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Méta
Tu veux un GPS?
Publié dans Soutien
Tagué Allemagne, espionnage, Gefangenen.info, GPS, network, police, répression, secours rouge, solidarité, surveillance
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Pro-choix!
Publié dans Visuel
Tagué anti-patriarcat, anti-sexisme, avortement, droit, féminisme, fringue, obscurantisme, pro-choice, pro-choix, religion, t-shirt
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Ultra girl!

Publié dans Visuel
Tagué A cerclé, anarchie, anarchisme, antiracisme, antisexisme, Besiktas, football, mouvement ultra, sport, tribune, Turquie
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Literal X – C.U.B.A. Cabbal – Rage
Publié dans Musique
Tagué acab, émeutes, bon son, C.U.B.A Cabbal, foulards et batons, Grèce, Italie, Literal, ORGI, RABBIA, RAGE, rap
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Internationalisme

Publié dans Soutien
Tagué Allemagne, comité de soutien à la révolution en Inde, communisme, conférence, guerre populaire, Hambourg, inde, maoïsme, meeting, naxalisme
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La Forja de la Història – Opció K95
Publié dans Musique
Tagué Catalogne, catalunya, culture populaire, Espagne, histoire, historia, oi, Opcio K-95, pochoir, rash, redskin, redskinhead, stencil, street art, street punk
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Début de siècle

Ma voie, est celle d’une nouvelle conception du monde. Je vous fais découvrir le monde que vous ne connaissez pas. (Manifeste du ciné-œil, Dziga Vertov, 1923)
A l’heure où pullulent les spécialistes universitaires et académiques de la pensée et de la politique, les grandes figures n’existent plus. La pacification sociale de la lutte des classes universitaires s’achète dans les dîners post-conférences. La destruction du culte de la personnalité, l’horreur abhorrée du « communisme totalitaire » du XXè siècle, cède la place au culte de la destruction de la personnalité. En 1930, il y avait Sartre et Breton. L’existentialisme, à la recherche d’une subjectivité historique radicale et consciente, qui réaliserait sa liberté dans l’abolition de la séparation sociale organisée. Et le surréalisme, à la recherche d’une désubjectivation inconsciente de nos désirs, qui libérerait l’homme des pouvoirs multiples qui lui assignent un rôle social fixe. En 1970, il y avait Althusser, Foucault, Lyotard, Deleuze, les stars des « micro-résistances » aux « appareils idéologiques d’Etat ». Il y avait aussi Godard et Badiou, le cinéaste et le philosophe, qui continuent de produire aujourd’hui. Ils sont les derniers représentants de leur génération : de La Chinoise (1967) au Film socialisme (2010), de Théorie de la contradiction (1975) à L’hypothèse communiste (2009), c’est un même combat qui les honore, politique et artistique à la fois. Un combat qui affirme que la politique et l’art devraient être au service des opprimés et non l’inverse.
Notre temps est celui de l’inflation des érudits, des recherches spécialisées, des histoires critiques, de la philologie ad nauseam. Toute inflation apporte son déficit. Déficit de militantes et de militants, déficit de figures intellectuelles, de mouvements sociaux, d’organisation révolutionnaires conséquentes. Mais le constat du Naufrage ne doit pas nous arrêter. C’est pour cette raison que ceux de l’ancienne génération, dont Godard et Badiou sont des illustres représentants (et les rares qui n’ont pas trahi) continuent de produire, presque comme si de rien n’était. Ils nous poussent à faire de même. Nous devons prendre les choses en main. Persévérer pour traverser ce désert qui « ne peut plus croître ». Ne plus faire confiance à ceux qui parlent de multimondes, de devenir-révolutionnaire, d’art subversif, de guerre sociale, de longues exégèses de Marx ou de Deleuze, si cela n’est pas suivi d’actes et de créations. Nous avons besoin de contresens, de manifestes, d’éloges. Nous ne faisons plus d’éloges, nous ne faisons que des critiques. L’éloge est l’affirmation radicale d’un besoin, d’une nécessité qui vienne briser le cours des choses : nécessité de l’amour, du théâtre, de la politique communiste, des mathématiques. Et l’éloge suppose ce que Marx disait déjà, et autour de quoi il n’est pas besoin de gloser : la libération du travail, ce qui signifie la lutte pour les acquis sociaux à court terme et le combat pour l’abolition du salariat à long terme.
