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  <title>Ironie &amp; Bas Blancs</title>
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  <updated>2012-03-16T12:09:04Z</updated>
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    <title>Originale &amp;gt; Le temple moderne</title>
    <published>2012-03-16T12:09:04Z</published>
    <updated>2012-03-16T12:09:04Z</updated>
    <category term="univers : &amp;apos;urban magic&amp;apos;"/>
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    <content type="html">&lt;b&gt;Titre:&lt;/b&gt; Le temple moderne&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Auteurs:&lt;/b&gt; drakys&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Fandom:&lt;/b&gt; Original/UA inspiré par la série &lt;i&gt;Urban Magic&lt;/i&gt; de Kate Griffin&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Rating:&lt;/b&gt; PG-13&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Nombre de mots :&lt;/b&gt; ~4350 mots&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Disclaimer:&lt;/b&gt; drakys&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Notes:&lt;/b&gt; Pour &lt;span  class="ljuser  i-ljuser  i-ljuser-type-P     "  data-ljuser="supaidachan" lj:user="supaidachan" &gt;&lt;a href="https://supaidachan.livejournal.com/profile/"  target="_self"  class="i-ljuser-profile" &gt;&lt;img  class="i-ljuser-userhead"  src="https://l-stat.livejournal.net/img/userinfo_v8.png?v=17080&amp;v=923.1" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="https://supaidachan.livejournal.com/" class="i-ljuser-username"   target="_self"   &gt;&lt;b&gt;supaidachan&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; dans le cadre de &lt;span  class="ljuser  i-ljuser  i-ljuser-type-P     "  data-ljuser="creerpouraider" lj:user="creerpouraider" &gt;&lt;a href="https://creerpouraider.livejournal.com/profile/"  target="_self"  class="i-ljuser-profile" &gt;&lt;img  class="i-ljuser-userhead"  src="https://l-stat.livejournal.net/img/userinfo_v8.png?v=17080&amp;v=923.1" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="https://creerpouraider.livejournal.com/" class="i-ljuser-username"   target="_self"   &gt;&lt;b&gt;creerpouraider&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;.  Inspiré par &lt;i&gt;Urban Magic&lt;/i&gt; de Kate Griffin, en utilisant Montréal comme ville centrale plutôt que Londres.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Diable me regarde de haut.  C'est pas étonnant, il regarde tout le monde de haut.  L'estie de prétentieux.  Trop orgueilleux pour être humain.  Ce qui est exactement l'idée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est d'ailleurs mon seul auditoire, mais ça, c'est pas surprenant.  Même si le centre-ville n'était pas vide, les gens ont un le don d'être aveugles à ce qu'ils ne veulent pas voir.  Comme un pauvre type pas mal plus crevé que vivant, sale, ensanglanté et crissement gelé.  C'est une des grandes certitudes de Montréal, une vérité aussi incontournable que la construction : tous les fantômes ne sont pas morts.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me demande un instant, un très court instant, ce que je fais là, avant de malheureusement me rappeler.  Je referme aussitôt les yeux, parce qu'avec le souvenir revient la douleur et je serre les dents pour chasser les centaines de points qui dansent derrière mes paupières, chacun me narguant pour que je perdre conscience.  Je n'avais pas besoin de ça.  Il y a une croûte épaisse dans mes cheveux, je n'ai même pas besoin de la toucher pour  savoir qu'elle est là.  Le sang n'a pas eu le temps de sécher, il s'est glacé en place avant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je sens la morsure du froid, le froid qui l'est encore beaucoup trop contre le feu dans mon dos et la pression désagréable dans mon cou me rappelle avec beaucoup trop d'enthousiasme que je suis mal tombé, projeté n'importe comment avant l'impact inévitable contre un mur de brique.  Je ne suis pas mort, ce qui n'est pas un aussi grand réconfort que ça devrait l'être.  Être vivant n'est pas si génial depuis que je ne peux pas mourir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je fais un inventaire rapide, m'assure que j'ai toujours le bon nombre de membres et qu'ils sont tous à la bonne place.  Je me force éventuellement à bouger, pas assez vite, alors que le temps est ce qui me manque le plus.  Je glisse complètement contre le trottoir et mon cou est soulagé de l'angle inconfortable qu'il a supporté jusque là, mon dos hurle quand la blessure toute fraîche touche l'asphalte glacée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je roule sur le côté, en boule, et j'essaie de combattre le froid en tirant à moi la lumière des lampadaires.  Les plus près clignotent, s'éteignent et c'est presque trop de retenir contre moi leur peu de chaleur, leur lumière jaunâtre.  Je ne peux rien faire contre la douleur.  Plus tard, peut-être, si rien d'autre ne vient me pourrir la vie.  Je dois me relever, et vite, mais le calme de la nuit m'en enlève toute envie.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le calme est aussi oppressant qu'étrange : c'est le même que celui qui s'installe après une grosse bordée de neige.  Le même calme qui envahit le Québec chaque année, le calme qui ne dure jamais vraiment longtemps parce que la neige qui étouffe tous les bruits, qui efface un instant le rythme de la ville, est pelletée, enlevée, elle fond.  Le calme ne dure jamais longtemps parce que la neige disparaît trop vite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le centre-ville reste quand même réveillé avec obstination.  La nuit ne tombe jamais entre la lumière des enseignes des commerces et celle des lampadaires de la ville, jaune fade comme le soleil délavé.  Pourtant, cette nuit le centre-ville est vide.  Ni passant pressé de rejoindre les clubs, ni retardataire qui se hâte pour attraper un des derniers métros, ni itinérant emmitouflé contre le froid, qui se cache du vent.  Ni même le bruit proche, lointain, partout des voitures.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pas cette nuit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette nuit, le centre-ville sait et se cache.  Et bien sûr, je suis le pauvre imbécile chargé de défendre la ville.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ouvre enfin les yeux et le Diable me retourne mon regard.  Je me sens... pas vraiment prêt, au moins vaguement prêt et le Diable me regarde presque avec intérêt, un sourire poli, tout en perfection blanche comme dans les annonces de pâte à dents.  Sa voix est douce et ferme à la fois, craque avec le même son que les billets de banque fraîchement imprimés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Pas encore mort, monsieur White ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La question est posée sur un ton amusé, le Diable n'est pas surpris je sois vivant.  Après tout, je suis sous contrat, sans espoir de le briser en choisissant la voie facile : mourir tant que le Diable n'a pas eu son dû, c'est impossible.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne lui réponds pas.  Ce n'est pas nécessaire, ça ne servirait qu'à l'amuser.  Il continue de me dévisager, patient comme l'éternité, avec la certitude tranquille que je ne peux pas me défiler.  D'autres ont essayé : je ne suis pas aussi pathétique.  Une fois un contrat passé, sa vie n'est plus à soi.  Je peux vivre avec mes erreurs.  Le jury délibère encore à savoir si je peux faire pareil avec ma conscience.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il continue à sourire, parfait.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parfait est vraiment le mot qui le résume le mieux.  Il a une attention aux détails, sans rien exagérer.  Ses cheveux noirs ne sont ni trop courts, ni trop longs, la coupe à la mode.  Son visage est rasé de près, l'odeur de cologne discrète.  Son complet gris cendre doit avoir coûté une bonne dizaine de fois plus cher que la balance actuelle, et particulièrement piteuse, de mon compte de banque.  La cravate en soie est rouge, la même teinte riche que le sang.  La pince est ivoire, ou blanchie comme un os.  Un coup d'oeil rapide et c'est le parfait jeune cadre, prospère, bien en route vers son premier million avant vingt-cinq ans.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un coup d'oeil plus sérieux et le vernis ne cache pas son regard.  Un regard trop vieux : calculateur, qui cherche à vous fixer une valeur, une utilité.  Même si ses vêtements sont d'une coupe parfaite, ils ne sont pas appropriés.  Il n'a pas de manteau et il porte des souliers, pas des bottes.  La température ne paraît pas l'affecter et c'est plus fort que moi, je regarde ses pieds en m'attendant à voir la glace fondue autour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il continue de me sourire et mon estomac décide de se contracter violemment, le goût de la bile me remonte aussitôt dans la gorge.  Je préférerais croire que c'est parce que je crève de faim, mais la vérité, c'est plutôt parce qu'il me terrifie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Mourir ne figure pas dans notre petit contrat.  Je préférerais que vous ne preniez pas de pareilles libertés.  Toutes ces petites clauses qui vous sont particulières, vous ne les avez pas oubliées, quand même ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Calisse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Langage !", continue à sourire le Diable et il s'accroupit près de moi, amusé par le sacre comme si c'était une énième confirmation de ma damnation assurée.  "Vous savez bien que je vais veiller sur vous jusqu'à la bonne conclusion de notre petite entente."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Diable, ou plutôt cette incarnation-ci, n'a pas grand chose à voir avec celui de la Bible.  Ou si peu.  Les idées ont la mauvaise manie de prendre vie si assez de personnes y croient et comme le diable est étalé un peu partout à la grande du folklore québécois, il existe à son aise depuis des centaines d'années.  Pas toujours sous la même forme, mais avec le même plan d'affaires : ruiner les gens au meilleur profit possible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il relève la tête et penche la tête sur le côté, paraît écouter quelque chose que je n'entends pas encore.  Il jette un coup d'oeil à sa montre et hoche la tête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je crois qu'il revient.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— &lt;i&gt;Calisse.&lt;/i&gt;"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec un effort et l'impression que ma tête va exploser, j'arrive à me soulever sur les coudes.  Un autre effort, après avoir constaté que ma tête est convaincue de la nécessité de rester intacte sur mes épaules, et, en m'appuyant contre le mur pour m'aider, c'est sur mes pieds que j'arrive à remonter.  J'enai pas envie, mais je jette quand même un coup d'oeil, nerveux, au bout de la rue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Encore rien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Pas beaucoup de neige cette année, n'est-ce pas ?  Seulement... quoi ?  Une accumulation de quelques soixante-dix centimètres...", commente le Diable sur un ton léger en époussetant une poussière invisible sur son épaule avant de hausser les deux.  "Le réchauffement climatique, c'est bien ce qu'on pourrait blâmer", il sourit, comme si l'idée l'amusait.  "L'Hiver est impatient d'un autre âge de glace."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne l'ai pas vu se relever, mais je le vois du coin de l'oeil reculer dans l'obscurité contre une porte.  Je veux qu'il arrête de sourire, ce qu'il n'est pas près de faire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Pas la meilleure période historique pour être sorcier, hm ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai envie de sacrer encore, mais il rit doucement et sa voix devient un murmure.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"D'un autre côté, avez-vous jamais connu une période historique favorable ?  Essayez au moins un peu de ne pas me décevoir, monsieur White.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Merci du vote de confiance", je grince entre mes dents, mais je sais que c'est inutile de lui répondre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Diable est déjà parti.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'entends enfin ce qu'il a entendu bien avant moi.  La course encore lointaine, un bruit comme le vent qui siffle, les impacts de la course inhumaine sur l'asphalte, le son qui se rapproche à une vitesse qui n'a rien de naturelle.  Je reste figé et je ferme les yeux.  Même si une prière appropriée me venait en tête,  je ne saurais pas à qui l'adresser.  Je me ressaisis avant que le froid m'atteigne et m'engourdisse, il n'en reste qu'un frisson qui me remonte le long du dos.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il ne me reste plus beaucoup de temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je sens la panique, plus glacée encore que la température.  Je ne sais pas quoi faire !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les gens pensent que c'est du mauvais matériel, de la mauvaise exécution et de l'encore plus mauvais entretien qui cause l'abondance de nids-de-poule dans les rues de Montréal, que l'hiver empire toujours la situation avec la température qui joue au yoyo sur le thermomètre.  Les gens ont tort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est l'Hiver lui-même, le principal problème.  Pas le seul, mais les autres sont sans importance en comparaison.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je commence à courir parce que j'entends la course derrière moi, de plus en plus fort, de plus en plus rapide.  Les pattes lourdes qui retombent sur l'asphalte, la défoncent, laissent les cratères qui feront chialer les automobilistes plus tard dans la journée.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Thump crack !  Thump &lt;b&gt;crack !&lt;/b&gt;  Thumpcrack, thumpcrack !&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le sifflement impitoyable du vent accompagne la course.  Je n'ai vraiment &lt;i&gt;vraiment&lt;/i&gt; pas envie de me retourner et je cours plus vite, glissant sur la glace qui se forme rapidement comme il avance, reprenant mon équilibre de justesse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je sais de toute façon à quoi il ressemble.  Je le sais trop bien : c'est ma faute.  C'est la première image à laquelle j'ai pensé, comme un imbécile, sans pouvoir m'en empêcher, celle des deux dollars : un ours polaire.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Son pelage est blanc comme la neige, ses yeux comme une fenêtre sur laquelle le givre dessine ses motifs réguliers.  Chacune de ses respirations relâche un blizzard en miniature, les battements de son coeur font le bruit du vent qui fait siffler les portes et les fenêtres.  Ses griffes sont comme de la glace et plus effilées que des lames, leurs marques parallèles taillées dans le dos de mon manteau, de mon chandail, ont laissées plutôt des traces rouges sur ma peau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'Hiver est furieux comme chaque année parce que Montréal ne lui cède plus depuis longtemps le domaine qui lui revient.  La ville déblaie la neige, la ramasse, la relègue dans les sites d'entassement en surface.  Les rues sont ouvertes, les trottoirs couverts d'un mélange de sel et de pierre concassée.  Montréal vibre et vit au bruit des tracteurs, des souffleuses, ralentit mais ne s'endort pas quand sur les artères de ses routes, les voitures roulent au ralenti.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les montréalais pellettent, sacrent, salissent la neige avec leurs voitures et, en général, pensent que l'hiver serait bien mieux sans neige, mais il y en a toujours pour espérer un Noël blanc ou une belle neige pour le ski, une belle glace pour le patin, pour le hockey bottine et l'Hiver n'a pas besoin de beaucoup de prières pour se manifester.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je fouille mes poches, j'essaie de trouver ma carte Accès Montréal et je me retourne, la lève devant moi comme bouclier, protection risible, mais ma carte est valide et reconnaît mes droits de résident.  La ville elle-même me protège.  L'Hiver s'arrête et me regarde, piétine devant moi et la carte est chaude entre mes doigts, sa magie faible déjà presque à sa limite.  Je sais que j'ai peu de temps, trop peu.  Je serre les dents, me force à ne pas trembler à cause du froid et, le coeur au bord des lèvres, je récite en vitesse :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Chapitre 2, article 24, Engagements : Aux fins de favoriser la jouissance par les citoyennes&lt;br /&gt;et les citoyens de leurs droits en matière d’environnement et de développement durable, la Ville de Montréal s’engage à : e) favoriser l’accès aux rives et aux espaces verts ; f ) favoriser la protection et la mise en valeur des milieux naturels et de la forêt urbaine ;  ff) préserver la biodiversité et favoriser son accroissement dans les parcs et les espaces verts."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La charte montréalaise des droits et responsabilités est jeune, encore beaucoup trop jeune, mais sa formulation dégage tout de même un début de puissance et sa section sur l'environnement redonne une place à la nature et le sort est plutôt une suggestion, à peine une suggestion désespérée.  L'Hiver émet un grognement qui ressemble beaucoup à un rire : il veut être partout, pas confiné aux parcs, aux espaces verts, là où on peut s'attendre à le trouver et profiter de lui quand notre horaire s'y prête, à notre bon plaisir et pas au sien.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il ne m'attaque pas, pas encore, mais ça ne veut rien dire et je reste sur mes gardes, recule d'un pas et son regard vieux comme le monde me suit.  Je recule encore et il ne me quitte pas des yeux.  Je préférerais avoir mes mitaines et ma tuque pour l'affronter, mais je les ai perdues plus tôt, au premier round contre l'Hiver.  Mes cheveux sont glacés, mes doigts raides et difficiles à bouger.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je recule, lentement, chaque pas de plus en plus difficile comme le froid dégagé par l'Hiver m'engourdit.  Je ne veux pas prendre le risque de regarder derrière moi.  Je sais que le Quartier chinois est près, mais peut-être pas assez.  Si je suis encore trop loin...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je n'ai pas beaucoup d'options.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est impossible de se débarrasser de l'Hiver et le bannir n'a rien de simple.  À moins de ne pas être tellement pointilleux et de manquer juste assez de conscience pour faire exploser les trois quarts de la ville.  La chaleur serait suffisante pour faire fondre son apparence temporaire, jamais assez pour le tuer, mais qui serait assez fou pour espérer détruire une des forces de la nature ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je tourne la tête, une fraction de seconde, juste pour être sûr.  Aussitôt, une patte lourde, le coup impitoyable, me frappe et me soulève sans difficulté dans les airs.  Au moins, j'ai le temps de voir avant l'impact que je suis plus près de mon but que je pensais.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Beaucoup plus près.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Beaucoup &lt;i&gt;trop&lt;/i&gt; près.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je frappe la partie supérieure de la porte et je retombe au milieu de la rue, l'air me manque et à moitié sonné, je réussis à ramper dans la bonne direction.  Je sens la magie qui change aussitôt passé le paifang du boulevard Saint-Laurent, la sensation physique, un contact soudain, léger, mais froid d'un milliard d'épines qui piquent la surface de ma peau.  Les sorts complexes qui composent les barrières du Quartier chinois laissent un goût d'épices dans ma bouche, la magie étrange, différente de celle que je connais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ma tête se remplit de l'odeur du pain au lotus, de la chaleur du thé, du mélange des langues, cantonnais, mandarin, vietnamien et le français, l'anglais, l'espagnol, l'allemand, l'énergie des touristes armés de leurs appareils photos, &lt;i&gt;clickclickclick&lt;/i&gt;, l'argent échangé pour les souvenirs montréalais &lt;i&gt;Made in China, printed in the United States&lt;/i&gt;.  Je suffoque un instant sous la violence de l'odeur des dim sum, le goût des sous-marins vietnamiens, le bruit des conversations croisées, les immigrants, les montréalais, les fans, l'enthousiasme pour les produits dérivés, les légaux comme les autres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je peux sentir où les sorts se mêlent, où la magie du Quartier chinois s'unit à celle de Montréal.  Son goût est particulier, étranger, mais très montréalais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'air donne l'impression d'éclater, un &lt;i&gt;crackkk&lt;/i&gt; silencieux comme l'Hiver se jette contre la porte du boulevard St-Laurant.  L'impact contre la barrière ne provoque aucune réaction visible, mais j'ai un haut le coeur, mes genoux deviennent mous comme de la guénille et je chancèle.  La violence du choc vibre dans l'air, me remplit de terreur et j'ai envie de hurler, de fuir.  J'ai envie d'abandonner, de laisser le froid m'envahir, de le laisser m'engourdir jusqu'à tout oublier : de fermer les yeux et dormir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dormir serait si facile.  Dormir tout l'hiver... toute l'éternité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ferme les yeux, mais sans relâcher ma vigilance.  Je dois me calmer.  Mon coeur bat trop vite, me donne l'impression que ma cage thoracique est au bord d'exploser.  Le reste de mon corps ne vaut pas mieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'entends sa voix, douce et grise comme la brume, l'accent anglais presque effacé, le cliquetis délicat de la tasse de porcelaine contre la soucoupe.  C'est facile d'imaginer ses longs doigts trop minces, son visage aux pommettes saillantes, toute la beauté passée et la fragilité du présent imprimée dans chacune de ses rides.    &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;You always rush into fighting off whatever it is that worries you, Christian.  Remember that magic always finds a way.  You need to be patient enough to read the signs.  They will tell you what way is best.&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle m'a rarement parlé en français parce que ce n'est pas sa langue maternelle.  Le langage est important, surtout à Montréal où français et anglais cohabitent plus ou moins en harmonie, maintenant tous les deux submergés par tellement d'autres langues.  Les mots sont remplis de pouvoir et pour les sorciers, il est dangereux de sous-estimer leur importance.  Parler la langue qui nous a vu naître est une façon simple d'avoir plus de contrôle, mais surtout d'éviter des incidents malheureux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'inspire, l'air froid passe dans ma gorge, mes poumons, glace peu à peu le rythme de mon coeur et la lente inspiration m'apporte le calme dont j'ai besoin et j'expire, j'ouvre les yeux.  L'Hiver est une part importante de Montréal depuis le début de son histoire, il faut un temple approprié pour lui offrir une prière.  Un temple où des milliers de voix résonnent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un temple où tout le monde finit par aller au moins une fois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je sais quoi faire.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me retourne, laissant la porte du boulevard Saint-Laurent et l'Hiver derrière moi, marchant rapidement vers le Palais des Congrès pour rejoindre le métro Place-d'Armes.  Je n'ai plus besoin de courir, maintenant que je sais quoi faire.  Quand j'arrive au métro, le temps paraît reprendre son cours normal.  À cette heure, il ne reste que ceux qui n'ont nulle part ailleurs où aller ou ceux qui, comme moi, vont attraper les derniers trains.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne le remarque pas avant qu'une voix me demande :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Spare some change?&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je fouille mes poches, à la recherche d'un peu de monnaie, mais je ne trouve qu'un billet fripé et je ne regarde même pas ce que je laisse : une offrande aveugle à un des innombrables courtisans du Roi Sans-le-Sou.  J'entends à peine le &lt;i&gt;Thank you so much, sir&lt;/i&gt;, mais je sens son regard qui me suit.  Je souris malgré moi.  Ça a quelque chose de réconfortant de savoir que quelqu'un veille sur vous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;...Même si l'intention derrière cette surveillance n'est jamais claire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dès que je sors de la station Lucien-L'Allier, je cours à l'extérieur, espérant que l'Hiver ne me rejoindra pas trop vite maintenant que je ne bénéficie plus de la protection silencieuse offerte par le transport collectif.  Je cours pour rejoindre les portes principales.  Je ne peux pas m'empêcher de sourire comme un imbécile.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est plus fort que moi : trop de souvenirs flottent dans l'air, épais et enivrants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ici, les gens se soulèvent comme un, dans la joie et la haine.  Même quand ce n'est pas un soir de match, la magie reste, accrochée au Centre Bell.  Pas avec la même richesse qu'à l'ancien Forum, mais avec toute la fougue de la jeunesse.  J'entends les cris, les chants, les victoires et les déceptions, la vibration des vitres qui claquent sous les plaquages.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toutes les voix ont laissé dans l'air une trace de leur passage et l'air conserve la force de toutes ces prières tournées vers le même but.  &lt;i&gt;Vaincre.&lt;/i&gt;  Le béton a gardé une empreinte de chaque pas chargé d'espoir, d'excitation, de cet antique goût pour le sang à l'idée d'un affrontement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un temple.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je rejoins les portes en murmurant mille politesses mielleuses pour cajoler les caméras de surveillance, les priant de détourner leur oeil et de m'ignorer.  Avant même d'arriver devant l'entrée, je fouille mes poches à la recherche de mon marqueur et avec des gestes rapides, je dessine les symboles sur le verre.  Le lys et la rose, le trèfle et le chardon.  Toutes les voix depuis la colonisation jusqu'à tout ce qui forme l'essence même de Montréal : les influences impossibles à ignorer des français et des anglais, des irlandais et des écossais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toutes les voix qui sont venues de Montréal et d'ailleurs pour hurler jusqu'à ne plus avoir de voix, pour encourager comme pour insulter.  Toutes les voix ensemble, unies pour se faire entendre dans les joies comme dans les déceptions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toutes ensemble pour prier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'Hiver gronde, est à la fois tempête, blizzard, verglas, poudreuse, grêle.  Je n'entends plus que le sifflement violent du vent, l'humidité dans l'air gèle et la glace rampe jusqu'à mes pieds, y grimpe, recouvre le bas de mon pantalon, remonte sur mes jambes.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis terrifié.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je me souviens."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'arrive à murmurer sans claquer des dents.   Les mots laissent dans ma bouche le goût de leur puissance, me réchauffent, me redonnent courage.  Tous les endroits où ces mots sont écrits, gravés, toutes les fois où ils ont été dits résonnent dans mon murmure.  &lt;i&gt;Je me souviens&lt;/i&gt; couvre le Québec, bouge partout avec la plaque d'immatriculation de chaque voiture.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'Hiver ne recule pas.  Ses grondements n'hésitent pas.  Ses pas se rapprochent.  Je commence à parler, vite, désespéré.  L'Hiver m'écoute.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"&lt;i&gt;Je me souviens&lt;/i&gt; de tout ce que nous te devons.  Chaque cri poussé ici est un hommage pour toi, chaque coup de patin emprunte ta force, chaque but marqué contre l'adversaire est ton miracle, chaque victoire des Glorieux est un sacrifice à ton nom.  Je me souviens que tu ne meurs jamais, que tu vis au-delà de ton domaine, depuis les séries du printemps jusqu'aux matchs pré-saison de l'automne."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je reprends ma respiration, l'Hiver ne bouge pas.  Il est calme maintenant, le vent s'est calmé, le froid est endurable.  Juste assez sec pour que mes narines collent ensemble quand je respire, sans tout le mordant des bourrasques humides qui glacent jusqu'aux os.  Je continue et ma voix est moins suppliante, parce que je me souviens vraiment de ce que c'est l'hiver.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"La glace est dans le coeur de chaque montréalais depuis qu'on est tout-petits.  Depuis la première fois qu'on a patiné sur la bottine dans un parc, la première fois qu'on a glissé en Crazy Carpet, la première fois qu'on a dessiné un ange dans la neige.  On grandit tous en aimant l'hiver, parce que l'hiver c'est la saison des forts et des batailles de boule de neige, des journées dehors, du chocolat chaud en rentrant."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'ours s'approche, plus petit qu'avant, ses pas soudain légers et l'Hiver n'est plus un monstre démesuré, il appuie son nez contre ma poitrine, me pousse en arrière dans un geste affectueux.  Les symboles sur le verre brillent et s'effacent dans un filet de fumée, dans l'air les voix vibrent, leur cacophonie devient murmure et elles s'éteignent.  Je tends une main vers l'Hiver, mais mes doigts se referment sur le vide qu'il reste à sa place.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je tombe finalement à genoux, crevé de fatigue et je ferme les yeux, sans pouvoir m'empêcher un mince sourire.  Il est impossible de se débarrasser de l'Hiver et le bannir n'a rien de simple.  À moins de se rappeler que ce n'est qu'une saison et qu'il faut la regarder, la ressentir comme un enfant.  Avec le même émerveillement. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si elle vivait encore normalement dans ce monde, celle qui m'a appris à contrôler mes pouvoirs sourirait, fière que pour une fois, je me sois rappelé de penser avant d'agir.  Cette certitude me fait serrer les dents.  C'est parce qu'elle n'est plus tout à fait là que j'ai passé un contrat avec le Diable.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une idée stupide avec laquelle j'ai appris à vivre et grâce à laquelle je vais éventuellement mourir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(8 mars 2012)&lt;br /&gt;&lt;a name='cutid1-end'&gt;&lt;/a&gt;</content>
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    <title>[3 drabbles] Les Losers !</title>
    <published>2012-03-09T17:54:51Z</published>
    <updated>2012-03-09T17:55:16Z</updated>
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    <content type="html">Postés sur l'arbre à drabbles &lt;a href="http://drakys.livejournal.com/406316.html" target="_blank"&gt;du 22 au 28 février&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Original &amp;gt; Les Losers ! (disclaimer : &lt;span  class="ljuser  i-ljuser  i-ljuser-type-P     "  data-ljuser="drakys" lj:user="drakys" &gt;&lt;a href="https://drakys.livejournal.com/profile/"  target="_self"  class="i-ljuser-profile" &gt;&lt;img  class="i-ljuser-userhead"  src="https://l-stat.livejournal.net/img/userinfo_v8.png?v=17080&amp;v=923.1" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="https://drakys.livejournal.com/" class="i-ljuser-username"   target="_self"   &gt;&lt;b&gt;drakys&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; &amp; &lt;span  class="ljuser  i-ljuser  i-ljuser-type-P     "  data-ljuser="supaidachan" lj:user="supaidachan" &gt;&lt;a href="https://supaidachan.livejournal.com/profile/"  target="_self"  class="i-ljuser-profile" &gt;&lt;img  class="i-ljuser-userhead"  src="https://l-stat.livejournal.net/img/userinfo_v8.png?v=17080&amp;v=923.1" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="https://supaidachan.livejournal.com/" class="i-ljuser-username"   target="_self"   &gt;&lt;b&gt;supaidachan&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;)&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Zahid et Hilal - PG&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Vous prendrez autre chose, monsieur ?", murmure une voix suave au creux de son oreille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Non !", répond Zahid beaucoup trop fort, irrité par la proximité du serveur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Clients et employés se retournent en masse vers lui, présentant un attaque de sourcils froncés et de désapprobation généralisée.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ami Zahid", murmure Hilal avec un sourire amusé, prenant la peine de se pencher vers lui pour être certain d'être entendu.  "Dois-je te rappeler que le nom de cette maison de thé résume bien son concept ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Zahid roule des yeux et pour respecter la politique du &lt;i&gt;Murmure&lt;/i&gt;, murmure son opinion en quelques mots forts.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name='cutid1-end'&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Zahid et Hilal - PG&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Zahid ne peut pas rester à cet endroit une seconde de plus.  Il reste pourtant figé dans l'entrée, incapable de détacher son regard de l'intérieur de la maison de thé.  Heureusement, la voix d'Hilal derrière lui brise sa fascination horrifiée :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Ami Zahid, que se passe-t-il ?  C'est plein ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Gn", s'étrangle Zahid et il recule.  "On va ailleurs", annonce-t-il d'une voix suraiguë. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il pivote de 180° et s'éloigne de la maison de thé sans se retourner.  Hilal jette malgré tout un coup d'oeil curieux passé la porte de &lt;i&gt;L'Innommable&lt;/i&gt; et pâlit dangereusement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name='cutid2-end'&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Zahid et Hilal - PG&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Confortable", commente Hilal de son fauteuil.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Zahid émet un grognement désapprobateur.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Cette maison de thé est absolument charmante !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Zahid lui lance un regard noir, frustré et &lt;i&gt;très&lt;/i&gt; conscient du manque de dignité relié au fait d'être enfoncé dans un siège comme un énorme champignon en peluche.  &lt;i&gt;Les contes de fées&lt;/i&gt; n'arrête pas là son insulte : la maison de thé leur envoie un serveur blasé attifé d'un tutu définitivement rose et armé d'un crayon avec des prétentions de baguette magique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Votre fée marraine peut-elle exaucer vos voeux ?  ...Le costume de prince charmant est au lavage", précise-t-il machinalement.&lt;br /&gt;&lt;a name='cutid3-end'&gt;&lt;/a&gt;</content>
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    <title>Les Losers! &amp;gt; Unleash the heat [7/7] &amp;gt; Paarth touh</title>
    <published>2012-02-01T12:43:42Z</published>
    <updated>2012-02-01T12:43:42Z</updated>
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    <content type="html">&lt;b&gt;Anthologie:&lt;/b&gt; Unleash the heat&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Titre:&lt;/b&gt; Paarth touh&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Auteurs:&lt;/b&gt; drakys &amp; supaidachan&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Fandom:&lt;/b&gt; Original &amp;gt; Les nouvelles aventures des Losers !&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Personnages:&lt;/b&gt; Les Losers !&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Rating:&lt;/b&gt; PG&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Nombre de mots :&lt;/b&gt; ~4300 mots&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Disclaimer:&lt;/b&gt; ironie &amp; bas blancs (drakys &amp; supaidachan)&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Notes:&lt;/b&gt; Tout est &lt;a href="http://community.livejournal.com/irobas/375.html" target="_blank"&gt;ici&lt;/a&gt;.  Posté pour &lt;span  class="ljuser  i-ljuser  i-ljuser-type-P     "  data-ljuser="flo_nelja" lj:user="flo_nelja" &gt;&lt;a href="https://flo-nelja.livejournal.com/profile/"  target="_self"  class="i-ljuser-profile" &gt;&lt;img  class="i-ljuser-userhead"  src="https://l-stat.livejournal.net/img/userinfo_v8.png?v=17080&amp;v=923.1" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="https://flo-nelja.livejournal.com/" class="i-ljuser-username"   target="_self"   &gt;&lt;b&gt;flo_nelja&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; dans le cadre d'&lt;span  class="ljuser  i-ljuser  i-ljuser-type-P     "  data-ljuser="creerpouraider" lj:user="creerpouraider" &gt;&lt;a href="https://creerpouraider.livejournal.com/profile/"  target="_self"  class="i-ljuser-profile" &gt;&lt;img  class="i-ljuser-userhead"  src="https://l-stat.livejournal.net/img/userinfo_v8.png?v=17080&amp;v=923.1" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="https://creerpouraider.livejournal.com/" class="i-ljuser-username"   target="_self"   &gt;&lt;b&gt;creerpouraider&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;.  &lt;br /&gt;&lt;b&gt;Vague avertissement:&lt;/b&gt; le "nain" est écrit en grosse déformation du québécois "pur laine" et les dialogues sont vérifiés et approuvés par &lt;span  class="ljuser  i-ljuser  i-ljuser-type-P     "  data-ljuser="supaidachan" lj:user="supaidachan" &gt;&lt;a href="https://supaidachan.livejournal.com/profile/"  target="_self"  class="i-ljuser-profile" &gt;&lt;img  class="i-ljuser-userhead"  src="https://l-stat.livejournal.net/img/userinfo_v8.png?v=17080&amp;v=923.1" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="https://supaidachan.livejournal.com/" class="i-ljuser-username"   target="_self"   &gt;&lt;b&gt;supaidachan&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; parce que mon québécois est, paraît-il beaucoup trop "français international" pour sonner juste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après avoir libéré Pidgeonboy du poste de police, Silent Pascal proposa aux autres de leur faire visiter une partie de la montagne, en partie pour leur apprendre à reconnaître les différents symboles que tout non-nain devait reconnaître pour éviter les situations embarassantes.  Spider-chan s'y opposa par automatisme, mais céda à leur insistance avec une rapidité qui ne manqua pas de surprendre les autres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Quoi ?", gronda-t-elle en remarquant Esoj qui avait daigné levé le nez de son carnet de notes pour l'observer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je n'y vais pas du tout pour voir les colonnes qui ressemblent à des arbres !  J'y vais pour surveiller Shmae, parce que vous êtes tous des irresponsables !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Bien sûr, je me disais justement que c'était ton grand sens des responsabilités parentales qui te motivait", lui assura la druide avec un sourire en coin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le commentaire puant de sarcasme allait dégénérer, mais comme Shmae Girl était déjà sortie de l'appartement et se penchait un peu trop par-dessus la rampe du balcon, Spider-chan fila pour la rattraper avant qu'elle tombe de dix-huit étages.  Ce premier accident empêché de justesse, le demi-elfe débutait à peine dans son rôle de guide qu'il repéra deux Nordeux qu'il connaissait bien.  Silent Pascal s'approcha d'eux et les salua.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Eille Ashdeh, eille Uittbith!  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Esspi?  Ahbenshitt, sa fezè unboutt kon tavaih pahvu!  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Tahlèrr papirh, chu kontan dte rvouahr.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Sahlu légah!  Benkontan dvou vouar itou, mè onvah souitcher ô komun pour ki kommprèn", le demi-elfe leur désigna les Losers ! et fit les présentations.  "Ashdeh et Uittbith sont mes cousins...."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il inséra une pause stratégique après la mention de ce détail et regarda Pideonboy, attendit le commentaire stupide qui devait suivre.  Le voleur s'empressa de lever les mains devant lui pour se défendre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Hé ho, j'ai mis le temps, mais j'ai compris !  Tu es un nain !  Tu fais des trucs de nains !  Tu as une famille de nains !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Alors, est-ce que vous comptez participer au Tournoi ?", demanda Ashdeh.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Le tournoi de quoi ?", voulut savoir Shmae Girl.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Uittbith roula des yeux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Typique.  C'est le plus grand évènement Nordeux, après notre virée annuelle chez les Esties pour leur mettre une râclée et passer le reste de la journée dans leurs brasseries, et ce grand imbécile n'en parle même pas !", il donna un coup de coude sur la cuisse de Silent Pascal.  "Allez !  Ne me dis pas que tu n'es pas fier !?  Tu es le meilleur arbitre qu'on a jamais eu !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Juste parce que c'est le plus grand", précisa Ashdeh.  "Et que ça ne tourne pas en bataille générale quand quelqu'un essaie de contester ses décisions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— C'est quoi ce Tournoi ?", insista Shmae Girl.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Une série d'épreuves amicales entre les clans", expliqua Ashdeh.  "Il y a le lancer du gnome de jardin, Bouffe le Roteux et bon, des trucs beaucoup moins intéressants comme des épreuves de force et d'agilité et une grande mêlée générale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— C'est surtout une excuse pour se retrouver tous ensemble et boire jusqu'à plus soif !", sourit Uittbith, pour qui l'intérêt principal du Tournoi paraissait se résumer à ça.  "Vous comptez participer ?", demanda-t-il.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"On peut ?", demanda Shmae Girl, toujours prête à se lancer dans des compétitions débiles et peu importe si c'était contre plus petit qu'elle. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Bien sûr !  On aime bien voir les autres races se ridicu–", un coup de coude d'Ashdeh suggéra à Uittbith de modifier sa phrase pour une finale plus diplomatique. "–participer !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Merci beaucoup pour votre invitation.  Et si je peux me permettre, vous parlez très bien le commun", sourit Esoj en s'efforçant de parler lentement et de bien articuler.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les deux nains échangèrent un regard, faisant des efforts évidents pour ne pas hurler de rire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Qu'est-ce que j'ai dit !?", s'inquiéta la druide.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est notre langue seconde...", lui expliqua Silent Pascal avec un sourire amusé.  "Tous les Nordeux sont tenus de parler le commun avant l'âge de vingt ans.  Nous traitons souvent avec les humains.  De tous les nains qui aventurent, la plus grande proportion vient des clans Nordeux."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Carpet-Vale pouffa de rire et Esoj devint d'un blanc livide.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Comment je pouvais savoir !?  Ce n'est indiqué dans aucun des livres que j'ai–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Tu ne trouveras jamais ces informations dans un livre, ma pauvre !", Uittbith éclata de rire, se méritant un regard irrité de Ashdeh.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Explique-lui pourquoi, plutôt que de te moquer !", réalisant que l'autre nain riait trop, Ashdeh secoua la tête.  "Ce n'est indiqué nulle part parce que les gens qui veulent nous étudier et écrire ces livres finissent toujours bourrés dans nos tavernes ou alors, ils se perdent quelque part dans les tunnels.  Au dernier décompte, il y en avait encore trois cent trente-neuf qui erraient sur les étages.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Mais c'est horrible !", s'exclama la druide, livide de voir ce détail livré avec un calme parfait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Pas pour eux", répondit Silent Pascal.  "Ils sont nourris, vêtus et logés gratuitement.  Nous avons un grand respect pour les érudits.  Le hic, c'est qu'ils n'ont plus du tout envie de partir.  Je suis certain que certains d'entre eux ont fait exprès de se perdre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Ça a son utilité", ajouta Uittbith.  "Les autres races nous craignent à cause de toutes ses pseudo-disparitions."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le lendemain vit s'ouvrir le Tournoi et Spider-chan réalisa avec horreur que tous les nains participants formaient une masse grouillante à laquelle elle allait devoir se mêler.  Elle faillit tourner de l'oeil, piqua presque une crise et insista pour passer son séjour chez les Nordeux en toute sécurité dans l'appartement de Silent Pascal.  Elle finit par se résoudre à sortir quand Esoj lui mentionna les conséquences possibles de laisser Shmae Girl sans surveillance directe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Même son antipathie pour les nains n'était pas tout à fait suffisante pour que sa conscience la laisse risquer la fin du monde sans au moins essayer d'intervenir au moins un tout petit peu de rien, juste pour dire.  Ils suivirent Silent Pascal jusqu'à un énormissime hall énormissimement énormément énorme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...C'est le même qu'hier ?", demanda Esoj, en levant les yeux de son carnet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle avait décidé de commencer sa propre étude sur les Nordeux.  Comme elle n'était pas portée sur la bière, la druide était certaine de ne pas céder à la tentation de l'une ou l'autre des cent trente-six brasseries qu'elle avait recensées pendant leur court trajet. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Non, bien sûr que non !  Celui-ci est beaucoup plus au nord !", rigola Pidgeonboy et les regards surpris qui se tournèrent vers lui le firent aussitôt se renfrogner.  "J'ai un excellent sens de l'orientation, vous devriez le savoir !", dit-il, sur la défensive. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ah oui, c'est vrai...", parut se rappeler Carpet-Vale et plutôt que de s'arrêter là, pile à l'endroit où elle paraissait encore courtoise, elle ajouta avec un sourire narquois : "C'est tellement facile d'oublier que tu es bon à quelque chose !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Esoj lui donna un peu trop tard (considérant le délai nécessaire pour s'arracher à sa prise de notes) un coup de coude dans les côtes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Qu'est-ce que je t'ai déjà expliqué à propos du filtre entre le cerveau et la bouche ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Hm...  De ne pas dire tout ce que je pense ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La druide haussa un sourcil, attendant que la question fasse son chemin dans le tête de Carpet-Vale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Oh, d'accord !  Je vois !  ...Désolée, Pibi !  La prochaine fois, je ne dirai pas que je pense que tu es inutile !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— C'est trop aimable", la remercia le voleur, acide.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avant que Carpet-Vale puisse élaborer sur sa grande amabilité et extrapoler sur nombre d'autres de ses qualités, comme le fait qu'elle était tout simplement géniale, merveilleuse même et que son brio était inégalé, etc, l'arrivée de Uittbith et Ashdeh fit une diversion appréciée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Hé, les humains !", les salua Uittbith et Ashdeh, un peu plus observateur, ajouta à la hâte avant que Spider-chan défonce le crâne de quelqu'un :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Et bien le bonjour à vous, dame elfe !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette distinction parut stabiliser son niveau de rage un peu en dessous de sa limite supérieure et la catastrophe évitée (pour l'instant), Shmae Girl posa la question qui s'imposait :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est quoi les épreuves aujourd'hui ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Bouffe le Roteux", lui répondit Silent Pascal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Seulement ça ?", la guerrière fit la moue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Oui.  C'est une épreuve qui peut durer assez longtemps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Ça consiste en quoi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Manger le plus grand nombre de petits pains grillés avec une saucisse rôtie dedans."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des millions d'étoiles commencèrent aussitôt à briller dans les yeux de Shmae Girl, menaçant un instant d'aveugler tout le monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je peux participer !?", demanda-t-elle, avec une intonation qui sous-entendait que si on ne la laissait pas participer, il allait y avoir du grabuge.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Bien sûr !", sourit Uittbith.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il lui désigna la longue table en marbre qui avait été construite dans le seul et unique but de recevoir les compétiteurs de Bouffe le Roteux.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ce sera marrant de voir des non-nains jouer.  Il ne faut quand même pas t'attendre à gagner, hein ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Je ne m'attends pas du tout à gagner...", le sourire terrible de Shmae Girl fit reculer Ashdeh.  "&lt;i&gt;Je vais écraser tout le monde !&lt;/i&gt;"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'Univers fit un effort monumental pour qu'elle termine sa déclaration avec &lt;i&gt;Bwuahahahah !&lt;/i&gt;, mais l'Univers fut déçu.  Shmae Girl ne fonctionnait pas normalement.  La guerrière se contenta de pointer une autre table installée plus loin et s'exclama :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Oh, chic !  On a droit à des petites bouchées avant de jouer !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle s'éloigna, attirée par l'étalage de plats.  Ashdeh la suivit à la course, essayant de lui expliquer que non, en fait, c'est plutôt le buffet prévu pour nourrir les volontaires en charge du bon déroulement de Bouffe le Roteux et que &lt;i&gt;Aarggh, non !  Il ne faut pas tout manger !&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Elle est pas un peu, comment dire...", commença Uittbith et il hésita sur le dernier mot, le remplaçant par une rotation de l'index près de sa tempe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Oui", approuva Silent Pascal.&lt;br /&gt;Toute violence elfique suite à cet échange fut évitée parce que Spider-chan s'était élancée derrière Ashdeh et insistait &lt;i&gt;C'est assez, tu dois en laisser un peu pour les autres !  Et pense un peu à l'épreuve, bon sang !  Tu vas gâcher ton appétit !  Tu n'as quand même pas l'intention de laisser un stupide nain gagner !?&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Bon, c'est pas tout ça, mais ça va être l'heure, Esspi", enchaîna Uittbith en suivant d'un regard distrait le progrès de Shmae Girl dans le buffet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ashdeh réussit à la dissuader de tout manger en insistant que l'épreuve commençait bientôt et qu'elle devait prendre place parmi les autres participants.  Silent Pascal grimpa sur l'estrade aménagée devant la table et aussitôt, un silence révérencieux s'installa dans la salle immense.  Sans devoir faire d'effort particulier pour parler plus fort, le demi-elfe écarta les bras et salua l'assemblée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Très chers nains, très chères naines de tous les clans réunis dans un bel esprit de saine compétition...  Très chers invités non-nains, bienvenue à cette nouvelle édition du Tournoi !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des applaudissements assourdissants lui répondirent, mais se calmèrent sur un simple geste de Silent Pascal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Soyez patients, Bouffe le Roteux débutera dans quelques minutes.  Si tous les participants veulent bien prendre place à table, ils seront servis bientôt.  Je vous rappelle que chaque plat compte cent petits pains fourrés et qu'il vous est strictement interdit de commencer à manger sans mon autorisation."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pidgeonboy attendit les huées, resta surpris quand les nains acclamèrent le demi-elfe.  Un peu tard, il décida qu'il avait envie de participer et s'appropria une place libre.  S'il ne gagnait pas, au moins il était certain d'être rassasié au moins jusqu'au prochain repas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Il s'agit d'une épreuve d'endurance qui ne prendra fin que lorsqu'un seul participant sera déclaré vainqueur.  Le dernier record est de quatre cent vingt-six pains", rappela Silent Pascal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pendant qu'il parlait, une longue file de nains transportant des plats vint en déposer un devant chaque participant.  Quand tout le monde fut servi, le demi-elfe leva un bras, le geste salué par des cris enthousiastes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Que le meilleur ne régurgite pas !", cria Silent Pascal en baissant le bras, signalant ainsi le début de l'épreuve.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les participants se mirent aussitôt à dévorer leurs pains, dans un tonnerre assourdissant de bruits de mastication, d'encouragements en vrac et de batailles qui menaçaient d'éclater entre ceux qui scellaient des paris de dernière minute.  Silent Pascal n'avait qu'à s'approcher, une main posée avec la plus parfaite nonchalance sur la poignée d'un de ses sabres pour que la bonne entente revienne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est répugnant", grimaça Spider-chan, restant soigneusement hors d'atteinte des divers projectiles buccaux lancés de manière accidentelle par les participants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est certain que du point de vue de quelqu'un pour qui une demi-feuille de salade est un repas copieux...", répliqua Uittbith en laissant exprès le reste de sa phrase en suspens, l'insulte tout de même palpable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'elfe lui lança un regard tellement glacial que la température ambiante baissa de quelques degrés.  Le nain lui rendit son regard avec aplomb et bien malgré elle, Spider-chan réalisa que les nains étaient peut-être petits et sans oreilles pointues, mais ce nain en particulier avait des masses de courage de lui tenir tête et elle devait bien respecter ça.  Au moins un tout petit peu de rien du tout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Hmpf", concéda-t-elle, le plus vaguement possible et avec juste ce qu'il fallait d'attitude pour conserver une belle expression hautaine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À la table des concurrents, Pidgeonboy repoussa le premier le plat encore plein placé devant lui après avoir manqué de peu de s'étouffer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Arff– Je suis plein !  Je suis à combien de pains du record ?", voulut-il savoir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Disons que si tu en avais mangé cent six fois plus, tu t'en serais rapproché un peu", lui répondit Esoj.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Qui mène alors ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La druide pointa, le voleur chercha du regard et écarquilla les yeux.  Le premier plat de Shmae Girl était presque vide.  Une petite foule adoratrice s'était amassée devant elle et pour autant que Pidgeonboy puisse en juger à la longueur des barbes et au nombre de petits objets tressés dedans, elle était entièrement composée de nains assez jeunes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Granit !  J'ai jamais vu quelqu'un qui avale autant !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Quelle gorge profonde, c'est trop bien !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— &lt;i&gt;Whoaaaaa !&lt;/i&gt;", conclut la petite assemblée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelques heures, de très nombreux petits pains fourrés à la saucisse et l'ultime participant encore en train de manger plus tard, l'épreuve de Bouffe le Roteux essaya de se terminer.  En vain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ça va !  Maintenant, tu arrêtes !", siffla Spider-chan en tirant Shmae Girl par une oreille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Mais-euuuuh, j'ai encore un petit creux !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Tu as mangé presque six cent de ces stupides pains, tu as gagné depuis un moment déjà !  Il ne reste plus que toi !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La guerrière s'interrompit et remarqua enfin les regards en général extasiés (et dans une plus petite mesure, horrifiés) posés sur elle.  La plupart de ses spectateurs avaient le teint verdâtre.  Silent Pascal attendait les bras croisés et remarquant que Shmae Girl ne mangeait plus, il haussa un sourcil.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Tu as terminé ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Bah, non en fait–"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Spider-chan lui plaqua une main sur la bouche, grimaça au contact des miettes humides collées à son visage, et hocha la tête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Oui, elle a fini !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sans plus attendre, le demi-elfe déclara la Shmae Girl grande gagnante de l'épreuve.  Les estomacs sensibles firent de leur mieux pour ignorer le &lt;i&gt;Ah, mais non !  Laissez-moi au moins ce plat-ci que je le termine !&lt;/i&gt; de la guerrière qui essayait d'empêcher un des volontaires de nettoyer sa place.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le jour suivant, Silent Pascal les guida jusqu'à un troisième énormissime hall énormissimement énormément énorme.  Shmae Girl demanda aussitôt :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"On mange quoi, aujourd'hui ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Rien", lui répondit le demi-elfe.  "Aujourd'hui, c'est l'épreuve du lancer du gnome–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Mais c'est horrible !", s'indigna Esoj en levant les yeux de son carnet.  "Pauvres gnomes !  Comment pouvez-vous faire une chose aussi inhumaine !?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silent Pascal retint un soupir et expliqua :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"De un, nous sommes des nains et–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Techniquement, tu es un demi–", voulut rectifier Pidgeonboy, avant de se rappeler que personne ne lui avait demandé son opinion sur la question du parentage réel de Silent Pascal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"De deux", continua le demi-elfe (mais demi-elfe très nain), "il ne s'agit pas de vrais gnomes : on utilise bien sûr des gnomes de jardin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— On dit lutins des bois, de toute façon", marmonna le voleur qui tentait un peu désespérément d'avoir raison sur un point.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Non", soupira Esoj.  "On dit les maderas, quand on veut montrer qu'on a un peu de culture !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Dites, on donne des informations inutiles ou on lance des gnomes ?", intervint Shame Girl.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Qu'est-ce que tu crois !  On lance des gnomes pour sûr !", lui assura Uittbith, qui venait de les rejoindre avec Ashdeh.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils s'installèrent à la fin de la file, heureusement pas trop longue à cette heure, qui commençait à serpenter jusqu'au lieu de l'épreuve. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Alors, mes p'tits vlimeux, comment vous aimez votre séjour chez nous ?", demanda Uittbith avec un grand sourire, s'attirant un regard horrifié de Ashdeh.  "Quoi ?  J'ai dit &lt;i&gt;vlimeux&lt;/i&gt;, j'ai pas dit mes p'tits crisses !  Tu vas pas encore m'écoeurer que j'ai pas de belles manières !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Erhm–", s'étouffa presque Ashdeh.  "C'est un terme affectueux !", essaya-t-il de défendre ce qui était de toute évidence considéré comme une insulte, vu les regards noirs braqués sur eux et le niveau de tension qui montaient au-delà du raisonnable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Shmae Girl désamorça le conflit en répondant à la question, utilisant au passage la seule expression naine qu'elle avait retenue (qui, par un heureux hasard, était positive et sans la moindre trace de vulgarité) :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Cé vrèmen troh foullkoul!"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Son enthousiasme ravit autant Uittbith que Ashdeh, quoique un peu moins quand la guerrière commença à énumérer tout ce qui était beau et bon chez les nains, surtout la bouffe.  Et la bouffe.  Et la bouffe aussi, en fait.  Même que ce qu'il y avait de plus vraiment génial, c'était la bouffe !  Un tel monologue les accompagna jusqu'à la ligne qui marquait l'endroit depuis lequel les gnomes devaient être lancé et donna une occasion à Ashdeh de couper Shmae Girl dans son éan.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Qui veut y aller en premier ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— MOI !", gueulèrent Shmae Girl et Pidgeonboy d'une même voix, avant d'échanger un regard meurtrier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Spider-chan tira gentiment la guerrière en arrière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Tu sais bien, Shmae, qu'il faut laisser les enfants passer d'abord.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Je suis pas–", le voleur se mordit la langue pour éviter de continuer et du coup, prouver qu'il agissait tout à fait en enfant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il accepta avec mauvaise grâce le gnome que Uittbith lui tendait et se concentra sur son lancer.  Pidgeonboy soupesa son gnome pendant cinq bonnes minutes, passa les dix minutes suivantes à visualiser son lancer et sa victoire, grilla quinze minutes supplémentaires à mimer son lancer au ralenti.  Quand il se décida enfin à lâcher son gnome de jardin, il rata complètement et la statuette lui atterrit sur le pied.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ow, ow, &lt;i&gt;ow !&lt;/i&gt;  J'ai droit à une autre chance ?", larmoya-t-il en sautillant sur place.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Pourquoi ?", Uittbith parut surpris de sa demande.  "Ce n'est pas si mal pour une première fois !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Pas si mal !?", pouffa Carpet-Vale.  "C'est &lt;i&gt;complètement&lt;/i&gt; nul !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Pas tant que ça", Uittbith haussa les épaules.  "On a vu pire.  C'est déjà arrivé que, à cause d'un éternuement mal placé, quelqu'un a lancé son gnome une bonne centaine de mètres en arrière.  Il a même eu un prix pour ça... Voyons, c'était quoi déjà ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;—  Tu te mélanges", soupira Ashdeh.  "Il a donné son nom à la récompense remise pour les meilleurs lancers ratés : le prix Lehpikfèll.  ...Quoique, c'est vrai qu'il a aussi été le premier récipiendaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Je ne vais quand même pas gagner ce prix-là ?", s'inquiéta Pidgeonboy.&lt;br /&gt;"Je ne pense pas, c'est encore tôt dans la compétition pour choisir le lancer le plus nul", lui assura Ashdeh.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ça devient toujours beaucoup plus drôle quand les nains saouls décident de participer !  Il y a toujours un ou deux blessés graves, y'a rien de plus hilarant !  ...Bon alors, quelqu'un d'autre veut essayer ?", demanda Uittbith.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je veux bien", décida soudain Carpet-Vale (peut-être seulement pour exaspérer un peu plus Shmae Girl qui trépignait d'impatience) et Ashdeh lui tendit un gnome.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La magicienne visa avec soin et lança son gnome, qui s'enflamma au décollage pour aller se fracasser contre un mur.  Une petite équipe de nains se hâta d'aller récupérer le gnome et d'éteindre le début d'incendie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ah, ben merde", grimaça Uittbith.  "Désolé, mais c'est raté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Quoi !?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— C'est la disqualification instantanée si le gnome prend feu.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Mais– mais c'est injuste !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Je sais bien, mais c'est une vieille règle.  On a déjà perdu une montagne dans des circonstances similaires", expliqua Ashdeh.  "Parfois, un gnome en feu, c'est beaucoup moins drôle qu'il n'y paraît.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Quelqu'un d'autre veut participer ?", demanda Uittbith en regardant derrière eux.  "La file allonge vite, il faudrait boucler notre tour et céder notre place avant que quelqu'un vienne nous défier au combat pour nous la voler.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Moi !  Moi !", Shmae Girl sautilla sur place.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ashdeh lui tendit un gnome de jardin et lui souhaita bonne chance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ne lance pas trop fort !", l'avertit Spider-chan avant de reculer en vitesse.  "Je ne suis pas certaine de ce que notre assurance aventure nous dédommagera en cas de catastrophe naturelle chez les nains !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— D'accord !", lui assura la guerrière en faisant passer son gnome d'une main à l'autre.  "Bon, alors pas trop fort...  Avec un angle correct, ah, peut-être un peu moins que ça...  Voyons, il faut corriger pour la température, ajuster pour la luminosité ambiante, oui, je vois bien, et la friction de l'air ne devrait pas poser trop de problèmes aujourd'hui", commenta-t-elle en faisant passer son poids d'un pied à l'autre.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Shmae Girl tourna rapidement sur elle-même et avec un grand &lt;i&gt;Hmmmpf !&lt;/i&gt;, lâcha enfin le gnome.  Il siffla dans l'air et toutes les têtes se levèrent en l'air pour suivre son décollage fulgurant.  Bientôt, des mains se levèrent en visière, des yeux se plissèrent pour essayer de mieux voir le gnome qui filait droit et les nains les plus vocaux sifflèrent d'admiration.  Éventuellement, le gnome frappa le toit du stade intérieur et y resta coincé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Je crois que tu gagnes aussi cette épreuve", annonça Silent Pascal après dix minutes d'un silence révérencieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le petit groupe de nains adolescents qui suivait Shmae Girl depuis la veille s'empressa de s'extasier, agitant leurs cartons et leurs bannières couverts à la hâte de petits coeurs et du nom de la guerrière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Non mais, sérieux, granit quoi !  Celle-la, elle a &lt;i&gt;vraiment&lt;/i&gt; un bon coup de poignet !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Y'a pas à dire, elle a un de ces doigtés !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Hé !  Elle devrait pas être naine honoraire, pour ça ?", demanda l'un d'entre eux.  "Ce serait pas, comme, vraiment trop génial si elle était naine honoraire pour ça ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Ohhhhh !", s'exclamèrent les autres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La clameur commença doucement et toutes les voix la reprirent pour s'unir et crier &lt;i&gt;Naine honoraire !  Naine honoraire !  On veut qu'elle soit naine honoraire !&lt;/i&gt;  Le demi-elfe leva les bras pour demander le calme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Une statue avec ça ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Une statue !  Une statue !  On veut une statue !&lt;/i&gt; réclamèrent les voix.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est la classe", sourit Ashdeh.  "Il n'y a qu'un seul autre non-nain pour qui on a élevé une statue dans le Grand Hall !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— C'est une blague ou quoi ?  Tous ces honneurs parce qu'elle a gagné deux ridicules épreuves ?", s'étonna Spider-chan.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Uittbith haussa les épaules.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Meh.  Ce sont les deux seules épreuves du Tournoi qui comptent, au fond.  Le reste consiste surtout à se taper dessus en criant très fort et boire énormément.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Ce n'est rien de très différent du quotidien, on s'en est seulement servi comme excuse pour faire une grande fête de temps en temps", expliqua Ashdeh.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Et surtout, n'importe quelle raison est bonne pour ériger une nouvelle statue !", renchérit Uittbith.  "Vous voulez voir le Grand Hall ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les Losers ! n'eurent pas le temps de dire &lt;i&gt;Oui&lt;/i&gt; (ou &lt;i&gt;Non&lt;/i&gt;) qu'ils furent entraînés vers le Grand Hall.  Une fois qu'ils y furent, ils réalisèrent que quand les nains désignaient un hall par Grand Hall, ils étaient sérieux.  Ils entrèrent dans un hall si énormissime, dont les proportions étaient si énormissimement énormément énormes que les variations sur "énorme" ne donnaient même pas une idée juste de sa taille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelque part vers ce qui devait être au milieu du Grand Hall (mais c'était difficile d'en juger, vu sa taille), des statues étaient installées en un large cercle.  Les Losers ! commencèrent à faire le tour et quelques heures plus tard (comme un sentiment général d'ennui s'installait), Shmae Girl s'arrêta net après avoir dépassé une statue en particulier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle recula pour revenir devant et haussa un sourcil en l'examinant.  Le non-nain en question avait des cheveux en broussaille, portait des lunettes de protection laissées pendantes dans son cou et posait horriblement, avec l'expression un peu coupable de quelqu'un qui savait bien qu'il posait horriblement.  La guerrière sourit, pas du tout surprise que Mach soit le seul avant elle à avoir gagné les épreuves naines.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(28 décembre 2011)&lt;br /&gt;&lt;a name='cutid1-end'&gt;&lt;/a&gt;</content>
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    <title>Les Losers! &amp;gt; Unleash the heat [6/7] &amp;gt; Paarth ouane</title>
    <published>2012-01-29T18:23:25Z</published>
    <updated>2012-01-29T18:23:25Z</updated>
