Le dernier wagon? Ou le premier.

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La lutte ne s’arrête pas à la porte des prisons

george-jackson

Tout crime est le résultat, soit d’une simple oppression d’ordre économique, soit des répercussions psychosociales d’un système économique qui est périmé depuis un bon siècle. Conditions socioéconomiques objectives = activité productive ou antiproductive, déterminée dans tous les cas par le système économique, les méthodes d’organisation économique, le maintien de cette organisation contre les forces progressistes qui cherchent à
la changer.
Même la maladie psychologique de l’individu qui commet un crime de sang est imputable à la maladie de la société.
Il faut atteindre les prisonniers et leur faire comprendre qu’ils sont les victimes d’une injustice sociale. C’est la tâche que je me suis fixée, travailler de l’intérieur (tant que j’y serai je suis convaincu que la guerre ne rime à rien si on la mène sur un terrain tenu par la bourgeoisie).
La classe prisonnière devient, de par sa puissance numérique et ses conditions de vie, un gigantesque réservoir de potentiel révolutionnaire. Travaillant seuls à l’intérieur d’une société cerclée de fer, les gens comme moi ont peu de chances de pouvoir libérer ce
potentiel.
Cela fait partie des fonctions du « Mouvement des prisons ». Dire : « La population de l’Etat de … contre John Doe », est une aberration tout aussi évidente qu’un coup monté à des fins
clairement politiques ; cela revient à dire : « Le peuple contre le peuple. » L’homme contre luimême.
Le « Mouvement des prisons » a un autre but politique important. Il fait prendre conscience à la classe dirigeante de notre détermination à lutter jusqu’à la mort pour notre droit économique à prendre en mains les moyens de production. La détention ne peut pas circonscrire notre mouvement.
Le mouvement du 7 août, et toutes les actions réelles, ou tentatives, incitent les gardiens à punir plus facilement de mort ce type de manifestation. Ils tentent également de s’infiltrer partout où se révèle la conscience révolutionnaire, à tous les niveaux de la lutte, au niveau le plus élevé, les points de production, ainsi qu’aux niveaux inférieurs.
Pour nous le but reste le même : créer une infrastructure capable d’accueillir une armée du peuple. Personne parmi nous ne devrait ignorer que la révolution est agressive par définition et que le fait de présenter aux tenants du système des réclamations – qu’ils ne peuvent pas ou ne veulent pas satisfaire – peut, à la limite, nous entraîner dans un affrontement
violent avec le système.
Voici venues les dernières années du capitalisme, et, à mesure que nous avançons dans nos activités contre l’Establishment, nous prenons conscience de cet enseignement de l’Histoire : lorsque le prestige d’un système tombe, la transformation de ce système est précédée d’une ère de violence. Nous pouvons limiter l’étendue de la violence en mobilisant le plus possible de partisans à tous les niveaux de la vie socioéconomique, mais si l’on considère la mainmise de la classe dirigeante sur les apolitiques en général et son expérience historique de la violence, on est automatiquement amené à penser que la révolution passera par le désordre, peut être même par la guerre civile.
Ni l’un ni l’autre ne m’effraie car il n’y a rien de bon dans le capital monopoliste, rien à gagner, il doit être détruit sans aucune réserve.
Tant qu’il menace au dessus de nos têtes, il ne peut être considéré que comme un ennemi qui nous laisse dans l’oubli après nous avoir utilisés comme ses serviteurs. Il doit être détruit totalement, pas rejeté, pas simplement transformé, mais détruit, complètement, définitivement, implacablement et sans rémission – il faut en finir le plus rapidement possible !

George Jackson – Vers le front uni, 1971

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De Paris à Toulouse, de Toulouse à Milan

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Asian Dub Foundation – TH9

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Solidarité

affiche PSA 2.4

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Photos de la Manifestation en hommage à Dax, antifasciste italien assassiné il y a dix ans

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La Commune de Paris: le débat sur l’Etat et le Pouvoir

la commune graff

Un texte très intéressant de nos camarades occitans du blog Sheisau Sorelh (sixième soleil) qui présente le point de vue communiste-révolutionnaire sur cette question, en étudiant une expérience historique d’une importance majeure pour notre mouvement. L’article intégrale est disponible en cliquant sur l’image (bravo à l’Action Antifasciste Paris-Banlieue pour celle ci). Tous les membres de notre collectif ne partagent pas nécessairement ces positions car le débat reste vif, bien sûr!

