Ce n’est pas gai, ce contrat est mal barré et on est bien en peine de seulement trouver une position des cartes adverses permettant de le mener à bon port. L’As de carreau placé, ce serait simple sauf que c’est tout à fait irréaliste une fois qu’Est s’est trouvé de quoi ouvrir. Une entame sous le roi de trèfle, c’est à peine plus crédible car pourquoi Ouest aurait-il pris ce risque alors que rien n’indiquait qu’il ait intérêt à être offensif. Le valet de trèfle a, tout à l’inverse, l’air d’être une entame passive issue d’une séquence bien charpentée. Comment alors éviter de concéder 2 coeurs et 2 carreaux? Une élimination-mise en main sur Est pour qu’il ouvre les carreaux? Foutaise, on n’a même pas les moyens de couper le dernier trèfle. Reste un petit espoir d’affranchir quelque chose à carreau pour défausser 2 coeurs en Sud et n’en concéder qu’un seul. Ce n’est quand-même pas l’affaire de l’année: il faut le 10 de carreau court en Ouest, une courte à coeur en Est et l’opportunité de remonter au mort au 8 d’atout. Après l’As de trèfle, le déclarant joue le 3 de carreau vers son valet. Si Est lui laisse faire la levée, il se rabat vite fait sur les coeurs en espérant soit y affranchir une 2e levée, soit parvenir à couper le 4e tour au mort sans être surcoupé du 10. Bon, Est plonge de la dame de carreau et rejoue son roi de coeur, qu’on laisse passer avant de prendre le 2e tour de coeur de l’As. A ce stade, un petit coup d’atout ne peut pas faire de mal et même un second: ils ne sont pas 2-2 mais la chute du 10 est rassurante. Le déclarant enchaîne avec le valet de carreau pour l’As d’Est (s’il refusait de le prendre, il y aurait encore moyen de couper un coeur) qui ne peut plus ensuite empêcher le mort de prendre la main avec le 8 d’atout et de profiter de la chute providentielle du 10 de carreau pour faire disparaître les 2 derniers coeurs de Sud.