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    <content type="html">&lt;small&gt;Rhâ, j'ai oublié de poster vendredi dernier ! *headdesk*&lt;/small&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Anthologie:&lt;/b&gt; Unleash the heat&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Titre:&lt;/b&gt; Paarth ouane&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Auteurs:&lt;/b&gt; drakys &amp; supaidachan&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Fandom:&lt;/b&gt; Original &amp;gt; Les nouvelles aventures des Losers !&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Personnages:&lt;/b&gt; Les Losers !&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Rating:&lt;/b&gt; PG&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Nombre de mots :&lt;/b&gt; ~4350 mots&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Disclaimer:&lt;/b&gt; ironie &amp; bas blancs (drakys &amp; supaidachan)&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Notes:&lt;/b&gt; Tout est &lt;a href="http://community.livejournal.com/irobas/375.html" target="_blank"&gt;ici&lt;/a&gt;.  Posté pour &lt;span  class="ljuser  i-ljuser  i-ljuser-type-P     "  data-ljuser="flo_nelja" lj:user="flo_nelja" &gt;&lt;a href="https://flo-nelja.livejournal.com/profile/"  target="_self"  class="i-ljuser-profile" &gt;&lt;img  class="i-ljuser-userhead"  src="https://l-stat.livejournal.net/img/userinfo_v8.png?v=17080&amp;v=923.1" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="https://flo-nelja.livejournal.com/" class="i-ljuser-username"   target="_self"   &gt;&lt;b&gt;flo_nelja&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; dans le cadre d'&lt;span  class="ljuser  i-ljuser  i-ljuser-type-P     "  data-ljuser="creerpouraider" lj:user="creerpouraider" &gt;&lt;a href="https://creerpouraider.livejournal.com/profile/"  target="_self"  class="i-ljuser-profile" &gt;&lt;img  class="i-ljuser-userhead"  src="https://l-stat.livejournal.net/img/userinfo_v8.png?v=17080&amp;v=923.1" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="https://creerpouraider.livejournal.com/" class="i-ljuser-username"   target="_self"   &gt;&lt;b&gt;creerpouraider&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;.  &lt;br /&gt;&lt;b&gt;Vague avertissement:&lt;/b&gt; le "nain" est écrit en grosse déformation du québécois "pur laine" et les dialogues sont vérifiés et approuvés par &lt;span  class="ljuser  i-ljuser  i-ljuser-type-P     "  data-ljuser="supaidachan" lj:user="supaidachan" &gt;&lt;a href="https://supaidachan.livejournal.com/profile/"  target="_self"  class="i-ljuser-profile" &gt;&lt;img  class="i-ljuser-userhead"  src="https://l-stat.livejournal.net/img/userinfo_v8.png?v=17080&amp;v=923.1" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="https://supaidachan.livejournal.com/" class="i-ljuser-username"   target="_self"   &gt;&lt;b&gt;supaidachan&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; parce que mon québécois est, paraît-il beaucoup trop "français international" pour sonner juste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ow !", Pidgeonboy se couvrit la tête des mains, les larmes aux yeux.  "Qu'est-ce qu'on vient de me lancer !?  Ça va devenir une habitude de m'envoyer des trucs par la tête ou quoi ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Suspicieux, il jeta un coup d'oeil vers l'elfe.  Un examen rapide lui confirma qu'elle portait toujours ses deux bottes et que, pour une fois, son visage ne trahissait pas son parfait bonheur de l'avoir atteint.  ...C'était possible que, depuis le temps, Spider-chan avait appris à garder une botte à lancer dans son sac et à ne plus autant laisser transparaître sa joie de le frapper, mais le voleur décida de lui accorder le bénéfice du doute.  Il était après tout un leader plein de bonne foi, même si les autres avaient eu le culot de lui souligner en riant beaucoup que le plus proche qu'il s'en rapprochait, c'était d'avoir un foie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Owww !", grinça-t-il quand il fut atteint par autre chose.  "Non mais, c'est quoi–"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il s'interrompit en réalisant que le nouveau projectile était en fait un énorme pigeon qui lui était tombé sur la tête.  Avec des réflexes surprenants, il rattrapa l'oiseau avant qu'il dégringole par terre.  La poitrine du pauvre pigeon se soulevait et s'abaissait à une vitesse dangereuse.  Pidgeonboy l'examina et haussa un sourcil.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est un pigeon de la messagerie express, mais...  je ne vois pas le message.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— C'est peut-être ça qui t'a presque assommé", sourit Esoj.  "Un petit bout de parchemin roulé, c'est vrai que c'est terriblement lourd.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Ce n'était pas ça du tout !  C'est plutôt comme–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Une roche", compléta Silent Pascal en se penchant pour la ramasser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Oui !  Et c'est elle !", le voleur pointa la roche coupable de l'avoir percuté.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...C'est pour moi", annonça le demi-elfe après avoir examiné la roche grosse comme son poing.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Comment tu sais ça ?  C'est écrit en n–", Pidgeonboy se mordit la langue pour ne pas continuer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En voyant les regards amusés braqués sur lui, il roula des yeux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Oui, bon d'accord, ça va !  Je sais !  J'ai encore oublié qu'il a été élevé par des nains !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— ...Personne n'a rien dit", fit remarquer Esoj.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Parce qu'après tout, tu es toujours &lt;i&gt;excellent&lt;/i&gt; pour te ridiculiser toi-même !", sourit Carpet-Vale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans une grande démonstration de maturité, Pidgeonboy lui tira la langue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Qu'est-ce que ça dit, cette pierre ?", demanda Esoj.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Rentah mèzon benvitt, cé le tournoua annu-L, t'avah-tu oublié kaahliss."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silent Pascal s'était contenté de lire le message, oubliant pendant une seconde que ce n'était pas donné à tout le monde de comprendre le nain.  Il remarqua l'expression meurtrière de la druide (qui tolérait toujours très très bien d'ignorer quelque chose) et s'empressa de traduire en commun :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Ce qui veut dire qu'il faut que je rentre chez moi.  Il y a... hm... quelque chose que je dois faire."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il aurait pu être aussitôt interrogé par les autres et abruti de questions jusqu'à ce qu'il se trouve forcé de donner une explication plus claire.  Sauf que les Losers ! perdaient rarement du temps à poser des questions.  C'était plus facile de foncer dans le tas d'abord et de se demander ensuite pourquoi ils venaient de faire ça.  Ils se mirent donc en route...  Ou presque.  Ils leur fallut bien suivre quelles étapes essentielles avant d'y parvenir :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1) Spider-chan piqua une crise monumentale.  Elle fit grand cas d'énumérer les différentes raisons qui l'empêchaient de se rendre chez les nains, notamment qu'ils étaient petits, poilus et petits et qu'en plus, ils n'avaient même pas les oreilles pointues.  Et ils étaient petits, est-ce qu'elle avait mentionné déjà à quel point ils étaient petits et avec des oreilles pas pointues !?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;2) Pidgeonboy essaya de la convaincre avec des arguments de poids.  Comme le fait que les elfes, sûrement, avaient leurs défauts aussi, ce qui ne les empêcheraient jamais d'aller les visiter.  Sans surprise, ses efforts ne lui récoltèrent qu'un oeil au beurre noir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;3) Esoj prit les choses en mains en offrant gentiment de l'eau à l'elfe qui avait beaucoup hurlé.  Spider-chan, trop énervée, ne soupçonna pas l'arnaque pourtant évidente et avala le somnifère.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;4) Quand elle s'effondra enfin, Shmae Girl la jeta sur son épaule et ils purent enfin se mettre en route pour vrai vers les contrées lointaines où habitaient les Nordeux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silent Pascal soupira.  Il y avait déjà cinq ans qu'il n'était pas rentré, s'il se fiait à la pierre de rappel pour le tournoi.  Il ajusta ses sabres et prit une grande inspiration avant de faire face aux autres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Vous avez déjà séjourné chez les Nordeux ?", leur demanda-t-il.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Qu'est-ce que tu en penses ?", siffla Spider-chan en croisant les bras.  "Si ce n'était que de moi–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Je n'irais pas chez les nains, je n'irais jamais chez les nains, les nains sont petits et ils n'ont même pas la décence d'avoir les oreilles pointues !", complétèrent les autres en choeur, par automatisme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'elfe se renfrogna.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ça ne fait pas tant de fois que je dis ça !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Je dois avouer qu'après la trois cent ou la quatre centième fois, j'ai arrêté de compter...", soupira Esoj.  "Dis-moi, tu penses pouvoir être civile pendant quelques jours ?  Parce que si tout ce qu'on va accomplir, c'est de créer un incident politique–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Attends... Ça nous a déjà arrêté ce genre de considération ?", l'interrompit Carpet-Vale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La druide y pensa et reconsidéra sa position.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Bon point.  Allons-y et espérons pour le mieux !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D'un signe de la main, elle allait indiquer aux autres de la suivre, avant de se rappeler que le spécialiste de cette histoire-ci était plutôt Silent Pascal.  Après s'être éclairci la gorge plutôt nerveusement, elle se tourna vers le demi-elfe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je veux dire, hm, on te suit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Ce n'est pas loin, mon appartement est près de–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Tu as un appartement ?", s'étonna Pidgeonboy.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silent Pascal hocha la tête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Bien sûr, tous les nains en ont un.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Mais tu es–"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le demi-elfe le dévisagea, haussa très lentement un sourcil et sous-entendit discrètement que la prochaine remarque stupide allait être saluée par une solide claque.  Le voleur réussit à lire entre les lignes et ne continua pas.  Ils grimpèrent deux séries de marches aménagées à l'extérieur de la montagne, jusqu'à une petite porte qui paraissait toute simple.  Un énorme marteau de guerre y était gravé et en couvrait presque toute la surface.  S'arrêtant devant, Silent Pascal s'accroupit et commença à fouiller dans son paquetage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Où j'ai bien pu fourrer mon passe universel ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Ton quoi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Mes clés", précisa le demi-elfe en vérifiant le contenu de ses chaussettes roulées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Il n'y a pas de gardes ?", demanda Spider-chan avec une expression dédaigneuse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silent Pascal étouffa un petit rire et elle demanda aussitôt :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Quoi !?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Personne n'attaque les Nordeux !  Cette porte est impénétrable !  Sauf si on a un passe universel, bien sûr", se hâta d'ajouter le demi-elfe en voyant Spider-chan ouvrir la bouche pour critiquer.  "Le nôtre est encore plus complexe que celui des Ouestants.  Bien sûr, on est loin des systèmes de sécurité des Sudistes, mais ça fait très bien l'affaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Et c'est la seule raison pour expliquer pourquoi personne ne vous attaque ?", siffla l'elfe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Oh, c'est aussi parce que c'est la seule porte pour entrer dans le complexe Nordeux", ajouta Silent Pascal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les Losers ! échangèrent des regards.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Quoi, pour de vrai ?  Il n'y a qu'une seule porte dans touuuute cette énorme montagne ?", demanda Shmae Girl.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour appuyer son point, elle leva le regard et risqua vite de se casser le cou en tentant d'apercevoir le sommet de la montagne.  Elle faillit tomber sur le dos en voulant pencher encore plus la tête en arrière.  Spider-chan la rattrapa en roulant des yeux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Une porte principale, ouais", le demi-elfe hocha la tête.  "Bien sûr, il y a un certain nombre d'entrées secrètes.  Chaque clan à les siennes et en garde jalousement le secret, en plus de se charger de les défendre en cas d'attaque."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silent Pascal retrouva finalement son passe universel coincé dans une pile de recettes pliées avec soin.  Il se releva et l'inséra dans une mince fente taillée dans le roc.  Une roche passa de sa texture naturelle à un vert lumineux et avec un déclic et un couinement d'air compressé, la porte glissa vers le haut pour les laisser passer.  Le demi-elfe reprit son passe et les invita à le suivre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Attention à la tête, la porte est un peu basse", avertit-il, une fraction de seconde à peine avant que Pidgeonboy se pète le front.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Oww&lt;i&gt;www !&lt;/i&gt;", couina le voleur en se massant la tête. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il grimaça, mais eut la décence de ne pas trop se plaindre, sachant très bien que les autres ne le prendraient pas en pitié.  Ils suivirent Silent Pascal toute la longueur d'un interminable corridor bas, étroit et à peine éclairé.  Spider-chan grinça des dents.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Génial, on va être tous pris dans un trou de la taille d–"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle se mordit la langue pour ne pas continuer.  Le couloir venait de déboucher dans un énormissime hall énormissimement énormément énorme.  L'elfe écarquilla les yeux, surprise par la taille démesurée et surtout, par la beauté délicate de ce hall.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De chaque côté d'une place centrale qui s'étendait à perte de vue, des milliers de colonnes géantes et ouvragées avec un soin proche de la maladie mentale soutenaient des étages et des étages qui s'empilaient pour se perdre en hauteur, laissant à l'imagination de celui ou de celle qui regardait vers le haut d'imaginer à quoi pouvait bien ressembler l'hypothétique plafond de la caverne.  L'ensemble faillit faire suffoquer Spider-chan tellement le brio avec lequel était ouvragé les colonnes donnait une impression de légèreté.  Les motifs d'arbre, malgré leur immobilité complète, lui filèrent une horrible impression de nostalgie pour sa forêt natale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silent Pascal désigna une étrange petite pièce carrée sur leur droite, dans laquelle ils entrèrent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Comme j'essayais de le dire plus tôt, mon appartement est près de l'entrée.  Il est au dix-huitième étage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— On va devoir grimper dix-huit étages à pied !?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le visage du voleur exprima un mélange d'incrédulité et d'essoufflement anticipé.  Une expression de sa composition et généralement passe-partout, qu'il utilisait pour exprimer une grande variété de mélanges d'émotions, comme l'horreur et une envie pressante alors que les toilettes étaient loin ou encore la panique et l'espoir ténu qu'on ne lui fasse pas faire quelque chose de dégoûtant et/ou humiliant et/ou stupide.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Bien sûr que non."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le demi-elfe étira le bras et appuya sur un bouton dans un panneau près de la porte.  Elle se referma lentement et après une secousse discrète, la pièce se mit à bouger tout en douceur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Arghhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh !", se mit aussitôt à hurler le voleur.  "On va tous–"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La claque le calma.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Merci, j'avais besoin de ça", Pidgeonboy se massa la joue, essayant avec une certaine subtilité de vérifier si Spider-chan ne venait pas de lui décrocher la mâchoire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Pas de problème", l'elfe s'appuya contre le mur du fond et croisa les bras.  "Si tu en veux une autre, n'hésite pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Comment on fait pour monter sans vraiment bouger ?", demanda Shmae Girl en regardant vers le haut.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Oh, c'est de la technologie Sudiste", expliqua Silent Pascal.  "Drôle d'histoire.  Il y a assez longtemps de ça, un de leurs inventeurs les plus ingénieux...", il fronça les sourcils.  "Bizarre comme son nom m'échappe, je l'ai sur le bout de la langue pourtant, hm...  Enfin bref, il a épousé une Nordeuse et s'est installé ici avec elle.  Il a développé pour nous tout un tas de machines dans le genre de celle-ci, prétextant que nous étions gravement en retard sur les avancements technologiques.  Personnellement, je crois que c'était plutôt parce qu'il était incapable d'arrêter d'inventer des trucs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Ou peut-être qu'il n'aimait pas les escaliers !", suggéra Shmae Girl.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La petite pièce carrée s'immobilisa avec un &lt;i&gt;Ding !&lt;/i&gt; et aussitôt, la guerrière rigola :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Hiii !  Ça chatouille dans le ventre quand ça s'arrête !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silent Pascal les précéda à l'extérieur et les guida jusqu'à une autre porte. Une autre utilisation de passe universel plus tard, elle s'ouvrit et ils purent entrer, le hall d'entrée de l'appartement passant aussitôt d'obscur à clair&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est éclairé comment ?", demanda Carpet-Vale, curieuse (et un tout petit peu déçue de ne pas être désignée pour allumer les torches d'une boule de feu bien placée).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Par des cristaux magiques", Silent Pascal en pointa un incrusté dans le mur.  "Ils s'allument et se ferment dès que quelqu'un entre ou sort d'une pièce.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Vraiment ?  Alors vous avez des mages pour qu'ils soient constamment chargés ?", voulut savoir Esoj.  "Je connais une librairie qui utilise le même principe pour éclairer ses salles.  La majorité des employés sont des mages de bas niveau, alors il y a toujours quelqu'un sur place pour s'assurer que les cristaux restent chargés en permanence.  Il y a même une petite section sur eux dans le dictionnaire des magiciens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Ici, ils sont chargés par l'énergie géothermique sans que nous devions intervenir", le demi-elfe désigna une série de pierres colorées qui formaient une ligne à droite du cristal magique.  "Cette jauge nous permet de voir le niveau d'énergie actuel contenu dans le cristal..."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il fronça les sourcils.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Il est plutôt bas, donnez-moi une seconde..."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il s'accroupit près de l'âtre, ouvrit une trappe au sol et jeta un coup d'oeil dans l'obscurité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ah !  Voilà", il tendit une main dans la trappe et parut ajuster quelque chose.  "J'ai dû oublier de fermer la valve géothermique avant de quitter.  Ce sera un de mes cousins qui est passé s'en occuper.  Je n'utilise pas beaucoup d'énergie d'habitude, mais avec des invités, j'aime mieux m'assurer que le niveau est au maximum."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il se releva et les invita à le suivre plus loin à l'intérieur de son appartement.  Le hall d'entrée modeste déboucha sur une grande pièce carrée, entièrement dénuée de mobilier.   &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Faites attention, les plafonds sont un peu bas", avertit Silent Pascal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pidgeonboy leva aussitôt la tête pour calculer le pourcentage de risque (tenait-il plus du 100% ou du 120 % ?) qu'il avait de se fracasser le crâne contre un stalactite mal placé.  Il resta le cou courbé, à fixer le plafond d'un air ébahi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...C'est bas, ça ?", demanda-t-il, incertain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il avait peut-être mal compris.  C'était déjà arrivé.  Souvent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ils ont seulement trois mètres de haut.  Dans certains quartiers, le standard en construction est plutôt de cinq.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Pour des &lt;i&gt;nains&lt;/i&gt; ?", insista le voleur.  "Est-ce qu'ils–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Non, on ne compense pas pour autre chose", Silent Pascal roula des yeux.  "C'est pour assurer une bonne valeur de revente.  Si jamais on change de montagne, on peut toujours vendre ou louer à d'autres races.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— C'est plutôt spartiate", Carpet-Vale fit la moue en examinant la pièce.  "On va se piler sur les pieds et puis, on va devoir dormir où ?  Sur le plancher ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silent Pascal sourit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ne t'inquiètes pas pour ça !  Il n'y a rien ici parce que je me sers en général de la salle commune pour m'entraîner", il marcha vers le mur du fond et plaqua sa main contre un carré plus foncé que le reste de la surface.  "Les chambres sont par là, chacune à sa salle de bain privée.  Mon appartement n'est pas très grand, on devra faire avec seulement trois chambres."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans son dos, Esoj répéta &lt;i&gt;Pas très grand !?&lt;/i&gt; ; Carpet-Vale fit la moue, répétant plutôt &lt;i&gt;Humpf&lt;/i&gt;, seulement &lt;i&gt;trois chambres&lt;/i&gt;.  Un pan de mur glissa sur le côté, révélant un passage.  Le demi-elfe tira sur le bord du carré qui servait de panneau de contrôle, révélant une série de marques verticales.  Il appuya sur certaines des marques en séquence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je vais laisser les passages activés, ce sera plus simple", annonça-t-il avant de marcher vers un autre carré foncé et de répéter la manoeuvre.  "Là-bas, vous avez la cuisine et la salle à manger.  Oh, et si vous voulez visiter un des spas, il y en a un à chaque dizaine d'étages.  Si vous mentionnez que vous êtes des invités de Esspi des Kanayens, les frais seront chargés à mon compte.  Il y a aussi des boutiques à chaque étage.  Je ne les connais pas toutes, mais n'importe quel nain que vous croiserez sera heureux de vous informer."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans un geste lent comme dans un rêve, Carpet-Vale se pinça l'avant-bras, soudain prise d'un doute.  Elle était peut-être morte sans s'en apercevoir et venait de débarquer dans un paradis taillé sur mesure pour elle, fait de séances au spa et de magasinage intensif.  C'était tellement beau qu'elle ne se soucia même pas que la seule ombre au tableau était le fait que les hommes qui peuplaient ce paradis sur terre risquaient tous d'être petits et barbus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après quelques explications rapides sur l'utilisation des différents items essentiels de son appartement, Silent Pascal fit le nécessaire pour qu'un repas leur soit livré.  Autour de la table, personne ne pensa à lui poser de questions.  Se remplir l'estomac était devenu leur première priorité.  Ils avaient bien le temps d'en trouver une deuxième plus tard, probablement quand elle leur tomberait sur la tête en les menaçant de mort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est vraiment trop bon !", s'extasia Shmae Girl en se resservant pour la quatrième fois.  "C'est quoi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Du rat", répondit Silent Pascal avec un sourire en coin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un silence de mort se fit immédiatement (sauf pour les bruits de mastication de la guerrière, que la révélation ne dérangeait pas) et le demi-elfe s'amusa des expressions soudain verdâtres des autres.  Pas si cruel que ça, il avoua :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Désolé, c'était trop facile !  C'est un substitut de viande en fait, beaucoup de notre cuisine est végétarienne.  Il n'y a quasi que les Ouestants qui restent de grands consommateurs de rat d'élevage."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Laissant ensuite les autres libres de s'installer ou d'explorer les environs, Silent Pascal sortit sous prétexte de "devoir régler quelques affaires personnelles".  Il se rendit à l'appartement du chef du clan des Kanayens et glissa son passe universel dans la fente près de la porte.  Un témoin lumineux passa au jaune et il attendit qu'on lui ouvre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dès son ouverture, une forme se jeta contre ses genoux et le serra dans ses bras avec assez de force pour menacer de lui faire sauter les rotules.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Mon Esspi !", couina sa tante.  "Mon petit Esspi !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle le relâcha et essuya une petite larme de bonheur au coin d'un oeil avec le bout de sa barbe soyeuse et tressée avec soin.  Silent Pascal constata que ses longs cheveux remontés en chignon serré et sa barbe foncée avaient gagné quelques fils blancs.  Reculant de quelques pas, elle le regarda de la tête aux pieds, puis des pieds à la tête et posa les poings sur ses hanches en fronçant les sourcils.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Mais tu es tout maigre !  Regarde-moi ça, hmpf !  Tu es à peine gras comme un cure-dent, mon pauvre petit bout de quartz !  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Allez, Jahvaa !  Laisse-le donc entrer avant de penser à l'engraisser !", appela une voix autoritaire depuis la salle commune.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La naine se retourna et les poings toujours sur ses hanches, cria en retour :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Les nerfs Sicharpe, j'ai bien le droit de lui dire deux mots avant que tu l'accapares !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Reste que tes deux mots, tu peux bien les lui dire dans le confort de notre appartement."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jahvaa roula des yeux et d'un geste de la main, invita son neveu à la suivre à l'intérieur.  La porte se referma derrière eux et ils rejoignirent Sicharpe dans la salle commune.  Son oncle se leva de son siège et pria ses invités – Silent Pascal reconnut les chefs des clans Kannux et Cénathors – de l'excuser un moment.  Il abandonna la partie de Roches en cours et rejoint Silent Pascal, lui donnant une bonne claque sur la cuisse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ohben eille, komenski va!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Yhva papirh, yhva papirh...", lui assura Silent Pascal.  "Pilôtre, yhva komen?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ben lôtre, yhva papirh ôssi!", répondit Sicharpe avec un sourire fier.  "...Je suis content de constater que tu ne perds pas ta vraie langue à force de voyager", il secoua la tête.  "Les jeunes ne sont plus ce qu'ils étaient, ils adoptent le commun et veulent tous quitter notre montagne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Et c'est toi qui me dit ça !", le demi-elfe sourit.  "...Tu peux me rappeler, s'il te plaît, qui détient le record d'avoir quitté la montagne le plus jeune ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Son oncle changea de couleur et Jahvaa éclata de rire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Oooh~ Touché !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Oui, bon", grommela Sicharpe avec un geste vague de la main pour écarter le sujet.  "Viens te joindre à nous, Esspi.  Nous discutions du Tournoi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Ha !  Bien sûr !", Jahvaa s'amusa d'une déclaration pareille.  "Vos talents d'organisateurs sont &lt;i&gt;vraiment&lt;/i&gt; mis au défi entre le thé et les jeux de table !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sicharpe roula des yeux et invita son neveu à prendre place à la table basse.  Le demi-elfe s'installa en tailleur par terre, saluant les autres chefs de clan.  Jahvaa s'empressa de lui servir un tasse d'une mixture épaisse et odorante, du dehbug, le thé local.  Silent Pascal en prit une gorgée, savourant le goût prononcé du breuvage.  Chez les moins habitués, c'est-à-dire n'importe quel non-Nordeux, le dehbug donnait l'impression d'avoir avalé du décapant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le chef des Kannux, Lisaac, était un rouquin à l'expression rieuse.  Le chef des Cénathors, Forhtran, arborait une tête aux cheveux sauvages, blonds presque blancs, et une expression constamment contrariée.  Les trois nains portaient comme la majorité des Nordeux leur barbe courte et entretenue avec un soin maladif.  Lisaac, le plus jeune des trois, portait la sienne la plus longue, avec une tresse courte de chaque côté de son menton, chacune mêlée de perles en onyx.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Tu es prêt ?", lui demanda Lisaac.  "Les derniers préparatifs vont bon train, on avait peur que tu n'arrives pas à temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Ouais", grogna Forhtran en réarrangeant les pièces de Roches pour une partie à quatre. "Ça aurait été de mauvais augure de changer d'arbitre au dernier moment.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Oh, tu exagères !  Tu vois toujours des catastrophes partout !", Lisaac roula des yeux.  "Il y a eu bien des Tournois avant que le petit soit en âge d'arbitrer !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Hm", fit Forhtran en fronçant un peu plus les sourcils.  "N'oublie par que le dernier s'est terminé en guerre civile.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— C'était la faute des Brwouinns !", s'emporta aussitôt Sicharpe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est toujours la faute des Brwouinns, à t'écouter", sourit Lisaac, amusé de la rivalité immémoriale entre les Kanayens et les Brwouinns.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À la plus grande fierté de son oncle, Silent Pascal commenta :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...S'ils n'étaient pas aussi insupportables depuis qu'ils ont gagné ce Tournoi, aussi."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avant que le demi-elfe et son oncle commencent à s'enthousiasmer sur les nombreux défauts des Brwouinns, conversation qui pouvait prendre deux ou trois jours complets, un carillon résonna doucement dans l'appartement, le son semblable à une série de délicats coups d'un petit marteau sur une enclume particulièrement musicale.  Jahvaa leva une main en voyant Silent Pascal esquisser un geste pour se lever.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ne te dérange pas, mon petit bout de quartz !  Je vais tout de suite voir qui c'est !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La porte s'ouvrit et se referma et Jahvaa revint au pas de course dans la salle commune.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Mon petit Esspi !  Vite !", s'exclama-t-elle.  "Tu dois te présenter immédiatement au poste de police de l'étage 15, section A–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Qu'est-ce qui s'est passé ?", soupira Silent Pascal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je ne sais pas trop, le messager parle de possible outrage public à la pudeur...", Jahvaa tira nerveusement sur sa barbe.  "C'est à cause d'un ou une de tes invités.  C'est si difficile de différencier entre les humains, tu sais bien, vu leur pilosité inadéquate !  Les policiers demandent ton aide pour mieux comprendre la situation !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silent Pascal s'empressa de sortir, présentant des excuses rapides aux chefs de clans pour son départ précipité.  Il rejoignit le poste de police, certain d'y trouver Shmae Girl sous bonne garde pour un acte stupide ou violent ou peut-être plus précisément, un acte stupide et violent.  Il resta surpris en voyant plutôt Pidgeonboy.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Désolé !", s'empressa de s'excuser le voleur.  "J'ai juste essayé d'entrer dans les toilettes publiques !  Ce n'est pas ma faute !  Les portes sont super mal identifiées !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le demi-elfe haussa un sourcil.  Le nain en service qui remplissait le constat d'infraction fronça son sourcil et secoua la tête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est ce que cette personne répète–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Je vous dit que je suis un humain !", interrompit Pidgeonboy.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"N'empirez pas votre cas, personne d'une autre race !  Vous avez causé un très désagréable moment de panique !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silent Pascal soupira, comprenant aussitôt le problème.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Tu as essayé d'entrer dans la toilette des naines.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Comment je pouvais savoir !?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Elles sont identifiées très clairement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Non !  C'est deux portes côte à côte, avec de petits dessins de nains !  Qui sont identiques !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— La barbe des nains est plus courte et leur kilt est long.  La barbe des naines se porte longue et leur jupe est plus courte."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pidgeonboy le dévisagea.  Le policier dévisagea Pidgeonboy.  Silent Pascal dévisagea le policier.  Le demi-elfe parla le premier :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Comme il s'agit d'une première offense, vous pourriez peut-être lui donnez un simple avertissement et je vous promets", ajouta-t-il à la hâte, "que je vais apprendre à mes invités à bien différencier les signes peints sur toilettes publiques !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(28 décembre 2011)&lt;br /&gt;&lt;a name='cutid1-end'&gt;&lt;/a&gt;</content>
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    <title>Les Losers! &amp;gt; Unleash the heat [5/7] &amp;gt; Go go Magic Losers !</title>
    <published>2012-01-23T23:44:54Z</published>
    <updated>2012-01-23T23:44:54Z</updated>
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    <content type="html">&lt;b&gt;Anthologie:&lt;/b&gt; Unleash the heat&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Titre:&lt;/b&gt; Go go Magic Losers !&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Auteurs:&lt;/b&gt; drakys &amp; supaidachan&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Fandom:&lt;/b&gt; Original &amp;gt; Les nouvelles aventures des Losers !&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Personnages:&lt;/b&gt; Les Losers !&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Rating:&lt;/b&gt; PG&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Nombre de mots :&lt;/b&gt; ~4250 mots&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Disclaimer:&lt;/b&gt; ironie &amp; bas blancs (drakys &amp; supaidachan)&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Notes:&lt;/b&gt; Tout est &lt;a href="http://community.livejournal.com/irobas/375.html" target="_blank"&gt;ici&lt;/a&gt;.  Posté pour &lt;span  class="ljuser  i-ljuser  i-ljuser-type-P     "  data-ljuser="flo_nelja" lj:user="flo_nelja" &gt;&lt;a href="https://flo-nelja.livejournal.com/profile/"  target="_self"  class="i-ljuser-profile" &gt;&lt;img  class="i-ljuser-userhead"  src="https://l-stat.livejournal.net/img/userinfo_v8.png?v=17080&amp;v=923.1" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="https://flo-nelja.livejournal.com/" class="i-ljuser-username"   target="_self"   &gt;&lt;b&gt;flo_nelja&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; dans le cadre d'&lt;span  class="ljuser  i-ljuser  i-ljuser-type-P     "  data-ljuser="creerpouraider" lj:user="creerpouraider" &gt;&lt;a href="https://creerpouraider.livejournal.com/profile/"  target="_self"  class="i-ljuser-profile" &gt;&lt;img  class="i-ljuser-userhead"  src="https://l-stat.livejournal.net/img/userinfo_v8.png?v=17080&amp;v=923.1" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="https://creerpouraider.livejournal.com/" class="i-ljuser-username"   target="_self"   &gt;&lt;b&gt;creerpouraider&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;.  Pour la petite histoire : la première version de cette fic a été écrite avant que je commence à suivre les séries de &lt;a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Super_Sentai" target="_blank" rel="nofollow"&gt;sentai&lt;/a&gt;, que &lt;span  class="ljuser  i-ljuser  i-ljuser-type-P     "  data-ljuser="supaidachan" lj:user="supaidachan" &gt;&lt;a href="https://supaidachan.livejournal.com/profile/"  target="_self"  class="i-ljuser-profile" &gt;&lt;img  class="i-ljuser-userhead"  src="https://l-stat.livejournal.net/img/userinfo_v8.png?v=17080&amp;v=923.1" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="https://supaidachan.livejournal.com/" class="i-ljuser-username"   target="_self"   &gt;&lt;b&gt;supaidachan&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; aimait déjà.  Absolument toutes les idées et les détails qui parodient le genre à fond sont de sup', ma seule contribution à cette fic, c'est d'avoir aligné les mots. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'édition hebdomadaire du Babillard Express venait d'arriver par pigeon et les Losers !, par manque d'argent plutôt que par réel intérêt (une situation plutôt commune), la consultait avidement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Exterminer des rats ?  Peuh !", Carpet-Vale leva le nez.  "C'est sans aucun doute une histoire qui cache des créatures mutantes !  Et puis, pas question qu'on rampe dans les égoûts, je porte une jupe neuve !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Tu portes &lt;i&gt;toujours&lt;/i&gt; une jupe neuve", fit remarquer Spider-chan.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Bien sûr.  Comment je pourrais me servir de ça comme excuse, sinon ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Sa technique est superficielle, mais elle a le net avantage de pouvoir toujours nous procurer un peu d'argent de poche en cas de besoin", fit remarquer Esoj.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Carpet-Vale fit la moue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Seulement parce que vous me forcez à revendre toutes mes belles jupes usagées...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Jupes usagées, n'exagère pas.  Ça frôle toujours le miracle quand tu portes la même plus de deux fois !", s'indigna l'elfe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Et c'est encore heureux qu'on te force à les revendre, sinon tu devrais en transporter des centaines", la druide roula des yeux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je devrais en transporter des centaines ?  Voyons Esoj, qu'est-ce que tu racontes !", Carpet-Vale éclata de rire et s'adressa à Shmae Girl avec un sourire mielleux : "Tu me transporterais mon sac, hein, Shmae ?  Tu es tellement gentille et extraordinaire !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Ouiii !", s'enthousiasma la guerrière, pour qui les concepts d'exploitation et de flatterie ne voulaient rien dire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"&lt;i&gt;Hé !&lt;/i&gt;", siffla Spider-chan.  "Elle n'est pas ta bête de somme !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Oh pardon", le sourire de la magicienne adopta sa courbe hautaine la plus insultante.  "J'oubliais que c'était la tienne !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les oreilles de l'elfe frémirent de rage et d'un coup de coude bien placé, Esoj poussa Shmae Girl entre les deux femmes, évitant de justesse une scène de meurtre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"&lt;i&gt;Protection village, équipement fourni&lt;/i&gt;, ça doit être quand même plutôt bien comme boulot…", suggéra nerveusement Pidgeonboy pour revenir au sujet de discussion de base.  "Ça nous évitera de brûler, déchirer ou autrement détruire nos vêtements, n'est-ce pas ?  Ça vaudrait peut-être la peine ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Ça dépend beaucoup de l'équipement qu'on nous prêtera", fit remarquer Spider-chan. "À tous les coups, c'est des trucs pourris encore imprégnés de l'odeur de la dernière personne qui les a portés.  Très peu pour moi, la puanteur des courtes-oreilles ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Ou alors, ce sera bien pire et on devra porter des fringues super moulantes", grimaça Silent Pascal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ça serait mieux si ça disait &lt;i&gt;repas fourni&lt;/i&gt;", soupira Shmae Girl qui entamait son traditionnel petit creux de post déjeuner.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ça ne peut certainement pas être pire que le dernier boulot que tu nous as trouvé !", siffla Carpet-Vale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La pauvre avait encore l'impression que sa peau empestait la mort, malgré des bains répétés, l'abus d'huiles parfumées et des frais de masseurs.  Pas que les massages avaient été d'une grande aide contre l'odeur, mais si on lui demandait (et personne n'avait l'intention de lui demander), les masseurs avait été essentiel pour son bien-être mental (et visuel).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Tu sauras que retirer les cadavres d'animaux des routes, c'est un boulot avec un excellent salaire, en plus d'être le job idéal quand on est soucieux de la beauté de nos chemins !  ...Et puis, ce n'est pas trop dangereux", ajouta le voleur, toujours préoccupé par la nécessité de survivre le plus longtemps possible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Sauf pour toutes les maladies qu'on peut chopper au contact de ces bestioles crevées", grinça Spider-chan.  "Qu'est-ce qu'elles font au milieu de la route de toute façon ?  Elles attendent exprès de se faire frapper par la première charrette venue ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Au moins, j'en suggère des petits boulots !", se plaignit Pidgeonboy.  "Ce n'est pas comme d'autres, qui se contentent de cri–"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une main se referma sur sa ceinture et Silent Pascal le tira en arrière, lui faisant éviter de justesse la claque derrière la tête que l'elfe lui destinait.  Avec un soupir découragé, il demanda :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"On pourrait peut-être éviter de s'entre-tuer le temps de trouver un boulot potable ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Pourquoi on doit absolument en trouver un ?", râla Carpet-Vale.  "On ne pourrait pas plutôt séjourner dans un centre de villégiature, se payer une virée au spa ou un forfait manucure/pédicure chez une esthéticienne ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Réalisant que la majorité des regards s'étaient soudain dirigée vers elle (sauf celui de Shmae Girl que ces considérations monétaires affectaient très peu, leur budget commun dédiant toujours une somme suffisante à son seul besoin primaire : manger), elle fronça les sourcils et reconsidéra ce qu'elle venait de dire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Ah oui, je vois le problème.  Le boulot, c'est pour gagner l'argent qu'il faut pour payer tout le reste." &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est certain qu'avec une princesse et ses petits caprices parmi nous, c'est plus dur de trouver un boulot qui plaît à tous", commenta Silent Pascal en subtilisant le Babillard Express, pour que personne ne lui vole la recette du jour. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Tu sais ce qu'elle te dit, la princesse !?", s'enflamma Carpet-Vale, tout de suite prête en à découdre à grand renfort de boules de feu, quitte à griller tout le monde dans la manœuvre.&lt;br /&gt;Esoj parut une seconde tentée lui mettre une claque, mais transforma plutôt le geste pour pointer une direction.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Le village en question est à peu près à deux heures de marche, on peut bien aller voir de quoi il s'agit."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les autres échangèrent des regards dubitatifs (sauf Shmae Girl qui s'exclama : &lt;i&gt;Ouais !  Allons-y !  On va gagner plein de XP !&lt;/i&gt;) et affichèrent des expressions peu enthousiastes (sauf Shmae Girl qui sautilla de trépidation à l'idée d'une nouvelle quête, débile ou pas, elle n'avait pas de préférence).  La druide roula des yeux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Bien sûr, quand je dis à peu près deux heures de marche, c'est à peu près deux heures de marche si on part tout de suite.  C'est certain que si on hésite, qu'on argumente, qu'on s'engueule et qu'on en vient aux coups comme d'habitude, ça risque de prendre beaucoup plus longtemps pour s'y rendre qu'à peu près deux heures !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Ouais bon, alors, on va le voir, ce village à défendre ?", demanda Pidgeonboy.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il leva la main, pensant encore vaguement qu'il y avait de l'espoir pour instaurer une belle démocratie amicale au sein de ses Losers !  Silent Pascal tira sur sa manche pour qu'il baisse son bras et arrête de se rendre ridicule.  Carpet-Vale soupira.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Oui, pourquoi pas ?  Dans le pire des cas, on aura perdu à peu près deux heures de notre vie et c'est tout !" &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À peu près deux heures de marche plus tard, ils arrivèrent au village qui demandait protection.  Vu d'assez loin, il avait l'air en bon état : pas de maisons en feu, encore fumantes ou bien cramées, pas de gouffre géant creusé dans la place publique, pas même le moindre petit signe d'une occupation violente et sanglante par des méchants de service ou autres viles créatures laides et/ou puantes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ils n'ont pas l'air d'être tellement dans le besoin, pour des gens qui appellent à l'aide…", avança prudemment Esoj, regardant à droite et à gauche avec circonspection.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle savait très bien que c'était généralement après ce genre de réplique que les choses s'envenimaient avant que quiconque puisse dire &lt;i&gt;Merde, j'aurais dû la fermer&lt;/i&gt;.  Bien sûr, puisque c'était la chose attendue, on leur fonça aussitôt dessus avec de grands cris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le côté positif, c'était que la charge s'arrêta avant de les percuter de plein fouet et que les cris, plutôt que de réclamer leur mort dans la violence et les tripes répandues d'un mur à l'autre, les saluaient plutôt pour leur noblesse et pour leur courage, ce qui était assez flatteur pour l’égo.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout ça enthousiasma les Losers ! pendant une bonne grosse fraction de seconde avant que l'odeur de l'arnaque commence à se faire sentir avec insistance.  Les villageois se rapprochaient un peu trop d'eux, avec des sourires un rien trop artificiels.  Ils allaient se faire avoir, c'était clair !  Pidgeonboy n'eut pas le temps de sonner la retraite avant que la situation parte en vrille. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Vite, enfilez ça !", leur cria quelqu'un.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et sans qu'on leur demande leur avis, on força à leur poignet des bracelets et on leur confia des bouts de parchemin avec gribouillés dessus ce qui ressemblait à des formules magiques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Maintenant, battez-vous !", leur ordonna-t-on. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les Losers ! restèrent perplexes à cet ordre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"…Quoi ?", tenta Pidgeonboy en vue d'obtenir une explication, en sa double qualité de leader et d'homme confus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Nous vous confions de grands pouvoirs, soyez responsables !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Oui, bon d'accord, mais il faut se battre contre qui ?", s'informa le voleur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Contre les Cafaarnahoms !", clamèrent les villageois tous ensemble.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Les quoi ?", demanda Pidgeonboy, sentant sa jauge interne de confusion dépasser sa limite supérieure et donner des signes d'explosion imminente.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Vite, vite, dites les formules magiques qui activeront les pouvoirs des bracelets !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pile sur cette déclaration, un bruit comme le tonnerre se fit entendre et une armée aux carapaces noires, polies au point de refléter le soleil, se déversa sur le village. Avec un certain niveau d'incertitude, Pidgeonboy examina son bout de parchemin et leva son poignet près de sa bouche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Par euh... par le pouvoir du Papaverceae ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une lumière rouge monta du sol pour l'envelopper, remplaçant d'abord ses vêtements par un costume moulant entièrement rouge et mettant sur son visage un masque de la même couleur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Qu– C'est quoi ce délire !?", il prit une grande respiration. "...Et putain, on respire mal là-dedans !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Shmae Girl hurla de rire, ce dont le voleur aurait pris ombrage si la fighter n'avait pas aussitôt levé son poignet pour crier :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Par le pouvoir du Ruscaceae, je me transfoooooooooooooooorme !" &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec plus ou moins les mêmes effets spéciaux, recyclés en blanc, elle se retrouva avec plus ou moins le même costume, plus une petite jupette. Pour faire plus féminin. Elle prit aussitôt une pose et, certainement inspirées par ces tentatives qui n'avaient encore tué personne, Carpet-Vale et Esoj se transformèrent à l'unisson.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Par le pouvoir du Plantaginaceae !", lança Esoj, illuminée d'une lumière bleue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Par le pouvo~oir de l'Asteraceae~ !", chantonna Carpet-Vale, pour donner une petite touche plus personnelle à sa déclaration, outre le jaune particulier à son costume.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme à regret, le demi-elfe se résolut à les imiter, marmonnant d'abord &lt;i&gt;Je savais qu'il allait y avoir des costumes moulants !&lt;/i&gt; et murmurant ensuite assez discrètement dans son bracelet magique :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Par le pouvoir du Solanaceae", sans point d'exclamation et avec une lumière plutôt faible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Par le–", commença Spider-chan à voix basse. "Par– Par le pouvoir– Je ne peux pas faire ça !", s'indigna-t-elle. "C'est humiliant et puis–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Par le pouvoir du Rosaceae !", hurla Shmae Girl dans le bracelet de l'elfe, après lui avoir attrapé le poignet. "Tu te transfooooormes !"   &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une lumière rose enveloppa l'elfe et la guerrière la força à lever le bras en l'air pour adopter la position de circonstance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Rose ? &lt;i&gt;Rose !?&lt;/i&gt;", explosa Spider-chan, se faisant craquer les jointures avec un sourire mauvais.  "Qu'ils arrivent, ces hommes-cafards ou je sais pas quoi, je me sens dans une forme rare, c'est le temps de buter quelqu'un !"  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les Cafaarnahoms se révélèrent de bien piètres adversaires. La plupart étaient vaincus avec une simple attaque bien gueulée, que ce soit un &lt;i&gt;Les pétales virevoltants !&lt;/i&gt; ou un &lt;i&gt;Tempête d'aigrettes !&lt;/i&gt; Silent Pascal réussit même à en éclater six à la fois en hurlant &lt;i&gt;Twilight sleep !&lt;/i&gt; à pleins poumons, avec un coup plutôt lamentable de sabre qui, en temps normal, n'aurait pas mis une fissure dans un tronc, humain ou pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand Spider-chan retira son épée courte du ventre d'un des monstres, répugnée par le liquide verdâtre qui tenait lieu de sang aux Cafaarnahoms, elle examina ses environs pour trouver sur quel autre insectoïde passer sa colère de devoir crier des &lt;i&gt;Yamazakura !&lt;/i&gt;, des &lt;i&gt;Yaezakura !&lt;/i&gt; et des &lt;i&gt;Shidarezakura !&lt;/i&gt; pour arriver à produire une attaque valable. Les ennemis, bien que nombreux, avaient été vaincus dans un temps record.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Où sont–", elle ne continua pas la question, plissant les yeux. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des éclairs rouges et blancs filaient d'un côté à l'autre d'une bestiole géante qui ne pouvait être autre chose que le chef des autres. Aux grands cris enthousiastes de &lt;i&gt;Corolle de feu !&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Charge des clochettes !&lt;/i&gt; qui suivaient les mouvements rapides des combattants, l'elfe déduisit avec facilité que l'enthousiasme puéril de la guerrière avait affecté sans grande difficulté leur leader, lui-même déjà assez proche d'être débile, de toute façon.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À voir la vitesse ridicule et le gros manque de stratégie évident avec lesquels ils sautaient d'un côté à l'autre du Cafaarnahom plus massif que les autres en hurlant leurs attaques, Spider-chan réalisa qu'ils n'étaient pas près de le battre.  La seule chose qu'ils pouvaient accomplir comme ça, pensa-t-elle, c'était d'avoir l'air encore plus ridicule.  Apparemment, elle n'était pas la seule à être parvenue à cette conclusion parce que la druide se rapprocha et mentionna : &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"On doit leur donner un coup de main....  Faire une attaque de groupe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— On ne fait &lt;i&gt;jamais&lt;/i&gt; d'attaques de groupe", souligna Carpet-Vale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Leurs attaques de groupe consistaient surtout à se mettre l'un l'autre des bâtons dans les roues, histoire d'être le seul ou la seule qui ramasserait tous les points bonis donnés par chaque adversaire vaincu.  Elles consistaient aussi à éviter les divers projectiles lancés par Pidgeonboy et qui atteignaient plus souvent ses alliés que ses ennemis. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est certain qu'avec une folle incendiaire parmi nous, ce n'est pas nécessaire de faire d'attaques de groupe", grinça l'elfe. "À moins de vouloir être tué en même temps que nos adversaires."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silent Pascal consulta le parchemin qu'il avait reçu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"…Merde, vous avez lu le nom de l'attaque ?"  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Trois parchemins furent déroulés immédiatement et des grimaces passèrent sur tous les visages.  L'elfe serra le poing sur le sien, le froissant sans pitié dans une démonstration peu surprenante de rage.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Nous sauverons ce village, vile créature !", cria Pidgeonboy, levant son masque pour essuyer la sueur sur son visage.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En plus d'empêcher de parler clairement, ces trucs étaient chauds !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ouais !  On va trop t'éclater la gueule !", renchérit Shmae Girl avec beaucoup moins de classe. "Feuilles aiguisées !", attaqua-t-elle, sautant d'un endroit à l'autre en ponctuant chacun de ses mouvements frénétiques d'une attaque. "Tige acérée ! Épines qui piquent ! Pédoncule terrifiant !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au milieu d'un saut, un bras la tira en arrière et après avoir fait à peu près de même avec le voleur, un petit échange rapide décida de la suite. Adoptant chacun une pose spécifique, les Losers ! firent de leurs voix une seule pour lancer l'attaque suprême :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Photosynthèse de la Justice !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils n'avaient pas tout à fait terminé de crier &lt;i&gt;Justice&lt;/i&gt; que le gros Cafaarnahom explosait violemment dans une série de déflagrations sonores, envoyant de grands pans de chair visqueuse, de morceaux de carapace et d'entrailles en vrac voler dans toutes les directions et provoquant une volée de &lt;i&gt;Ewwww !&lt;/i&gt; d'intensité variable.  Dans une espèce de transe inexplicable, les Losers ! se placèrent en ligne droite devant le carnage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils encadrèrent Pidgeonboy et adoptèrent des poses diverses, mais définitivement classes, se plaçant à leur avantage devant la soudaine série d'explosions colorées.  Derrière eux, le calme retomba en même temps que les dernières retailles de Cafaarnahom explosé et un long moment de silence plus tard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Esoj brisa la première l'enchantement et fit la déclaration qui s'imposait :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Bon, alors qui d'autre pense que tout ça ne fait pas de sens ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Personne n'eut le temps de lui répondre, parce que des bouts épars et gluants du Cafaarnahom géant se formaient rapidement un nouvel ennemi. Qui, bizarrement, était beaucoup trop immense et beaucoup trop humanoïde pour la taille initiale de la grosse bête. Avec une voix rauque, il rit et déclara ses intentions diaboliques :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"HA HA HA HUMAINS MOURREZ &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— …Où est sa ponctuation, à celui-là ?", grommela Esoj avec humeur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"&lt;i&gt;Jamais !&lt;/i&gt;", tonnèrent Pidgeonboy et Shmae Girl ensemble, en profitant pour poser honteusement en croisant leurs armes. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Spider-chan leva les yeux au ciel, implorant les dieux d'avoir la pitié de l'achever avant que son niveau de honte le fasse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Qu'est-ce qu'on fait maintenant ?", demanda Silent Pascal, trouvant qu'améliorés ou pas par la magie du bracelet, ses sabres n'allaient pas pouvoir faire grand-chose contre un adversaire de cette taille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Esoj examina les réglages de son bracelet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Il y a un mode coopération sur ce truc…", elle tourna la roulette et dans un flash de lumière, elle se retrouva dans une jambe géante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les autres fixèrent cette nouvelle incohérence sans même cligner des yeux.  Ils en avaient vu d'autres.  Avec des haussements d'épaule, des soupirs ou une simple expression de découragement, ils activèrent chacun leur tour le mode coopération de leur bracelet.  Bientôt, une armure géante se tenait devant le gros cafard qui menaçait assez mollement l'endroit, prête à lui mettre une raclée.  Esoj leva le nez du manuel d'instructions qu'elle venait de trouver dans le coffre à gants. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Il faudrait que Shmae-Girl active elle aussi le mode coopération, c'est elle qui doit devenir notre épée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Alors on a un sérieux problème", crut bon de mentionner Spider-chan en pointant le sol. "Je ne crois pas qu'elle ait compris comment activer son bracelet pour ça..."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En effet, la guerrière se contentait de courir autour de l'armure géante en criant des encouragements avec enthousiasme, indiquant avec des grands mouvements des bras la direction à suivre pour se rendre au Gros Méchant.  Pas qu'il était très difficile à manquer, vu sa taille généreusement immense...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Il n'y a pas moyen de sauter cette étape là ?", demanda Carpet-Vale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La druide continua à feuilleter le manuel d'instructions. Elle tourna rapidement les pages.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Mais c'est quoi toutes ses étapes superflues !? Pourquoi essayer toutes les armes les unes après les autres quand seulement la plus forte suffit !?", s'indigna-t-elle avant d'aller consulter les pages finales en sautant par-dessus tout le reste. "Appuie sur le bouton devant toi, Pidgeonboy.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Lequel !?  Sur lequel il faut que j'appuie !?", paniqua le voleur, regardant son écran de contrôle en cherchant frénétiquement le bouton dont la druide parlait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Probablement celui étiqueté &lt;i&gt;Appuyez ici pour enclencher l'annihilation complète de l'ennemi&lt;/i&gt;", soupira Spider-chan.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Oh ! Alors allons-y pour le gros bouton rouge !", s'exclama Pidgeonboy avec un grand coup de poing sur la console.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'armure géante leva lentement une jambe et avec un gros &lt;i&gt;Sprouitch !&lt;/i&gt; juteux, son pied alla écraser l'espèce de grosse blatte mutante qu'ils affrontaient. Ils attendirent que l'ennemi se relève, parce que l'ennemi avait toujours tendance à se relever et comme de fait, la grosse blatte mutante agita ses antennes un peu mollement, donnant des signes évidents de son retour imminent à la vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pidgeonboy donna un autre grand coup sur le bouton rouge, le maintint enfoncé et le pied, en plus de s'écraser de nouveau et sans pitié, tourna bien à gauche et à droite pour écraser le plus parfaitement possible l'insecte très vaguement humanoïde.  Relâchant le bouton, il considéra les dégâts.  La grosse bestiole était étalée partout, avec une bonne partie incrustée sous le talon de leur armure géante.  Le voleur espéra que les villageois n'allaient pas leur demander de s'occuper du nettoyage avant de devoir rendre leur équipement prêté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...C'est tout ?", demanda-t-il, un peu surpris d'avoir réussi à buter quelque chose dans un délai raisonnable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Non attends encore un peu", suggéra Esoj.  "D'habitude, les cafards, c'est plus coriace que ça.  Et puis, ça c'est déjà fait, hein, le coup du méchant qui revient à n'en plus finir."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils attendirent une minute, puis cinq.  Quand, une heure plus tard, tout restait encore décidément calme, la druide haussa un sourcil.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...C'est tout ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Hé, c'est ma question !", se plaignit Pidgeonboy.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Pour une fois que tu en poses une qui est pertinente !", siffla Spider-chan.  "J'en ai une bien meilleure, vous allez voir, elle est excellente !  Comment on fait pour sortir de ce truc ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Euh...", fit Esoj en fouillant encore dans le manuel d'instructions.  "Donnez-moi une minute ou deux, je vais trouver !", leur assura-t-elle en retournant consulter l'index.  "Il doit bien y avoir une section là-dessus...", commença-t-elle à désespérer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"On pourrait peut-être appuyer sur des boutons au hasard ?", suggéra Carpet-Vale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sans demander l'avis de personne, elle pianota sur les boutons du panneau de contrôle.  Au fil de ses combinaisons aléatoires, l'armure géante se transforma en singe, en spatule et menaça un instant de rester coincer dans la forme d'une crevette avant de redevenir une armure géante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Arrête ça !", se plaignit Pidgeonboy.  "Tu vas finir par endommager quelque chose et on va devoir payer pour les réparations !" &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme d'habitude, Carpet-Vale ne l'écouta pas et continua à appuyer au hasard sur les boutons.  Après une énième combinaison, l'armure émit un &lt;i&gt;Clic !&lt;/i&gt; suivit d'un &lt;i&gt;Tac tac tac...&lt;/i&gt; et avec un couinement, une trappe s'ouvrit au-dessus de Pidgeonboy.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Qu'est-ce quoouaaaaaaaaaaaaaaaaahhhhhhhh !", hurla-t-il en étant brutalement éjecté de son siège d'abord et de l'armure géante ensuite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La magicienne cligna des yeux et éloigna lentement ses mains du panneau de contrôle.  Réalisant que les autres la considéraient avec des expressions allant de la surprise à l'amusement, elle risqua un &lt;i&gt;Ce n'est pas ma faute !&lt;/i&gt; sans conviction que personne ne contesta.  Leurs regards se tournèrent vers Pidgeonboy qui amorçait à une vitesse folle sa descente vers le sol.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Il va s'écraser", constata Esoj après un court moment d'analyse de la situation.  "...Par les dieux, il va s'écraser !", répéta-t-elle, après que la panique ait eu le temps de mieux s'installer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un éclair blanc zigzagua jusqu'à la forme descendante du voleur. Shmae Girl se mit à courir en rond autour du point d'impact imminent, créant un courant d'air assez fort pour amortir la chute de Pidgeonboy.  Surpris de ne pas être mort, il se tapota ici et là pour vérifier si son corps comptait encore tous ses morceaux.  Après s'être sommairement épousseté, les mains en porte-voix, il leur cria :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Hé !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— On entend très bien sans que tu hurles", siffla Spider-chan.  "Les bracelets nous permettent de communiquer sans problème !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pidgeonboy baissa aussitôt les bras et leur annonça (à un volume beaucoup moins fort) avec un grand sourire :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Moi au moins, je suis sorti de ce truc !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— C'est vrai çaaaaaaaaaaaaaaaaaahhhhhhhh !", souligna Silent Pascal en s'envolant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La guerrière fila vers lui pour l'attraper.  Spider-chan fronça les sourcils et tourna la tête vers Carpet-Vale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Oh &lt;i&gt;non !&lt;/i&gt;  Tu ne vas paaaaaaaaaaaaaaaaaahhhhhhhh !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Shmae Girl déposa le demi-elfe pour aller éviter une rencontre brutale entre Spider-chan et le sol.  Esoj se contenta de soupirer, n'ayant aucune envie de se faire étirer ses A avant de s'envoler.  Dès l'éjection de Carpet-Vale, l'armure disparut dans un flash de lumière multicolore hallucinant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après un pause assez longue, peut-être pour s'assurer qu'ils étaient tous bien éveillés, Esoj résuma la situation :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est &lt;i&gt;vraiment&lt;/i&gt; n'importe quoi."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Comment ça, juste la moitié de la somme !?", s'indigna bien fort le voleur. "Je veux tout mo–", il se reprit de justesse avant de faire une erreur fatale d'adjectif possessif, "je veux tout notre argent !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Ah non", refusa net le petit maire barbu, "si vous gardez un des bracelets magiques, on ne va pas vous payer toute la somme en plus !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Quoi !?", grinça le voleur. "Mais personne n'a gardé son–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Par le pouvoir du Ruscaceae, je me transfoooooooooooooorme !", beugla quelqu'un derrière lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n'eut pas besoin de se retourner pour reconnaître Shmae Girl et surtout, il ne &lt;i&gt;voulut&lt;/i&gt; pas se retourner pour la voir poser comme la lumière pâle l'engouffrait pour lui mettre sur le dos son costume moulant blanc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ranger spécial Argent, à la rescousse ! Tun dun dun~! Tunnn duuun~!", la guerrière entonna son propre thème musical et Spider-chan se demanda ce qui allait lâcher en premier entre ses tympans et sa santé mentale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Esoj s'approcha du maire et demanda :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Dites-moi, la source d'énergie de ce bracelet, elle a une durée de vie qui ressemble à quoi ?  On parle de jours, de semaines ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le maire la regarda avec un grand sourire niais et admiratif.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Jamais les bracelets n'ont failli !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Ils ne nous ont ja~a~amais failli !", entonnèrent en choeur les villageois derrière lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La druide leva les yeux au ciel, implorant la pitié d'un ou plusieurs dieux, selon l'audimat céleste du moment.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Shmae Girl put finalement profiter de son bracelet magique une seule semaine.  Le septième jour, dans un moment de rage après des successions rapides de &lt;i&gt;Je me transfoooooorme !  Ranger Argent~~~!, Je me détransfoooooorme, tra la la !  Justiiiice, ouais !&lt;/i&gt; et variations pendant sept heures, trente-huit minutes et cinquante-trois secondes, Spider-chan envoya une flèche dedans.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pidgeonboy en fut plutôt triste : il avait espéré pouvoir voler le bracelet pour le mettre aux enchères.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(20 août 2007)&lt;br /&gt;(Révision finale et améliorations diverses : 6 octobre 2011 ...ou la fic qui s'est longtemps perdue dans un fond de tiroir) &lt;br /&gt;&lt;a name='cutid1-end'&gt;&lt;/a&gt;</content>
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    <title>Les Losers! &amp;gt; Unleash the heat [4/7] &amp;gt; L'intelligence pour les nuls</title>
    <published>2012-01-18T13:08:16Z</published>
    <updated>2012-01-18T13:08:16Z</updated>
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    <content type="html">&lt;b&gt;Anthologie:&lt;/b&gt; Unleash the heat&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Titre:&lt;/b&gt; L'intelligence pour les nuls&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Auteurs:&lt;/b&gt; drakys &amp; supaidachan&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Fandom:&lt;/b&gt; Original &amp;gt; Les nouvelles aventures des Losers !&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Personnages:&lt;/b&gt; Les Losers !&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Rating:&lt;/b&gt; PG&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Nombre de mots :&lt;/b&gt; ~4750 mots&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Disclaimer:&lt;/b&gt; ironie &amp; bas blancs (drakys &amp; supaidachan)&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Notes:&lt;/b&gt; Tout est &lt;a href="http://community.livejournal.com/irobas/375.html" target="_blank"&gt;ici&lt;/a&gt;.  Posté pour &lt;span  class="ljuser  i-ljuser  i-ljuser-type-P     "  data-ljuser="flo_nelja" lj:user="flo_nelja" &gt;&lt;a href="https://flo-nelja.livejournal.com/profile/"  target="_self"  class="i-ljuser-profile" &gt;&lt;img  class="i-ljuser-userhead"  src="https://l-stat.livejournal.net/img/userinfo_v8.png?v=17080&amp;v=923.1" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="https://flo-nelja.livejournal.com/" class="i-ljuser-username"   target="_self"   &gt;&lt;b&gt;flo_nelja&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; dans le cadre d'&lt;span  class="ljuser  i-ljuser  i-ljuser-type-P     "  data-ljuser="creerpouraider" lj:user="creerpouraider" &gt;&lt;a href="https://creerpouraider.livejournal.com/profile/"  target="_self"  class="i-ljuser-profile" &gt;&lt;img  class="i-ljuser-userhead"  src="https://l-stat.livejournal.net/img/userinfo_v8.png?v=17080&amp;v=923.1" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="https://creerpouraider.livejournal.com/" class="i-ljuser-username"   target="_self"   &gt;&lt;b&gt;creerpouraider&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est un temple ?  Ça ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La question, pour une fois, ne venait pas de Pidgeonboy, mais plutôt de Silent Pascal.  Il jeta un coup d'oeil critique vers ce qui avait dû être une maison décente autrefois, mais qui ressemblait maintenant à un risque majeur pour la santé et la sécurité.  Le plus modeste éternuement paraissait être une cause suffisante pour qu'elle s'écroule.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ouais...", répondit mollement leur guide. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les mains dans ses poches, il regarda le demi-elfe avec l'expression blasée de quelqu'un qui avait souvent entendu cette question et n'avait jamais déployé beaucoup d'efforts pour y répondre.  Il soupira et ajusta son casque de protection.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Bon, si vous voulez bien me suivre qu'on en finisse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Hé ho, minute !  Et nous ?  Ils sont où nos casques ?", demanda Pidgeonboy, après un coup d'oeil nerveux vers le "temple". &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Restrictions budgétaires", le guide soupira et pointa le panneau jaune qui mettait en garde contre les chutes de pierres.  "C'était ce truc ou des casques pour les visiteurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— ...Et vous avez préféré un panneau ?", Esoj haussa un sourcil.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Peut-être qu'elle avait fait une erreur en s'extasiant bêtement quand elle avait vu &lt;i&gt;Le Temple de la Brique de l'Intelligence&lt;/i&gt; dans le guide des points d'intérêt locaux.  Il était pourtant évalué à trois étoiles et demie...  La mention &lt;i&gt;sensations fortes garanties&lt;/i&gt; devait sans aucun doute être là pour la probabilité qui existait de recevoir le temple sur la tête pendant la visite ou pour des raisons plus terre à terre, comme le fait que le rédacteur du guide était pote avec le propriétaire du temple et qu'entre amis, il fallait bien faire une peu de publicité trompeuse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est pas moi qui décide.  ...Vous voulez visiter ou pas ?", le guide croisa les bras.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"On a payé, on visite", siffla Spider-chan.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Quoi ?  Mais noooon !  On risque la mort ou pire là-dedans !", se plaignit Pidgeonboy.  "On a qu'à demander un– &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Pas de remboursements", l'interrompit le guide avec un sourire en coin, affichant l'expression de quelqu'un qui s'attendait à cette réclamation et avait depuis longtemps pris l'habitude de la contrer. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est une arnaque !", gueula aussitôt Pidgeonboy.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Personne ne lui souligna qu'en tant que voleur, il était mal placé pour se plaindre des arnaques.  Bien sûr, si personne ne pensa à le lui souligner, c'était surtout parce que personne ne l'associait naturellement à sa profession choisie. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Non, pas du tout.  C'était très clairement indiqué sur la décharge que vous avez signée en achetant les billets.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Je me disais aussi que ça cachait quelque chose de louche, cette décharge...", soupira Esoj.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Vous vous décidez ou pas ?", voulut savoir le guide.  "Parce que j'ai autre chose à faire que ça.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Comme quoi ?", Silent Pascal haussa un sourcil.  "Vous avez un autre panneau à installer, peut-être ?  &lt;i&gt;Attention aux chutes de temple ?&lt;/i&gt;"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le guide tourna lentement la tête vers lui et parut prendre un moment pour analyser les paroles du demi-elfe.  Il les classa sous &lt;i&gt;sarcasme&lt;/i&gt; et décida que la réponse logique était de rouler des yeux avec tout le mépris possible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ça vous dérangerait de faire preuve d'au moins un minimum d'enthousiasme ?", lui demanda la druide avec humeur.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle aimait mieux ses guides quand ils parlaient avec des étoiles dans les yeux.  Même quand ils parlaient d'un truc complètement inintéressant comme les passe-temps préférés des brins d'herbe ou l'organisation responsable de ses épices pour une meilleure conservation sur la route.  Le guide haussa un sourcil.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Pourquoi ?  Ce n'est pas &lt;i&gt;moi&lt;/i&gt; que ça intéresse de visiter ce trou à rats.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Oh bravo !  Et l'intérêt culturel de–"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Esoj, choquée, s'interrompit quand le guide éclata de rire.  Il devint vite très rouge, vira une vilaine teinte de violet et les Losers ! commencèrent enfin à se soucier un peu de sa mort imminente quand il commença à agiter les bras dans des gestes désordonnés, arrivé au bout de son souffle.  Quand il se calma enfin, il essuya une larme au coin d'un oeil et soupira.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Pardon.  Ça faisait longtemps que je n'avais pas ri comme ça.  L'intérêt culturel, ha !  Elle est bonne !", il sourit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec un coup d'oeil amusé vers la druide qui serrait les poings avec l'envie évidente de le frapper, il leur désigna le temple d'un grand geste théâtral.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Mesdames et messieurs, le Temple de la Brique de l'Intelligence !  &lt;i&gt;Pfft–t !&lt;/i&gt;"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il toussa dans son poing pour camoufler le début d'une nouvelle crise d'hilarité et les précéda à l'intérieur, sans se soucier d'être suivi ou non.  Esoj entra en premier, suivit de Carpet-Vale.  Après avoir laissé Pidgeonboy hésiter pendant un délai acceptable, Silent Pascal lui poussa dans le dos pour qu'il entre à son tour.  Enfin, Spider-chan se retourna vers Shmae Girl.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Tu dois être sage, ne rien briser et parler tout bas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— D'accord", répondit la guerrière, avec un sourire qui sous-entendait que ces instructions simples risquaient de ne pas être respectées. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils suivirent le guide dans la maison avec une légère accélération de leur rythme cardiaque.  Après tout, ce n'était pas tous les jours qu'ils risquaient la mort dans un effondrement.  La mort par potion, oui.  La presque mort via une claque dans le dos un peu trop enthousiaste de Shmae Girl, ça s'était déjà vu.  La mort par accident un peu honteux, personne n'allait être beaucoup surpris si Pidgeonboy partait comme ça.  Mais la mort par effondrement ?  C'était une nouveauté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Faites attention–", commença le guide.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Bang !&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Arghhh–!  Mon pied !", se plaignit Pidgeonboy en sautillant sur l'autre, ce qui tout naturellement l'amena à se cogner l'épaule contre le cadre de porte.  "Arghhh–!  Mon épaule ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Le seuil est un peu haut...", précisa inutilement le guide avec un décalage. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils marchèrent dans l'entrée, tournèrent dans un couloir, s'arrêtèrent dans une pièce avec des fenêtres condamnées.  Ils revinrent dans le corridor, firent un court arrêt dans une autre pièce où régnait une vieille table et deux chaises brisées.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Vous ne dites rien ?", s'inquiéta Esoj.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Qu'est-ce que vous voulez que je dise ?  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Mais... mais c'est un temple !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le guide cligna des yeux, surpris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Et alors ?  Ça pourrait aussi bien être un moulin à poivre ou de la trempette aux épinards, ça ne me donnerait pas plus de choses à raconter", il se gratta l'arrière du crâne, hésitant.  "Vous voulez que je raconte quoi au juste ?  Que vous êtes dans le Temple de la Brique de l'Intelligence ?  Vous devez déjà le savoir, c'est écrit sur les billets. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Il doit bien avoir une histoire !  Un passé glorieux !", s'indigna la druide.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Comme l'époque lointaine où il était en bon état", contribua Carpet-Vale. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Esoj lui jeta un regard noir pour la décourager de contribuer d'autres commentaires moqueurs et continua avec de nouvelles suggestions :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Peut-être pourriez-vous commencer en nous disant qui a construit ce temple ?  En l'honneur de quel dieu–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Ou déesse !", précisa Spider-chan.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ou déesse a-t-il été construit ?", la druide poussa un petit soupir irrité à l'interruption.  "Avait-il une vocation particulière avant de devenir désuet ?  N'avez-vous rien à nous dire à propos de son architecture ?  Sur les jardins ?  Sur–  sur n'importe quoi !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Bah...", le guide haussa les épaules.  "Je peux vous parler de la Brique, si vous voulez."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un silence plus tard, Esoj roula des yeux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Oui, on veut ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Pas besoin de s'emporter comme ça, il suffisait de le dire", le guide soupira.  "Bon alors, puisque vous y tenez...  Il paraît que quelque part dans cette maison, il y a la Brique de l'Intelligence."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un autre silence plus tard, Silent Pascal et Pidgeonboy se dépêchèrent d'empêcher la druide de sauter sur le guide pour l'étrangler.  Tant bien que mal, ils continrent sa furie, mais l'altercation souleva un nuage de poussière en plus de déranger quelques araignées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Il y a trop de poussière...", se plaignit soudain Shmae Girl d'une toute petite voix.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Non !", avertit Spider-chan dans un murmure sifflant en la voyant se frotter le nez.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Mais–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— N'éternue pas !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Mais-euuuuh !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Je te l'interdis, c'est clair ?" &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Shmae Girl grimaça.  Elle essaya d'abord de se pincer le nez, puis de se couvrir le bas du visage des mains.  Après deux ou trois fausses alertes qui servirent surtout à élever inutilement le rythme cardiaque des autres (surtout celui de Pidgeonboy, qui serra le poing contre son coeur et fit mine de vouloir de défaillir, histoire que ce soit clair qu'il avait une longueur d'avance sur tout le monde en matière de stress extrême), elle réussit enfin à ne pas éternuer.  Spider-chan commençait à peine à soupirer de soulagement que l'inévitable se produisit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un grand éternuement plus tard, la maison fit entendre des craquements suspects.  Les craquements furent suivis de couinements étranges dans les murs et de tremblements dans la structure.  Les tremblements entraînèrent des chutes de poussière, puis de petits débris.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Hm...", fit le guide en levant les yeux, suivant du regard une fissure qui grandissait à la vitesse grand V.  "Je crois que c'est l'heure de ma pause !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Quoi !?  Mais vous êtes malade !  On va tous mourir ici !", cria Pidgeonboy.  "Et je ne me rappelle plus où est la sortie !  Elles ne sont même pas indiquées !  C'est clairement une entorse aux réglementations en construction !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais le guide était déjà loin, se souciant peu des réglementations et beaucoup de sa survie. La maison, n'en pouvant plus, rendit l'âme.  Les murs tombèrent proprement vers l'extérieur, le plafond se renversa sur le côté en les évitant et les Losers !, plutôt que de mourir dans d'atroces douleurs, restèrent plutôt surpris d'être 1) vivants et 2) à peine couverts d'un peu de poussière.  Sans avoir besoin de se retourner pour voir le voleur qui s'était jeté à terre en hurlant, Esoj lui annonça :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Il n'y a plus rien à craindre, oh courageux leader.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Vous êtes certains ?", quittant la sécurité relative de ses mains qui couvraient sa tête.  "Parce que d'habitude, c'est quand on dit ça que–"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le destin, se sentant sans doute un peu coupable de ne jamais donner raison au voleur, décida de lui faire une fleur.  Une brique sortie de nul part roula vers lui et avec un Ping !, elle percuta le front de Pidgeonboy qui s'empressa de s'évanouir à l'impact.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est ta faute de toute façon !  Cette idée aussi de te prendre le pied sur le seuil et de taper dans le cadre de la–", commença à siffler Spider-chan en se retournant vers Pidgeonboy.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle s'arrêta en réalisant qu'il était étendu sur le dos et ne bougeait plus.  Son silence donna le temps aux autres d'en arriver à la même constatation.  La druide, se rappelant soudain que soigner les petits bobos était de son ressort (et son hobby aussi, quand ça lui permettait de tester ses potions en douce), elle s'approcha du voleur et l'examina.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Il est mort ?", demanda Spider-chan après un délai raisonnable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Non, il respire encore", annonça Esoj.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ce n'est pas surprenant, ce n'est pas comme si la brique avait atteint un organe vital", commenta Carpet-Vale.  "Par contre, ça va lui laisser une vilaine marque sur le front pendant un moment.  La couleur ne sera pas facile à agencer avec ses vêtements."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silent Pascal se pencha pour ramasser la brique.  Il l'examina sous tous ses angles et fronça les sourcils.  Il la fit passer d'une main à l'autre, évaluant son poids et émit un &lt;i&gt;hmm&lt;/i&gt; pensif.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ce n'est pas une brique normale", annonça-t-il finalement.  "Ça ne ressemble en rien à ce qui est standard en construction.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— C'est quoi comme brique alors ?", demanda Carpet-Vale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pidgeonboy se redressa soudain et ouvrit les yeux.  Il s'empressa de les cligner deux ou trois fois, histoire de bien en comprendre le fonctionnement.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Il semble que je sois sur mon séant, siégeant ainsi sur le sol suite à une chute ou un étourdissement.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— ...Quoi ?", fit Carpet-Vale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est une allitération...", expliqua Esoj, haussant les sourcils sous l'effet de la surprise.  "Tu vas bien, Pidgeonboy ?  Parce que les allitérations, ce n'est pas ton fort, d'habitude.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Déjà que je ne pense pas qu'il sait ce que c'est", mentionna Silent Pascal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Il s'agit de la répétition volontaire des mêmes sons, particulièrement des consonnes, dans une phrase ou dans un vers", sourit le voleur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Oh p–", commença le demi-elfe avant d'être interrompu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"J'ai été frappé par la Brique de l'Intelligence", expliqua Pidgeonboy, pour aider à faire avancer l'histoire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"J'avais remarqué", Silent Pascal soupira.  "Bon alors, comment on règle ça ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Régler cela ?  Voyons, mon bon camarade.  Sache que mon cerveau, jamais, ne s'est trouvé dans cette ébullition d'idées, ce maelström étourdissant de pensées !  Vous avez maintenant un leader prêt, un leader dynamique qui vous écoute, vous et vos besoins.  Je m'engage à stimuler la croissance économique par des baisses de taxes et d'impôt pour les ménages et par un soutien accru aux personnes âgées.  Je m'engage également, d'ici quatre ans, à rétablir l'équilibre budgétaire et à régler le dossier de l'harmonisation des taxes avec les provinces dont le nom commencent par Q.  Sans compter que mon programme comporte aussi–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Il dit quoi ?", voulut savoir Shmae Girl.  "Il souffre de harperisme ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Comme si on est assez bêtes pour croire de pareils mensonges", Spider-chan roula des yeux et voulut aller mettre une claque derrière la tête du voleur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il se recroquevilla aussitôt sur lui-même avec un petit gémissement apeuré.  Les autres constatèrent avec bonheur qu'il était peut-être plus intelligent, mais toujours aussi lâche.  Avec un peu de chance, ça voulait dire que les effets de la brique n'étaient pas permanents.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Non, ne me frappe pas !  Ce n'est pas ma faute si je suis un gouvernement minoritaire !  Ce n'est pas ma faute si c'est la quatrième élection en sept ans !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Spider-chan retint son coup : un tel délire politique était peut-être une maladie mentale grave ou pire, contagieuse.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après une longue discussion et l'application judicieuse d'une ou deux menaces musclées, il fut décidé d'un presque commun accord que leur prochaine destination serait la Grande Bibliothèque afin de découvrir une façon de guérir le voleur.  Pidgeonboy tenta de les convaincre qu'il était mieux intelligent que con, rencontra beaucoup de résistance et finit par accepter de les suivre.  Surtout parce que sur un signe de Spider-chan, Shmae Girl le souleva de terre et le jeta sur son épaule pour le transporter.  Au terme du trajet, la guerrière le déposa à terre et leva les yeux vers le panneau qui trônait, majestueux, au sommet de l'édifice qu'ils avaient atteint.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Si ça, c'est la Grande Bibliothèque, est-ce qu'il y en a une Petite aussi ?", demanda-t-elle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est ce qu'on dit, mais d'après moi, ce n'est qu'un mythe", répondit Esoj.  "Il existe plusieurs légendes à son propos, mais elles sont toutes ridicules.  L'une d'entre elles raconte par exemple qu'on peut y entrer par une porte au milieu de nulle part. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Pourquoi installer une porte au milieu de nulle part ?", Pidgeonboy haussa un sourcil.  "Puisque nulle part n'est en aucun endroit, est-il simplement possible de lui trouver un milieu ?  Et si ce milieu existe, il semble illogique d'y bâtir une bibliothèque... Quelle est l'utilité d'une bibliothèque où personne ne peut aller !", il éclata de rire, fier de sa démonstration.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Quelqu'un, mettez lui une claque...", grinça Spider-chan.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"La violence est le dernier refuge de l'incompétence", souligna Pidgeonboy avec un grand sourire. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Tu crois que tu les articuleras comment, tes citations, quand tu n'auras plus de dents ?", lui demanda l'elfe avec un sourire au moins aussi grand, mais nettement plus méchant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le voleur fronça les sourcils, réalisant que la menace risquait de devenir très vite la réalité.  Il plaqua une main sur sa bouche, au grand bonheur de tout le monde.  Pendant le court trajet entre le Temple de la Brique de l'Intelligence et la Grande Bibliothèque, il avait récité la valeur approximative de pi, avait critiqué tous les panneaux publicitaires croisés et s'était lancé dans un monologue sur l'utilisation des typographies avec empattements contre celles sans et avait nommé toutes les espèces végétales et animales croisées en récitant leurs caractéristiques, leurs habitudes de reproduction et leurs diverses utilités. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils grimpèrent les marches qui menaient à la Grande Bibliothèque dans un silence qui aurait été religieux si l'un ou l'autre des Losers ! avait plus ou moins activement voué un culte à l'une ou l'autre des divinités du panthéon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Bonjour", les aborda dans un chuchotement sans discrétion une voix avec laquelle était associé un ton prétentieux, "et bienvenue à la Grande Bibliothèque. Nous vous prions de laisser vos armes ici."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les Losers ! se départirent de leurs armes sans discuter.  Pas dans une étonnante démonstration d'obéissance, mais plutôt parce que même sans leurs armes, il leur restait toujours la force brute de Shmae Girl, les tendances pyromanes de Carpet-Vale et les répliques cinglantes de Spider-chan.  Pour ne pas être en reste, Silent Pascal savait aussi bien se battre avec ses armes que sans, Esoj pouvait toujours les tirer d'un mauvais pas en négociant serré (ou en ayant recours à un petit coup bien placé de magie élémentale) et dans les cas ultimes, Pidgeonboy savait très bien courir en hurlant : une distraction qui donnait tout le temps voulu aux autres de sauver la situation.  