Quand tu débarques dans mes pensées, ça me donne envie de tout casser. La sensation rampe en moi. Une petite lueur au fond de mon estomac. Elle grandit, se diffuse, vibre.
Les contours des souvenirs deviennent précis, s’accompagnent d’autres récits, s’alimentent de ces interactions pleines de frustrations. La colère chauffe mon ventre. Elle ronronne, étend ses appendices dans tout mon corps, jusqu’au bout de mes doigts. Ils se referment dans la paume de ma main. Je serre. Mes mâchoires se contractent.
Joues creusées.
Trace de mes ongles enfoncés.
Ton petit sourire, tes yeux qui papillonnent d’une personne à l’autre. Toujours prêt à accorder de l’attention à une personne. Ton désespoir face à la solitude, incapable de dormir une nuit sans que quelqu’un d’autre soit dans ta maison, dans ton lit tout contre toi.
Sourire automatique.
Attention calculée.
Les réflexes du cadre bien ancrés.
C’est dans ces moments là que je t’ai le plus détesté. Te voir tendre une main, donner une accolade, tirer les fils de la conversation. Poussant, alignant, encourageant à faire ce qui doit être fait dans ou hors du travail travaillé salarié.
Je ne veux pas de tes sourires, je ne veux pas de tes smileys, je ne veux pas faire semblant. C’est déjà trop présent.
Amère et en colère.
Triste et farouche.
J’aurais aimé que tu fermes ta bouche. Le passé se serait tassé. À la place, tu as soufflé.
Bruit de porcelaine entrant en contact avec un objet oblong en bois. Éclats de théière. Craquement de bois sur bois. Le cadre brisé s’envole en éclats dans la pièce. Les morceaux se fichent dans nos corps. Je me rue sur la photo, la choppe avant sa chute.
Papier déchiré, émietté.
Quand tu débarques du fond de mon cerveau, j’ai envie d’éclater ta face dans le caniveau.

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