Rhône Bruno Retailleau : « Oui, l’immigration n’est pas une chance pour la France : j’assume, je persiste et je signe »
Le ministre de l’Intérieur entend porter à 18 mois la durée de la rétention administrative des étrangers en situation irrégulière contre trois mois aujourd’hui. Dans une interview au Progrès, il fait le lien entre «les désordres migratoires et les désordres sécuritaires».
Vous avez annoncé vouloir allonger la durée de rétention des étrangers en situation irrégulière jusqu’à 18 mois, contre 3 mois aujourd’hui...
« Pour protéger les Français, je souhaite qu’il y ait une durée de rétention administrative de 18 mois pour que des individus les plus dangereux à leur sortie de prison puissent notamment être retenus. Je ne comprends pas pourquoi cette durée n’est que de trois mois en France et en Belgique, contre… 18 mois en Allemagne.Une proposition de loi arrive au Sénat très prochainement à ce sujet. »
Pensez-vous obtenir une majorité à l’Assemblée nationale ?
« Chaque parti politique sera responsable de son vote ! »
Après le meurtre de Philippine, en septembre 2024, vous vous étiez engagé à faire évoluer le droit, alors que la dangerosité potentielle d’une personne retenue, étayée par son casier judiciaire, n’est pas aujourd’hui un critère permettant au juge de la maintenir en rétention si elle dépose une demande de liberté. Où en êtes-vous ?
« Une proposition de loi a été déposée pour que l’appel exercé par un préfet suspende la décision de remise en liberté. »
Vous avez déclaré que l’immigration n‘était pas une chance pour la France. Mais, n’est-elle pas une chance pour la France, notamment lorsqu’on songe aux métiers en tension ?
« Cette déclaration, je l’assume, je persiste et je signe. Nous recevons, hors de tout contrôle, un demi-million d‘étrangers sur notre sol par an. Sur ces routes de l’exode, souvent les femmes sont violées et les hommes réduits à l’état d’esclavage. Certains meurent noyés. Ils arrivent en France pensant y trouver l’Eldorado. Or, nous n’avons plus aujourd’hui les moyens, y compris pour nos compatriotes, de bien les loger, de bien les soigner et de leur procurer l’enseignement nécessaire. Un tiers d’entre eux vivent en dessous du seuil de pauvreté.
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On sait, par ailleurs, qu’il y a un lien entre les désordres sécuritaires et les désordres migratoires. Dans le Rhône, 57 % des mis en cause dans la délinquance de voie publique qui recouvre, par exemple, les vols à la roulotte, sont des étrangers. »
Repères
Désavouée par un ministre, la préfète du Rhône a « toute [la] confiance » de Bruno Retailleau
En entame de son discours devant les élèves de l’école de police scientifique, Bruno Retailleau a salué les personnalités présentes dans la salle, dont la préfète du Rhône, Fabienne Buccio, a qui il a précisé qu’elle avait « toute [sa] confiance ».
Une remarque qui ne doit sans doute rien au hasard. Elle intervient trois jours après que le ministre de l’Aménagement du territoire, François Rebsamen, a désavoué publiquement cette même préfète, en mettant fin à une expérimentation, qui débutait à peine dans le Rhône et ambitionnait de libérer des places dans des hébergements d’urgence saturés.
Lors des questions au gouvernement, à l’Assemblée nationale, François Rebsamen s’est opposé à toute « remise en question de l’inconditionnalité de l’accueil ainsi que des droits des personnes » et a dit vouloir éviter les « remises sèches à la rue ». Il a estimé que « les conditions de mise en œuvre [de l’expérimentation] dans le Rhône relèvent d’une appréciation locale qui n’est pas satisfaisante ».
J. M.