
Barbès Blues au temps du couvre-feu / épisode précédent
Le palpitant en effervescence, tout le monde boucla ses écluses après avoir bu les paroles de Bou Taxi ; chacun le goba des mirettes avec consternation. Pour débouchonner l’ambiance dont le plombage s’était concentré sur lui, Bou Taxi remit une tournée : « Vous comprendrez, maître, qu’après de tels aveux de ce zazou qui avait décidé de swinguer du fusil plutôt que du bas des reins, je n’ai pas cherché à le contredire. J’avais votre musicien sous ma responsabilité, je ne pouvais pas prendre le risque qu’il lui arrivât quoi que ce soit, cela n’aurait pas honoré ma profession de chauffeur de taxi.
– Oh, arrosa le maître avec les bulles de malice dont il avait le secret, c’est vraiment un beau métier que celui de mener les gens à bon port. Un métier qui rend sociable car il faut bien faire connaissance le temps du trajet, surtout s’il est long ! En la matière, tu as pris beaucoup de bouteille ; ce ne sont pas tous les chauffeurs qui savent parler aux gens pour qu’ils dévident tous les tracas qui engorgent les circuits de leur cerveau. L’armée devrait t’embaucher, ça lui éviterait d’utiliser la torture !
– Oui, oui, se démusela Bou Taxi qui n’était pas prêt à se laisser mordiller par la chambrette, mais cela ne m’éviterait pas d’être sur la liste des mouchards à exécuter. – Et qui était la vieille femme à qui il a démonté le citron ? », se garmenta Si Lbachir qui ne semblait pas vouloir mettre les rieurs de son côté. Parce qu’il était du coin, il voulait déjà savoir à qui il devrait présenter ses condoléances. « Après le départ des zazous, les enfants qui vendaient les figues de Barbarie nous ont dit qu’elle s’appelait Nana Megdouda.
– Ah que Dieu la prenne en miséricorde, elle qui n’a jamais eu de la bagouse ! Lire la suite →