Le joueur d'éches Magnus Carlsen en tournoi à Wangels le 25 février 2025 ©Getty - Gregor Fischer/picture alliance
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Dans cette dernière partie, on répond à cette question : alors que tout semble réglé par les intelligences artificielles, contre lesquelles on est certains de perdre, quel intérêt y a-t-il à continuer de jouer aux échecs ?

Avec
  • Laurent Fressinet, grand maître des échecs

Face à cette supériorité manifeste des machines, la question se pose naturellement : pourquoi continuer à jouer aux échecs ? La réponse de Laurent Fressinet frappe par son bon sens : "Une Ferrari va plus vite que Usain Bolt", dit-il simplement.

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Mais cette comparaison cache une réalité plus profonde

"La disparition du débat théorique", comme l'appelle Fressinet, a paradoxalement libéré les joueurs. Si la machine tranche instantanément les disputes stratégiques, cela permet à tous de progresser plus rapidement. "Loin de nuire à l'intérêt des échecs, les machines ont plutôt participé à son expansion actuelle", observe-t-il, et pointe le succès des applications qui corrigent les parties et font "exploser le niveau moyen des joueurs".

Surtout, l'IA a révélé quelque chose de fondamental sur la nature du jeu. Aujourd'hui, "jouer aux échecs à haut niveau, c'est une dialectique complexe : être le premier à faire sortir l'adversaire du plan préparé avec l'aide des logiciels", explique Fressinet. En d'autres termes, celui qui l'emporte est celui qui arrive le plus vite à faire jouer l'autre comme un humain - avec ses intuitions, ses émotions, ses failles.

Cette découverte résonne au-delà des échecs : dans un monde où l'IA excelle dans la résolution de problèmes, les humains retrouvent leur spécificité dans la compréhension des situations complexes, imprévisibles, émotionnelles. "L'arrivée de l'IA lui a montré que ce qui l'intéressait dans sa passion, c'était sa part humaine. Ce n'est pas le calcul, c'est l'intuition. Ce n'est pas le jeu parfait, mais c'est l'erreur."

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