Le gouvernement chinois a mauvaise réputation en matière de finances. La plupart des pays, y compris les pays développés comme les États-Unis, pensent qu'il les manipule et les dupe régulièrement. Imaginez maintenant si le puissant gouvernement chinois s'attaquait à des nations plus petites comme le Sri Lanka, le Népal, le Pakistan et le Bangladesh ! La force et l'intelligence des entreprises chinoises seraient impuissantes, n'est-ce pas ? C'est pourtant ce qui s'est produit dans ces pays. Les Chinois ont quasiment anéanti les économies du Sri Lanka et du Pakistan avec leurs prêts usuraires. Le Népal et le Bangladesh ont également été touchés, mais dans une moindre mesure.
Dans cet article, nous allons comprendre les motivations derrière les prêts prédateurs de la Chine ainsi que les effets qu’ils ont eu sur des pays comme le Sri Lanka et le Pakistan.
Les intentions de la Chine derrière les prêts
Le gouvernement chinois accorde des prêts à de nombreux pays en développement voisins. Bien que la Chine soit elle-même un pays en développement, elle ambitionne une suprématie régionale. Son principal adversaire dans ce domaine est l'Inde. Hormis l'Inde, aucun pays de la région n'égale Pékin en termes de richesse ou d'influence. En octroyant des prêts à des pays partageant des frontières terrestres ou maritimes avec l'Inde, la Chine se fait des alliés proches de son ennemi ! De plus, ces prêts sont assortis de conditions qui augmentent considérablement le risque de défaut de paiement des emprunteurs. Cela permet à la Chine de contrôler les ressources terrestres et maritimes du sous-continent. Elle peut ensuite les utiliser pour construire des bases militaires stratégiques et renforcer sa puissance économique. Enfin, la Chine souhaite construire une route la reliant à l'Europe continentale. Si cette route passe par la Chine, les coûts d'exportation seront considérablement réduits. Actuellement, les navires doivent traverser le sous-continent indien avant de pouvoir atteindre l'Europe. La Chine a besoin de la coopération de plusieurs pays, comme le Pakistan et l'Iran, pour y parvenir. Quel meilleur moyen d'obtenir cette coopération que de rendre l'autre partie profondément endettée ?
Le massacre financier sri-lankais
Le Sri Lanka est en proie à la guerre civile depuis deux décennies. Les affrontements internes et les opérations militaires incessantes ont ravagé les infrastructures du pays. Pour amorcer une croissance économique, le pays devait impérativement se doter d'infrastructures de niveau international. C'est là que la Chine était censée intervenir. Elle a accordé des prêts colossaux au Sri Lanka, utilisés pour plusieurs projets ambitieux, notamment la construction du port d'Hambantota et de l'aéroport de Mattala, aujourd'hui l'un des aéroports internationaux les moins fréquentés au monde. La Chine a également investi des milliards dans la construction d'une ville portuaire, aujourd'hui abandonnée. Des projets ambitieux de lignes ferroviaires et de routes ont aussi été entrepris. Une fois de plus, les résultats ont été loin d'être concluants. Le Sri Lanka est aujourd'hui pris au piège de la dette, avec une dette de 64 milliards de dollars envers des créanciers étrangers, dont 8 milliards à la Chine ! Le ratio dette/PIB est alarmant, et la contraction de l'économie sri-lankaise rend le service de cette dette impossible. Le gouvernement sri-lankais s'est endetté pour rembourser ses anciens prêts. Récemment, le FMI a dû intervenir et accorder un plan de sauvetage au Sri Lanka. Le pays doit encore honorer 4 milliards de dollars de remboursement de dette en 2017 et se trouve dans l'incapacité de le faire. Cette situation critique est imputable à la Chine. Dans un premier temps, la Chine a incité le Sri Lanka à s'engager dans de nombreux projets, affirmant qu'ils deviendraient rentables une fois le projet des Nouvelles Routes de la Soie (OBOR) couronné de succès. Ensuite, la Chine a proposé des prêts au Sri Lanka à des taux d'intérêt deux fois supérieurs. Le Sri Lanka empruntait auprès du FMI et de la Banque mondiale à des taux d'intérêt de 1 % à 3 %, tandis que la Chine lui prêtait de l'argent à des taux de 3 % à 6 %. C'est l'une des principales raisons de l'explosion de la dette sri-lankaise. Finalement, la Chine s'est appropriée les actifs du pays, à la manière d'un prêteur prédateur. Elle détient désormais un bail de 99 ans sur le port d'Hambantota, le gouvernement sri-lankais étant incapable de rembourser sa dette. Le gouvernement sri-lankais s'efforce de négocier avec la Chine afin d'obtenir une participation plus importante au capital en guise de remboursement de dette. Cette mesure permettrait à la Chine de maintenir une présence militaire considérable aux portes de l'Inde, pays rival. On peut alors se demander si cela faisait partie du plan initial de la Chine.
Le fiasco pakistanais
À l'instar du Sri Lanka, le Pakistan a également emprunté près de 50 milliards de dollars auprès de banques chinoises à des taux d'intérêt élevés. Le Corridor économique Chine-Pakistan (CPEC) représente le seul espoir de redressement pour le Pakistan, un pays en difficulté. Cependant, la Chine use de sa puissance financière pour faire pression sur le Pakistan. La plupart des critiques du CPEC constatent que les bénéfices sont inégalement répartis. Ils ne profitent qu'à la Chine, qui dicte les conditions. Le Pakistan ne fait qu'obéir aux ordres de Pékin. Le coût du projet a explosé de plusieurs milliards. Le Pakistan est lourdement endetté envers Pékin. Selon des experts qui étudient la question de près, le Pakistan pourrait ne tirer aucun profit du CPEC pendant 40 ans après sa mise en service. En effet, il devra rembourser les prêts, assortis d'intérêts substantiels, durant cette période. Face à la situation économique du Pakistan et du Sri Lanka, le Népal et le Bangladesh ont pris conscience de la gravité de la situation. Ils examinent attentivement chaque accord proposé par la Chine afin d'éviter un futur sujétion à la dette chinoise.