Comment manger sainement ?

Celui qui mange sans voir n’est pas comparable à celui qui voit ce qu’il mange... Cela nous apprend que les aveugles mangent mais ne sont jamais rassasiés ».

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Posté sur 11.06.25

Vous connaissez cette situation : un enfant remplit son assiette, mais au final ne mange rien et tout finit à la poubelle ? Cela arrive aussi à de nombreux adultes… ce phénomène s’appelle : “manger avec les yeux”. On est alors à la fois peiné par la nourriture qui est jetée à la poubelle et mais aussi de penser à toute cette nourriture « jetée » dans notre corps, uniquement à cause de nos yeux. Et c’est ce qui est certainement le plus douloureux car l’interdiction de gaspillage appliqué au corps est encore plus grave que le gaspillage matériel.

Quel est le lien entre les yeux et la nourriture ?

La Torah loue d’un côté la manne : « Son goût était comme un gâteau au miel », mais d’un autre côté, la Torah appelle la manne un tourment : « Celui qui t’a nourri de manne dans le désert afin de t’éprouver ».

La Guémara explique que, tous les goûts étaient présents dans la manne, mais l’expérience visuelle était absente : tout avait le même aspect : « Celui qui mange sans voir n’est pas comparable à celui qui voit ce qu’il mange… Cela nous apprend que les aveugles mangent mais ne sont jamais rassasiés ». Tu ne te rassasies pas par ce que tu manges, mais par ce que tu vois. L’homme pense que la satiété dépend de la quantité de nourriture avalée ! Cela dépend des yeux.

De nombreuses études montrent l’influence majeure de l’état émotionnel sur la digestion. Si tu manges des carottes et du céleri avec de la colère, cela te nuira. Mais si tu « fautes » de temps à autre avec un aliment sucré ou gras, mais que tu es joyeux et de bonne humeur — cela ne te nuira pas.

Le Zohar enseigne : le regard porté sur un aliment le transforme en quelque chose de sain ou de nocif !

Le roi Salomon dit : « Ne mange pas le pain d’un homme au regard mauvais, et ne désire pas ses mets ». Lorsqu’un homme est doté d’un “mauvais œil”, l’impureté réside sur ses yeux, et tout ce qu’il regarde — que ce soit du pain ou tout autre chose -l’impureté y réside. Il ne faut donc ni manger ni profiter de ce qu’il offre, car cela nuit à celui qui le consomme.

Rabbi Yits’hak, disciple de Rabbi Chimon bar Yo’haï dit : « Si tu es sensible, et qu’on t’invite à manger chez un homme au regard mauvais, mieux vaut t’égorger que de manger de son repas, car il n’y a pas pire aliment dans le monde que celui d’un homme au regard mauvais ! ».

Le désir nuit à la santé

Rabbi Yits’hak explique : le mauvais œil, c’est celui qui mange plus que les autres, ou celui qui suit ses envies — un glouton, un homme qui surcharge son assiette et mange avec les yeux.

Nous vivons dans une génération où le désir de manger est omniprésent, partout, et où les publicités nous disent : « C’est naturel de ne pas se contrôler » — que D.ieu nous protège !

Certes, la nourriture nuit à la santé, mais le principal dommage vient du désir- du mauvais œil. Cette envie de “gober” tout ce que l’œil voit.

Le désir nous pousse à manger mal, et transforme l’aliment en quelque chose de nuisible !

Ainsi, si tu veux être en bonne santé, le plus important est de manger avec un bon œil, avec gratitude envers D.ieu. Se faisant, tu mangeras peu et seras rassasié. La nourriture deviendra source de bénédiction, et tu te tourneras naturellement vers des aliments bénéfiques.

Le désir est dans les yeux

Dans la paracha Béhaalotékha, Le peuple d’Israël est en route vers la Terre sainte, au sommet de sa gloire — et soudain, une chute brutale. Une série de fautes s’enchaînent, et les prochaines parachiot décrivent une descente spirituelle. L’une des premières fautes est celle des “mitavim” — ceux qui se sont laissés emporter par leur envie. Le peuple rejette la manne et regrette la nourriture d’Égypte : « Notre âme est desséchée, il n’y a rien… » Quel était leur problème ?

Le seul défaut de la manne, était que l’œil n’y trouvait pas de satisfaction visuelle : « Son aspect était comme le cristal ».

Moché s’effondre: « Et cela fut mauvais aux yeux de Moché ».

Moché dit à D.ieu qu’il ne peut pas donner à manger à tout le peuple. Cela semble être un manque de foi ! Et D.ieu lui répond : « La main de D.ieu serait-elle trop courte ? »

Mais Moché dit ici une vérité profonde : un homme dominé par le désir, par un mauvais œil — jamais rien ne pourra le rassasier, ni le satisfaire.

La vengeance du désir

Et donc, le « châtiment » de ces gens dominés par le désir a été… d’avoir ce qu’ils désiraient. D.ieu leur envoie une quantité démesurée de viande : près de 40 km de chaque côté du camp, sur un mètre de hauteur — entièrement rempli de viande !

D.ieu leur dit : « Sanctifiez-vous pour demain et vous mangerez de la viande ». La sainteté permet la séparation du désir, comme le dit le Ramban sur « Soyez saints ». Celui qui mange avec envie, cette viande lui nuira. Celui qui se sanctifie — qu’il mange en paix, ce sera pour sa santé.

Et que firent les enfants d’Israël ? Ils plongèrent dans une frénésie du désir : 36 heures d’affilée, sans dormir, sans s’arrêter — juste à ramasser de la viande.

Et qu’arriva-t-il ? La viande elle-même les tua. Leur propre désir les fit souffrir. Leur mauvais œil s’est posé sur la nourriture, la rendant nocive.

Résumons en pratique :

Il faut manger sainement selon les besoins réels du corps.

Mais le vrai travail n’est pas de « manger » ou de « ne pas manger » ; le vrai travail, c’est de se libérer du désir, c’est-à-dire du mauvais œil.

Et ce n’est pas un travail réservé aux saints — c’est une mission pour toute personne qui veut vivre bien, en bonne santé, physiquement et mentalement, dans ce monde.

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