Délestés de leurs armes, ils entrèrent et restèrent dans un silence impressionné une bonne demi-seconde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Whaaaaouuuuu !", s'exclama Shmae Girl.  "C'est grand !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Pas vraiment étonnant, c'est quand même la Grande Bibliothèque", fit remarquer Pidgeonboy en retirant sa main de devant sa bouche. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je vais jeter un coup d'oeil à l'Index.  Il y a sûrement quelque chose ici qui nous expliquera comme te guérir des effets de la brique", sourit Esoj.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Pourquoi cet entêtement à me guérir !?  Je m'insurge !  Je sens que grâce à toutes ces nouvelles facultés, nous pourrions conquérir le monde !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les Losers ! échangèrent des regards et ignorant leur leader, ils s'organisèrent en cercle serré pour discuter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Qui est pour ?", demanda Esoj, trouvant qu'un petit sondage d'opinion s'imposait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Qu'est-ce qu'on ferait après ?", voulut savoir Carpet-Vale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je ne sais pas trop", admit Silent Pascal.  "On pourrait se battre entre nous ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Pourquoi ?", Spider-chan haussa les sourcils.  "Tu sous-entends qu'il y en a quelqu'un parmi nous qui est plus balèze que les autres ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— C'est moi !", affirma Shmae Girl et d'un commun accord, personne ne lui donna raison ou tort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Vous concevez les efforts que ça demande, n'est-ce pas ?", soupira Esoj.  "Il devra y avoir un partage équitable du monde entre nous, une entente de non-agression pour éviter de nous entretuer, une constante surveillance pour s'assurer que notre dominance n'est minée par aucun mouvement révolutionnaire et deux ou trois fois l'an, une rencontre sociale pour faire le point.  Un vins et fromages ?  Ou un brunch, peut-être.  C'est beaucoup de travail.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Contre !", vint l'unamité. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Nous n'avons pas envie de conquérir le monde", annonça la druide à Pidgeonboy. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Mais j'ai le plan parfait !  J'ai même un plan B !  Et un plan C si nécessaire !  J'ai même des contingents jusqu'à double F !  Quoique je doute que mon plan parfait échoue, puisqu'il est parfait !", le voleur sourit encore une fois et cette fois, une petite étoile brilla avec un Clink ! sur ses dents.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Tu ne pourrais pas faire plus simple ?", soupira Esoj.  "Un plan pour réussir la quiche parfaite, par exemple ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Oh, c'est simple, pour une quiche parfaite, il suffit de unghh–"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pidgeonboy s'écroula soudain et il fallut une bonne minute pour reconstituer la scène.  Silent Pascal s'était approché de Pidgeonboy et d'un coup du tranchant de la main ponctué d'un Non, Pibi !, avait assommé le voleur. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Pourquoi tu as fait ça ?", voulut savoir Spider-chan.  "Pas que le résultat me dérange, bien sûr, mais tu aurais pu me laisser le faire !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Il allait révéler le secret de la quiche parfaite", expliqua avec calme Silent Pascal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Tu le connais !?", s'étonna Esoj.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Bien sûr", dit simplement le demi-elfe avant de se pencher pour soulever le voleur et le hisser sur son épaule.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Et c'est quoi ?", demanda la druide.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Un secret", répondit Silent Pascal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le monde, après tout, n'était pas prêt à recevoir ce savoir ultime.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand Pidgeonboy reprit conscience, il réalisa deux choses.  D'abord, il était ligoté, baillonné et abandonné dans un coin, ce qui ne l'inquiétait pas trop parce qu'il venait de penser à une façon de se libérer qui avait le triple avantage d'être géniale, rapide et &lt;i&gt;vraiment&lt;/i&gt; géniale.  Ensuite, il avait un vilain mal de tête qui semblait directement causé par une douleur bien précise dans la région générale de sa nuque.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Hmm hm &lt;i&gt;hmm&lt;/i&gt;, hm, hm, hmm hm hmmm !", se plaignit-il aussitôt.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Oui, je t'ai assomé, ligoté et baillonné parce que tu allais révéler le secret de la quiche parfaite.  Tu es peut-être plus intelligent, mais tu ne sais pas plus quand te taire", lui répondit Silent Pascal.  "Et si tu te détaches, ça va me faire plaisir de t'assommer encore", ajouta-t-il&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Hm !", couina le voleur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Bien sûr que c'est injuste.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Hm hmm !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Tu penses vraiment que c'est le temps de philosopher à savoir si c'est la vie qui est injuste ou si ce n'est pas plutôt l'injustice qui–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Non mais, vous allez vous taire !  J'essaie de lire !", grinça la druide en levant les yeux du volume 12 des &lt;i&gt;Légendes urbaines, rurales, aquatiques et aériennes&lt;/i&gt;, gardant l'index sur le passage concernant une vache mythique qui donnait du lait au chocolat les mardis pour ne pas perdre l'endroit où elle était rendu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un Hm et un Désolé très vaguement repentants lui répondirent et Esoj put continuer ses recherches en paix.  Elle roula des yeux dans le volume 29 en parcourant une légende sur des djinns enfermés dans des Pierres et soupira dans le volume 43 en lisant une rumeur sur une grande tour noire, réputée hantée, d'où provenait des hurlements terrifiants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"J'ai trouvé !", s'exclama la druide après un long silence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle plaqua le volume 54 des &lt;i&gt;Légendes urbaines, rurales, aquatiques et aériennes&lt;/i&gt; contre la table et pointa un passage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"L'Étang du Kontrohlzed ! Ça devrait lui enlever ses prétentions d'intelligence !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Hm !", s'indigna Pidgeonboy.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Techniquement, il a raison", souligna Silent Pascal.  "Ce ne sont pas des prétentions.  Il est beaucoup plus intelligent depuis que la Brique l'a heurté. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Hm &lt;i&gt;hm&lt;/i&gt;, hmmpf."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le demi-elfe leva les yeux au ciel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"En censuré, il dit que nous devrions avoir la décence de le laisser prouver qu'il est plus intelligent qu'avant et décider ensuite si le désintelligencer et la meilleure décision à prendre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— HMM !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silent Pascal soupira.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Il dit aussi que ce n'est pas normal du tout que je sois le seul qui comprenne très bien ce qu'il raconte et que si vous étiez moins concentrées sur son intelligence et plus sur ce détail, et bien, peut-être que–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— On a déjà assez perdu de temps sans s'inquiéter de ça !", l'interrompit Esoj, .  "Le mieux, c'est que si on part tout de suite, on y sera avant la fin de la journée."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sans discuter plus longtemps (les &lt;i&gt;Hm hmm hmm !&lt;/i&gt; de Pidgeonboy étant ignorés), Silent Pascal hissa le voleur sur son épaule.  Ils prirent le chemin de la sortie, récupérèrent leurs armes au passage et suivirent la druide.  Après un trajet rapide parsemé des périples habituels (passant des files d'attente pour les rencontres aléatoires à l'arrêt obligatoire à la boutique hors taxes), les Losers ! débouchèrent enfin dans la grande clairière où se trouvait l'Étang du Kontrohlzed.  Esoj examina l'endroit d'un oeil critique et fit la moue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est moins joli que je pensais...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Mais on dirait que c'est efficace...", commenta Spider-chan en examinant les notes de remerciement attachées à la barrière qui entourait l'Étang.  "&lt;i&gt;Merci d'avoir rendu ma grand-mère gentille comme avant !  Elle est bien mieux en humain qu'en loup !&lt;/i&gt;", lut-elle.  "&lt;i&gt;Ma charrette est comme neuve !  Sa roue avant droite ne fait plus&lt;/i&gt; Squouick, squouick &lt;i&gt;et a arrêté de tourner vers la gauche !&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— On s'y prend comment ?", voulut savoir Silent Pascal.  "Il faut lui faire boire de l'eau ?  Le plonger dans l'Étang ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Je crois qu'il faut qu'il soit entièrement immergé", répondit Esoj.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"D'accord !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Hm hmm !", s'indigna Pidgeonboy en se sentant arraché au confort relatif de l'épaule du demi-elfe. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Shmae Girl souleva le voleur à bout de bras et le jeta dans l'Étang.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Hm hm hmhmhm !", essaya-t-il de crier avant de disparaître sous l'eau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après un &lt;i&gt;Sploush !&lt;/i&gt;, des éclaboussures et un moment de silence à admirer la surface lisse de l'Étang du Kontrohlzed, Silent Pascal demanda :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Vous ne croyez pas qu'on aurait dû le détacher avant de le jeter là-dedans ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Pourquoi ?  S'il est si intelligent, il peut bien se libérer tout seul", répondit Spider-chan.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Sauf que justement, on l'a lancé dans l'Étang pour effacer les effets de sa soudaine intelligence..."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une pause suivit sa remarque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Oh", fit l'elfe, arrivant à la même conclusion logique que Silent Pascal.  "Alors on fait comment pour le récupérer sans entrer dans l'eau ?  Parce que, franchement, je n'ai pas envie de risquer une régression surprise." &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un mouvement de panique généralisé plus tard, Pidgeonboy fut sauvé de l'Étang grâce à une longue branche solide et un rare effort de groupe.  À moitié noyé, leur leader ne se soucia que d'être libéré de ses liens, que le demi-elfe trancha d'un coup de sabre.  Pidgeonboy recracha son bâillon et pleurnicha pour la forme :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je vous déteste !" &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Réalisant que son cri du coeur ne paraissait pas émouvoir les autres plus que ça, il roula des yeux et ajouta sur un ton nettement moins émotionnel :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je ne suis plus intelligent, si c'est tout ce qui vous importe."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aussitôt, les soupirs de soulagement fusèrent.  Pidgeonboy se releva et tordit les bords de ses vêtements, aggravant l'état de la flaque d'eau à ses pieds.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Vous ne m'avez même pas laissé être un tout petit peu génial !", se plaignit-il.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Tu n'aurais plus été toi-même...", lui dit doucement Esoj.  "Ça aurait changé toute la dynamique de notre groupe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Hmpf.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Je suis sérieuse.  Nous aurions eu à réviser ta description de personnage, ajuster tes statistiques et peut-être même revoir ta classe.  Tu ne t'imagines pas tout le boulot que ça représente.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Pfft !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Tu ne pourrais pas te contenter d'être heureux qu'on t'aime tous mieux con qu'intelligent qu'on en finisse avec cette histoire !?", siffla Spider-chan.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pidgeonboy fronça les sourcils.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Alors tu veux dire qu'au fond, tu– &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Non", l'interrompit l'elfe.  "Et si tu penses un jour me faire admettre que je suis capable d'autre chose que de simplement tolérer les courtes-oreilles, je te fais avaler une flèche.  C'est clair ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Limpide !", s'empressa de répondre Pidgeonboy avant de se dépêcher de changer le sujet.  "Bon alors, c'est quoi la prochaine aventure au planning ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— L'édition hebdomaire du Babillard Express sort demain, ça nous donnera de l'inspiration pour la suite." &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La suggestion fut rapidement jugée décente et ils reprirent la route, dans l'espoir de trouver une auberge potable avant la fin de la journée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Au fait, qu'est-ce qui s'est passé avec la Brique de l'Intelligence ?", demanda Shmae Girl après un moment.  "J'aurais bien aimé l'essayer moi aussi !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Qui sait ?", Silent Pascal haussa les épaules et plus personne ne se soucia de ce qu'il était advenu de la Brique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le demi-elfe, avec un demi-sourire plus nain qu'humain, remonta son paquetage sur son dos.  Les Nordeux allaient être bien contents de retrouver la Brique de l'Intelligence quand il la leur rapporterait.  Après tout, elle avait disparu depuis des centaines d'années : il était grand temps qu'elle revienne chez elle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(6 octobre 2011)&lt;br /&gt;&lt;a name='cutid1-end'&gt;&lt;/a&gt;</content>
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    <title>Les Losers! &amp;gt; Unleash the heat [3/7] &amp;gt; 5/7/5</title>
    <published>2012-01-13T15:25:58Z</published>
    <updated>2012-01-13T16:36:40Z</updated>
    <category term="univers : les losers!"/>
    <content type="html">&lt;b&gt;Anthologie:&lt;/b&gt; Unleash the heat&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Titre:&lt;/b&gt; 5/7/5&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Auteurs:&lt;/b&gt; drakys &amp; supaidachan&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Fandom:&lt;/b&gt; Original &amp;gt; Les nouvelles aventures des Losers !&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Personnages:&lt;/b&gt; Les Losers !&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Rating:&lt;/b&gt; PG&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Nombre de mots :&lt;/b&gt; ~3850 mots&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Disclaimer:&lt;/b&gt; ironie &amp; bas blancs (drakys &amp; supaidachan)&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Notes:&lt;/b&gt; Tout est &lt;a href="http://community.livejournal.com/irobas/375.html" target="_blank"&gt;ici&lt;/a&gt;.  Posté pour &lt;span  class="ljuser  i-ljuser  i-ljuser-type-P     "  data-ljuser="flo_nelja" lj:user="flo_nelja" &gt;&lt;a href="https://flo-nelja.livejournal.com/profile/"  target="_self"  class="i-ljuser-profile" &gt;&lt;img  class="i-ljuser-userhead"  src="https://l-stat.livejournal.net/img/userinfo_v8.png?v=17080&amp;v=923.1" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="https://flo-nelja.livejournal.com/" class="i-ljuser-username"   target="_self"   &gt;&lt;b&gt;flo_nelja&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; dans le cadre d'&lt;span  class="ljuser  i-ljuser  i-ljuser-type-P     "  data-ljuser="creerpouraider" lj:user="creerpouraider" &gt;&lt;a href="https://creerpouraider.livejournal.com/profile/"  target="_self"  class="i-ljuser-profile" &gt;&lt;img  class="i-ljuser-userhead"  src="https://l-stat.livejournal.net/img/userinfo_v8.png?v=17080&amp;v=923.1" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="https://creerpouraider.livejournal.com/" class="i-ljuser-username"   target="_self"   &gt;&lt;b&gt;creerpouraider&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un silence comme jamais le silence n'avait silencé silença.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Il doit y avoir une erreur...", commença Esoj, lentement, elle-même incertaine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce n'était jamais facile d'admettre un tort, surtout quand c'était le sien.  Pourtant, à considérer leur destination, elle espérait s'être trompée à un tournant, avoir dans un navrant moment d'absence mentale confondu l'est et l'ouest ou peut-être utilisé la mauvaise carte en la tenant à l'envers.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle consulta la carte de nouveau, sous les regards anxieux des autres.  Elle regarda de nouveau leur point d'arrivée, les regards des autres contemplant comme elle ce qui ne pouvait être autre chose qu'une attraction ridicule.  La druide toussota, tapota sa carte, se mordit l'ongle du pouce dans un petit geste nerveux, alla tapoter la petite croix rouge de l'index, hésita encore quelques secondes, se demandant encore combien de temps elle pouvait faire durer le silence avant qu'on lui arrache la tête sans procès...  Déjà, elle voyait que Spider-chan faisait d'énormes efforts pour ne pas encocher une flèche à son arc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...C'est bien ça.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— &lt;i&gt;Ça ?&lt;/i&gt;", répéta Silent Pascal, l'index pointé vers la monstruosité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ça a l'air amusant !", s'enthousiasma Shmae Girl avec un grand sourire - comme quoi même les plus grands drames avaient de la difficulté à l'atteindre, peut-être parce qu'elle évoluait les trois quarts du temps dans son propre monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La monstruosité en question était une bâtisse énorme en bois sec, peinte en rouge et doré qui s'écalaient, avec un grand panneau bariolé de couleurs sur sa façade qui annonçait &lt;i&gt;L'immense aventure du grand héros Bacl Ava&lt;/i&gt;.  Un dragon en papier mâché nichait sur le toit, crachant des flammes de carton jusqu'à des tentes par terre.  Peut-être en fait le dragon régurgitait-il en tons orangés : la conception artistique de l'ensemble laissait à désirer.  Au-dessus d'une des flammes était indiqué le mot &lt;i&gt;Guichet&lt;/i&gt;, une autre proclamait &lt;i&gt;Boutique de souvenirs&lt;/i&gt; et une troisième annonçait &lt;i&gt;Premiers soins&lt;/i&gt;, ce qui n'avait pas grand chose pour les rassurer sur la sécurité de l'attraction.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ce n'est pas un donjon...", se risqua Pidgeonboy, avec une certaine circonspection - on risquait de lui dire qu'il avait tort. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Si ça permet de me débleuir, ça me va", grommela Silent Pascal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils s'approchèrent du guichet et Pidgeonboy s'approcha pour demander :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Six billets, s'il vous plaît."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sans lever les yeux de la revue qu'elle feuilletait, une cigarette collée au coin des lèvres et des bigoudis dans les cheveux, la guichetière d'un âge indéterminé pointa sur sa droite.  Sur un signe en bois était dessiné une silhouette bleue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Désolée coco, faut être avec un bleu ou être bleu pour–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Ahem", fit Silent Pascal et elle leva la tête, écarquilla les yeux et ouvrit la bouche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle paniqua pendant quelques secondes quand la cigarette tomba sur ses cuisses et que sa jupe informe, qui avait dû être rouge quelques décennies plus tôt, s'éleva une plume de fumée.  Elle éteint le début de feu du plat de la main et ses doigts tremblèrent ensuite jusqu'à la petite caisse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Si– si– six billets, oui.  Ça fera six druracs."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La guichetière tendit une main ; Pidgeonboy la considéra sans trop comprendre ce qui était attendu de lui.  Réalisant que la conversation venait de s'échouer sur un problème financier, ou au moins de conversion monétaire, il arrêta de regarder la main tendue pour plutôt dévisager la guichetière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Six quoi ?", fit le voleur, soulageant ceux qui se posaient la même question, mais n'osaient pas demander.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Six druracs, voyons !  Les petites pièces blanches frappées d'un côté à l'image du Grand Dragon et de l'autre avec la tête d'un quelconque gugusse royal.  Elles sont utilisées comme monnaie depuis au moins trois siècles, vous devriez connaître !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Esoj fouilla dans son sac à la recherche d'un guide d'équivalences avant que la vieille femme s'impatiente.  Elle consulta l'index et haussa un sourcil en remarquant que les druracs n'étaient plus utilisés depuis au moins cent quarante-trois ans et dix-huit semaines.  La druide vérifia le tableau de conversion et annonça sa conclusion :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Donne lui deux pièces d'or et quatre d'argent."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pigeonboy lui tendit les pièces, la vieille femme les contempla, mordit dans une, haussa les épaules et les laissa tomber dans la petite caisse.  Elle compta six billets, avec une lenteur telle que seul le talon d'Esoj écrasé au bon moment sur le pied de Spider-chan empêcha l'elfe de passer un commentaire mesquin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Merci", Pidgeonboy accepta les billets et allait s'éloigner quand la guichetière le rappela.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Un instant, jeunes gens !  Je dois aussi vous remettre ceci", elle lui tendit une enveloppe.  "Passez une journée agréable !", sourit-elle avec une expression assez nerveuse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le voleur regarda l'enveloppe de tous les côtés et Spider-chan soupira.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Tu as peur qu'elle soit piégée ou quoi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— On ne sait jamais !" &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Son examen terminé (dix minutes plus tard), Pidgeonboy décacheta l'enveloppe et jeta un coup d'oeil au papier plié dedans.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Oh, c'est juste une autre carte", soupira-t-il et il la donna à Esoj.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La druide l'examina à son tour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Oui, avec un autre beau gros X qui désigne sans aucun doute un autre donjon."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des grognements peu enthousiastes lui répondirent, avec un seul &lt;i&gt;Génial !&lt;/i&gt; de la part de Shmae Girl.  Esoj glissa la carte dans son sac et désigna la monstruosité devant eux d'un geste vague de la main.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"On affronte ce truc ou pas ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Armés de leurs billets, ils s'approchèrent de la grande bâtisse.  S'armant ensuite de courage et d'autres qualités essentielles pour pourfendre les méchants et sauver leur demi-elfe de son teint bleu, ils entrèrent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur leur gauche, il y avait quelques marches qui menaient à un petit quai où attendaient trois wagons reliés par d'épaisses chaînes.  Sur leur droite, il y avait un panneau &lt;i&gt;Sortie&lt;/i&gt; avec une flèche qui pointait vers un couloir mal éclairé.  Ils entendaient un bruit régulier, assourdissant, qui ressemblait à s'y méprendre à–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Hé, il y a une chute là-bas !", s'exclama Pidgeonboy.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Oh, vraiment ?", rétorqua Spider-chan.  "Tu as fait comment pour deviner ?  Ne me dis pas que c'est cette chute qu'on devine tous très bien au bout du couloir qui t'a mis la puce à l'oreille, quand même !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le voleur fit la moue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ça aurait pu être autre chose !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Comme quoi ?", voulut savoir l'elfe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ça aurait pu être un dragon qui fait pipi !", intervint Shmae Girl. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y eut un moment de silence, pendant lequel les Losers ! combattirent des images mentales et, en vrac, du dégoût, des rires ou des soupirs format géant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Je suis désolée d'avoir demandé", Spider-chan secoua la tête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après avoir gentiment, mais fermement, convaincu Shmae Girl de ne plus donner de suggestions sur l'origine du bruit, les Losers ! osèrent s'avancer un peu plus profondément dans les entrailles du donjon.  C'est-à-dire qu'ils prirent à gauche, montèrent les quelques marches qui montaient au petit quai et examinèrent les trois wagons.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Vous croyez que c'est... euh... sécuritaire ?", demanda Pidgeonboy.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Oh, oui", supposa Silent Pascal avec un grand sourire.  "Ce qui ne serait pas sécuritaire, c'est si tu ne te grouilles pas pour monter !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Comment ça ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Je vais étrangler quelqu'un si on ne se dépêche pas de me débleuir !" &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils prirent place dans les wagons (avec un certain empressement, d'ailleurs), s'installant deux par deux.  Carpet-Vale et Esoj prirent la tête et leur chariot avançant en cliquetant sur les rails pour qu'un second devienne accessible.  Silent Pascal et Pidgeonboy en prirent possession et Shmae Girl et Spider-chan grimpèrent dans le dernier.  Le petit train avança en cliquetant et, lentement, avec des crissements et des grincements, de lourdes barres de sécurité les emprisonnèrent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"&lt;i&gt;On va tous mourir !&lt;/i&gt;", gueula aussitôt Pidgeonboy. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Mais non...", le rassura Silent Pascal. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Pas nous tous, de toute façon !", s'exclama Carpet-Vale.  "Probablement juste toi !  Et de peur en plus !" &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui ne réconforta pas beaucoup le voleur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"J'espère que ça ne tournera pas trop, j'ai l'estomac fragile...", soupira-t-il.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je te déconseille de m'éclabousser !  Ce n'est pas seulement ton petit déjeuner que tu vas perdre, si tu t'avises d'oublier de contrôler le contenu de ton estomac", avertit Spider-chan.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Pour votre propre sécurité, merci de conserver tous vos membres et tentacules à l'intérieur du chariot !", annonça soudain une voix féminine et métallique.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Son homologue masculin enchaîna :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Pouhr êt saikur, gahrdez touttes voh membs pis voh tantakles den lshariot.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Qu'est-ce qu'il a dit ?  Mais qu'est-ce qu'il a dit !?", demanda Pidgeonboy, se sentant au bord d'une attaque de panique - il venait peut-être de zapper une explication sur la meilleure façon de survivre au reste de ce donjon plus qu'étrange.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"La même chose que la voix d'avant", répondit Silent Pascal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Comment tu sais ça !?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— C'est du nain, avec un fort accent Sudiste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Comment tu–", Pidgeonboy inséra une petite pause, le temps de consulter sa mémoire.  "Oh, c'est vrai, tu as été élevé par des Nordeux."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La voix féminine prit le relais :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"En cas d'arrêt urgence, veuillez s'il vous plaît rester dans les chariots et attendre les secours.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Sih d'koi chie, vou êt benmieu d'pah boujai pis d'atendr kon vou zaid."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les trois wagons grimpèrent en cliquetant bruyamment sur les rails, ce qui provoqua un autre spasme &lt;i&gt;On va tous mourir !&lt;/i&gt; chez Pidgeonboy.  Ils s'arrêtèrent au sommet d'une pente (arrêt ponctué par un autre &lt;i&gt;On va tous mourir !&lt;/i&gt;) et une toile blanche se déroula devant eux depuis le plafond.  Les lumières furent tamisées et une décompte tremblotant apparut sur l'écran, ponctué par des grincements horribles.  Les chiffres devinrent des lettres, affichant d'abord en commun &lt;i&gt;Les Productions PDA présentent...&lt;/i&gt; et ensuite &lt;i&gt;L'immense aventure du grand héros Bacl Ava !!!&lt;/i&gt;  La même chose s'afficha ensuite en Sudiste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Trois points d'exclamation ?", commenta Esoj.  "C'est exagéré.  Vous avez vu leur taille en plus ?  Ce Bacl Ava doit compenser pour quelque chose. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Quoi, comment ça !?", s'énerva aussitôt le voleur.  "Est-ce que ça veut dire qu'on va–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— On ne va pas tous mourir", siffla Spider-chan. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après avoir livré son message, la toile remonta dans le plafond, les wagons cliquètent en arrière (&lt;i&gt;On va tous mourir !&lt;/i&gt;) comme pour prendre un élan et le petit train s'activa.  Il démarra à pleine vitesse, forçant violemment ses occupants contre leurs dossiers (&lt;i&gt;Onnnghhh–&lt;/i&gt;).  Une fois de retour sur une voie plus horizontale, les wagons ralentirent.  Sur leur droite, une petite fille cueillait des fleurs en chantonnant.  Elle était très blonde et avait l'air encore plus stupide, ce qui devait être conçu pour illustrer son innocence ou deux ou trois trucs louches dans son arbre généalogique, entre des branches qui se frottaient de trop près.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Je cueille des belles fleurs,&lt;br /&gt;oh tra la la~ j'aime les fleurs.&lt;br /&gt;Yay pour les belles fleurs.&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Est-ce que je peux vomir ?", demanda Spider-chan en se plaquant les mains contre les oreilles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Plus loin, sur leur gauche, un grand lion blanc s'approchait avec toute la subtilité que lui permettait sa masse respectable montée sur des roulettes mal graissées.  La fillette blonde se tourna vers lui (d'un mouvement saccadé, digne des histoires de fantômes, qui fit crier Pidgeonboy d'une voix suraigue) et ses yeux, déjà grands, s'agrandirent de surprise.  Ou de peur.  Ou peut-être parce qu'elle avait envie d'aller aux toilettes.  Ce n'était pas clair, considérant les traits grossiers de l'automate.  Pour leur faire face de nouveau, la tête de la fillette blonde décrivit un demi-cercle, sans se soucier du fait que sans le moindre égard pour l'anatomie humaine, son visage était maintenant aligné avec son dos.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Oh non !  Un gros lion !&lt;br /&gt;Mais qu'est-ce que je peux bien faire ?&lt;br /&gt;Il va me manger !&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Cours, fait quelque chose, pauvre idiote !", lui cria Carpet-Vale.  "C'est à cause des crétines comme toi que nous sommes perçues comme faibles et sans cervelle !  Traîtresse à la condition féminine !  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Je vais aller l'aider !", s'enthousiasma Shmae-Girl et Spider-chan la tira en arrière pour l'empêcher de sauter en bas de leur wagon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le lion blanc s'arrêta près de la gamine, lui tourna le dos et contre toute attente, ses pattes postérieures s'affaissèrent et son derrière tomba de toute sa masse sur la fillette.  Son long cri résonna et puis, le petit train continua d'avancer en cliquetant.  Il ralentit devant une autre scène, une assemblée de nains qui chantaient pour supplier leur héros de passer à l'action - Spider-chan faillit s'évanouir, choquée de cette soudaine multitude naine qui s'égosillait autour d'elle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Ô, Bacl Ava !&lt;br /&gt;Granh hairo, aid lablondass !  &lt;br /&gt;Sé la fill dunroy !&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Il n'y a pas de sous-titres ?", s'indigna Esoj.  "Et l'accès à la culture, hein !  Qu'est-ce qu'ils en font, de l'accès à la culture !?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Ils demandent au grand héros Bacl Ava de sauver la fillette, parce que c'est la fille d'un roi", traduisit Silent Pascal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Krissezmoué la pè&lt;br /&gt;J'y va, foh juss ke jpiss pih &lt;br /&gt;Ke j'ramass mahash&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Bacl Ava leur répond qu'il doit prendre sa hache avant d'aller exercer sa profession de héros", résuma le demi-elfe en enlevant les détails plus terre-à-terre qui pourraient choquer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les wagons avancèrent plus loin et s'arrêtèrent brusquement pour que les Losers ! puissent jeter un regard sur la gauche pour voir Bacl Ava qui s'en allait héroïser en chantant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Tite kriss deblondass&lt;br /&gt;Pah kapab de stasser pouhr&lt;br /&gt;Pah s'fair efouarer&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silent Pascal ne traduisit pas immédiatement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Alors ?", s'impatienta la druide et il fronça les sourcils.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Minute, j'essaie de penser à une façon pas trop grossière de traduire ce qu'il a dit !  Disons... disons qu'il critique la gamine de ne pas avoir fait un effort pour éviter de se prendre le derrière du lion en pleine face."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'automate sur leur gauche disparut, remplacé par une nouvelle version de Bacl Ava qui sortit des rails.  Il se mit à courir vers le lion blanc et ses jambes en carton épais commencèrent à tourner autour d'une roue pour simuler la vitesse de sa course - dans les faits, il avait surtout l'air ridicule.  Ses jambes courtes de nain tapaient bruyamment à chaque passage contre les rails.  Ce qui avait le mérite d'être presque assez fort pour que les Losers ! n'entendent pas la chanson.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;J'kour pih j'kour, pih j'kour&lt;br /&gt;Jé souaff en tahbernak&lt;br /&gt;Môhditt djob dehku&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le demi-elfe faillit s'étrangler.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Il dit...  qu'il n'aime pas son boulot de héros."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Esoj se retourna pour le dévisager et Silent Pascal essaya d'adopter une expression innocente au moins un peu crédible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Tu traduis correctement, au moins ?  Je ne veux pas d'une interprétation branlante !  Si c'est culturel, ça mérite–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Le trou", avertit le demi-elfe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Le quoi ?", Esoj se tourna en avant, écarquilla les yeux.  "Oh non !", s'exclama la druide, réalisant un peu tard la direction qu'ils prenaient et le trou dont il était question.  "On ne va quand même pas lui rentrer dans le–" &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle ferma les yeux quand leur wagon poussa à travers une épaisse membrane qui s'étira pour les laisser passer.  Il y eut un rugissement lointain, presque enterré par la crise d'hilarité de Carpet-Vale, et le petit train fila droit devant.  Les wagons prirent de la vitesse et des virages secs (&lt;i&gt;On va tous mourir !&lt;/i&gt;). Pidgeonboy adopta le vert comme fond de teint et fit des efforts pour éviter d'étaler partout son petit déjeuner ; Shmae Girl lança les bras en l'air, criant de plaisir à chaque descente en piqué, riant dans les tournants raides.  Devant eux, Bacl Ava parcourait ce qui leur parut être des kilomètres et des kilomètres d'intestins. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Astih ké loing den&lt;br /&gt;Leku duhlion, j'espehr ben&lt;br /&gt;Ké pah dihjairée.&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Bacl Ava espère que la petite fille n'a pas déjà été digérée par le lion", mentionna Silent Pascal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Considérant par où elle est passée, ce serait anatomiquement étrange", fit remarquer Esoj.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Surtout que tout ce délire est en papier mâché", soupira Spider-chan.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils débouchèrent éventuellement dans ce qui devait être le ventre du lion blanc, mais qui était surtout une grande pièce peinte dans une variété de couleurs psychédélique.  Le héros nain s'immobilisa dans un craquement métallique et s'enfonça dans les rails.  Devant eux s'éleva un nouveau Bacl Ava qui agitait sa hache en direction de rien de moins qu'un dragon en papier mâché qui agitait la queue dans un concert de craquements de machinerie.  La petite fille était prisonnière derrière lui - Carpet-Vale commença à soupçonner la gamine d'avoir une fascination douteuse pour les postérieurs animaliers.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"La hache de Bacl Ava s'appelle Roger le Dépeceur de Nations", se sentit obligé de préciser Silent Pascal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Et ça devrait m'intéresser pourquoi ?", grinça Spider-chan.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je ne sais pas, en fait...", admit le demi-elfe.  "Je trouvais le détail soudainement intéressant.  Parce que tu vois, ça, c'est la version Sudiste.  Chez les Nordeux, cette hache, on l'appelle Ingrid la Grosse Molle.  Les relations entre nous sont... disons qu'elles sont un peu tendues."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Groh drahgonn pouri,&lt;br /&gt;Donnmoi lablondass duroy&lt;br /&gt;Ou jepogn lehnerres !&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Il dit qu'il va s'énerver si le dragon ne lui confie pas la fille du roi", traduisit Silent Pascal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour toute réponse, le dragon ouvrit lentement la gueule, y aspirant l'air ambiant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Génial", commenta Spider-chan, sur un ton qui laissait sous-entendre que ce n'était pas génial du tout.  "J'imagine qu'elle va nous cracher des flammes en carton, cette monstruosité mécanique ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des naseaux du dragon s'élevèrent des colonnes jumelles de fumée et au fond de sa gorge commença à briller une lumière plus blanche que blanche.  Esoj ouvrit grand les yeux.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Baissez-vous !", ordonna-t-elle d'une voix urgente près de l'hystérie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Quoi ?  Ne me dis pas que tu as peur de–"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Shmae Girl l'interrompit en la tirant brusquement par un bras, manquant de peu de sérieusement lui endommager le front contre le bord du wagon.  L'elfe n'eut pas le temps de s'en plaindre, parce que le dragon cracha un long jet d'acide qui éclaboussa le mur sur leur droite.  La brique devint rouge pâle, puis orange, jaune et finalement blanche, fit des bulles et coula jusqu'à terre, révélant la sortie plus loin sur les rails. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Par les dieux, on aurait &lt;i&gt;vraiment&lt;/i&gt; pu tous mourir !", hurla Pidgeonboy quand il osa se relever.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le choc était si grand qu'il en oublia de rendre son petit déjeuner.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ne t'enfle pas trop la tête parce que tu as raison, pour une fois", grinça l'elfe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au ralenti, Bacl Ava sauta vers le dragon (les Losers ! supposèrent qu'il avait évité le jet d'acide en même temps qu'eux ou que &lt;i&gt;L'immense aventure du grand héros Bacl Ava&lt;/i&gt; comptait bien assez de copies mécaniques du héros pour se permettre d'en cramer une de temps en temps).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Mongroh kriss desall !&lt;br /&gt;M'ah t'aprendr dkrasher sumoué&lt;br /&gt;J'portunh nouvoh soutt !&lt;/i&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Lui non plus, n'a pas tellement aimé le jet d'acide", dit Silent Pascal.  "Surtout qu'il portait de nouveaux vêtements."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D'un coup de hache bien porté, le héros nain coupa net la tête du dragon, qui tomba par terre avec un &lt;i&gt;Thunk !&lt;/i&gt;  La gamine courut vers Bacl Ava et commença par lui sautiller lourdement autour avant de l'écraser contre elle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Mon beau grand héros !&lt;br /&gt;Tu m'as sauvée, merci !  Oh !&lt;br /&gt;Veux-tu m'épouser ?&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Hé ho, mais elle est de toute évidence mineure !", s'indigna Esoj.  "C'est quoi cette histoire pleine de moralité douteuse ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Attends un peu, Bacl Ava va refuser ses avances..."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme de fait, l'automate s'égosilla :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Kalmtoué lpoual dégeanbes&lt;br /&gt;Témehmpah nainn, j'veuhpah d'toua&lt;br /&gt;Chus dégeakasé.&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Et voilà !  Qu'est-ce que je vous disais !  Il ne peut pas l'épouser.  D'abord, elle n'est pas naine et ensuite, il est déjà marié", traduisit le demi-elfe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Bacl Ava mécanique attrapa la fillette, la jeta sur son épaule et s'éloigna avec son fardeau en continuant à chantonner.  Heureusement pour les oreilles de Spider-chan, les paroles étaient incompréhensibles, mais Silent Pascal attrapa juste assez des mots lointains pour figurer qu'il s'agissait d'une chanson sur le bendhur.  Il en connaissait lui-même plusieurs, mais comme ceux qui les composaient avaient tendance à être bourrés, les paroles n'étaient pas tellement raffinées.  La majorité ressemblait à : &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Onnaim lebendhur !&lt;br /&gt;Lebendhur èbenbendhur !&lt;br /&gt;Benbenbenbendhur !&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ce qui est triste, c'est que la princesse était une enfant gâtée", ajouta le demi-elfe, à l'intention d'Esoj surtout.  "Elle s'est plainte à son père, qui était un roi plutôt stupide.  Ça a causé une guerre mémorable, parce que ce royaume en particulier habitait la même région montagneuse que les Sudistes.  Je ne sais pas si vous savez, mais les Sudistes sont les plus prompts à, disons, sauter des coches.  Ils ont repoussé les humains, tous les sujets du roi, loin de chez eux.  Ils ont installés des centaines de milliers de pièges partout sur le territoire et pendant près de cinq cent ans, ils ont refusés de faire affaire avec les humains.  Certains disent que c'est grâce à Lled qu'ils ont éventuellement rouverts leurs frontières."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le petit train s'engagea vers la sortie en cliquetant, passa à travers une chute et les arrêta devant le débarcadère qui était, comme par hasard, tout près de la boutique de souvenirs.  Un employé (probablement aussi antique que la guichetière plus tôt) leur tendit des serviettes pour qu'ils puissent se sécher.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je peux avoir une peluche de dragon ?", demanda Shmae Girl en pointant. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Carpet-Vale se mit à hurler, empêchant Spider-chan de répondre.  Comme elle pointait quelque chose, les Losers ! jetèrent un regard curieux dans cette direction.  Silent Pascal regarda derrière lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Il n'y a rien...", avança-t-il, pris de court.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je sais !  En fait, non !  C'est que c'est toi !  Tu !  Tu es, enfin, tu n'es plus–", elle cligna des yeux et continua à pointer, à &lt;i&gt;le&lt;/i&gt; pointer avec insistance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ce qu'il y a, c'est que tu n'es plus bleu", lui vint en aide Esoj.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silent Pascal ne parut pas comprendre ce qu'elle disait, puis baissa le regard et considéra ses mains, elles se mirent à trembler.  Il serra la mâchoire, mais pas assez vite pour étouffer le début d'un cri hystérique.  Les autres le regardèrent avec amusement essayer de repousser au plus profond de lui-même une soudaine envie de giguer pour célébrer son retour à une couleur de peau normale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"&lt;i&gt;Je ne suis plus bleu !&lt;/i&gt;", couina-t-il avec bonheur.  "Je ne suis plus–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— C'est bien beau tout ça, mais je peux avoir une peluche de dragon, oui ou non ?", insista Shmae Girl en s'intéressant plutôt à la boutique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ça va me faire plaisir de t'en payer une !  Même deux !", s'exclama le demi-elfe en prenant les devants, ne s'offusquant même pas un tout petit peu d'avoir été interrompu en plein bonheur.  "Elle est pas belle, la vie ?", demanda-t-il à personne en particulier. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Elle sera encore plus belle quand j'aurai eu ma peluche !", rétorqua la guerrière avec la moue de quelqu'un qui ne se révélerait satisfait qu'en possession d'une peluche de dragon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est pas faux", admit de bon cœur Silent Pascal en la précédant dans la boutique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les autres restèrent en retrait, surtout pour protéger leurs finances personnelles : s'ils entraient dans la boutique, Shmae Girl risquait de les convaincre de lui acheter quelque chose, que ce soit d'autres peluches, des friandises en forme de lion ou encore des meringues taillées en fleurs.  Seule Spider-chan s'approcha de l'entrée de la boutique pour garder un oeil sur Shmae Girl.  Elle examina sans le moindre intérêt une horrible figurine qui représentait un dragon ou plutôt, un bel effort pour créer quelque chose de ressemblant à un dragon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Minute...", commença lentement Pideonboy.  "Il a été débleui quand, au juste ?", voulut-il savoir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Sous la chute, probablement", fut l'hypothèse d'Esoj. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Dans la chute qu'on voyait de l'entrée, tu veux dire ?", Spider-chan haussa un sourcil.  "Celle où on aurait pu aller directement en suivant le panneau &lt;i&gt;Sortie&lt;/i&gt;, en évitant cette attraction pourrie avec tous ces nains chantants ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Esoj y pensa.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Oui."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un tic agita une oreille de l'elfe et elle serra les dents.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Alors pourquoi on a dû se taper les aventures de gugusse le nain au pays du grand n'importe quoi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Par intérêt culturel ?", suggéra la druide avec un demi-sourire un peu nerveux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Spider-chan serra convulsivement les mains sur la figurine qu'elle tenait, avec un début de hurlement de rage.  La figurine, ainsi prise à partie, se dépêcha d'éclater pour éviter de souffrir plus longtemps dans sa poigne de fer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(11 octobre 2011)&lt;br /&gt;&lt;a name='cutid1-end'&gt;&lt;/a&gt;</content>
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    <title>Les Losers! &amp;gt; Unleash the heat [2/7] &amp;gt; Les grosses saveurs </title>
    <published>2012-01-09T14:51:57Z</published>
    <updated>2012-01-09T14:51:57Z</updated>
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    <content type="html">&lt;b&gt;Anthologie:&lt;/b&gt; Unleash the heat&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Titre:&lt;/b&gt; Les grosses saveurs &lt;br /&gt;&lt;b&gt;Auteurs:&lt;/b&gt; drakys &amp; supaidachan&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Fandom:&lt;/b&gt; Original &amp;gt; Les nouvelles aventures des Losers !&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Personnages:&lt;/b&gt; Les Losers !&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Rating:&lt;/b&gt; PG&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Nombre de mots :&lt;/b&gt; ~3500 mots&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Disclaimer:&lt;/b&gt; ironie &amp; bas blancs (drakys &amp; supaidachan)&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Notes:&lt;/b&gt; Tout est &lt;a href="http://community.livejournal.com/irobas/375.html" target="_blank"&gt;ici&lt;/a&gt;.  Posté pour &lt;span  class="ljuser  i-ljuser  i-ljuser-type-P     "  data-ljuser="flo_nelja" lj:user="flo_nelja" &gt;&lt;a href="https://flo-nelja.livejournal.com/profile/"  target="_self"  class="i-ljuser-profile" &gt;&lt;img  class="i-ljuser-userhead"  src="https://l-stat.livejournal.net/img/userinfo_v8.png?v=17080&amp;v=923.1" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="https://flo-nelja.livejournal.com/" class="i-ljuser-username"   target="_self"   &gt;&lt;b&gt;flo_nelja&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; dans le cadre d'&lt;span  class="ljuser  i-ljuser  i-ljuser-type-P     "  data-ljuser="creerpouraider" lj:user="creerpouraider" &gt;&lt;a href="https://creerpouraider.livejournal.com/profile/"  target="_self"  class="i-ljuser-profile" &gt;&lt;img  class="i-ljuser-userhead"  src="https://l-stat.livejournal.net/img/userinfo_v8.png?v=17080&amp;v=923.1" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="https://creerpouraider.livejournal.com/" class="i-ljuser-username"   target="_self"   &gt;&lt;b&gt;creerpouraider&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mach sifflait une petite chanson joyeuse, spatule de métal à la main.  Du coin de l'œil, il surveillait les derniers grains de sable qui finissait de s'égrainer dans le sablier.  Ce qui était important maintenant, c'était le timing : c'était ce qui faisait toute la différence pour la perfection du goût.  Dès que le dernier grain tomba, sa spatule de métal s'activa.  Il retourna les galettes de viandes sur le grill et bascula le sablier.  À travers une grille, une voix lui cria :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"2 SA 1R 1SO, 6 NF EBF et 1 GV !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;N'importe qui d'autre aurait été confus pendant un instant, aurait demandé qu'on répéte ou alors, aurait dû bouger les lèvres pour se rappeler des associations entre les abréviations et significations.  Mach se contenta de répondre avec enthousiasme :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Right-o !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pendant que la viande finissait de cuire, il commença à monter les pains.  Il tira des papiers bleu pâle d'une pile pour les deux Spécial Aventurier, le premier régulier et le second sans oignons.  Six papiers jaunes suivirent pour les Nains au Fromage, tous avec un extra de bacon et de fromage.  Il plaça finalement un papier bleu foncé sur le comptoir pour préparer le Géant à la Viande.  Un coup d'œil vers le sablier lui indiqua que la viande était cuite.  Il plaça les galettes sur les pains, ajouta de la viande sur le grill et fit basculer de nouveau le sablier.  Il termina rapidement les burgers et les plaça dans les couloirs prévus à cette effet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"1 MT et 3 SA EC !", demanda cette fois la voix.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ça vient !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand il avait un petit trou dans son agenda, entre les deux ou trois lignes importantes de l'histoire dont il s'occupait dans ses temps libres, Mach aimait se faire engager comme cuisinier dans un des restaurants de la chaîne Burger-o-Rama.  Après tout, pourquoi pas ?  Il en était bien le propriétaire (mais personne ne le savait) !  Sans compter qu'il était le concepteur principal des plats.  Il sous-traitait par contre la conception de la boisson spéciale de la semaine, parce que penser à une boisson à l'apparence dégoûtante par semaine, c'était trop demandant pour son horaire déjà chargé.  Il avait trouvé une firme d'experts-conseils gobelins qui l'avait dirigé vers une société en expérimentation alimentaire menée par un groupe de maderas : &lt;i&gt;Les Plaisirs Buccaux&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui était bien aussi, outre la satisfaction de mettre la main à la pâte, c'était de pouvoir profiter de ses visites pour voir ce qui marchait et ce qui ne marchait pas pour les aventuriers en voyage et développer de nouveaux mets en conséquence.  D'ailleurs, Burger-o-Rama allait bientôt offrir un nouveau choix à son menu.  Mach sourit.  Il avait fait des efforts dingues sur la publicité !  Et il n'avait même pas fait appel à une firme de marketing, il avait pensé à ça tout seul ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;...Il était &lt;i&gt;vraiment&lt;/i&gt; trop fort, pensa-t-il en continuant de remplir des commandes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Shmae Girl s'arrêta sous le panneau publicitaire.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;&lt;img src="https://pics.livejournal.com/drakys/pic/000eq7wz" alt="" fetchpriority="high"&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il disait peut-être simplement Bientôt, mais il le disait d'une façon cryptique et mystérieuse qui l'intriguait.  Il n'y avait pas de points de suspension pour piquer la curiosité, ni de point final qui essayait de couper court aux imaginations folles...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est une pub pour quoi ?", demanda-t-elle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Pour le futur, peut-être ?", suggéra Pidgeonboy.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Spider-chan roula des yeux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Parce qu'on ne se doute pas déjà que le futur, c'est bientôt !  Ça doit être un énième pub pour un autre produit complètement débile–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— ...Comme de la cire à flèche ?", glissa Silent Pascal sur un ton innocent, mais où perçait un sous-entendu clairement moqueur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il se mérita aussitôt un regard tellement noir qu'il bougea stratégiquement derrière Shmae Girl pour s'assurer que l'elfe n'allait pas lancer une attaque soudaine contre lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Oh !  Ou comme cet autre truc-la !  Comment ça s'appelait ?", se rappela au bon moment Pidgeonboy.  "Le machin puant contre la calvitie !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Spider-chan éclata de rire ; le demi-elfe se renfrogna.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je ne vois pas ce que ça a de drôle. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— C'est vrai, ce n'était pas si mal !  Ça faisait un excellent pesticide", jugea bon de mentionner Esoj.  "Je suis certaine que si vous m'aviez laissée l'étudier, j'aurais pu–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— La dernière fois que tu as "étudié" quelque chose", fit remarquer Carpet-Vale, sans avoir besoin de bouger les doigts pour que les guillemets soient évidents, "on a tous senti la morue pendant une semaine !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Vous devez admettre que c'était quand même plus ou moins logique, considérant que je menais une série d'expérimentions sur l'utilisation du saumon."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'elfe roula des yeux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Saumon à la base, morue dans son application ?  Tu délires ou quoi ?  C'était un échec total.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Et dire que tout ce saumon, on aurait pu le manger...", soupira Shmae Girl avec une expression qui laissait sous-entendre que la science, c'était bien, mais pas si ça ruinait de la nourriture.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ce n'est quand même pas ma faute si vous êtes tous réfractaires au progrès", râla la druide.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ha !  Et puis quoi encore !", s'exclama Carpet-Vale.  "Bientôt tu vas essayer d'extraire de l'huile des castors !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Hm, ce n'est pas une mauvaise idée...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Mais les castors, ils sont mignons !", les défendit Shmae Girl.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Réalisant que les progrès de la science risquaient d'être arrêtés net par une guerrière soudain défenderesse des droits et libertés des castors, Esoj s'éclaircit la gorge et proposa judicieusement :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...On continue ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils continuèrent donc leur route.  De toute façon, ils n'avaient rien de mieux à faire.  Un certain temps plus tard, Shmae Girl repéra la première le nouveau panneau publicitaire et alla se planter dessous pour mieux l'examiner.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;&lt;img src="https://pics.livejournal.com/drakys/pic/000erbht" alt="" loading="lazy"&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bientôt était peut-être écrit plus gros, mais ça ne rendait pas la publicité plus claire.  Au moins, il y avait maintenant une date.  Bien sûr &lt;i&gt;Aujourd'hui&lt;/i&gt; était une indication vague, parce que sur support imprimé, &lt;i&gt;Aujourd'hui&lt;/i&gt; pouvait aussi bien être &lt;i&gt;Demain&lt;/i&gt; que &lt;i&gt;Hier&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;Le lundi de la semaine dernière&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Aujourd'hui quand ?", demanda la guerrière, rendue perplexe par le manque de précision.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est vrai que ce n'est pas précis.  Ça pourrait aussi bien être demain que hier ou le lundi de la semaine dernière", fit remarquer Pidgeonboy, ne faisant que reprendre les arguments de la narration, gronda celle-ci en fronçant les sourcils.  "Désolé !", s'empressa de s'exclamer le voleur en levant les yeux vers un point vague du ciel, au cas où la narration, dans un moment de ressentiment puéril, déciderait de lui imposer une ou deux conséquences honteuses pour son impertinence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Peut-être que c'est &lt;i&gt;aujourd'hui&lt;/i&gt; aujourd'hui...", osa espérer Shmae Girl.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Même si c'est ça, ça nous donne quoi de le savoir ?  On ne sait toujours pas ce que cette publicité annonce !", s'impatienta Spider-chan.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Bah...", hésita la guerrière.  "Peut-être que si on continue plus loin, on aura droit à la suite ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Et une quelconque révélation utile, j'espère...", soupira Esoj.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils reprirent donc la route, dans l'espoir avec ténu d'obtenir bientôt (aujourd'hui ?) une réponse.  Un autre panneau publicitaire se dressa éventuellement devant eux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;&lt;img src="https://pics.livejournal.com/drakys/pic/000esy99" alt="" loading="lazy"&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si le texte n'avait pas changé, le haut du panneau montrait maintenant une image qui représentait un bout de... un bout de quelque chose.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est quoi ce quelque chose, d'après vous ?", demanda Shmae Girl en pointant le haut du panneau publicitaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Difficile à dire...  C'est doré, on dirait", fit remarquer Pidgeonboy.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Voyons... Qu'est-ce qui est doré et qui vaudrait assez la peine pour mériter une campagne publicitaire de cette envergure... Oh !  C'est peut-être du sable !  Ça doit être une publicité pour annoncer un nouveau centre d'interprétation du sable !  J'ai toujours voulu en savoir plus sur le sable !", s'enthousiasma Esoj.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les autres la regardèrent avec l'intérêt poli des gens confrontés à la pire débilité possible et forcés de faire semblait que oui, oui, eux aussi étaient suuuper intéressés alors que non, en fait, ils n'en avaient rien à foutre.  Ignorant son bel enthousiasme, Pidgeonboy proposa autre chose :    &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est peut-être de l'or.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Oh, un centre d'interprétation de l'or !  Tu as raison, ça pourrait être absolument passionnant !  Depuis sa formation jusqu'aux technologies minières pour l'extraire du roc, avec j'imagine une jolie petite boutique offrant une sélection de bijoux délicats !", la druide réalisa qu'un centre d'interprétation de l'or n'était pas du tout ce que Pidgeonboy avait en tête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Mais euh, non en fait, je pensais plutôt à...  à de l'or, tu vois.  De belles très grosses et très énormes pépites d'or, distribuées gratuitement !", les yeux du voleur brillèrent d'avidité à l'idée d'obtenir sans le moindre effort de grandes richesses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"De l'or gratuit ?  Et pourquoi pas des éléphants en chocolat, tant que tu y es !", Spider-chan roula des yeux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Quoi !?  Où ça ?", Shmae Girl chercha les éléphants en question des yeux, prête à les attaquer toutes dents dehors.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'elfe regretta de les avoir mentionnés.  Avec un brio inégalé, elle réussit à éterniser son explication pleine de tact et de diplomatie jusqu'au prochain panneau publicitaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;&lt;img src="https://pics.livejournal.com/drakys/pic/000etf84" alt="" loading="lazy"&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le panneau suivant disait &lt;i&gt;Bientôt !&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Aujourd'hui !&lt;/i&gt; et l'image était tombée vers le bas.  Il s'agissait d'une masse dorée qui ne laissait plus de doute : c'était de la pâte frite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est de la bouffe !", affirma Shmae Girl avec la conviction inébranlable de quelqu'un qui s'y connaissait en bouffe, surtout pour en avoir mangé beaucoup.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est certainement une pub de restaurant !", renchérit Pidgeonboy, fier de contribuer quelque chose de solide à la conversation, qui ne risquait pas de le faire une fois de plus passer pour un imbécile.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Oh, qui sait, vous pourriez avoir tort", fit remarquer Esoj sur le ton de quelqu'un qui pensait que c'était plus que possible.  "Ça pourrait aussi annoncer une grande exposition artistique sur le thème de la friture."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les autres lui jetèrent des regards peu impressionnés.  Elle s'éclaircit la gorge et grinça :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ou, &lt;i&gt;d'accord&lt;/i&gt;, c'est une pub de restaurant.  ...Mais c'est vraiment l'interprétation facile !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Une exposition artistique sur le thème de la friture ?", lui répéta Carpet-Vale à mi-voix, un sourcil haussé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Esoj haussa les épaules comme ils reprenaient la route.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Pas ma meilleure idée, je sais, mais tu sais bien combien ça m'irrite que des gens moins intelligents que moi aient raison !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;&lt;img src="https://pics.livejournal.com/drakys/pic/000ew7b1" alt="" loading="lazy"&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le panneau suivant changea radicalement de direction artistique : &lt;i&gt;Bientôt&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Aujourd'hui&lt;/i&gt; avaient été remplacés, sans la moindre considération pour leurs sentiments, par l'annonce qu'un &lt;i&gt;Burger-o-Rama&lt;/i&gt; était disponible à la prochaine sortie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est quoi ce délire !", se plaignit Pidgeonboy.  "Et la suite de la publicité qu'on traque depuis tout à l'heure, alors !?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Spider-chan se contenta de pointer, raisonnant que même un imbécile de la trempe du voleur allait bien finir par remarquer le panneau géant qui se trouvait à peine quelques mètres derrière celui devant lequel ils étaient arrêtés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;&lt;img src="https://pics.livejournal.com/drakys/pic/000exbaf" alt="" loading="lazy"&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiih !", se mit à crier Shmae Girl.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Surexcitée, elle pointait le panneau en sautillant sur place.  Le reste des Losers ! s'approcha, mais pas trop près, au cas où l'attaque était contagieuse.  Esoj jeta un coup d'œil à la publicité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Des Croquettes Surprise ?", elle haussa un sourcil.  "Surprise comment ?  Surprise du genre &lt;i&gt;Ce qui nous reste comme bouffe et qu'on veut passer avant que ça pourrisse&lt;/i&gt; ou plutôt &lt;i&gt;Oh, tiens, ce ver de terre à l'air appétissant, ça doit pouvoir passer pour du boeuf&lt;/i&gt; ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Je veux les goûter !", s'exclama Shmae Girl.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est du Burger-o-Rama... Au &lt;i&gt;minimum&lt;/i&gt;, ça ne doit pas être empoisonné", dit Spider-chan, sans grande conviction.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Oh, et ce truc ignoble à base de rat qui était populaire l'été dernier, alors ?", rétorqua la druide. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Tu parles du Burrato ?", Silent Pascal haussa un sourcil.  "C'était quand même meilleur que le Poulet Pressé.  Il y avait beaucoup trop de mayonnaise là-dedans, ça coulait partout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— C'était du &lt;i&gt;rat !&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— C'était des rats élevés pour la consommation naine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Avec des standards élevés de qualité, je suis certaine", grimaça Spider-chan.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je veux goûter les &lt;i&gt;Croquettes Surprise !&lt;/i&gt;", insista Shmae Girl en constatant que la conversation prenait une direction qui ne l'arrangeait pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Hé ho, si tu veux dire que les nains sont malpropres, dis-le clairement", gronda le demi-elfe.&lt;br /&gt;"Les nains sont–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Vous vous souvenez de la Salade Arc-en-ciel ?", demanda soudain Pidgeonboy, tentant de désamorcer le conflit racial qui s'annonçait.  "C'était infect, mais joli, toutes ces states de différentes variétés de laitues triées par couleur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Ce n'était pas infect !", s'indigna l'elfe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est sûr que venant d'une bouffeuse de salade...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— &lt;i&gt;JE VEUX LES GOÛTER LES CROQUETTES SURPRISE !&lt;/i&gt;", cria Shmae Girl, juste avant que Spider-chan tende la main vers son arc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Oui, ça va !", s'impatienta l'elfe.  "On va y aller !  Pas besoin de crier !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils reprirent la route.  C'était mieux comme ça.  Sinon, Shmae Girl aurait hurlé et les Losers ! tenaient quand même un peu à leurs tympans.  Ce qui n'empêcha pas Esoj de marmonner :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ça ne devrait pas être Croquettes Surprises, de toute façon ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— ...Peut-être que la Surprise n'a rien à voir avec les Croquettes, en fait ?", suggéra Carpet-Vale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Tant que la Surprise, ce n'est pas un problème intestinal directement relié à la consommation des Croquettes", osa espérer Silent Pascal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une surprise de taille les attendait devant le Burger-o-Rama.  Pidgeonboy recula, une expression d'horreur au visage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est– C'est dégoûtant !", s'exclama-t-il.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Shmae Girl, moins dégoûtée que lui ou trop enthousiaste pour s'en soucier, se jeta avec un grand cri extasié (&lt;i&gt;Elle est énooooooooorme !&lt;/i&gt;) sur la pauvre mascotte en costume de Croquette Surprise.  De toute l'histoire de Burger-o-Rama, ce fut la première fois qu'un élément de leur menu se mit à hurler.  La guerrière s'empressa de rendre la situation pire encore en essayant de mordre sa proie.  Spider-chan se précipita pour porter secours à une Croquette Surprise géante (mais de toute évidence pas comestible), ce qui ne risquait pas de figurer dans le top 5 de ses meilleurs sauvetages.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle entraîna la guerrière à l'écart et se demanda si lui mettre un claque comptait comme de la violence ou du gros bon sens, dans ce cas-ci.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Mais qu'est-ce que tu fais !?", demanda-t-elle, un peu hystérique, après avoir réussi à séparer les dents de Shmae Girl du morceau de costume de mascotte qui y était resté coincé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'était une croquette surprise géante", répondit la guerrière, décidant que cette simple affirmation consistait en la meilleure défense possible pour expliquer son comportement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ce n'était pas une &lt;i&gt;vraie&lt;/i&gt; croquette surprise géante !  Il y avait quelqu'un dedans !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— C'est normal", souligna Shmae Girl, avec une logique dérangeante.  "Une croquette, c'est un bout de viande enrobé de panure qu'on plonge dans l'huile très chaude pour que ce soit frit et croustillant et vraiment &lt;i&gt;vraiment&lt;/i&gt; délicieux."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'elfe fronça les sourcils.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Et tu crois que ce pauvre imbécile en costume était petit a, frit, croustillant et vraiment &lt;i&gt;vraiment&lt;/i&gt; délicieux ou plutôt petit b, qu'il était tellement désespéré de gagner quelques pièces qu'il a accepté un boulot ridicule et apparemment dangereux si tu es dans le coin ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Hm..."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Spider-chan soupira.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Petit b !  La réponse, c'est petit b !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Il fallait quand même que j'y goûte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Pourquoi !?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Shmae Girl sourit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Qui sait !  Ça aurait pu être une &lt;i&gt;vraie&lt;/i&gt; Croquette Surprise géante !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'elfe ouvrit la bouche pour répliquer, réalisa qu'elle n'avait aucune chance de faire entendre raison à la guerrière et se contenta de soupirer.  Si Shmae Girl croyait à l'existence des éléphants en chocolat, ça ne devait pas être beaucoup plus difficile pour elle de croire en celle des croquettes surprises géantes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les Losers ! se risquèrent à entrer à l'intérieur du Burger-o-Rama, après s'être assurés : de un) que la mascotte en costume de Croquette Surprise s'était éloignée de Shmae Girl à une distance sécuritaire et de deux) que le pauvre employé agressé n'avait pas l'intention de porter plainte aux autorités compétentes.  Ils s'approchèrent du comptoir et immédiatement, un employé se matérialisa derrière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Bonjour-je-peux-prendre-votre-commande."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Carpet-Vale plissa les yeux pour essayer de figurer s'il était beau ou pas sous l'acné qui lui formait comme une croûte sur le visage.  Pidgeonboy débita leur commande (interrompu entre chaque item par Shmae-Girl qui lui rappelait de ne pas oublier les Croquettes Surprise) ; Esoj lui laissa des échantillons de produits pour la peau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Alors-c'est-deux-Spéciaux-Aventurier-un-Géant-à-la-Viande-deux-Monstres-aux-Tomates", l'employé prit une respiration rapide.  "Quatre-Nains-au-Fromage-et-Six-Boîtes-de-Croquettes-Surprise–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Oh, on a oublié les boissons spéciales !", l'interrompit Carpet-Vale.  "Six boissons spéciales, s'il te plaît", elle sourit et battit des paupières.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parce que ce n'était pas impossible que dans cinq ans, l'acné disparaisse et que, si le garçon était joli et avait du goût, il se souvienne de la belle magicienne qui lui avait souri et avait battu des paupières dans sa direction.  Carpet-Vale croyait fermement qu'un sourire servait surtout à accumuler de l'intérêt.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Six-boissons-spéciales", confirma-t-il avant d'enchaîner : "Ce-mois-ci-le-thème-des-verres-à-collectionner-est-Les-Grandes-Figures-Bleues-de-l'Histoire-seriez-vous-intéressés-à–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Les Grandes Figures Bleues de l'Histoire ?", répéta Pidgeonboy, incrédule et avec un coup d'oeil moins que discret en direction de Silent Pascal.  "Quoi, c'est commun comme truc ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Vous-avez-le-choix-entre-Terrence-dit-Barbe-Bleue-Germain-Robert-Gaston-de-la-Lance-Bleue–et-euh–", l'employé hésita - et reprit sa respiration.  "Ce-mec", conclut-il en leur montrant le verre. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les Losers ! le fixèrent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Hé !  C'est Silent–", commença Shmae Girl.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"On va en prendre un, s'il te plaît !", dit rapidement Esoj.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Six-boissons-spéciales-et-un-verre-de-collection", l'employé hocha la tête et reprit sa respiration.  "Ça-fera-quatre-pièces-d'or-merci-de-confier-vos-besoins-alimentaires-à-Burger-o-Rama-les-condiments", une autre respiration, "sont-au-comptoir-sur-votre-gauche-merci-d'attendre-vos-commande-au-comptoir-suivant-et-surtout-bonne-journée."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il leur servit un sourire gratuit (le service chez Burger-o-Rama étant bien sûr assuré avec un sourire qui était toujours gratuit) et les Losers ! changèrent de comptoir pour attendre que leur commande soit préparée.  Les plateaux récupérés, ils s'installèrent à une table libre et commencèrent à manger.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Hmmmmm~!", s'extasia Shmae Girl après avoir pris une micro-bouchée d'une croquette.  "Celle-ci est à l'autruche !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle finit lentement de la manger et en pigea une autre dans sa boîte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Hmmmmm~!  Celle-ci est à l'émeu !" &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans de pareilles circonstances, il valait mieux l'ignorer.  Ils se concentrèrent plutôt que un autre fait étonnant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Qu'est-ce que tu fais sur un verre ?", demanda Carpet-Vale, sur un ton qui laissait entendre que c'était injuste que ce ne soit pas elle et toute sa magnificence, sur le verre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je ne sais pas !", grinça Silent Pascal.  "Ça doit vouloir dire qu'il est grand temps de me débleuir, je suis en train de passer à l'Histoire !  Contre mon gré, en plus !  Et le plus horrible dans tout ça, c'est que je ne touche même pas des redevances !  Si ça, ce n'est pas de l'exploitation gratuite, je ne sais pas ce que c'est."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Esoj roula des yeux.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Le donjon est à côté !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Il est à côté depuis &lt;i&gt;deux semaines&lt;/i&gt;", leur rappela le demi-elfe.  "On dirait que toutes les excuses sont bonnes pour ne pas y aller !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il soupira et se leva.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je vais me chercher une autre boisson spéciale, quelqu'un veut autre chose ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des variations sur Non lui répondirent et Silent Pascal s'éloigna.  Les autres se rapprochèrent, ignorant le &lt;i&gt;Hmmmmm~!  Celle-ci est au perroquet !&lt;/i&gt; de Shmae Girl. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"On devrait vraiment y aller pour vrai !", dit Pidgeonboy.  "C'était marrant au début, tous ces détours, d'accord, mais ça ne m'amuse plus trop, maintenant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Il a rai...  Il n'a pas tout à fait tort", lui accorda gracieusement Spider-chan.  "Quelle réputation ça va nous faire, si on continue à se balader avec un demi-elfe bleu ?  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Déjà qu'avec Shmae Girl, c'est comme si on avait un animal...", murmura Carpet-Vale.  "Ow !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'elfe adopta une expression angélique dès que la magicienne jeta un regard noir vers elle.  Carpet-Vale se pencha pour se masser le tibia et nota mentalement que toute vérité n'était pas bonne à dire.  Il y avait des gens qui la prenaient mal : des gens qui, de plus, portaient des bottes conçues pour donner des coups de pied destructeurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"D'accord, c'est bon...", admit Esoj, comme à regret.  "On ira après le repas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette décision prise, il ne resta plus qu'à se concentrer sur des choses plus importantes.  Comme manger.  Ce que Shmae-Girl accomplissait admirablement, s'extasiant bruyamment entre chaque Croquette Surprise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Hmmmmm~!  Celle-ci est au dodo !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Au dodo ?  C'est impossible !  L'espèce est éteinte !", Esoj fronça les sourcils.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Tu te mélanges", lui reprocha Spider-chan.  "Les dos ont disparu, oui, mais les dodos existent encore !  Comment tu voudrais qu'ils disparaissent ?  Il n'y a pas encore de dododos pour prendre la relève !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y eut un silence presque gêné.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Et vous croyez que, enfin", commença lentement Pidgeonboy, "qu'il y a une grande différence de goût entre tous ces dos ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Comment je pourrais savoir !", l'elfe roula des yeux.  "Je ne consomme pas de chair animale !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— ...Sauf de temps en temps, quand un bon steak passe", critiqua à mi-voix Esoj.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle s'attira un regard furieux et Shmae-Girl intervint juste à temps pour empêcher un combat sanglant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Hmmmmm~!  Celle-ci est au pingouin !  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Non mais, ça va à la fin !  On a tous compris  que tu es tombée sur la sélection des surprises volatiles !", siffla Spider-chan.  "De toute façon, comment tu fais pour reconnaître tous ces goûts étranges !?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Shmae Girl la dévisagea pendant un moment, avec une telle intensité que l'elfe en vint presque à  croire que sa question était stupide.  Elle dut patienter un autre moment avant de réaliser que si l'expression de la guerrière paraissait si intense, c'était seulement parce qu'elle était en train de penser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Bah, non en fait, je ne sais pas du tout à quoi sont toutes ces Croquettes Surprise", annonça Shmae Girl.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Quoi ?  Mais depuis tout à l'heure, tu nous nommes–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Je trouvais juste ça drôle d'imaginer que je goûtais tous ces oiseaux !", sourit la guerrière, comme si c'était évident.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y eut un moment de silence et Pidgeonboy, avec un rare justesse, commenta :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Bah, ça alors...  La vraie Surprise, c'était d'entendre une connerie pareille !"&lt;br /&gt;Pour une fois, même Spider-chan ne pensa pas lui envoyer une flèche dans la gueule pour le punir d'une telle réplique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(11 octobre 2011)&lt;br /&gt;&lt;a name='cutid1-end'&gt;&lt;/a&gt;</content>
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    <title>Les Losers! &amp;gt; Unleash the heat [1/7] &amp;gt; Bardacadémie vs. ★★★ Bardacadémie ★★★</title>
    <published>2012-01-04T23:23:16Z</published>
    <updated>2012-01-05T02:49:25Z</updated>