Ces quelques réflexions sont dédiées aux milliers de Communards massacrés par l’ignoble République.

 »Ont-ils jamais vu une révolution, ces messieurs ? Une révolution est certainement la chose la plus autoritaire qui soit; c’est l’acte par lequel une partie de la population impose sa volonté à l’autre au moyen de fusils, de baïonnettes et de canons, moyens autoritaires s’il en est; et le parti victorieux, s’il ne veut pas avoir combattu en vain, doit maintenir son pouvoir par la peur que ses armes inspirent aux réactionnaires. La Commune de Paris aurait-elle duré un seul jour, si elle ne s’était pas servie de cette autorité du peuple armé face aux bourgeois ? Ne peut-on, au contraire, lui reprocher de ne pas s’en être servi assez largement ? Donc, de deux choses l’une : ou les antiautoritaires ne savent pas ce qu’ils disent, et, dans ce cas, ils ne sèment que la confusion; ou bien, ils le savent et, dans ce cas, ils trahissent le mouvement du prolétariat. Dans un cas comme dans l’autre, ils servent la réaction. » F.Engels.

Aujourd’hui 18 mars 2013 nous fêtons les 142 ans de la déclaration de la Commune de Paris, fait majeur dans l’histoire révolutionnaire : c’est en effet la première tentative de gouvernement ouvrier de l’histoire. Cette tentative sera impitoyablement réprimée par la toute jeune IIIe République bourgeoise : plus de 20.000 morts, le prolétariat Parisien sera décimé. D’autres Communes voient le jour notamment à Marseille, où l’ignoble Thiers « s’exercera » sur le prolétariat marseillais avant d’écraser ses frère parisiens. Comme témoignage, nous avons la célèbre chanson en occitan « O libertat », que nous vous mettons en lien. Cet hymne du poète plébéien marseillais Victor Gélu sera chanté les ultimes instants de la résistance dans la préfecture de Marseille aux mains des Communards. Jules Ferry le ‘grand homme de gauche’ sera du côté des Versaillais, nom donné aux gouvernement de la réaction. Nous ne décrirons pas ici l’histoire des glorieux 100 jours de la Commune, vous trouverez ces jours-ci des articles historiques complets sur le web. Nous désirons nous arrêter sur la question qu’elle a soulevé et que, 142 ans après, le mouvement révolutionnaire n’a toujours pas élucidé, celle de la question du pouvoir et de l’État.

Durant la Commune, Karl Marx s’aperçoit en pratique des limites de l’action des révolutionnaires. Nous citerons ici Lénine, citant lui-même K. Marx dans un classique du léninisme,  »L’État et la révolution ».

 « La Commune fut composée des conseillers municipaux, élus au suffrage universel dans les divers arrondissements de la ville. Ils étaient responsables et révocables à tout moment. La majorité de ses membres étaient naturellement des ouvriers ou des représentants reconnus de la classe ouvrière. »

« Au lieu de continuer d’être l’instrument du gouvernement central, la police fut immédiatement dépouillée de ses attributs politiques et transformée en un instrument de la Commune, responsable et à tout instant révocable. Il en fut de même pour les fonctionnaires de toutes les autres branches de l’administration. Depuis les membres de la Commune jusqu’au bas de l’échelle, la fonction publique devait être assurée pour des salaires d’ouvriers. Les bénéfices d’usage et les indemnités de représentation des hauts dignitaires de l’État disparurent avec ces hauts dignitaires eux-mêmes… Une fois abolies l’armée permanente et la police, instruments du pouvoir matériel de l’ancien gouvernement, la Commune se donna pour tâche de briser l’outil spirituel de l’oppression, le « pouvoir des prêtres »… Les fonctionnaires de la justice furent dépouillés de leur feinte indépendance… ils devaient être électifs, responsables et révocables. »

Ainsi, la Commune semblait avoir remplacé la machine d’État brisée en instituant une démocratie « simplement » plus complète : suppression de l’armée permanente, électivité et révocabilité de tous les fonctionnaires sans exception. Or, en réalité, ce « simplement » représente une œuvre gigantesque : le remplacement d’institutions par d’autres foncièrement différentes. C’est là justement un cas de « transformation de la quantité en qualité » : réalisée de cette façon, aussi pleinement et aussi méthodiquement qu’il est possible de le concevoir, la démocratie, de bourgeoise, devient prolétarienne; d’État (=pouvoir spécial destiné à mater une classe déterminée), elle se transforme en quelque chose qui n’est plus, à proprement parler, un État.

