Franche-Comté : Saône, Chargey-lès-Port, Abbenans… Parfois incognito, l’extrême droite investie dans plusieurs communes comtoises
Article écrit en collaboration avec Toufik-de-Planoise (Journaliste au média bisontin Le Ch’ni)
En Franche-Comté, combien d’élu·e·s battent désormais pavillon à l’extrême droite suite aux dernières élections municipales ? À cette question, il n’y pas de réponse précise. Car, si plusieurs listes revendiquent une affiliation au « Rassemblement National », bien d’autres candidatures ont, au contraire, éclipsé leurs appartenances organiques ou idéologiques. Difficile, dès lors, d’établir une cartographie véritablement fidèle et complète de la situation, tant il est délicat d’identifier les « seconds couteaux » qui évoluent « incognito » au sein de groupes réputés « sans étiquette », « divers » ou même « centristes ». « Le Ch’ni » et le CAB en ont cependant retrouvé quelques-uns, dont l’ascension peut parfois laisser songeur.

Besançon – Manifestation antifasciste et intersectionnelle, samedi 14 mars.
À l’appel de plusieurs centaines d’organisations politiques, syndicales, associatives, réunies au sein de la « marche des solidarités », une mobilisation « contre le racisme, les fascistes et les violences d’État » est organisée partout en France ce samedi 14 mars 2026. Sur Besançon, la déclinaison locale a été annoncée à 15h00 au départ du parking Battant. Si un texte national synthétise les principales revendications autour de cette date, au local, des militant·e·s tiennent également à évoquer des enjeux spécifiques à l’antifascisme et à l’intersectionnalité dans un contexte de fortes tensions.
Manifestation antifasciste et intersectionnelle à Besançon, samedi 14 mars à 15h Parking Battant.

Franche-Comté – Observatoire de l’Extrême droite en Franche-Comté (OBEX-FC)
L’esquisse de ce projet avait déjà été dévoilée lors de la première édition du « Besac Antifa Fest » le 4 juin 2025. mais c’est le vendredi 16 janvier, 2026 que « l’OBservatoire de l’EXtrême droite en Franche-Comté » (OBEX-FC) a été officiellement présenté publiquement lors d’une conférence à la salle David rue Battant à Besançon.
Le site de l’Observatoire de l’extrême-droite est consultable sur obex-fc.net

Besançon – Besac Antifa Fest – du 3 au 7 juin
A l’initiative du Comité Pour Clément – Besançon, du 3 au 7 juin à Besac c’est le BESAC ANTIFA FEST !

Besançon – Pour une mobilisation antifasciste et populaire
Comme chaque année, le collectif antifasciste La Nuée invite les organisations, syndicats et partis à participer à une mobilisation prévue le samedi 8 juin 2024.
En effet nous commémorerons la disparition de notre camarade Clément Méric, militant notamment à Solidaires Étudiant-e-s, Act Up et l’AFAPB, tué par des néonazis le 5 juin 2013 à Paris.
À cette occasion nous entendons rappeler que cette ville et ses habitant-e-s se dresseront toujours fièrement face à l’extrême-droite et contre toutes formes de discriminations, quand bien même nombre d’agressions politiques, racistes et LGBT+phobes, parfaitement documentées, restent encore aujourd’hui largement couvertes par les autorités.
Nous souhaitons en outre apporter un soutien indéfectible aux antiracistes inquiété-e-s à Besançon et ailleurs pour s’être élevé-e-s en ce sens, sans omettre d’exprimer une totale fraternité/sororité internationaliste aux opprimé-e-s particulièrement palestinien-ne-s, kanak-e-s et kurdes. Pour toutes ces raisons, faisons entendre massivement nos voix !
Rendez vous samedi 8 juin 2024 17h00 place du Huit-Septembre 1944

