ARTE consacre une programmation spéciale au père du néoréalisme italien, inventeur de la modernité cinématographique, avec quatre films à (re)découvrir partir du 1er octobre, complétés par cinq autres opus le 1er novembre.
Du 01/10 au 31/03/2026 :
Rome, ville ouverte
Paisà
Amore : La voix humaine, Le miracle
Allemagne, année zéro
Du 01/11 au 30/04/2026 :
Stromboli
La machine à tuer les méchants
Voyage en Italie
La peur
L'an un
Du 1er octobre au 31 mars 2026 :
Rome, ville ouverte
(Italie, 1945, 1h38, noir et blanc)
Avec : Anna Magnani, Aldo Fabrizi, Marcello Pagliero, Francesco Grandjacquet, Harry Feist
Grand Prix, Cannes 1946
Dans Rome occupée, la Gestapo traque des membres de la résistance.
Écrit en 1944, alors que Rome était encore sous le joug nazi, ce chef-d’œuvre présenté en version restaurée, marque l’avènement éclatant du néoréalisme. Tourné dès la fin de la guerre dans les rues de la ville, malgré un financement précaire et de fortes pressions politiques, le film s’inscrit dans le style quasi documentaire qui caractérise la révolution esthétique et narrative inaugurée par Roberto Rossellini. Après Paisà, son terrible Allemagne, année zéro en constituera en 1948 un autre sommet. Malgré un accueil mitigé à domicile, l’enthousiasme du Festival de Cannes, qui lui accorde son grand prix, consacre rapidement Rome, ville ouverte comme un classique. Au plus près de la véracité historique et humaine de ses personnages, le cinéaste magnifie à travers eux le sursaut collectif d’un peuple.
Paisà
(Italie, 1946, 2h, noir et blanc)
Avec : Carmela Sazio, Robert Van Loon, Alfonsino Pasca, Dots M. Johnson, Maria Michi, Gar Moore, Harriet White, Renzo Avanzo, Bill Tubbs, Dale Edmonds
Des côtes siciliennes à la plaine du Pô, en passant par Naples, Rome ou Florence, de juillet 1943 à l'hiver 1944, six sketches évoquent la libération de l'Italie par les Alliés. Soldats américains, fascistes italiens, enfants des rues, prostituée ou aumôniers : une somme de destins individuels d'hommes et de femmes pris dans la tourmente d'un chaos collectif...
Le deuxième volet de la trilogie de guerre de Roberto Rossellini (comprenant aussi Rome, ville ouverte et Allemagne, année zéro) est lui aussi considéré comme un chef-d'œuvre du néoréalisme italien. Inspirées de faits réels, ces histoires peignent un seul et même tableau, celui d'un pays fragmenté et ruiné par la guerre, qui va tenter de se reconstruire et de retrouver une dignité perdue depuis l’accession au pouvoir de Mussolini. Mais le choc de cultures avec les Américains qui ont débarqué s’avère rude, et la rencontre de deux mondes débouche souvent sur une incommunicabilité aux conséquences funestes, un thème central dans l'œuvre de Rossellini.
Amore : La voix humaine, Le miracle
(Italie, 1947, 1h17, noir et blanc)
Avec : Anna Magnani, Federico Fellini, Peparuolo
Dans la première histoire, La voix humaine, une femme désespérée, cloîtrée chez elle, parle longuement au téléphone avec son amant qui vient de la quitter. Malgré son amour infini, elle doit se résoudre à ce que cet appel soit le dernier. Dans la seconde, Le miracle, une paysanne naïve et psychologiquement instable croise un berger, qu'elle prend pour saint Joseph. Il ne la détrompe pas et en profite pour l'enivrer afin d'abuser d'elle.
Quel hommage ! Amore est le dernier film tourné par Roberto Rossellini avec Anna Magnani, sa compagne de l'époque. En deux histoires distinctes, il offre à l'actrice des rôles à la mesure de son talent exceptionnel.
Allemagne, année zéro
(Italie, 1948, 1h16, noir et blanc)
Avec : Edmund Meschke, Ernst Pittschau, Ingetraud Hintze
Grand prix et prix du meilleur scénario, Locarno 1948
Un adolescent tente de survivre dans Berlin en ruine.
Tourné pendant l’été 1947, Allemagne, année zéro constitue le troisième volet (après Rome, ville ouverte et Paisà) de la trilogie consacrée à la guerre. Là encore, dans l’élan néoréaliste – capter le présent, rien que le présent –, le cinéaste réduit le dispositif du tournage au minimum. Le décor naturel se trouve sous ses yeux : les ruines, les cimetières, les chantiers, la misère et la faim, le marché noir et la truande. Dans sa note d’intention préliminaire, au générique du film, Rossellini explique son désir d'inscrire sur la pellicule "un tableau objectif et fidèle de cette ville immense, où trois millions de personnes vivent une vie désespérée sans presque s’en rendre compte". Une fresque sombre et poignante.
Du 1er novembre au 30 avril 2026 :
Stromboli
(Italie/États-Unis, 1950, 1h35, noir et blanc)
Avec : Ingrid Bergman, Mario Vitale, Renzo Cesana, Mario Sponzo
En 1945, pour sortir du camp dans lequel elle est internée, une jeune Lituanienne accepte d’épouser un pêcheur italien... Avec Ingrid Bergman, fascinante, une œuvre intense qui frappe par sa modernité.
La machine à tuer les méchants
(Italie, 1952, 1h20, noir et blanc)
Avec : Gennaro Pisano, Marilyn Buferd, William Tubbs
Conte burlesque et moralisant inspiré de la Commedia dell'arte mettant en scène la lutte du bien et du mal sur la côte amalfitaine. Le premier essai de comédie de Rossellini.
Voyage en Italie
(Italie/France, 1953, 1h22, noir et blanc)
Avec : Ingrid Bergman, George Sanders, Maria Mauban, Anna Proclemer - Production : Sveva, Junior, Italiafilm, Francinex, Les Films Ariane - Version restaurée
Lors d’un voyage à Naples, Alexander et Katherine, un couple d’Anglais, réalisent qu’ils ne partagent plus grand-chose. Avec Ingrid Bergman et George Sanders, un film salué pour sa modernité par la Nouvelle Vague.
La peur
(Italie/Allemagne/Monaco, 1954, 1h22, noir et blanc)
Avec : Ingrid Bergman, Mathias Wieman
Sur le point de mettre fin à sa liaison adultère, une femme est victime d’un chantage de la part d’une ancienne maîtresse de son amant.
L'an un
(Italie, 1974, 2h03)
Avec : Luigi Vannucchi, Dominique Darel, Valeria Sabel
L'Italie de l'après-guerre à travers le destin du leader démocrate-chrétien Alcide de Gaspari.