Mater la bourgeoisie et briser sa résistance n’en reste pas moins une nécessité. Cette nécessité s’imposait particulièrement à la Commune, et l’une des causes de sa défaite est qu’elle ne l’a pas fait avec assez de résolution. Mais ici, l’organisme de répression est la majorité de la population et non plus la minorité, ainsi qu’avait toujours été le cas au temps de l’esclavage comme au temps du servage et de l’esclavage salarié. Or, du moment que c’est la majorité du peuple qui mate elle-même ses oppresseurs, il n’est plus besoin d’un « pouvoir spécial » de répression ! C’est en ce sens que l’État commence à s’éteindre. Au lieu d’institutions spéciales d’une minorité privilégiée (fonctionnaires privilégiés, chefs de l’armée permanente), la majorité elle-même peut s’acquitter directement de ces tâches; et plus les fonctions du pouvoir d’État sont exercées par l’ensemble du peuple, moins ce pouvoir devient nécessaire. »

Sheisau Sorelh – La suite en lien…

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MC Jean Gab’1 – Anti

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La lutte, c’est…

soviet marines

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Imagine un monde…

controle des travailleurs

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Comme en Andalousie

Occupation Andalousie

Un article d’information du magazine Basta! au sujet des luttes pour la terre en Espagne, et plus particulièrement en Andalousie où ce combat rejoint une tradition historique d’action paysanne. Il est très intéressant de constater que dans une société de classe où les antagonismes se rapprochent de ceux du 19° siècle (les écarts de salaires pharamineux en plus) des gens poussés à bout retrouvent les techniques qui fonctionnent et se reprennent le contrôle de leurs vies, en choisissant la solidarité plutôt que les solutions individuelles. L’article entier est disponible en lien.

« Quand nous sommes arrivés à Somonte pour occuper les terres, c’était un matin très tôt, au lever du soleil, se souvient Javier Ballestero, ouvrier agricole andalou. J’ai été surpris par le silence. Il n’y avait pas d’oiseaux sur ces terres ! Pas de vie ! Rien ! » C’était il y a presque un an, le 4 mars 2012. Cinq cents journaliers agricoles, des habitants des villages voisins et des citoyens solidaires venus de toute la région ont commencé à occuper la « finca » (ferme en espagnol) de Somonte. Le lendemain, la propriété, qui appartient au gouvernement autonome régional, devait être vendue aux enchères, très certainement à l’un des puissants propriétaires terriens de la zone, qui l’aurait achetée à un prix avantageux.

Le SOC-SAT [1], syndicat d’ouvriers agricoles qui a organisé l’occupation, est habitué aux luttes foncières. C’est lui qui a mené tous les combats historiques des journaliers andalous depuis les années 70. Mais les occupations de terre ne datent pas d’aujourd’hui. En 1936, elles s’étaient multipliées. Javier évoque la répression féroce qui s’en suivit lors de la victoire des franquistes. Un puissant propriétaire terrien fit exécuter 350 journaliers à Palma del Rio, le village voisin de Somonte. La plupart des terres qui jouxtent la « finca » appartiennent aux descendants de cet homme.

« La terre est à vous. Reprenez-la ! »

En ce matin hivernal, une trentaine de personnes se pressent autour d’un brasero, installé devant la petite cuisine de la « finca ». Deux hommes réparent un vieux tracteur Fiat sur lequel est fiché un drapeau andalou portant le sigle SOC-SAT. Quand le tracteur finit par démarrer, des responsables du lieu répartissent les tâches entre les occupants et les visiteurs solidaires, selon les décisions prises la veille au soir en assemblée générale. Un groupe ira désherber le champ d’oignons dont les plants viennent d’être mis en terre. Un autre ramassera les piments, les Piquillo, la variété locale, rouge sang, qui seront ensuite mis à sécher en grappes. Le troisième groupe préparera le repas collectif de la mi-journée.

Une dizaine de militants portugais d’extrême gauche, en visite, et quelques militants français et espagnols, de passage ou séjournant à Somonte, se dirigent vers le hangar où est entreposé le matériel agricole. Peint sur le bâtiment, un slogan rappelle les enjeux de l’occupation : « Andalous, n’émigrez pas. Combattez ! La terre est à vous. Reprenez là ! » Au passage, les travailleurs matinaux croisent une patrouille de la Guardia civil, qui vient relever, comme tous les jours, les numéros des plaques d’immatriculation des voitures stationnées sur le parking de la ferme. A voix basse, les moqueries fusent. Les guardias demeurent indifférents. Ils ne descendent jamais de leur véhicule. Ils notent et repartent.

