Chants : ARC 36 ; 562 ; 428, 3-5 ; 534 ;
Lectures : AT : Gen. 28, 10-19a
Épître : (Rom. 8, (12-13)14-17) Évangile : Lc 17, 11-19
PR : 1Thess. 5, 14-24
En cette fin de sa première lettre aux Thessaloniciens, et peut-être sa première lettre tout court, Paul rappelle à cette jeune communauté que ce n’est pas tout de croire en Jésus, que la conversion n’est pas la fin du voyage mais le début, et que cette foi a de graves conséquences pour la vie du croyant.
On peut dire que c’est une façon de décliner le double commandement de l’amour. Même si Paul commence par l’amour du prochain.
« Reprenez les désordonnés. » Contrairement à ce qu’on pourrait croire, il ne s’agit pas de se faire policier pour l’autre. Il y a eu des temps où les pasteurs, notamment réformés, veillaient très strictement sur le comportement de leurs ouailles. De sorte que les paroissiens refusaient que les pasteurs fassent des visites ; ils ne voulaient pas avoir la police religieuse à la maison.
Bien sûr, les désordonnés, ce ne sont pas ceux qui n’entretiennent pas leur maison selon le modèle des grands catalogues. Le mot grec est « atactos », donc quelqu’un qui a perdu le rythme, la régularité de sa vie. Et reprendre ne veut donc pas dire réprimander, mais aider à retrouver le chemin, le bon rythme. Peut-être lui mettre un peu de feu sous les pieds pour lui faire bouger plus vite. Peut-être tout au contraire le freiner pour pas qu’il s’emballe, pas qu’il vive au-dessus de ses forces. C’est une façon de prendre soin du frère ou de la sœur. Tout comme de donner du courage à celui qui a perdu son élan, et de porter celui qui n’a plus de force. Lire la suite
Archives mensuelles : septembre 2014
Église – une responsabilité partagée
Chants : ARC 119, 1.3-4 ; 427 ; 426 ; 532 ;
Lectures : AT : Gen. 4, 1-16a
Épître : (1Jn. 4, 7-12) Évangile : Lc 10, 25-37
PR : Ac. 6, 1-7
Ce petit récit nous montre (une fois de plus, après l’histoire d’Ananias et Saphira qui n’étaient pas honnêtes quant à leur don à l’Église), que déjà la première communauté chrétienne du monde souffrait de ce qui n’est que trop humain.
Qu’est-ce qui s’est passé ? Éh bien, avec les dons des membres, l’Église entretient une sorte de soupe populaire – mais dont l’accès n’est ouvert qu’aux pauvres de la communauté, avant tous aux veuves. Et il y a deux groupes dans la communauté, les uns originaires de Jérusalem, Judée et Galilée, les autres ayant grandi quelque part bien ailleurs, depuis Rome jusqu’en Mésopotamie. Les uns parlent araméen, la langue commune des autres est le grec. Et ces derniers, issus donc de la dissémination juive, se plaignent que leurs pauvres sont mis à l’écart durant la distribution. C’est bien humain : on a facilement l’impression que l’herbe du voisin est plus verte, que son gobelet est plus plein et son assiette aussi. Lire la suite
Ce qui tient ou ne tient pas
Chants : ARC 136, 1-5.9-10 ;253 ; ; 536 ;
Lectures : AT : És. 29, 17-24
Épître : (Ac. 9, 1-9(10-20)) Évangile : Mc 7, 31-37
PR : 1Cor. 3, 9-15
Ma grand-mère avait un jeu de six petites cuillères à café en argent. Ma grande-tante avait les mêmes, en or. Avant la guerre, c’était un jeu de douze, toutes en or. Elles avaient été séparées, la moitié dans la maison de ville, l’autre dans la maison au bord de la mer. Après le bombardement de Hambourg, les cuillères retrouvées dans les débris de ce qui avait été leur maison, avaient perdu leur dorure. Leur âme, si j’ose dire, était en argent, et c’est elle qui est restée.
Ces cuillères ont passé par le feu, ont été éprouvées, et leur véritable nature a été révélée.
Ce dont parle l’apôtre ici aux Corinthiens, ce n’est pas l’enfer. Ce n’est pas non plus un temps de punition avant d’entrer quand même au paradis. Rien à voir.
Mais il écrit aux Corinthiens dans un souci œcuménique, si on veut. Il y a dans la communauté des gens qui se réfèrent à Paul, d’autres à Apollos, d’autres à Pierre ou à d’autres apôtres. Un peu comme nous nous référons à Calvin, Zwingli, Luther, et d’autres se réfèrent au pape. Et bien évidemment, chacun est convaincu que c’est lui seul qui détient la vérité, et que ceux qui ont d’autres références, sont dans l’erreur. Lire la suite