Ne plus se raconter d’histoires. Faire de l’idéal ce qui nous force à voir que la réalité n’est pas comme elle devrait être. Faire du réel ce que l’on voit, par-delà les fictions contemporaines ; en éprouver la violence, ne pas se faire d’illusions. Changer la vie, transformer le monde, ou naître déjà vieux et mourir étouffé.
Déclarons ici l’alliance combattante des grands persécutés contemporains… (Badiou, 2012)
Publié dans Ils ou elles l'ont dit..., Musique
Tagué Dalek, Isolated Stare, melancholia, musique progressiste, rap, subversion sonore
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A.C.A.B.
A.C.A.B. Quatre lettres et un slogan. All Cops Are Bastards – « tous les flics sont des bâtards ». Et voilà ce célèbre cri international de haine mis à l’écran… Stefano Sollima nous livre un nouveau film ancré dans la réalité de l’Italie contemporaine. Il délaisse les histoires de gangsters et le monde du crime organisé pour celui de la police, et plus particulièrement des celerini (les CRS italiens).
Le contexte est actuel, les évènements récents ayant marqué l’évolution de la répression dans la péninsule sont présents, ce qui renforce le réalisme du film: le carnage aveugle perpétré contre des militants pacifiques à l’école Diaz pendant le G8 de Gênes (en 2001, et pour lequel certains hauts responsables viennent tout juste d’être condamnés), la mort d’un ultra suite à un match, puis celle d’un flic. Mais également les violences racistes ayant visé les tsiganes après une affaire de viol (qui s’est révélée être une manipulation)…
Le propos du film est simple en apparence. On y voit 4 flics italiens dans leurs œuvres, présentés dès le début avec leurs particularités. Il y a Mazinga, le gars en place, confronté à la rébellion adolescente de son fils néofasciste. Cobra (Pierfrancesco Favino, excellent), le plus violent, l’agité. Negro, en plein divorce avec sa femme immigrée cubaine. Et le petit dernier, Costantini, venant des quartiers populaires. Il est à la fois attiré par l’esprit de corps et la violence, et a du mal à assumer son rôle social haïs, extrêmement brutal – physiquement comme moralement, comme lors d’une expulsion d’immeuble.
Si le film évoque dans ce genre de scène la répression des mouvements sociaux effectuée par les celerini, il se concentre plus par la suite sur d’autres formes de violence, reliées à la corruption, à l’extra-légalité des actions, et surtout au racisme omniprésent.
Sollima choisit ici de laisser s’exprimer flics, fascistes, citoyens lambdas. On voit de façon assez cohérente comment s’articule l’idéologie qui pousse les CRS dans une fuite en avant, détestés par ceux qu’ils sont censés protéger, brutalisant des innocents, ayant le sentiment d’être lâchés par un état incapable. Leur rhétorique de droite dure est servie avec beaucoup de justesse. Les policiers se perçoivent comme des héros, des légionnaires modernes ne pouvant « compter que sur leurs frères ». Si le gouvernement est corrompu, ils n’en défendent pas moins une répression de plus en plus dure. La légalité ne compte pas – seul importe ce que eux jugent légitime.
