
Un sacrifice inopiné
Comment pouvait-on témoigner avec assurance que cette mère était juive, après soixante-dix ans de « rideau de fer » en Russie, et une coupure totale d’avec la Torah et les mitsvot qui y régnait ?

L’histoire suivante, je l’ai entendue du célèbre Maguid, le Rav ‘hassid Yosef Its’hak Jacobson, de Monsey. À l’époque où des dizaines de milliers de Juifs montèrent de Russie vers notre Terre sainte, il y a environ trente ans, les tribunaux rabbiniques durent vérifier la judéité de nombreux immigrants. Un jour, un homme d’environ 42 ans se présenta devant le tribunal du Grand Rabbin, le gaon Yisrael Meir Lau — qui était alors Av Beth Din de Tel-Aviv — et déclara être juif.
Il avait deux témoins : l’un attestait avoir assisté à sa brit mila, l’autre connaissait sa mère et savait avec certitude qu’elle était juive.
Mais comment pouvait-on témoigner avec assurance que cette mère était juive, après soixante-dix ans de « rideau de fer » en Russie, et une coupure totale d’avec la Torah et les mitsvot qui y régnait ?
Cette femme était directrice d’un hôpital à Moscou. Grâce à son statut respecté, elle bénéficiait d’un privilège particulier : elle recevait chaque jour deux cigarettes. L’une, elle la fumait. L’autre, elle la gardait sous son matelas. Ainsi faisait-elle chaque jour : une pour fumer, une pour conserver. « Sou par sou s’accumule », et à la fin de l’année elle possédait 365 cigarettes.
Chaque année, après Pourim, elle s’adressait à cet homme — celui qui vint témoigner devant le Rav Lau — lui remettait son trésor de cigarettes et lui demandait de les vendre au marché noir. Pour quoi faire ? Pour acheter quelque chose de très précieux et important : de la farine ! De la farine pour cuire des matsot !
Lorsque le Rav Lau entendit cela, il se mit à pleurer. Une telle élévation chez une femme juive qui ne connaissait presque rien de l’observance de la Torah et des mitsvot… Il demanda : « Votre mère est-elle encore en vie ? » On lui répondit que oui. Il demanda alors à lui parler au téléphone. Elle vivait toujours en Russie. Il l’appela pour vérifier que tout était exact. Et elle confirma que tout s’était passé comme son fils l’avait raconté.
Le Rav Lau dit avec émotion à cet immigrant : « Sais-tu quelle est la différence entre ta mère et moi ? Moi, je garde Pessa’h une fois par an. Elle, elle garde Pessa’h toute l’année ! »
Cette histoire est absolument prodigieuse. Baroukh HaChem, personnellement je ne connais ni ne comprends le désir de fumer, mais d’après ceux qui en parlent, se retenir chaque jour de fumer la deuxième cigarette, toute l’année, afin d’accomplir la mitsva de manger la matsa — c’est bouleversant ! Cette histoire est l’exemple même de ce qu’on appelle une véritable messirout néfech, un véritable don de soi pour servir HaChem !



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