Ce qui donne son importance militaire à la guérilla métropolitaine, et ici à la R.A.F. (Fraction Armée Rouge), aux brigades rouges en Italie, à la S.L.A. (Symbionese Liberation Army) et à d’autres groupes aux U.S.A. c’est le fait que ses objectifs d’opération dans le cadre de la lutte de libération des peuples du tiers monde sont à l’intérieur des lignes, c’est le fait que dans la lutte solidaire avec les mouvements de libération du tiers monde elle peut attaquer l’impérialisme sur ses arrières, d’où il exporte ses troupes, ses armes, ses instructeurs, sa technologie, ses systèmes de communication et son fascisme culturel pour opprimer et exploiter les peuples du tiers monde et pour anéantir les mouvements de libération.
Voilà la définition stratégique de la guérilla métropolitaine dans le cadre de l’internationalisme prolétarien : déclencher la guérilla, la lutte armée, la guerre populaire dans l’arrière-pays de l’impérialisme, au cours d’un processus prolongé – car la révolution mondiale n’est assurément pas une affaire de quelques jours, de semaines, de mois, elle ne se fera assurément pas par quelques soulèvements populaires, n’est assurément pas un processus court, assurément pas la prise du pouvoir de l’appareil d’Etat – comme la conçoivent les partis révisionistes et les groupes pour la formation de partis révisionnistes, ou du moins ceux qui prétendent le concevoir, car ils ne conçoivent rien du tout.
Dans les métropoles, le concept d’Etat national est devenu une fiction, qui n’est couverte par rien, ni par la réalité de la classe dominante, ni par sa politique, ni par la structure du pouvoir.
Elle ne peut même plus s’appuyer sur les frontières linguistiques depuis qu’il y a dans les pays riches de l’Europe occidentale, des millions de travailleurs immigrés.
On assiste plutôt en Europe à un internationalisme du prolétariat en voie de formation à travers l’internationalisme du capital, à travers de nouveaux médias, à travers la dépendance réciproque du développement économique, à travers l’élargissement de la communauté européenne – et les appareils syndicaux s’appliquent déjà depuis des années à l’assujettir, le contrôler, l’institutionaliser et l’opprimer.
La fiction de l’Etat national à laquelle s’aggripent les groupes révisionnistes avec leur forme d’organisation, correspond à leur fétichisme légaliste, leur pacifisme, et sa limitation petite-bourgeoise, leur incapacité de penser de façon dialectique.
Ulrike Meinhof, déclaration au procès, 1974


.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
C’est une belle allocution…. Le grand Bertrand Sassoye des CCC belges nous a aussi abreuvé de belles idées et actions lors d’un petit débat à Bruxelles. Il m’expliquait qu’ils savaient tous [RAF, Action Directe, CCC, etc.] qu’un jour ou l’autre, ils seraient soit tués, soit capturés. Hommage à eux donc.
On va vous la reprendre ! sur notre site http://laboratoireurbanismeinsurrectionnel.blogspot.com/
yul
Hommage à eux!
Et merci 😉