Après les émeutes racistes de Romans-sur-Isère, trois néonazis bisontins condamnés en appel
Lu sur Le Ch’ni, Le Ch’ni est un média crée en 2024 et implanté à Besançon, agissant comme un organe de presse ayant pour principe la promotion et la défense d’une information de qualité, accessible au plus grand nombre, pluraliste et indépendante.
Par Toufik de Planoise
La cour d’appel de Grenoble vient de statuer quant au sort de trois militants néonazis originaires de Besançon, lesquels avaient participé à des émeutes racistes le 25 novembre dernier à Romans-sur-Isère. Initialement jugés en comparution immédiate, ils avaient écopé de huit à dix mois de détention avec mandat de dépôt. Directement envoyé en prison, le trio avait obtenu une libération après seulement un mois et demi de cabane. Si les ultranationalistes ont vu leur culpabilité confirmée, la peine fut toutefois réduite à six mois de prison ferme aménageable. Autrement dit, ils finiront de purger cette sentence par des mesures alternatives type port d’un bracelet électronique.
À la base, les compères n’avaient pas hésité à traverser la France afin de récupérer la mort d’un jeune homme… Et faire prospérer leurs idéologies, à coup de barres en fer. Au final les affrontements escomptés avaient tourné à la débandade généralisée, habitant-e-s des quartiers visés et forces de l’ordre dépêchées infligeant une sévère rouste aux révolutionnaires d’un jour. Ce qui n’a pas empêché les velléités, les comtois ayant été confondus pour « participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences », « dégradations » ou encore « violences sur dépositaire de l’autorité publique. » Concrètement pour l’un d’eux, il lui a par exemple été reproché d’avoir attaqué des policiers avec mortiers d’artifice.
L’épilogue d’un marathon judiciaire, avec pour toile de fond commun les tendances les plus radicales et la périphérie de la capitale comtoise : Romain J., militaire fêtant ses vingt-deux ans, est issu d’une famille engagée au RN et proche de figures comme Sébastien F. dit Sanglier ; Ilann F., ayant grandit en Auvergne, du même âge, demandeur d’emploi, était jusqu’alors surtout connu pour sa passion du roller derby l’ayant mené en sélection nationale junior ; enfin Vital V., aujourd’hui vingt-cinq ans, étudiant en philosophie à la Sorbonne, était le seul à avoir des antécédents connus, en l’occurrence pour des VSS commises en 2020 contre sa compagne de l’époque. Lors des perquisitions, armes blanches, tracts partisans et autres Mein Kampf ont été relevés.

Mais aucun n’avait été jusqu’alors mis en cause dans le cadre d’exactions aux relents politiques, malgré des faits parfois largement documentés. Ainsi Vital V. était précisément accusé d’être partie prenante d’une agression, le 22 août 2022 devant le TGI de Besançon ; quant à Ilann F. et Romain J. ils furent formellement identifiés comme les deux auteurs d’un tabassage LGBTphobe, dans la nuit du 4 au 5 août 2023 toujours dans cette ville. Ces affaires pourtant graves, leur adhésion à une frange totalitaire revendiquée, ou leur évolution notoire auprès du groupuscule « Vandal Besak », n’intéresseront pas le parquet, régulièrement taxé d’adopter un « laxisme » singulier et déconcertant avec les identitaires de tous poils.
C’est donc sans surprise que les plus connaisseurs retrouvaient leurs « clients », observant cette énième implication comme la suite logique d’une forme d’impunité. « En réalité leur connerie, c’est surtout d’avoir quitté le département du Doubs et sa juridiction. Dès lors que ce n’étaient plus les magistrats maison qui géraient leur cas, ils risquaient vraiment d’avoir des problèmes ; vu le contexte, ça n’a pas manqué ! » tranche une source. Mais le milieu n’a pas abandonné ses martyrs, à l’instar de Florent G. ayant immédiatement ouvert et diffusé une cagnotte de soutien. Loin d’avoir rompu avec leurs pairs, certains revendiquent toujours cette proximité ; comme Ilann F., ayant affiché ses appartenances pas plus tard que le 9 mai dernier.
Paris – Une délégation comtoise identifiée dans un défilé néonazi, ce week-end à Paris
Lu sur Le Ch’ni, Le Ch’ni est un média crée en 2024 et implanté à Besançon, agissant comme un organe de presse ayant pour principe la promotion et la défense d’une information de qualité, accessible au plus grand nombre, pluraliste et indépendante.
Depuis désormais trois décennies, l’extrême-droite radicale se rassemble chaque début mai à Paris. Une date initiée à partir de 1994 pour commémorer le décès d’un militant, ayant chuté d’un immeuble en tentant de fuir la police durant la dispersion d’une manifestation « anti-impérialiste » à laquelle il participait. Mais les polémiques et interdictions répétées restent à ce jour totalement vaines, alors même que parallèlement nombre de mobilisations en soutien à la Palestine sont encore réprimées. Ultranationalistes, néofascistes et néonazis de toute la France ont donc pris l’habitude de parader à cette occasion… Y compris samedi dernier, pour les trente ans du mouvement.

