d’aller traiter directement avec le 2e bureau, mes renseignements étant de la plus haute importance dans les circonstances présentes.
Je compte donc sur un mandat télégraphique pour jeudi vers midi, au plus tard, sinon je m’adresserai ailleurs, là où l’on me paiera mon silence à prix d’or…
Agréez, Monsieur, mes sincères salutations et croyez à toute ma sincérité.
(S.) Spilleux.
N.B. Je n’écrirai plus : à vous de savoir si vous voulez, ou non, une solution immédiate.
Enveloppe : Particulière. Monsieur le général André rue Saint Dominique Paris. Cachet de la poste 14-15 mars 1904. Bruxelles
Archives nationale 19940474/378
Lire le dossier : Contre enquête sur le cas de Serraux-Spilleux accusé d’être un agent du préfet de police Louis Andrieux