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    <content type="html">&lt;b&gt;Anthologie:&lt;/b&gt; Unleash the heat&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Titre:&lt;/b&gt; Bardacadémie vs. ★★★ Bardacadémie ★★★&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Auteurs:&lt;/b&gt; drakys &amp; supaidachan&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Fandom:&lt;/b&gt; Original &amp;gt; Les nouvelles aventures des Losers !&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Personnages:&lt;/b&gt; Les Losers !&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Rating:&lt;/b&gt; PG&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Nombre de mots :&lt;/b&gt; ~4300 mots&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Disclaimer:&lt;/b&gt; ironie &amp; bas blancs (drakys &amp; supaidachan)&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Notes:&lt;/b&gt; Tout est &lt;a href="http://community.livejournal.com/irobas/375.html" target="_blank"&gt;ici&lt;/a&gt;.  Posté pour &lt;span  class="ljuser  i-ljuser  i-ljuser-type-P     "  data-ljuser="flo_nelja" lj:user="flo_nelja" &gt;&lt;a href="https://flo-nelja.livejournal.com/profile/"  target="_self"  class="i-ljuser-profile" &gt;&lt;img  class="i-ljuser-userhead"  src="https://l-stat.livejournal.net/img/userinfo_v8.png?v=17080&amp;v=923.1" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="https://flo-nelja.livejournal.com/" class="i-ljuser-username"   target="_self"   &gt;&lt;b&gt;flo_nelja&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; dans le cadre d'&lt;span  class="ljuser  i-ljuser  i-ljuser-type-P     "  data-ljuser="creerpouraider" lj:user="creerpouraider" &gt;&lt;a href="https://creerpouraider.livejournal.com/profile/"  target="_self"  class="i-ljuser-profile" &gt;&lt;img  class="i-ljuser-userhead"  src="https://l-stat.livejournal.net/img/userinfo_v8.png?v=17080&amp;v=923.1" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="https://creerpouraider.livejournal.com/" class="i-ljuser-username"   target="_self"   &gt;&lt;b&gt;creerpouraider&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ah non !", râla Pidgeonboy en voyant la bannière.  "Pas une autre stupide foire de l'emploi !  On ne doit pas se rendre un jour dans un autre donjon foireux ?  Ça va faire les détours, j'en ai assez !  Et puis, on a autre chose à faire que de perdre notre temps à essayer de devenir plus compétent !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un regard collectif lancé dans sa direction, suivi de sourcils haussés eux aussi collectivement le convainquirent de se taire.  Il continua quand même à grommeler, au cas où quelqu'un changerait d'idée et veuille soudain l'écouter.  Ce n'était pas près d'arriver, mais ça ne coûtait rien d'avoir de l'espoir.  Esoj soupira, y mettant tout le mélodrame nécessaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Nous ne resterons pas longtemps, ne t'inquiètes pas.  Je voulais seulement récupérer le catalogue des cours par correspondance de mon ancienne École !  Je crois qu'ils donnent des cours de perfectionnement en Préparation de Philtres d'Amour..."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silent Pascal lui lança un regard suspicieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je n'ai pas l'intention de tester ça", crut-il bon de préciser. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Même s'il savait très bien que dans ce genre de choses, son opinion était le plus souvent ignorée.  Il résolut immédiatement de ne plus boire qu'à ses réserves personnelles de vodka elfique, en s'assurant avant chaque gorgée que les bouteilles n'avaient pas été trafiquées.  Esoj secoua la tête, blessée qu'on sous-entende qu'elle utilise ses compagnons de voyage comme cobayes. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'était peut-être vrai, mais ce n'était pas gentil de le lui reprocher ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Pfft, mes philtres sont au point maintenant !  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;—  Alors pourquoi vouloir les perfectionner ?", fit remarquer Spider-chan avec venin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle n'aimait pas beaucoup plus jouer les cobayes que Silent Pascal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Parce qu'il y a toujours place à amélioration !", s'énerva la druide.  "Et comme c'est très en demande, aussi bien offrir le meilleur produit !  Et...  Et vous ne vous en plaignez certainement pas quand j'en vends des tonnes et qu'on peut dormir dans une auberge décente !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Surtout que ces jours-ci", ajouta Carpet-Vale, "il en faut beaucoup, des pièces d'or, pour convaincre les tenanciers des auberges décentes d'héberger un demi-elfe bleu."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silent Pascal lui lança un regard meurtrier.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Si on ne faisait pas &lt;i&gt;que&lt;/i&gt;  des détours, il y aurait déjà longtemps que je ne serais plus bleu !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Est-ce qu'on peut le récupérer, ce catalogue, qu'on reparte vers de nouvelles façons de se faire blesser, voire même mutiler par le premier obstacle venu ?", chiala Pidgeonboy.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Esoj essaya d'ignorer le début de mal de tête qui avait de toute évidence l'intention de dresser le camp du côté de ses tempes.  Elle pointa d'un geste sec.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est juste là !  C'est encore trop loin pour toi ?  Tu crois que, oh, quinze pas de plus vont te tuer ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le voleur décida que c'était pile le bon moment pour la boucler.  Il la suivit en silence, dans une attitude soumise que les autres adoptèrent tous - de façon très temporaire.  Silent Pascal fit de son mieux pour ignorer les regards curieux des gens et les commentaires chuchotées avec assez peu de subtilité sur la couleur de sa peau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Esoj, avec un geste presque rageur, arracha une brochure de son présentoir et se retourna.&lt;br /&gt;"Vous êtes contents maintenant ?  Ce n'était pas trop lo–"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'espace devant elle contenait beaucoup de vide et aucun des autres Losers !  Elle roula des yeux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Oh, bien sûr, il &lt;i&gt;fallait&lt;/i&gt; qu'ils disparaissent tous.  Ça aurait été quoi cette histoire sinon ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec un soupir, elle se mit à leur recherche. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pidgeonboy passa devant le kiosque, affectant une expression de la plus parfaite nonchalance.  Il repassa devant le kiosque, les bras croisés dans le dos, sifflotant assez mal pour camoufler son intérêt, en essayant de lire du coin de l'oeil les titres des cours offerts.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Monsieur, monsieur !  Approchez voyons !  Ne soyez pas timide !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Qui ?  Moi ?", demanda le voleur, feignant la plus parfaite surprise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il approcha, mais pas trop vite, pour éviter qu'on croit qu'il était intéressé.  Maintenant qu'on le lui avait demandé, il avait l'excuse parfaite pour nier ensuite que l'initiative venait de lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Qu'est-ce qui vous fait croire que je suis intéressé par vos programmes de perfectionnement ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le responsable du kiosque sourit de son meilleur sourire vendeur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ah, mais monsieur !  Tout le monde devrait être intéressé par nos excellents programmes !  Ne me dites pas que des cours et des conférences comme &lt;i&gt;Le leadership organisationnel : pour une gestion efficace de vos aventuriers, Bâtir et soutenir une équipe éco-responsable&lt;/i&gt; ou encore &lt;i&gt;Le respect à deux vitesses, une question d'alignement ?&lt;/i&gt;, ça ne vous tente pas au moins un peu ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Et c'est quoi ça, ici ?  &lt;i&gt;Poing de fer dans un gant de soie : méthodes de manipulation efficaces pour se faire obéir sans longues discussions pénibles ?&lt;/i&gt;"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand on l'agrippa soudain par le bras, Pidgeonboy émit un &lt;i&gt;Eeek !&lt;/i&gt; aussi surpris que terrifié.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Cen'estpascequevouscroyez !", se défendit-il, par automatisme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Esoj soupira et le tira derrière elle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Dépêche-toi, il faut trouver les autres."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silent Pascal haussa un sourcil.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Qu'est-ce qu'il prépare au juste ?", demanda-t-il à un spectateur près de lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Une terrine rapide de petits fruits.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Quoi ?  Vraiment ?", s'étonna le demi-elfe.  "Ça a l'air absolument immangeable.  Qu'est-ce qu'il utilise comme base ?  De la boue et un peu de bave de larve ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le présentateur sur l'estrade arrêta de battre sa préparation et leva la tête, de toute évidence insulté.  Agitant sa spatule dans la direction générale de l'assistance d'où il croyait que la critique venait, il siffla avec humeur : &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Qui a dit ça !?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Quoi ?", rétorqua Silent Pascal, de l'autre côté complètement de l'assistance.  "Vous n'êtes pas d'accord ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Viens donc ici, si tu penses pouvoir faire mieux !" &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silent Pascal sourit et grimpa sur l'estrade, sans s'offusquer des murmures pareils ou similaires à &lt;i&gt;Hé !  Il est bleu !&lt;/i&gt;  Le présentateur lui jeta son tablier et blêmit en voyant le demi-elfe verser sa préparation dans la poubelle.  Silent Pascal dégagea l'espace sur la table de travail, enfila le tablier et réorganisa les ingrédients devant lui.  Il dégaina son propre couteau de cuisine et s'adressa aux spectateurs :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ce qui est important, dans la terrine de petits fruits...", commença-t-il d'une voix assurée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand Esoj et Pidgeonboy le retrouvèrent environ une demi-heure plus tard, la table débordait de plats divers, le présentateur était couché en position foetale au pied de l'estrade et gémissait faiblement.  Silent Pascal terminait la décoration sur un gâteau assez énorme pour nourrir vingt personnes pendant deux jours.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Esoj roula des yeux et mit ses mains en porte-voix.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Non mais, tu fais quoi !?", cria-t-elle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Bah...  Je donne un cours de cuisine", répondit Silent Pascal, un peu navré que l'évidence doive être mentionnée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je vois bien !  Je pensais qu'on devait passer &lt;i&gt;rapidement&lt;/i&gt; par la foire !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Mais... leur cours de cuisine était plutôt nul", le présenteur émit une petite plainte d'animal blessé que le demi-elfe ignora.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Et alors !", s'exclama Pidgeonboy.  "Tu ne vas même pas être payé pour tes efforts !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silent Pascal y pensa.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est vrai ça..."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il se débarrassa du tablier et alla les rejoindre, se contentant d'un petit salut à la foule qui l'applaudissait à tout rompre pour sa magie culinaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Où sont les autres ?", demanda Silent Pascal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Bonne question !", grinça Esoj.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Vraiment ?", ronronna Carpet-Vale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Oui, et le cours de &lt;i&gt;Personnalité par la zoologie&lt;/i&gt; offre également tout un tas d'avantages intéressants dans la vie de tous les jours", sourit le jeune homme qui s'occupait du kiosque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Comme quoi ?", roucoula Carpet-Vale en clignant copieusement des yeux, ne se gênant pas pour donner à ses lèvres leur plus ultime niveau de pulpeux. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est un outil très pratique pour l'analyse précise des gens", lui assura le jeune homme.  "Cette technique permet de prévoir les réactions et, en conséquence, de s'y adapter d'une manière beaucoup plus efficace."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Carpet-Vale hocha la tête, repoussant sans la moindre subtilité la longue mèche de cheveux qui osait cacher partiellement la magnificence de son décolleté. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Quoi ?  Vous voulez dire que, si par exemple j'étais intéressée par quelqu'un, mon taux de réussite serait plus élevé si je savais à quel animal cette personne correspondait ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Exactement !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Alors, c'est quoi votre type ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le sourire enthousiaste du jeune homme perdit un peu d'assurance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je suis tortue, en fait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Ça explique vraiment beaucoup de choses", murmura Carpet-Vale avec un sourire prédateur. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle sursauta quand la voix d'Esoj demanda :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"La &lt;i&gt;Personnalité par la zoologie&lt;/i&gt;, vraiment ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La druide jeta un coup d'oeil général au jeune homme qui tenait le kiosque, avant de jeter un coup d'oeil plus intense à ses diverses caractéristiques physiques.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Oh...  Je vois.  Reste qu'on ne devait pas perdre de temps ici !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Mais–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Pas de mais !  Il nous reste encore à trouver Spider-chan et Shmae Girl !", la coupa Esoj d'une voix autoritaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Mais–", Carpet-Vale désigna d'un geste général le jeune homme à la fois comme justification et supplication pour rester plus longtemps au kiosque de &lt;i&gt;Personnalité par la zoologie&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ce n'est pas le moment de flirter !", râla Pidgeonboy.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Hé, ce n'est pas parce que tu en es incapable que je dois m'en empêcher !", rétorqua la magicienne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le voleur ouvrit la bouche pour répliquer, mais Esoj s'interposa :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Tu viens &lt;i&gt;tout de suite&lt;/i&gt; ou je refuse de faire les boutiques avec toi pendant tout un mois !" &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Carpet-Vale parut horrifiée et avec un soupir de regret, elle jeta un dernier regard intense au jeune homme avant de s'éloigner.  Son image resterait ainsi gravée dans sa mémoire pour conserver ce beau souvenir jusqu'à la fin des temps ou jusqu'à ce qu'elle croise quelqu'un de plus joli encore, selon ce qui se présenterait en premier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"J'aurais dû deviner...", le jeune homme poussa un soupir un peu triste en les regardant disparaître dans la foule.  "Elle devait être de type gerbille.  Ou peut-être panthère...  Je confonds toujours les deux." &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Où a pu disparaître Spider-chan ?", demanda Pidgeonboy.  "Ça fait près d'une heure qu'on la cherche !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Cherchez un truc qui fait elfe", conseilla Esoj.  "Genre &lt;i&gt;Le végétarisme occasionnel&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;Vos flèches et vous&lt;/i&gt; ou quelque chose dans ce genre-là."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Plusieurs kiosques plus loin, Silent Pascal s'arrêta.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"&lt;i&gt;Essentiels pour archers&lt;/i&gt;", il pointa une grande tente un peu plus loin et ils s'empressèrent de s'y rendre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils s'arrêtèrent devant le kiosque, un peu surpris par la masse d'elfes, de demi-elfes et de plus petites proportions d'elfes qui s'étaient agglutinés là.  Trouver Spider-chan leur prit un certain temps et quelques essais et erreurs, à chercher dans la foule des blonds, moins blonds et ceux qui, de toute évidence, se décoloraient les cheveux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Dis donc, tu n'es pas facile à repérer dans tout ce vert !", soupira Esoj.  "C'est obligé que vous portiez tous des vêtements de couleur et coupe similaires ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'elfe haussa un sourcil.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Quoi ?  Vous n'êtes pas capables de différencier les verts ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Il y en a plus qu'un type ?", s'étonna Pidgeonboy.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Le vert pâle, le vert foncé, le verglas...", lui énuméra Silent Pascal avec un sourire en coin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Tu regardais quoi au juste ?", demanda Esoj, curieuse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Oh, des trucs sur l'entretien des flèches."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les autres Losers ! échangèrent des regards amusés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Quoi ?  Qu'est-ce que j'ai dit de drôle !?", s'offusqua Spider-chan.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Non, rien, c'est euh...", la druide hésita.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Où est Shmae Girl ?", interrompit Carpet-Vale pour la sortir du pétrin.  "C'est bien toi qui est chargée de la surveiller, non ?", demanda-t-elle après un coup d'oeil rapide autour d'eux.  "Parce que je sens nettement un truc qui crame là...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;—  Non mais, c'est quoi ces accusations bidons !?  Bien sûr que je la surv–", Spider-chan ne termina pas sa phrase.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle regarda autour d'elle, réalisa que Shmae Girl n'était pas là et, d'un geste rageur, jeta par terre la stupide brochure sur le stupide cours d'une stupide heure sur les stupides meilleures procédures de stupide conservation optimale des stupides flèches de feu.  Pas moyen de baisser sa stupide garde une stupide minute ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Shmae Girl avait suivit un papillon.  C'était un chouette papillon, avec de grandes ailes colorées et une façon de voler super intéressante.  Il zigzaguait beaucoup et elle se demanda s'il n'était pas un peu saoul : quand Pidgeonboy était saoul, il marchait exactement comme ça.  Mais par terre.  Pas dans les airs.  Pidgeonboy n'était pas un papillon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Du moins aux dernières nouvelles.  Elle allait peut-être devoir vérifier s'il ne lui était pas poussé des ailes ou des antennes.  L'image l'amusa beaucoup et elle essaya de figurer quelle grosseur de filet il fallait pour attraper un papillon de la taille de Pidgeonboy - sauf que non, il n'était pas &lt;i&gt;vraiment&lt;/i&gt; un vrai de vrai papillon !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle se concentra de nouveau sur son papillon, le vrai, avant de le perdre de vue à cause de toutes ces pensées distrayantes - elle ne remarqua pas le jeune homme devant elle.  Elle lui fonça donc dedans et une dégringolade vers le sol et un emmêlement de morceaux humains plus tard, se demanda qui avait été assez mesquin pour placer un crétin sur son chemin. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le papillon en profita même pour se barrer, ce qui n'améliora pas son humeur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Excusez-moi", vint un murmure étouffé sous elle.  "Vous me laissez sans voix !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;—  ...Quoi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;—  Laissez-moi me relever !  Que je puisse vérifier si je suis blessé !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;—  Oh", Shmae Girl se releva et réalisant que l'autre avait de la difficulté à faire de même, elle l'attrapa par le collet et le souleva sans problème.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle le tint à bout de bras : il n'était pas très lourd.  Elle l'examina, se demandant s'il était bien nourri : il était plus près de maigre que de mince.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ça va ?", ajouta-t-elle après un moment, parce que Esoj lui avait expliqué que c'était la chose à demander quand on écrabouillait un peu quelqu'un sans faire exprès.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le jeune homme s'assura d'abord qu'il avait tous ses membres aux bons endroits et passa ensuite une main dans sa tignasse aussi blonde que généreusement bouclée.  Shmae Girl se demandait si ça existait, des moutons blonds.  Il lissa le pli de sa cape aussi courte que tape à l'œil et Shmae Girl haussa un sourcil en constatant que chaque geste du jeune homme était accompagné d'un bruit de clochettes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Tu sonnes", fit-elle remarquer. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est qu'il faut bien, c'est mon gagne-pain !", sourit-il.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Shmae Girl remarqua qu'il avait des dents très blanches.  À la limite, elles pouvaient peut-être refléter la lumière du soleil.  Peut-être s'en servait-il pour aveugler ses prédateurs ?  C'était une technique intéressante, peut-être pourrait-il l'apprendre à Pidgeonboy : le pauvre avait toujours de la difficulté à affronter ses prédateurs.  Elle se demanda si les Spider-chan étaient les prédateurs naturels des Pidgeonboy. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Et si cela ne vous incommode point", se risqua le jeune homme, "sur le sol, je me sentirais plus fin..."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Shmae Girl cligna des yeux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Quoi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Vous serait-il possible de me déposer ?  Car vous ne m'avez pas encore relâché !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Oh", fit Shmae Girl en réalisant qu'en effet, elle le tenait toujours à bout de bras.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle s'empressa de le reposer par terre, mais elle ne s'empressa pas &lt;i&gt;trop&lt;/i&gt; - si elle ne faisait pas attention, elle risquait de l'enfoncer dans le sol jusqu'aux genoux.  C'était déjà arrivé.  Étrangement, ceux qui se retrouvaient enfoncés dans le sol jusqu'aux genoux n'aimaient pas tellement ça.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je vous remercie, vous m'enlever un souci !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— ...Tu rimes aussi", fit remarquer Shmae Girl après réflexion et en répétant des mots en ne bougeant presque pas des lèvres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un rire mélodieux - accompagné de tintements de clochettes - lui répondit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ce n'est pas étonnant, je suis barde finissant !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il sourit.  Jusqu'à ce qu'il remarque l'expression confuse de Shmae Girl.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est quoi ça ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Je... J'ai terminé mes études à Bardacadémie, je suis en mesure de barder, j'ai mon permis !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Shmae Girl haussa un sourcil et demanda d'une voix suspicieuse :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Vous connaissez Gwilfred le lyriste, alors ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Ah, vous vous méprenez !  De Bardacadémie : l'école, je suis diplômé.  Bardacadémie : le concours pour la célébrité instantanée, je n'ai point gagné !" &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Confuse, la guerrière essaya d'assimiler cette information et d'en tirer une conclusion logique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Alors...  il y a &lt;i&gt;deux&lt;/i&gt; Bardacadémies ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Cela est la plus stricte vérité, telle qu'il me fait plaisir de vous l'annoncer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Comment on les différencie ?", voulut savoir Shmae Girl.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le pauvre barde finissant la regarda comme si elle avait une dizaine de têtes en trop et quelques bras et jambes en surplus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Tout est dans le ton ainsi que dans la prononciation.  Il s'agit de Bardacadémie, sans froufrous ni chichis pour l'école d'où j'ai fini.  C'est plutôt...", il ouvrit les mains et écarta les doigts, dans un petit geste exubérant, pour mieux illustrer son propos.  "★★★ Bardacadémie ★★★ pour la formule d'instant-célébrité pourrie."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Shmae Girl fronça les sourcils et décida de sa prochaine question :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Comment tu fais pour prononcer les étoiles ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— ★", répéta gentiment le barde, sans vraiment s'expliquer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Alors, il faut faire des études pour faire des rimes ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Bien sûr que si !  La mauvaise rime n'est pas permis... ah non, ça fait permise, attends...  Parce qu'un poème ne mérite pas d'être mal dit !  Ha !  ...Ha !", ajouta-t-il hâtivement pour les faire rimer ensemble.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est pas facile..."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le jeune homme soupira.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Non, même que c'est plutôt chiant de toujours devoir penser à des mots attrayants.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Attraiquoi ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le barde la dévisagea ; Shmae Girl dévisagea le barde.  C'était un jeu facile et elle gagnait souvent.  Les autres baissaient toujours les yeux les premiers, elle ne comprenait pas trop pourquoi.  Peut-être parce qu'elle était capable de ne pas cligner des yeux.  C'était un talent super pratique.  Surtout pour dormir sans que personne ne s'aperçoive de rien. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Non mais en fait, peu importe si les mots ont de l'attrait.  Tant qu'ils riment ensemble, pour que je les assemble."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il sembla réaliser qu'il oubliait quelque chose et il se percuta le front de la paume.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ah, mais où sont mes belles manières... si ces viles taquines se sont barrées, où les retrouver, je ne saurais guère !  Je me présente bien humblement, je suis Cédric...  ment !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;—  Cédricment ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une pause un peu tendue suivit. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est Cédric en fait, tu vois.  Cédric de la Pointe-au-Son, en fait, mais ça ne rime pas avec humblement.  ...Évidemment", ajouta-t-il après un moment.  "Merde", soupira-t-il.  "J'ai encore foiré mes rimes ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;—  C'est pas une communauté fermière, Pointe-au-Son ?", demanda Shmae Girl pour qui les produits fermiers avaient beaucoup plus d'intérêt que les rimes.  "Juste entre Lance-à-l'avoine et Vallée-de-l'Orge ?  Un peu passé Houblon-et-Sarrasin ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les yeux déjà lumineux du jeune homme s'éclairèrent d'une nouvelle vitalité, comme un feu de joie dans lequel on venait de jeter un pile de bois particulièrement vieux et sec.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Oh, ça alors !  Tu connais ?  Personne ne connais !  Mon père est le–", il s'interrompit dans sa débauche d'enthousiasme sans rime, y pensa et se rappela pourquoi il était là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il lui tendit un feuillet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Tiens, je fais du recrutement.  Ça t'intéresse...  sûrement ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Shmae Girl considéra le feuillet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Bardacadémie, hein ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un sourire se dessina sur son visage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si les gens des effets spéciaux n'avaient pas été en vacances, il y aurait eu un éclair et un peu de tonnerre.  Ce n'était pas tous les jours qu'une idée venait se perdre dans la tête de Shmae Girl.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"On va la retrouver et elle va avoir brûlé la moitié d'une ville !  &lt;i&gt;Encore !&lt;/i&gt;", se plaignit Pidgeonboy.  "J'en ai marre de devoir fuir une région parce qu'on se promène avec une catastrophe naturelle !  Sans parler du prix de notre assurance aventuriers qui ne fait qu'augmenter !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Spider-chan lui montra son poing.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Dis, t'as pas faim ?  J'ai un sandwich de jointures pour toi, si tu veux !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silent Pascal dévia sur sa droite pour se placer stratégiquement entre eux.  Avant que le voleur fasse empirer la situation d'un autre commentaire, il lui pila sur le pied.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Tu vois bien qu'elle est à cran", mumura le demi-elfe à leur présentement détesté leader.  "Ce n'est pas le temps de lui faire remarquer que sa menace est vachement nulle.  On va la retrouver", ajouta-t-il plus fort, à l'intention de Spider-chan.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Mais dans quel état !?", grinça l'elfe avant de passer aux accusations.  "Vous auriez pu la surveiller !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Personne ne fit remarquer que Shmae Girl était tout à fait capable de se surveiller elle-même.  Et quand certaines personnes trop aventureuses essayaient de la surveiller eux aussi, elle finissait toujours par les condamner à une forme de vie ressemblant étrangement à la mort.  Sans faire exprès.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Si vous étiez plus attentifs aussi !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Personne ne commenta que c'était sa faute ou ne lui dit de la boucler parce qu'il y en avait marre là des accusations débiles.  Personne ne voulait voir sa poitrine soudainement décorée d'une rangée de flèches. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un horrible son étouffé de flûte lui fit lever les yeux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y avait une scène un peu plus loin.  Et sur la scène, il y avait quelqu'un qui essayait de jouer de la flûte.  Ce qui était une façon somme toute assez polie pour désigner la torture que subissait le pauvre instrument.  Spider-chan fronça les sourcils, un commentaire acide au bord des lèvres.  Elle ravala ses paroles de justesse, parce qu'elle venait de réaliser qui était sur la scène.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toujours un peu plus lent que les autres, Pidgeonboy décida de faire remarquer ce que tout le monde avait déjà remarqué :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Hé !  C'est Shmae Girl !  Sympa !  On l'a retrouvée sans trop d'effort !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Carpet-Vale se boucha les oreilles, les sons de flûte agressant ses tympans princiers.  Esoj fouilla dans son sac à la recherche de bouchons.  Silent Pascal recula d'un pas prudent, surveillant la hausse visible du niveau de fureur de l'elfe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ça pourrait être pire...", commença Pidgeonboy.  "Au moins elle ne joue pas avec son nez !" &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le coup de poing partit si vite qu'il ne réalisa qu'une fois étalé par terre que l'elfe l'avait tapé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Qu'est-ce que tu faisais sur scène ?", lui demanda Spider-chan.  "Tu sais que je ne veux pas que tu t'éloignes seu–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;—  Et pourquoi tu jouais de la flûte comme ça ?", l'interrompit Pidgeonboy, caché derrière Silent Pascal.  "On aurait dit que quelqu'un égorgeait un animal !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;—  Je veux devenir barde !", annonça Shmae Girl avec enthousiasme, avant de froncer les sourcils.  "J'ai un peu de mal avec la flûte, c'est vrai, ce n'est pas facile de jouer et chanter en même temps, ça fait des sons un peu bizarres...  Peut-être que je devrais changer d'instrument ?" &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y eut un silence.  Le genre de silence difficile à quitter, parce que le quitter veut dire replonger en pleine tempête et risquer de nouveau de se faire empaler par tout un tas de débris charriés par les vents violents.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Tu veux...  tu veux devenir &lt;i&gt;barde&lt;/i&gt; ?", l'elfe demanda confirmation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Oui, ils sonnent et ils riment, c'est vraiment trop super chou !  Cédric de la Pointe-au-Son rime presque et c'est adorable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— &lt;i&gt;Qui ?&lt;/i&gt;", grinça Spider-chan.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Le type qui distribue des feuillets pour Bardacadémie.  Il est blond", ajouta-t-elle, au cas où l'information soit utile.  "Et frisé", pensa-t-elle à préciser, après réflexion.  "J'ai failli le tuer, mais pas vraiment.  Je suivais un papillon, d'accord ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y eut un autre silence, mais différent du premier.  C'était cette fois le genre de silence nécessaire pour tracer une ligne entre les points éparpillés, dans l'espoir que les traits finissent par former une image reconnaissable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est quoi le rapport ?", osa demander Pidgeonboy, incertain du lien entre les papillons et la mutilation des oreilles par ce que Shmae Girl considérait comme de la musique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est parce que c'était un papillon trop chouette, avec de grandes ailes colorées et une façon de voler super intéressante.  J'ai foncé dans Cédric sans faire exprès", elle s'adressa à Esoj avec une expression de fierté étalée partout sur son visage.  "Et je ne l'ai pas tué !  Je lui ai même demandé si ça allait."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est très bien ça", sourit Esoj.  "Mais tu sais, ce n'est pas facile de devenir barde, il faut avoir du tale–", le reste du mot lui resta coincé dans la gorge quand elle remarqua l'expression de Spider-chan.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Quelle bonne idée !", s'enthousiasma Carpet-Vale.  "Les bardes ont toujours de très jolis vêtements !" &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le regard noir et glacé de l'elfe ne doucha pas l'enthousiasme de la magicienne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Et puis, c'est facile de devenir riche !  Dans les villes où chanter et danser n'est pas suffisant, tu peux combler les fins de mois en couch–" &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une dague siffla près de son oreille et elle décida qu'elle en avait assez dit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Shmae, écoute-moi, s'il te plaît...", commença Spider-chan, essayant de la raisonner.  "Tu te souviens sûrement de ce congrès où Pidgeonboy insistait pour aller ?  Quand tu as décidé de devenir voleuse ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La jeune femme fit un effort pour se souvenir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"J'étais meilleure que Pibi et il n'aimait pas ça !", sourit-elle. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pidgeonboy sortit de sa cachette pour répliquer mais y retourna rapidement quand une botte manqua sa tête de peu. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Tu as essayé de voler un momunent public, Shmae.  Tu as essayé de voler la mairie.  Tu as aussi essayé de voler la prison, pour ne pas qu'on t'y enferme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;—  ...Les prisonniers étaient contents que je vole la porte."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'elfe ferma une seconde les yeux et essaya de réorganiser son univers mental pour communiquer avec la guerrière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ce que j'essaie de dire...", elle ne continua pas, essayant encore de trouver une façon gentille d'aborder le sujet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Qu'est-ce qui rime avec printannier ?", intervint Silent Pascal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Os brisés !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;—  Et avec... pommier en fleurs ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;—  Méga douleur !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;—  D'accord... si je te dis, hmm, terrine de lapin ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;—  J'ai faim !", répliqua sans hésiter Shmae Girl.  "Sérieux, j'ai vraiment faim", insista-t-elle quand personne ne lui donna de goûter. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le demi-elfe fouilla dans son paquetage pour lui donner les restes du déjeuner.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Alors, tu comprends pourquoi tu ne peux pas devenir barde ?", risqua Spider-chan.&lt;br /&gt;"Pourquoi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;—  Parce que... parce que, hm, tu vois...  C'est parce que...", s'embourba l'elfe, sans trouver d'explication autre que &lt;i&gt;Tu es complètement nulle !&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pidgeonboy se risqua à approcher et malgré le regard noir de l'elfe, osa parler.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Qui nous protégerait ?  Tu sais ?  Quand on se fait attaquer ?  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;—  Oh...", Shmae Girl parut sérieusement considérer la question.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Spider-chan regarda le voleur avec stupéfaction.  Puis, se rappela qu'il était à peu près autant outillé en matière de cerveau que l'était Shmae Girl.  Ça devait presque créer un lien spécial entre eux. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Shmae Girl fronça les sourcils et repensa au papillon qu'elle avait rencontrée plus tôt.  Pidgeonboy lui rappelait son papillon, il avait la même petite expression presque larmoyante et bon, il n'avait pas d'ailes - même si des ailes, ça l'aurait aidé pour fuir - alors la ressemblance était plutôt limitée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"D'accord, je vais continuer à vous protéger !", décida-t-elle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parce que ça aurait été dommage que quelqu'un de faible comme un papillon se fasse écrabouiller par le premier monstre un peu baraqué venu. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(2 mai 2011) &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Note :&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;"Le vert pâle, le vert foncé, le verglas...", énuméré par Silent Pascal est tout à fait emprunté à Claude Legault et Pierre-Yves Bernard pour faire une petite référence au passage à Dans une galaxie près de chez vous.&lt;br /&gt;&lt;a name='cutid1-end'&gt;&lt;/a&gt;</content>
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    <title>[4 drabbles] Les Losers ! + Red Flags</title>
    <published>2011-12-14T17:13:39Z</published>
    <updated>2011-12-14T17:13:39Z</updated>
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    <content type="html">Postés sur l'arbre à drabbles du &lt;a href="http://drakys.livejournal.com/400577.html" target="_blank"&gt;7 au 13 décembre&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Original &amp;gt; Les Losers ! (disclaimer : &lt;span  class="ljuser  i-ljuser  i-ljuser-type-P     "  data-ljuser="drakys" lj:user="drakys" &gt;&lt;a href="https://drakys.livejournal.com/profile/"  target="_self"  class="i-ljuser-profile" &gt;&lt;img  class="i-ljuser-userhead"  src="https://l-stat.livejournal.net/img/userinfo_v8.png?v=17080&amp;v=923.1" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="https://drakys.livejournal.com/" class="i-ljuser-username"   target="_self"   &gt;&lt;b&gt;drakys&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; &amp; &lt;span  class="ljuser  i-ljuser  i-ljuser-type-P     "  data-ljuser="supaidachan" lj:user="supaidachan" &gt;&lt;a href="https://supaidachan.livejournal.com/profile/"  target="_self"  class="i-ljuser-profile" &gt;&lt;img  class="i-ljuser-userhead"  src="https://l-stat.livejournal.net/img/userinfo_v8.png?v=17080&amp;v=923.1" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="https://supaidachan.livejournal.com/" class="i-ljuser-username"   target="_self"   &gt;&lt;b&gt;supaidachan&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;)&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Pidgeonboy - G&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Son propre bien passe avant celui des autres.  Enfin, c'est ce que Pidgeonboy croit et comme personne ne discute le point, il est &lt;i&gt;presque&lt;/i&gt; certain que les autres pourraient être éventuellement assez motivés pour sacrifier leur vie pour le protéger.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sauf si la menace est vraiment menaçante ou que ça ne leur tentent pas trop, au fond.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est pour ça que Pidgeonboy, pas convaincu à 100% qu'il peut se fier aux autres, a appris à courir très vite et à hurler, parce qu'on ne sait jamais : quelqu'un d'autre pourrait peut-être lui venir en aide.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name='cutid1-end'&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Sanson &amp; Perceval-Dorian - G&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le sourire éclatant de Perceval-Dorian aveuglait Sanson comme si le paladin était un petit soleil lui gravitant autour.  Si c'était flatteur pour l'égo de se retrouver ainsi propulsé au centre d'un univers, le sourire de l'autre homme risquait malheureusement aussi de lui faire perdre la vue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Entre les deux, Sanson préférait encore voir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Hé, Perce !  Tu souris comme ça pour une raison particulière ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— La simple satisfaction d'accomplir mon devoir en étant à vos côtés est motif suffisant pour me contenter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Tu pourrais être contenté en souriant plus discrètement ou au moins, sans briller autant ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name='cutid2-end'&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Abhainn/Sinis - PG-13 (spoiler-ish)&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tous deux se comprennent sans rien dire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Abhainn ne lui dit pas ce qu'il ne veut pas entendre, mais Sinis ressent malgré tout les paroles qu'il retient.  Les regards, les gestes sont clairs : comme cette obstination, entre chaque fois, à rester célibataire.  Abhainn n'a pas besoin de parler pour se faire entendre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sinis ne dit rien parce qu'il veut croire qu'il n'y a rien d'important entre eux.  C'est pour ça que chaque fois qu'il part, revenir devient plus difficile.  La proximité d'Abhainn rend le mensonge beaucoup plus intolérable à supporter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name='cutid3-end'&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Original &amp;gt; Red Flags (disclaimer : &lt;span  class="ljuser  i-ljuser  i-ljuser-type-P     "  data-ljuser="drakys" lj:user="drakys" &gt;&lt;a href="https://drakys.livejournal.com/profile/"  target="_self"  class="i-ljuser-profile" &gt;&lt;img  class="i-ljuser-userhead"  src="https://l-stat.livejournal.net/img/userinfo_v8.png?v=17080&amp;v=923.1" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="https://drakys.livejournal.com/" class="i-ljuser-username"   target="_self"   &gt;&lt;b&gt;drakys&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; &amp; &lt;span  class="ljuser  i-ljuser  i-ljuser-type-P     "  data-ljuser="supaidachan" lj:user="supaidachan" &gt;&lt;a href="https://supaidachan.livejournal.com/profile/"  target="_self"  class="i-ljuser-profile" &gt;&lt;img  class="i-ljuser-userhead"  src="https://l-stat.livejournal.net/img/userinfo_v8.png?v=17080&amp;v=923.1" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="https://supaidachan.livejournal.com/" class="i-ljuser-username"   target="_self"   &gt;&lt;b&gt;supaidachan&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;)&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Chan/Lee - PG-13&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le réflexe ne vient pas facilement, faire confiance lui demande un immense effort : Chan sent encore le corps de Lee se raidir quand il l'enveloppe dans ses bras pour dormir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Désolé", murmure Lee.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chan lui pardonne d'un baiser dans le cou, comme toujours s'endort le premier.  Lee reste réveillé toute la nuit.  Au cas où.  Imaginer les pires scénarios est trop ancré en lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;...Mais la vérité, c'est qu'il y a quelque chose qui lui plaît à rester là, dans la chaleur que dégage l'autre homme, à écouter sa respiration et battre son coeur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name='cutid4-end'&gt;&lt;/a&gt;</content>
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    <title>[4 drabbles] Les Losers !</title>
    <published>2011-10-05T11:37:35Z</published>
    <updated>2011-10-05T12:48:43Z</updated>
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    <content type="html">Postés sur l'arbre à drabbles &lt;a href="http://drakys.livejournal.com/388666.html" target="_blank"&gt;du 28 septembre au 4 octobre&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Original &amp;gt; Les Losers ! (disclaimer : &lt;span  class="ljuser  i-ljuser  i-ljuser-type-P     "  data-ljuser="drakys" lj:user="drakys" &gt;&lt;a href="https://drakys.livejournal.com/profile/"  target="_self"  class="i-ljuser-profile" &gt;&lt;img  class="i-ljuser-userhead"  src="https://l-stat.livejournal.net/img/userinfo_v8.png?v=17080&amp;v=923.1" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="https://drakys.livejournal.com/" class="i-ljuser-username"   target="_self"   &gt;&lt;b&gt;drakys&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; &amp; &lt;span  class="ljuser  i-ljuser  i-ljuser-type-P     "  data-ljuser="supaidachan" lj:user="supaidachan" &gt;&lt;a href="https://supaidachan.livejournal.com/profile/"  target="_self"  class="i-ljuser-profile" &gt;&lt;img  class="i-ljuser-userhead"  src="https://l-stat.livejournal.net/img/userinfo_v8.png?v=17080&amp;v=923.1" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="https://supaidachan.livejournal.com/" class="i-ljuser-username"   target="_self"   &gt;&lt;b&gt;supaidachan&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;)&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Sanson et Sinis - G&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;Étendu sur le sol, Sanson contemple le ciel, songeur.  Cette fois-ci, ça y est : il est mort pour de bon !  Toutes les fibres de son corps tirent, brûlent, piquent et lui font, en général, vraiment mal.  Trop pour qu'il soit mort, en fait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le visage de Sinis apparaît au-dessus du sien pour lui poser une question insolente :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Tu comptes te relever quand ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Jamais !&lt;/i&gt; veut hurler Sanson, avant de remarquer les petits détails.  La respiration de Sinis n'est pas si régulière que ça et il s'appuie plutôt lourdement sur ses cuisses...  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Éventuellement", sourit Sanson, la pause soudain justifiée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name='cutid1-end'&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Les Losers (moins Shmae Girl) - G&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;"Une option, déjà, ça serait de ficher le camp d'ici avant de crever !", siffle Spider-chan avec venin (sans arrêter de courir).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Mais la récompense !", rétorque Pidgeonboy en ne ralentissant pas (la récompense est assez énorme pour lui faire oublier toute idée d'abandonner). &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Attention", avertit Silent Pascal et ils se jettent tous à terre, échappant de peu à la pierre géante qui détruit le mur devant eux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"AARGHHHH !", hurle Carpet-Vale (qui vient de découvrir une maille étirée dans ses bas-collants).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Esoj soupire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Cette idée aussi d'accepter une quête alors que Shmae-Girl est clouée au lit par la grippe..."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name='cutid2-end'&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Pidgeonboy-centrique - PG&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;"Seulement cinq pièces d'or !?", s'indigna Pidgeonboy.  "Sur le Babillard, ça parlait très clairement d'une récompense de cinq cent !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le préposé au guichet du Paiement des Quêtes Complétées examina les papiers devant lui et confirma :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Après déductions, le montant est exact.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Quelles déductions !?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Bah, la destruction totale du donjon, déjà, ça n'aide pas vos finances.  Il faudra le reconstruire, vous savez...  Ensuite, il faut déduire les frais d'aide psychologique à nos employés.  Vous n'y êtes pas allés de main morte ! Humpf, vous devriez être reconnaissant qu'il vous reste cinq pièces d'or !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name='cutid3-end'&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Les Losers ! - PG&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;"De l'autre côté de la rivière de feu, vous trouverez–", commença la voix lointaine et désincarnée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Quoi !?", interrompit Pidgeonboy.  "C'est super dangereux !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— ...De l'autre côté de–", voulut répéter la voix lointaine, désincarnée et maintenant irritée aussi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Pourquoi nous parler de cette rivière quand on ne la voit même pas !", critiqua Esoj.  "Il devrait nous fournir une indication plus précise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— De l'autre–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— C'est un &lt;i&gt;donjon !&lt;/i&gt;", s'indigna Silent Pascal.  "On se doit de donjonner dans les règles !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Oh et puis, crevez donc !", grommela la voix comme le donjon commençait à s'effondrer.&lt;br /&gt;&lt;a name='cutid4-end'&gt;&lt;/a&gt;</content>
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    <title>Les Losers! &amp;gt; Sansucre ajouté [7/7] &amp;gt; Interlude</title>
    <published>2011-04-06T19:02:13Z</published>
    <updated>2011-04-06T19:02:13Z</updated>
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    <content type="html">&lt;b&gt;Anthologie:&lt;/b&gt; Sansucre ajouté&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Titre:&lt;/b&gt; Interlude&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Auteurs:&lt;/b&gt; drakys &amp; supaidachan&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Fandom:&lt;/b&gt; Original &amp;gt; Les nouvelles aventures des Losers!&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Personnages:&lt;/b&gt; Zahid et Hilal&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Rating:&lt;/b&gt; PG&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Nombre de mots :&lt;/b&gt; ~3500 mots&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Disclaimer:&lt;/b&gt; ironie &amp; bas blancs (drakys &amp; supaidachan)&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Notes:&lt;/b&gt; Tout est &lt;a href="http://community.livejournal.com/irobas/375.html" target="_blank"&gt;ici&lt;/a&gt;.  Posté pour &lt;span  class="ljuser  i-ljuser  i-ljuser-type-P     "  data-ljuser="flo_nelja" lj:user="flo_nelja" &gt;&lt;a href="https://flo-nelja.livejournal.com/profile/"  target="_self"  class="i-ljuser-profile" &gt;&lt;img  class="i-ljuser-userhead"  src="https://l-stat.livejournal.net/img/userinfo_v8.png?v=17080&amp;v=923.1" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="https://flo-nelja.livejournal.com/" class="i-ljuser-username"   target="_self"   &gt;&lt;b&gt;flo_nelja&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; dans le cadre d'&lt;span  class="ljuser  i-ljuser  i-ljuser-type-P     "  data-ljuser="creerpouraider" lj:user="creerpouraider" &gt;&lt;a href="https://creerpouraider.livejournal.com/profile/"  target="_self"  class="i-ljuser-profile" &gt;&lt;img  class="i-ljuser-userhead"  src="https://l-stat.livejournal.net/img/userinfo_v8.png?v=17080&amp;v=923.1" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="https://creerpouraider.livejournal.com/" class="i-ljuser-username"   target="_self"   &gt;&lt;b&gt;creerpouraider&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils étaient dans un salon de thé, parce que les salons de thé étaient les meilleurs endroits pour les discussions entre amis de longue date, qui n'avaient pas eu la chance de discuter ensemble pendant un certain nombre de millénaires.  Et, plus accessoirement, parce que c'était aussi les meilleurs endroit pour prendre le thé.  Avec de délicieux petits biscuits aux formes et aux couleurs sympathiques.  Rien n'était ruiné par le fait que le salon de thé s'appelait &lt;i&gt;Le Corps Humain&lt;/i&gt;, que le thé y était rouge sang et que les biscuits avaient des formes d'organes internes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Laisse-moi s'il te plaît te poser une question...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Fais donc, voyons, je t'en prie !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La question ne vint pas immédiatement : les deux amateurs de thé burent une gorgée, prirent le temps de s'en délecter.  Zahid reposa sa tasse dans la soucoupe, la rencontre des deux provoqua un petit &lt;i&gt;clink !&lt;/i&gt; caractéristique qui trahissait de la vaisselle de qualité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Comment as-tu fait, ami Hilal ?", demanda-t-il en pigeant un biscuit dans l'assiette entre eux (en forme de cœur, avec une justesse certaine en pâte rose pour représenter les ventricules, les oreillettes et des petits segments de l'aorte, la veine cave et l'artère pulmonaire). &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il le trempa dans son thé et le porta à ses lèvres.  Le biscuit craqua entre ses dents, révélant la confiture de fraises qui le remplissait.  Ses yeux trop verts de Zahid, eux, ne quittèrent jamais ceux de son interlocuteur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Comment ai-je fait quoi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Pour survivre dans cette misérable Pierre, voyons !", s'exclama Zahid en roulant des yeux.  "À exaucer les vœux des Ouestants, jour après jour, tous les jours, sans la plus petite distraction ?  Jamais je n'aurais pu supporter pareille torture !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Pareille routine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Quoi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— C'était routinier, certes, mais ce n'était pas de la torture", sourit Hilal en grignotant un coin de biscuit (un délicat petit cerveau couvert de sucre rose).&lt;br /&gt;"Routine, torture, c'est du pareil au même !  L'ennui que les deux provoquent est intolérable."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hilal y pensa, tout ça paraissait déjà loin derrière lui, même si son emprisonnement n'avait pris fin que la veille.  En y pensant, il réalisa que tout ça lui importait assez peu, au fond.  Il haussa les épaules.  Le plus lentement du monde, il prit une gorgée de thé, s'amusant de la réaction de l'autre homme.  Il ignora son regard furieux, il ignora son regard quand il devint insistant, il continua à ignorer son regard quand il prit une tournure insultante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Tu as toujours été impatient", murmura enfin Hilal avant que, dû à l'échec combiné de la fureur, de l'insistance et de l'insulte, Zahid finisse par l'étrangler.  "Les voeux des Ouestants étaient d'une simplicité désarmante, mon cher Zahid.  Une nouvelle pelle, une nouvelle pioche, un nouveau manteau à carreaux, parfois une choppe de bière bien fraîche ou alors une barbe plus soyeuse.  Rien de bien compliqué, ces nains n'ont guère de désirs extravagants.  Quant à la prison, elle s'est révélée fort confortable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— La Pierre était minuscule !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hilal sourit et tendit le bras vers l'assiette de biscuits.  Il hésita, sélectionna finalement un poumon (décoré de fines bronchioles en sucre).  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"À l'extérieur seulement.  À l'intérieur, c'était beaucoup plus spacieux.  Ne me dis pas que pendant notre longue séparation, tu as appris à croire aux apparences ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Zahid fit la moue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Bien sûr", continua Hilal, "j'ai dû apporter quelques améliorations à mes appartements.  Le Sage fut fort généreux de m'accorder un manoir de quinze pièces comme prison.  Je doute d'ailleurs fort que Vice ait été mis au courant de ce détail de conception...  J'ai vite réalisé que je n'avais aucune utilité pour un petit bureau et sa pièce attenante, alors j'ai consacré les dix ou douze premières années de captivité à des rénovations pour les convertir en salle d'entraînement décente.  Tu sais bien à quel point je suis peu doué pour les travaux manuels.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Une salle d'entraînement !", s'exclama Zahid.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Voyons, ami Zahid !  Parce que mon arme m'a été confisquée ne voulait en rien signifier qu'il m'était interdit de garder la forme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Je crois que la but de la Pierre était &lt;i&gt;justement&lt;/i&gt; de nous empêcher de garder notre forme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Oh, qu'est la forme pour un djinn au fond ?", Hilal se désigna d'un geste vague.  "Nous ne prenions certes pas la peine de prendre cette forme humaine avant qu'émergent les jeunes races !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il reposa tasse et soucoupe sur la table, repoussa une mèche de cheveux pâles derrière son oreille et souleva la théière pour se reprendre du thé.  L'autre djinn tendit sa tasse et il le servit également.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Et toi, ami Zahid ?  À quoi as-tu consacré...", il fronça les sourcils, torturé par un calcul de toute évidence fort complexe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ces derniers deux millénaires", précisa pour lui Zahid.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hilal hocha la tête, retrouvant aussitôt un sourire doux maintenant que cette épineuse question était réglée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"À quoi as-tu consacré ces derniers deux millénaires ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Oh, à ceci et à cela !", répondit évasivement Zahid en se penchant pour prendre un autre biscuit dans l'assiette (un rein, avec une partie de l'uretère). &lt;br /&gt;Il croqua dedans et épousseta des miettes imaginaires.  Sur le visage d'Hilal se dessina un sourire en coin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Le temps n'a guère soigné ton envie pour le mystère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Le temps !", siffla Zahid, dégoûté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il reposa violemment sa tasse sur la table, faisant craquer la soucoupe à l'impact, et se leva.  Hilal étendit une main, la toucha du bout des doigts et la fissure disparut.  Zahid secoua la tête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Que croyais-tu, Hilal !?", gronda-t-il, laissant pour une fois tomber le ami en s'adressant à lui.  "Qu'avec le temps, j'accepterais mon sort, que me plierais au destin ridicule imposé par Zakiya ?  &lt;i&gt;Ha !&lt;/i&gt;", sa voix devint rauque, haineuse, ses yeux brillèrent d'une lueur malsaine.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il se leva, mains derrière son dos et arpenta la pièce à grand pas rageurs.&lt;br /&gt;"J'ai passé ces années à vous chercher, à vous chercher et à tout faire pour comprendre le sort pour vous libérer !  Je l'ai retrouvé &lt;i&gt;lui&lt;/i&gt;...  Et j'ai finalement trouvé les outils pour le détruire !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hilal le considéra avec une expression pensive, prit bonne note de son aura destructrice.  Il tourna la tête à gauche et à droite, but une petite gorgée de thé et reposa sa tasse sur la table basse entre eux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Ami Zahid ?", se risqua-t-il éventuellement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"&lt;i&gt;Quoi !?&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;— S'il te plaît, reprends ta place.  Tu terrifies ces pauvres humains autour de nous..&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Et alors ?  Ce ne sont que des–"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hilal releva la tête ; Zahid s'interrompit.  Les yeux pâles d'Hilal brillèrent une seconde avec un éclat menaçant et il dévisagea Zahid.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je t'ai demandé de reprendre ta place", gronda-t-il, sa voix était grave, caressante, chargée d'une magie ancienne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Zahid se laissa retomber sur son siège avec un soupir, son agressivité s'évaporant.  Il croisa les bras et fit la moue, comme un enfant prit en faute.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je ne suis pas sous tes ordres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Oh, plus personne ne l'est, bien sûr", sourit Hilal.  "Mais la Voix est toujours terriblement convaincante.  J'ai eu, selon ton compte, deux millénaires pour la perfectionner.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Je crois que je te déteste."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hilal éclata de rire et fit un peu de ménage sur la petite table, empilant les soucoupes, groupant les deux tasses, déposant le tout dans le plateau maintenant vidé de ses biscuits.  Une fois satisfait, il se leva et tendit une main à Zahid pour l'inviter à faire de même.  Zahid se laissa hisser sur pieds et ils se dirigèrent vers la sortie.  Hilal lui donna une grande claque dans le dos.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ami Zahid, peu m'importe ce que tu as fait de ces deux derniers millénaires !  Tu me vois heureux que ta personnalité s'en soit trouvée améliorée !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Zahid ouvrit la bouche pour lui répondre d'une belle réplique acerbe, se renfrogna plutôt et préféra garder le silence.  Hilal hésita, sur le pas de la porte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ne dois-tu pas payer ces humains pour ce que nous avons consommé ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Pourquoi ?", s'étonna Zahid.  "Ils ne savent pas que nous sommes là, j'ai effacé toute trace de notre présence ici !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Comment ?", s'insurgea l'autre djinn, horrifié.  "&lt;i&gt;Zahid !&lt;/i&gt;"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils se dévisagèrent pendant un long moment, lourd et plein de silence, de menaces subtiles, de magie sur le point de tout simplement détruire le charmant et innocent petit salon de thé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Oh, si tu insistes !", céda Zahid et il leva une main, fit un geste rapide et sur le comptoir cliquetèrent une petite pile de pièces d'or pour régler leur addition (en y ajoutant un très généreux pourboire).  "Deux millénaires d'emprisonnement n'ont absolument rien fait pour corriger ton incurable et ridicule honnêteté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Délicate attention", le complimenta Hilal avec un hochement de tête approbateur, "d'avoir pris l'argent dans la bourse de ce voleur dans le village voisin."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Où nous dirigeons-nous, ami Zahid ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— À ton choix, nous pouvons libérer Faten ou Leila."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hilal haussa un sourcil.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Faten ou Leila ?  Je ne suis guère en mesure de choisir entre elles !", répéta-t-il et il sembla se rappeler un détail.  "Et... le jeune Tarek ?", demanda-t-il lentement, soudain inquiet de la réponse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Zahid secoua la tête et écarta les mains.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Pour lui, ma seule magie est insuffisante...", dit-il avec humeur, l'aveu lui coûtant terriblement.  "Nous devrons être tous les quatre pour l'aider et encore...", il hésita et Hilal chercha à croiser son regard ; Zahid l'évita soigneusement, continua dans un murmure : "Même si nous trouvons la clé, j'espère seulement que son esprit n'est pas brisé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Quoi ?  Mais quelle punition cruelle lui a-t-on imposé, ami Zahid ?  Je t'en prie, dis-le moi !  Je ne peux croire que le Sage–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Crois-tu vraiment que le Sage a eu le choix !?  Oh, il a bien essayé.  Il a parlé de droits fondamentaux, de cruauté gratuite, un très beau discours, mais ses mots sont tombés dans des oreilles sourdes", expliqua Zahid, en voyant l'expression de l'autre djinn.  "Crois-tu que Zakiya lui-même a eu le choix !?  C'est Vice qui nous a retrouvé, c'est lui qui a capturé Tarek et", sa voix s'étrangla.  "J'ai dû &lt;i&gt;regarder&lt;/i&gt;, Hilal.  J'ai dû l'entendre &lt;i&gt;hurler&lt;/i&gt;, j'avais pensé qu'il subirait le même sort que vous, mais–  C'était un destin trop doux pour lui, quand ils ont réalisé qu'il possédait deux pouvoirs."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Zahid s'arrêta et il fixa le sol.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"J'aurais dû–"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hilal lui agrippa le bras et y serra les doigts sans pitié, jusqu'à ce que l'autre djinn pousse une exclamation de douleur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"&lt;i&gt;Non.&lt;/i&gt;"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il le serra encore plus fort, le secoua jusqu'à ce que Zahid lève les yeux vers lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Non, Zahid !  Je t'interdis de te comporter ainsi !  Le passé est le passé.  Laisse-le derrière nous !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Zahid le dévisagea, figé.  Il se libéra soudain d'un geste brusque et resta une fraction de seconde immobile, passant finalement les mains devant son visage.  Il retrouva son sourire suffisant, eut un petit rire moqueur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Oh, ami Hilal, tu t'es laissé prendre !  Me crois-tu encore prisonnier de ses vieux souvenirs ?", il éclata franchement de rire et prit les devants.  "Tu as toujours été un grand émotif !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hilal soupira et le laissa le distancer.  Il lui emboîta éventuellement le pas, pour s'arrêter, distrait par quelque chose au loin.  Il pointa.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Que sont toutes ces jolies couleurs, là-bas ?", voulut-il savoir, curieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Une simple foire", soupira Zahid, après un regard dans la direction indiquée, et il roula des yeux.  "D'inintéressants jeux pour d'inintéressants humains.  De la magie de pacotille, rien d'autre que des tours ennuyeux pour faire rire des gamins morveux.  Des tricheries faciles pour voler l'argent de ceux assez naïfs pour–"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il réalisa soudain qu'il parlait tout seul, se retourna.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Ami Hilal ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Zahid le regarda s'éloigner à la course, pour rejoindre la foire.  Il ouvrit la bouche pour le rappeler.  La referma, sachant très bien qu'il ne ferait que terriblement perdre son temps et épuiser sa salive pour une cause perdue d'avance.  Avec un autre soupir, à l'attention de quiconque voudrait bien prendre note qu'il s'y rendait seulement parce qu'il y était forcé, Zahid le suivit. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ceci est délicieux !  Absolument délicieux !  ...Qu'est-ce au juste ?", demanda Hilal en étirant de longs fils roses pour les lécher une fois qu'ils s'étaient écrasés et collés à ses doigts.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"De la barbe à papa", grinça Zahid entre ses dents. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'autre djinn considéra cette explication avec perplexité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"J'ignorais que la barbe de ton père était rose ainsi que sucrée.  Comment ces humains en vinrent-ils à la couper ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Zahid se retourna dans un mouvement brusque, le dévisagea scrupuleusement, cherchant sur son visage la moindre trace d'humour.  Hilal s'arrêta aussi, attendit tranquillement de recevoir une réponse.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Quoi !?  Mais cette barbe n'a rien à voir avec mon père !  C'est une confiserie !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Ah."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils se dévisagèrent.  Hilal ouvrit la bouche ; Zahid siffla :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est un truc humain !  Un truc sucré pour pourrir les dents, qui vient dans des couleurs débiles et qui sert généralement à faire taire les enfants !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— ...En fait, j'étais curieux de savoir si cela faisait très longtemps que les pommes avaient cette étrange et luisante couleur et qu'elles poussaient avec des bâtons plantés dedans ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Zahid roula des yeux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est des pommes au caramel !" &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Quelles étranges coutumes !  Dis-moi, Zahid, pourquoi cette jeune femme se laisse-t-elle ainsi lier les poignets ?  Ne devrait-elle pas se battre pour conserver sa liberté ?", demanda Hilal, ses yeux pâles brillants de curiosité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Zahid jeta un coup d'oeil parfaitement désintéressé au grand bac rempli d'eau, dans lequel flottaient des pommes.  Les enfants qui criaient l'agaçaient, mais pas autant que cette guerrière qui insistait pour que les nœuds soient serrés.  &lt;i&gt;Très serrés, vraiment serrés, oui comme ça, c'est mieux.  Et qu'ils soient particulièrement durs à défaire aussi, s'il vous plaît monsieur !&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est un jeu...  Ne crois-tu pas, ami Hilal, que nous devrions–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Un jeu !", s'exclama l'autre djinn, s'empressant de l'interrompre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il remarqua très bien l'impatience de Zahid.  Son impatience était aussi évidente que le nez au milieu du visage.  Hilal sourit.  Un sourire provocateur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Un jeu", confirma Zahid entre ses dents serrées.  "Maintenant que tu sais, pouvons-nous–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— &lt;i&gt;Oh !&lt;/i&gt;", le coupa Hilal, l'ignorant complètement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'organisateur du jeu venait de lever le bras ; Hilal agrippa celui de Zahid, qui roula des yeux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Prêts ? Allez-y !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les participants - les petits et la grande - plongèrent la tête dans le bac pour récupérer les pommes avec leurs dents.  Peu de temps s'écoula avant que la jeune femme soit déclarée championne, au milieu des pleurs des participants plus jeunes.  Une fois séchée, elle s'éloigna et avant que Zahid puisse l'en empêcher, Hilal se présenta pour participer au round suivant.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ah non, hein !", l'organisateur lui lança un regard noir.  "Plus d'adultes !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les yeux de Zahid étincelèrent et Hilal se prépara à l'arrêter avant qu'il fasse griller sur place le pauvre homme, son stand et la foire au complet.  Hilal fut surpris que Zahid l'agrippe plutôt par les épaules et commence à le secouer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"&lt;i&gt;Arrête de nous retarder !&lt;/i&gt;", siffla-t-il et Hilal éclata de rire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Mais, ami Zahid !  J'ai tant de choses à découvrir, maintenant que je suis libre !"  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ami Zahid, pourquoi cette jeune elfe tente-t-elle d'abattre des canards de bois ?", murmura Hilal à son oreille.  "Elle ne pourra guère s'en sustenter, ils comportent fort peu de chair.  D'ailleurs, depuis quand cette race consomme-t-elle la pulpe de bois ?  Est-ce un met commun ou fin, dis-moi ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— C'est un simple jeu d'adresse !", s'énerva Zahid.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Oh...", fit finalement Hilal, après avoir considéré sa réponse pendant un certain temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Zahid secoua la tête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Nous perdons notre temps, ne devrions-nous pas–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Nous avons tout le temps voulu !", s'exclama l'autre djinn.  "Que lui a-t-on remis ?", s'enthousiasma Hilal.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est une peluche... un récompense pour souligner son adresse." &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les yeux d'Hilal brillèrent ; Zahid réalisa son erreur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Non !", supplia-t-il, mais l'autre djinn fonçait déjà vers l'attraction.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'elfe le regarda à peine en lui tendant l'arc.  Hilal ne remarqua même pas l'épuisement du jeune homme qui faisait tourner les canards en pédalant.  Zahid grogna, puis soupira.  Il claqua des doigts et s'installa sur le banc qu'il venait de faire apparaître.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Zahid sortit à la course de la Maison Hantée, convaincu de la nécessité absolue de mettre le plus rapidement possible le plus de distance possible entre elle et lui.  Hilal le suivit en riant.  Ils dépassèrent la file d'attente, croisant deux jeunes femmes hilares.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ça va être génial !  Tu as entendu ces hurlements terrifiés, hein ?  Tu les as entendus ?  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Comment voulais-tu ne pas les entendre ?  Toute la région a dû les entendre !  C'est assuré que ça va être Grand !  Des cris comme ça, ça promet des choses belles et bonnes comme...  comme des crises cardiaques et des occasions multipliées de mouiller son pantalon !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hilal finit par rattraper l'autre djinn.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je te déteste !", siffla Zahid, une main contre sa poitrine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il sentait encore son cœur qui essayait d'exploser.  Ou de lui sortir par la bouche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Tu ne cessais de te plaindre que cette attraction était d'un ennui abrutissant !  J'ai seulement voulu... l'améliorer."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Zahid lui lança un regard particulièrement noir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je te &lt;i&gt;déteste !&lt;/i&gt;", répéta-t-il - parce que c'était un bon argument et Zahid n'était pas un djinn qui gaspillait les bons arguments.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Oh, ne fais pas tant de façons, ce n'était qu'une toute &lt;i&gt;petite&lt;/i&gt; araignée des sables !  Ne me dis pas, qu'après toutes ces années, tu as encore p–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Elle n'était pas &lt;i&gt;petite&lt;/i&gt;, d'accord !?  Il n'y a absolument rien de &lt;i&gt;petit&lt;/i&gt; dans une araignée des sables dont les pattes font dix mètres de long !  Surtout quand elle pèse à peu près six tonnes et demi !  &lt;i&gt;Et qu'elle me tombe dessus sans avertir !&lt;/i&gt;", siffla Zahid entre ses dents serrées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hilal sourit.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Si cette pauvre petite araignée t'as effrayé, n'est-il pas heureux qu'il ne me soit pas venu à l'esprit de conjurer un scorpion des dunes ou encore un millipède des oasis ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Zahid pâlit.  Beaucoup.  Il dut faire un effort terrible pour éviter de tourner de l'oeil. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ami Hilal, je te signale avec un certain niveau d'exaspération que nous perdons notre temps !  Serait-il enfin possible de quitter cet endroit avant que...", Zahid réalisa qu'il parlait encore une fois dans le vide.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il se retourna juste à temps pour voir Hilal se diriger vers une énième tente annonçant une énième activité complètement débile.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"J'aimerais participer !", s'exclama Hilal au guichet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il chercha ses poches pour trouver le prix d'entrée et lança vers Zahid un regard suppliant.  Avec un roulement exaspéré des yeux, Zahid claqua des doigts et fit apparaître la somme dans la paume de l'autre djinn.  Hilal ne questionna pas la provenance des pièces.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Bien sûr !", s'enthousiasma l'organisateur avant de lui tendre un parchemin à signer. "Voilà la déclaration qui nous libère de toute responsabilité si vous subissez des blessures légères, graves ou même mortelles ou tout autre forme d'atteinte à votre état physique ou psychique. Veuillez apposer votre signature, sceau ou X sur la petite ligne pointillée en bas du document."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le djinn hésita, préféra participer de façon anonyme et traça un X fortement stylisé.  On lui tendit un autre papier. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Voici maintenant la formule de location de l'arme nécessaire pour officialiser votre participation, encore une fois, votre griffe sur la petite ligne pointillée, s'il vous plaît. Veuillez noter que si le bâton est brisé, vous devrez le rembourser ou il sera déduit de votre prix si vous gagnez."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dès qu'il eut signé ce nouveau document, on lui tendit un bâton protégé à chaque bout par des couches de tissus fixées solidement et on le poussa d'une grande claque dans le dos vers l'arène où avait lieu les combats.&lt;br /&gt;Hilal s'y avança, attendant tranquillement son tour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Une toute petite question de rien du tout, si tu me le permets, ami Hilal...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— N'hésite surtout pas, ami Zahid !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Tu le fais exprès, n'est-ce pas ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Plaît-il ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Pour me rendre dingue !  Tu fais exprès pour me rendre complètement dingue !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hilal ne lâcha pas des yeux le jeune combattant qui menait le combat avec peut-être un certain manque de confiance, mais certainement avec une belle adresse.  Peut-être se dessina-t-il sur son visage l'esquisse d'un très pâle sourire discret.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Moi ?", fit-il, sa voix fouillant en lui-même pour trouver des ressources insoupçonnées d'innocence.  "Mais quelle idée !"  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il s'empressa de grimper dans la structure dès que son prédécesseur s'en vit expulsé d'un coup précis.  Zahid soupira, croisa les bras et se résigna à devoir repousser, encore une fois, le début de leur quête qui devait mener à la libération des autres djinns.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Il m'énerve !", s'exclama-t-il avec humeur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Et moi pareil !", grogna avec une humeur tout à fait similaire une voix près de lui.  "Oh, minute...  Vous ne parlez pas du pseudo-champion, peut-être ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Zahid se retourna vers celui qui osait lui parler comme ça.  Il allait lui répondre avec deux ou trois insultes choisies quand il remarqua les armes que portaient le demi-elfe.  Une expression étrange passa sur son visage.  En un éclair, les traits de son visage s'arrangèrent pour faire de lui le plus charmant et le plus aimable des interlocuteurs.  Ses yeux, eux, restèrent vrillés sur les sabres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Ah, l'énergumène est donc bon ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Surprenant serait plus juste", soupira le demi-elfe.  "Votre ami n'a aucune–"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le demi-elfe n'eut pas le temps de dire chance que Hilal expérimentait le vol plané.  Il s'écrasa à leurs pieds avec un grand sourire aux lèvres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"&lt;i&gt;Génial !&lt;/i&gt;"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Zahid roula des yeux et lui tendit un bras pour l'aider à se relever.  Le demi-elfe, avec une expression blasée, commenta &lt;i&gt;Je vois que je ne suis pas le seul à avoir un membre dans mon groupe qui est incroyablement enthousiaste pour les trucs les plus étranges.&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"On peut partir maintenant ?", demanda Zahid.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Mais je n'ai pas encore essayé–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Tu me méprends sur le sens de ma question, ami Hilal.  Ce que j'ai voulu exprimer si poliment, c'était : on part tout de suite ou je t'extirpe la cervelle par le nez."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le demi-elfe hocha la tête et murmura &lt;i&gt;Ah, et voici l'équivalent pour les sautes d'humeur...&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(décembre 2010, révision finale : 5 avril 2011)   &lt;br /&gt;&lt;a name='cutid1-end'&gt;&lt;/a&gt;</content>
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    <title>Les Losers! &amp;gt; Sansucre ajouté [6/7] &amp;gt; La relaxation par le thé</title>
    <published>2011-04-04T13:34:23Z</published>
    <updated>2011-04-06T17:46:01Z</updated>
