
On voit rapidement qu’on n’aura aucun mal à réussir ce contrat si les atouts adverses sont gentiment répartis 3-2, et même probablement à obtenir 11 levées en se débarrassant des perdantes à pique et carreau sur les trèfles du mort. On va donc s’appliquer à surmonter une plus ennuyeuse répartition 4-1. Déjà, il ne coûte rien d’essayer la dame de carreau à la 2e levée, une fois qu’on s’est persuadé qu’on ne risque pas d’en avoir besoin plus tard pour un squeeze ou une mise en main. Mais c’est loupé car le roi est en Ouest. Le risque, si les atouts sont 4-1, est double: concéder 2 levées d’atout et se voir fermer la porte pour profiter des trèfles du mort. Pour ne pas perdre 2 atouts, on pourrait, grâce à la présence du 9 et du 10, se protéger contre 4 cartes chez un adversaire mais il faudrait choisir lequel avec le risque de se tromper. Le bon plan est tout autre, il consiste à accepter de perdre 2 levées d’atout à condition de protéger suffisamment les trèfles pour qu’ils puissent tenir leur rôle d’élimination des perdantes annexes. Le mort prend le retour carreau de l’As puis le déclarant encaisse l’As de coeur avant de laisser de côté les atouts pour mettre en route les trèfles: le roi puis l’As et comme tout le monde fournit, c’est dans la poche; sur la dame de trèfle qui suit, il défausse son petit carreau et Ouest a beau couper, il n’en peut mais; quoi qu’il rejoue, le mort pourra reprendre la main au roi d’atout pour reprendre le défilé des trèfles; et si Ouest a encore à ce moment là un atout pour couper, il restera le 10 de coeur au mort pour finir le travail.