Quand Mazinga va chercher son fils fugueur dans un concert fasciste, le message de l’extrême droite devient naturellement le miroir de celui de la police. « Fiers d’être haïs »… Les reproches des fascistes, qui se prétendent opposés au « système » et emploient aussi le slogan ACAB, sont finalement qu’ils seraient obligés de « faire le boulot des flics ». Des idiots utiles du système – persuadés comme les celerini d’être de libres combattants luttant pour un idéal. Et au final, la médiocrité des deux se recoupe, se renforce. Le racisme quotidien des flics, mais aussi d’une partie de la population italienne, exacerbé par la crise, est montré avec finesse. Ces flics bâtards se cherchent des excuses jusqu’à l’écœurement. Ils passent leurs problèmes personnels sur des innocents, devenant ainsi bon gré mal gré les agents d’une implacable terreur d’état…
Face à tous ces discours puant exprimés sans contradicteurs, de façon décontractée et finalement très habituelle, on peut se retrouver déboussolé, le malaise gagne le spectateur. On ne voit finalement guère l’opposition politique à ces idées; c’est un choix du réalisateur. Pourtant le film, en montrant tous ces salopards dans leurs vies, avec leurs personnalités très humaines, est assez intelligent. « Les faits sont têtus » et très parlants – surtout quand on les rattache à la réalité des évènements.
Au final on passe non seulement un agréable moment devant ACAB, mais qui plus est on le passe devant un film progressiste. Évitant la caricature facile, il nous donne une sacrée claque en nous laissant parmi ces flics fraternels mais racistes et paumés, ces politiciens conservateurs véreux, ces patrons corrompus, ces fascistes ignorants et manipulables. Un grand moment de cinéma italien bien dans l’air du temps.
D.
Resister c’est exister
Publié dans Actualité de la lutte et rapports de force, Manifestation, Soutien
Tagué action antifasciste, Allemagne, Berlin, Chiapas, inform to resist, internationalisme, kunst und kampf, Kurdistan, Lagunak, répression, resist to exist, Rosa Luxembourg, rotehilfe, secours rouge, solidarité
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Première Ligne – Tolérance zéro
Publié dans Musique
Tagué état, BBOYKONSIAN, Blanqui, bon son, bourgeoisie, E.One, football, insurrection, Kommando Malik, Première Ligne, rap militant, répression, skalpel, Tolérance zéro, vengeance de classe
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La Plataforma – Milano-Madrid-Palermo
Publié dans Musique
Tagué anarchisme, antifa, antifascisme, bon son, Carlo Giuliani, communisme libertaire, Espagne, féminisme, Fight The Power, guerre civile espagnole, Italie, La Plataforma, lutte des classes, Milano-Madrid-Palermo, rap, rap militant, révolution, rouge et noir
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Souviens toi du 2 août 1980…

Le 2 août 1980, à 10h25, une bombe dissimulée dans un sac de sport explose dans la salle d’attente de seconde classe de la gare de Bologne, en Italie. Le bilan est lourd en ce jour de chassés-croisés estival : 85 morts et plus de 200 blessés. La vie de la ville s’arrête. Les conducteurs de bus et de taxis emmènent, spontanément, les corps meurtris jusqu’à l’hôpital. Le bus n°37 sert de véhicule mortuaire et plusieurs jours durant les corps déchiquetés des victimes sont retrouvés, parfois propulsés à plusieurs mètres du quai. L’Italie sous le choc cherche à comprendre. Rapidement la piste d’un accident technique – l’explosion d’une chaudière – est écartée. Immédiatement, le gouvernement de Francesco Cossiga (Parti Démocrate Chrétien), la police et la plupart des médias de masse, attribuent l’attentat aux Brigades Rouges. Les journaux de gauche parlent, quant à eux, d’attentat fasciste et de « piste noire ».
L’attentat de la gare de Bologne (connu en Italie sous le nom de strage di Bologna, soit le massacre de Bologne) est l’une des plus importantes attaques terroristes que l’Europe a eu à subir au cours du XXème siècle et la plus meurtrière des « années de plomb » italiennes. L’instruction, qui durera quinze ans, révèlera que non seulement l’attentat a été exécuté par des militants néo-fascistes mais que son élaboration dépassait la sphère de l’extrême droite italienne.