Développer une agriculture biologique paysanne

Près du hangar, sous les regards complices de Malcolm-X, Zapata et Geronimo, immortalisés par un artiste sur un mur, Javier et son collègue Pepe distribuent sarcles et bêches, puis accompagnent les militants jusqu’au champ d’oignons. Les allées sont interminables. Briefés par les deux hommes, les militants se courbent et s’accroupissent. Les herbes résistent, déchirent les doigts. Une main arrache par inadvertance un plant d’oignon. Un pied en écrase un autre. Difficile de s’improviser paysan. Ceux qui ont l’habitude avancent en ligne. Les autres tentent de s’appliquer, s’assoient, redressent leur dos… Les conversations vont bon train. Les chants révolutionnaires s’élèvent, repris en chœur.

Basta!

 

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« …Mais le violeur l’avait bien cherché, monsieur l’agent! »

Antisexisme

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Casey – Créature Ratée

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En avant !

torche visuel

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Nouvelles du Kurdistan syrien – Le drapeau jaune-rouge-vert flotte sur Tirbespiyé

ypg-femmes-bataillon

La guerre civile continue à ravager la Syrie. Parfois sous les feux des projecteurs des grands médias préparant les masses à une intervention en faveur de « l’armée syrienne libre », ou défendant le régime de Bachar dans une perspective soit-disant anti-impérialiste; le plus souvent, dans le secret ou dans le désintérêt le plus total, quand il s’agit de répression politique à l’intérieur des deux camps ou de massacres de civils justifiés par une propagande de « forteresse assiégée » partagée par les deux belligérants. Que disent les révolutionnaires syriens, qui sont finalement le plus légitimes pour juger de la situation? Bien sûr, ils appellent à soutenir internationalement le mouvement de révolte contre la dictature baasiste réactionnaire. Mais ils n’ont pas pour autant d’illusions concernant l’ASL et les autres forces armées ayant kidnappé un mouvement légitime. Ces groupes plus ou moins importants, soutenus de manière très concrète par des pays comme le Qatar, représentent des intérêts bien éloignés de ceux des progressistes. De plus, ils sont de plus en plus largement contrôlés par les factions djihadistes, qui sont les mieux équipées, les mieux entrainées… Nous n’avons rien à attendre de ce camp.

Il y a par contre une troisième force en présence, qui progresse dans sa lutte. Il s’agit des rebelles kurdes. Ceux ci, principalement organisés dans le PYD (parti de l’union démocratique, branche syrienne du mouvement de libération nationale kurde), ont libéré de nombreuses villes kurdes. Tirbespiyé a été reprise le premier mars et la ville industrielle de Rimelan devrait suivre. Cela se traduit concrètement par le désarmement des forces pro-Assad, par la mise en place d’institutions culturelles kurdes (rappelons que la culture kurde est historiquement particulièrement réprimées dans les différents pays où elle est présent, par exemple en Turquie), par la gestion politique sous forme de conseils démocratiques à l’échelle des quartiers et des villes, et par leur défense par les YPG (unités de défense du peuple). La lutte de libération nationale progresse donc incontestablement. Bien sûr, le mouvement s’est rapidement heurté aux bandes de l’ASL, particulièrement aux jihadistes voyant d’un très mauvais œil la mise en place de conseils démocratiques et l’émancipation des femmes dans des zones libérées. De plus les Turcs qui arment également l’ASL ont peur d’une contagion au Kurdistan turc, suite aux offensives menées par le PKK cette année. Des combats violents ont donc eu lieu dernièrement, mais un accord a finalement été trouvé, permettant de gagner du temps.

Les apports politiques de cette lutte doivent pourtant être analysés au regard des (maigres) informations dont nous disposons. La libération d’une partie du Kurdistan syrien s’accompagne d’effets positifs incontestables. Les premiers concernent les femme. Le féminisme est profondément ancré dans la lutte politique kurde, et on a ainsi vu se créer des unités combattantes exclusivement féminines, qui représentent un grand espoir face aux crimes réactionnaires des jihadistes. Il faut également évoquer la gestion du pouvoir politique partagée par les différentes communautés – arabes, chrétiens, kurdes… Cela permet de rompre localement avec le discours de la propagande baasiste disant que si Bachar tombe, les communautés de Syrie vont s’entretuer: une alternative est possible et existe.