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    <content type="html">&lt;b&gt;Anthologie:&lt;/b&gt; Sansucre ajouté&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Titre:&lt;/b&gt; La relaxation par le thé&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Auteurs:&lt;/b&gt; drakys &amp; supaidachan&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Fandom:&lt;/b&gt; Original &amp;gt; Les nouvelles aventures des Losers!&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Personnages:&lt;/b&gt; Sanson et cie&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Rating:&lt;/b&gt; PG&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Nombre de mots :&lt;/b&gt; ~4600 mots&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Disclaimer:&lt;/b&gt; ironie &amp; bas blancs (drakys &amp; supaidachan)&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Notes:&lt;/b&gt; Tout est &lt;a href="http://community.livejournal.com/irobas/375.html" target="_blank"&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est vraiment pas avec tous ces détours qu'on va en trouver d'autres, des Pierres de Voeux !", se plaignit Sanson.  "Zahid a le temps de trouver les autres dix millions de fois avant qu'on se rendre au puits-machin où il devrait y en avoir une !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sinis s'arrêta, se retourna et après une grande inspiration, énuméra :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Les kits de forgeron portables à faire livrer, la chasse aux rats surprise, la petite séance shopping à la librairie, les campagnes de levée de fonds pour chaque orphelinat ou temple croisés sur notre route, le musée des noix, la boutique &lt;i&gt;Fleurs &amp; Petits Arbres Décoratifs&lt;/i&gt;, le centre d'interprétation de la noisette, le centre d'interprétation des roses sauvages, le centre d'interprétation de l'amande rôtie, le centre d'interprétation des signes divins qui apparaissent sur des rôties...  Je peux me tromper, bien sûr, mais à ma connaissance il n'y a &lt;i&gt;aucun&lt;/i&gt; de ces arrêts imprévus qui était &lt;i&gt;ma&lt;/i&gt; faute."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les autres restèrent un instant sonné par les centaines d'icebergs palpables dans sa voix et Sinis continua, réussissant à rendre sa voix plus froide encore :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Maintenant, Sanson, tu peux petit a) arrêtez de te plaindre que notre trajet est plus long que prévu ou petit b) y aller d'une petite discussion amicale avec tes petits congénères faciles à distraire pour que vous arrêtiez de nous ralentir.  &lt;i&gt;Mon&lt;/i&gt; plan, c'était de se rendre au puits avec juste &lt;i&gt;un&lt;/i&gt; crochet par ce donjon qui m'intrigue."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La naine haussa son sourcil :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Et toutes ces irritantes attaques de gobelins entre nos charmantes et très pertinentes visites éducatives, des arrêts vraiment essentiels pour élever notre niveau général de culture, tu ne crois pas que tu en as profité pour entraîner Sanson en situation de combat réel ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sinis la dévisagea, incrédule, et après un moment de silence qui inquiéta les autres, il quitta le plus calmement du monde le tracé de la route et marcha jusqu'à la lisière de la forêt. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Qu'est-ce que tu fais !?", s'inquiéta Sanson, pas tellement enthousiaste de perdre leur guide, surtout qu'ils se fiaient probablement trop à lui et avaient arrêté depuis un bon moment d'acheter des cartes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Plutôt que de lui répondre, le mage de combat s'arrêta près d'un arbre et se mit à se cogner le crâne dessus.  Perceval-Dorian se précipita vers lui pour l'arrêter avant que Sinis, ou l'arbre, se blesse.  Deriner décida que, puisqu'il n'existait pas de procédure particulière en cas de soudain effondrement nerveux de l'aventurier qui tenait lieu de guide au groupe, une petite pause s'imposait.  Comme son idée d'une petite pause impliquait généralement un encas et une sieste, la naine considéra l'heure qu'il était et décida qu'ils étaient aussi bien de monter leur campement et de transformer l'encas en repas et la sieste en nuit de sommeil.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le campement fut établi, le repas fut consommé et Perceval-Dorian, parce qu'il était patient (ou masochiste), se remit à essayer d'apprendre à Sanson comment méditer.  Ce qui mit en bruit de fond le même dialogue qu'à chaque fois : ...&lt;i&gt;C'est long comment avant que ça fonctionne ?  Je médite-là ?, Mon bon prince, il vous faut d'abord impérativement vous plonger dans un état silencieux..., Oh oui, c'est vrai !&lt;/i&gt;  Une pause.  &lt;i&gt;Perce ?, Oui, mon beau seigneur ?, Ça y est là, je médite ?&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deriner en profita pour s'approcher du mage de combat et lui tendre une tasse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je ne te dirai pas que je suis désolée pour tous nos petits détours, parce que je ne suis vraiment pas désolée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Le contraire m'aurait étonné.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Par contre, je peux tout à fait administrer plus de claques derrière les genoux de Sanson pour qu'il apprenne à se taire."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Acceptant la tasse, Sinis considéra le liquide une seconde, but une gorgée et releva les yeux vers la naine.  Avec un sourire en coin, fit remarquer :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Parce que tu crois que ça aiderait ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Bien sûr que non, mais au moins, ça m'amuserait !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sinis rit doucement et but une autre gorgée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je–", commença-t-il avant de froncer les sourcils, de fixer un point vague sur le sol et de tomber sur le côté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Whoa, il était vraiment crevé !", s'étonna Sanson, brisant aussitôt ce qu'il croyait être un état de profonde méditation, en voyant Sinis s'effondrer comme une masse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deriner rigola.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Tu parles !  Avec la dose de somnifères que j'ai mélangée dans son thé, il va dormir comme un bienheureux jusqu'au petit matin !  Ça lui calmera les nerfs !", elle eut un petit sourire victorieux.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je savais bien que je réussirais à concocter un truc que même lui ne goûterait pas, hé hé...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Belle dame naine, je ne puis concevoir que vous avez osé !", s'indigna le paladin.  "Que viendra-t-il à se produire, si par malheur–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Oh, gamin, allez !  Ne fais pas cette tête !  Tout le monde sait que ça n'arrive que dans les histoires, les pépins qui surviennent quand le meil– le deuxième meilleur combattant du groupe est K.O.." &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sinis émergea du sommeil avec l'impression que ses paupières pesaient des centaines de kilos chacune.  Pendant un instant, il eut envie de céder à la facilité et de se rendormir.  Il secoua la tête et après deux tentatives, il réussit à se soulever sur les coudes.  Il s'était réveillé pour une raison...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il cligna des yeux, sonné, et fronça les sourcils, essayant de retrouver pourquoi il devait rester conscient.  Sa bouche était pâteuse et sa langue lui paraissait énorme... Qu'est-ce qu'il avait bu avant–  Sinis entendit encore ce qui l'avait réveillé.  Des pas qui se rapprochaient et des glapissements amusés : l'avancée sans discrétion de créatures trop bêtes pour même penser à user de discrétion dans une attaque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sinis chercha des yeux qui gardait leur campement, ne vit personne et réalisa l'arnaque.  Deriner l'avait drogué !  Et ces idiots dormaient tranquillement sans s'être soucié d'établir des tours de garde !  Il tâtonna pour trouver son épée.  Refermant les doigts dessus, il la lança vers Sanson, qui était le plus près, avec l'intention qu'elle lui atterrisse sur le ventre pour le réveiller.  Avec une grimace, il constata en l'entendant crier qu'il venait plutôt de la lui lancer sur la tête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Mon nez !", cria Sanson.  "J'ai le nez cassé !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pas le cri d'alerte le plus classe, mais au moins, Deriner et Perceval-Dorian se réveillèrent à leur tour.  Comme la naine n'était pas à son meilleur à son réveil, elle rétorqua avec humeur :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Dommage que ce ne soit pas une langue arrachée ton problème, on aurait eu la paix !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Ce n'est pas le temps...  Vos armes...", grinça Sinis, la bouche sèche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Tu es réveillé !?", s'étonna la naine en le voyant essayer de se lever.  "Avec ce que je t'ai–  Je veux dire, hm, tu es bien matinal !  Surtout qu'on est encore au milieu de la nuit !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sinis se laissa retomber sur le dos et ferma les yeux, étourdi.  Il expira lentement et prit une grande inspiration avant de se risquer à rouvrir les yeux.  Il allait tuer Deriner s'il ne se faisait pas tuer avant par une saloperie de gobelin puant !  Il réalisa un peu tard qu'il venait de se départir de son épée et tâtonna pour trouver sa dague.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Gobelins, il y a des gobelins !", avertit-il comme le premier apparaissait entre deux arbres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il se redressa sur les genoux pour lancer sa dague et entendit Sanson s'exclamer :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Trop fort !  Un peu plus à droite et il se la prenait dans la tronche !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— ...Sinis ?", il entendit à peine la voix de Deriner.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout lui paressait lointain, beaucoup trop lointain...  Il avait envie de se laisser tomber par terre et de dormir pendant le prochain siècle, n'importe quoi pour ignorer ses réflexes pourris et ce qui lui paraissait sa mort inévitable dans les prochaines secondes.  Il se mordit l'intérieur de la bouche et plongea ses doigts dans le sol : le goût du sang et la fraîcheur de la terre le tirèrent un peu de sa torpeur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Les gobelins...", répéta-t-il en serrant les dents.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"On s'en occupe !", lui assura Deriner avec un rare empressement.  "Sanson, dégaine ton épée !  Qu'est-ce que tu attends ?  Une invitation ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Mais Sinis–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Sanson, ce n'est pas le temps de t'inquiéter.  Gamin, je m'occupe du petit prince, alors pas besoin de t'en faire pour lui !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il entendit le début de la confrontation et releva la tête avec une lenteur qui lui donna envie de hurler : Perceval-Dorian venait sans aucun doute de lui sauver la vie en se plaçant devant lui.  Génial.  Il avait besoin d'un choc, quelque chose pour briser cette impression que la réalité était tellement distante qu'elle était impossible à atteindre.  Sinis baissa la tête et fixa le sol.  Il inspira et resserra soudain le poing gauche dans la terre.  Une tige de métal s'étira pour venir lui transpercer l'épaule gauche avant de disparaître.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Hnghnnn", grinça-t-il. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sa main droite tira une épée de la terre et il se releva, dépassant le paladin et se jetant dans le combat.  Avec un mot de pouvoir, une dizaine de tiges allèrent empaler autant de gobelins.  Essayant d'ignorer leurs cris pitoyables, Sinis se damna du manque de précision.  Passant de l'un à l'autre, il les mit à mort avec des gestes rapides.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Arrête de viser les bras et les jambes.  Eux n'hésiteront pas pour te tuer", dit-il à Perceval-Dorian en revenant vers lui.  "Chaque fois que tu évites d'en tuer un, ça en fait un de plus qui peut s'en prendre à Sanson.  Regarde-le", gronda-t-il. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le paladin se retourna et Sinis en profita pour crier un autre mot de pouvoir, envoyant voler une autre demi-douzaine de gobelins.  De l'autre côté de leur camp, Sanson se battait contre deux gobelins, avec une expression crispée et avec des gestes hésitants.  Le premier tomba, Avro le Conquérant lui fendant le crâne et le second couina de douleur quand Deriner lui enfonça une dague dans une cuisse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Je ne puis, en toute conscience priver de la vie ces créatures avec lesquelles il nous serait possible de discuter pour arriver à une résolution pacifique de–" &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sinis l'interrompit en se glissant derrière lui, ouvrant d'un coup de lame la gorge d'un autre gobelin.  Le sang l'éclaboussa et il jura entre ses dents, irrité que toutes ses attaques soient aussi nulles.  D'un autre coup, il parvint à le décapiter, mettant fin à ses horribles sifflements paniqués.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ils te donnent l'impression qu'ils ont envie de discuter ?", siffla Sinis en se retournant vers le paladin.  "Crois-moi, ce n'est pas le genre de créatures avec lesquelles on peut s'asseoir pour prendre le thé et–"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il écarquilla les yeux et baissa le regard.  La pointe du couteau ne dépassait pas de son ventre, c'était déjà ça, ça aurait beaucoup trop donné dans le dramatique.  Il cligna des yeux, sentant la moiteur du sang lui mouiller le dos.  ...Est-ce qu'il venait de tourner le dos à des &lt;i&gt;gobelins&lt;/i&gt; ?  Pour essayer de faire entendre raison à un &lt;i&gt;paladin&lt;/i&gt; ?  Il réalisa que oui, quand la lame fut retirée d'un coup sec de son dos.  Il entendit un glapissement satisfait derrière lui.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il se retourna, enfonça sa lame dans le ventre du gobelin et la retira d'un coup sec.  Le poussant du pied quand il s'effondra.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Saloperie de gobelin de merde !", gueula-t-il, surpris que Perceval-Dorian laisse passer l'exclamation sans l'interrompre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Grimaçant, il ferma les yeux et se concentra sur le sol.  Sinis referma le poing sur l'avant-bras du paladin pour l'arrêter quand il le sentit approcher.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ne. Bouge. Pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Que–"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Perceval-Dorian se tut quand le sol trembla.  Sinis entendit sa respiration rapide, l'exclamation surprise de Sanson, le silence étonné de Deriner.  Il entendit les vibrations qui parcouraient la terre, calmes et puissantes.  Il sentit où se tenaient les gobelins restants, soudain hésitants et apeurés.  Ils sautillaient nerveusement d'un pied à l'autre, causant des sons étouffés dans le sol.  Sinis bougea les lèvres en silence et la terre se souleva comme une vague furieuse, repoussant violemment les gobelins qui prirent la fuite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Perce ?", murmura Sinis en le relâchant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"M– messire mage ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Ils vont revenir si on ne se débarrasse pas d'eux.  ...Ils sont trop nombreux, ce n'est pas normal", continua-t-il plus pour lui-même.  "Je vais–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Je vous l'interdit avec la plus insistante des véhémences !", l'interrompit le paladin.  "Me croyez-vous à ce point dénué d'intelligence pour penser même un seul instant que je puisse, en considération de votre état, en toute quiétude vous laissez–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Baisse le ton, Sanson n'a pas remarqué", le coupa Sinis à voix basse en jetant un regard vers les deux autres.  "Je peux faire sans une crise d'hystérie.  Déjà que pour le coup du somnifère, Deriner doit être dans une humeur de m–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Permettez-moi dans ce cas de vous accompagner, si je ne puis réussir à vous raisonner.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Si ça peut te faire plaisir.  Hé, Sanson !  Rends-moi mon épée", appela-t-il.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Quoi ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sinis pointa.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Mon épée.  Tu sais, celle qui a failli te péter le nez ?  Tu t'es battu avec.  Je peux la ravoir ?"&lt;br /&gt;Sanson fixa d'un air hébété l'arme qu'il tenait encore.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Oh, pardon !", et il la lança.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sinis fit un pas de côté et la laissa tomber par terre, n'osant même pas essayer de l'attraper avec ses réflexes embrouillés.  Le paladin se pencha avant lui pour la ramasser et la lui tendit, les yeux baissés. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deriner étouffa un reniflement et tourna le dos à Sanson avant de prétendre chercher une roche confortable où s'installer pour nettoyer sa hache.  Elle renifla encore.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est l'odeur qui te dérange...?", hésita Sanson, se doutant bien que ce n'était pas ça du tout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il passa d'un gobelin à l'autre, dans l'espoir assez mince de trouver quelque chose d'utile. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Mnnhh", marmonna Deriner.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Ils euh, ils vont revenir", lui assura le prince, à défaut de trouver quelque chose de plus réconfortant à dire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Mwo– mwouih", hoqueta la naine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Hé !  Ne t'en fais pas autant !", Sanson se força à sourire.  "C'est pas comme s'ils étaient blessés à mort !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il s'en voulut aussitôt en voyant des torrents de larmes déborder des yeux de Deriner.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Laissez-moi–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Non."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Son bras gauche était trop lourd et son épaule l'élançait.  Sinis la massa distraitement, pressant du pouce sur la blessure qu'il s'était infligée pour combattre l'envie montante de s'endormir.  Le paladin l'emmerdait avec son inquiétude étouffante et ils avaient des gobelins à débusquer avant qu'ils ne leur tombent dessus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je vous en prie, cela ne prendra qu'un instant si vous–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Non."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il avait envie de le frapper.  Perceval-Dorian faisait trop de bruit et chaque fois qu'il parlait, Sinis avait l'impression d'être aussitôt distrait par sa voix.  Il essaya de se concentrer seulement sur les sons autour d'eux, mais son attention revenait toujours vers le paladin.  Perceval-Dorian tendit une main vers lui et Sinis la claqua d'une geste sec.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ne me touche pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Ne soyez pas si entêté, messire mage et permettez-moi de–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Tu ne comprends pas qu'il y a des choses plus pressantes que le fait que je sois blessé !?  Si tu étais capable de tuer un seul putain de gobelin, je ne serais pas–", il se mordit la langue en voyant la pâleur du visage de Perceval-Dorian et son expression de culpabilité.  "Écoute, je ne suis vraiment pas à mon meilleur, grâce au charmant thé de Deriner.  Fais-moi une faveur : d'abord on se débarrasse des gobelins et ensuite, promis, je te laisse t'occuper de moi." &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le paladin hocha la tête en silence et Sinis soupira.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Perce, ne sois pas stupide.  Je n'ai pas été blessé à cause de toi, j'ai été blessé parce que j'ai agis comme le dernier des imbéciles.  Ce n'est pas à moi de te dire comment te battre, tu n'as pas à– Attention !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sinis arracha la lance des mains du paladin et le poussa sur le côté, empalant le gobelin qui s'avançait vers eux.  Il raidit la mâchoire : il ne les avait pas entendu approcher et il venait de rater une attaque simple !  Il n'avait pas voulu enfoncer la lame aussi profondément dans l'estomac du gobelin et grinça des dents en entendant ses hurlements pitoyables.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec un effort, Sinis réussit à soulever lance et gobelin et à libérer la lame en envoyant d'un geste large le gobelin planer sur deux autres qui s'approchaient.  Il jeta la lance en direction de Perceval-Dorian et s'accroupit, pressant ses paumes contre le sol.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Couvre-moi."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sans attendre, ni se soucier de recevoir une réponse, il ferma les yeux.  Il entendit les battements de son coeur, sentit la blessure comprimée par son armure de cuir et la moiteur du sang contre sa peau, la drogue qui ralentissait son système.  En forçant sa concentration plus loin, il entendit de nouveau le grondement doux propre à la terre et laissa ses pensées s'y mêler.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Perce ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Je maintiens ces créatures à une distance respectable, ne vous souciez point de–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— C'est la dernière chose que je peux faire pour t'aider", le coupa Sinis, sentant la sueur couler sur ses tempes.  "Ça te débarrassa des gobelins.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— ...D– dernière– Que voulez-vous dire, dernière !?  Non, ne–"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sinis n'entendit pas la suite.  Ses doigts s'enfoncèrent dans le sol et il relâcha le sort, ressentit à peine sa violence.  La terre se souleva en formes monstrueuses qui submergèrent les gobelins, les étouffant sous leur poids.  Elle s'éleva avec douceur autour de Perceval-Dorian, le protégeant de sa fureur meurtrière.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien sûr, autant de magie dépendait de sa condition physique autant que de sa concentration.  Sinis savait très bien que ni l'une, ni l'autre ne lui permettrait de conserver longtemps son contrôle sur la terre.  Serrant les dents, sentant le rythme de son coeur accélérer au-delà du raisonnable, il resserra son emprise sur la magie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Encore un peu...  Juste un peu...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il écouta les battements lointains des coeurs des gobelins, des sons minuscules et sans importance contre celui majestueux du sol, les entendit s'arrêter un par un.  Quand le dernier s'arrêta, Sinis relâcha la magie et les formes de terre se désagrégèrent aussitôt, retombant vers le sol.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sinis s'effondra avec elle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"ARGHHHHHH–"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sinis archa le dos, hurla en elfique et ses yeux se révulsèrent.  Il sentit vaguement des mains presser contre sa poitrine pour le maintenir au sol et la voix paniquée du paladin.  Les spasmes violents perdirent en intensité et Sinis tourna la tête sur le côté, les larmes aux yeux, pour tousser et cracher un filet de sang. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Qu'est-ce que tu fais ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Je– j'ai– j'ai essayé–"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sinis se tourna sur le côté avec une grimace de douleur et ferma les yeux.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je ne suis pas mort", affirma-t-il, plus pour le bénéfice de Perceval-Dorian que pour le sien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je suis désolé", souffla le paladin d'une toute petite voix.  "Je ne peux pas...  Pas seul..."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sinis fut secoué par une crise d'hilarité qui lui fit monter les larmes aux yeux.  Ça allait de mieux en mieux : il était en train de mourir et il allait devoir aider un amateur à mener à bien sa propre guérison.  Une fois calmé, il tendit une main à Perceval-Dorian.  Le paladin la fixa sans comprendre avant de réaliser que Sinis voulait qu'il y place la sienne.  Sinis la guida au-dessus de la blessure et grimaça.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est juste là.  Tout ce que tu dois faire, c'est concentrer ton sort sur–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— M– messire mage, je ne suis guère en mesure de vous soigner si je ne puis voir la blessure !  Laissez-moi quelques instants pour vous enlever–"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ses doigts glissèrent vers les sangles de l'armure, tentèrent avec des gestes gauches de les détacher et Sinis sentit sa conscience donner des signes de relâchement.  Il leva une main et referma le poing dans les cheveux de Perceval-Dorian, le tirant brusquement vers lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"&lt;i&gt;Arrête&lt;/i&gt;", grinça-t-il.  "Si tu l'enlèves, il n'y aura plus de pression contre la blessure.  Ce stupide gobelin a réussi à glisser sa lame sous mon armure.  Si tu l'enlèves, je vais m'évanouir et si je m'évanouis..."  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il vit la détresse dans les yeux du paladin et ne continua pas.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Perce, tu es capable de me soigner sans voir la blessure, d'accord ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Cela m'est entièrement impossible !  Seuls les plus dévoués des guérisseurs sont en mesure de–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Écoute-moi.  Le principe de base d'un sort de soins, c'est de transférer de l'énergie vitale d'un corps à un autre.  Il ne m'en reste presque plus et si tu refuses de croire que tu peux utiliser un sort de soins sans voir ma blessure, la vérité c'est que...  Il doit me rester cinq minutes à vivre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— V– vous n'allez p– pas–" &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sinis ferma les yeux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Bien sûr que si, ne me regarde pas comme ça, ce n'est pas ta faute.  C'est la mienne : mes réflexes étaient trop pourris pour me battre et j'ai utilisé beaucoup trop de magie.  Ce n'est pas grave si je meurs.  Rends-moi seulement service, si ça arrive : dans mon paquetage, il y a–"&lt;br /&gt;La gifle le prit par surprise et il rouvrit les yeux, dévisageant Perceval-Dorian.  Respiration rapide, le paladin plaqua la paume de sa main contre le dos de Sinis et d'une voix sifflante, s'exclama :&lt;br /&gt;"Je ne sais pour quelle raison vous accordez si peu d'importance à votre vie, mais je refuse de ne pas me battre !  Dites-moi ce que je dois faire et j'obéirai sans la moindre hésitation !"  &lt;br /&gt;Sinis inspira et expira lentement, ouvrit sa main droite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"D'accord.  Donne ton autre main ici", Perceval-Dorian prit sa main dans la sienne.  "L'énergie n'a pas besoin de passer directement par la blessure.  Du moment que tu touches ma peau, ça va fonctionner."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il sentit une étincelle contre sa peau et grimaça, resserra les doigts sur ceux du paladin. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ne pense pas au sort !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Je suis–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Calme-toi", haleta Sinis et il serra les dents, parla rapidement : "Écoute-moi bien.  Tu sais bien de quoi un dos à l'air sans trou dedans, fixe bien cette image dans ta tête.  Concentre-toi sur cette idée et prie ou je ne sais quoi pour relâcher ton sort.  Ne pense pas à la blessure, pense seulement que tu veux que je sois en santé et–"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sinis sentit la chaleur trembler contre le bas de son dos et glisser sous l'armure, effleurer sa blessure.  Il se tendit et aussitôt, la chaleur trembla et recula, devint plus faible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ça va, tout va très bien, concentre-toi.  Ne brise surtout pas le contact.  Tu peux le faire, aie confiance.  Ne t'inquiète pas si je–", il roula des yeux et perdit conscience sans pouvoir terminer sa phrase.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sinis se redressa d'un mouvement brusque, cherchant son souffle dans un râle.  Il grimaça, se laissa retomber sur le côté et vomit.  Perceval-Dorian s'accroupit près de lui pour relever ses dreads sur sa nuque et demanda avec inquiétude : &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Dites-moi quelque chose, je vous en supplie, je–  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Ça va, c'est le choc", lui assura Sinis en s'essuyant la bouche du revers de la main.  "Tu as soigné mon épaule aussi", réalisa-t-il en la massant.  "...Et complètement purgé le somnifère", il haussa un sourcil et dévisagea le paladin.  "Comment tu te sens ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Perceval-Dorian le regarda, surpris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Dans la meilleure des formes, messire mage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Tu as guéris des gens avant ?  Des blessures sérieuses, je veux dire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Sans aide, je ne me suis occupé que de quelques menues égratignures, des coupures et des ecchymoses sans la moindre importance." &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Se tournant vers lui, Sinis tendit une main vers son visage et le paladin tiqua au contact, le laissa ensuite forcer sa paupière plus grande ouverte du pouce.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Tu ne te sens pas étourdi ?  Pas de malaise, ni de sensation de fatigue ?", demanda Sinis en examinant ses pupilles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je ne ressens pas le moindre de ces symptômes...  Est-ce là à ce point anormal pour que vous m'examiniez ainsi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— C'est... inhabituel", Sinis se releva et évita son regard.  "On devrait rejoindre les autres."&lt;br /&gt;Perceval-Dorian se releva à son tour et lui emboîta le pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Certainement est-il improbable que seuls mes maigres talents soient à l'origine de votre guérison miraculeuse, loué en soit Aubrey. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Tu préfères croire quoi ?  Que je planquais une vie supplémentaire quelque part ?", rétorqua Sinis. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je ne crois pas être à ce point naïf, mais suis-je vraiment dans l'erreur de croire que votre guérison si rapide est plutôt due aux dons précieux de votre noble héri–"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le paladin s'interrompit quand l'autre homme fit volte-face, sourcils froncés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Tu préfères croire en un don impossible plutôt qu'en ton propre talent ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Je–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Laisse-moi partager une information intéressante avec toi : les elfes n'ont pas de don spécial.  Quand ils sont blessés, ils empruntent la force vitale de ce qui les entourent pour se régénérer.  Le sol, les brins d'herbes, les fleurs, les insectes, n'importe quoi.  C'est pour ça qu'ils ont l'air si proche de la nature : l'énergie vitale qu'ils empruntent, ils finissent toujours par la rendre.  Normal que leurs jardins soient si beaux et leurs pelouses si vertes, ils les engraissent avec leur force vitale." &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Perceval-Dorian ouvrit la bouche ; Sinis leva une main pour qu'il se taise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est quelque chose que seuls les &lt;i&gt;elfes&lt;/i&gt;, les vrais elfes, les elfes purs peuvent faire, pas les métisses comme moi.  Ce que je peux faire, parce que je comprends le fonctionnement de la magie et que mon corps y est habitué, c'est de canaliser l'énergie vitale que je reçois.  En résumé : tu m'as sauvé la vie.  Si tu veux l'entendre d'une autre façon : sans toi, je serais mort."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le paladin baissa la tête, gêné.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Merci...", dit Sinis plus doucement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dès qu'ils revinrent à leur campement, Deriner courut vers Sinis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Siiiiiiniiiiiis !", couina la naine en lui étreignant les genoux, écrasant la tête contre ses cuisses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après un moment de silence inconfortable, Sinis se pencha pour lui tapoter le dos d'un geste hésitant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Oookay, je suis content de te revoir aussi...  Maintenant, si tu pouvais... me relâcher... parce que..." &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une longue pause plus tard, après avoir constaté qu'elle n'était pas près de le lâcher, Sinis demanda avec hésitation : &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Deriner ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La naine se contenta d'émerger une seconde pour reprendre une bouchée d'air, relâcher un énorme reniflement et se replonger contre le mage de combat.  Sinis haussa un sourcil, releva la tête et dévisagea Sanson.  Avec une expression gênée, le prince se gratta la nuque et grimaça :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Elle est dans un des ses... états... depuis que vous êtes partis.  Et hm, je n'ai peut-être pas dit tous les bons trucs pour la réconforter.  Elle n'a pas arrêté de se lamenter qu'elle t'avait donné un somnifère–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Vraiment ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Et que c'était vraiment horrible ou quelque chose comme ça, parce que c'est plus ou moins à ce moment-là que c'est devenu une suite de sanglots incompréhensibles et baveux."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec un rire nerveux, il ajouta : &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"À croire que tu allais mourir ou je sais pas quoi !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Perceval-Dorian ouvrit la bouche, qu'il s'empressa de refermer sur un regard de Sinis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Je suis un peu plus dur à tuer que ça." &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(30 mars 2011)&lt;br /&gt;&lt;a name='cutid1-end'&gt;&lt;/a&gt;</content>
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    <title>Les Losers! &amp;gt; Sansucre ajouté [5/7] &amp;gt; Présentement en librairie</title>
    <published>2011-04-01T11:32:44Z</published>
    <updated>2011-04-01T11:33:51Z</updated>
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    <content type="html">&lt;b&gt;Anthologie:&lt;/b&gt; Sansucre ajouté&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Titre:&lt;/b&gt; Présentement en librairie&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Auteurs:&lt;/b&gt; drakys &amp; supaidachan&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Fandom:&lt;/b&gt; Original &amp;gt; Les nouvelles aventures des Losers!&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Personnages:&lt;/b&gt; Sanson et cie&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Rating:&lt;/b&gt; PG&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Nombre de mots :&lt;/b&gt; ~4000 mots&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Disclaimer:&lt;/b&gt; ironie &amp; bas blancs (drakys &amp; supaidachan)&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Notes:&lt;/b&gt; Tout est &lt;a href="http://community.livejournal.com/irobas/375.html" target="_blank"&gt;ici&lt;/a&gt;.  Posté pour &lt;span  class="ljuser  i-ljuser  i-ljuser-type-P     "  data-ljuser="flo_nelja" lj:user="flo_nelja" &gt;&lt;a href="https://flo-nelja.livejournal.com/profile/"  target="_self"  class="i-ljuser-profile" &gt;&lt;img  class="i-ljuser-userhead"  src="https://l-stat.livejournal.net/img/userinfo_v8.png?v=17080&amp;v=923.1" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="https://flo-nelja.livejournal.com/" class="i-ljuser-username"   target="_self"   &gt;&lt;b&gt;flo_nelja&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; dans le cadre d'&lt;span  class="ljuser  i-ljuser  i-ljuser-type-P     "  data-ljuser="creerpouraider" lj:user="creerpouraider" &gt;&lt;a href="https://creerpouraider.livejournal.com/profile/"  target="_self"  class="i-ljuser-profile" &gt;&lt;img  class="i-ljuser-userhead"  src="https://l-stat.livejournal.net/img/userinfo_v8.png?v=17080&amp;v=923.1" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="https://creerpouraider.livejournal.com/" class="i-ljuser-username"   target="_self"   &gt;&lt;b&gt;creerpouraider&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le petit village dans lequel ils s'étaient arrêtés était réputé pour deux choses.  D'abord pour l'odeur de rat grillé qui flottait avec insistance dans l'air, venant d'un restaurant (et non des égoûts, cette fois...) qui s'appelait, sans surprise, &lt;i&gt;Le Rat Grillé&lt;/i&gt; (ce qui avait attiré la naine).  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ensuite pour la plus grande librairie de la région regroupant toutes les publications existantes et toutes les versions de chacune (incluant erreurs typographiques d'origine, notes de l'auteur dans les marges ou dessins lubriques ajoutées en blagues par un éditeur peu scrupuleux), depuis l'album illustré &lt;i&gt;Les Aventures de Sire Grainderiz, le Rat Courageux&lt;/i&gt; jusqu'à la dernière édition complète ultra deluxe (version éco-consciente : imprimée sur du papier 100% recyclé post-consommation, non désencré, non blanchi avec de l'encre au soja) du dictionnaire des magiciens (ce qui avait convaincu la naine de rester).  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Pas longtemps, quand même, hein !", leur avait assuré Deriner à leur arrivée.  "Juste le temps d'un petit encas et de récupérer les derniers numéros de mes magazines !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quatre jours plus tard, sans surprise, ils étaient encore là. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sanson, en résumé, s'emmerdait grave.  Deriner passait son temps entre sa chambre pour lire les magazines qu'elle achetait et la librairie pour en acheter d'autres (sa sélection actuelle comprenait, entre autres : &lt;i&gt;Tendance fleurs+, La mode des fleurs, Des floraisons de la graine, Jardins décoratifs pour nains pressés, Les maladies communes des fleurs du Sud-Sud-Sud-Est, La grande revue du compost de crevette, Dentelles et Haches de Guerre, L'ABC des plantes méconnues&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Configuration asymétrique pour jardins miniatures&lt;/i&gt;).  Quand il avait tenté de lui demander quelques pièces pour un budget distractions, la naine s'était contenté de rire, ce que Sanson avait judicieusement interprété comme un non. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Perceval-Dorian avait peu après trouvé la section des publications religieuses et consultait la sous-section consacrée à Aubrey, sa vie, ses enseignements et tout un tas d'autres trucs que Sanson jugeait d'un ennui total (comme le &lt;i&gt;Petit Manuel de l'Entretien Spirituel de sa Lance&lt;/i&gt; et la compilation en version poche des prières Aubreyiennes communes). &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Devant leur soudaine non-disponibilité pour s'occuper de lui, Sanson s'était replié sur le dernier membre de leur groupe et collait aux talons de Sinis.  Le côté positif de la situation, c'était qu'il allait certainement pouvoir trouver un moyen de se racheter pour son excès de curiosité.  Le côté négatif, bien sûr, c'était que Sinis lui parlait à peine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Qu'est-ce que tu as envie de faire pendant qu'on les attend ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— C'est la quatrième journée qu'on les attend, la question vient de t'effleurer l'esprit ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sanson lui jeta un coup d'oeil en coin : l'expression de Sinis restait neutre.  Difficile de supposer qu'il s'agissait d'une véritable insulte ou d'un simple commentaire irrité.  Il se força à sourire, assuma l'attitude bê-bête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est comme à l'entraînement, je suis un peu lent !" &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sinis ne rétorqua rien et Sanson roula des yeux, se planta devant lui et résista à l'envie d'essayer de l'étrangler.  Il savait trop bien que Sinis le mettrait à terre en moins d'une demi-seconde.  Le reste de la seconde le verrait implorer pitié en couinant. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Tu vas me faire la gueule comme ça encore longtemps !?  Je t'ai dit et redit et reredit que j'étais désolé, &lt;i&gt;vraiment&lt;/i&gt; désolé d'avoir fouillé dans tes affaires.  ...Et oui, je sais, &lt;i&gt;je sais !&lt;/i&gt;  Tu t'en fous et on est rien pour toi."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Trop irrité, Sanson manqua la réaction discrète de Sinis : le mage de combat baissa les yeux avant de faire un effort pour les relever.  Il continua de s'énerver contre lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Bah, tu sais quoi !?  Ce n'est pas &lt;i&gt;mon&lt;/i&gt; problème si &lt;i&gt;tu&lt;/i&gt; es incapable de faire confiance à qui que ce soit !  Je pensais qu'on était–"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sinis tendit une main et le tira par la manche, l'interrompant en milieu de phrase. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Si tu as terminé de te donner en spectacle, peut-être qu'on pourrait discuter ailleurs.  Tu sais, dans un endroit où la moitié de la ville ne pourra pas assister à une conversation privée."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sanson cligna des yeux, regarda autour de lui et remarqua les petits groupes qui s'étaient organisés autour d'eux pour profiter de la scène.  Les gens, curieux, attendaient tranquillement la suite de son éclat.  Sinis le relâcha et murmura, sans croiser son regard :  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Par contre, si tu veux faire un coup d'argent, tu n'as qu'à m'embrasser.  Ça leur fera une belle finale heureuse et on aura même droit à des applaudissements. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Qu– quoi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Tu réalises que leur perception de la vie extérieure à leur ville vient de tout ce qu'ils lisent qui est acheté dans la librairie?  Incluant des titres comme &lt;i&gt;Relations entre maître et servant&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Mais tu n'es pas mon–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Ou encore comme &lt;i&gt;Le petit guide des sorts efficaces pour les baguettes magiques&lt;/i&gt;", l'interrompit Sinis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Hein ?  Mais je ne suis pas magicien ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— D'accord, si tu préfères quelque chose de plus explicite : &lt;i&gt;Aventures par la porte arrière, Eh mec ! Ils sont où mes pantalons ?, Laisse-moi manier ton sabre, Oops, est-ce que j'ai encore laissé tomber la savonnette ?&lt;/i&gt;...  Tu veux d'autres exemples ?" &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sanson le dévisagea.  Il ouvrit la bouche et la referma aussitôt, fronça les sourcils et réassaya d'organiser son cerveau pour être en mesure d'émettre une conclusion :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ils croient que toi et moi... on est...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Si tu te souviens de l'épisode où on a acheté ton épée, on peut plus ou moins en déduire que c'est quelque chose qu'une certaine proportion des gens va tendre à assumer."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après avoir digéré l'information, Sanson apostropha leur auditoire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Qu'est-ce que vous regardez !?", s'indigna-t-il.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Non mais, vous vous embrassez ou pas ?  Y'a des pièces d'or en jeu, faudrait s'activer !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Hé ho, c'est quoi ce pari débile ?", s'énerva quelqu'un d'autre dans la foule.  "Vous savez bien qu'il y a des limites de classement dans cette ville !  Elles ne sont pas là pour rien !  On a une certification PG-13 (langage et alcool) !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Et tu sais très bien qu'on essaie d'être certifiés NC-17, histoire de rameuter plus de touristes avec de la violence et du sexe !" &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sanson essaya de se pincer, dans l'espoir qu'il rêvait.  Avec une grimace de douleur, il se massa aussitôt l'avant-bras et regarda, ébahi, la foule soudain séparée en deux camps qui hurlaient et risquaient d'en venir aux armes dans les prochaines secondes à moins d'une intervention du comité de la censure.  Sinis lui agrippa le bras et le tira en arrière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Allez, pendant qu'ils sont distraits...", Sanson se laissa entraîner sans discuter.  "Là-dedans", indiqua Sinis en le poussant vers une des portes latérales qui permettait d'accéder à la librairie avant que Sanson puisse protester.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Arff–", se plaignit-il dès qu'ils se retrouvèrent dans l'obscurité.  "Il fait noir comme dans un four !  C'est une boutique !  Pour vendre des trucs !  Comment les gens font pour voir ce qu'il y a–"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il entendit Sinis soupirer, puis un déclic et la section de la librairie dans la quelle ils se trouvaient s'éclaira lentement.  Sanson chercha la source de la lumière sans la trouver.  Un &lt;i&gt;ahem&lt;/i&gt; ramena son attention vers Sinis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Des crystaux chargés par magie", le mage de combat lui désigna une pierre blanche dans une colonne.   &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sanson jeta un coup d'oeil à la pierre avant de se laisser tomber sur le banc le plus près, appuyant ses coudes sur ses genoux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Comment tu sais ça, au juste ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Le principe n'est pas compliqué.  Les pierres qui peuvent être utilisées sont rares, mais une fois qu'on en a une, c'est une affaire de rien de la charger.  Le problème c'est que le sort doit être répété souvent : c'est pour ça que la majorité des employés de la librairie sont des mages de bas niveau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Comment tu sais &lt;i&gt;ça !?&lt;/i&gt;", répéta Sanson en le dévisageant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Oh, j'en ai entendu parler."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sanson soupira.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Pourquoi tu es toujours comme ça !?  &lt;i&gt;J'ai entendu parler...  On m'a dit...  Il y a cette rumeur...&lt;/i&gt;", il baissa la tête et enfouit son visage dans ses mains.  "Tu dois penser que je suis le dernier des crétins, tellement je suis nul !  Je ne connais rien à rien !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sans l'entendre s'approcher, Sanson réalisa que Sinis s'était assis près de lui.  Il se mordit la lèvre inférieure et essaya de rire.  Le son s'étrangla dans sa gorge.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je suis &lt;i&gt;vraiment&lt;/i&gt; désolé. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Pourquoi ?  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Comment ça, pourquoi ?  Tu vois bien !  Parce que je suis en train de péter une autre crise d'hystérie et–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Non, ça, ça va.  C'est le Syndrome Post Malédiction", l'interrompit Sinis.  "Pourquoi tu as fouillé dans mes affaires ?"  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sanson releva la tête, dévisagea l'autre homme et eut envie de hurler en voyant son expression trop calme.  Il serra les dents et, irrité, siffla :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Tu ne pouvais pas poser la question plus clairement !?  Non mais, ça commence à me gonfler ton côté Mec Mystérieux Trop Cool Qui Sait Tout !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sinis haussa un sourcil.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je ne suis pas–", il ne continua pas, décida plutôt de reformuler sa question initiale : "Pourquoi tu as pensé que fouiller dans mes affaires, c'était mieux que de me poser une question directe ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Parce que, et tu n'as peut-être pas remarqué cet intéressant détail : tu ne réponds &lt;i&gt;jamais&lt;/i&gt; aux questions directes quand ça te concerne !", s'énerva Sanson.  "Et– Et parce que...", il ferma les yeux une seconde.  "J'en ai marre des secrets !  Tout le monde a des secrets !  Zahid est resté avec nous juste parce qu'il pensait récupérer les Pierres plus vite comme ça !  Noir s'est barré et j'ai la nette impression qu'il va être propulsé dans je ne sais quelle aventure bien à lui !  Même Deriner sort toujours un truc qui me surprend.  D'abord elle déballe qu'elle est experte pour les pièges, ensuite elle peut faire forgeron quand ça lui chante...  Ça ne me surprendra même pas que la conserve nous sortira un truc inattendu." &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il secoua la tête et se tordit les mains.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Dans le fond, le problème, c'est moi, parce que je suis le plus énormissime des gros nuls.  Le genre de gros nul qui s'est laissé transformer en écureuil et qui doit, par je ne sais quel miracle, regagner son royaume." &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une claque derrière la tête le fit sursauter et il leva les yeux pour être confronté au regard amusé de Sinis.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Oh, alors c'est tout à propos de &lt;i&gt;toi&lt;/i&gt; ?  Ça n'a rien du tout à voir avec moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Non, ce n'est pas–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Je sais", l'interrompit Sinis.  "Je n'ai pas de secrets, Sanson.  Pas dans le sens où tu te les imagines.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Mais tu–"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sinis lui fit signe de se taire. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Un secret est quelque chose qu'on cache, je ne cache rien.  C'est plutôt que je... ne dis pas toute la vérité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Et c'est quoi, toute la vérité ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le mage de combat détourna les yeux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est compliqué...  Est-ce que tu as déjà détesté quelque chose au point de vouloir tout faire pour l'oublier ?", demanda-t-il d'une voix lointaine et, sans attendre de réponse, continua : "Le problème, c'est qu'il y a des choses impossible à complètement oublier.  On peut les ignorer, mais elles ne disparaissent pas."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sanson fronça les sourcils.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Tu le fais encore.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Quoi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Tu es cryptique !  Genre", Sanson agita les doigts dans les airs, adopta une voix avec un accent mystérieux exagéré.  "Ouuuh !  Regardez !  C'est le moment d'une autre fraction de révélation !" &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sinis se leva et lui tourna les dos.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je vais aller feuilleter la section dédiée aux druides et à la magie élémentaliste.  Sens-toi bien libre de rester ici pour faire la gueule si tu n'es pas content.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— C'est toi qui fait la gueule !", cria Sanson derrière lui comme l'autre homme s'éloignait.&lt;br /&gt;Après une demi-minute de silence, il grinça des dents et s'applaudit sans enthousiasme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Whoa, bravo pour la réaction super mature Sanson.  On voit bien que tu es un éventuel futur roi, tu as déjà maîtrisé le côté ultra chiant."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après une autre demi-minute de silence, il roula des yeux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Et j'en suis déjà au point où je me parle tout seul !  Merveilleux !" &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec des gestes irrités, Sinis fouilla le présentoir à la recherche du dernier numéro de Potion Hebdomadaire.  S'il y avait une chose dont il n'avait pas besoin en ce moment, c'était bien d'avoir Sanson qui lui pétait des crises de nerfs sans discontinuer.  L'arrangement général, c'était qu'il devait l'entraîner au combat et l'arrangement sous-entendu, c'était qu'il devait le protéger.  Il ne se souvenait pas avoir accepté de jouer le rôle de sa nounou !  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Déjà qu'il devait arracher tous les feuillets que son crétin de père faisait placarder sur les Babillards comme le dernier des imbéciles.  Envoyer un simple pigeon express, ce n'était pas assez flamboyant pour lui.  Oh non, c'était beaucoup mieux si n'importe qui doté d'un minimum de compréhension du dialecte luan pouvait lire un message qui lui était destiné.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Enfin", grinça-t-il en mettant la main sur une copie de Potion Hebdomadaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il parcourut la table des matières d'un coup d'oeil, sauta par-dessus les potins pour passer directement à la section consacrée à la présentation des thèses et commença à lire.  Il s'appuya contre une colonne et s'arrêta au troisième titre.  Il le fixa, incrédule.  Son regard passa éventuellement au nom indiqué dessous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Oh, &lt;i&gt;non&lt;/i&gt;.  Non !  Il n'a pas osé !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il lut la thèse d'un bout à l'autre et dut résister à l'envie de jeter le magazine par terre pour le piétiner.  Il se contenta plutôt de deux mots en elfique, déformés tellement il serrait les dents.  Deux mots choisis, qui résumait en le moins de syllabes possibles qu'il souhaitait dix mille morts  différentes cent mille fois chacune sur l'auteur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sinis ferma les yeux et essaya de se calmer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Est-ce que cette journée pourrie peut empirer ?", soupira-t-il en jetant l'exemplaire du Potion Hebdomadaire sur le présentoir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Sinis !", l'appela-t-on dès qu'il mit les pieds dehors.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il se retourna et pâlit, recula, mais trop tard.  On lui serrait déjà l'avant-bras énergiquement et malgré son effort pour rendre son visage inexpressif, il savait que son expression trahissait qu'il n'était pas heureux de la rencontre.  Il regarda autour de lui, submergé par le flot de salutations en luan qu'il retourna vaguement et sans enthousiasme.  Il ne voyait ni Deriner, ni Perceval-Dorian, ni Sanson, mais avec sa chance, l’un d'entre eux, sinon les trois, allaient sortir de la librairie et le voir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Qu'est-ce que vous faites là ?", demanda-t-il, son ton traduisant très bien son irritation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les elfes échangèrent des regards surpris et le leader du petit groupe, Sinis reconnut Fréamh, le fils aîné des es'Fuinseog, répondit en leur nom :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je ne peux croire que tu l'ignores, fils des es'Saileach !  Nous sommes en route pour l'Épreuve. Notre campement est dans la forêt au-delà des limites de cette ville.  Nous venions pour remplir nos gourdes au puits public.  Pourquoi ne te joins-tu pas–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Je ne vais pas passer l'Épreuve.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Quoi ?  C'est impossible !", s'exclama Ribeféir, le second fils.  "&lt;i&gt;Tous&lt;/i&gt; les luan se réunissent et tu sais bien qu'il ne te reste qu'une–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Je ne suis pas–", Sinis se mordit la langue.  "Je n'y vais pas, c'est ma décision."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'ainé des es'Fuinseog fronça les sourcils et hocha la tête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Oh Sinis !  C'est cette barbe qui te fais penser ainsi ?  Tu crois que tu es devenu humain comme ça ?", se moqua gentiment la plus jeune et elle tendit une main vers la joue de Sinis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il leva aussitôt une main pour ne pas qu'on le touche.  Il n'était plus habitué à ce genre de familiarités et il vit à quel point son geste étonna les autres.  Il recula et serra les poings.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je suis–"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'aîné ramena sa jeune soeur vers lui et l'interrompit avec douceur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Pardonne Duille, elle n'avait pas l'intention de te blesser, j'en suis certain.  Tu es Leath aux yeux du monde, fils des es'Saileach.  Ce que tu es à tes yeux ne nous regarde pas.  Si tu ne portes pas dans ton coeur le désir de passer l'Épreuve, je ne suis pas celui qui te fera l'affront de te juger." &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Leath&lt;/i&gt;, pensa Sinis avec amertume.  Le mot se traduisait par moitié.  Ce n'était pas une insulte, seulement... un état.  Le terme était d'une neutralité parfaite, un miroir de la mentalité luan : chaque personne était libre de ses choix.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Leath...", murmura-t-il, secouant la tête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qu'allait-il devoir accomplir pour qu'ils comprennent enfin qu'il n'était pas que ça ?  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Alors, tu as terminé les civilités avec tes petits camarades ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sinis sursauta et baissa les yeux, réalisant que la naine était assise sur un des bancs à l'extérieur de la librairie.  Deriner ne leva pas les yeux du magazine qu'elle feuilletait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Sanson est retourné à l'auberge, dans une humeur d'effondrement de tunnel.  Tu as une idée pourquoi ?  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Parce qu'il croit qu'il devrait tout connaître sur tout le monde et que hé !  Surprise !  La vie, c'est de réaliser qu'on ignore tout sur tout", grinça Sinis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La naine mit sa lecture de côté et considéra le mage de combat avec un air pensif.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"On a un dicton chez moi qui dit qu'à force de taper sur un truc, on finit toujours par lui donner une forme reconnaissable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Tu comptes mettre cette philosophie en pratique pour me réinventer à ton goût ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Ça veut seulement dire qu'il n'existe rien de vraiment nouveau.  Ça ne paraît pas beaucoup comme ça, je te l'accorde, mais en presque deux cent ans d'existence, j'ai eu le temps d'en voir des choses."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sinis croisa les bras.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Et qu'as-tu appris sur les luan, oh très sage et révérée naine ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Que c'était une bande d'écolos tièdes et d'allergiques au discours franc, juste bon à se foutre des plumes et des billes de bois dans leurs jolis cheveux blonds-roux et à se la péter solide parce qu'ils ont assez le sens de l'orientation pour ne pas se perdre en forêt."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deriner sourit en voyant l'expression à moitié-insultée, à moitié-amusée du mage de combat.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Quoi ?  Tu croyais que j'allais dire un truc positif ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— J'avais bon espoir, oui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Ha !  Ne me fais pas rire, il n'y a pas un nain qui dirait un compliment honnête à un elfe sans une fichue bonne raison.  Entre nous, Sinis, je sais bien que Leath veut dire cinquante pour cent–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Moitié.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Oui, si tu veux, mais dis-moi, je te demande ça par curiosité...  Tu as déjà essayé d'être cent pour cent toi plutôt que cinquante pour cent de ce que les gens attendent de toi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— ...Ce n'est pas si simple", soupira Sinis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il s'assit près d'elle et pencha la tête en arrière, fixant le ciel.  Deriner attendit, parce qu'elle savait que ça ne servait à rien de presser les gens qui devenaient impénétrables comme le bendhur au premier signe d'insistance.  Sinis ferma les yeux. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Leath ne réfère pas seulement au fait que je suis à la fois elfe et humain.  Ça veut aussi dire que je..."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deriner posa sa main sur celle de Sinis et il ne continua pas.  Tout bas, avec un sourire gentil, elle lui dit :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"On ne choisit pas qui fend notre coeur pour trouver ce qu'il y a de précieux dedans."&lt;br /&gt;Sinis ne réagit pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...C'est la meilleure métaphore naine pour l'amour ?", demanda-t-il après un long moment de silence. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Oh non, il y en a des beaucoup mieux que ça !  Quoique, les autres sont plutôt graphiques et se glissent moins bien dans des conversations de tous les jours.  Je peux t'en sortir une excellente avec une pioche et–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Ça va aller, je crois que je peux faire sans."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deriner éclata de rire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Tu es raisonnable !  C'est vrai que c'est assez crade, en fait, pour les non-nains", elle lui sourit et après une courte hésitation, dit doucement :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je ne vais pas te dire que tu devrais expliquer tout ça à Sanson, parce que tu m'enverrais probablement creuser dans un filon tari depuis longtemps.  Laisse-moi par contre être très claire sur un point et s'il le faut, je te le rentrerai dans le crâne à coups de marteau", avertit Deriner avec un regard sévère.  "Si c'est de t'attacher que tu as peur–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Je n'ai pas peur de m'attacher", l'interrompit Sinis.  "J'ai peur que ça devienne plus que ça."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deriner le dévisagea, incrédule.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Toi ?  ...Et le petit prince ?", elle se mit à rigoler.  "J'espère que tu es patient !  Ça va lui prendre un de ces ridicules petits plans &lt;i&gt;Insérer la tige A dans le trou B&lt;/i&gt; pour qu'il comprenne l'assemblage de base !  On est pas près du jour où il va te–"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sinis grimaça et leva les mains.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"S'il te plaît, ne continue pas cette phrase.  Je n'ai pas dit qu'il m'attirait.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Non, mais la possibilité existe et tu te tortures avec.  Quel truc typiquement elfique, même les humains sont plus fonceurs !  J'ai peur que peut-être si je ne fais pas assez attention quelque chose puisse éventuellement se produire, ouuuh~", dit Deriner d'une voix chantante avant de secouer la tête.  "...Je ne sais pas pourquoi tu en fais une montagne...  Non, attends, qu'est-ce qu'il y a de plus gros qu'une montagne...?  Ah oui !  Je ne sais pas pourquoi tu en fais une grosse montagne !  Chez les Ouestants, homme/homme, homme/femme, femme/femme", elle haussa les épaules.  "Tout ça, c'est du pareil au même !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Mais vous avez tous des barbes...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Et vous êtes tous aussi imberbes que le bout du nez !  ...Et ne me dis pas que si, tu as une barbe, parce que la tienne ne compte pas !  Ce truc tout maigre sur ton menton serait une honte pour n'importe quel nain", rétorqua Deriner.  "Bon, je veux bien admettre que pour les nains, c'est plus simple.  Un des critères habituels d'admissibilité est la quantité de bière qu'un partenaire potentiel peut boire.  Pas la plus grande classe, je te l'accorde, mais crois-moi, il y vient un temps dans sa vie où faire craquer les ressorts du matelas est plus important que de considérer la luxuriance de la pilosité de quelqu'un !" &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sinis essaya de ne pas grimacer à l'image mentale.  Après un autre éclat de rire, Deriner redevint sérieuse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Et pour ce qui te tracasse avec cette histoire de feuillets dont Sanson m'a parlé ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Ce n'est rien d'important.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— C'est assez important pour t'affecter", la naine ramassa son magazine et se laissa glisser en bas du banc.  "Fais attention à toi, Sinis, tu es distrait.  Je ne voudrais pas que quelque chose de fâcheux t'arrive parce que tu as la tête ailleurs."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle s'éloigna vers l'auberge et Sinis resta seul à fixer le sol pendant un moment, avant de lever les yeux vers l'horizon.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...J'ai la tête ailleurs ?", répéta-t-il dans un murmure lointain. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(9 mars 2011, version finale : 30 mars 2011)&lt;br /&gt;&lt;a name='cutid1-end'&gt;&lt;/a&gt;</content>
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    <title>Les Losers! &amp;gt; Sansucre ajouté [4/7] &amp;gt; Le roi des rats</title>
    <published>2011-03-30T11:13:08Z</published>
    <updated>2011-03-30T11:13:08Z</updated>
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    <content type="html">&lt;b&gt;Anthologie:&lt;/b&gt; Sansucre ajouté&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Titre:&lt;/b&gt; Le roi des rats&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Auteurs:&lt;/b&gt; drakys &amp; supaidachan&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Fandom:&lt;/b&gt; Original &amp;gt; Les nouvelles aventures des Losers!&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Personnages:&lt;/b&gt; Sanson et cie&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Rating:&lt;/b&gt; PG&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Nombre de mots :&lt;/b&gt; ~4300 mots&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Disclaimer:&lt;/b&gt; ironie &amp; bas blancs (drakys &amp; supaidachan)&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Notes:&lt;/b&gt; Tout est &lt;a href="http://community.livejournal.com/irobas/375.html" target="_blank"&gt;ici&lt;/a&gt;.  Posté pour &lt;span  class="ljuser  i-ljuser  i-ljuser-type-P     "  data-ljuser="flo_nelja" lj:user="flo_nelja" &gt;&lt;a href="https://flo-nelja.livejournal.com/profile/"  target="_self"  class="i-ljuser-profile" &gt;&lt;img  class="i-ljuser-userhead"  src="https://l-stat.livejournal.net/img/userinfo_v8.png?v=17080&amp;v=923.1" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="https://flo-nelja.livejournal.com/" class="i-ljuser-username"   target="_self"   &gt;&lt;b&gt;flo_nelja&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; dans le cadre d'&lt;span  class="ljuser  i-ljuser  i-ljuser-type-P     "  data-ljuser="creerpouraider" lj:user="creerpouraider" &gt;&lt;a href="https://creerpouraider.livejournal.com/profile/"  target="_self"  class="i-ljuser-profile" &gt;&lt;img  class="i-ljuser-userhead"  src="https://l-stat.livejournal.net/img/userinfo_v8.png?v=17080&amp;v=923.1" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="https://creerpouraider.livejournal.com/" class="i-ljuser-username"   target="_self"   &gt;&lt;b&gt;creerpouraider&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;.  Calqué sur une "vraie" aventure D&amp;D (ou comment un groupe de crétins a ruiné en quelques secondes les plans de la DM...).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Perceval-Dorian n'avait pas souvent, voire jamais, recours aux petits yeux suppliants et irrésistibles afin que son opinion soit considérée en priorité.  C'était, après tout, une arme de destruction massive (que l'Ordre d'Aubrey n'encourageait pas, sauf dans les circonstances les plus désespérées : si la veuve et/ou l'orphelin était en danger ou pour convaincre quelqu'un d'au moins goûter un steak de tofu avant d'affirmer que c'était immangeable) et après 1.4 seconde d'exposition, Deriner avait senti le mur de sa résistance s'effondrer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La conversation avait commencée une dizaine de minutes plus tôt et s'était déroulée, plus ou moins, comme ça :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Généreux et nobles compagnons–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Passe le préambule, qu'est-ce que tu veux qu'on fasse pour aider les habitants de ce village ?", avait interrompu Sanson.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le paladin, une seconde décontenancé par cet accroc à son rythme naturel, resta sans voix.  Un solide coup du coude contre la cuisse de Sanson lui fit regretter sa question.  Grimaçant de douleur, il rectifia le tir avant que Deriner lui pète un os :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est parce que je suis si impatient de découvrir de quelle façon je vais pouvoir aider mon prochain !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Oh, mon bon prince, l'étendue glorieuse de votre noblesse et l'immensité de votre abnégation me laisse sans voix à un point tel que–", Perceval-Dorian prit bonne note de Sinis qui toussait doucement.  "Écourtons là l'énumération sans fin de vos qualités et permettez-moi d'entrer au vif du sujet : ces pauvres gens se trouvent être au coeur d'une situation aussi terrible qu'elle est insupportable, à laquelle vous ne pourrez guère rester insensibles quand j'aurai exposé toute son horreur."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Hé ben, vraiment, quel boulot glorieux", râla Sanson après un énième &lt;i&gt;Squiiiish&lt;/i&gt; de ses bottes.  "&lt;i&gt;Chasseur de rats&lt;/i&gt;, ça va rendre bien dans mon curriculum vitae.  J'ai déjà hâte de rencontrer d'autres rois, qu'on discute boulot.  Juste pour voir leurs tronches quand je parlerai de mes accomplissements.  Oh ouais", il s'adressa à un auditoire invisible.  "Il y avait ce petit village, vous voyez, charmant dans le style champêtre, avec le défaut marrant d'une surpopulation de rats.  C'était d'une rare gloire, l'exploration des égouts pour les débusquer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Vois le côté positif du truc", Sinis essaya de ne pas &lt;i&gt;trop&lt;/i&gt; sourire en continuant : "Les dégueulasseries, elles t'arrivent toujours bien en bas des genoux.  Ce n'est pas comme pour certains membres plus–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Si tu penses commenter sur ma taille", siffla Deriner d'une voix rendue nasillarde par la pince qui lui bouchaient les narines, "dis-toi que tu ne verras jamais le coup venir quand je déciderai de le donner et rira bien le dernier quand tu auras le nez dans la m– &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Mes chers compagnons, il nous faudra impérativement à la prochaine intersection orienter nos pas vers la droite", intervint Perceval-Dorian.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Dis-donc, on t'as mis quand en charge de la censure ?", demanda la naine avec humeur.  "Je vais bien dire m–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Ah, voici déjà le tournant en question !  Prenez à droite ici, mes chers compagnons.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Si je veux dire m–!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Au prochain croisement qui se présentera à nous, nous devrons ne point dévier et continuer devant nous."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deriner jeta un regard irrité vers Perceval-Dorian et avec une lenteur insupportable, étira une consonne avant de se lancer dans le reste du mot :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Mmmmmmmmmmmmmmmmmmoustique !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le paladin resta silencieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Oh vraiment, &lt;i&gt;non&lt;/i&gt;.  Tu ne vas pas me faire croire que tu as un détecteur de vulgarité intégré !  Si je dis c–!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Les rats constituent une problématique somme toute fort récente et leur rythme exagéré de prolifération fut découvert–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— P–!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— –par une chance miraculeuse, au tout début de la période des critiques vérifications des granges et grenier en prévision de l'hiver.  Si cette–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— S–!"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme l'attention de Deriner était toute entière concentrée sur la tâche de crier des vulgarités dans l'espoir que le paladin en laisse passer une, pour la rappeler à leur situation présente Sinis lui pressa sur la tête d'une main pour l'enfoncer un peu plus profondément dans l'eau dégoûtante des égoûts.  De l'autre, il prit la précaution de tirer une dague de sa ceinture.  Quand Deriner réagit par instinct avec un coup de hache aussi soudain que meurtrier, Sinis glissa sa dague entre la lame et le manche pour arrêter son coup.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je conçois tous les bienfaits possibles de se battre contre la censure, mais dis-moi, tu penses vraiment que c'est le moment de partir en croisade contre ton tout petit ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La naine le dévisagea, jeta un coup d'oeil gêné vers Perceval-Dorian et rangea sa hache en marmonnant une vague excuse.  La vague excuse marmonnée et l'épisode déjà oublié, Deriner redevint Deriner-esque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Bon alors, qu'est-ce qu'on attend pour continuer ?  Vous avez l'intention de rester plantés ici encore longtemps, bande de tire-au-flanc ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils se remirent en route, Perceval-Dorian ponctua leur avancée des instructions reçues et s'ils se fiaient à l'odeur de plus en plus infecte, ils finirent par approcher du but.  Sanson s'arrêta le premier et s'appuya au mur, avec l'envie soudaine de tomber raide mort ou, pour une option moins dramatique, de tourner de l'oeil.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Arff— Mais qu'est-ce que ça sent !?  C'est infect !  On dirait qu'un truc mort est revenu recrever ici deux ou trois fois !  C'est pas croyable, y'a donc personne qui fait le mén&lt;i&gt;umphh&lt;/i&gt;–"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le coude de Sinis s'enfonça dans son ventre et la suite se perdit dans un râle de douleur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Silence", se donna la peine d'ajouter le mage de combat à voix basse.  "Il y a un bruit étrange."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sanson reconnut le ton et l'avertissement qui venait en prime avec et referma le poing sur le pommeau de son épée ; Perceval-Dorian resserra les mains sur sa lance.  Ils entendirent Deriner retirer sa pince, siffler à demi-voix &lt;i&gt;Ah non, je vais avoir une marque horrible sur le nez, c'est sûr !&lt;/i&gt; et renifler un bon coup.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...C'est ce que je pense ?", demanda Sinis dans un murmure.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Si tu penses à des rats mutants, probablement géants, avec tout ce que ça implique de risques de morsures, griffures et autres attaques pourries et surtout, empoisonnées, tu as tout bon !", confirma la naine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y eut une pause assez longue et Sanson se tourna vers Perceval-Dorian.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Quand on t'a parlé d'un problème de rats, j'imagine qu'on ne t'as pas mentionné, comme ça, en passant, qu'il y en avait quelques-uns qui étaient d'horribles monstres ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le paladin eut la décence de s'éclaircir la gorge avant de répondre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ce n'est point là un détail dont l'importance fut mentionnée durant notre conversation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Comptez sur la conserve pour oublier les questions essentielles...", soupira Sinis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Bon, on leur chargera extra et c'est tout", décida Deriner.  "C'est pas de buter deux ou trois rats mutants qui se révélera un défi insurmontable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Ahem– C'est-à-dire que, voyez-vous, belle dame naine– Ce que je tente avec tant de maladresse de vous annoncer, c'est qu'il me faut impérativement vous avouer que–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Oh non", souffla la naine.  "Oh &lt;i&gt;non&lt;/i&gt;...  Ohnonohnonohnon!  Perce, &lt;i&gt;non !&lt;/i&gt;  Ne me dis pas que tu–", sa voix s'étrangla, "que tu n'as rien demandé en échange !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— La cause me paraissait juste et d'une simplicité d'accomplissement qui ne me permettait guère d'y reconnaître cause suffisante pour réclamer une compensation monétaire...", Perceval-Dorian baissa la tête, gêné.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est décidé, on se barre !   Les gratuités, c'est pour les minables !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Ou, puisqu'on est &lt;i&gt;déjà&lt;/i&gt; dans la m–", Sinis remarqua le paladin qui ouvrait la bouche et se corrigea sans aide : "dans les ennuis jusqu'au cou, on reste et on s'arrangera pour se faire payer ensuite."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deriner considéra cette option, la trouva satisfaisante et hocha la tête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Il ne nous reste plus qu'à trouver une façon de se débarrasser de la vermine !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le silence qui suivit avait pensé rester quelques secondes à peine, pour dire un petit bonjour rapide, mais il resta le temps d'un café et après plusieurs minutes supplémentaires, menaça de s'éterniser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"On pourrait...", commença Sanson et il s'arrêta.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Oui ?", demanda Deriner après un moment, histoire de l'encourager à terminer sa phrase.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Hé ho, j'ai trouvé un début !  Ce n'est pas à moi de tout faire !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sinis soupira.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Dans la masse des suggestions que vous contribuez, je suggère qu'on–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Dis donc, tu nous fais quoi là ?", s'interposa Deriner.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Surpris, Sinis lui jeta un coup d'oeil.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Quoi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— On est dans un &lt;i&gt;tunnel&lt;/i&gt;.  Si on est dans un tunnel, il faut se référer à la personne qui a le plus d'expérience dans les tunnels.  Et ça, c'est &lt;i&gt;moi&lt;/i&gt;, si ce n'était pas clair !  Alors voilà ce qu'on va faire : une diversion, puis on jette de l'huile dans le tas, on recule un peu, on jette une torche et &lt;i&gt;Psshhwhoooooouuu !&lt;/i&gt;  Une fois que le feu a bien pris, on regarde la vermine cramer, on se félicite et on va trouver un moyen de se faire payer pour le sale boulot.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— ...On a de l'huile ?", demanda Sanson.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"On avait de quoi préparer des torches", dit Sinis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Tu as un sort de graisse, alors ?", risqua le prince.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"J'ai la gueule d'un illusionniste pourri de bas niveau ?", rétorqua le mage de combat et quand Sanson ouvrit la bouche, il ajouta en vitesse : "La réponse est non, avant que tu te fasses des idées."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deriner ne se démonta pas :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Bon alors, modification au plan !  On va chercher de l'huile, on revient et grosso modo, le reste est le même."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Hé ben, vraiment, quel plan glorieux", râla Sanson après un énième &lt;i&gt;Squiiiish&lt;/i&gt; de ses bottes.  "J'avais justement envie de ça, la promenade dans les égouts qui n'en finit plus !  Mes bottes ne s'en remettront pas, ni le reste de mes vêtements d'ailleurs.  Je crois même que mon nez a l'intention de demander le divorce.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— ...Sanson ?", fit Deriner.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Quoi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Ta gueule !", dirent en choeur la naine et le mage de combat. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Loin de moi l'idée de même considérer partager une pensée d'une telle agressivité, mais peut-être vous plairait-il, mon bon seigneur, de songer un instant que nous progressons tous dans les mêmes conditions que votre noble personne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Oui, Perce.  J'avais compris exactement ça à &lt;i&gt;Ta gueule&lt;/i&gt;, hein."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après un moment de progression merveilleusement silencieuse, sauf pour les &lt;i&gt;Splish, splish&lt;/i&gt; de leurs pas, les occasionnels &lt;i&gt;Arff– mais c'est quoi ce truc qui flotte ?&lt;/i&gt; et autres bruits propres aux égoûts, ils revinrent au point exact qu'ils avaient quitté pour renouveler leur inventaire en huile.  Deriner reconsidéra son plan et vit qu'il était toujours bon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Reste qu'à les huiler, ces damnés rats, avant de les faire frire !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sanson se pencha, jeta un coup d'oeil à leurs sacs et demanda :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Et on va faire ça comment ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après un moment de silence, sauf pour des &lt;i&gt;Skritch, skritch&lt;/i&gt; lointains, mais pas tant que ça, le &lt;i&gt;plic plic&lt;/i&gt; discret d'une fuite qui signalait son existence et le &lt;i&gt;tap tap&lt;/i&gt; énervé d'une veine qui battait la tempe de la naine, Sanson ajouta :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Alors ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— J'y pense !", gronda Deriner.  "On pourrait..."