Le procès qui condamna à perpétuité, en 1995, Valerio Fioravanti et Francesca Mambro, révéla aussi que de nombreux acteurs gouvernementaux italiens mais aussi étrangers avaient pris part à l’élaboration de ce que les familles des victimes appellent un véritable « massacre d’Etat ». Dans son arrêt du 23 novembre 1995, la Cour de cassation révèle : « l’existence d’une vaste association subversive » composée d’éléments provenant de mouvements néo-fascistes, des services de renseignement militaire, de hauts gradés de l’armée et de responsables de la loge « Propaganda due » (P2), une loge maçonnique regroupant industriels et élites politico-militaires italiennes. Le verdict final leur attribuait la volonté de vouloir « d’un côté, subvertir les équilibres politiques constitutionnels, pour consolider les forces hostiles à la démocratie, et de l’autre (…) de favoriser les auteurs d’entreprises terroristes qui pouvaient s’inscrire dans leurs plans.»
Le massacre de Bologne ne peut être compris qu’en le contextualisant dans la période, plus vaste, des « années de plomb » italiennes, de la guerre froide et plus généralement des stratégies impérialistes. L’Italie est un pays contrasté, à l’État faiblement centralisé où il existe, aujourd’hui encore, de grandes disparités économiques et culturelles entre les régions. Dès le XIXème siècle les idées anarchistes et communistes se sont implantées avec vigueur à tel point que certains candidats à l’immigration les importèrent aux États-Unis où même en France. Comme dans beaucoup de pays occidentaux, la seconde guerre mondiale et la Résistance ont auréolé un Parti Communiste qui s’illustra lors d’actions partisanes radicales, notamment dans la région de Bologne libérée par des troupes mixtes de partisans. Dans certains endroits d’Italie les militants du parti tentèrent aussi l’aventure révolutionnaire en refusant de rendre les armes. En 1947, le parti totalise plus de deux millions d’adhérents ce qui permet aux dirigeants de marginaliser, d’une part, les éléments les plus radicaux en en appelant à l’action de masse et, d’autre part, de négocier l’écriture de la nouvelle constitution italienne.
Des années 1950 aux années 1980, le PCI s’installe dans le paysage politique italien. En 1976, il compte, par exemple, 1.5 millions de militants et totalise jusqu’à 34.4% des voix lors des élections. C’est l’un des partis communistes les mieux implanté à l’ouest. Mais malheureusement, le succès électoral de cette période sert essentiellement d’appui externe aux gouvernements centre-gauches qui se succèdent à la tête de la jeune démocratie italienne.
L’évolution de la politique internationale de l’Union Soviétique (Rapport Khrouchtchev, révolution hongroise, printemps de Prague) met mal à l’aise le PCI et de nombreuses dissidences s’expriment, notamment à l’extrême gauche qui réactive le discours révolutionnaire et insurrectionnel des communistes d’après guerre. Durant les années 1970, une nouvelle génération d’ouvriers, jeunes et méridionaux, s’organise en rejetant la tutelle, devenue trop embarrassante d’un parti qui, dès 1973, s’essaye au « compromis » avec la Démocratie Chrétienne dans le but de prendre le pouvoir par la voie des urnes. Un nouvel imaginaire du conflit, fait d’antifascisme réinventé, de culture de masse urbaine et de revendications radicales, apparait alors. Inventant de nouvelles formes de luttes qui surprennent et dépassent les organisations traditionnelles de gauche, ouvriers précaires, chômeurs et étudiants investissent les formations de gauche extra-parlementaire. Certains groupes, bien implantés dans le milieu ouvrier – notamment à la FIAT de Turin – comptent plus d’un millier de militants actifs, diffusent leurs journaux dans tout le pays et impulsent des grèves durement réprimées. Le mouvement durant près de dix ans lors d’un « long mai rampant », s’instaure en réel contre-pouvoir, investissant toutes les sphères de la vie sociale et politique pour culminer en 1977, année durant laquelle éclate la révolte des étudiants, des chômeurs et des sous-prolétaires qui défilent armés dans certaines villes industrielles et notamment à Bologne. C’est de cette radicalité que naitront les organisations politiques qui, par la prise des armes, entendent prendre le relais de la cause révolutionnaire délaissée par le PCI.