Pour autant, il ne faut pas oublier que sous ses aspects de révolution populaire, le mouvement kurde souffre d’un programme politique limité dans son idéologie, qui a accepté depuis des décennies une certaine conception social-démocrate de l’économie et du « pouvoir populaire ». Il faut donc rester lucides sur le bilan mitigé à tirer de ces expériences. Bien que l’étoile rouge des combattant-e-s kurdes inspire aujourd’hui de grands espoirs, on verra demain si on assiste véritablement à un dépassement « par la gauche » du PYD avec des bases de démocratie directe, ou si le Kurdistan syrien connaitra un scénario à l’irakienne, avec une lutte volée par une bourgeoisie nationale compradore ne donnant aucun espoir de libération.

Sébastien

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Brav – Memento Mori

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Un premier pas dans le bon sens: organiser la révolte

blog black bloc

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16 mars à Milan – Compagno Dax, PRESENTE!

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Les viols en Inde – Patriarcat et lutte des classes

dont rape

Le viol est en Inde une réalité pour beaucoup de femmes, en particulier parmi les castes les plus basses et les classes les plus opprimées de la population du sous-continent. Des voix progressistes s’élèvent contre cette barbarie. Voici un article très intéressant d’une organisation étudiante communiste, la Democratic Student’s Union, qui analyse les racines de ce problème et la ligne politique à lui opposer. Nous pensons qu’il est important d’évoquer cela un 8 mars pour participer à la diffusion d’un féminisme de classe, international et combatif. La traduction a été faite par l’OCML Voie Prolétarienne. Comme d’habitude l’article intégral est disponible en lien.

Les femmes sont la moitié du ciel ! ni la peine de mort, ni la police, ni une session parlementaire extraordinaire ne viendront à bout du patriarcat : seule la transformation révolutionnaire de la société le renversera !

Il y a environ un mois qu’à New Delhi s’est produit le viol collectif d’une jeune femme de 23 ans dans un bus. Cet évènement, qui constitue une offense sans précédent, a spontanément révolté et mobilisé la population qui a marché jusqu’au Jantar Mantar pour exiger la punition des coupables. La colère contre le gouvernement a pris des proportions inédites si bien que l’État a dû fermer tous les métros menant à India Gate, détourner la circulation et déployer des milliers de policiers pour contrôler les manifestations populaires.
Même si les manifestants sont régulièrement soumis à la répression à coup de matraques, canons à eau etc., cette répression a échoué à les stopper dans l’expression de leur désaccord.
Cette agression a aussi ouvert le débat sur la sécurité pour les femmes et sur les lois contre la violence. Elle est bien sûr abominable et doit être condamnée, mais les faits nous amènent à poser plusieurs questions : est ce que le viol est le produit d’une culture de western ainsi que la droite le prétend ? Est-ce que la punition des violeurs par peine de mort va dissuader tous les violeurs d’agir ? Est-ce que les femmes seront davantage en sécurité dans une société sous haute surveillance, accroissement de la police et lois rigoureuses ? Ou bien encore, s’agit-il, comme les médias et le gouvernement voudraient nous le faire croire, d’un cas exceptionnel de viol brutal ?

Le viol de ND n’est pas une exception : deux mois plus tôt, en octobre 2012 , il y a eu des manifestations à Haryana parce que la moyenne de viols atteignait 60 par mois, donnant l’impression d’une subite détérioration de la situation des femmes. Quel choc et quelle consternation lorsque les leaders sont venus en masse de Sonia à Brinda et Haryana lorsque les incidents de Hissar et Jind ont été connus. Les medias ont aussi amplifié cela durant une semaine. Mais une observation plus rigoureuse des faits nous prouve que la situation n’a jamais été réellement meilleure. L’impact du viol de Haryana n’a rien d’exceptionnel et Haryana ne peut être brandi comme exceptionnel. Depuis 2006, à l’exception d’une année, la moyenne des viols à Haryana dépasse 50 par mois. Alors que à Haryana la moyenne des viols est de 6.11 elle est de 9.7 Madyah Pradesh et de 7.6 à Delhi ; ainsi Haryana arrive en 10ème position, MP en 4ème et D en 7ème.
Les États atteignant les plus hauts scores sont Mizoram, Tripura et Assam. Mais ces chiffres témoignent avant tout d’un meilleur recensement des cas de violence. Plus la société est patriarcale, plus grande est la stigmatisation des femmes violées, et moins les femmes oseront porter plainte. Ainsi, la plupart des viols ne sont-ils jamais déclarés et les États qui en déclarent un faible nombre doivent-ils être considérés à la lumière de cette réalité.

