
Un supplément de vie
Comment le Ridvaz a-t-il mérité une longue vie ?
Le Rav Arouch explique comment nous pouvons, nous aussi, utiliser cette ségoula pour mériter nos propres délivrances…

L’argument qui sauva
Lorsque le médecin annonça que ses jours étaient comptés au Ridbaz, le Rabbi de Sloutsk, grand érudit et fondateur d’une Yeshiva à Safed, fut profondément bouleversé. Seul, il versa son cœur devant HaChem, accablé.
Sa douleur n’était pas seulement personnelle, liée à la fin imminente de sa vie ; il souffrait aussi pour ses grandes entreprises qui risquaient de rester sans direction. À cette époque, il travaillait sur le projet de sa vie : un commentaire sur le Talmud de Jérusalem. Le Talmud de Jérusalem était alors quasiment inaccessible, et il rêvait ardemment de le rendre accessible au public. S’il quittait ce monde avant que son livre ne soit imprimé, le Talmud de Jérusalem resterait inexploité.
De plus, comme tous les dirigeants d’Israël, le Ridbaz était le père des pauvres et des nécessiteux. Il coordonnait dans sa ville de grandes activités de charité pour les orphelins et les veuves qui, après son départ, se retrouveraient sans soutien.
Pendant une longue heure, il pria avec miséricorde, supplications et larmes, jusqu’à ce que ses forces l’abandonnent et qu’il s’endorme. Dans son rêve, il se tenait devant un tribunal céleste et on lui annonça qu’il était appelé à la yeshiva céleste.
Le Ridbaz pleura et demanda au tribunal : « Et le Talmud de Jérusalem ? » Il supplia qu’on lui permette de rester dans ce monde pour terminer son commentaire. Le tribunal ne fut pas impressionné et lui dit : « Ne t’inquiète pas, car un autre érudit de ta génération écrira un commentaire qui rendra le Talmud accessible aux étudiants. »
Le Ridbaz ne se laissa pas décourager et demanda : « Et que sera-t-il des orphelins, des veuves et des malheureux qui dépendent de moi ? » Là encore, le tribunal repoussa cet argument : « Ne t’inquiète pas. Après ta disparition, deux philanthropes importants et riches prendront en charge la gestion de la caisse de charité et veilleront aux besoins des pauvres avec générosité. »
Alors le Ridbaz dit : « Sachez, Mesdames et Messieurs, que chez moi, déjà le jeudi soir, la maison est prête pour accueillir le Chabbat, la nappe est étalée et la table dressée ! Et le vendredi, dès l’aube, ma famille et moi nous asseyons, impatients de recevoir le Chabbat, le célébrant aussi tôt que possible, bien avant l’heure officielle. »
Cet argument fut immédiatement accepté, et le tribunal céleste lui permit de continuer à vivre encore de nombreuses années.
Il existe une autre version du récit, rapportée par sa petite-fille, épouse du Rabbi Avramski. Selon cette version, le Ridbaz souhaita accepter une kabbalah (engagement spirituel) par laquelle il prolongerait ses jours. Dans le ciel, on lui dit qu’il devait s’engager à être prêt pour le Chabbat dès le vendredi matin. Il accepta, et il guérit.
Dès le lendemain de ce rêve, son état s’améliora notablement, et en quelques jours, il retrouva la santé. Sa famille décrivit cette guérison comme une véritable résurrection.
Dès ce Chabbat-là, et à jamais, la table de Chabbat fut préparée dès le jeudi soir, pour que la maison soit prête dès le vendredi matin.
Le Chabbat donne la vie
Ainsi recevoir le Chabbat à l’avance, avec sérénité et anticipation, et non pas « y rentrer dedans à la dernière minute », peut être une source de guérison et de longévité.
Le Sefer HaMidot, dit : « La Torah, la dîme et le Chabbat donnent aussi une vie corporelle. » En d’autres termes, pour la plupart des mitsvot, nos Sages disent que la récompense n’est pas toujours visible dans ce monde, mais le Chabbat influence déjà la vie ici-bas. Comme le Pri Megadim écrit : « Celui qui prolonge le jour profane sur le jour sacré, on lui prolonge la vie. »
Même la dîme apporte à l’homme bénédiction et prospérité dans ce monde, comme le prophète le promet : « Apportez toute la dîme à la maison du trésor, et qu’il y ait provision dans ma maison… », ainsi le Chabbat apporte à l’homme la bénédiction matérielle, car « il est la source de la bénédiction ».
Le Chabbat, racine de la Torah
Cette semaine, nous parlons de la manne, bénédiction céleste descendue sur le peuple d’Israël, qui leur enseigna un grand principe de confiance en HaChem. Ce miracle quotidien est lié à la mitsva de se souvenir de la manne. La manne est tombée sans aucun effort, mais deux commandements s’y rattachent : ne rien laisser de la manne et ne pas la cueillir le Chabbat. L’attention portée au Chabbat dans la paracha est centrale.
Avant même de recevoir la Torah, Israël reçoit déjà le Chabbat, comme à Mara, et maintenant avec la manne, car le Chabbat est la racine de toute la Torah. L’homme ne vivra pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de HaChem – la Torah – et du Chabbat qui est la racine.
Respecter le Chabbat ne se limite pas à ne pas travailler, mais consiste surtout à honorer le Chabbat. Cet honneur consiste à accueillir le Chabbat comme on accueille une reine, avec préparation et anticipation, comme le dit le Rambam : « l’honneur du Chabbat consiste à laver son visage, ses mains et ses pieds dans de l’eau chaude le vendredi par respect pour le Chabbat, on s’enveloppe de son tsitsit, s’assoit avec gravité et attend avec impatience l’accueil du Chabbat comme on accueille un roi. »
Celui qui honore le Chabbat est honoré par le Chabbat : « Car ceux qui m’honorent, je les honorerai. » Cela est vrai pour tous les grands érudits, et surtout pour les Baal Techouva, qui n’ont pas pu observer beaucoup de Chabbat par le passé. Aujourd’hui, ils peuvent réparer les manquements en accueillant le Chabbat à l’avance. L’un des disciples de l’Ari, écrit que si Israël observe deux Chabbats, la délivrance viendra immédiatement. – observer le Chabbat et y ajouter une extension.
Pour les profanateurs du Chabbat, même involontaires, la techouva sincère transforme les fautes en mérites. Pour rattraper tous les Chabbat manqués, il faut s’efforcer d’organiser sa maison et ses affaires afin d’être prêt à accueillir le Chabbat dès le
vendredi, ce qui est une grande ségoula pour toutes les délivrances, comme mentionné dans Makor HaYeshouot.
Mon conseil est que face à chaque difficulté, renforcez-vous pour honorer le Chabbat en l’accueillant

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