Santé Tumeur stromale gastro-intestinale : c'est quoi ce cancer rare dont souffrait Charlie Dalin ?
Le navigateur français Charlie Dalin s’est éteint à Quimper des suites d’une tumeur stromale gastro-intestinale. Son parcours, aura culminé avec sa victoire au Vendée Globe 2024-2025, alors qu’il se battait déjà contre la maladie.
Le navigateur Charlie Dalin, vainqueur du Vendée Globe 2024-2025, est mort à Quimper dans la nuit de mercredi à jeudi, à l’âge de 42 ans des suites d’un cancer. En octobre 2023, alors qu’il s’apprête à prendre le départ de la Transat Jacques-Vabre, il passe un scanner en urgence après des maux de ventre persistants et une perte de poids inhabituelle. Le diagnostic tombe : une tumeur stromale gastro-intestinale.
Un cancer rare du tube digestif
Depuis l’automne 2023 donc, le skipper affrontait un cancer de l’intestin, une tumeur stromale gastro-intestinale (GIST) d’environ 15 cm, « de la taille d’un pamplemousse », détectée sur l’intestin grêle. Pris en charge à l’Institut Gustave-Roussy (Villejuif), il avait débuté un traitement par thérapie ciblée, compatible avec la navigation au long cours. Malgré des effets secondaires, notamment une fatigue importante, il avait pu prendre le départ du Vendée Globe et le remporter.
Après la course, une chirurgie d’exérèse est pratiquée en février afin de retirer la tumeur, alors en progression. Une récidive survient toutefois deux mois plus tard. Au printemps 2025, plusieurs traitements ciblés sont testés jusqu’à trouver un protocole efficace, qui le contraint néanmoins à suspendre sa carrière sportive.
Qu’est-ce qu’une tumeur stromale gastro-intestinale ?
Les tumeurs stromales gastro-intestinales (GIST) sont les tumeurs du tissu conjonctif les plus fréquentes du tube digestif, mais ne représentent qu’environ 1% des cancers digestifs. Elles se développent à partir des cellules de Cajal, qui régulent les mouvements de l’intestin.
En France, moins de 1 000 nouveaux cas sont recensés chaque année. Elles touchent principalement les adultes d’âge moyen ou avancé et apparaissent le plus souvent sans cause génétique identifiable, bien que certaines formes héréditaires existent.
Ces tumeurs se situent majoritairement dans l’estomac (environ 65% des cas) et dans l’intestin grêle (10 à 20%). Elles sont diagnostiquées à un stade localisé dans 80 à 90% des cas. Le plus souvent les GIST sont découvertes de façon fortuite, quand le patient est asymptomatique. A un stade plus avancé, elles peuvent déclencher des symptômes gênants tels que la dysphagie, c’est-à-dire, la gêne au passage des aliments, des douleurs du haut du ventre, des selles colorées en noir, des vomissements sanglants...
La chirurgie au cœur du traitement
Lorsque la tumeur est localisée, la chirurgie reste le traitement de référence. En cas de formes avancées ou métastatiques, un traitement ciblé comme l’imatinib (Glivec®), un inhibiteur de tyrosine-kinase administré par voie orale, est privilégié. D’autres molécules peuvent être utilisées en cas d’inefficacité ou d’effets secondaires.
Une surveillance indispensable
Après une opération, la surveillance est essentielle, notamment pour les formes à haut risque de récidive. Des examens d’imagerie réguliers sont recommandés, tous les trois à six mois dans les premières années.
Le pronostic dépend de plusieurs facteurs, notamment la taille de la tumeur, sa localisation et sa vitesse de croissance. Les récidives peuvent survenir plusieurs années après l’intervention, ce qui impose un suivi à long terme.