D’un autre côté, les classes dirigeantes exploitent ces faits pour s’armer davantage.
En effet on nous dit que nos lois ne sont pas suffisamment répressives et que c’est parce que la peine de mort n’est pas appliquée aux violeurs, que le viol atteint de telles proportions. Mais au-delà des réactions fortes et rhétoriques, si l’on y regarde de plus près, la peine de mort n’a eu d’incidence effective sur le taux de criminalité nulle part au monde. La peine capitale est une forme barbare de condamnation qui a été abolie dans nombre de pays et qui n’est maintenue que par les régimes les plus répressifs. Elle donne aux États la légitimité de tuer et est invariablement utilisée comme une tactique répressive pour réprimer les soulèvements populaires. Cette forme inhumaine de sanction n’a jamais réduit la criminalité dans aucun pays, mais au contraire a fortifié la violence et accru le pouvoir répressif des classes dominantes. En Inde également il existe des mobilisations de courants progressistes démocratiques pour abolir la peine de mort, mais la droite et les classes dominantes défendent son application.
Ainsi Sushma Swarai peut-il défendre la candidature de Modi- responsable et organisateur de centaines de viols de femmes musulmanes à Gujarat, au poste de Premier Ministre, et d’une même voix demander une session extraordinaire du Parlement pour la condamnation à mort des violeurs. Les brigades des fascistes qui accomplissent impunément des carnages, massacres, pogroms, viols, attentats, sont les meilleurs avocats de la peine de mort. Ils défendent la peine de mort, de la castration des violeurs, de leur lapidation publique, de toutes formes de punitions féodales qui rendent la société plus répressive et fortifient le patriarcat.

Un autre argument qui a été défendu non seulement par la droite mais aussi par des forces qui se disent progressistes, consiste à demander un accroissement des forces de police et de sécurité afin de diminuer le nombre de viols. La question de la sécurité des femmes est en soi un problème, mais l’assurer ne signifie pas s’affronter au patriarcat. De plus, l’argument d’assurer la sécurité des femmes en accroissant les forces de police et de sécurité s’écroule lorsque l’on constate la forte participation de ces dernières aux viols, crimes, actes de violence sexuelle dans le pays. Les milliers de viols au Cashemire, Nord-Est, et plus récemment dans les Etats de Jharkhand, Chhattisgat, Odisha Bengal Maharashtra, nous démontrent amplement que le viol est utilisé comme arme de guerre par l’État indien. Les acteurs en sont des soldats de ce régime oppressif, et augmenter leur nombre ne contribuera en rien à la sécurité des femmes.
Les classes dominantes et le pouvoir blâment les victimes elles-mêmes, et s’efforcent de limiter la liberté et la mobilité des femmes sous prétexte de réduire le nombre de viols.

Democratic Student’s Union – Traduction de l’OCML VP

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Lutte & Fête

Casual Records

concert UAT Dax

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Asian Dub Foundation – The Judgement

Read up your history and then you’ll reach your destination
Teach up the youth and then you’ll find the solution
Education is the key, will be for eternity
Come focus upon this and then you will see

We’ve come so far, so fast from what they call the past
Laying down foundations and we know they’re gonna last
Present and the future we will never fall
Realize united we stand and divided we fall

This is the wall of community sound
We’re comin’ to get you, comin’ to track you down
No escapin’ from this militant scientist
Suffer no defeat is upon top of the list

Hope and glory the myth of the labor tores
We’re comin’ down and tellin’ you a different story
Any time when we come positive and confident
And them coulda never escape this ya judgment

And them coulda never escape this ya judgment
Yes, them coulda never escape this ya judgment

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La culture est une arme

société du spectacle

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Au sujet des élections en Italie

blog casapound Ces 24 et 25 février ont eu lieu des élections générales en Italie offrant un panorama politique intéressant qu’il est urgent d’analyser pour comprendre la situation de la péninsule. Plusieurs sites ont fait en partie ce travail avant nous et il nous semble donc important de commencer par préciser notre point de vue sur la question: nous abordons ici rapidement les grands enjeux du moment pour lancer des pistes de réflexion, sans prétendre tout expliquer ni tout évoquer.