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après un moment de silence, sauf pour Sanson qui soupirait, Perceval-Dorian qui bougeait avec un cliquètement de métal et Deriner qui grinçait des dents, Sinis continua lentement l'idée, laissant tout le temps voulu à Deriner pour en prendre le crédit :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Jeter des bouteilles d'huile contre le plafond pour qu'elles se fracassent et arrosent les rats...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Oui, c'était pile ce que j'allais suggérer !  Et avec ce que j'ai d'alcool dans mes bagages, hop ! On se bidouille des bombes incendiaires faciles et &lt;i&gt;Prwhoushhh !&lt;/i&gt; Merci, bonsoir, les rats sont finis !" &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le plan approuvé vite faits via le droit de veto de la naine, il se retrouva exécuté dans les plus brefs délais.  Avec les rats en flammes et en fuite, une autre considération s'imposa lentement.  Après un moment de silence, sauf pour le crépitement du feu et son odeur de rat grillé, les &lt;i&gt;Squeek !&lt;/i&gt; outragés et divers &lt;i&gt;Arghhh !  Ils essaient de me grimper dessus !&lt;/i&gt;, Sinis fit remarquer :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je dis ça comme ça, mais comme on est dans un tunnel et que l'aération n'a pas été le premier souci des constructeurs, est-ce qu'on devrait vraiment attendre tranquillement ici jusqu'à ce que la fumée nous étouffe ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Parce que, hm, on est pas tous assez petits pour passer sous la fumée !", siffla Sanson entre deux quintes de toux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Hmm...", pensive, Deriner considéra les trois autres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le dos courbé, Sinis versa le contenu de sa gourde contre son foulard.  D'un coup de dague, il le coupa en deux et en tendit une moitié à Sanson.  Ils se couvrirent tous les deux le nez et le bas du visage, Sanson se plaignant à chaque seconde que cette quête était pourrie, ne laissant plus un seul moment de silence.  Perceval-Dorian s'était penché et avait tiré le haut de sa tunique pour cacher son nez et sa bouche. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Mon petit Perce, je crois que si tu as envie de nous guider en vitesse vers la sortie, je ne serais pas contre l'idée..." &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le paladin ne prit même pas le temps de hocher la tête avant de prendre les devants.  Ils ressortirent des égoûts encore plus crasseux qu'à leur premier retour, le visage noirci et leurs vêtements dans un état terrible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Et voilà le budget fringues qui va en prendre un sacré coup !", soupira la naine.  "Vivement qu'on regagne l'auberge, j'ai deux ou trois mots à dire à certains villageois un peu trop prompts à forcer de pauvres innocents étrangers à faire le sale boulot !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Je vous rejoins là-bas", annonça Sinis en se séparant d'eux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Quoi ?  Tu ne vas quand même pas te balader dans cet état !", s'exclama Deriner.  "On va te flairer à des kilomètres à la ronde !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Quelle importance ?  Je ne prévois ni attaque sournoise, ni séance romantique."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sanson haussa un sourcil, essaya vaguement de s'essuyer, ne réussissant qu'à étendre un peu plus la couche de crasse dont il était couvert.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Qu'est-ce qui est si pressant, tu veux bien me dire ?  Parce que ma première priorité à moi, c'est une bonne dizaine de bains et une demi-éternité à me laver les cheveux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Je veux jeter un coup d'oeil au Babillard et j'ai deux ou trois courses à faire.  Je n'en ai pas pour longtemps", leur assura Sinis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Pas longtemps&lt;/i&gt;, se révéla être presque une heure.  Sinis entra dans l'auberge, ignora les regards dégoûtés des autres clients et les commentaires qui suivaient son passage et se joignit aux autres.  Il remarqua aussitôt les coupons sur la table, les souleva et les examina.  Deriner secoua la tête, son expression dubitative.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Des rabais ?  Des &lt;i&gt;rabais !&lt;/i&gt;  Qui veut de ces rabais pourris, alors qu'on a–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Il y en a un pour la boutique du forgeron", mentionna Sinis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Oh, trop fort, juste comme j'ai besoin d'une nouvelle– &lt;i&gt;Hé !&lt;/i&gt;  N'essaie pas de me prendre par les sentiments !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— On a aussi droit à une nuitée gratuite à l'auberge, avec un repas pour ce soir, un autre pour demain matin et un accès illimité aux bains.  Ce qui vaut la peine, surtout quand on pense à ce que les employés auront à nettoyer après notre passage.  Sans compter qu'ils n'ont pas réclamé de preuve du succès de notre petite virée dans les égoûts.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Quoique, avec notre parfum &lt;i&gt;Odeur de Grillades&lt;/i&gt;, ça a dû leur donner une bonne idée qu'on ne bluffait pas", commenta Sanson.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deriner haussa le sourcil, considéra la récompense un moment de plus et hocha la tête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Mouais.  C'est pas optimal, mais disons que ça ira."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sinis tira un des coupons de la pile et le glissa dans sa poche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je prends celui-là", il leur montra rapidement le coupon pour un rabais chez le vendeur de journaux local avant de leur tourner le dos et de s'éloigner.  "Je vais me laver."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sanson le suivit des yeux jusqu'à ce qu'il quitte la salle, avant de se pencher vers les autres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Qu'est-ce que vous croyez qu'il fait, à tout le temps aller consulter le Babillard comme ça ?  Et c'est quoi, son soudain intérêt pour la lecture de l'Hebdomadaire Potion ?  Chaque fois qu'un numéro sort, il se jette dessus !" &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deriner haussa les épaules, trouvant les questions sans importance.  Elle examina plutôt de plus près le coupon offert par le forgeron, histoire de s'assurer qu'il n'y avait pas d'arnaque cachée.  Perceval-Dorian hésita et offrit un conseil un peu incertain :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Mon beau seigneur, n'êtes-vous pas de l'avis qu'il serait d'une plus grande simplicité de lui poser directement la question ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Quoi !?  Mais non !  Et s'il se cherche un nouveau groupe de compagnons pour aventurer et tout ça ?  Il a été druide, non ?  Il y a peut-être une section de petites annonces dans l'Hebdo ?  Genre, &lt;i&gt;groupe peu expérimenté recherche mage balèze pour pulvériser boss de fin de niveau, taux de XP négotiable&lt;/i&gt; ?" &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le paladin le dévisagea ; la naine reposa le coupon sur la table.  Ils échangèrent un regard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Pourquoi tu dis ça, Sanson ?", demanda Deriner, curieuse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ne me dites pas que vous n'avez pas remarqué !  D'habitude, les feuillets qu'il récupère, il nous en parle.  Vous ne pouvez pas nier qu'il a le chic pour nous aiguiller vers tout un tas de trucs qui nous font gagner un peu d'argent rapidement !  Mais là, tous les derniers feuillets qu'il a pris, je l'ai vu, il les a tous gardés pour lui !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La naine ouvrit la bouche pour répliquer, la referma le temps de reconsidérer.  Elle hésita, jeta un regard vers Perceval-Dorian.  Le paladin lui retourna son regard et Deriner soupira.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Sanson, dis-moi, dans ce bel échafaudage un rien paranoïaque que tu as bâti, tu as pensé que ces feuillets pouvaient aussi être n'importe quoi d'autre de complètement innocent ?  Peut-être qu'il participe à un concours ou qu'il s'agit de coupons-rabais pour l'achat de flèches.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Tu crois que je m'invente des histoires !?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Je crois", commença Deriner avec tact, "que c'est le temps d'ajouter des heures de sommeil à ton planning quotidien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Je ne suis pas fou !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Nul n'oserait présumer pareil état à votre noble esprit, mon bon prince.  Dans les circonstances, vous me pardonnerez certes cette considération, force m'est d'admettre que nous n'avons guère été les plus cléments envers vous durant vos entraînements et vos périodes de repos subséquentes."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sanson les considéra tour à tour, fronça les sourcils et se leva, énervé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"J'ai raison et je vais vous le prouver !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après s'être assuré que le mage de combat était bien encore au bain public, Sanson trouva un prétexte pour faire ouvrir la chambre de Sinis et chercha des yeux le paquetage de l'autre homme.  Il referma la porte derrière lui et alla s'accroupir près de son sac.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Non mais, je ne suis quand même pas un total imbécile...", grommela-t-il en fouillant.&lt;br /&gt;S'il avait été moins énervé par les doutes de Deriner et Perceval-Dorian, peut-être aurait-il considéré la stupidité de son idée.  Sans penser à autre chose qu'à prouver qu'il avait raison, il ouvrit tous les compartiments qu'il trouvait, cherchant une preuve.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il finit par trouver une pile de feuillets pliés et les tira du sac, les déplia avec empressement et leur jeta un coup d'oeil.  Sanson les fixa, incrédule.  Ses doigts effleurèrent l'écriture fine.  Quelques mots lui étaient vaguement familiers, mais il n'en connaissait pas assez pour comprendre ce qui était écrit.  Pourquoi Sinis accumulait des machins en elfique ?  Et tous signés par le même &lt;i&gt;W&lt;/i&gt; stylisé...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il réalisa, avec horreur, qu'il avait tort.  Ça ne ressemblait même pas un tout petit peu de rien à un avis de recherche d'un groupe cherchant un combattant bien balancé qui pouvait au besoin jouer le rôle d'un tank.  Ça ressemblait plutôt à... Sanson n'était pas certain.  Une lettre de menaces ?  Mais pourquoi la placarder sur le Babillard ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si seulement il avait passé plus de temps à apprendre l'elfique pendant qu'il avait été un écureuil plutôt qu'à obséder sur la prochaine noisette au miel à bouffer !  Bon d'accord, aux côtés de Spider-chan, son apprentissage se serait résumé à des insultes choisies et toutes les manières de dire &lt;i&gt;courtes-oreilles&lt;/i&gt;, sans compter qu'avec une gueule de rongeur, sa prononciation aurait été horrible, mais– &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je peux t'aider ?", demanda une voix glaciale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sanson sursauta et vit Sinis dans le cadre de porte.  Il se demanda comment il avait pu ne pas l'entendre revenir.  ...La réponse était évidence.  D'un côté, c'était parce que Sinis se déplaçait en faisait à peu près autant de bruit qu'un pet de particule subatomique et de l'autre, Sanson savait trop bien que sa capacité de concentration dépassait rarement les cinq minutes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je–", sa voix s'étouffa dans sa gorge quand l'autre homme s'approcha et lui prit les feuillets des mains.  "Je–", répéta-t-il, la bouche sèche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Tu-tu quoi, hein ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme Sanson restait figé sur place et complètement muet.  Sinis se pencha pour l'agripper par le collet et le forcer à se relever.  Sanson réussit à ne produire aucun petit son terrifié et honteux.  Plus grand succès encore, il réussit à ne pas baisser les yeux, supportant le regard &lt;i&gt;définitivement&lt;/i&gt; pas heureux de Sinis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Qu'est-ce que c'est ?", demanda-t-il d'une toute petite voix, trop curieux pour ne pas demander.  "Pourquoi tu gardes ces trucs en elfique ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il vit les traits de Sinis se durcir et son poing se resserra sur son collet.  Sanson sentit son coeur menacer de se barrer par sa bouche.  Bien sûr, son cerveau ne l'aidait pas du tout en imaginant un Sinis complètement furieux qui le poignardait en conjurant un énorme pic de terre assez massif pour détruire toute l'auberge au passage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Tu comprends l'elfique ?", demanda Sinis d'une voix trop calme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"N– non.  Je peux le reconnaître, c'est tout !  Je te le jure !", ajouta-t-il à la hâte.  "Je suis désolé !  Vraiment désolé !  Par tous les dieux, tu ne peux même pas deviner à quel point je me sens stupide là maintenant !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sinis le relâcha et baissa la tête, ses dreads retombant devant son visage et cachant son expression.  Il replia les feuillets avec soin et se pencha pour les replacer dans son sac.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Sors", demanda-t-il.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Sinis, non, attends !  Je sais bien que j'ai fait un truc vraiment &lt;i&gt;vraiment&lt;/i&gt; stupide, d'accord.  Je pensais que c'était complètement à propos d'autre chose, tu dois me croire !  C'est vraiment bête, j'étais certain que tu voulais partir sans rien nous dire !  Mais, euh, ces feuillets, ce n'est pas...  Ce n'est pas ce que je pensais du tout...  Dis-moi... Dis-moi seulement si tu as des ennuis !  Je veux t'aider si–"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sinis releva la tête et la voix de Sanson l'abandonna.  L'expression du mage de combat était trop parfaitement neutre et son regard trop détaché.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je suis certain que je me suis entendu te demander de sortir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Oui, d'accord, je vais sortir, mais je veux juste savoir !  Dis-moi si–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— C'est un ordre ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— ...Quoi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Est-ce que vous m'ordonnez de vous répondre, votre majesté ?", demanda Sinis et Sanson recula, ses yeux s'agrandirent sous le choc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Non !  Bien sûr que non !  Qu'est-ce qui te prends ?  On est– on est–"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sa voix fit un &lt;i&gt;Squeak&lt;/i&gt; qui n'était pas près de lui valoir des points sur l'échelle de la dignité.  Il prit une grande inspiration et demanda d'une toute petite voix soudain très incertaine :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;small&gt;"On est amis, non ?"&lt;/small&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sinis considéra sa question, son regard dévia vers un point loin derrière Sanson.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Je suis avec vous parce que Deriner voulait quelqu'un pour t'entraîner", commença Sinis lentement. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sanson recula, horrifié.  Il ne voulait pas, absolument pas entendre la suite.  Avec Esoj et les autres, oui, ils se disputaient et ne se disaient pas tout, sans compter tous les petits complots débiles pour tester des potions ou voler des bottes, subtiliser le butin du jour ou être celui pris à laver les chaussettes, mais ils étaient tous amis !  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sanson voulait exactement la même chose !  ...Enfin, avec éventuellement une campagne bien organisée pour récupérer son royaume et tout ça, mais surtout, il ne voulait plus être &lt;i&gt;seul&lt;/i&gt; dans toute cette histoire.  Et si Sinis continuait à parler, il allait dire un truc horrible et Sanson ne voulait pas l'entendre !  Sinis continua malgré tout, lui glaçant le sang :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je suis avec vous parce que vous avez besoin d'un guide.  Je suis avec vous parce que j'ai droit aux gîte et couvert.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Comment tu peux dire ça !?", cria Sanson.  "Comment tu peux prétendre qu'on est des étrangers !?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Sanson, je t'ai demandé de sortir."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sanson le dévisagea, la bouche encore ouverte.  Il serra soudain la mâchoire, marcha vers la porte et la claqua derrière lui.  Sinis ferma les yeux une seconde, les rouvrit et se pencha pour reprendre les feuillets.  Il les considéra, sourcils froncés et essaya de se convaincre de les déchirer, sans réussir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Pourquoi est-ce que tu réussis encore à m'emmerder comme ça même quand je fais exprès de mettre toute la distance possible entre nous ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(25 mars 2011) &lt;br /&gt;&lt;a name='cutid1-end'&gt;&lt;/a&gt;</content>
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    <title>Les Losers! &amp;gt; Sansucre ajouté [3/7] &amp;gt; Tranches de vie</title>
    <published>2011-03-28T14:42:28Z</published>
    <updated>2011-03-28T14:42:28Z</updated>
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    <content type="html">&lt;b&gt;Anthologie:&lt;/b&gt; Sansucre ajouté&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Titre:&lt;/b&gt; Tranches de vie&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Auteurs:&lt;/b&gt; drakys &amp; supaidachan&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Fandom:&lt;/b&gt; Original &amp;gt; Les nouvelles aventures des Losers!&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Personnages:&lt;/b&gt; Sanson et cie&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Rating:&lt;/b&gt; PG&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Nombre de mots :&lt;/b&gt; ~4700 mots&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Disclaimer:&lt;/b&gt; ironie &amp; bas blancs (drakys &amp; supaidachan)&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Notes:&lt;/b&gt; Tout est &lt;a href="http://community.livejournal.com/irobas/375.html" target="_blank"&gt;ici&lt;/a&gt;.  Posté pour &lt;span  class="ljuser  i-ljuser  i-ljuser-type-P     "  data-ljuser="flo_nelja" lj:user="flo_nelja" &gt;&lt;a href="https://flo-nelja.livejournal.com/profile/"  target="_self"  class="i-ljuser-profile" &gt;&lt;img  class="i-ljuser-userhead"  src="https://l-stat.livejournal.net/img/userinfo_v8.png?v=17080&amp;v=923.1" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="https://flo-nelja.livejournal.com/" class="i-ljuser-username"   target="_self"   &gt;&lt;b&gt;flo_nelja&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; dans le cadre d'&lt;span  class="ljuser  i-ljuser  i-ljuser-type-P     "  data-ljuser="creerpouraider" lj:user="creerpouraider" &gt;&lt;a href="https://creerpouraider.livejournal.com/profile/"  target="_self"  class="i-ljuser-profile" &gt;&lt;img  class="i-ljuser-userhead"  src="https://l-stat.livejournal.net/img/userinfo_v8.png?v=17080&amp;v=923.1" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="https://creerpouraider.livejournal.com/" class="i-ljuser-username"   target="_self"   &gt;&lt;b&gt;creerpouraider&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En entrant dans la salle commune, Sanson vit Sinis faire disparaître un feuillet dans sa poche.  Il se laissa tomber sur la chaise devant l'autre homme et commença par bailler à s'en décrocher la mâchoire.  Il lui vola ensuite une rôtie et croqua dedans.  Bouche pleine, il allait lui demander ce qu'il lisait, mais Sinis l'en empêcha en commentant :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Tu es matinal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Pourquoi ça t'étonne ?  Ça m'arrive de temps en temps d'émerger avant midi ou qu'on me renverse des seaux d'eau à la figure, je te signale.  Et puis, quoi, hein ?  Tu n'es pas exactement un lève-tôt !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— C'était une observation, pas une critique."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le mage de combat haussa un sourcil et Sanson roula des yeux, essayant de replacer ses mèches rebelles avec ses doigts.  Des cheveux parfaits ne figuraient décidément pas sur la liste de ses super-pouvoirs de prince.  ...Liste qui était, de son propre avis, assez proche d'être inexistante tellement il n'y avait rien dessus. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Bon, d'accord, si tu veux tout savoir !  Je n'étais plus capable de supporter les ronflements de Deriner !  Je ne sais pas comment Perce arrive à dormir dans la même pièce qu'elle.  Je l'entends même la tête enfouie sous sept oreillers !  &lt;i&gt;Même&lt;/i&gt; si on est à l'autre bout du couloir !" &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sinis sourit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Même si ça le dérangeait, tu crois qu'il s'en plaindrait ?  De toute façon, ce n'est pas comme s'il dormait longtemps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— ...J'imagine que non, avec le bruit de cataclysme de fin du monde qu'il doit supporter", fit remarquer Sanson en arrêtant de piocher dans l'assiette de Sinis, préférant la tirer vers lui et commencer à manger.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ce n'est pas ce que je veux dire.  Regarde dehors", lui suggéra Sinis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sanson jeta un coup d'oeil par la fenêtre, vit un imbécile qui s'agitait avec un truc long, un bâton peut-être, et haussa les épaules, plus préoccupé par la nécessité de s'attaquer aux patates grillées avant qu'elles refroidissent complètement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Quoi ?  Qu'est-ce qu–", il fronça les sourcils, regarda de nouveau par la fenêtre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'imbécile lui disait vaguement quelque chose.  Ces cheveux blonds en ondulations parfaites, ce blanc prédominent dans les vêtements, cette lance maniée avec des gestes calmes et assurés, dans une routine pratiquée...  Son cerveau daigna se réveiller un peu plus et grâce à quelques neurones plus actifs que les autres, il reconnut qui était dehors.  Il se leva et ouvrit la fenêtre :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Non mais, tu veux me dire ce que tu fais là !?  C'est encore le milieu de la nuit !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Perceval-Dorian sursauta et s'immobilisa, avant de se retourner pour lui faire face, gêné.  Sanson plissa les yeux.  Ce crétin &lt;i&gt;s'entraînait&lt;/i&gt; en secret et &lt;i&gt;en plus&lt;/i&gt;, il osait ne pas être couvert de sueur de la tête aux pieds, avec le coeur au bord des lèvres et l'envie étouffante de crier &lt;i&gt;Pitié&lt;/i&gt; coincée dans la gorge !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Vous me pardonnerez cette nécessité de vous corriger, mon bon prince, mais il est près de six heures du matin. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Et tu t'entraînes depuis quand, espèce de masochiste !?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Cela fera une heure dans huit minutes, trente-trois secondes et–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Tu es réveillé depuis, genre, cinq heures du mat !?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Encore une fois, mon peu matinal seigneur, je vous prie de me pardonner cette nouvelle correction, mais je suis réveillé depuis qu'il est quatre heures."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sanson le dévisagea.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Depuis–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Oui, tu as bien compris.  Quatre heures du mat, pour sa méditation et ses étirements", répéta Sinis avec un sourire en coin, appuyé contre le bord de la fenêtre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Et tu sais ça parce que...?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Parce que les matins où je ne suis &lt;i&gt;pas&lt;/i&gt; un lève tard, on médite ensemble."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sanson fronça les sourcils.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Toi ?  Tu médites ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Et je sais aussi me passer le fil dentaire.  Je suis bourré de talents mystérieux.  Maintenant que tu es remis du choc de toutes ces révélations, peut-être qu'on pourrait s'y mettre aussi", suggéra Sinis en désignant Perceval-Dorian qui s'entraînait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Non, attends...  Tu veux dire tout de suite ?  J'ai droit à un thé fort au moins ?  Tu sais que sans, tout ce que je vais faire, c'est...  c'est...  &lt;i&gt;foirer&lt;/i&gt;.  Misérablement", ajouta-t-il, pour donner à son argument une tournure plus convaincante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Plutôt que de lui répondre, Sinis fit un signe vague vers la table.  Sanson se retourna et vit l'aubergiste y déposer une tasse fumante.  Le visage du prince se fendit d'un sourire béat.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Pause !  Pause !", implora Sanson en haletant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Quoi, encore ?", Sinis soupira et planta son épée dans le sol.  "Cinq minutes et pas plus.  Va chercher de quoi à boire.  De l'eau fraîche, pas des litres de thé", précisa-t-il en regardant Sanson s'éloigner à la course.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il revint vers le banc contre le mur de l'auberge, s'y laissa tomber et accepta avec gratitude la gourde que le paladin lui tendait.  Perceval-Dorian déposa près de lui sa copie du Petit guide spirituel et regarda l'autre homme prendre une longue gorgée.  Sinis appuya sa tête contre le mur frais et ferma les yeux un instant, le temps de reprendre son souffle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je conçois ne point voyager à vos côtés depuis fort longtemps, mais il m'est difficile d'ignorer que vous lui accordez ces pauses à un rythme bien plus fréquent que précédemment."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sinis but une autre gorgée, s'essuya la bouche du revers de la main d'un geste lent, reboucha la gourde.  Il jeta un regard en coin au paladin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Tu crois &lt;i&gt;vraiment&lt;/i&gt; que les pauses sont seulement pour lui, maintenant ?  Il se plaint tout le temps, mais tu sais aussi bien que moi qu'il a fait des progrès impressionnants."  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Perceval-Dorian baissa la tête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Là n'est pas–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Ne me prends pas pour un imbécile", l'interrompit Sinis en fronçant les sourcils.  "Je sais quand on me surveille.  Tu n'as pas arrêté depuis que Sanson t'a averti de ne plus me traiter de manant ou mécréant ou je ne sais quoi.  Comme si ça me dérangeait, ce que tu peux penser de moi."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le paladin releva la tête et considéra l'autre homme de ses yeux clairs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Me blâmez-vous de désirer au-dessus de tout assurer la protection de mon maître ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sinis se releva et s'étira, marcha jusqu'à son épée pour la reprendre et la passa au fourreau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Non.  C'est louable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Vous... vous désirez peut-être connaître de quelle façon mon opinion à votre sujet est semblable ou différente de ce que j'ai au premier abord pensé ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Non."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Perceval-Dorian ouvrit la bouche pour ajouter quelque chose, mais se ravisa en voyant arriver Sanson à la course.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"J'ai rempli une gourde !", annonça le prince en la portant à bout de bras avec un grand sourire satisfait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans un mouvement rapide, Sinis dégaina sa dague et la lança dans la gourde pour la percer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Arghhhh–!  Froiiiid !", se plaignit Sanson sous la douche soudaine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Oops, quelqu'un va devoir aller en chercher une autre." &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sanson soupira, lui lança un regard noir pour la forme et en ronchonnant (&lt;i&gt;Quelqu'un, hein ?  Pas besoin d'être tellement futé pour comprendre que la corvée, c'est pour ma tronche !&lt;/i&gt;), il repartit à la course.  Sinis s'accroupit et creusa distraitement le sol avec ses doigts.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Il a besoin de quelqu'un comme toi.  Je peux l'entraîner pour se battre, mais je... je ne suis pas le meilleur exemple à suivre."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le paladin vit la terre dans la main de l'autre homme devenir une balle métallique.  Il le vit serrer les dents et surpris, vit l'eau perler lentement à la surface du métal.  Une goutte, puis deux, trois...  Une flaque miniature se concentra en un point et avec un grondement de Sinis, le liquide trembla.  Perceval-Dorian se leva avec précipitation et vint poser une main sur son épaule, brisant la concentration de l'autre homme.  La forme métallique redevint de la terre et Sinis relâcha la respiration qu'il n'avait pas réalisé qu'il retenait. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Vous en faites trop, voilà mon constat !  Et sans le moindre souci pour votre propre sécurité !", s'exclama le paladin avec précipitation.  "Me croyez-vous si aveugle pour ne point me rendre compte que la magie que vous utilisez dépasse–"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sinis se dégagea et se releva, le dévisagea avec une expression qui fit taire le paladin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Il sera roi, non ?  Assure-toi qu'il devienne un bon souverain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— ...Vous parlez comme si votre intention était de nous quitter."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le mage de combat détourna les yeux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Il n'aura plus besoin de moi quand il saura se battre. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Vous avez tort !", s'exclama aussitôt Perceval-Dorian, surpris par les paroles de l'autre homme.  "Par– pardonnez-moi mon soudain emportement, mais je ne conçois guère pour quelle raison vous prétendez ignorer l'estime que messire Sanson vous porte ?  ...Ne pourriez-vous pas lui mentionner son amélioration ?  Un tel encouragement, venant de vous, ne pourra que l'encourager à–"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sinis secoua la tête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Tu veux vraiment le voir s'enfler la tête et contester chaque entraînement ?  Il a besoin de savoir se débrouiller seul.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Comme il lui est tout aussi essentiel de savoir qu'il peut compter sur des alliées inébranlables", Perceval-Dorian hésita, baissa un instant les yeux avant de fixer son regard clair sur Sinis.  "Si vous– si vous hésitez, est-ce parce que vous–"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il ne continua pas, entendant des pas rapides se rapprocher.  Sanson revint enfin avec une nouvelle gourde et le souffle court.  Il s'appuya sur ses genoux, sa respiration rapide l'empêchant un instant de parler.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"J'ai... rempli... une... autre...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Oh parfait", sourit Sinis.  "Tu es juste à temps, on allait rentrer pour prendre notre petit déjeuner."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'essoufflement de Sanson ne dura pas assez longtemps pour l'empêcher de se plaindre.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Quoi !?   Tu veux dire que j'ai fait deux aller-retour au puits public pour rien !?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Pas pour rien, quand même.  Tu ne pourras pas dire que je ne me soucie pas de toi, avec tous ces efforts que je fais pour améliorer ton cardio." &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deriner descendit les rejoindre à la salle commune passé dix heures, les trouva attablés dans un coin de la pièce et se laissa tomber sur un banc libre.  Elle les examina tour à tour et demanda, sur un ton ouvertement suspicieux :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Vous avez eu le temps de vous entraîner ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Oui", lui assura Sanson entre deux bouchées.  "Je peux t'assurer que mes mollets, mes épaules et un point inaccessible entre mes omoplates sont définitivement entraînés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;...Possiblement à ne plus rien ressentir pour le reste de leur vie naturelle, mais ça doit compter pour quelque chose."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La naine considéra sa réponse, fit ensuite à une étude rapide du niveau d'irritation de Sanson, regarda ce qu'il tentait de faire passer comme repas avec horreur et hocha la tête, acceptant sa réponse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Et vous avez eu le temps de vous laver ?", demanda-t-elle en fronçant le nez.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Comme vous le prouve certes déjà votre inégalable sens de l'odorat, belle dame naine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Alors maintenant, vous trouvez logique de vous empiffrez ?  Sans rien avoir commandé pour m–", commença à s'indigner la naine, avant d'être interrompue par l'arrivée de son plus important repas de la journée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'aubergiste, son épouse, les deux jeunes femmes qui les aidaient à assurer le service et le garçon d'étable lui apportait des assiettes pleines d'une belle pile de crêpes luisantes de beurre, d'un assortiment de charcuterie, d'une sélection réduite de huit fromages et l'essentiel : un tonneau de bière pour mieux faire descendre tout ça.  Les yeux de Deriner brillèrent d'une intensité entre la reconnaissance et la gourmandise.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je vous aime !", s'exclama-t-elle avant de passer à l'attaque.   &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Entre deux bouchées et après un autre regard horrifié vers l'assiette de Sanson, elle fit remarquer :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Tu crois vraiment que les gâteaux au petit déjeuner, c'est la meilleure idée ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Je m'en fiche !  J'ai passé des années à ne manger que des noix et à boire de l'eau !  Je mange des gâteaux si je veux !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— J'ai déjà hâte au jour ou on aura l'honneur incomparable de s'adresser à toi en t'appelant Grosbide Premier...", commenta Sinis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il rapprocha la carte qu'il examinait vers lui afin d'éviter les chutes de miettes, ne se formalisant pas du regard irrité que lui lança Sanson.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Non mais, qu'est-ce que vous avez contre les pains au chocolat, les fondants au sucre, les tartes aux petits fruits, les scones aux raisins et les gâteaux au citron trempés dans le miel ?  Pfft–  Mes parents ne se plaignaient pas quand c'était tout ce que je prenais au petit déjeuner !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Et tu avais quel âge ?", demanda Deriner avec un sourire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Huit ans", admit le prince, avec la décence de paraître un peu gêné.    &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il chipota dans son assiette avec le bout de fourchette et fronça les sourcils.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Ils me laissaient faire n'importe quoi, maintenant que j'y pense.  Arff–", il se passa une main sur le visage.  "Je ne pourrais même pas estimer le nombre de cours que j'ai séchés...  Comment mes parents pouvaient tolérer ça ?  Oh non, pourquoi je me souviens de ça !?  Toutes ces crises puériles pendant les soupers diplomatiques et ce genre de trucs...  Je méritais trop de claques.  Mais... mais je n'étais certainement pas le seul enfant qui a fait tout plein de trucs stupides, hein ?  Hein ?", Sanson regarda les autres tour à tour avec une expression suppliante, presque désespéré que quelqu'un, doté d'au moins un bout de fibre de compassion, lui dise que non, il n'avait pas été un terrible petit prince trop gâté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sinis se contenta de continuer à examiner sa carte, Perceval-Dorian baissa le regard et parut soudain porter le plus grand des intérêts au contenu de son assiette.  Seule Deriner sourit, avant de s'exclamer bruyamment :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Oh, bien sûr que non !  Je me souviens de tout un tas de frasques que mes parents approuvaient avec enthousiasme !  Ma mère disait que ça endurcissait le caractère, mais je suis certaine qu'elle voulait plutôt dire que ça développait la tête dure, si on considère le nombre de coups que je me prenais quand je me faisais prendre...  Il y avait le traditionnel lancer du gnome de jardin, où... Vous connaissez sûrement ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Je peux me tromper, mais je crois que ça consiste en lancer des gnomes de jardin", dit Sinis.&lt;br /&gt;La naine roula des yeux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est &lt;i&gt;beaucoup&lt;/i&gt; plus compliqué que ça !  Il y a un système de points très complexe, selon si le gnome tombe debout ou couché, visage contre terre ou non.  Il faut considérer la distance et la vitesse du lancer, le degré de pénétration du chapeau pointu du gnome dans la terre, s'il y a lieu, sans oublier la provenance du gnome de jardin.  Parce que pour participer, il faut bien sûr arriver à en dérober un dans le jardin de pierres d'un voisin ou d'une voisine.  Des points sont perdus si le gnome est brisé à l'arrivée.  Par contre, il y a un bonus s'il explose en plus de cent morceaux.  C'est un jeu d'adresse vraiment hilarant, surtout qu'on y joue souvent après avoir ingurgité une quantité obscène de bière !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deriner profita de cette mention pour vider sa choppe.  Elle piqua dans une saucisse et chercha un autre souvenir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"On jouait aussi à Mange la Saucisse, tiens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— ...Plaira-t-il vraiment aux bonnes moeurs d'entendre la description de ce jeu ?", intervint Perceval-Dorian.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ça dépend, qu'est-ce que les bonnes moeurs pensent des concours de gros mangeurs ?", demanda la naine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Une excellente question, belle dame naine, et si je devais parler pour elles, je dirais que cela dépend entièrement du nombre des commentaires, allusions et autres répliques tendancieuses qui entourent un jeu dont le nom est...", il ne continua pas, mais Sanson s'empressa de terminer pour lui :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Mange la Saucisse !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Qu'est-ce que tu veux dire ?  Ce nom est parfaitement inno–  Oh", réalisa soudain Deriner, avant d'éclater de rire.  "Je n'avais jamais vu ça comme ça !  Ça explique beaucoup de choses !  Non mais, où j'avais la tête pendant tout ce temps !?  Maintenant je comprends toutes ces questions post-concours sur l'importance de savoir quoi faire avec sa langue et les risques d'avaler !" &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Perceval-Dorian leva les yeux au ciel, avec l'expression typique d'un paladin en train de prier pour que Aubrey lui vienne en aide. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"N'avez-vous point eu des jeux d'enfance un peu plus... ou peut-être un peu moins, hm...", il chercha ses mots et Sanson haussa les épaules.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Si vous ne voulez pas qu'elle continue, pourquoi vous, vous ne partagez pas une belle grosse tranche de vie avec nous ?  Ne soyez pas gênés, hein !  Je suis certain que vous avez des trucs chouettes à raconter !  Perce, allez !  Tu n'as quand même pas passé toute ta vie dans un des temples d'Aubrey !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sinis ne manqua pas la panique qui passa en vitesse sur le visage du paladin avant qu'il se reprenne et baisse les yeux. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Ou on pourrait parler d'un tout autre genre de détail, malheureusement moins croustillant", Sinis désigna sa carte.  "Après tout, planifier la suite de notre route pourrait être utile.  J'imagine qu'on ne restera pas éternellement dans ce charmant petit village.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Il est charmant", affirma la naine avec humeur, devinant le reproche inévitable qui allait suivre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Très charmant.  Surtout pour refaire une santé à des finances qui se sentent faibles après des achats imprévus...", rétorqua Sinis.  "Comme tu m'as fait passer les deux derniers jours à séparer mon temps entre entraîner son altesse royale et entraîner n'importe qui pouvant payer trois pièces d'or, je crois que nos finances vont mieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— On peut bien passer plus de temps ici !", sourit Sanson en signalant l'aubergiste pour qu'on lui rapporte des gâteaux.  "Qu'est-ce qui nous empêche de rester ?  La bouffe est bonne et si j'insiste assez, je suis certain que je peux vous tirer les vers du nez sur votre enfance !  Perce, tu ne vas pas me faire croire que tu as toujours été la tête d'affiche pour la Justice, l'Honneur et Autres Trucs Biens !?"  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sinis fronça les sourcils en voyant l'effet des paroles de Sanson sur le paladin.  Les doigts de Perceval-Dorian avaient agrippés le bord de la table et son visage et ses jointures étaient au moins aussi blanches que sa tunique.  Surpris que Deriner n'intervienne pas, Sinis poussa la carte vers Sanson.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Écoute un peu, c'est sérieux.  Tu réalises qu'on est là pour t'aider à regagner ton royaume, pas pour une virée touristique sans fin ?  Regarde.  Le puits où doit être la prochaine Pierre de Voeux est là", il le pointa et désigna ensuite un autre point.  "Là, ce sont les coordonnées qui étaient indiquées sur le parchemin qu'on a trouvé dans le donjon qu'on a fait l'autre jour.  Le détour ne serait pas très long si on décidait de–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Pourquoi tu changes le sujet ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— ...Quoi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Tu changes le sujet", insista Sanson.  "Je ne te parlais même pas, je parlais à Perce !  Je sais bien, de toute façon, que tu n'aurais rien dit !  Monsieur Ooouh, Je Suis Trop Mystérieux et Je M'Habille en Noir !  Ça ne te donne pas plus de classe, tu sauras !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sinis le dévisagea.  Il replia la carte avec des gestes secs et grinça :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Tu penses que le petit questionnaire &lt;i&gt;Je choisis mes compagnons d'aventure&lt;/i&gt; et ta soudaine campagne d'interviews pour &lt;i&gt;Prince paumé cherche guerriers surdoués&lt;/i&gt;, ça te servira à quoi ?  Tu n'as pas besoin de tout connaître sur nous seulement parce qu'on a décidé de t'aider dans ta grande quête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Depuis quand c'est un crime de poser des questions personnelles ?  Rappelle-le moi, s'il te plaît, je crois que j'ai manqué ce passage."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sanson leva les mains devant lui avant de s'exclamer :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Mais pardon, hein !  J'ai passé la majorité de ma vie dans le corps d'un écureuil, ça n'aide pas à être à jour dans les nouvelles", il croisa les bras, le dévisagea avec hauteur et continua, acide : "Depuis que j'ai retrouvé la faculté de parler, par contre, je trouve ça vraiment bien d'être capable de faire la conversation, contrairement à certaines personnes." &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sinis se raidit et Deriner lui jeta un regard nerveux, avant de tenter de s'adresser au prince :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Sanson, je crois que tu en as assez–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Ça va changer quoi, si je te raconte ma vie de A à Z ?", l'interrompit Sinis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Sanson, &lt;i&gt;s'il te plaît&lt;/i&gt;, ne–  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Ça va changer que j'aurai moins l'impression d'être un imbécile parce que je te fais aveuglément confiance sans même te connaître !  Tu es toujours...", Sanson décroisa les bras pour les agiter dans un geste vague.  "Arghhh, quoi !  Tu ne parles jamais de toi, enfin, pas sérieusement, pas pour révéler quoi que ce soit qui te concerne au-delà du superficiel.  Bon oui, tu sais plein de trucs et c'est super pratique, mais– mais– tu es &lt;i&gt;argghhhh !&lt;/i&gt;", résuma-t-il à défaut de trouver des mots plus appropriés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sinis ouvrit la bouche, la referma et demanda, lentement, d'une voix froide :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Où est le problème, si tu me fais confiance ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— C'est ça le problème !  J'ai confiance alors que tu pourrais être n'importe qui !  Qu'est-ce que j'en sais au fond, tu pourrais être envoyé par ma soeur pour–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sanson allait continuer, mais Deriner lui serra l'avant-bras pour qu'il se taise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Il n'y a pas de problème.  Hein, qu'il n'y a pas de problème ?", la naine fit les gros yeux à Sanson, qui haussa mollement les épaules.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ouais, comme tu veux." &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sinis reprit sa carte, la rangea dans une poche et se leva.  Avec une révérence moqueuse, ignorant le regard que s'échangèrent le paladin et la naine, il prit congé :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Quand votre royale altesse sera calmée et voudra décider du chemin à suivre, elle me fera quérir.  D'ici là, j'ai bien sûr de quoi m'occuper avec mes plans diaboliques et autres considérations viles et méchantes.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Messire mage, je vous en prie, attendez un instant !", Perceval-Dorian se leva pour le suivre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sanson ouvrit la bouche, mais la referma dès que Deriner lui mit une claque derrière la tête.  Le paladin rattrapa Sinis à l'extérieur et hésita, arrêtant son geste avant de poser sa main sur l'épaule de l'autre homme.  Le mage de combat fit volte-face.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"J'aurais dû le frapper.  Ne serait-ce que pour voir l'expression sur son visage.  Il me rend–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Merci", l'interrompit Perceval-Dorian.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— ...Pardon ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Il n'était nullement votre obligation de me venir en aide face aux questions de notre bon prince.  Ma détresse est inexcusable et la vérité est que sans votre intervention, je ne sais guère de quelle manière j'aurais pu lui répondre sans recourir au mensonge...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Pas besoin de me remercier", Sinis baissa les yeux, incapable de supporter le regard clair du paladin.  "Tu n'es pas le seul qui préférerait qu'on ignore certaines choses sur lui." &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Non, mais, tu veux me dire ce qui te prends !?", grinça Deriner une fois qu'il ne resta plus qu'elle et Sanson à la table.  "Tu crois qu'à force de lui piocher dessus, tu vas en faire sortir une pépite de bendhur !? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Il m'énerve...", Sanson fit la moue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deriner soupira, lui trouvant malgré tout une tête adorable.  Elle résista à l'envie de lui ébouriffer les cheveux. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Tu sais, je comprends que tu sois passé de gamin directement à adulte sans toute la période intermédiaire entre les deux...  Ce n'est quand même pas une excuse pour agir comme un gros con."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sanson lui lança un regard irrité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je n'agis pas comme–", il soupira, ferma les yeux et laissa son front tomber contre la table avec un &lt;i&gt;Bang !&lt;/i&gt; sonore.  "Oh non, j'agis &lt;i&gt;vraiment&lt;/i&gt; comme un gros con."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La naine lui tapota le dos.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Pas que je désire ajouter à ton début de dépression, mais quand tu sous-entends que tu ne lui fais pas confiance, ça veut dire que tu n'as pas remarqué son attitude en combat ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rouvrant des yeux surpris, Sanson se redressa.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Quoi ?  Comment ça ?  Qu'est-ce qu'il fait ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec un sourire en coin, Deriner s'avança vers lui avec une expression conspiratrice.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ne lui dis pas que je le sais, je pense qu'il pense que je n'ai pas remarqué.  Ha !  Alors que le gamin est au courant !  Ça explique le changement d'attitude du petit Perce, remarque, je me disais bien que tu n'étais pas encore assez royal et majestueux pour que tes ordres soient pris au–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Qu'est-ce que Sinis fait !?", l'interrompit Sanson.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Il te protège, Sanson.  Il concentre l'attention sur lui et dès qu'il le peut, il se rapproche de toi pour te couvrir.  Il s'est déjà pris des coups à ta place.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Quoi ?  J'aurais remarqué ça !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— &lt;i&gt;Vraiment ?&lt;/i&gt;  Tu es un peu...  Chez moi, on dirait dense.  Tu sais", elle se tapota une tempe de l'index.  "Il n'y a pas grand chose qui se passe là-dedans. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Hé !", se plaignit aussitôt Sanson et il fit la moue en voyant l'expression de Deriner.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"D'accord, je suis peut-être un peu... dense...  Juste un petit peu ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;—  Juste un petit peu ?  Pfff–t !  Tu crois que c'est quoi, quand le gamin lui tape dans le dos, sur l'épaule ou qu'il lui serre le bras à la fin d'un combat ?  Une stupide démonstration de puissance viril, de la fraternité des guerriers ?  Un genre de &lt;i&gt;Yay ! Trop fort !  On a battus les méchants !&lt;/i&gt;  Il le &lt;i&gt;guérit&lt;/i&gt;.  Avec l'effort qu'ils mettent pour ne pas se regarder dans les yeux, je croyais que c'était évident comme le nez au milieu de la barbe !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Du visage", corrigea mécaniquement Sanson.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ne m'embête pas avec ta conception erronée de l'anatomie.  Je n'ose pas imaginer ce qui se passera si Sinis se retrouve avec une blessure à la jambe.  Ça risque de passer avec moins de subtilité quand Perceval-Dorian commencera à lui tripoter une cuisse."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sanson grimaça et poussa son assiette, croisa les bras sur la table et s'y cacha le visage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Pourquoi je ne remarque rien ?", murmura-t-il après un moment.  "Je suis trop débile, je vais faire un roi horrible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Tu n'es pas si débile que ça si tu &lt;i&gt;sais&lt;/i&gt; que tu es débile.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Bravo.  On t'a déjà dit que tu es la championne du réconfort ?", grogna le prince.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deriner rigola.  Sanson tourna la tête sur le côté pour regarder la naine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je sais bien que j'ai besoin de votre aide pour récupérer mon royaume !  Je suis inutile et– et je ne connais personne d'autre que vous...", il fronça les sourcils.  "Enfin, si, je connais bien d'autres gens, mais essayer de les organiser eux pour accomplir quelque chose de précis me donnerait envie de m'arracher la cervelle en dix secondes.  Je veux juste...  C'est que..."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il rougit et baissa les yeux, gêné.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je n'ai personne d'autre que vous.  ...Après Zahid et Noir, je n'ai pas envie que quelqu'un d'autre parte." &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deriner sourit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Aww, Sanson !  Tu es &lt;i&gt;trop&lt;/i&gt; adorable !", elle se risqua cette fois à lui ébouriffer les cheveux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Arrête ça !", se plaignit-il en se soustrayant à l'attaque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La naine, aussitôt, redoubla ses efforts et réussit, en se levant sur sa chaise, à lui coincer la tête dans le creux de son bras.  Le décoiffant avec moins d'enthousiasme, elle lui dit doucement :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ne t'inquiète pas autant, on est pas près de t'abandonner.  ...Et puis, trop de stress, ça te rendra chauve !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Si ce n'est pas toi qui m'arrache tous les cheveux avant !", se plaignit Sanson.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(25 mars 2011) &lt;br /&gt;&lt;a name='cutid1-end'&gt;&lt;/a&gt;</content>
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    <title>Les Losers! &amp;gt; Sansucre ajouté [2/7] &amp;gt; Les mini-aventures de Noir </title>
    <published>2011-03-24T10:02:49Z</published>
    <updated>2011-03-24T10:02:49Z</updated>
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    <content type="html">&lt;b&gt;Anthologie:&lt;/b&gt; Sansucre ajouté&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Titre:&lt;/b&gt; Les mini-aventures de Noir&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Auteurs:&lt;/b&gt; drakys &amp; supaidachan&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Fandom:&lt;/b&gt; Original &amp;gt; Les nouvelles aventures des Losers!&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Personnages:&lt;/b&gt; Noir-centrique&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Rating:&lt;/b&gt; PG&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Nombre de mots :&lt;/b&gt; ~4300 mots&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Disclaimer:&lt;/b&gt; ironie &amp; bas blancs (drakys &amp; supaidachan)&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Notes:&lt;/b&gt; Tout est &lt;a href="http://community.livejournal.com/irobas/375.html" target="_blank"&gt;ici&lt;/a&gt;.  Posté pour &lt;span  class="ljuser  i-ljuser  i-ljuser-type-P     "  data-ljuser="flo_nelja" lj:user="flo_nelja" &gt;&lt;a href="https://flo-nelja.livejournal.com/profile/"  target="_self"  class="i-ljuser-profile" &gt;&lt;img  class="i-ljuser-userhead"  src="https://l-stat.livejournal.net/img/userinfo_v8.png?v=17080&amp;v=923.1" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="https://flo-nelja.livejournal.com/" class="i-ljuser-username"   target="_self"   &gt;&lt;b&gt;flo_nelja&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; dans le cadre d'&lt;span  class="ljuser  i-ljuser  i-ljuser-type-P     "  data-ljuser="creerpouraider" lj:user="creerpouraider" &gt;&lt;a href="https://creerpouraider.livejournal.com/profile/"  target="_self"  class="i-ljuser-profile" &gt;&lt;img  class="i-ljuser-userhead"  src="https://l-stat.livejournal.net/img/userinfo_v8.png?v=17080&amp;v=923.1" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="https://creerpouraider.livejournal.com/" class="i-ljuser-username"   target="_self"   &gt;&lt;b&gt;creerpouraider&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En fait, Noir ne retournait pas chez lui pour aider pendant le déménagement du tonton du cousin de l'ami du frère de la tante du voisin de la grand-mère de son ancien ancien ancien voisin de quand il était petit.  C'était en partie pour ça, bien sûr, mais c'était surtout parce que, selon ses calculs (et un certain instinct animal), il savait que sa petite dernière allait bientôt apprendre à se transformer.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui voulait dire que sa pauvre Babia allait avoir les mains pleines : Noir se rappelait très bien ce que ça avait été avec Hapag et Lloyd.  Les deux petits crétins avaient passé des mois à perdre leur temps à passer de humain à corbeau, de corbeau à humain, sans jamais arrêter (sauf pour manger à s'en faire presque éclater l'estomac et s'écrouler de sommeil). De quoi les rendre dingue !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Éviter un placage double, c'était une chose, mais quand ça devenait à mi-chemin une attaque aérienne menée par deux petits monstres, c'était plus corsé.  Pas que Noir s'en plaignait, parce que c'était au fond assez amusant.  Épuisant, mais amusant.  S'il écoutait sa mère, d'ailleurs, il avait fait bien pire pendant ses jeunes années et sans même le mérite d'avoir un frère jumeau pour former un duo terrible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Noir s'arrêta pour fouiller dans ses poches encore une fois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au moins, cette fois, il avait pensé à rapporter des cadeaux !  Une délicate petite cuillère en argent, avec de jolies fleurs gravées dessus, ramassée il ne savait plus où, mais comme personne n'avait demandé pour la ravoir, il allait la donner à Babia pour sa collection.  Pour les jumeaux, il avait trouvé de petites dagues.  Enfin, trouvé...  Disons que Sinis les lui avait données, avec une claque derrière la tête en bonus, quand il avait voulu les récupérer à la ceinture du mage de combat.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour sa petite Relleh, il avait quelque chose de spécial : un petit pendentif que Deriner lui avait bricolé en vitesse avant qu'il les quitte.  La naine avait dit qu'il représentait un corbeau, mais à part pour le métal noirci qui rappelait la couleur de ses plumes, Noir n'était pas convaincu que c'était très représentatif.  Deriner avait dit que c'était abstrait, qu'il fallait deviner le corbeau dans les lignes fluides du pendentif.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il le fit tourner au bout de sa corde et plissa les yeux, cherchant le corbeau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Oh !", s'exclama-t-il en le trouvant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;...Et il passa la demi-heure suivante à le faire tourner et retourner avec des exclamations amusées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Ce mois-ci j'ai trouvé~, j'ai trouvé ce mois-ci~&lt;br /&gt;Une breloque en or massif avec un gros rubis !&lt;br /&gt;Une petite bague en cuivre qui était toute verdie !&lt;br /&gt;De la dentelle jolie et tout plein de beaux habits !&lt;br /&gt;Un homme furieux avec une épée qui fait&lt;/i&gt; Zwiiiiii &lt;i&gt;!&lt;br /&gt;Mais ce n'est pas grave parce que je me suis enfui ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai trouvé ce mois-ci~, ce mois-ci j'ai trouvé~&lt;br /&gt;Un bracelet tout noirci sur un corps tout cramé !&lt;br /&gt;Un grand drap fleuri qu'on pourra découper !&lt;br /&gt;Des piécettes dorées dans une bourse bien ficelée !&lt;br /&gt;Un homme furieux avec une hache qui fait–&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Noir arrêta soudain de chanter et pencha la tête sur le côté.  Il haussa un sourcils, émit un &lt;i&gt;hm&lt;/i&gt; pensif et considéra un moment sa position actuelle pour s'assurer qu'il était sur la bonne voie.  Avec un sourire satisfait, il changea de cap à la course et les bras étendus comme des ailes, il s'élança vers les voix lointaines qu'il entendait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces voix lointaines n'étaient pas si lointaines que ça et il pouvait tout à fait se permettre un crochet rapide pour voir à qui elles appartenaient, ce qu'elles faisaient là et si, par hasard, elles n'avaient pas perdu un ou deux objets intéressants.  Quand les voix lointaines furent beaucoup moins lointaines, Noir se transforma en corbeau, s'envola et alla se percher dans un arbre pour suivre d'un regard curieux la scène qui se déroulait sous lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Si tu fais encore exploser quelque chose, je te bute sans la moindre hésitation !", dit une voix, teintée d'une généreuse dose d'irritation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je n'ai pas &lt;i&gt;exactement&lt;/i&gt; fait exprès.  La dernière fois, c'était une simple question de dosage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— De &lt;i&gt;mauvais&lt;/i&gt; dosage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Non mais, si tu n'aimes pas ma cuisine, il faut le dire tout de suite !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Je n'aime pas ta–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— D'accord, &lt;i&gt;d'accord !&lt;/i&gt;  Je ne vais plus t'en faire tester autant, des mélanges d'épices pour attendrir la viande !  Mais quand même, tu manques quelque chose, c'est comme de la magie culinaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Surtout pour le côté désintégration de ma bouche."   &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Noir sautilla sur sa branche, amusé.  Il se retint pour ne pas lâcher un croassement hilare.  Il ne savait pas qui étaient ces gens, mais ils étaient drôles !  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est certain que c'est toujours un peu vague, hein, quand je tente d'élaborer de nouvelles formules.  Remarque, nous avons de la chance !  La dose aurait été un peu plus forte que nous ne serions plus là pour en parler !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— C'est... rassurant.  Tu es certain que tu n'utilises &lt;i&gt;que&lt;/i&gt; des épices quand tu fais la cuisine ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Noir tourna la tête d'un côté et de l'autre pour suivre la conversation.  Les voix appartenaient à un homme et une femme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Bien sûr !  Au moins, mes déboires en cuisine ont un avantage : je suis beaucoup plus près de concocter un sort explosif d'une grande finesse", expliqua l'homme en jetant un coup d'oeil au carnet qu'il tenait à la main.  "Encore un ou deux ajustements mineurs et ça devrait y être."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il était entre deux âges, avec un grand sourire heureux, une tignasse pâle en broussaille et un grand manteau poussiéreux qui avait dû connaître, quelque part dans un passé très antérieur, des jours meilleurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Ou pas, parce que si je mange un seul autre truc trop épicé, je vais &lt;i&gt;vraiment&lt;/i&gt; te buter", commenta la femme en se massant le ventre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'était une rouquine en armure.  Le genre d'armure qui réussissait à allier féminité, classe et nécessités essentielles de protection.  Le genre de rouquine qu'il valait sûrement mieux de ne pas trop énerver, autant que Noir pouvait en juger en compilant une liste de son armement.  Une hache de jet et une masse, &lt;i&gt;check&lt;/i&gt;, une épée courte et deux dagues passées à sa ceinture, &lt;i&gt;check&lt;/i&gt;, un arc léger et un carquois, &lt;i&gt;check&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Peut-être que &lt;i&gt;tu&lt;/i&gt; devrais faire la cuisine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Parce que tu crois que je vais me plier à cet horrible cliché que les femmes doivent être enchaînées à ce genre de tâche basique et dénigrante–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Je ne suis pas sexiste, s'il y a bien une chose que je ne suis pas, c'est sexiste !", se défendit l'homme.  "Si je dis ça, c'est que je juge que tes chances de préparer quelque chose de comestible sont aussi bonnes que les miennes !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Vu sous cet angle, je veux bien essayer la prochaine fois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Qui sait, peut-être que ça nous évitera un autre ragoût qui goûte la semelle de–"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'homme leva soudain la tête et Noir sauta une branche en arrière en réalisant qu'il ne regardait pas seulement vers lui : il le fixait.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Qu'est-ce qu'il y a ?", demanda la rouquine et Noir n'aima pas beaucoup l'aisance et la rapidité avec lesquelles elle porta la main vers sa hache.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'homme continua de fixer Noir ; Noir réussit tant bien que mal à ne pas lâcher un croassement terrifié.  Il en lâcha un quand même, juste un peu apeuré, avec l'espoir de paraître être un corbeau tout à fait normal.  L'étranger baissa soudain les yeux et secoua la tête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Quoi ?  Oh, ce n'est rien."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Noir ne poussa pas sa chance plus loin et s'envola aussitôt, s'éloignant avec des battements d'ailes rapides.  Il ne vit pas l'étranger lever de nouveau les yeux et suivre pendant quelques secondes sa trajectoire, même si les arbres auraient dû le cacher.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Papa, papa, papa, papa~!", piaillèrent deux petites voix énervées dès que sa tête apparut en bas de la porte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hapag et Lloyd se jetèrent sur leur père avant qu'il réussisse à enjamber le seuil, plus précisément foncèrent dans ses jambes, menaçant de le faire repartir en arrière.  Il se rattrapa sur une des branches à la dernière seconde et réussit à se hisser chez lui sans se casser la gueule. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui était, considérant ses entrées habituelles, une nette amélioration sur la moyenne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Sales petits monstres~", les salua-t-il avec un grand sourire, ébouriffant leurs cheveux.  "Laissez-moi deviner... vous n'avez pas été sages, n'est-ce pas~?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des éclats de rire lui répondirent et ses fils sautillèrent autour de lui, fouillant dans les poches de ses vêtements.  Avec agilité, Noir récupéra tout ce qui en sortait pour le cacher ailleurs.  Avec des &lt;i&gt;Kyaah~&lt;/i&gt; et des &lt;i&gt;Whee~&lt;/i&gt;, tout ce qu'il avait sur lui se trouva rapidement réorganisé.  Il essaya de maintenir Hapag à distance, lui écrasant une paume sur la tête pour le forcer en arrière, ce qui permit à Lloyd de lui sauter sur le dos en hurlant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Noir ?", une main poussa un rideau au fond de la pièce et Babia sourit en voyant la scène.  "Je me disais bien que tu revenais bientôt, ils le sentaient : ils ont été absolument insupportables."  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle s'approcha avec un cliquetis musical : ses colliers et ses bracelets s'entrechoquant à chaque pas.  Elle les fabriquait elle-même, avec ce que lui rapportaient Noir et les autres rehvens qui quittaient le Nid.  Babia venait d'un clan voisin, réputé non pas pour ses mésaventures comme la majorité des autres, mais plutôt pour leurs bijoux originaux et délicats, fabriqués à partir des trouvailles des voyageurs : perles dépareillées, morceaux de métal ou de verre et bouts de ficelle, branches et plumes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils les échangeaient surtout avec les fiodh et les luan, contre leur fameux pain elfique.  Une seule miche permettait à un couple d'avoir de quoi manger pendant près d'un mois et il n'y avait rien de plus efficace pour faire taire les enfants pendant au moins cinq minutes que de les menacer de les priver de pain elfique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Babia agrippa ses fils par le collet et les souleva du sol sans la moindre difficulté, battant des bras pour les chasser quand ils se transformèrent en corbeaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Laissez papa tranquille !  Allez jouer un peu dehors !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hapag et Lloyd filèrent droit vers la porte, ne s'arrêtant qu'une fraction de seconde pour faire mine de s'attaquer.  Lloyd esquiva habilement, passant le premier dehors avec un cri de victoire.  Babia soupira et s'assit à la petite table ; Noir s'approcha pour déposer un baiser sur son front.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Où est la petite~?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Chez ma mère pour quelques jours.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Qu– quouâ !?", s'étrangla Noir.  "Mais elle–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Elle ne va pas commencer à se transformer là-bas, ne t'en fait pas.  Je ne connais pas une rehven qui a fait ses premières transformations ailleurs que chez elle !", sourit Babia, amusée par l'expression affligée de son compagnon.  "Je voulais être certaine que tu sois là et j'ai pensé que tu aurais besoin d'une journée ou deux pour discuter avec les Anciens en toute tranquillité.  Ma mère reviendra avec Relleh à la fin de la semaine."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Noir la regarda, son sourire revenant sur son visage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Tu es merveilleuse~&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— J'essaie !", Babia rit doucement et lui retourna son regard, le bonheur évident dans ses yeux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Comment ont été les garçons ?", demanda Noir en alla mettre de l'eau à bouillir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Deux horribles petits monstres", résuma Babia.  "Impossible de nier qu'ils sont tes fils.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Ce sont les tiens aussi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Seulement quand ils sont calmes !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Noir se retourna et éclata de rire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Ça, ça ne doit &lt;i&gt;vraiment&lt;/i&gt; pas être souvent~!" &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Nid était leur village.  Chaque clan de rehven habitait le sien, formant de petites communautés familiales érigées au sommet des arbres.  Les branches, avec un peu d'aide et beaucoup de créativité de la part des rehvens, étaient encouragées à grand renfort de cordes à pousser dans les directions voulues pour former des boules plus ou moins rondes qui devenaient leurs maisons.  Elles étaient reliées entre elles par des ponts précaires fabriqués avec les branches qui tombaient ou en simples cordes tressées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si les ponts n'étaient pas essentiels dans un Nid, ils avaient leur utilité : les jeunes rehvens s'en servaient pour les pires acrobaties, souvent avec leurs parents qui les encourageaient à inventer de meilleures idées pour risquer se briser le cou.  Les rehvens plus âgés, ou les moins aventureux, s'en servaient comme voies faciles pour passer d'une maison à l'autre sans se transformer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'intérieur de chaque maison était construit selon les goûts changeants de chaque rehven, avec des ressources ramassées ici et là.  Le linge de maison venait souvent de draps que les humains mettaient à sécher et qui disparaissaient sans explication.  Les meubles et la décoration venaient de la même technique de récupération.  L'extérieur, au printemps, se couvraient de feuilles et celles qui poussaient à l'intérieur étaient cueillies et servaient à remplacer les anciennes qui bourraient leurs matelas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Contrairement à ce que la majorité des gens pensaient, les rehvens n'étaient pas des corbeaux qui avaient le pouvoir d'adopter une forme humaine.  C'était l'inverse.  Autant que Noir se souvienne, c'était l'histoire acceptée. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La légende racontait quelque chose à propos d'une malédiction lancée sur l'assistant trop curieux d'un mage vraiment trop fort, qui n'avait pas goûté d'être interrompu au milieu d'une incantation par une question.  Bien sûr, l'incantation était suuuper longue et complexe et visait à changer un truc moche en joli or brillant et, vu l'intervention de l'assistant, avait plutôt remplie la demeure du mage de limaces gluantes. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Noir sauta d'un pont à l'autre pour rejoindre la boule où siégeaient les Anciens.  Le trajet lui prit presque deux heures, parce que chaque fois qu'il rencontrait un voisin, il s'arrêtait pour prendre des nouvelles, raconter ses aventures et souvent, échanger un truc pigé dans ses poches contre un machin pioché dans les poches de son interlocuteur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il arriva éventuellement à son but.  Il prit un moment avant d'entrer pour lisser ses vêtements et s'assurer qu'il n'y avait pas de bosse louche visible dans l'une ou l'autre de ses multiples poches. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qu'il y avait de flippant, avec les Anciens, c'était justement qu'ils étaient...  anciens.  Vénérables aurait été le terme poli plus approprié, mais Noir - comme la majorité des rehven, y compris les Anciens eux-mêmes - préférait la simplicité de penser aux Anciens comme les plus anciens d'entre eux.  C'était les rehven les plus vieux du Nid.  Ceux qui, malgré leurs aventures, n'étaient pas encore morts. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les rehven savaient lire et écrire, mais pas très bien.  Ils ne vivaient pas longtemps, vingt-cinq à trente ans généralement et encore, ils mourraient souvent beaucoup plus vite si quelqu'un s'énervait de leur présence avant ça.  Lire et écrire prenaient du temps : c'était plus simple de raconter ce qui leur arrivait hors du Nid aux Anciens, qui le racontaient ensuite aux petits.  Noir se rappelait de toutes les histoires qu'il avait entendues pendant son enfance, à deux ou trois détails près, mais c'étaient les moins importants.  C'était pour ça qu'il avait quitté le Nid, comme tant d'autres jeunes rehvens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Contrairement à d'autres, lui était revenu.  Et reparti.  Et revenu.  Et reparti.  Et revenu.  Et ainsi de suite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les Anciens avaient dit qu'il avait le Don : celui de survivre.  Ils lui avaient aussi dit que, sans aucun doute, il deviendrait un jour lui aussi un des Anciens.  Ce n'était pas une idée qui enthousiasmait beaucoup Noir... Il aimait beaucoup mieux aventurer et il y avait un truc excitant à l'idée de mourir bravement contre un hydre à deux mille têtes ou un humain furieux de découvrir la perte de ses dents en or.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il grimpa en s'aidant des branches et se hissa dans la chambre des Anciens.  C'était une pièce circulaire qui sentait bon le thé sucré, confortable avec le feu qui brûlait en permanence dans le foyer et l'abondance de coussins aussi colorés que dépareillés, rapportés au Nid par des générations de rehvens durant la Cérémonie du Coussin.  Tous les jeunes du Nid avaient hâte de réussir cette tradition immémoriale.  Sans avoir d'abord pu revenir avec un coussin, il leur était impossible de quitter les environs du Nid pour vivre des aventures plus intéressantes.  La Cérémonie du Coussin paraissait simple, mais était plus compliquée que ça : pour cacher un coussin discrètement dans une poche, il fallait quand même une certaine dose de débrouillardise.  C'était considéré comme le minimum requis avant de s'envoler sur les routes et toutes les choses brillantes qui y étaient oubliées.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les Anciens étaient ce qui se rapprochaient le plus de chefs, pour les rehvens.  Pas qu'ils décidaient de grand chose, mais ils en avaient vu de toutes les couleurs durant leur longue vie et leurs opinions étaient respectées.  Sauf quand ils disaient un truc vraiment bête ou que les autres rehvens préféraient une autre solution. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui était bien, c'était qu'ils connaissaient toute les histoires des rehvens.  Ça formait un genre de grande Histoire et si quelque chose de très important devait se produire, comme une migration vers un autre Nid ou le choix de la couleur du prochain drap à trouver, ils avaient toujours le chic pour penser à quelque chose de génial.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils étaient trois quand il entra : la dernière fois que Noir était revenu au Nid, ils avaient été quatre.  Le vieux Tocsies avait fait une rechute, lui avait raconté une voisine, et il était mort d'aventure.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ah, Noir~", murmura une voix chantante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Purh était défiguré par une cicatrice qui lui traversait le côté droit du visage : souvenir d'un guerrier qui n'avait pas trouvé drôle de retrouver sa dague préférée dans les mains d'un rehven.  L'oeil blessé était couvert d'un voile blanc, mais l'autre brillait d'une étincelle pétillante.  D'un geste, il l'invita à s'approcher.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Nous étions sur le point de prendre le thé.  Tu en veux~?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Oui, merci~!"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cirtel rajouta une tasse sur le plateau et vint le déposer sur la table basse.  Il s'assit lentement en tailleur et soupira.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Des quatre qui sont partis la dernière fois, tu es le seul qui est revenu."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cirtel était &lt;i&gt;vieux&lt;/i&gt;.  Vraiment &lt;i&gt;vraiment&lt;/i&gt; vieux.  Les jeunes le surnommait l'Antiquité dans des murmures respectueux.  Il allait célébrer son trente-et-unième anniversaire à l'automne, ce qui donnerait à tout le Nid une autre belle occasion de faire la fête, et ne semblait pas du tout sur le point de vouloir arrêter de vivre.  Il avait des cheveux tous blancs et était tout maigre, ce qui ne paraissait pas trop parce qu'il s'enroulait dans des couvertures et une collection de foulards de toutes les couleurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ils reviendront peut-être bientôt...", suggéra Noir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les Anciens échangèrent des regards, pas tout à fait tristes, mais certainement résignés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Peut-être", soupira Purh avant de servir le thé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Viens là, Noir, que je te regarde", lui intima Rinds.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'était une vieille rehven avec une voix autoritaire, mais un grand sourire.  Des plumes noires dans ses cheveux contrastaient avec ses mèches de plus en plus blanches.  Noir lui obéit sans même l'ombre d'une hésitation et elle le serra dans ses bras, en profitant pour fouiller ses poches de ses doigts minces.  Elle faillit lui dérober quelques possessions, mais les mains de Noir l'arrêtèrent, reprenant un petit morceau de cuir, quelques boutons et une plume rouge.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Tu ne penses pas que je suis un peu trop vieux~ pour un test comme ça~? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Non, regarde ce que j'ai pu garder !", sourit la vieille rehven en montrant trois billes colorées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Noir sourit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ah, mais c'est parce qu'elles sont pour toi, de toute façon~!  Tu les collectionnes encore, n'est-ce pas~?" &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rinds hocha la tête et les fit glisser dans une poche, après les avoir examinées à la lumière des flammes. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Qu'est-ce que tu nous rapportes, cette fois, comme histoires ?", demanda-t-elle.&lt;br /&gt;Noir s'installa à son tour en tailleur et leur raconta comment il avait rencontré un prince sans son royaume et un djinn tout plein de magie et aussi une naine qui aimait les fleurs, ce qui était bizarre, mais quand même assez chouette. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il but une gorgée de thé et raconta ensuite comment il avait récupéré dans une grande caverne pleine de nains un gros caillou pour son ami le djinn.  Puis comment il avait retrouvé les autres et comment il avait aussi rencontré un mage de combat avec le visage traversé d'un tatouage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il but une autre gorgée et y pensa avant d'ajouter que c'était un mage de combat qui était un peu elfe, mais les humains ne le remarquaient pas vraiment parce qu'il pensait plus comme un humain, alors c'était heureux que les rehven soient moins aveugles parce que lui, il avait bien remarqué ça.  Il parla enfin du paladin qu'il avait rencontré et qui faisait de très très longues phrases et qui brillait beaucoup, d'en dehors comme d'en dedans. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les Anciens l'écoutèrent, sirotant leur thé, échangeant des regards.  Quand il eut terminé, Cirtel soupira et déposa sa tasse vide sur le plateau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Tu me rappelles les vieilles histoires...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Depuis quand n'avons-nous pas eu un véritable héros ?", demanda Rinds.  "Quelques centaines d'années, au moins.  Ça fait pas mal de générations, en tout cas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Je ne suis pas un héros quand même~!", s'amusa Noir.  "Les héros, ça tabasse des grooos dragons énormes et ça trouve des rubis enchantés~ et plein de machins comme ça !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Purh éclata de rire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Tu es encore jeune, tu as bien le temps de faire tout ça~!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Je ne crois pas que Babia aimerait beaucoup, si je me risquais à des choses pareilles...", murmura Noir avec une rare gravité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il pensa à certains des héros dont les histoires étaient gravées dans sa tête...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y avait ceux qui avaient trouvé des trésors exotiques : de petits cailloux lisses et colorés que la mer avait recrachés (tous perdus depuis), la grosse dent en or d'un géant (il avait fallu six rehven pour la hisser dans le Nid et elle devait bien être quelque part encore, cachée dans les branches qui s'étaient refermées dessus) ou encore une douzaine de jolis bracelets avec de fines petites gravures de fleurs (des anneaux à serviette en argent qu'un roi avait été très content de perdre, parce que c'était un cadeau de mariage de sa belle-mère qu'il détestait).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y avait ceux qui avaient accompli des tâches extraordinaires : trouver un nouvel emplacement pour le Nid quand l'ancien avait été la proie d'une attaque particulièrement agressive de termites ou concevoir une cuillère qui pouvait aussi servir de fourchette parce qu'elle avait des petites dents dans sa partie supérieure. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y avait ceux qui avaient eut des morts vraiment formidables : écrasé par une roue immense pendant le Festival des Objets d'une Taille Démesurée, étranglé par une mariée qui n'avait pas apprécié la disparition de sa robe en pleine cérémonie, étouffé par un morceau de bretzel (...ce qui n'était pas formidable, juste hilarant alors ça comptait quand même) ou écrasé au sol après être sauté en bas d'une falaise en oubliant de se transformer en cobreau. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"En fait", admit-il après réflexion, "Babia croit déjà que je suis un héros parce que je suis capable de supporter Hapag et Lloyd pendant plus d'une demi-heure sans avoir envie de les tuer."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Purh éclata de rire et se tapa sur une cuisse, hilare.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ah ça, oui !  Ils sont insupportables !  Ça faisait longtemps qu'on n'avait pas eu des jeunes que tout le monde à envie d'étrangler au moins une fois par heure !  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— N'exagère pas", lui intima Rinds.  "Ils sont adorables !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Oooh~?", fit Cirtel avec un sourire en coin.  "Pourtant, la semaine dernière, tu étais la première à hurler qu'il fallait les déplumer vifs parce qu'ils avaient trouvé ta bille favorite..."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rinds rougit. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"À part pour ça, ils sont adorables", conclut-t-elle avant d'orienter la conversation dans une autre direction.  "Dis-moi, Noir, pourquoi est-ce que tu es retourné vers ces aventuriers après ta première expérience avec eux ?  Ne t'ont-ils pas blâmé pour avoir récupéré ce caillou dont tu as parlé ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après un froncement de sourcils pensif, Noir fut distrait par sa tasse de thé que Cirtel venait de remplir.  Une gorgée plus tard, il se demanda pourquoi il avait toutes les petites cuillères dans ses poches et les replaça discrètement sur la table basse.  Réalisant qu'il devait bien répondre quelque chose, il se décida sur :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Parce qu'ils sont sympas ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Seulement ça ?", s'étonna Purh.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Peut-être aussi parce que même s'ils ont envie de me tuer quand j'emprunte des trucs, ils ne le font pas", admit Noir.  "Et peut-être aussi parce qu'ils ont déjà empêché d'autres gens de me tuer."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les Anciens échangèrent des regards entendus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Merci de nous avoir laissés écouter tes histoires", lui dit Cirtel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Y'a pas de quoi~", sourit Noir en se relevant.  "J'en rapporterai tout plein de nouvelles quand j'en aurai vécu d'autres~!"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— ...Noir ?", le rappela Rinds comme il marchait vers la sortie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Oui~?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Ça me fait plaisir de te revoir, mon poussin."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Noir sourit, un peu gêné, et s'éloigna en vitesse.  Le truc le plus flippant d'entre tous les trucs flippants avec les Anciens, c'était que Rinds était sa grand-mère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(15 mars 2011)  &lt;br /&gt;&lt;a name='cutid1-end'&gt;&lt;/a&gt;</content>