Sans surprise malgré la rareté des documents exploitables, plusieurs têtes sont apparues familières auprès des plus informé-e-s. Il n’était certes parfois pas difficile de retracer le parcours des intéressés, presque tous étant vêtus d’un sweat « Defend Vesontio » affublé d’un fusil kalachnikov, reprenant au dos la maxime « Comtois rends-toi, nenni ma foi » et arborant le blason impérial de la cité …
Un apparat complété par divers artifices destinés à se dissimuler le visage malgré la loi en la matière, aspirant aussi à faire rayonner la région dans ce qui constitue une « internationale réactionnaire » ; avec comme bestseller du jour, un cache-cou « hooligan » à nouveau nimbé des armoiries de la ville.
Derrière la plupart des masques, le casting ne pouvait être plus attendu. On retrouve ainsi, par exemple, Florent G., intérimaire demeurant aux Cras, mobilisé au sein du service d’ordre, exhibant, outre les emblèmes décrits ci-avant, un brassard « sécurité » clairement visible. Une prise de responsabilité significative et ostensible, marquant sa proximité et son rôle au sein d’une organisation qu’il fréquente assidument depuis bien longtemps. À domicile le bientôt trentenaire multiplie les faits d’arme, ayant été un habitué du feu « le Bunker » désormais volontiers tourné vers les agressions à l’encontre de féministes comme le 31 janvier 2021 à Dijon ou le 19 novembre 2022 à Besançon.
Les autres forment de discrets seconds couteaux, bien que eux aussi mis en cause dans des exactions graves et récurrentes. C’est le cas d’Alexis L., fan de « National-Socialist Black-Metal » originaire du Haut-Jura et déjà repéré en marges de violences en juillet 2021. L’exercice se transforme ensuite davantage en supputation, bien que des sources confortent que le 9 mai dernier déjà un petit groupe habillé des exactes mêmes couleurs avait passé une partie de la soirée dans le centre-ville de Besançon… incluant Tristan D., Paul R. et surtout Ilann F., le troisième étant passé par la case prison pour son implication dans les émeutes racistes de Romans-sur-Isère et toujours accusé d’un tabassage LGBTphobe l’été dernier.
Au total c’est une demi-douzaine de protagonistes qui ont été signalés, démontrant un ancrage national mais aussi des velléités locales. La sauterie francilienne avait en effet été précédée d’une communication dans le secteur, vite relayée sur les réseaux sociaux avant que les visuels ne disparaissent. Ainsi dans la nuit du 3 au 4 mai, plusieurs affiches ont été dressées aux abords des principales entrées routières à l’image de celles de Beure et Châteaufarine. Un collage furtif perpétré dans la même phase que les graffitis explicites ayant visé nos confrères et consœurs de radio BIP/média 25, coïncidence troublante dont il appartiendra à l’enquête de déterminer les éventuels liens.
Besançon – La façade de Radio-Bip, une nouvelle fois ciblée par les néo-nazis locaux.
Instrumentalisant le meurtre de Matisse à Châteauroux le 27 avril, et dès le soir du drame, via les réseaux sociaux, des personnalités politiques d’extrême droite ont profité de l’émotion suscitée pour critiquer la politique migratoire de la France. Et même si la famille de Matisse a immédiatement dénoncé cette instrumentalisation de la mort de leur enfant à des fins politiques, tout comme pour le meurtre de Lola à paris en 2022 (affaire Lola) et de Thomas à Crépol l’année passée (affaire Thomas Perotto) de nombreux militants identitaires se sont empressés dans les jours qui suivirent de coller massivement des affiches dénonçant des « francocides » commis par des « barbares » immigrés.
A Besançon ce sont les militantes pseudo-féministes du collectif Némésis qui effectueront les collages xénophobes.

> à droite le collage « pour Matisse » début mai 2024
Mais à l’instar d’autres groupuscules néo-nazis sévissant dans l’Héxagone et publiant leurs actions via les pages télégram telles celle de ouestcasual, nos néo-nazis locaux se sont une nouvelle fois attaqués, dans la nuit du 3 au 4 mai, à la façade de Radio-Bip.


Croix celtique, insulte contre les antifas (FuCK AntiFascist-Action ) et « justice pour Matisse » (comprenez : tous les étrangers dehors !)…