En français, le grand quotidien Le Monde a publié un article pour une fois assez intéressant sur la question intitulé « Tristes Comiques« . Le site ami Servir le Peuple est revenu sur la question de l’Histoire italienne dans un excellent article d’analyse, éclairant celle ci d’un point de vue maoïste. Ce texte très pertinent peut intéresser tout révolutionnaire sincère au delà des étiquettes politiques. Il faut également noter un article du site Voie Lactée sur la question de Casapound, assez désastreux, ratant complètement son analyse du groupe néofasciste et négligeant même de parler du succès du « Mouvement cinq étoiles ». Quant aux italophones ils trouveront évidemment bien plus de contenu; on se contentera ici de leur suggérer la lecture des textes de nos camarades du collectif Militant et de la fondation Wu Ming, dont les analyses se recoupent d’ailleurs sur de nombreux points.

Les élections italienne posent plusieurs questions intéressantes. Tout d’abord, l’abstention a été assez forte (25%), révélant un désintérêt compréhensible pour le parlementarisme bourgeois: de plus en plus d’italiens et d’italiennes préfèrent rester chez eux plutôt que choisir quels professionnels de la politique, à des centaines de kilomètres de là, les dirigeront pendant les prochaines années. C’est évidemment un point positif. Pour autant il faut également regarder en détail les résultats du vote. Le centriste Monti, que les médias présentaient comme l’homme ayant redressé l’Italie, a tenté de s’accrocher au pouvoir en se présentant indépendamment des autres partis, et en jouant sur sa stature d’homme providentiel. L’héritage de la démocratie chrétienne n’a pas payé: avec 10% des voix, c’est une humiliation. Les suffrages se partagent donc très largement (à presque 60%) entre un centre-gauche lamentable, en décalage complet avec les impératifs de l’époque, et un centre-droit mené par un Berlusconi ayant déjà réussi à faire oublier ses saloperies en promettant des cadeaux fiscaux irréalisables à tout va. Ces résultats étaient finalement attendus (sauf peut être le très bon score du Cavaliere qui est assez révélateur de la profondeur de la crise et d’une certaine culture du chef encore vivace chez les conservateurs, près à faire confiance à une frange pourtant aventuriste de la bourgeoisie).

La vraie surprise vient donc du Mouvement 5 étoiles de l’ex-comique Beppe Grillo qui fait une percée avec 25% des suffrages à la chambre des députés. C’est bien sûr là que se situe le principal enjeux des élections et toute analyse sérieuse doit tenter de comprendre ce qu’il représente – et quelle position les révolutionnaires doivent adopter le concernant. Résumer la nature du M5S n’est pas évident, car il se ne se revendique d’aucun parti ou idéologie précise, même si il reprend des éléments à droite et à gauche. Ses positions dépendent en fait quasi-intégralement de l’avis du leader maximo Beppe Grillo. Il entend incarner le dégoût inspiré à bon nombre d’italien-ne-s par la « classe politique », promouvoir l’écologie et les nouvelles technologies, libéraliser l’économie et s’imposer contre la « corruption du système » et les « élites ». Ce rejet des grands partis remonte historiquement à l’opération Mains Propres qui à partir de 1992 avait révélé la corruption massive qui régnait dans ces structures. Grillo ne fait que surfer sur cette disparition des repères politiques traditionnels aggravée par la crise économique. On a donc un discours séduisant très largement les déçus de la gauche sur des thématiques ultra-populistes. Mais il ne faut pas pour autant tenter de le comparer à une organisation française, comme le Front de gauche: le M5S s’écarte de la social-démocratie en plusieurs points, économiquement bien sûr, mais aussi par son rejet de l’immigration (Grillo a tenu de nombreux propos ambigus à ce sujet). Une partie de la gauche traditionnelle a un peu vite oublié ces « écarts » en se focalisant sur un discours simpliste prétendant virer les technocrates pour « rendre la parole au peuple », « faire exploser le parlement », etc. Son opposition au projet de LGV (train à grande vitesse Lyon-Turin) lui a aussi attiré de nombreuses sympathies: et si un candidat, pour une fois, incarnait le « mouvement social »? Besancenot, si tu nous lis, ne désespère pas…

