Dans le sillage de... Charles Marion, photographe
Publié le 10/06/2026
Photographe autodidacte et amoureux de la mer, Charles Marion planche sur un troisième ouvrage dédié au monde maritime et plus spécifiquement à la mer d’Iroise.

La Marine y aura une belle place grâce à la proximité du photographe avec les équipages depuis plusieurs années.
Tous vos livres photos sont axés sur la mer, depuis quand dure ce lien avec le monde maritime ?
Charles Marion : J’ai débuté mon activité de photographe en 2012. Dès 2013, j’ai commencé à photographier la mer et les marins en embarquant aux côtés de bénévoles de la SNSM, en photographiant les Voiles de Saint Tropez et les régates du Spi Ouest France. Je me suis lancé en 2014 dans la réalisation de mon premier livre, La Mer & ses Hommes, qui est paru en 2016. Ouvrage proposant une découverte du milieu maritime, c’est ce livre qui m’a conforté dans mon souhait d’aventures humaines et de rencontres. De 2016 à 2019, j’ai travaillé sur Unis pour secourir, mon second ouvrage maritime qui est paru malheureusement pile à l’arrivée du Covid.
Vous planchez désormais sur un troisième ouvrage, à nouveau dédié au monde maritime. De quoi allez-vous parler ?
C. M. : Le livre Iroise est né en 2019, alors que je terminais mon livre consacré aux secours maritimes. J’étais à Ouessant et un magazine national m’avait sollicité pour réaliser un article sur le sujet. Carnet de notes en mains, au pied du phare du Créac’h, j’étais émerveillé par ce territoire : la richesse de son histoire, la beauté des rencontres effectuées et la puissance des émotions vécues. Bien qu’habitant Nantes et distant d’au moins trois heures en voiture, je me voyais poursuivre et compléter ce travail de rencontres et d’immersions sur les îles, en mer, comme le long du littoral. Malheureusement, le Covid est arrivé en 2020. Cette période m’a permis de réfléchir et une fois le confinement terminé, j’ai transmis mon synopsis aux différentes institutions que je souhaitais intégrer au projet : Marine nationale, Gendarmerie nationale, Sécurité civile, Conservatoire du Littoral, etc. Plus d’un an de rencontres, des centaines de mails et d’appels auront été nécessaires pour avoir le feu vert de tout le monde. C’est durant l’été 2024 que j’ai enfin débuté mes travaux en me rendant par exemple sur les îles pour déterminer précisément mes spots photos, réfléchir à un budget, trouver un partenaire sans qui le livre ne pourrait voir le jour. Avec un planning détaillé, j’ai ensuite pu organiser mes reportages.
J'ai un regret dans ma vie : ne pas m'être engagé dans la Marine nationale
Parmi ces reportages, vous en avez réalisé avec des militaires de la Marine nationale ?
C. M. : Exactement, mais plus globalement depuis mon premier livre, la Marine nationale m’a donné la possibilité de m’exprimer en images en embarquant à de nombreuses reprises. Je suis pleinement conscient de la chance que j’ai de vivre de pareilles opportunités comme photographier un sous-marin nucléaire lanceur d’engins (SNLE), embarquer à bord d’un hélicoptère pour un treuillage sur un chalutier, passer une journée au CROSS Corsen, voler en Atlantique 2 ou encore naviguer avec des mousses à bord du Belem. Tous ces reportages sont associés à des rencontres au sein des unités qui sont le ciment de mon livre. Sans ce lien et cette relation de confiance, mon travail n’aurait pas la même saveur. Même si toutes ont été des expériences formidables, je voudrais m’arrêter sur mon reportage avec la 32F. J’y ai été accueilli d’une façon vraiment remarquable durant plusieurs jours, ce qui m’a permis de créer un lien particulier avec les personnes photographiées. Pour moi, c’est important. C’est la base de mon travail et de l’image que je souhaite laisser : quelqu’un qui se fait discret, qui commence sans appareil photo pour rencontrer, échanger et mieux appréhender les choses, puis qui photographie afin de raconter en images des savoir-faire, une culture, un engagement, des valeurs.
Quelles sont vos prochaines échéances pour ce projet et comment appréhendez-vous la sortie du livre ?
C. M. : Les dernières images vont être réalisées ces jours-ci mais depuis la fin de l’année 2025, quand plus de 70 % des reportages étaient effectués, j’ai commencé à faire le difficile travail de sélection d’images et de mise en page. Durant des mois, j’ai pensé nuit et jour à cela. Je vais maintenant passer autant de temps à écrire l’ensemble de mes légendes. Les prochaines semaines vont aussi être dédiées à l’intense travail de relecture, d’essais de chromie et de préparation de la publication. L’objectif est clair : publier mon livre courant septembre. Réaliser un tel ouvrage est un travail considérable qui m’empêche de dormir parfois, qui crée des montagnes russes d’émotions et heureusement que je peux compter sur des partenaires fiables comme la Marine dans ces cas-là. À sa sortie, j’espère pouvoir remettre un exemplaire à ceux qui m’ont aidé à réaliser ce projet sur le papier à Paris, puis à ceux qui m’ont permis de le faire sur le terrain en mer d’Iroise.
Avez-vous déjà en tête d’autres projets avec la Marine ?
C. M. : J’ai un regret dans ma vie, c’est celui de ne pas m’être engagé au sein de la Marine nationale en étant plus jeune. Bien que civil, j’aime retrouver cette rigueur, ces valeurs liées aux traditions, la diversité des métiers et des profils associés, ainsi que la révolution technologique permanente afin de s’adapter aux enjeux du monde. Il me reste deux rêves que j’espère concrétiser : embarquer à bord du porte-avions Charles de Gaulle et découvrir l’Île Longue pour y photographier un SNLE dans un bassin.

Bio express
1987 : Naissance à Angers (49)
2012 : Quitte le métier d’opticien-lunetier pour se lancer dans la photographie
2015 : Reportage durant le vol en formation de deux Rafale Marine
2016 : Publication du livre La Mer & ses Hommes
2017 : Reportages au CESSAN, à la 33F, au bataillon des marins-pompiers de Marseille et avec les marins-pompiers de Brest
2019 : Publication du livre Unis pour secourir
2024 : Début des reportages pour le livre Iroise
Automne 2026 : Parution du livre Iroise