Vers une explicabilité et transparence des modèles dintelligence artificielle de détection danomalies dans les trajectoires et les séries temporelles
| Auteur / Autrice : | Zakaria Ezzahed |
| Direction : | Christophe Hurter, Xavier Olive |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Informatique et Télécommunications |
| Date : | Inscription en doctorat le Soutenance le 09/12/2025 |
| Etablissement(s) : | Toulouse, École nationale de l’aviation civile |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Mathématiques, informatique et télécommunications |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : ENAC-LAB - Laboratoire de Recherche ENAC |
| Jury : | Président / Présidente : Alex Telea |
| Examinateurs / Examinatrices : Christophe Hurter, Xavier Olive, Junzi Sun, Florence Nicol, Sameer Alam, Raphaël Couturier | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Alex Telea, Sameer Alam, Raphaël Couturier |
Mots clés
Résumé
Laugmentation des données de trajectoires davions, permise par les capteurs radar et ADS-B, offre de nouvelles possibilités pour la modélisation et la surveillance du trafic aérien. Ces trajectoires, vues comme des séries temporelles multivariées, sont au cur de la gestion du trafic car elles déterminent la sécurité, la capacité et limpact environnemental des opérations. Leur volume et leur variabilité rendent cependant les approches classiques limitées. Les autoencodeurs et les autoencodeurs variationnels (VAE) sont apparus comme des outils puissants pour compresser, reconstruire et générer des trajectoires réalistes. Ils permettent de regrouper des flux, de détecter des anomalies ou de produire des scénarios synthétiques pour létude des risques. Mais la force de ces modèles, leur capacité à apprendre automatiquement des représentations latentes, est aussi une faiblesse car ces variables sont difficiles à interpréter. Dans un domaine sensible comme la gestion du trafic aérien, cette opacité bloque leur adoption opérationnelle, car les modèles doivent être à la fois performants et explicables. Cette thèse se situe entre lapprentissage profond et lintelligence artificielle explicable. Elle cherche à combler un double manque : le manque de compréhension sémantique des variables latentes et linadéquation des méthodes dexplicabilité existantes, souvent pensées pour limage ou le texte, face aux séries temporelles non étiquetées comme les trajectoires aériennes. Deux contributions principales sont proposées. La première répond à la question : ''comment interpréter la structure et la signification des dimensions latentes dans des autoencodeurs entraînés sur des séries temporelles ?''. Pour cela, nous introduisons le cadre des « latent-responses », qui mesure linformativité et les interactions entre dimensions latentes et les traduit en cartes visuelles. Ces cartes révèlent les zones fiables de lespace latent, identifient les corridors dinterpolation et permettent de générer des trajectoires plausibles en suivant la géométrie du modèle. La seconde contribution répond à la question : ''comment attribuer linfluence des segments temporels sur les dimensions latentes pour obtenir une vision globale des représentations apprises ?''. Nous proposons des cartes de saillance globales qui agrègent des explications locales de type GradCAM sur lensemble dun jeu de données. Cette approche met en évidence les portions de trajectoires qui influencent le plus la structuration de lespace latent et fournit une explication cohérente et stable des regroupements produits par le modèle. Ces méthodes sont testées sur des données synthétiques et sur des ensembles réels du réseau OpenSky, en particulier les arrivées à laéroport de Zurich. Elles montrent quil est possible de transformer des représentations numériques opaques en outils visuels interprétables, reliant les dimensions latentes à des caractéristiques opérationnelles comme les flux dapproche, les manuvres inhabituelles ou les scénarios de simulation. En conclusion, cette thèse montre quil est possible dassocier la puissance des modèles génératifs profonds avec lexigence de transparence en gestion du trafic aérien. En rendant les espaces latents lisibles et en reliant les dimensions apprises aux dynamiques temporelles des trajectoires, elle ouvre la voie à des systèmes daide à la décision plus robustes, explicables et acceptés par les acteurs opérationnels.