Ensuite, une partie de l’extrême gauche a fait le pari de l’ingouvernabilité. Si des « grillini » étaient élus députés (ce qui est désormais le cas pour un paquet d’entre eux, 162 inconnus exactement qui bénéficieront soudainement des avantages du mode de vie parlementaire – et vous croyez vraiment qu’ils vont représenter le peuple?) une majorité stable serait impossible à obtenir et cette crise politique offrirait des perspectives révolutionnaires. Voici la théorie opportuniste, ultra-subjectiviste, défendue par exemple par le Parti des CARC (les comités d’appui à la résistance – pour le communisme). Si ces camarades italiens se sont fait remarquer dans le passé pour leurs analyses très pointues de la société italienne et de ses contradictions, ils ont fait l’erreur de croire que le parlementarisme représente un « front démocratique » dans lequel les révolutionnaires doivent s’investir. Ces positions sont largement critiquables et ont amenées à leur appel au vote pour le M5S. Elles reviennent à faire le calcul de l’instabilité, qui devrait mécaniquement renforcer les organisations révolutionnaires et poser les bases d’un pouvoir populaire. C’est une sous-estimation très grave de la force de la réaction, et des liens qui unissent encore dans la péninsule la haute bourgeoisie, les organes de l’État profond et l’extrême droite. Un mouvement révolutionnaire fort, de classe, peut profiter d’un système en crise – Pas un mouvement interclassiste, libéral-réformiste, sans programme ni analyse autre que le « tous pourris » (…sauf Beppe)!

L’appel du parti des CARC à voter pour le M5S est donc symptomatique d’un opportunisme qui frappe encore une fois l’extrême gauche refusant de prendre clairement le chemin de l’antiparlementarisme et de la construction autonome (on vous rassure: de nombreux groupes et structures ont fait ce choix en Italie et se renforcent actuellement). Il est encore plus soutenable de présenter un candidat pour avoir une « tribune » médiatique, comme l’a fait le PCL (trotskiste), que de se mettre à la remorque d’un mouvement finalement assez ambigu et qui peut par son culte du chef et son populisme paver la voie au fascisme. Et pourtant, espérer faire entendre la voix des oublié-e-es en se présentant à une élection, c’est déjà assez pathétique!

Mais qu’en est alors il de l’extrême droite? Rappelons que Beppe Grillo avait défendu publiquement les militants néofascistes de Casapound lors d’une de leurs habituelles pleurnicherie médiatique (les « rebelles à papa » finissent toujours par se retrouver). Et qu’il avait dit dans la foulée que son mouvement leur ouvrait grand ses portes. Nous ne reviendrons pas ici sur la nature et les buts de Casapound, déjà analysés sur ce blog et ailleurs. Rappelons simplement que cette organisation s’attendait grâce à son style novateur et à son discours « anticonformiste » à faire un bon résultat, voir à créer l’évènement en remportant 20% des voix. Ils ont fait finalement… 0,1%. La journée de la claque en somme. Leur slogan visait les professionnels de la politique: « faites les pleurer » (« …en votant Casapound »). Finalement, les électeurs ont plutôt décidé de faire pleurer Gianluca Iannone et sa clique. Nos camarades de Militant proposaient dans cette optique de renommer le groupe phare de Casapound, ZetaZeroAlfa, en « ZetaZero-Virgule-UnAlfa ». Les déclarations des leaders d’extrême droite tentant de justifier ou de relativiser l’échec ont été également un grand moment de spectacle. Mais comment expliquer le score désastreux des « fascistes du troisième millénaire » et de leurs consorts (l’ensemble des mouvements d’extrême droite s’étant présenté indépendamment rassemblant péniblement 400 000 votes, soit 1% des suffrages)? Il ne faut pas chercher très loin pour comprendre qu’une grosse partie de leur électorat a voté pour Grillo ou pour Berlusconi. Au jeu de l’opportunisme politique, on trouve toujours plus fort que soit. Quant à l’extrême gauche parlementaire, ses résultats sont à peu près équivalents – donc, très mauvais. La morale de cette histoire, c’est que le fascisme « authentique » est encore marginal, voire temporairement affaibli; pourtant, ses propositions politiques, son existence comme pôle de concentration du mouvement réactionnaire est réel, et aura tout lieu de s’exprimer parmi des grillini bien peu fermés à ces idées durant les prochaines années. La sainte alliance de la bourgeoisie face au mouvement populaire se profile: vote populiste, vote fasciste, vote conservateur, au final, les programmes convergeront rapidement en cas de mobilisation de masse menaçant des intérêts bien défendus. Les révolutionnaires d’Italie ont obtenu un répit, pas une victoire.

D.

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