Ce mouvement révolutionnaire inquiète de nombreux membres de l’élite politique et économique italienne. L’espace qu’occupe l’Italie dans les stratégies internationales de l’OTAN – l’Italie compte plusieurs bases américaines – la place dans la ligne de mire des États-Unis dans sa lutte contre l’Union Soviétique. C’est notamment sous le nom de Gladio (le glaive en italien) que le réseau, mis en place par les services secrets US dès 1945, est connu. L’anticommunisme des uns et des autres trouve son expression la plus aboutie dans ce qu’on appelle la « stratégie de la tension ». A partir de 1969 et jusqu’à la fin des années 1970, une série d’attentats plonge l’Italie dans les larmes et le sang. Le 12 décembre 1969, une bombe explose à Milan au siège de la Banca nazionale dell’ agricolura, piazza Fontana, elle fait 16 morts et est d’abord attribuée à des anarchistes. Le 22 juillet 1970, à Gioa Taur en Calabre, un attentat fait dérailler un train, blesse 50 personnes et en tue 6 autres. Le 31 mai 1972, à Peteano en Vénétie, une voiture piégée explose devant un commissariat en tuant 3 carabinieri, le 22 octobre une série d’attentats est organisée contre des trains et des lignes ferroviaires du sud de la péninsule dans le but d’empêcher un rassemblement ouvrier qui doit se tenir à Reggio de Calabre. Le 28 mai 1974, une bombe explose en plein meeting syndical sur une des places les plus passantes de Brescia, on dénombre 8 morts et 84 blessés. Le 4 aout 1974, une valise d’explosifs déchiquette un wagon de l’express Bologne-Florence. La violence de la « stratégie de la tension » culmine le 2 aout 1980, à Bologne. Cette stratégie c’est l’expression de la crainte que les dirigeants de l’Italie d’alors ont des mouvements sociaux. Pour l’universitaire Donatella Della Porta, il s’agit de « la manipulation en sous-main par le gouvernement de groupes politiques radicaux afin de provoquer des débordements qui favoriseraient aux yeux de l’opinion publique des politiques autoritaires ».
Le but de cette stratégie, assumée par les élites patronales, politiques et militaires exprime bien le fait que, dans une situation sociale tendue où le mouvement ouvrier est en position de force, les élites des puissances capitalistes n’hésitent pas à jouer avec l’extrême droite la plus réactionnaire et à agir contre les populations. Les morts innocents de la gare de Bologne doivent nous rappeler qu’en dehors des discours vertueux sur la démocratie et la paix sociale les élites au pouvoir n’hésitent pas à provoquer des bains de sang lorsqu’il s’agit de maintenir leur domination en place. C’est un élément supplémentaire que toute personne désireuse de changer politiquement l’ordre des choses doit intégrer à sa réflexion.
Patxi
Publié dans Histoire
Tagué années de plomb, autonomie, Bologne, Brigades Rouges, CIA, dictature, fascisme, Francesca Mambro, Gladio, imperialisme, Italie, loge maçonnique, mouvement ouvrier, mouvement social, néofascisme, OTAN, P2, PCI, piazza Fontana, répression, sécuritaire, Strage di Bologna, terreur d'état, terrorisme, Valerio Fioravanti, violence
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Jeune Seigneur – Tonnerre de Brest
Publié dans Musique
Tagué antifa, antifascisme, Brest, Bretagne, Jardin moderne, Jeune Seigneur, oi, punk, rash, redskin, redskinhead, Rennes against Racism, skinhead only red, Tonnerre de Brest
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Achtung!
Publié dans Visuel
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Action day

Publié dans Manifestation, Musique
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Nouvelles du front
Publié dans Actualité de la lutte et rapports de force, Cinéma et télévision, Presse alternative
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