Mais étaient-ils également conscients que le 3 mai est une date symbolique, puisqu’il s’agit de la journée de la liberté de la presse?
Ce n’est pas la première fois que radio Bip est la cible de l’extrême droite locale tant la radio alternative bisontine suit au plus près l’ensemble des mouvements sociaux, en filmant les manifestations (Gilets Jaunes, grèves étudiantes, manifestations contre la reforme des retraites, etc) mais aussi en donnant la parole à tou-te-s celleux portant un discours progressistes (aux représentant-e-s syndicaux, aux minorités, aux réfugiés, etc).
Nous apportons notre soutien à la rédaction de Radio-Bip et à tou-te-s celleux qui y collaborent, mais nous savons que cela ne sera certainement pas la dernière fois que ce type de menaces arrivera. Tout d’abord parce que les journalistes militant-e-s de Radio-Bip ne sont pas du genre à se laisser impressionner par de telles provocations et à baisser les bras, et malheureusement parce que les dégradations et les menaces venant de groupuscules fascistes ont vu leur nombre augmenter à Besançon ces dernières années, sans que personne n’en soit inquiété (voir article CAB)… et aussi parce que pitoyablement, les médias locaux mainstream tel que l’Est Républicain, n’ont pas jugé bon de publier que ce type de menaces envers leurs confrères et consœurs de la presse alternative peut encore arrivé régulièrement, fut-ce le 3 mai Journée Mondiale de la Liberté de la Presse.
Dans un communiqué, Radio-Bip déclare avoir porté plainte (voir le communiqué et l’article)
Pour soutenir Radio-Bip : https://radiobip.fr/site/soutenez-radio-bip-media-25/
International – A propos de l’offensive du Hamas
Suite aux événements qui ont débuté le matin du samedi 7 octobre, le CAB, en tant que Cellule Antifasciste – et libertaire- Besançon tient à se positionner sur l’offensive que mène depuis Gaza le Hamas sur le sol de l’état israélien.
La bande de Gaza est sous blocus depuis 15 ans, les gazaouis subissent de la part de l’état israélien une situation humanitaire dramatique ponctuée de représailles souvent sanglantes sur les militants palestiniens, leurs familles et leurs proches. Mais à ces drames, il faut ajouter la brutalité du pouvoir qu’exerce également le Hamas sur ce petit bout de territoire palestinien. Les forces et les milices du Hamas sont impliquées dans plusieurs enlèvements, homicides, tortures et menaces de mort contre ceux et celles qu’ils accusent de « collaborer avec Israël », c’est à dire contre tou-te-s les opposant-e-s politiques et journalistes osant critiquer le Hamas et/ou qui souhaitent faire avancer la Palestine vers plus de démocratie.
Le Hamas est non seulement un groupe terroriste qui vise principalement des civils habitant Israël (qu’ils soient juifs ou musulmans , hébreux ou arabes) mais nous le considérons comme un groupe fasciste.
En éliminant tous les groupes d’oppositions, le Hamas a pris le monopole des modes de résistance pour faire face à la brutalité de la politique sécuritaire menée par Israël. Même si nous comprenons et soutenons la volonté de résistance du peuple palestinien, nous nous opposons en tant qu’antifascistes à toutes les actions du Hamas, et ne lui accordons aucune légitimité dans la lutte du peuple palestinien pour son autonomie.
Israël, seul état « démocratique » de la région, a malheureusement élu récemment un gouvernement d’extrême-droite à sa tête mené par Benyamin Netanyahou. Mais avant cela, rien ne l’a jamais empêchè durant plusieurs décennies de mener une politique ségrégationniste vis à vis de la population arabe et musulmane, ainsi que de continuer mettre en place de nouvelles colonies illégales en Palestine Cis-Jordanienne occupée, d’ordonner à son armée de bombarder des civils, de tirer à balles réelles sur des gamins armés de pierres, de kidnapper des militants palestiniens pseudo-terroristes (qui ne seront jamais jugés), de raser des maisons, d’expulser des familles, etc. Il s’agit d’un véritable terrorisme d’état contre lequel la résistance menée par la population palestinienne est totalement légitime.
Avec le Hamas et l’actuel gouvernement israélien, nous sommes en présence de deux entités fascistes farouchement hostiles l’une envers l’autre qui alimentent une escalade sans fin du sentiment nationaliste, du racisme, et du fanatisme religieux de part et d’autre d’un mur.
L’ampleur impressionnante et sanglante de l’offensive du Hamas aura comme conséquence une riposte tout aussi sanglante et impressionnante de Tsahal (et le Hamas le sait très bien). Des deux côtés, on dénombrera des centaines et peut être des milliers de victimes innocentes qui seront élevées aux rangs de martyrs par les fanatiques et renforçant les ressentiments fascisants des deux camps.
Le CAB n’apporte son soutien ni aux nationalistes islamistes du Hamas, ni aux nationalistes et militaristes israéliens. En tant qu’antifascistes, nous seront du côté des palestiniens et des israéliens qui continueront à espérer et à œuvrer pour un règlement pacifique et démocratique du conflit malgré les répressions constantes, les haines et les nationalismes qu’ils et elles subissent.