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    <title>Les Losers! &amp;gt; Sansucre ajouté [1/7] &amp;gt; Messagerie instantanée</title>
    <published>2011-03-22T15:10:59Z</published>
    <updated>2011-03-22T15:10:59Z</updated>
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Posté pour &lt;span  class="ljuser  i-ljuser  i-ljuser-type-P     "  data-ljuser="flo_nelja" lj:user="flo_nelja" &gt;&lt;a href="https://flo-nelja.livejournal.com/profile/"  target="_self"  class="i-ljuser-profile" &gt;&lt;img  class="i-ljuser-userhead"  src="https://l-stat.livejournal.net/img/userinfo_v8.png?v=17080&amp;v=923.1" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="https://flo-nelja.livejournal.com/" class="i-ljuser-username"   target="_self"   &gt;&lt;b&gt;flo_nelja&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; dans le cadre d'&lt;span  class="ljuser  i-ljuser  i-ljuser-type-P     "  data-ljuser="creerpouraider" lj:user="creerpouraider" &gt;&lt;a href="https://creerpouraider.livejournal.com/profile/"  target="_self"  class="i-ljuser-profile" &gt;&lt;img  class="i-ljuser-userhead"  src="https://l-stat.livejournal.net/img/userinfo_v8.png?v=17080&amp;v=923.1" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="https://creerpouraider.livejournal.com/" class="i-ljuser-username"   target="_self"   &gt;&lt;b&gt;creerpouraider&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Même si l'idée d'une série de donjons courtisait sérieusement l'intérêt de Deriner (&lt;i&gt;Imaginez tous les pièges !&lt;/i&gt;, s'était-elle exclamée, avec de riches veines de bendhur dans les yeux - parce que les étoiles, c'était bon pour les humains.  &lt;i&gt;Imagine toutes les variétés de fleurs qu'on va croiser d'ici au puits où est la seconde Pierre de Vœux !&lt;/i&gt;, avait impitoyablement contré Sanson, surprenant les autres par sa rapidité d'esprit), il fut décidé que l'acquisition de la deuxième Pierre de Vœux était leur objectif principal.  Mais pas &lt;i&gt;principal&lt;/i&gt; principal, avait rappelé la naine.  Leur objectif &lt;i&gt;principal&lt;/i&gt; principal étant de Rendre son Royaume à Sanson (cf. &lt;i&gt;Combattre Sans Défaillir jusqu'à la Mort&lt;/i&gt;) et ce, via la phase déjà entamée de &lt;i&gt;Rendre Sanson moins Nul en Situation de Combat&lt;/i&gt;. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une résolution supplémentaire fut également décidée, après des discussions houleuses.  Il avait précédemment été décidé que &lt;i&gt;Noir Doit Être Soigneusement Ficelé Pendant les Séjours dans les Auberges&lt;/i&gt;.  L'argument s'était déroulé à peu près ainsi :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je m'insurge avec force et véhémence contre ce traitement inhumain–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— C'est peut-être inhumain, gamin", avait grincé Deriner, "mais je te signale que Noir est rehven, pas humain, alors ça ne s'applique pas à lui. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Il n'est guère beaucoup plus honorable de l'exclure ainsi d'une discussion concernant notre avenir commun et surtout, sa liberté personnelle–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Ouais, bah tu sais ce qu'il te dit, notre avenir commun ?", siffla Sanson avec humeur.  "Notre avenir commun a très envie de dormir dans un lit confortable avec un gros édredon super doux et manger des repas chauds à s'en faire péter la panse !  Et &lt;i&gt;surtout&lt;/i&gt;, notre avenir commun n'a pas envie de se faire jeter dehors parce que Noir fait les poches de tout le monde !  ...Parce que je ne sais pas si tu as remarqué, mais d'habitude, c'est la manière dont est interprétée sa manie de récupérer des", Sanson eut recours à la tradition intemporelle de mimer des guillemets dans l'air pour mieux illustrer son propos, "objets perdus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Je vous l'accorde, mon bon prince, les chemins sont durs, les nuits se rafraîchissent avec une obstination et une régularité qui témoigne de l'hiver proche et il est certes à déplorer que–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Que tu étires l'argument pour rien...  Vote ?", suggéra Sinis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Trois mains sur cinq se levèrent pour que Noir soit soigneusement ficelé pendant leurs (rares) séjours dans les auberges sur leur chemin.  Ainsi, à l'&lt;i&gt;Auberge du Grand Chien Pourpre, Mais Pas Trop Quand Même, avec de Fines Rayures Canari et d'Autres Plus Larges et Jaune Plus Foncé&lt;/i&gt; (le panneau nommant l'auberge était presque plus grand que l'établissement lui-même - le propriétaire aimait dire que les voyageurs remarquaient sa présence de loin), Noir avait été soigneusement ficelé. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais quand même, après avoir été nourri.  Il n'était peut-être pas humain, mais personne ne voulait avoir sur le dos une hypothétique Ligue de Défense des Droits Fondamentaux des Rehven.  ...Si les rehven prenait jamais le temps de l'organiser, étant beaucoup plus occupés à &lt;s&gt;faire les poches de tout le monde&lt;/s&gt; récupérer des objets perdus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le hic fut que Noir se transforma illico en corbeau pour se libérer, menant à l'échec instantané de la résolution &lt;i&gt;Noir Doit Être Soigneusement Ficelé Pendant les Séjours dans les Auberges&lt;/i&gt;.  Par chance, Noir lui-même apporta une solution :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Si vous m'attachez, je ne pourrai pas voler~!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— C'est bien ça l'idée !", grogna Deriner.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Hé, minute, Zahid lui traçait un genre symbole sur le front, non ?", se rappela Sanson.  "Un glyphe-machin ou je ne sais trop quoi...", il jeta un regard insistant vers Sinis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Les sorts pour empêcher les transformations sont complexes–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Tu ne sais pas les faire ?", l'interrompit Sanson.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sinis lui accorda un regard irrité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Non", admit-il.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Si vous ne m'attachez paaas~", proposa alors Noir.  "Je ne vous embêterai paaas~!"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des regards pas trop convaincus se tournèrent vers lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Messire emprunteur, il te faut réaliser cette importante vérité : pour ne pas nous embêter, il ne faudrait point que tu... &lt;i&gt;découvres&lt;/i&gt; objet brillant ou bourse rondelette...  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— D'accord~!", s'enthousiasma Noir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Tu es d'accord ?", s'étonna Deriner.  "Attends, comment tu peux être d'accord ?  Pour les rehven, voler c'est comme...  c'est comme l'importance d'une barbe soyeuse pour les naines ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Je n'ai qu'à partir, qu'à m'en aller~", vint la réponse chantonnée.  "Si je ne suis pas là~, on ne vous embêtera pas~!"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y eut un silence, le temps que l'univers se réorganise à la hâte autour du fait que Noir venait d'émettre une réflexion sensée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Tu veux... t'en aller ?", demanda Sanson.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le rehven hocha la tête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Pourquoi ?", voulut savoir Sinis après s'être assuré que le contenu de ses poches était encore dans ses poches et constaté que Noir n'était pas pressé de s'en aller parce qu'il les avait tous dévalisés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"En fait, c'est que le tonton du cousin de l'ami du frère de la tante du voisin de la grand-mère de mon ancien–", Noir s'interrompit en constatant le désintérêt poli des autres pour l'origine de son problème.  "Je dois retourner chez moi~", résuma-t-il.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Oh !", fit Deriner.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ça fait du sens", approuva Sinis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Quel émouvant moment, je ne puis m'empêcher de louer ton honorable sens du dévouement !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Génial, on va enfin pouvoir passer toute une nuit dans la même auberge", conclut Sanson.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il évita plus par miracle que par adresse la claque que Deriner dirigea vers lui, se contentant de se laisser fusiller par son regard noir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deriner se laissa tomber sur une chaise avec des cernes tellement énormes qu'ils finissaient quelque part dans sa barbe.  Perceval-Dorian hésita.  Il commença par discrètement signaler à l'aubergiste qu'une choppe de bière s'imposait.  Il attendit qu'elle apparaisse sur la table et Deriner, d'un geste mécanique, se mit à boire.  Elle continua par contre à fixer le même point de la table, l'alcool ne faisant encore rien pour réveiller ses neurones.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Belle dame naine", se risqua éventuellement (après la troisième choppe de bière) le paladin.  "Je ne voudrais certes pas m'inviter sans votre bénédiction dans vos habitudes nocturnes, mais serait-il du domaine de la possibilité viable que votre sommeil ne fut point tout à fait réparateur ?"  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle le dévisagea et, une bonne minute plus tard, son cerveau interpréta la question.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je n'ai pas très bien dormi, non."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deriner soupira, signala l'aubergiste pour une quatrième choppe de bière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est ce pauvre petit Noir qui m'inquiète.  Partir comme ça, seul.  S'il– ou qu'il–!  Oh, je suis si inquiète !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Perceval-Dorian regretta de ne pas avoir reçu une formation décente en matière de Réconfort, via un cours accrédité et une mention sur un diplôme.  Il hésita.  Peut-être devait-il lui tapoter la main ?  En disant &lt;i&gt;là, là&lt;/i&gt; pour la calmer ?  Peut-être serait-il plus bienséant de–  Il écarquilla les yeux quand la naine sortit un mouchoir de sa manche pour s'éponger les coins des yeux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je ne pleure pas !", se défendit-elle en lui lançant un regard meurtrier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"&lt;small&gt;Hmnn&lt;/small&gt;", Perceval-Dorian préféra de loin lui répondre quelque chose de vague et surtout, de quasi inaudible. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Et s'il lui arrive quelque chose ?  Je ne me le pardonnerais pas !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Oh, belle dame naine, je vous en prie, ne vous tourmentez pas pour son avenir.  Vous savez tout comme moi que messire emprunteur est un rehven de mille talents, fussent-ils d'une morale douteuse, comme le vol, la fuite et la maniement fort créatif de ses petits couteaux."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La naine lui lança un regard mouillé ; Perceval Dorian, au prix d'un grand effort sur lui-même, parvint à ne pas reculer - il était paladin d'Aubrey, après tout !  C'était sa vocation d'aider les gens !  Mêmes les naines qui pleuraient d'une façon absolument terrifiante, comme si elles allaient vous mettre un coup de hache dans la tête si vous osiez commenter de près ou de loin le fait qu'elles pleuraient !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Tu crois ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"&lt;small&gt;Hmnnii&lt;/small&gt;", lui assura-t-il, sans trop vouloir se commettre. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Malgré le manque évident d'enthousiasme de sa réponse, Deriner retrouva un début de sourire.  Début de sourire qui continua à s'élargir dès qu'elle eut avalé d'une gorgée le contenu de sa huitième choppe de bière.  Requinquée, la naine en commanda deux autres pour la peine et décida qu'un petit déjeuner fort léger de saucisses bien grasses, de patates grillées, de tranches massives de jambon et de crêpes coulantes de beurre fondu et de sirop épais saurait lui remonter encore plus le moral.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Merci gamin !", s'exclama-t-elle, une fois installée devant la petite montagne de nourriture devant elle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Et si dans cette direction se porte votre préférence, belle dame naine", lui assura Perceval-Dorian.  "Nous pouvons tout à fait nous efforcer de faire les détours qui s'imposent pour aller vérifier aux cages si notre ailé ami ne s'est pas fait prendre."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il réalisa, dix secondes trop tard, que ce n'était pas la chose à dire. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sinis et Sanson eurent l'impression de débarquer en plein milieu d'une guerre.  D'une guerre aquatique, considérant les torrents de larmes tout sauf discrets de la naine, qui forçaient dans leur non-subtilité le reste des voyageurs, l'aubergiste et sa femme à rester dans le coin le plus éloigné de l'auberge, histoire qu'ils ne soient pas forcés de s'en mêler (et pour légèrement atténuer le son).  Ils échangèrent un regard et Sinis recula d'un pas, avec la ferme intention de retourner dehors pour s'entraîner un peu plus longtemps, pour aller jeter au coup d'oeil au Babillard ou pour tout simplement être ailleurs : Deriner allait bien finir par se calmer toute seule...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sanson lui bloqua toute retraite (avec peut-être l'ombre d'un sourire sadique).  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Oh, tu veux prendre la fuite ?  Alors que tu fais exprès de m'emmerder pour que je ne prenne plus la fuite quand ça m'arrange ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Euh, je crois qu'on fait face ici à un genre de catastrophe naturelle, il vaudrait peut-être mieux–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Si personne ne fait rien", siffla Sanson, "on va se retrouver avec deux crises de larmes sur les bras !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il pointa le paladin, qui paraissait s'approcher en vitesse de la dépression nerveuse (ou de la surdité totale, c'était une autre possibilité).  Le message dans les yeux pâles de Perceval-Dorian était clair : Aidez-moi, par pitié !  Sanson s'approcha résolument, tira une chaise et s'installa près de Deriner.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Qu'est-ce qu'il y a ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— C'est– c'est– c'est &lt;i&gt;Noir !&lt;/i&gt;", larmoya la naine après un reniflement qui s'apparentait de toute évidence plus à la famille des tremblements de terre qu'à celle des reniflements.  "Pauvre petite bête, il est seu-euuuu-&lt;i&gt;euuuuuuuul !&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— ...Et ?", demanda le prince.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La naine arrêta une seconde de pleurer, choquée par son évident manque de considération, et le dévisagea.  Elle fronça son sourcil d'une façon qui avait envie de dire qu'elle n'était pas contente.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"&lt;i&gt;Et ?&lt;/i&gt;", répéta-t-elle avec une agressivité palpable dans la voix - peut-être parce que sa main s'était posée sur le manche d'Avro le Conquérant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Et qu'est-ce que ça fait qu'il soit parti ?", voulut savoir Sanson en pigeant dans l'assiette pour s'approprier une saucisse avant qu'elles disparaissent toutes.  "Les trois quarts du temps, déjà, il faisait ce qu'il voulait, quand il voulait et si on savait qu'il était là et qu'il ne faisait pas nos poches, on pouvait se considérer chanceux.  &lt;i&gt;Très&lt;/i&gt; chanceux", ajouta-t-il après une bouchée et une réflexion.  "Mais pas si chanceux que ça, parce que ça voulait surtout dire qu'il faisait les poches de quelqu'un d'autre."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un silence se matérialisa, solide et quasi impénétrable, et Perceval-Dorian et Sinis échangèrent un regard, les paris ouverts à savoir si leur prince allait se retrouver avec un membre en moins ou seulement avec une hache dans la tête.  Deriner fronça un peu plus son sourcil ; Sanson mâcha ce qui restait de la saucisse, se risqua à attaquer les patates grillées et démolit le mur du silence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Tu n'as pas pleuré comme ça quand Zahid est parti", fit-il remarquer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Zahid n'a pas– il n'a pas &lt;i&gt;annoncé&lt;/i&gt; qu'il partait !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Non, c'est certain.  Il était un peu pressé de se tirer, j'imagine, avec la Pierre de Vœux volée et tout."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le silence revint, un peu plus mou qu'avant, Deriner s'y aventura.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ce n'était pas vraiment...  du vol...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Juste un emprunt à très long terme sans espoir de retour du bien emprunté.  ...Bon alors, qu'est-ce qui ne va pas, &lt;i&gt;pour vrai ?&lt;/i&gt;", demanda-t-il en la dévisageant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La naine baissa les yeux.  Perceval-Dorian et Sinis échangèrent un autre regard, se demandèrent où Sanson était allé pêcher toutes ses ressources de perspicacité et s'il était possible qu'ils en profitent aussi.  Sanson attendit que le silence s'étire assez et vint trancher son long fil.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je peux avoir dix pièces d'or ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Quoi ?  Mais tu es malade !  Je ne vais pas te prêter dix pièces d'or quand je viens tout juste d'en dépenser–", elle s'étouffa presque sur l'aveu, se mordit la langue pour éviter de dire le montant précis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ah &lt;i&gt;HA !&lt;/i&gt;", s'exclama Sanson en la pointant de l'index.  "Traîtresse au budget !  Je le savais !  Hop, un petit coup de déprime et tu nous flambes tout le contenu de notre bourse commune !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Je n'ai pas dépensé &lt;i&gt;tant&lt;/i&gt; que ça !", se défendit Deriner.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Tu as acheté quoi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— ...kit de forgeron transportable...", fut la réponse, dans un grommelement.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Il n'y a pas de quoi se désespérer autant pour ça", s'étonna Sinis.  "Ce sera pratique.  C'est une dépense... justifiable", hasarda-t-il, se demandant sérieusement si le concept de &lt;i&gt;dépense justifiable&lt;/i&gt; était accepté dans la société naine ou si toute dépense était automatiquement injustifiable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ce n'est pas ça le problème !", s'emporta Deriner.  "Le problème, c'est que son cheval est trop petit pour tout transporter !", elle pointa Perceval-Dorian comme s'il l'avait insultée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le paladin supporta sa fureur avec calme et surtout, sans mentionner que c'était peut-être le kit de forgeron transportable qui était trop gros.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Belle dame naine, si cela est la seule problématique qui vous trouble, il me fera plaisir de rendre cette intolérable situation plus supportable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Et comment, hmm ?  Tu peux gonfler ton canasson, peut-être ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Oh, cela en particulier m'est bien sûr impossible, ce pauvre Étienne-Tristan-Romuald-Oreste-Nathaniel troisième ne saurait apprécier pareil traitement.  Je pourrais par contre entrer en communication avec mes frères et trouver, à défaut de chaussure à notre pied, cheval pour ce kit à transporter." &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deriner le regarda comme s'il était Gadoki lui-même.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Tu peux faire ça ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Il m'est certes possible d'au moins prendre le temps nécessaire pour demander.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Tu es merveilleux, gamin !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Perceval-Dorian rougit considérablement et marmonna quelque chose sur l'obligation morale d'aider son prochain, surtout s'il était dans une situation telle qu'il était nécessaire qu'on l'aide.  La naine se laissa glisser en bas de sa chaise et les entraîna à sa chambre pour leur montrer les boîtes à transporter, babillant à chaque pas sur la générosité du paladin et sa gentillesse, sans oublier sa bonté, son dévouement et son don de soi, qui ne rivalisaient qu'avec une longue litanie d'autres qualités, la perfection de ses dents, son sourire tout aussi blanc qu'envoûtant et la douceur de l'ondulation de ses cheveux d'un si beau blond.  Amusés, Sinis et Sanson murmurèrent entre eux des paris à savoir combien de temps Perceval-Dorian pourrait  supporter sans s'évanouir une si violente attaque de compliments.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Voilà, c'est ça !", montra Deriner en leur désignant les boîtes empilées proprement près de la porte de sa chambre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sinis ne s'y connaissait pas tellement en forgerie, certainement pas plus loin que de pouvoir différencier une enclume d'un soufflet de forge, mais il était quasi certain qu'un kit de forgeron &lt;i&gt;transportable&lt;/i&gt; ne venait pas dans douze boîtes.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ce n'est pas un peu... gros ?", se risqua-t-il.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Hein ?", s'étonna Deriner.  "Mais non, c'est le nouveau modèle !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le mage de combat haussa un sourcil.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Alors euh... On va forcer Perceval-Dorian a échanger son cheval avec quelqu'un, seulement pour pouvoir transporter ton kit ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deriner le regarda, surprise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Quoi ?  Mais non !", elle souleva une boîte, couleur cuivre décoré par un délicat motif de fougère.  "Ça c'est &lt;i&gt;mon&lt;/i&gt; kit !  Il entre parfaitement bien dans mon paquetage, c'est conçu pour ça !  Les autres, je les ai achetés pour donner en cadeau...  J'ai raté l'anniversaire de ma nièce, c'était la semaine dernière, et sa sœur m'en avait demandé un, je lui dois une faveur pour une histoire de marteau emprunté.  J'ai une amie qui en voulait un nouveau, le sien date du siècle dernier, surtout que les plus récents sont disponibles dans des couleurs absolument charmantes, je lui en ai pris un adorable vert feuille, elle va l'adorer.  J'en ai un autre pour ma petite cousine qui–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Attends !", interrompit Sanson.  "Tu veux dire qu'on va &lt;i&gt;retourner&lt;/i&gt; là-bas !?  Quand les Ouestants ont sûrement des doutes très précis sur qui s'est barré avec votre Pierre de Vœux !?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La naine cligna des yeux.  Apparemment, cette problématique ne s'était pas présentée à elle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ils ont peut-être déjà oublié cette histoire...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Ou ils vont nous couper la tête... quoique dans mon cas, ils vont peut-être seulement me raccourcir au niveau des genoux", ajouta Sanson après réflexion. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Mais qu'est-ce que je vais faire de tous ces kits alors !?", s'énerva Deriner.  "Ils ne sont pas échangeables, ni remboursables !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Tu aurais dû y penser avant !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Si vous me permettez d'interrompre votre discussion... animée... et m'accordez la grâce de placer un simple commentaire...", réussit à dire Perceval-Dorian avant que les insultes commencent à pleuvoir.  "Ne serait-il pas acceptable, considérant que je dois de toute façon entrer en communication avec un des mes collègues concernant le prêt d'un cheval d'une taille plus convenable, si je lui demandais tout simplement s'il lui était possible de pousser la gentillesse jusqu'à accepter de bien vouloir se charger de la livraison ?" &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cinq minutes plus tard, ils étaient dehors.  Perceval-Dorian tira de ses vêtements un petit carnet aux coins écornés, le consulta avec attention et alla prendre une boîte dans son paquetage.  Il en sortit des fioles remplies de poudre, divers tubes, un bol pour mélanger et d'autres trucs en vrac.  Un moment de préparation plus tard et une allumette rapprochée d'une mèche plus tard, la fusée éclata contre le ciel bleu, une explosion en rouge.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils regardèrent tous les éclats s'éteindre sans que rien ne se produise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Bon d'accord, c'est bien joli tout ça, mais qu'est-ce qu'on fait maintenant ?", demanda Deriner.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Belle dame naine, j'ai le regret de vous annoncer que maintenant, c'est de patience dont il faut faire preuve."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le paladin mit une main en visière et attendit les réponses.  Après quelques minutes et heureusement, avant que la première crampe apparaisse dans son cou, les premières successions de points lumineux de couleurs différentes apparurent dans le ciel à des distances variées.  Perceval-Dorian s'empressa de consulter une liste de référence dans son carnet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est joli comme tout !  On dirait des fleurs de feu !", commenta Deriner.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Vous n'avez pas l'impression que ce serait mieux s'il y avait de la musique pour accompagner ces explosions de couleur ?", fit remarquer Sanson.&lt;br /&gt;Sans attendre que les autres répondent, il se mit à &lt;i&gt;tun dundun TUUUUN dun !&lt;/i&gt;-er pour lui-même, accompagnant les explosions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Qu'est-ce que ça veut dire ?", demanda Sinis, plus pragmatique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Perceval-Dorian garda les yeux au ciel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Suite à l'ouverture d'une communication de ma part, mes collègues les plus près de notre position actuelle me retournent leurs disponibilités pour l'importante mission qu'on me charge de confier à l'un d'eux."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une succession d'explosions lointaines lui fit cligner des yeux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ah, par exemple, mon frère Armand-Frédéric me signale être à l'instant fort occupé par le combat acharné contre une hydre à trois têtes, ce qui l'empêche malheureusement de m'offrir son aide." &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sinis haussa un sourcil ; Perceval-Dorian désigna deux courtes explosions sur leur droite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Là-bas, il s'agit de mon frère Nicholas-Alexander-Matthews qui m'indique son infini regret de ne pouvoir agréer à ma demande car il se trouve confiné au lit avec un vilain rhume et l'impossibilité catégorique de sortir sous peine de se faire ligoter par sa vieille mère !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Il a dit ça ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Bien sûr.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— ...En deux petits poufs de couleur ?", insista Sinis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Oh, non.  Je résume, bien sûr !  Son message exact était : Je suis meurtri jusqu'au plus profond des confins les plus obscurs de mon âme, pas que mon âme soit obscure, Aubrey en soit témoin, par l'oppression soudaine et impitoyable que me cause tout le poids du regret de ne pouvoir en cette seconde précise être dans la possibilité de pouvoir m'élancer à ton aide, oh mon frère !  Il se trouve pour mon malheur qu'en ce triste jour dont je maudirai certainement l'existence jusqu'à ma mort et même après, je suis le prisonnier involontaire de la maladie, qui me condamne aux couvertures de mon humble lit ainsi qu'à la consommation d'un petit bouillon de poulet et, si jamais je me retrouvais à oser braver ce monde pour t'aider, oh mon frère, mon illustre parente userait de la force la plus excessive pour m'immobiliser."  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sinis le dévisagea.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"J'ai bien peur que frère Nicholas-Alexander-Matthews n'ait jamais été homme à exprimer son opinion de manière très succincte", s'excusa Perceval-Dorian.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il regarda la rapide, presque frénétique succession d'explosions de couleurs qui se manifesta ensuite, fronçant les sourcils.  Gardant le nez en l'air, il ouvrit rapidement son carnet vers la fin et y nota le message crypté.  Une fois le signal terminé (environ quatre minutes trente-deux plus tard), il jeta un coup d'oeil à ce qu'il avait scribouillé, essayant d'en déchiffrer le sens.  Il bougea les lèvres en répétant la séquence, fouilla dans son carnet pour s'assurer que son interprétation était juste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Mon frère Theoderich n'a point changé, il excelle toujours autant dans l'art de la messagerie instantanée !  Il part...", le paladin hésita, se repassant mentalement le message pour être certain d'avoir bien compris.  "Il part apparemment détruire l'esprit du grand magicien Diaconis qui veut transformer le monde entier en une fromagerie.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— C'est n'importe quoi !", rigola Sanson pendant que le paladin préparait de nouveaux tubes pour envoyer sa question au ciel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il feuilleta son carnet, marmonnant pour lui-même &lt;i&gt;Voyons, 'gros', il me semble me souvenir que c'est deux cercles bleus...  et 'cheval', hmm...&lt;/i&gt;  Son message finit par exploser en couleurs.  Quelques minutes plus tard, parmi une majorité de réponses négatives, une dernière plus positive apparut dans le ciel. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ah, quelle excellente surprise !", s'exclama Perceval-Dorian en voyant les réponses.  "Kingston-Darwin est à une distance satisfaisante de notre position actuelle, il pourra nous rejoindre avec Baptiste-Edouard."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sinis se pencha vers Sanson et murmura :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Tu crois que c'est lequel des deux, le paladin ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deriner leur lança un avertissement clair d'un regard dangereusement noir et ils réussirent à arrêter de rigoler.  Éventuellement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Kingston-Darwin se révéla être humain, mais surtout paladin, avec des cheveux longs, foncés et bien sûr, ondulés d'une manière parfaite et un sourire remplit d'une dentition parfaite - pour ne rien ruiner, son visage avait lui aussi quelque chose de parfait, avec un teint parfaitement hâlé, une expression parfaitement noble et des yeux d'un noir parfait.  Il était si parfait que Deriner le trouvait beau, malgré ses lacunes énormes au niveau de la barbe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Baptiste-Edouard était son cheval - énorme paraissait encore imprécis pour le qualifier : c'était le genre de cheval d'une taille telle que celui qui l'observait se sentait obligé de demander s'il était parent avec les éléphants.  Sanson se recula instinctivement, ne lui trouvant pas une expression amicale.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Il n'aurait pas de l'éléphant dans sa famille, ce cheval ?", demanda Deriner.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ah !  Je constate sans surprise que Baptiste-Edouard fait une fois encore sensation !", s'exclama Kingston-Darwin ; son cheval parut seulement irrité du commentaire et poussa un petit renâclement sec.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sa voix était &lt;i&gt;parfaite&lt;/i&gt;, s'il était concevable qu'une voix le soit.  C'était un mélange de douceur, d'une pointe d'accent impossible à identifier, de notes mélodieuses : elle dégageait force et fermeté, mais en même temps cette certitude subtile qu'elle pouvait devenir caressante.  Deriner le dévisagea, se demandant sérieusement si les sirènes et les humains pouvaient avoir des enfants ensemble.  Elle avait envie de le regarder pour le reste de la journée et de l'entendre parler, oh, à peu près pour le reste de l'éternité. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Perceval-Dorian brisa l'envoûtement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je suis entièrement transporté de joie de te revoir après si longtemps, mon frère–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— C'est son &lt;i&gt;frère !?&lt;/i&gt;", s'exclama la naine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Tous les paladins d'Aubrey forment une grande famille", précisa Sinis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Oh.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Moi pareillement", sourit Kingston-Darwin, éblouissant la petite assemblée de sa perfection, "je suis tout à fait enthousiasmé de te revoir et je constate que dans sa bonté, Aubrey t'a accordé l'honneur de te joindre à un groupe d'aventuriers !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— J'en étais moi-même incroyablement étonné, tu peux certes t'imaginer ma surprise !  Mon âge n'est point synonyme de sagesse et mon niveau d'expérience n'est guère enviable, je ne suis point entièrement certain de mériter une telle faveur...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Perceval-Dorian, mon frère, tu ne te fais en rien honneur à toi-même : Aubrey lui-même te reprocherait une trop grande sévérité personnelle.  Tu n'ignores pas qu'il nous est permis de tirer une certaine mesure de plaisir de nos propres accomplissements, tant que nous ne péchont pas dans l'excès d'orgueil. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Tu es trop bon, Kingston-Darwin, comme toujours tes mots me réconfortent.  ...Et si tu me permets l'indiscrétion d'une question : dans tes pérégrinations, as-tu peut-être par quelque heureuse fortune, croisé frère Alexandre-Tristan ou encore frère Erneste-Sébastien ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Nul n'a point été ma chance, mais Aubrey soit remercié de m'avoir donné l'occasion de retrouver frère Timothy-Adrian !  Savais-tu l'heureuse nouvelle à son sujet ?  Sa candidature au rang un est en phase de révision finale et il ne semble plus qu'il ne reste sur son chemin qu'une ou deux formalités avant qu'il lui soit permis de s'établir dans un des temples d'Aubrey comme guérisseur résident !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Aubrey ne voudrait sans doute en aucun cas risquer qu'un tel talent se perde et qu'une telle dévotion ne reçoivent pas sa juste mesure de remerciements.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— ...C'est bien beau leurs retrouvailles à rallonge, mais mon problème de transport de biens, ils vont le régler quand ?", siffla Deriner, mais dans un sifflement presque poli et d'une raisonnable discrétion - elle dévorait encore des yeux (et des oreilles) Kingston-Darwin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Chut !", fit quand même Sanson.  "Tu veux qu'ils soient livrés ou non, tes kits-cadeaux ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La naine grommela.  Perceval-Dorian finit par se rendre au problème (une introduction qui ne lui prit que dix minutes), l'aborda franchement (par une courte explication de vingt minutes) et demanda enfin (avec force de politesses et de mots gentils pour que Kingston-Darwin, par esprit de fraternité et dans sa grande bonté naturelle, daigne l'écouter) s'il était possible de livrer à bon port les onze kits de forgeron transportables que Deriner voulait faire parvenir chez les Ouestants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je serais tout naturellement fort honoré de me dévouer à une si généreuse cause, surtout pour une si belle dame naine", accepta aussitôt Kingston-Darwin avec un sourire (de la famille &lt;i&gt;qui tue&lt;/i&gt;, sous-espèce &lt;i&gt;tellement blanc que ça risque de rendre quelqu'un aveugle&lt;/i&gt;), sans même le début de l'ombre d'une hésitation.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deriner rougit et essaya de bredouiller &lt;i&gt;Merci&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Personne ne lui fit remarquer que &lt;i&gt;Hmgnnii&lt;/i&gt; ne voulait rien dire. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(20 décembre 2010)&lt;br /&gt;(Révision finale : 4 mars 2011)  &lt;br /&gt;&lt;a name='cutid1-end'&gt;&lt;/a&gt;</content>
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    <title>[8 drabbles] Les Losers !</title>
    <published>2011-01-21T19:41:28Z</published>
    <updated>2011-01-21T20:08:25Z</updated>
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    <content type="html">Postés sur l'arbre à drabbles du &lt;a href="http://drakys.livejournal.com/362136.html" target="_blank"&gt;17 au 27 septembre&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Original &amp;gt; Les Losers ! (disclaimer : &lt;span  class="ljuser  i-ljuser  i-ljuser-type-P     "  data-ljuser="drakys" lj:user="drakys" &gt;&lt;a href="https://drakys.livejournal.com/profile/"  target="_self"  class="i-ljuser-profile" &gt;&lt;img  class="i-ljuser-userhead"  src="https://l-stat.livejournal.net/img/userinfo_v8.png?v=17080&amp;v=923.1" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="https://drakys.livejournal.com/" class="i-ljuser-username"   target="_self"   &gt;&lt;b&gt;drakys&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; &amp; &lt;span  class="ljuser  i-ljuser  i-ljuser-type-P     "  data-ljuser="supaidachan" lj:user="supaidachan" &gt;&lt;a href="https://supaidachan.livejournal.com/profile/"  target="_self"  class="i-ljuser-profile" &gt;&lt;img  class="i-ljuser-userhead"  src="https://l-stat.livejournal.net/img/userinfo_v8.png?v=17080&amp;v=923.1" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="https://supaidachan.livejournal.com/" class="i-ljuser-username"   target="_self"   &gt;&lt;b&gt;supaidachan&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;)&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Original (Les Losers !) - Sinis et Deriner (à propos de Sanson) - PG&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Il progresse", la rassure Sinis quand Deriner demande une mise à jour du programme d'entraînement de Sanson.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je ne vois pas tellement de différence avec avant...", commente-t-elle, suspicieuse.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Avant, si on s'approchait de lui avec une arme, il courrait dans la direction opposée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Et maintenant ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sinis essaie de résumer les progrès de Sanson :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Il sait tenir une arme et bloquer une attaque sans l'échapper.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Et c'est dans la technique que tu lui enseignes, de hurler de terreur à chaque fois qu'il arrête un coup ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— ...Je crois que c'est sa touche personnelle."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name='cutid1-end'&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Original (Les Losers !) - Shmae Girl-centrique - G&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ce lieu sacré est le plus important du temple", explique la jeune guide en présentant ensuite les différentes effigies et statues.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Esoj boit peut-être ses mots, mais les autres répriment des bâillements.  Il y a soudain un &lt;i&gt;Bang !&lt;/i&gt; suivit d'un &lt;i&gt;Crackkk !&lt;/i&gt; et personne n'ose se retourner.  Pidgeonboy ose à peine respirer, imaginant déjà les fidèles qui les attaquent pour leur sacrilège.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ils ne sont pas très solides, vos machins...", mentionne Shmae Girl.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Oh, c'est normal, ce sont des copies de plâtre pour les touristes", sourit la guide.  "On ne laisse pas n'importe qui voir les originaux !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name='cutid2-end'&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Original (Les Losers !) - Esoj, Pidgeonboy et Spider-chan - G&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ferme les yeux, si tu as peur", suggère Esoj.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Oui et Silent Pascal peut te tenir par la main", s'amuse Spider-chan.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— J'ai pas peur, bon !", s'indigne Pidgeonboy.  "Je suis raisonnable.  Nous pourrions mourir ensevelis, vous savez !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Dans un grotte millénaire ?  Qui est aussi un spa réputé ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Dis donc, c'est pas toi qui devrait être mal à l'aise ?", siffle le voleur ave humeur.  "On va être à des mètres sous la terre et sûrement qu'il va y avoir des nains !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Spider-chan grimace, ses oreilles tiquent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Il &lt;i&gt;fallait&lt;/i&gt; que tu gâches ma journée !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name='cutid3-end'&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Original (Les Losers !) - Carpet-Vale et Pidgeonboy (Esoj en BG) - G&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"L'arrêter ?  Tu crois &lt;i&gt;vraiment&lt;/i&gt; qu'on peut l'arrêter quand elle est comme ça ?", demande Carpet-Vale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Derrière eux, Esoj mélange des trucs qui fument, qui font des &lt;i&gt;Pouf !&lt;/i&gt; et des &lt;i&gt;Tzwiiiiiit !&lt;/i&gt; et à l'occasion, elle éclate de rire.  Un rire à glacer le sang.  Bien sûr, ça n'aide pas qu'elle porte une longue blouse blanche et des gants épais qui lui montent jusqu'aux coudes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Elle prépare quelque chose de dangereux ?", s'inquiète Pidgeonboy, toujours soucieux de rester en un morceau identifiable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Oh, elle potassait son livre de cuisine avant, je crois qu'on est saufs."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name='cutid4-end'&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Original (Les Losers !) - Pidgeonboy, Shmae Girl, Esoj et Spider-chan - G&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Fermer les yeux empêche le monde de tourner.  Pidgeonboy, post-réflexion existentielle, constate qu'il n'est pas mort et gémit :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...C'qui m'a frappé ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Moi !", sourit Shmae Girl.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Pourquoi !?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Tu te souviens quand tu as dit &lt;i&gt;Frappez-moi si je me trompe&lt;/i&gt; ?", explique gentiment Esoj.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Mais... c'était parce que j'étais certain du contenu de la boisson spéciale de la semaine !  Je disais ça au serveur du Burger-o-Rama pour gagner le prix !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Oui, mais Shmae pensait que ça s'appliquait tout le temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— ...Au nombre de fois qu'il se plante, ce serait du suicide."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name='cutid5-end'&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Les Losers ! - La mère de Perce  - PG-13 [Spoils BG Perceval-Dorian]&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La rose blanche veut dire l'esclavage et la tristesse dans les yeux, un sourire qui ne sait pas illuminer le visage.  La rose blanche est le joli signe de ceux qui sont à vendre pour les désirs des autres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Son ventre grossit, mais cet enfant ne sera jamais vraiment le sien.  Elle penche la tête et ses cheveux pâles cachent son beau visage.  Ses cheveux  tombent sur son ventre, les isolent et elle sourit pour vrai, pour lui.  Chaque vie à son prix et même la liberté peut s'acheter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle caresse son ventre et chante : &lt;i&gt;Ma petite fleur&lt;/i&gt;...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name='cutid6-end'&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Original (Les Losers !) - Pidgeonboy, Spider-chan, Esoj et Carpet-Vale - PG&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"La vie, c'est comme–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— On va vraiment le laisser faire une autre tentative foireuse de sagesse ?", dit Spider-chan, assez fort pour que Pidgeonboy entende très bien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le voleur se renfrogna.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Comment ça, foireuse ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— &lt;i&gt;Les pieds sont le véhicule de l'être&lt;/i&gt;", récita Esoj.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"&lt;i&gt;Le fromage, ça vient de la vache.  Sauf quand ça vient de la chèvre ou la brebis&lt;/i&gt;", ajouta Carpet-Vale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Arrêtez ça, mes oreilles saignent !", grimaça l'elfe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est la philosophie de l'évidence !", se défendit Pidgeonboy.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Oui et quand je te mets une claque, c'est la philosophie du bon goût", rétorqua Spider-chan.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name='cutid7-end'&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Original (Les Losers !) - Sinis, Sanson et Deriner - PG&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Sa majesté daignera-t-elle nous honorer de sa présence afin de partager votre frugal repas ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Je ne te parle plus !", geigne Sanson.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il continue de leur tourner le dos, genoux contre sa poitrine, tête enfouie dans ses bras.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Oh allez, arrête de faire la gueule !", insiste Deriner.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je ne te parle plus à toi aussi !", couine Sanson.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ça va être long comme voyage, si tu réagis toujours comme ça...", tente Sinis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Oui, quand même", continue la naine.  "Si on ne peut plus rire parce que tu es trop nul pour te battre, on va faire quoi nous, pour s'amuser ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name='cutid8-end'&gt;&lt;/a&gt;</content>
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    <title>[4 drabbles]</title>
    <published>2010-09-14T16:27:43Z</published>
    <updated>2010-09-14T16:28:11Z</updated>
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    <content type="html">Postés sur &lt;a href="http://drakys.livejournal.com/357633.html" target="_blank"&gt;l'arbre à drabbles du 6 au 16 août&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Original &amp;gt; Life in Black &amp; Gray (disclaimer : &lt;span  class="ljuser  i-ljuser  i-ljuser-type-P     "  data-ljuser="drakys" lj:user="drakys" &gt;&lt;a href="https://drakys.livejournal.com/profile/"  target="_self"  class="i-ljuser-profile" &gt;&lt;img  class="i-ljuser-userhead"  src="https://l-stat.livejournal.net/img/userinfo_v8.png?v=17080&amp;v=923.1" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="https://drakys.livejournal.com/" class="i-ljuser-username"   target="_self"   &gt;&lt;b&gt;drakys&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;)&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Original (Life in Black &amp; Gray) - Black and Thomas - PG-13&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;“Je vous crois sur parole.”&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est trop près, sa présence et ses paroles me terrifient et je tremble, comme le plus parfait des imbéciles.  Je pourrais, pour m’épargner la honte, me convaincre que c’est dû au froid insupportable de la boutique.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;“Tu me crois pas !”, m’accuse encore Black.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La seule chaleur que je ressens, c’est celle de sa respiration contre mon visage.  De ses mains plaquées au mur qui effleurent mes épaules.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;“N-- non”, je me sens forcé de l’admettre et il recule.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;“Ton père aurais pas dû te mentir !  Regarde-moi le bordel maintenant, ta vie est un foutoir !”&lt;br /&gt;&lt;a name='cutid1-end'&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Original (Life in Black &amp; Gray) - Black and Thomas - PG-13&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout ça, tout ce qu’il me raconte, je n’y crois pas.  Je refuse d’y croire.  J’ai envie de lui hurler de se taire, mais tout ce que j’arrive à faire, c’est de fixer le plancher en espérant qu’il arrête de parler.  Mon père n’était pas... ce qu’il dit.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;“Thomas, c’est plus le temps de faire la gonzesse !  Tu dois reprendre son boulot”, insiste Black.  “Tu penses que c’est pour faire quoi, cette boutique de nettoyage ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Pour nettoyer les vêtements”, je grince, entêté à continuer de ne pas le croire, et il sourit, amusé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;“Putain, mais t’es vraiment trop innocent !”&lt;br /&gt;&lt;a name='cutid2-end'&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Original (Life in Black &amp; Gray) - Black and Thomas - R&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;“Tue-le maintenant.”&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je refuse, le pistolet tremble dans mes mains.  Même si... &lt;i&gt;si&lt;/i&gt; je tire, je raterai la cible.  Je &lt;i&gt;veux&lt;/i&gt; tirer, pour ne plus subir son regard de reproche, mais je sais que j’échouerai.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;“...Non.”&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Black soupire et s’approche, me prend l’arme avec difficulté, tellement mes doigts sont serrés.  Il vise l’inconnu qui chiâle, supplie et tire.  Je serre les dents pour ne pas vomir en voyant le sang.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;“Tu crois qu’il aurait hésité ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Qu’est-ce que ça aurait changé, si c’était lui qu’il m’avait tué ?”, je serre les dents.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;“J’ai promis à ton père de m’occuper de toi.”&lt;br /&gt;&lt;a name='cutid3-end'&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Original &amp;gt; Division Solomon (disclaimer : &lt;span  class="ljuser  i-ljuser  i-ljuser-type-P     "  data-ljuser="drakys" lj:user="drakys" &gt;&lt;a href="https://drakys.livejournal.com/profile/"  target="_self"  class="i-ljuser-profile" &gt;&lt;img  class="i-ljuser-userhead"  src="https://l-stat.livejournal.net/img/userinfo_v8.png?v=17080&amp;v=923.1" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="https://drakys.livejournal.com/" class="i-ljuser-username"   target="_self"   &gt;&lt;b&gt;drakys&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; &amp; &lt;span  class="ljuser  i-ljuser  i-ljuser-type-P     "  data-ljuser="supaidachan" lj:user="supaidachan" &gt;&lt;a href="https://supaidachan.livejournal.com/profile/"  target="_self"  class="i-ljuser-profile" &gt;&lt;img  class="i-ljuser-userhead"  src="https://l-stat.livejournal.net/img/userinfo_v8.png?v=17080&amp;v=923.1" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="https://supaidachan.livejournal.com/" class="i-ljuser-username"   target="_self"   &gt;&lt;b&gt;supaidachan&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;)&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Original (Division Solomon) - Virtue et Vice - PG&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Veiller sur ses hommes lui causait plus d’inquiétude que la tâche lui apportait de satisfaction.  Le regard de Virtue fut attiré vers la fenêtre.  De leur hauteur, elle ne voyait que le ciel clair et sans nuage, qui se prêtait mal aux réflexions négatives.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;“...Madame ?”, la voix mélodieuse de Vice était empreinte de curiosité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd’hui, son djinn avait adopté l’apparence d’un homme, une image d’une double perfection, à la fois pour sa beauté élégante et le goût raffiné de son choix vestimentaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;“Tu ressens mon inquiétude”, siffla Virtue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;“Oui madame, mais vous connaissez ces deux-là...  Toujours plongés dans les ennuis.”&lt;br /&gt;&lt;a name='cutid4-end'&gt;&lt;/a&gt;</content>
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    <title>[4 drabbles] </title>
    <published>2010-09-14T15:16:53Z</published>
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    <content type="html">Postés sur &lt;a href="http://drakys.livejournal.com/355661.html" target="_blank"&gt;l'arbre à drabbles du 16 au 26 juillet&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Original &amp;gt; Les Losers ! (disclaimer : &lt;span  class="ljuser  i-ljuser  i-ljuser-type-P     "  data-ljuser="drakys" lj:user="drakys" &gt;&lt;a href="https://drakys.livejournal.com/profile/"  target="_self"  class="i-ljuser-profile" &gt;&lt;img  class="i-ljuser-userhead"  src="https://l-stat.livejournal.net/img/userinfo_v8.png?v=17080&amp;v=923.1" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="https://drakys.livejournal.com/" class="i-ljuser-username"   target="_self"   &gt;&lt;b&gt;drakys&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; &amp; &lt;span  class="ljuser  i-ljuser  i-ljuser-type-P     "  data-ljuser="supaidachan" lj:user="supaidachan" &gt;&lt;a href="https://supaidachan.livejournal.com/profile/"  target="_self"  class="i-ljuser-profile" &gt;&lt;img  class="i-ljuser-userhead"  src="https://l-stat.livejournal.net/img/userinfo_v8.png?v=17080&amp;v=923.1" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="https://supaidachan.livejournal.com/" class="i-ljuser-username"   target="_self"   &gt;&lt;b&gt;supaidachan&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;)&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Original (Les Losers !) - Les Losers - G&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;“Moi, j’insiste, on est perdus !”, insista Pidgeonboy, avec une moue débile (faute de pouvoir en faire d’une autre sorte).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;“On ne peut quand même pas suivre une carte et être perdus !”, souligna Carpet-Vale avec ce qu’elle croyait être un argument de poids.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un silence tendu suivit : c’était stressant de vivre au cas où Carpet-Vale fasse tout exploser si on la contredisait.  Esoj s’y risqua.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;“Je crois qu’il n’a pas tort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Comment tu peux dire ça ?  C’est &lt;i&gt;toi&lt;/i&gt; qui a la carte !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Justement... depuis deux heures que je lis &lt;i&gt;Hebdomadaire Potion&lt;/i&gt; plutôt que de m’en occuper, de la carte.”&lt;br /&gt;&lt;a name='cutid1-end'&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Original (Les Losers !) - Les Losers ! - PG&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;“J'aime mieux crier”, annonça Pidgeonboy, au milieu d’une conversation technique sur la meilleure réaction à avoir devant quelqu’un de menaçant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;“Par rapport à quoi ?”, Esoj haussa un sourcil.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle se doutait de la réponse, mais il valait mieux être polie et demander, sinon leur leader allait faire la tête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;“Bah, que de me battre, par exemple.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Tu m’étonnes, je pensais que tu allais dire par rapport à &lt;i&gt;penser&lt;/i&gt;”, siffla Spider-chan.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;“Oh, parce que penser c’est pratique, peut-être, devant une grosse brute !?”&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un silence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;“Ben oui... si c’est penser à se battre...”, décida Shmae Girl, après y avoir réfléchi.&lt;br /&gt;&lt;a name='cutid2-end'&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Original (Les Losers !) - Sinis et Noir - G&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;small&gt;Variation/version plus longue d’une ligne dans &lt;a href="http://community.livejournal.com/irobas/28676.html”" target="_blank"&gt;Perceval-Dorian has joined the party&lt;/a&gt;.&lt;/small&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Du bout des doigts, dans un geste nonchalant d’une main, il transforma la glaise à ses pieds en figurines grossières.  Un petit guerrier et une grosse épée, un troll deux têtes plus grand avec une massue terrible : Noir commença à bruyamment encourager le guerrier.  Au moins, occupé comme ça, le rehven ne disparaîtrait pas sans avertir pour leur causer des ennuis !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sinis sourit, approcha l’autre main et pour s’assurer la fascination complète de son auditoire, sur un geste précis, un autre morceau de glaise prit forme : un minuscule corbeau.  Noir redoubla d’enthousiasme en le voyant s’attaquer sans peur au troll.  &lt;br /&gt;&lt;a name='cutid3-end'&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Original &amp;gt; Life in Black &amp; Gray (disclaimer : &lt;span  class="ljuser  i-ljuser  i-ljuser-type-P     "  data-ljuser="drakys" lj:user="drakys" &gt;&lt;a href="https://drakys.livejournal.com/profile/"  target="_self"  class="i-ljuser-profile" &gt;&lt;img  class="i-ljuser-userhead"  src="https://l-stat.livejournal.net/img/userinfo_v8.png?v=17080&amp;v=923.1" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="https://drakys.livejournal.com/" class="i-ljuser-username"   target="_self"   &gt;&lt;b&gt;drakys&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;)&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Original (Life in Black &amp; Gray) - Black et Thomas - PG&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;“Sinon, ça va la vie ?”&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne dis rien : ce n’est pas une question, c’est un reproche.  Parce que je ne lui parle pas, Black joue à faire la conversion.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;“Su~u~uper !”, se répond-t-il d’une voix trop haute.  “Je me suis &lt;i&gt;encore&lt;/i&gt; fait battre, génial !”&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parce que je suis stupide, je baisse la tête, comme s’il était encore temps de cacher la lèvre fendue, l’ecchymose qui me sert de joue droite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;“Tu dois apprendre à te défendre, Thomas”, Black redevient sérieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;“Pour me faire tuer ?  Je ne suis pas mon père.”&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ça, au moins, ça lui cloue le bec !&lt;br /&gt;&lt;a name='cutid4-end'&gt;&lt;/a&gt;</content>
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    <title>Les Losers! &amp;gt;  Les idées bleues [7/7] &amp;gt; Les nouvelles aventures super-héroïques des Losers !</title>
    <published>2010-04-24T12:17:12Z</published>
    <updated>2010-04-24T13:08:21Z</updated>
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    <content type="html">&lt;b&gt;Anthologie:&lt;/b&gt; Les idées bleues&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Titre:&lt;/b&gt; Les nouvelles aventures super-héroïques des Losers !&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Auteurs:&lt;/b&gt; drakys &amp; supaidachan&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Fandom:&lt;/b&gt; Original &amp;gt; Les nouvelles aventures des Losers!&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Personnages:&lt;/b&gt; les Losers !&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Rating:&lt;/b&gt; PG&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Nombre de mots :&lt;/b&gt; 2508 mots&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Disclaimer:&lt;/b&gt; ironie &amp; bas blancs (drakys &amp; supaidachan)&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Notes:&lt;/b&gt; Tout est &lt;a href="http://community.livejournal.com/irobas/375.html" target="_blank"&gt;ici&lt;/a&gt;.  Posté pour &lt;span  class="ljuser  i-ljuser  i-ljuser-type-P     "  data-ljuser="flo_nelja" lj:user="flo_nelja" &gt;&lt;a href="https://flo-nelja.livejournal.com/profile/"  target="_self"  class="i-ljuser-profile" &gt;&lt;img  class="i-ljuser-userhead"  src="https://l-stat.livejournal.net/img/userinfo_v8.png?v=17080&amp;v=923.1" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="https://flo-nelja.livejournal.com/" class="i-ljuser-username"   target="_self"   &gt;&lt;b&gt;flo_nelja&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; dans le cadre d'&lt;span  class="ljuser  i-ljuser  i-ljuser-type-P     "  data-ljuser="creerpouraider" lj:user="creerpouraider" &gt;&lt;a href="https://creerpouraider.livejournal.com/profile/"  target="_self"  class="i-ljuser-profile" &gt;&lt;img  class="i-ljuser-userhead"  src="https://l-stat.livejournal.net/img/userinfo_v8.png?v=17080&amp;v=923.1" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="https://creerpouraider.livejournal.com/" class="i-ljuser-username"   target="_self"   &gt;&lt;b&gt;creerpouraider&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;&lt;font size="+1"&gt;Gros avertissement:&lt;/font&gt; Toute la première partie est conçue pour être nulle.  Vous la trouvez mauvaise, extra mauvaise ou pire ?  Excellent, notre objectif est atteint !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La nuit tombait, perlée de velours, son ourlet lourd de milliers d'étoiles qui scintillaient comme autant de diamants en feu.  L'horizon en dessous était vaste et large et vert comme des forêts luxuriantes.  Cet horizon parfait peint en vert émeraude était rempli d'opulentes collines qui étendaient leurs rondeurs sur lesquelles poussaient des arbres beaux et grands et forts.  Entre deux collines coulait une petite vallée timide et discrète, dans laquelle nos héroïques aventuriers avaient d'un commun accord décidés de reposer leurs corps courbaturés après une laborieuse journée d'expédition.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils quittaient la ville de Q– pour se rendre dans le comté de X**, où leur fortune, c'était à espérer, serait comblée par de nouvelles aventures &lt;s&gt;érotiques&lt;/s&gt; héroïques et tout un tas de trucs vraiment trop top biens.  La magicienne de feu, belle princesse au cheveu fin, aux lèvres rubis et au sourire où coulait le collier des perles de ses dents, en digne supérieure du petit groupe, recommanda le repos et ils établirent leur camp entre une roche couverte de mousse et une autre recouverte d'une substance grise qui était ou n'était peut-être pas un autre type de mousse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La druide, certainement, dans son immense savoir, aurait pu préciser s'il s'agissait ou non d'un autre type de mousse, mais la magicienne n'osa pas demander.  Parce que la druide, même si elle détenait un savoir vraiment immense, immensément immense et vraiment très grand, avait un peu tendance à parler des mousses croisées sur le chemin de leurs aventureux exploits pendant deux ou trois bonnes heures et, pas que ce n'était pas intéressant, mais ce n'était pas franchement trop agréable non plus.  Et puis, il restait le camp à monter et le repas à préparer et toutes ces petites choses qu'il faut faire pour passer une nuit en plein air quand une auberge n'a pas la décence de se bâtir instantanément pour nos glorieux, et sexy aussi, aventuriers.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bref, c'est ça, ils montèrent leur camp avec une efficacité efficace, style, vraiment rapidement et sans se hurler les uns les autres dessus.  Ils s'installèrent autour du feu.  Un feu que le voleur avait allumé, avec sa pierre à feu et des petites brindilles, qu'il avait ramassé aux alentours, histoire de pouvoir faire du feu.  La magicienne de feu aurait pu s'occuper de ce détail, mais elle aimait parfois laisser aux autres l'impression qu'ils étaient utiles dans le groupe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un festin se dévoila entre eux, envoyé par les dieux qui leur souriaient du haut des cieux et déversaient sur le fier groupe tous leurs bienfaits.  Des fruits gros et rouges, leur chair généreuse juteuse à outrance, déversèrent dans leurs bouches des fluides sucrés et des saveurs si fines qu'ils goûtèrent à un monde de pur plaisir.  De la mie tendre, blanche, que des villageois reconnaissants leurs avaient remis plus tôt remplirent leurs ventres vrombissants du besoin d'être remplis après une longue marche.  Ils burent de l'eau claire et pure tirée à une rivière toute proche, qui les rasséréna de sa légèreté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après ce somptueux repas, les courageux aventuriers décidèrent qu'il était temps de se remettre présentable de propreté après cette longue journée de durs labeurs.  Comme leur dictait l'étiquette d'une telle situation, les mâles offrirent bien sûr aux dames le privilège de s'éclipser en premier ; leur propreté étant plus importante et plus laborieuse à atteindre dans la perfection que celle de leur corps masculin.  Acceptant avec grâce l'offre généreuse de leurs bons compagnons ; la magicienne de feu, la druide, la guerrière et l'elfe récupérèrent leurs effets à utiliser pour se refaire une beauté corporelle, et firent leur chemin ensemble et en amitié vers le petit, mais très confortablement chaud, mais pas trop, étang non loin de leur campement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aucun incident ne se produisit pendant l'absence des jolies et maintenant agréablement odorantes jeunes femmes.  L'eau claire et douce les avaient lavées des durs labeurs de la journée où elles avaient affrontés les durs labeurs de la journée.  Et aucune âme masculine ou perverse n'avaient osé épier leur temps personnel de reproprage, pas que c'était le genre de détail qui aurait dérangé la magicienne de feu, la druide, la guerrière et l'elfe, parce que la magicienne de feu, la druide, la guerrière et l'elfe auraient vite fait leur affaire aux âmes masculines ou perverses qui auraient osé les épier.  Mais il est quand même important de mentionner que la magicienne de feu, la druide, la guerrière et l'elfe auraient impressionnées de leur voluptueuses postures même la plus pure des âmes masculine ou perverse qui par hasard aurait passé par là et aurait décidé les épier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elles furent accueillis par leurs deux valeureux compagnons de route et leurs sourires perlés qui brillaient dans la nuit noire satinée.  Les attendaient leurs somptueuses couchettes que leur avaient préparés leurs précieux amis.  Des couchettes faites de mousses brillantes et jolies qui leur promettaient une merveilleuse nuit remplie de sommeil et d'agréables rêves leur remémorant d'anciennes aventures incroyables passées avec leurs honorables compagnons.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après s'être assurés du confort de leurs jolies et agréables-au-regard compagnonnes ; le voleur et le guerrier voulurent à leur tour se débarrasser des labeurs de la journée... en vain.  Une attaque !  Une attaque aussi surprise que surprenante vint les surprendre dans le calme qu'était cette merveilleuse nuit perlée d'étoiles scintillantes de feu et de lumière.  Quatre méchants mécréants de la plus basse des existences firent leur surprenante apparition et demandèrent la grande totalité de leurs biens sans trop de politesse et avec des mots choquants pour l'innocence des oreilles innocentes qui étaient présentes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Vos biens, valeureux guerriers !  Et que ça saute !", s'écria celui que la magicienne de feu identifia tout de suite comme étant le chef de la bande de vauriens à la propreté douteuse, mais néanmoins un peu visuellement attrayant dans son apparence rude de bandit de grands chemins.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La magicienne de feu fit un pas vers l'avant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Vous croyez  nous intimider, nous, fiers protecteurs du bien et de l'enfant dans le besoin ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Vos efforts seront en vain, pauvres salopards !", ajouta la druide, prenant place aux côtés de sa puissante compagne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Nous ne vous laisserons jamais vous emparer de nos trésors !  Nous ne vous laisserons jamais répandre le mal !", fit avec force de voix l'elfe en s'avançant à son tour, maintenant à la gauche de la magicienne de feu, pendant que la druide était toujours à sa droite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Tant que nous pourrons respirer cet air frais de la justice qui fait frémir nos poumons de l'intention pure du juste," le guerrier se plaça légèrement derrière les dames, mais pas trop pour ne pas perdre de vue les méchant mais assez pour ne pas atténuer la beauté sublime qu'était la force de caractère féminine de ses compagnes d'aventure, puis il ajouta avec force ; "vous ne pourrez bénéficier de notre pardon !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Nous serons toujours présent pour arrêter les bons à rien de votre sorte.  Toujours !" , le voleur vint se placer en symétrie à son brave compagnon, donc il se tenait un peu derrière la druide, à la droite du groupe ; pendant que son brave compagnon, le guerrier, s'était placé derrière l'elfe, à gauche du groupe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les quatre méchants regardèrent ensuite la guerrière, impressionnante dans son culot de les faire attendre et dans son habileté de faire scintiller ses armes sous le regard de la lune pour être bien certaine que ces dernières avait été remarquées, pendant qu'elle s'avança à l'avant du groupe de valeureux protecteurs du Bien, sans toutefois cacher la magicienne de feu.&lt;br /&gt;Elle les regarda avec un lourd regard avec ses yeux d'un vert perçant, riche comme l'émeraude, et lança avec la force du cri de son cœur qui passa par sa bouche aux lèvres rouge rubis :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ouais !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Oh, par les dieux !", s'exclama Esoj.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle reposa le manuscrit d'un geste sec, presque dégoûté, en se demandant si elle pourrait un jour desserrer les dents ou si elle allait se démolir la mâchoire avant.  Elle avait envie de croire plutôt à la seconde option qu'à la première.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Sois honnête !", l'interrompit tout de suite Carpet-Vale.  "Je veux, non, non, non !  &lt;i&gt;J'exige&lt;/i&gt; la plus stricte de toutes les plus strictes vérités !", elle plaqua ses deux mains jointes sur son cœur.  "Ta critique est importante, non, elle est très importante pour moi !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— C'est &lt;i&gt;nul&lt;/i&gt;, c'est complètement &lt;i&gt;nul !&lt;/i&gt;", laissa tomber la druide, sans le moindre tact.  "Des fruits gros et rouges ?  De la mie tendre ?  On a mangé que des baies et du vieux pain sec hier soir !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Je voulais... enjoliver un peu...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Je veux bien, mais il y a des limites !  Et tu peux me dire depuis quand je dis salopard, je ne dis &lt;i&gt;jamais&lt;/i&gt; salopard !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Tu viens de le dire", pensa bon de mentionner Carpet-Vale.  "Deux fois même !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La druide lui lança un regard soutenu pour lui demander, sans vulgarité, de s'il vous plaît la fermer avant qu'elle soit forcée d'user de violence physique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Et franchement, Spider-chan n'a pas des cheveux", elle chercha un extrait précis, tourna les feuilles, "ah oui, voilà : &lt;i&gt;du plus pur blond, tel les blés sous les caressants rayons du soleil de midi et des dents comme des perles, alignées dans sa bouche comme une riche parure.  Son visage était pur beauté, pâle comme la lune et rayonnant comme le soleil, dessiné finement comme si la main d'un artiste l'avait créé après le rêve de l'Idéal&lt;/i&gt;.  Et c'est quoi cette idée que les dents de tout le monde sont des perles !?  Si c'était vrai, une bonne majorité de la population serait édentée !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Carpet-Vale fit la moue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ce n'est pas &lt;i&gt;si&lt;/i&gt; mauvais..."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La druide haussa un sourcil, s'éclaircit la gorge et chercha autre chose.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Oh, attends, je t'assure qu'il y a pire : &lt;i&gt;Le fier guerrier au sang-mêlé, fruit de l'union interdite entre les nobles et puissants seigneurs elfes et les humbles enfants d'Adam, dévoila d'un geste précis son sabre du fourreau.  L'arme était longue et fine, portait les marques d'un entraînement répété, appliqué et il la tenait fermement avec une assurance qui&lt;/i&gt;– bla bla bla", elle s'arrêta et interrogea l'autre femme : "Depuis quand les elfes et non, avant ça, les... les enfants d'Adam ?  Mais de quoi tu parles ?  C'est qui ce Adam ?  Tu parles d'une lignée obscure ou tu veux parler des humains en général ?  Les elfes et les humains peuvent très bien avoir des enfants ensemble !  Et le reste, par les dieux, tu fais quoi comme genre ?  Une œuvre à la fois épique et pornographique ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Carpet-Vale lui arracha son texte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"La prochaine fois que tu te foules un poignet, bah tu demanderas à quelqu'un d'autre de les écrire à ta place, nos aventures !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— J'avais demandé à Pidgeonboy, tu sauras !  Mais après un paragraphe, il avait déjà sauvé l'univers deux millions six cent quatre-vingt-dix-huit mille fois et le monde quatre-vingt trois fois et demi !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La magicienne la dévisagea, choquée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Tu as demandé à quelqu'un d'autre que moi !?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Bien sûr, vous écrivez tous mal de toute façon !  Shmae Girl m'a seulement dessiné un mouton !  ...C'était un très beau mouton, va, mais ça ne racontait pas trop bien nos aventures.  J'attends encore que Spider-chan termine sa version.  La connaissant, si je l'ai avant trois ans, ce sera un miracle !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec un &lt;i&gt;hmmpf !&lt;/i&gt; particulièrement outré, Carpet-Vale se détourna et s'éloigna. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je vais t'en faire moi, du nul !  J'écris &lt;i&gt;très&lt;/i&gt; bien !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Arrête d'écrire !", lui conseilla Esoj.  "Tu es bien meilleure pour cramer des trucs de toute façon, il ne faudrait pas que tu gâches un si beau talent !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silent Pascal entra dans la chambre de la druide, évitant de justesse de se faire piétiner par Carpet-Vale qui sortait.  Il la regarda passer, à grands pas rageurs, et leva un sourcil.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Spider-chan m'a demandé de t'apporter ça", il s'approcha d'Esoj.  "Elle m'a dit de te dire que c'est la première partie de la première partie.  Elle devrait te rendre la deuxième partie de la première partie la semaine prochaine ou celle d'après."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il lui tendit une pile de feuillets couverts de l'écriture fine, précise, belle et parfaite, typiquement elfique de Spider-chan.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Carpet-Vale n'avait l'air trop heureuse...  Qu'est-ce qu'elle a ?", demanda Silent Pascal, pressé de connaître la réponse : depuis qu'il était bleu, les désagréments dans la vie des autres l'amusaient terriblement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Elle ne supporte pas la critique, voilà ce qu'elle a.  Un ou deux petits commentaires innocents sur son style d'écriture et pouf !  Elle pète les plombs !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le demi-elfe ne prit pas la peine de répliquer, même s'il en avait envie.  S'ils prenaient mal la critique, la druide, elle, critiquait avec beaucoup trop de sévérité !  Sur le texte qu'il avait présenté, Esoj lui avait vertement répondu &lt;i&gt;Non mais, tu écris quoi !?  Une aventure ou ta liste d'épicerie ?  Je cite : Ils s'engueulèrent pour décider d'où s'arrêter pour manger.  Ils s'arrêtèrent pour manger.  Ils s'engueulèrent pour savoir quoi manger.  Ils mangèrent.  Ils allèrent au lit après s'être engueulé un peu.&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il se contenta d'un &lt;i&gt;Oh...&lt;/i&gt;, réponse beaucoup moins risquée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"J'ai juste une petite question", se risqua ensuite Silent Pascal.  "Vraiment rien d'important, un simple détail.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Hm ?", demanda évasivement la druide en ne levant même pas les yeux des feuillets que le demi-elfe venait d'apporter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Le donjon est juste à côté, n'est-ce pas ?  Le donjon où je devrais, à moins d'un autre coup foireux venant tout droit du passé et de ce damné Lled, être débleui...?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Hm hm", approuva Esoj.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Alors... pourquoi est-ce qu'on n'y est pas déjà !?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Esoj leva les yeux, le dévisagea.  Elle haussa même un sourcil, lui donnant tout le temps nécessaire pour répondre par lui-même à cette question stupide.  Silent Pascal ne le fit pas, la forçant bien à lui rétorquer quelque chose.  Elle montra son poignet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Il est foulé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;—  Excuse-moi, vraiment, mais si tu n'as pas encore remarqué, je suis &lt;i&gt;bleu !&lt;/i&gt;  Alors qu'est-ce que ça peut bien me faire que ton poignet soit foulé !?", s'énerva le demi-elfe.  "Ça ne devrait quand même pas t'empêcher de marcher !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La druide ouvrit la bouche, réalisa que le choc l'empêchait de parler.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Et qui va dessiner les cartes, &lt;i&gt;hein !?&lt;/i&gt;", s'écria-t-elle.  "Pidgeonboy en est incapable, il arrive à peine à tracer une ligne droite !  Spider-chan croit que le sens d'orientation elfique est si parfait qu'elle refuse catégoriquement de même &lt;i&gt;regarder&lt;/i&gt; une carte !  Carpet-Vale–", elle s'interrompit, le temps de pousser un soupir contrarié.  "Carpet-Vale va oublier la moitié des détails - alors que c'est &lt;i&gt;primordial&lt;/i&gt; de noter la couleur du plancher, le matériau utilisé pour les murs et le nombre de fissures dans le plafond !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Shmae–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Oh non !  Tu la connais !  Elle va démolir des murs parce que suivre le labyrinthe est trop long !  Alors pour tracer une carte, hein, je ne lui fais pas confiance !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silent Pascal serra les dents.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Alors je pourrais–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Je veuuuux faire la caaaaarte !", se plaignit Esoj.  "Et ce n'est quand même pas ma faute si je suis tombée dans l'escalier !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Je n'ai pas dit que c'était ta faute...", grinça Silent-Pascal.  "Mais ce n'est quand même pas ma faute à &lt;i&gt;moi&lt;/i&gt; s'il n'y a pas dans toutes les auberges un paladin près à sauver les gens qui plantent dans les marches !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(15 février 2010)&lt;br /&gt;&lt;a name='cutid1-end'&gt;&lt;/a&gt;</content>
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    <title>Les Losers! &amp;gt;  Les idées bleues [6/7] &amp;gt; Les esclaves des bonnes offres</title>
    <published>2010-04-17T19:04:52Z</published>
    <updated>2010-04-17T19:05:47Z</updated>
    <category term="univers : les losers!"/>
    <content type="html">&lt;b&gt;Anthologie:&lt;/b&gt; Les idées bleues&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Titre:&lt;/b&gt; Les esclaves des bonnes offres&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Auteurs:&lt;/b&gt; drakys &amp; supaidachan&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Fandom:&lt;/b&gt; Original &amp;gt; Les nouvelles aventures des Losers!&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Personnages:&lt;/b&gt; les Losers !&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Rating:&lt;/b&gt; PG&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Nombre de mots :&lt;/b&gt; 2430 mots&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Disclaimer:&lt;/b&gt; ironie &amp; bas blancs (drakys &amp; supaidachan)&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Notes:&lt;/b&gt; Tout est &lt;a href="http://community.livejournal.com/irobas/375.html" target="_blank"&gt;ici&lt;/a&gt;.  Posté pour &lt;span  class="ljuser  i-ljuser  i-ljuser-type-P     "  data-ljuser="flo_nelja" lj:user="flo_nelja" &gt;&lt;a href="https://flo-nelja.livejournal.com/profile/"  target="_self"  class="i-ljuser-profile" &gt;&lt;img  class="i-ljuser-userhead"  src="https://l-stat.livejournal.net/img/userinfo_v8.png?v=17080&amp;v=923.1" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="https://flo-nelja.livejournal.com/" class="i-ljuser-username"   target="_self"   &gt;&lt;b&gt;flo_nelja&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; dans le cadre d'&lt;span  class="ljuser  i-ljuser  i-ljuser-type-P     "  data-ljuser="creerpouraider" lj:user="creerpouraider" &gt;&lt;a href="https://creerpouraider.livejournal.com/profile/"  target="_self"  class="i-ljuser-profile" &gt;&lt;img  class="i-ljuser-userhead"  src="https://l-stat.livejournal.net/img/userinfo_v8.png?v=17080&amp;v=923.1" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="https://creerpouraider.livejournal.com/" class="i-ljuser-username"   target="_self"   &gt;&lt;b&gt;creerpouraider&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui les réveilla ce matin-là fut un terrible hurlement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le reste de l'auberge, d'ailleurs, fut réveillé par le même hurlement et s'empressa de se plaindre à l'aubergiste de ce tapage trop matinal... mais les Losers ! avaient appris depuis longtemps à bien verrouiller et bien barricader les portes, au cas où l'aubergiste décide de les mettre à la porte s'ils chahutaient un peu trop.  Pas que qu'ils soient du genre chahuteurs... c'était arrivé une ou deux fois, à peine.  Et peu importe ce que les gens disent, les hurlements au milieu de la nuit finissent souvent pas se régler tous seuls.  Souvent par l'application précise d'une botte jetée sur la tronche de quelqu'un.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pidgeonboy crut à la fin du monde et d'un geste aussi rapide qu'assuré, il se glissa sous son lit dans l'espoir d'être protégé par une précaution aussi simple ; Silent Pascal essaya une approche moins couarde et essaya simultanément de bailler et de demander &lt;i&gt;Qu'est-ce qui se passe ?&lt;/i&gt;  Carpet-Vale ne tiqua même pas, ayant compris depuis longtemps qu'il était primordial dans un pareil groupe de tarés de porter des bouchons pour dormir.  Shmae Girl se retourna dans son lit, marmonnant quelque chose à propos de petites patates grillées et d'une armée de deux mille saucisses qu'il fallait dévorer avant qu'on s'en prenne aux crêpes à la mélasse et que oui, vraiment, elle allait se lever dans cinq minutes ou peut-être dix, mais &lt;i&gt;bientôt&lt;/i&gt;, quoi ! ; Spider-chan y alla pour une solution de précision et hurla &lt;i&gt;Ta gueule !&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une botte suivit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Non, mais, c'est pas ma faute", s'excusa Esoj en se massant le front, grimaçant de douleur.  "Imagine-toi donc que je vis un drame personnel !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Comme tu veux", râla l'elfe, "mais vis-le en silence si le soleil n'est pas encore levé !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Constatant avec une certaine irritation que ses compagnons de voyage préféraient dormir plutôt que de s'intéresser aux catastrophes pourtant fort catastrophiques dans sa vie, la druide se recoucha.  En grommelant contre les autres, qui osaient choisir le sommeil plutôt que les crises existentielles.  Et en prenant une note mentale de se venger à la prochaine occasion venue, par potion ou filtre à tester dans un verre laissé naïvement sans surveillance...  Une fois le matin correctement levé et le petit déjeuner servi de façon décente, elle repassa à l'attaque :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Il faut &lt;i&gt;absolument&lt;/i&gt; que je passe renouveler mon abonnement à l'Hebdomadaire Potion !  Il vient à échéance le mois prochain !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Oh, alors on a tout le temps voulu !", Carpet-Vale écarta le côté pressant de l'affaire d'un geste - elle baissa le parchemin que tenait l'autre femme afin d'atteindre le plat d'omelette.  "Ils doivent bien avoir un bureau qu'on peut rejoindre par pigeon ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Non, ils l'ont fermé l'an dernier !  Il y a trop de gens qui envoyaient leur demande de renouvellement, qui demandaient d'être facturés plus tard et qui ne payaient jamais, ensuite !", pleurnicha presque la druide.  "Il faut &lt;i&gt;absolument&lt;/i&gt; y aller !  Il faut &lt;i&gt;absolument&lt;/i&gt; y aller &lt;i&gt;maintenant !&lt;/i&gt;  Parce que plus tard...", elle y pensa une fraction de seconde, "plus tard, et bien, il sera trop tard, voilà ce qui va arriver !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Et ma peau bleue, elle ?", lui rappela Silent Pascal.  "Elle n'a pas envie d'attendre un autre détour débile !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Elle a quand même déjà attendu un bon gros mois, je ne vois pas ce qu'une semaine ou deux de plus feront comme différence...", rétorqua Esoj, acide.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Tu sais où je pense que tu peux te le mettre, ton &lt;i&gt;Hebdomadaire Potion&lt;/i&gt; ?", sourit le demi-elfe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La conversation aurait pu prendre une tangente violente si un grand cri ne les avait distraits.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Rhâââââââââ !", venait de se mettre à beugler Shmae Girl.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"S'qui's'passe !?", s'inquiéta automatiquement Pidgeonboy, déjà prêt à passer à l'action - le voleur était &lt;i&gt;toujours&lt;/i&gt; prêt à passer à l'action, surtout si c'était depuis le dessous d'une table ou alors de très loin, d'où il pouvait regarder l'action en toute sécurité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Qui a mangé la dernière crêpe !?", s'indigna la guerrière.  "Je la gardais pour la fin !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Personne n'osa avouer pareil crime.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est par là !", leur assura Esoj en prenant les devants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À la première ronce venue, sa jupe s'accrocha dans une épine et elle resta coincée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Oh non !  Ah, mais zut !  C'est une jupe neuve en plus !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Essaie de reculer très lentement, peut-être ?", suggéra Carpet-Vale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Mais non !", répliqua Spider-chan.  "Avance d'un coup sec !  C'est ce qu'il faut faire dans ces cas-là !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Mais ça va faire un accroc terrible, tu n'imagines pas !  Une si belle étoffe !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un coup de sabre précis régla le problème.  La ronce tranchée se recroquevilla sur elle-même, devint brune d'abord, noire ensuite et s'effrita, redevenant poussière.  Un coup de vent qui passait dans le coin ramassa les fragments pour les faire voler jusqu'à un monde meilleur.  Une collection de regards outrés s'intéressa au demi-elfe, qui considéra soudain qu'être ailleurs était en pareille circonstance un mode de survie terriblement alléchant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Comment as-tu pu faire ça !?", s'indigna la druide.  "Des ronces de cette qualité !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Dans un &lt;i&gt;véritable&lt;/i&gt; labyrinthe végétal en plus !", renchérit l'elfe.  "Tu ne sais donc pas combien ils sont compliqués à garder en bon état !?  Pas étonnant qu'ils soient si rare, maintenant, s'il y a des imbéciles dans ton genre qui donnent des coups de sabre à tort et à travers !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silent Pascal serra la mâchoire. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Vous voulez...", commença-t-il lentement.  "Je veux être certain de bien comprendre, vous voulez affrontez ce labyrinthe sans en couper une seule ronce ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— C'est l'évidence même !", s'exclama Carpet-Vale.  "C'est une aventure tellement romantique !  Peut-être qu'il y a un château au bout de tout ça !  Et un joli prince en détresse à sauver en bonus !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;—  D'habitude, c'est plutôt une princesse...", fit remarquer Pidgeonboy.  "Et je croyais qu'on était ici pour le renouvellement de l'&lt;i&gt;Hebdomadaire Potion&lt;/i&gt; ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Spider-chan secoua la tête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ce que tu peux être sexiste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Et rabat-joie !", se désola Carpet-Vale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Esoj reprit les devants de la petite troupe.  Sa jupe se prit immédiatement dans la ronce suivante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Oh, mais &lt;i&gt;non&lt;/i&gt; à la fin !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Recule d'un coup !", suggéra l'elfe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Il n'y a pas deux minutes, tu me disais d'avancer !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— J'essaie seulement de t'aider !  Dis-moi tout de suite que ce n'est pas apprécié !", siffla Spider-chan.  "On ne m'y reprendra pas à aider des courtes oreilles... Ingrate...", grommela-t-elle à demi-voix.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Attends, laisse-moi seulement me glisser près de toi, voilà !  Je vais essayer de t'ai– Ah, merde !  Ma jupe à moi aussi s'est prise dans une ronce !", réalisa Carpet-Vale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silent Pascal resta en retrait, essayant de supporter sans broncher les rires aigus des autres et les de plus en plus nombreuses répétitions à saveur &lt;i&gt;Oh zut, maintenant, c'est tel autre vêtement qui s'est pris !&lt;/i&gt;  Shmae Girl lui lança un regard navré.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est barbant, hein, quand elles ne nous laissent pas détruire des trucs ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Ça va nous prendre des années...", soupira le demi-elfe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il se passa une main sur le visage, essayant de retrouver son calme.  Il remit son sabre au fourreau et Pidgeonboy lui jeta une grande claque amicale dans le dos.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ne t'en fais pas, ça pourrait être bien pire !  Ça pourrait nous prendre des siècles !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silent Pascal ne se sentit pas tellement réconforté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au rythme d'à peu près une ronce aux quinze minutes, ils se retrouvèrent obligés de camper dans la première clairière au moins un peu dégagée qui se présenta à eux.  Silent Pascal démarra un feu avec des gestes irrités, gardant résolument le silence.  Il était certain qu'au premier mot qu'il dirait, il se mettrait à hurler après quelqu'un.  Probablement la druide.  Et il y avait des chances pour qu'il la dépèce vivante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"On mange quoi ?", demanda Shmae Girl.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ne vous inquiétez pas, on a de la chance !  J'ai trouvé quelques ronces comestibles–", commença Esoj, avant de croiser le regard meurtrier du demi-elfe.  "Je veux dire, nous avons de délicieuses provisions sèches !  De quoi s'organiser un véritable festin !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le repas du soir, composé surtout de viandes séchées et sans la moindre trace du début de l'ombre d'une ronce comestible, aurait dû promettre une soirée calme et reposante.  Par un hasard assez coquasse - les péripéties étant allées se coucher tôt, elles avaient passé la veille avec les impératifs narratifs et c'était toujours des soirées très arrosées - la soirée se révéla être tout à fait calme et entièrement reposante.  C'est la nuit qui posa problème.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au début, elle charma par sa beauté simple : une demi-lune discrète, couverte timidement de quelques nuages qui laissaient entrevoir un piqué d'étoiles sur le fond noir de la voûte céleste.  Les voix musicales des cigales rappelaient les beaux temps des derniers jours.  Elles le rappelaient très fort.  Très &lt;i&gt;très&lt;/i&gt; fort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Grâce à la relation privilégiée avec la nature propre à sa race, l'elfe décida d'intervenir :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Non mais, c'est pas un peu fini, ce boucan !  Il y a des gens qui essaient de dormir !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les cigales se turent aussitôt, parce que la nature dans son ensemble obéissait à deux grandes lois : de un, il valait mieux de pas être là quand un elfe piquait une crise et de deux, il valait encore mieux ne pas être celui qui provoquait cette crise...  C'était le genre d'erreur tactique qui vous coûtait généralement la vie.  La nuit continua donc en silence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ou presque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un bruit discret de frottement s'invita, s'approchant sournoisement, accompagnée de grattements chuchotés, d'insistance rampante.  Silent Pascal sentit un effleurement sur sa main droite et se retrouva nez à nez avec une ronce rampante qui eut au moins la décente de plier son extrémité dans une autre direction, un peu gênée d'être là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Est-ce que ces damnées ronces sont en train de nous pousser dessus !?", hurla le demi-elfe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Euh, non", tenta avec assez peu de crédibilité de mentir la druide.  "Elles, enfin, tu vois, c'est qu'elles, hmm, elles s'étirent pour n'avoir aucun muscle lié demain ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— S'il vous plaît, dites-moi que ce qui m'attaque le postérieur n'a pas d'intentions hostiles !", supplia avec ferveur Pidgeonboy.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Trois jours plus tard, ils arrivèrent enfin au bureau de renouvellement.  Les hommes - mal rasés, à cran force d'avoir passé trois jours à écouter des piaillages féminins - se jetèrent sur le ragoût qui cuisait sans surveillance sur un petit feu extérieur.  Une fois rassasié, Silent Pascal retrouva un peu de sens commun.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;...Et il remarqua la petite porte surmontée de façon charmante par une affichette décorée de fleurs.  Affichette qui annonçait avec fierté &lt;i&gt;Entrée des employés&lt;/i&gt;.  Un tic violent lui agita une oreille, rappelant dans son intensité ceux qui faisaient parfois trembler les oreilles de Spider-chan juste avant qu'elle pique une magistrale crise de colère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Où est l'&lt;i&gt;Entrée des visiteurs&lt;/i&gt; ?", demanda-t-il avec un calme glacial.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"De l'autre côté !", sourit Esoj et la petite troupe fit le tour du bâtiment.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'entrée des visiteurs, était de toute évidence l'entrée qui n'existait que pour être la principale : son architecture froide, efficace, offrait une grande porte à double battant, tout autant qualifiée pour laisser entrer des ogres que des souris - surtout que personne ne la gardait.  Après tout, l'&lt;i&gt;Hebdomadaire Potion&lt;/i&gt; se targuait de rejoindre le lectorat le plus varié, accomplissement qui n'aurait jamais eu lieu d'être si les éditeurs du populaire parchemin avait fait un tri parmi leurs lecteurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une charmante petite route de briques jaunes, parfaitement bien entretenue serpentait gentiment depuis la porte jusqu'à l'horizon (et probablement continuait-elle au-delà).  Elle était notamment charmante puisque aucune ronce ne semblait tentée de s'y pointer l'ombre d'une épine.  Silent Pascal considéra tous ces détails avec patience - et une certaine fatalité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...J'imagine que vous ne saviez pas qu'il y a avait un autre chemin ?", voulut-il savoir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est une surprise pour moi aussi !", lui assura Carpet-Vale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je n'aurais jamais pu deviner", renchérit l'elfe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je vais aller renouveler mon abonnement !", éluda la druide en se précipitant avec peut-être un peu trop d'empressement à l'intérieur. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silent Pascal, réalisant que les autres le regardaient avec un mélange de fascination, d'horreur et d'anticipation, se força à sourire.  Il toussa dans son poing et s'excusa :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je reviens, petite urgence personnelle."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il se dirigea assez loin pour bénéficier du couvert et de la discrétion des arbres et, cinq minutes plus tard, les Losers ! entendirent un grand hurlement qui traduisait frustration, colère et envie de tuer.  En revenant, il croisa deux employés qui cherchaient leur ragoût, ils l'avaient pourtant laissé là, juste là !  &lt;i&gt;Mais enfin !  Il n'y est pas, tu vois bien !  Et personne ne passe jamais par ici, avec toutes ces ronces !  Le ragoût a pourtant disparu !  C'est peut-être un djinn qui l'a pris ?  Ne sois pas ridicule, les djinns ne sont pas réels d'abord et ils vivent dans les déserts de toute façon !&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le demi-elfe se dépêcha de s'éclipser avant que certaines questions soient posées et que certaines réponses doivent être faites.  Il rejoignit les autres devant l'&lt;i&gt;Entrée des visiteurs&lt;/i&gt; pile au moment où Esoj ressortait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Alors, c'est fait ?", demanda Silent Pascal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Euh, oui", sourit nerveusement la druide.  "Oui, c'est fait !  Ça ne pourrait pas être plus fait que ça !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils s'éloignèrent - par le chemin sans ronces, cette fois.  Le demi-elfe prit les devants, Pidgeonboy à ses côtés.  Shmae Girl hésita, haussa les épaules et les suivit.  Après tout, il n'y avait pas de très grandes chances qu'ils se fassent attaquer par quoi que ce soit sur cette belle petite route propre et vide de toute menace.  Au pire, un coup de vent allait refroidir le fond de l'air ou un petit nuage solitaire allait cacher une seconde le soleil, peut-être croiseraient-ils un épouvantail, mais c'était bien le pire qui pouvait arriver.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Tu l'as eue ?", demanda Carpet-Vale derrière.  "Dis, dis !  Tu as pu l'avoir ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Bien sûr que si !", s'enthousiasma la druide.  "Une breloque édition limitée, ça valait bien le détour !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Je peux la voir ?", supplia presque Spider-chan et l'objet changea de main.  "Ooooh ! &lt;i&gt;Trop chou !&lt;/i&gt;  Non mais, regardez, il est vraiment trop trop chou !  Vous avez vu ?  Il a même sa petite lyre !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Trois &lt;i&gt;Iiiiih !&lt;/i&gt; suivirent.  Et quand les trois &lt;i&gt;Iiiiih !&lt;/i&gt; prirent fin, trois autres, plus aigus, suivirent aussitôt.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...J'ai peur de demander", avoua Pidgeonboy.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Pfft–", Shmae Girl gonfla les joues.  "C'est une stupide breloque de Gwilfred le lyriste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Le... Le mec blondasse qui a gagné le dernier Bardacadémie ?", faillit s'étouffer le voleur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Mais il est–", commença Silent Pascal et il s'éclaircit la gorge, ne trouvant pas une façon polie de continuer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"&lt;i&gt;Je sais !&lt;/i&gt;", fit Shmae Girl avec une moue.  "Moi, je voulais qu'elle prenne la breloque de Whanganah Tatantatan !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Mais il est encore plus–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;—  &lt;i&gt;Je sais !&lt;/i&gt;", la guerrière roula des yeux pour signifier qu'elle n'était pas &lt;i&gt;complètement&lt;/i&gt; stupide. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis, elle sourit :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Mais au moins, son nom est amusant à dire."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(22 février 2010)&lt;br /&gt;&lt;a name='cutid1-end'&gt;&lt;/a&gt;</content>
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    <title>Les Losers! &amp;gt;  Les idées bleues [5/7] &amp;gt; Ciel dégagé en après-midi</title>
    <published>2010-04-10T17:30:11Z</published>
    <updated>2010-04-10T17:30:11Z</updated>
    <category term="univers : les losers!"/>
    <content type="html">&lt;b&gt;Anthologie:&lt;/b&gt; Les idées bleues&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Titre:&lt;/b&gt; Ciel dégagé en après-midi&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Auteurs:&lt;/b&gt; drakys &amp; supaidachan&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Fandom:&lt;/b&gt; Original &amp;gt; Les nouvelles aventures des Losers!&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Personnages:&lt;/b&gt; les Losers !&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Rating:&lt;/b&gt; PG&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Nombre de mots :&lt;/b&gt; 3491 mots&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Disclaimer:&lt;/b&gt; ironie &amp; bas blancs (drakys &amp; supaidachan)&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Notes:&lt;/b&gt; Tout est &lt;a href="http://community.livejournal.com/irobas/375.html" target="_blank"&gt;ici&lt;/a&gt;.  Posté pour &lt;span  class="ljuser  i-ljuser  i-ljuser-type-P     "  data-ljuser="flo_nelja" lj:user="flo_nelja" &gt;&lt;a href="https://flo-nelja.livejournal.com/profile/"  target="_self"  class="i-ljuser-profile" &gt;&lt;img  class="i-ljuser-userhead"  src="https://l-stat.livejournal.net/img/userinfo_v8.png?v=17080&amp;v=923.1" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="https://flo-nelja.livejournal.com/" class="i-ljuser-username"   target="_self"   &gt;&lt;b&gt;flo_nelja&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; dans le cadre d'&lt;span  class="ljuser  i-ljuser  i-ljuser-type-P     "  data-ljuser="creerpouraider" lj:user="creerpouraider" &gt;&lt;a href="https://creerpouraider.livejournal.com/profile/"  target="_self"  class="i-ljuser-profile" &gt;&lt;img  class="i-ljuser-userhead"  src="https://l-stat.livejournal.net/img/userinfo_v8.png?v=17080&amp;v=923.1" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="https://creerpouraider.livejournal.com/" class="i-ljuser-username"   target="_self"   &gt;&lt;b&gt;creerpouraider&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Imaginez : un homme contre deux cent ou deux mille, il n'y a pas de différence, et il se bat.  Il ne fait pas seulement que se battre, il gagne.  Ses gestes ne semblent pas le résultat d'une pensée ou la conséquence d'un instinct : il &lt;i&gt;sait&lt;/i&gt;.  Alors il bloque et attaque, repousse l'ennemi.  Sa seule arme est un bâton de bois, grand comme lui, et il repousse des armées équipées de lames, de lances, de piques, de flèches.  Imaginez maintenant : deux hommes, dos à dos.  L'autre possède deux sabres et il tranche sans émotion les vies devant lui, il est impitoyable comme la mort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n'y a que le silence entre eux, parce que les mots ne sont pas nécessaires.  Ce que le premier commence, le deuxième continue sans hésitation.  Ensemble, ils ne forment qu'un.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;...Parce qu'au tout début, il ne formaient qu'un. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silent Pascal entra dans une taverne.  Il aurait pu choisir n'importe quelle taverne, dans n'importe quelle ville de n'importe quelle région.  Il choisit cette taverne en particulier, certainement pas pour son nom (&lt;i&gt;Le Pisse-de-biais&lt;/i&gt;), ni pour son apparence (le toit avait de toute évidence besoin d'être refait, la porte pendouillait de travers, les fenêtres étaient entièrement cachées par des vignes - ce qui permettait à la taverne d'être ouverte vingt-quatre heures sur vingt-quatre, l'intérieur étant toujours plongé dans une obscurité fort nocturne).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il choisit cette taverne parce que, sans qu'il puisse s'expliquer pourquoi (et sans vraiment s'en soucier), il &lt;i&gt;savait&lt;/i&gt; qu'il y trouverait Pidgeonboy.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Imaginez : un femme-dragon, belle d'une beauté irréelle.  Condamnée à vivre sur l'île flottante, elle adopte une apparence humaine ou presque, parce que sa Maison l'exige et ils servent les dieux des hommes, des elfes et des nains.  De toutes ces races, les dragons blancs préfèrent la grâce et la beauté des elfes et s'ils doivent s'abaisser à emprunter une forme, si inférieure à celle qui leur est propre, ils choisissent celle des elfes.  Leurs oreilles sont plus pointues que nécessaire et, même s'ils ressemblent aux elfes, ils leur sont supérieure : leurs traits sont encore plus délicats, les yeux toujours aussi bleu qu'un ciel clair d'été.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pâle et tragique, la femme-dragon ne possède pas le millième du pouvoir qui est accordé aux hommes de sa race.  Elle est liée à la volonté de son frère, un des Cinq Généraux.  Elle dépérit dans un monde où elle ne pourra jamais s'envoler plus loin que les barrières trop hautes des traditions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Spider-chan savait qu'elle pouvait continuer à avancer.  Ça n'avait rien de compliqué : la route devant elle s'étendait, droite, sans aucun obstacle visible et probablement sans aucun obstacle invisible non plus.  Pourtant, elle s'était arrêtée et ses oreilles se collèrent sur sa tête en signe d'irritation.  Elle savait qu'il n'y avait rien pour la retenir là.  Personne, aucun sort, aucune force mystique, aucune autre connerie du genre, intentionnelle au accidentelle, elle l'aurait senti (les elfes étaient sensibles à ces choses-là, parce que les elfes étaient &lt;i&gt;supérieurs&lt;/i&gt; et na !).  Ce qui la retenait là, c'était elle-même.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si elle continuait et continuait et &lt;i&gt;continuait&lt;/i&gt; à marcher, elle reviendrait éventuellement chez elle.  Pas exactement chez elle, plutôt chez ses parents.  Elle n'avait pas encore sa maison, bien sûr que non, parce que pour avoir sa maison, elle devrait prendre un époux et– bleh.  Si elle continuait, oui, elle serait de retour chez les siens.  Elle pourrait passer ses journées à perfectionner ses méthodes de combat : il n'y avait qu'à jeter une pierre pour atteindre un maître d'armes, tellement il y en avait !  Bien sûr, il n'y avait pas un grìan qui ne pensait pas être le meilleur dans sa discipline de choix.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle pourrait apprendre à forger des armes ou des bijoux ou des petits objets d'une utilité discutable (franchement, des centres de table en dentelle d'argent ?  Des guirlandes d'or pour les fleurs du jardin ?  C'était bien que ces elfes-là n'aient jamais quitté les cités interdites, ils leur feraient encore plus la réputation d'être coupés de la réalité), ça ne pouvait pas être si compliqué que ça, tout le monde le faisait !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle resta obstinément immobile.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Spider-chan &lt;i&gt;savait&lt;/i&gt; qu'elle pouvait continuer à avancer : c'était irrationnel de penser le contraire.  Elle fit néanmoins demi-tour et décida de retourner à son point de départ, ou presque.  Elle était certaine de devoir plutôt se rendre dans la ville voisine de celle qu'elle avait quittée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Imaginez : une nymphe établie dans un monde inaccessible.  Un monde qui flotte au-dessus d'un autre, loin au-dessus des nuages.  Un monde qui existe seulement grâce à une magie puissante et aux secrets d'un homme que tout le monde connaît simplement sous le nom du Machiniste. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle connaît tout le monde et tout le monde la connaît : elle tient une petite taverne sans prétention, elle se tient derrière le bar, armée d'un sourire pour chacun, d'un bon mot pour tous.  Elle sert toujours, mais on lui donne encore plus.  Elle connaît chaque rumeur, chaque secret.  Elle connaît toutes les intrigues.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et de toutes ces intrigues, combien sont résolues, combien s'enveniment parce qu'elle y participe ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Tu veux bien me dire ce que tu essaies de faire ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Carpet-Vale sursauta et se tourna vers la voix, voix qui appartenait à la druide.  Esoj s'approchait, un sourcil haussé, de toute évidence curieuse de savoir pourquoi l'autre femme était assise au milieu d'un cercle de petits feux.  Ils étaient espacés de dix ou quinze centimètres et éclairaient les environs avec acharnement, créant une bulle de jour artificiel au milieu de la nuit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je– Je– Je m'ennuyais !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Alors tu as allumé des feux... pour t'amuser ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— C'est divertissant...", la magicienne fit la moue, décida éventuellement d'admettre la véritable cause de son soudain intérêt pour l'illumination : "C'est surtout que ça me change les idées parce que... parce que &lt;i&gt;j'ai faim !&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Tu n'as pas pris de provisions avec toi ?", demanda Esoj, avec un petit sourire en coin qui laissait supposer qu'elle connaissait déjà la réponse à cette question.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je pensais que je trouverais une auberge avant la nuit...", avoua Carpet-Vale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Et tu savais où tu allais ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Pas vraiment."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La druide soupira, fit presque le tour du cercle, s'arrêta, repartit dans l'autre sens.  Réalisant qu'elle essayait de la rejoindre, Carpet-Vale leva une paume devant sa bouche et souffla.  La moitié des feux s'éteignirent aussitôt et la druide vint s'asseoir près d'elle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"J'ai des provisions en trop", offrit-elle en fouillant dans son sac - elle en sortit du pain, du fromage de chèvre, du miel, des noix et, au plus grand plaisir de Carpet-Vale, une bouteille de vin elfique.  "Je me doutais bien que je rencontrerais quelqu'un sur la route, mais je ne pensais pas que ça allait être toi !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle rompit un pain en deux et en tendit une moitié à la magicienne.  Carpet-Vale s'en empara.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Et toi ?", demanda-t-elle finalement.  "Tu allais où ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Une petite auberge pas très loin d'ici, &lt;i&gt;Le Citron Limette&lt;/i&gt;."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Carpet-Vale la dévisagea.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Pas très loin d'ici, c'est comment près ça ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Oh, tu sais l'embranchement plus tôt ?  Celui avec la pierre en forme de canard ?  Si tu avais pris à droite plutôt que de continuer tout droit, &lt;i&gt;Le Citron Limette&lt;/i&gt; est à une dizaine de minute de marches."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Carpet-Vale digéra cette information.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Alors qu'est-ce que tu fais ici ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Esoj sourit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"J'étais convaincue que je devais faire un détour."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Imaginez : le vent qui prend forme humaine par dépit de ne connaître que le ciel, par ennui de devoir souffler et souffler et ne jamais s'essouffler.  Une femme qui n'en est pas tout à fait une.  Elle est douce et souriante (la brise de printemps qui caresse) ou fière et impitoyable (la tempête qui détruit).  Elle est pâle, presque transparente et sa forme, parfois, tremble, à la limite entre la réalité et le rêve.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans ses yeux défilent des images.  Des nuages peut-être ou les fantômes de milliers d'autres mondes : le vent se glisse partout, sait des secrets que nul autre ne connaît.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Imaginez : un Arbre où poussent des centaines et des centaines de lumières tremblotantes à chaque branche.  Ce sont des petites flammes courbées délicatement sur elles-même, elles scintillent avec des intensités différentes, pulsent doucement.  Ce sont des âmes, guidées vers le monde d'en bas par un dieu aveugle.  Il ne contrôle pas le temps : il voit seulement le passé, le présent et, au prix d'une grande douleur, il voit aussi le futur. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur lui veille un croissant de lune, gravé au coin de l'œil d'un autre dieu.  Celui-là envoie les rêves, les bons et les mauvais, dans le monde d'en bas.  Ensemble, ils tissent ce que les hommes appellent le destin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;...Mais peut-être n'est-ce seulement qu'un autre rêve.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'homme aux cheveux blancs lui rendit ses armes. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est plus pratique que l'épée, tu te trouves pas ?  Moins lourd, d'abord - pas que c'était un problème pour toi !", ajouta-t-il rapidement en voyant Shmae Girl ouvrir la bouche pour protester.  "Plus facile à dissimuler, aussi."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La guerrière glissa les sais à sa ceinture.  Devant eux, les verres vidés de leur citronnade s'accumulaient.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ils sont encore en très bon état.  Tu verras", sourit-il - de toute évidence au courant d'un détail que Shmae Girl ignorait, "ils te seront utiles."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le sourire s'étendit jusque dans ses yeux, y mettant des étincelles rieuses.  Il commença à lui raconter des histoires, qu'elle suivit du mieux qu'elle pouvait, mais il s'emportait parfois et commençait à prononcer des noms trop longs, avec des syllabes à peine prononçables et il dérapait de temps en temps, commençait à parler une autre langue, puis sautait à une autre et une autre encore et à un langage étrange que Shmae Girl ne reconnaissait pas du tout, fait de sons rauques qui naissaient dans le fond de sa gorge.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle le connaissait depuis longtemps, sans savoir depuis quand.  Non, plutôt sans se &lt;i&gt;rappeler&lt;/i&gt; depuis quand.  Shmae Girl ne se souvenait pas vraiment de sa vie d'avant.  Sa vie avant que Spider-chan soit là, que les autres soient là et– Elle essayait d'y penser, parfois, mais ça lui donnait trop mal à la tête.  Quand elle faisait un effort en pensant à l'homme aux cheveux blancs, elle se rappelait des jouets rigolos... et des rires, ses rires à elle.  Et une autre voix, douce et caressante - une voix remplie d'une chaleur qui trahissait beaucoup de tendresse : son père - qui disait &lt;i&gt;Tu la gâtes trop !&lt;/i&gt;  Et un sourire - un peu triste, celui de Papy : &lt;i&gt;Il faut bien que quelqu'un le fasse... la pauvre petite est comme moi, coincée entre deux mondes.&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sa mémoire s'arrêtait plus ou moins là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De toute façon, c'était long derrière, ce passé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis, le présent était marrant, ça lui suffisait.  Elle sourit, continua de l'écouter, même si elle ne comprenait plus un mot de ce qu'il disait : il avait l'air heureux, c'était assez pour elle.  Remarquant qu'elle le dévisageait avec une expression un peu vide, quand même polie, il cligna des yeux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ah, excuse-moi, je n'ai pas remarqué que je ne parlais plus la bonne langue !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il enchaîna avec des histoires sur Lled, pensant pouvoir l'amuser.  Shmae Girl n'avait pas connu Lled, mais avec tout ce qu'il lui racontait, c'était tout comme.  Il en parlait avec un enthousiasme contagieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Tu aimes les donjons ?", s'inquiéta-t-il soudain, s'interrompant au milieu d'une anecdote.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ils sont marrants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Les pièges ne sont pas trop difficiles ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Ils sont marrants aussi.  Mais Pidgeonboy aimerait mieux s'il y en avait moins", ajouta-t-elle après réflexion.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle lui tapota une main.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ne t'inquiètes pas, Mach, on se débrouille très bien !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Rhâ, &lt;i&gt;nooon&lt;/i&gt;, je préfère quand tu m'appelles Papy !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Shmae Girl éclata de rire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Mais tu n'es pas mon papy !  Pourquoi tu veux faire des mystères, d'abord ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— C'est plus amusant...", soupira-t-il, navré. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il se consola très vite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Tu as aimé la statue ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Oui", répondit Shmae Girl, patiente.  "J'ai aimé la statue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Tu aurais dû voir la tête de Peisui quand il a compris son fonctionnement, avec le levier et tout ça !", l'homme aux cheveux blancs rit aux éclats.  "&lt;i&gt;Mach&lt;/i&gt;, qu'il me dit, &lt;i&gt;Mach, tu dois l'arrêter !  Toi au moins, elle t'écoute de temps en temps !  À cause d'elle, j'ai l'air de quoi !?  J'ai l'air d'un homme objet, voilà de quoi j'ai l'air !&lt;/i&gt; et Sanharo de lui répondre, pfft !  De lui répondre comme il sait si bien le faire, en restant sérieux et tout : &lt;i&gt;Pas étonnant, tu es une statue&lt;/i&gt;."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mach hurla de rire, tapa sur la table à grandes claques et Shmae Girl rit aussi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Elle était drôle, Lled !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Tu n'as pas idée !  Le mieux, vraiment, c'était quand elle a décidé de donner la construction et l'installation des pièges en sous-traitance aux nains !  ...À des Ouestants !  PDA a faillit en manger sa barbe, il est devenu tellement rouge que j'ai cru que son visage prendrait en feu.  Ah, c'était le bon vieux temps !  Il ne s'en fait plus, des groupes comme ça !  ...Le tien est bien, quand même, hein, je ne te fais pas un reproche !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Shmae Girl haussa les épaules, pas le moindrement du monde insultée ; l'homme soupira, sourire aux lèvres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Elle serait &lt;i&gt;tellement&lt;/i&gt; furieuse que les gens aujourd'hui croient qu'elle était un homme.  Je lui avais bien dit que Lled était beaucoup trop neutre comme nom...  Bon d'accord, elle détestait l'idée de passer à l'Histoire sous le nom d'Elledea, mais ça aurait aidé la cause de toutes les jeunes et talentueuses femmes qui auraient ensuite suivi son exemple.  Quoique, c'est aussi dommage que de nos jours, les jeunes et talentueuses femmes en question soient satisfaites d'être de simples magiciennes quand nous manquons cruellement de chercheuses en magie.  Je l'ai toujours dit : il n'y a rien comme l'instinct féminin pour trouver les meilleurs idées !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Ce n'est pas comme être magicienne ?", demanda Shmae Girl.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Oh !  C'est à un univers et demi de ça !  Ça implique de longues journées en laboratoire - et je dis journées, mais c'était souvent des nuits aussi, même des jours sans voir la lumière du soleil.  C'est des expériences sur la réalité, l'espace, la matière, le temps.  C'est un emploi fascinant qui hélas, a plus ou moins disparu depuis."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il soupira et fixa son verre, apparemment perdu dans ses pensées.  Shmae Girl ne le dérangea pas et sursauta quand il s'exclama soudain :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ah !", il jeta un regard rapide vers la fenêtre.  "Il est déjà cette heure-là !?  Je dois te laisser.  Il est à peu près temps de passer à autre chose.  De toute façon, il ne te reste pas longtemps à attendre."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mach but le reste de sa citronnade d'une longue gorgée, se leva et il mit une main sur son épaule.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ton père fait dire bonjour, en passant."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Shmae Girl sentit presque sa présence, repensa à la voix douce à laquelle elle rêvait parfois.  Elle baissa les yeux et la main de Mach se resserra.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je sais que tu ne te souviens pas très bien de lui... &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Je me rappelle de sa voix !  Enfin, je crois.  En rêve."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mach lui sourit et lui ébouriffa les cheveux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ah, oui.  Raimi lui donne un petit coup de main, de temps en temps.  ...Quand Aubrey est occupé ailleurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Tu lui diras bonjour de ma part ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Sûr !  ...Dès que j'ai une chance de le croiser.  Ce sera peut-être dans un siècle ou deux, remarque, j'ai des piles de boulot qui m'attendent."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il sortit en fredonnant, croisant à la sortie un certain voleur et un certain demi-elfe.  Mach, se rappelant soudain ce qu'était la politesse et à quoi elle servait, resta en retrait et leur tint la porte ouverte.  Ils ne remarquèrent même pas avec quel intérêt Mach les suivit du regard.  ...&lt;i&gt;Intéressant&lt;/i&gt;, murmura-t-il pour lui-même.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Merci", fit distraitement Pidgeonboy avant de continuer à s'indigner.  "Tu n'avais pas du tout besoin de me courir après !  J'aurais très bien pu–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Admets-le, tu étais en mauvaise posture", insista Silent Pascal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le voleur marmonna quelque chose.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Quoi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— J'ai dit : &lt;i&gt;peut-être&lt;/i&gt; !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Comment ça, &lt;i&gt;peut-être&lt;/i&gt; ?  Tu voulais &lt;i&gt;vraiment&lt;/i&gt; passer le reste de ta vie en tant qu'assistant-aubergiste ?", lui demanda le demi-elfe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est un excellent emploi, tu sauras !", se défendit Pidgeonboy.  "C'est une bonne condition sociale avec un fond de pension irréprochable et d'excellentes assurances !  Avec les frais dentaires couverts à quatre-vingt pour cent, parce qu'on ne sait jamais quand un idiot complètement bourré va nous balancer son poing dans la gueule.  Et puis, on est même syndiqués !  D'accord, ça gruge une part de mon salaire, mais si je me fais une coupure sur une main en essuyant un verre et bien, j'ai droit à des versements de la Commission de la Santé et de la Sécurité au Travail !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Shmae Girl leur fit signe d'approcher et ils la rejoignirent, la plus naturellement du monde, en continuant leur discussion.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Tu veux dire que tu aurais passé de voleur, comme ça, à un petit boulot pépère où le pire qui aurait pu t'arriver, c'est de marier la fille, d'une beauté discutable, de ton patron ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Pourquoi pas ?  De toute façon, pourquoi tu t'en soucies ?", s'énerva Pidgeonboy.  "Je croyais que la seule chose qui t'intéressait, c'était d'être débleui !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Il y a un temps pour être débleui et un temps pour empêcher un ami de faire la pire gaffe de son existence", dit philosophiquement le demi-elfe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Depuis quand c'est une gaffe de trouver un emploi respectable ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Bah, depuis qu'il nous reste tout plein d'aventures à vivre, tiens !", glissa Shmae Girl.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les deux autres y pensèrent une fraction de seconde.  Pidgeonboy digéra cette explication et décida qu'elle était tout à fait raisonnable.  La porte de l'auberge s'ouvrit et deux piles de sacs et de boîtes entrèrent.  Derrière les piles se trouvaient deux femmes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ah, mais c'est lourd !", se plaignit Carpet-Vale.  "Tu veux bien me dire pourquoi on doit porter tout ça !?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Surtout parce qu'on a acheté tout ça", expliqua patiemment Esoj.  "...Et parce qu'on a personne  pour porter nos paquets à notre place.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— C'est– c'est–", Carpet-Vale chercha un mot approprié.  "C'est absolument &lt;i&gt;navrant&lt;/i&gt;", décida-t-elle.  "Nos charmes respectifs auraient dû forcer de beaux et forts jeunes hommes à nous venir en aide.  À défaut, tu aurais pu leur faire boire un truc, une potion ou un philtre, je ne sais pas trop, pour qu'ils deviennent nos esclaves.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Ce n'est pas tellement moral...", répondit Esoj, mais il y avait quelque chose dans sa voix qui laissait supposer qu'elle n'était pas tout à fait contre l'idée. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Mais c'est amusant !", sourit Carpet-Vale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Et puis, une potion avec des effets temporaires, un jour ou deux au plus, c'est déjà beaucoup plus moral", décida la druide.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Par ici !", appela Shmae Girl.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le plus naturellement du monde, la druide et la magicienne se dirigèrent vers la voix et vinrent se laisser tomber sur deux chaises libres, laissant choir leur paquets à leurs pieds.  Esoj massa ses épaules ; Carpet-Vale frotta les marques que les sacs avaient laissées dans ses mains.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est épuisant, de faire toutes ces boutiques...", s'excusa presque la druide.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est bien plus épuisant encore de devoir porter nos propres paquets !", soupira Carpet-Vale.  "Vous auriez pu nous aider !", reprocha-t-elle à Pidgeonboy et Silent Pascal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils échangèrent un regard surpris.  La surprise devint de l'amusement et ils durent rapidement regarder ailleurs avant de se mettre à hurler de rire.  Tout était redevenu normal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;...Ou presque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La porte de l'auberge claqua contre le mur, mais personne n'entra.  Le silence se fit dans la grande salle, les gens était habitués à ce que des nouveaux-venus entrent quand la porte s'ouvrait.  Ils attendirent.  Attendirent encore.  Attendirent un peu plus.  Personne n'entra.  La porte resta ouverte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Shmae Girl se leva.  Tous les regards se tournèrent vers elle.  La guerrière marcha vers l'entrée, sortit la tête à l'extérieur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Pourquoi tu n'entres pas ?", demanda-t-elle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Spider-chan était assise sur la banc près de la porte, les jambes repliées, le front appuyé contre ses genoux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je ne veux pas entrer", gémit-elle.   &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Shmae Girl fronça les sourcils, s'efforçant de trouver une solution.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Tu veux qu'on sorte alors ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— &lt;i&gt;Non !&lt;/i&gt;"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La conversation, ne se décidant pas sur la direction à prendre, s'arrêta là.  Le silence prit le relais, il avait l'habitude.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je ne voulais pas revenir", marmonna soudain Spider-chan.  "J'ai essayé de marcher vers l'est, je suis revenue sur mes pas.  J'ai essayé vers l'ouest aussi et vers le nord et le sud et aucune Direction ne m'a permis de m'éloigner.  Je me suis entêtée, j'ai recommencé.  Et recommencé.  Et recommencé.  Et je suis arrivée ici à chaque fois.  &lt;i&gt;À chaque fois !&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Tu n'étais pas &lt;i&gt;obligée&lt;/i&gt; de revenir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;—  &lt;i&gt;Je sais !&lt;/i&gt;"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Shmae Girl alla s'asseoir près d'elle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ils font de la bonne citronnade ici.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— ...Hm ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Elle goûte encore meilleure quand on la boit avec des amis et qu'on se raconte des histoires marrantes."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le silence revint en force.  Un peu gêné d'être là, il se fit nerveux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Shmae ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Oui ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— S'il te plaît, ne dis plus des choses comme ça, ça craint horriblement."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(24 mars 2010)&lt;br /&gt;&lt;a name='cutid1-end'&gt;&lt;/a&gt;</content>
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    <title>Les Losers! &amp;gt;  Les idées bleues [4/7] &amp;gt; Avertissement d'orages violents</title>
    <published>2010-04-03T15:09:13Z</published>
    <updated>2010-04-10T17:30:34Z</updated>
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    <content type="html">&lt;b&gt;Anthologie:&lt;/b&gt; Les idées bleues&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Titre:&lt;/b&gt; Avertissement d'orages violents&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Auteurs:&lt;/b&gt; drakys &amp; supaidachan&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Fandom:&lt;/b&gt; Original &amp;gt; Les nouvelles aventures des Losers!&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Personnages:&lt;/b&gt; les Losers !&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Rating:&lt;/b&gt; PG&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Nombre de mots :&lt;/b&gt; 3243 mots&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Disclaimer:&lt;/b&gt; ironie &amp; bas blancs (drakys &amp; supaidachan)&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Notes:&lt;/b&gt; Tout est &lt;a href="http://community.livejournal.com/irobas/375.html" target="_blank"&gt;ici&lt;/a&gt;.  Posté pour &lt;span  class="ljuser  i-ljuser  i-ljuser-type-P     "  data-ljuser="flo_nelja" lj:user="flo_nelja" &gt;&lt;a href="https://flo-nelja.livejournal.com/profile/"  target="_self"  class="i-ljuser-profile" &gt;&lt;img  class="i-ljuser-userhead"  src="https://l-stat.livejournal.net/img/userinfo_v8.png?v=17080&amp;v=923.1" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="https://flo-nelja.livejournal.com/" class="i-ljuser-username"   target="_self"   &gt;&lt;b&gt;flo_nelja&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; dans le cadre d'&lt;span  class="ljuser  i-ljuser  i-ljuser-type-P     "  data-ljuser="creerpouraider" lj:user="creerpouraider" &gt;&lt;a href="https://creerpouraider.livejournal.com/profile/"  target="_self"  class="i-ljuser-profile" &gt;&lt;img  class="i-ljuser-userhead"  src="https://l-stat.livejournal.net/img/userinfo_v8.png?v=17080&amp;v=923.1" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="https://creerpouraider.livejournal.com/" class="i-ljuser-username"   target="_self"   &gt;&lt;b&gt;creerpouraider&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La retraversée du marais avait été, pour résumer avec un certain degré de politesse, des plus déplaisantes.  Les désagréments mineurs avaient été, comme la première fois, la vase, les averses soudaines de pluie, les attaques insistantes des moustiques et les monstres des marais qui apparaissaient avec une régularité choquante.  Les désagréments majeurs, eux, étaient tous reliés aux états d'esprit orageux des Losers !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Si je ne vois plus jamais un marais de ma vie", gronda Spider-chan, "je serai une elfe heureuse !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Ce n'était pas si mal", rétorqua Shmae Girl, sautant à pieds joints dans la dernière flaque de vase - les autres se reculèrent à toute vitesse pour épargner à leurs vêtements déjà crasseux de le devenir encore plus.  "Les monstres des marais sont gentils !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Oui, dans le sens qu'ils nous tapent gentiment dessus", râla Silent Pascal.  "Mes sabres sont émoussés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Ma jupe est &lt;i&gt;sale&lt;/i&gt;", continua Carpet-Vale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle y pensa.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je crois même que j'ai de la vase dans–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Ne le dit pas !", l'avertit l'elfe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"J'allais dire les oreilles, ce n'est quand même pas vulgaire de parler d'oreilles !", siffla la magicienne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je n'ai plus d'herbes régénératrices...", poursuivit Esoj.  "Ni de rations d'urgence.  Certaines de mes cartes ont été éclaboussées et j'ai cassé une fiole d'encre !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Au moins", résuma Pidgeonboy, "on est tous vivants !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des regards ébahis se tournèrent vers lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Et tu es vivant grâce à qui, tu penses !?", s'énerva Spider-chan.  "Ce n'est pas en te cachant derrière nous que tu auras été très utile !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Encore, s'il n'avait pas chuté pendant qu'on essayait de battre en retraite, on aurait pu éviter plusieurs combats", soupira la magicienne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ce n'est pas ma faute, mon–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— –lacet de botte était détaché", compléta Silent Pascal en l'imitant d'une voix suraiguë.  "Tu as déjà pensé faire des double nœuds ou c'est une idée qui ne t'a jamais effleuré l'esprit ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Une idée ?  Lui effleurer l'esprit ?  Tu rigoles !", s'étonna l'elfe.  "Si j'étais une idée, moi aussi je me tiendrais loin de sa tête !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Mais–", voulut au moins essayer de se défendre Pidgeonboy.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Oh, on sait bien", interrompit le demi-elfe.  "Madame l'elfe a le monopole des idées.  Toutes des bonnes d'ailleurs !  Comme de tirer des flèches à tort et à travers, peu importe qui elles atteignent !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Tu n'es pas mort, de quoi tu te plains ?  Si j'avais voulu t'atteindre, tu ne serais plus ici pour en parler !", siffla Spider-chan.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Encore heureux que ça, ça soit pris sur mon bras !  Sinon, je pouvais dire adieu à ma main !", Silent Pascal leva son bras avec l'étrange bracelet de force blanc. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"La flèche t'aurais à peine égratigné !  C'est pas comme l'autre folle", l'elfe montra Carpet-Vale du pouce, "qui grille tout sur son passage !  Peu importe que ce soit allié ou ennemi, tant que ça crame vite et bien !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Oh, et vous feriez comment, sans ma magie ?", Carpet-Vale plissa les yeux, tentée de les griller vifs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"On s'en tirerait sans brûlures, en tout cas !", lui dit Esoj.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le voleur réalisa qu'on l'ignorait.  Et même si c'était plutôt bien comme ça, puisque la partie de la discussion le concernant n'avait pas été tellement flatteuse, il n'aimait pas tellement cette atmosphère générale d'insatisfaction.  C'était comme ça que les gens commençaient à se détester, pour des petits détails stupides, comme une dague mal lancée ou un sort un peu hâtif.  Il devait prendre un risque calculé.  Ce serait encore mieux si c'était un risque calculé pour qu'on ne le tue pas pour ses efforts.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Au moins, on n'aura plus à affronter encore ce damné marais !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il sourit ; les autres non.  Silent Pascal demanda même, beaucoup trop calme :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Et tu penses peut-être que c'est ma faute, si on a dû le retraverser ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Quoi ?  Mais non !  Je–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Bien sûr qu'il ne &lt;i&gt;pense&lt;/i&gt; pas que c'est ta faute !  Il ne &lt;i&gt;pense&lt;/i&gt; pas du tout !", s'écria Spider-chan.  "S'il faut blâmer quelqu'un...  Je connais une certaine druide qui nous a comme un peu recommandé de revenir en arrière..."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Esoj ouvrit la bouche, aucun son n'en sortit.  Elle se reprit, après y avoir pensé une bonne fraction de seconde :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est certain qu'on ne risque pas de se tromper, quand on ne prend &lt;i&gt;jamais&lt;/i&gt; de décision."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette fois, c'est l'elfe qui ouvrit la bouche et se retrouva temporairement muette.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je suis tout à fait capable de prendre d'excellentes décisions !  Pas comme l'autre imbé–", elle commença à essayer de pointer Pidgeonboy, mais Silent Pascal l'interrompit :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Quelles excellentes décisions ?  La meilleure insulte à adresser aux humains ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Ce n'est pas ma faute à moi si vous êtes–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Si on est quoi ?", la coupa Carpet-Vale.  "Inférieurs ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Ce n'est pas moi qui le dit...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Mais c'est ce que tu penses !  On sait bien !", siffla la magicienne.  "Les elfes-ci, les elfes-ça et gna gna gna !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Et toc !", en remit la druide.  "Ça se pense supérieur et ce n'est pas capable de se sortir des vieux clichés de race !  Bel exemple !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Au moins", Spider-chan esquissa un sourire dangereux.  "Ce n'est pas &lt;i&gt;moi&lt;/i&gt; qui a perdu mon petit prince transformé."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un silence mortel s'installa, le calme avant la tempête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Comment tu peux dire ça !?", explosa la druide.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Perdu, perdu, c'est vite dit !", la défendit Silent Pascal.  "Ce n'est pas la faute d'Esoj, il est peut-être parti de son plein gré !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Ouais, hein !  Qui sait s'il n'avait pas ses propres aventures à vivre !", argumenta Carpet-Vale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Sanson était–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Gentil !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Mignon !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Utile !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Hé, une minute", interrompit Pidgeonboy.  "Gentil, mignon, va, mais utile ? C'est seulement un écureuil !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Il était quand même plus utile que toi !", s'énerva Esoj.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un concert de &lt;i&gt;Oui !&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Ouais !&lt;/i&gt; mêlés suivit.  Pidgeonboy les regarda tour à tour, insulté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Vous trouvez que je suis inutile ?  Alors que je suis votre leader !?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Bien sûr que tu es inutile !", lui confirma Spider-chan.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Encore heureux que tu sois notre leader", continua Esoj.  "Pourquoi sinon on devrait supporter ta présence dans ce groupe ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Bon, alors si on doit choisir un autre leader–", commença Spider-chan.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"&lt;i&gt;HÉ !&lt;/i&gt;", hurla soudain Shmae Girl.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un silence inconfortable suivit.  Ils la dévisagèrent (ce qui leur évita d'avoir à échanger des regards entre eux).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...J'ai faim", admit-elle après un moment de réflexion.  "Est-ce que ça vous dérangerait beaucoup de reporter votre engueulade à plus tard ?  Le temps qu'on trouve une auberge ?  Et qu'on puisse commander à manger ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils s'établirent à la première auberge venue : &lt;i&gt;Le Point d'Exclamation&lt;/i&gt;, une charmante petite auberge dont l'enthousiasme des propriétaires s'exprimait surtout par de multiples points d'exclamation à la fin de chaque phrase qu'ils disaient.  Ils mangèrent en silence et quittèrent un à un la table pour rejoindre leurs chambres respectives - leurs finances se portant plutôt bien et le niveau général d'irritation avaient permis qu'ils s'approprient chacun une chambre. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silent Pascal ouvrit un œil.  Quelque chose lui chatouillait le nez.  Il essaya de se réveiller assez pour figurer quoi.  Il tâtonna, mit une main sur le bout de parchemin qu'on avait eu l'étrange idée de déposer sur lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Allume une chandelle !", demanda-t-il, avant de se rappeler que Pidgeonboy était dans une autre chambre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il farfouilla pour trouver de quoi allumer une chandelle.  Il farfouilla pour essayer de trouver une chandelle.  Son cerveau, éventuellement, se réveilla assez pour se rappeler qu'il voyait bien dans le noir.  Il lut rapidement le billet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Je vous quitte.  Je suis trop moche pour vous, tellement en fait, que je suis bien indigne d'être votre leader.  ~PB~ &lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silent Pascal fixa le parchemin.  Il regarda le plancher ensuite, revint à sa passive contemplation du parchemin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Merde", conclut-il après un délai raisonnable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Il a &lt;i&gt;quoi ?&lt;/i&gt;", demanda Esoj en relisant le parchemin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Le con", résuma plus simplement Spider-chan.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Il est parti", soupira Silent Pascal en se massant les temps.  "Il a réglé sa chambre, son paquetage n'est plus là, il est &lt;i&gt;parti&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Bon, alors on décide d'un nouveau leader ?", demanda l'elfe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des regards noirs se concentrèrent dans sa direction.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Laissez tomber...", grommela-t-elle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Il y a un post-scriptum", fit remarquer la druide.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Qui dit quoi ?", voulut savoir Carpet-Vale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"&lt;i&gt;PS : J'ai laissé la bourse sous le lit de Silent P, pour ne pas que vous vous fassiez voler.&lt;/i&gt;"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un silence un peu gêné suivit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Mais il est vraiment con !", lâcha Spider-chan avec un petit rire - un peu hystérique.  "C'est un voleur et il nous a laissé tout l'argent !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Il y a un autre post-scriptum...", mentionna Esoj.  "&lt;i&gt;PPS : J'ai pris cinq pièces d'or pour subvenir temporairement à mes besoins.&lt;/i&gt;"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un autre silence suivit, beaucoup plus gêné que le précédent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Il aurait pu prendre plus que ça...", murmura Silent Pascal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Il aurait pu prendre au moins vingt pièces d'or...", souffla Carpet-Vale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Techniquement, après les achats d'équipements pré-retraversées des marais et autres dépenses connexes, il aurait pu en prendre cent soixante-et-une et des poussières", calcula Esoj d'après son livre de comptes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un troisième silence flotta.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Vous savez–", commencèrent Silent Pascal, Esoj, Carpet-Vale et Spider-chan en même.  "Vas-y !  Non, toi, vas-y !", continuèrent tous ensemble.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Shmae Girl signala l'aubergiste pour qu'il lui apporte un second petit déjeuner.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je crois", commença Silent Pascal en essayant de trouver la meilleure façon d'aborder le sujet, "que nous devrions peut-être nous séparer."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le silence, trouvant leur table confortable, revint y prendre un verre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Tu as raison", approuva Esoj.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Carpet-Vale hocha la tête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Je suis d'accord", admit Spider-chan, mais de mauvaise grâce et seulement parce qu'elle ne devrait plus supporter leur présence très longtemps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Shmae Girl indiqua à l'aubergiste qu'un troisième petit déjeuner ne serait pas de trop.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Bon, alors...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Oui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— C'est pas mal ça."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils finirent leur repas (leur premier ou troisième, selon le mangeur) sans oser adresser la parole à qui que ce soit, retournèrent à leurs chambres pour récupérer leur paquetage et ils essayèrent de ne pas trop se rejoindre devant l'auberge.  Ils restèrent en silence, à essayer de trouver quelque chose à dire.  Cinq minutes plus tard, Carpet-Vale haussa les épaules et partit de son côté.  Spider-chan suivit son exemple.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Tu viens, Shmae ?", demanda l'elfe en choisissant une direction au hasard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Non."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Même le silence parut choqué.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"...Quoi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Tout le monde part de son côté.  Moi aussi, je veux partir de mon côté."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Silent Pascal !", il se retourna.  "Attends !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Esoj lui tendit une carte et lui indiqua le propret petit X dessus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Tiens, je t'ai fait une copie, elle est exacte, ne t'inquiète pas.  Je garde l'original pour mes archives.  C'est l'endroit où tu pourras trouver le prochain donjon."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils restèrent face à face, silencieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Euh...", commença la druide.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Merci", dit le demi-elfe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Oh, c'est bien la moindre des choses que je pouvais faire pour toi, après toutes nos aventures !  Et, hm, bonne chance !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il hocha simplement la tête, plia la carte et la glissa dans une poche.  Il la salua, poliment, et lui tourna le dos pour s'éloigner.  Esoj soupira, attendit qu'il disparaisse quelque part à l'horizon et considéra ses options.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Bon...  Je fais quoi maintenant ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Oh, elle avait des projets !  Ce n'était pas ça qui manquait !  Des projets, elle en avait à la tonne !  Écrire des articles pour diverses publications, rédiger ses mémoires, rattraper ses lectures en retard sur les derniers progrès dans les affaires druidiques, rattraper ses lectures en retard sur les derniers potins du monde druidique, établir un petit magasin d'herbes médicinales, s'inscrire à tout un tas de cours de perfectionnement...  Retrouver Sanson...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'était seulement que là, maintenant, rien de tout ça ne lui tentait vraiment.  Elle soupira encore et retourna à l'auberge.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le premier jour de sa vie d'aventurière solitaire pouvait bien attendre demain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silent Pascal examina le plan.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'était un bon plan, vraiment bien copié.  Tous les petits détails du paysage était là, les petites montagnes en miniature étaient jolies, le petit cours d'eau était délicatement tracé, il y avait même ça et là des petits brins d'herbe stylisés pour représenter le terrain plat.  Il n'allait avoir aucune difficulté à suivre les indications.  Vraiment, ça n'allait représenter aucun défi.  C'était seulement que...  Enfin...  Ça allait être d'un ennui total.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis, il n'avait toujours pas fait réparer ses sabres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et il n'avait pas vraiment pris le temps d'inventorier ses effets de voyage, il ne pouvait plus compter sur les autres pour lui fournir ce qu'il avait peut-être oublié.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et, hm...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Merde."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il changea complètement de direction.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pidgeonboy devait déjà être plongé dans des ennuis pas possible, il était quand même parti depuis presque vingt-quatre heures.  Il devait bien le retrouver pour lui dire le fond de sa pensée.  Ça ne se faisait pas, quitter son groupe comme ça, sans avoir le courage de les affronter !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Spider-chan n'avait jamais été autant insultée de toute sa vie.  Ce n'était plus de l'insulte, c'était du– de la– un–  C'était &lt;i&gt;grave&lt;/i&gt;, bon !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les autres, va, elle pouvait se passer d'eux.  Et au fond, en y pensant bien, en y pensant fort et en y pensant longtemps, elle pouvait aussi se passer de Shmae, ce n'était pas ça le problème.  Le problème, c'était qu'elle avait des réflexes bizarres depuis la dernière heure.  En croisant une flaque d'eau, elle avait commencé une phrase (&lt;i&gt;Ne saute pas de–&lt;/i&gt;) et ne l'avait pas terminée.  Elle avait contemplé la flaque d'eau comme si elle l'avait mortellement insultée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La flaque d'eau pria silencieusement pour que le soleil lui porte secours et brûle très fort pour l'aider à s'évaporer, histoire de ne plus devoir subir le regard furieux de l'elfe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle décida de revenir sur ses pas.  Parce que Shmae était certainement déjà plongée dans les ennuis jusqu'au cou (et même plus - il ne fallait pas la sous-estimer).  Elle décida tout de suite après de ne pas revenir sur ses pas.  Parce que, plongée dans les ennuis jusqu'au cou (et même plus) ou pas, Shmae devait faire ses propres erreurs et apprendre de celles-ci, elle pourrait ainsi s'épanouir grâce à cet apprentissage et devenir quelqu'un de meilleur.  Ou quelque chose comme ça.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;...Et puis, quoi, elle était une elfe ! Pas une gardienne d'enfants !  Surtout pas d'enfants qui n'étaient pas vraiment des enfants !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Spider-chan continua donc sa route, ne marmonnant pas de rage, parce que ce n'était pas très elfique.  Elle marmonna &lt;i&gt;mentalement&lt;/i&gt; de rage, c'était nettement mieux (et beaucoup plus discret et les gens ne la prendraient pas pour une folle s'ils croisaient son chemin).  Elle trouva éventuellement qu'il faisait chaud et fouilla dans son sac pour retrouver sa gourde.  Sauf que bien sûr, chercher une chose précise là-dedans voulait dire en trouver une autre et elle retira une grosse massue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle la considéra.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'était une des massues de Shmae, qu'elle avait confisquée, oh ! Il y avait au moins deux semaines.  Elle avait brisé (sans faire exprès !) une expérience d'Esoj et même si Spider-chan préférait de beaucoup ruiner les expériences de la druide plutôt que de les subir, elle avait quand même sévi.  Pour la forme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'était &lt;i&gt;ça&lt;/i&gt; être une adulte responsable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Carpet-Vale se laissa tomber sur la première vieille souche venue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle était épuisée !  Complètement épuisée !  C'était quoi cette idée idiote de devoir porter ses propres bagages !?  Avec les autres, au moins, elle pouvait glisser toutes ses affaires dans leurs sacs sans qu'ils remarquent et puis, hop !  Elle n'avait rien du tout à transporter, sauf sa princière personne.  Ça, c'était la belle vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;...Sans les autres, c'était &lt;i&gt;compliqué !&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle avait été &lt;i&gt;obligée&lt;/i&gt; de faire les boutiques pour se trouver un sac de voyage !  Et elle avait dû le choisir &lt;i&gt;toute seule !&lt;/i&gt;  Sans l'aide, ni les bons conseils d'Esoj !  Oh, elle avait bien trouvé un sac qui lui plaisait !  C'était une petite merveille de bon goût, avec dix-huit poches intérieures, neuf extérieures et une bretelle ajustable, pour lui permettre de transporter toute une panoplie d'items allant de la selle de cheval au peigne de poils de nez.  Elle avait aussi pris des bottes assorties et la ceinture en solde qui complétait l'ensemble.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Carpet-Vale examina son sac.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il ne lui manquait rien...  Le sac, les bottes, la ceinture... Elle s'était même trouvé une adorable petite jupe et des boucles d'oreilles ab-so-lu-ment mignonnes !  Elle avait failli craquer pour un corset pourpre, mais s'était finalement décidée pour un bien plus joli dans des teintes rouges.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Carpet-Vale fouilla dans son sac.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bon, &lt;i&gt;d'accord&lt;/i&gt;, peut-être qu'elle aurait dû aussi acheter des provisions et des couvertures... mais ça pouvait bien attendre !  Elle trouverait certainement une auberge avant la nuit, de toute façon.  Elle se releva.  Regarda autour d'elle.  Et se demanda où était le prochain village.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pidgeonboy considéra son butin.  Son butin n'était pas énorme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Rhâ, mais quel crétin je fais !  J'aurais dû prendre les cent soixante-et-une pièces d'or et des poussières auxquelles j'avais droit !", il soupira.  "Je vais devoir me trouver un petit boulot pour financer ma nouvelle vie d'aventures..."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il considéra ses options. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bon, il avait vraiment besoin d'argent parce qu'il avait déjà perdu les trois quarts de ses dagues.  Ce n'était pas sa faute, pas vraiment.  Il s'était retrouvé pris dans un piège, une cheville généreusement ficelée et la tête en bas - ce qui lui avait rappelé l'importance de vérifier s'il y avait des pièges avant de s'aventurer quelque part.  Ce qui était un rappel appréciable : sa nouvelle vie d'aventures allait redémarrer sur des bases solides.  Le temps qu'il s'échine sur la corde, la moitié de ses possessions avait profité de la distraction pour foutre le camp de ses poches. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il avait aussi essayé de voler des passants, mais il était rouillé.  Ce n'était pas facile de retomber dans le vol à la tire, surtout qu'il y avait toujours été passable, au mieux.  Il s'était fait prendre deux fois sur deux et bon, un œil poché et une joue ecchymosée, c'était assez pour aujourd'hui en termes d'accomplissements ratés.  D'ailleurs, s'il s'y essayait de nouveau, il choisirait des cibles moins baraquées.  Personne n'avait cru bon de le reconduire aux autorités locales, tellement il était nul en tant que voleur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pidgeonboy décida d'aller consulter le Babillard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;...Il devait bien y avoir un petit boulot honnête pour les gens qui se retrouvaient un peu obligés de changer de carrière ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Shmae Girl marcha jusqu'au village suivant.  Il y avait une technique pour ces choses-là, c'était la simplicité même.  D'abord, il lui fallait une auberge - elle trouva &lt;i&gt;Le Citron Limette&lt;/i&gt;, spécialité : citronnade à l'ancienne.  Ensuite, il lui fallait une table - elle s'installa à celle du coin et s'assura d'être en mesure de voir toute la salle d'un seul coup d'œil.  Elle commanda un petit encas et une citronnade pour s'attaquer à l'étape suivante, parce que l'étape suivante, c'était attendre et attendre, ça pouvait être lo–&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Qu'est-ce qu'une demi-déesse comme quoi fait dans une auberge comme celle-ci ?", murmura une voix à son oreille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une voix amusée, un brin rauque, mais quand même douce.  Shmae Girl se retourna.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Papy !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il lui sourit, descendit ses lunettes de protection dans son cou et commanda lui aussi une citronnade.  Il passa une main dans ses cheveux blancs en broussaille, ce qui servit surtout à les mettre encore plus en broussaille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est fait."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il avait la fâcheuse habitude de ne jamais vraiment poser de questions, comme s'il connaissait déjà toute les réponses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Bah... oui.  Ils n'étaient plus contents d'être ensemble."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les citronnades furent servies, ils trinquèrent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Hm, encore meilleure que dans mon souvenir", il soupira.  "Tu vas faire quoi ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette fois-ci, il posa une question franche : il était curieux d'entendre la réponse qu'elle allait lui faire.  Shmae Girl haussa les épaules.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je vais attendre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Ça pourrait être long...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;— Ce n'est pas grave", elle but une gorgée de citronnade, sourit.  "J'ai le temps !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(12 mars 2010)&lt;br /&gt;&lt;a name='cutid1-end'&gt;&lt;/a&gt;</content>
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