Quand est-ce que j’utiliserai l’IA générative ?

…et pourquoi jamais ?

Chaque jour, nous subissons des injonctions toujours plus fortes pour utiliser l’IA générative (Claude, ChatGPT, etc.) dans nos métiers. Chaque jour, celles et ceux qui refusent s’entendent dire qu’elles n’ont pas essayé récemment, qu’ils vont rester sur la touche, qu’elles ne comprennent rien, qu’ils sont des luddites.

Alors voilà ma réponse à tout ça ; non je ne suis pas borné (ndlr : haha !), et je suis tout à fait prêt à utiliser l’IAg… une fois que ces quelques problèmes seront résolus.

  1. Son impact écologique est maitrisé (oui, on peut faire tourner des modèles locaux, mais il faut quand même les entrainer. Oui, les boites d’IA commencent à faire des études d’ACV très impressionnantes, mais complètement biaisées. En attendant, les nouvelles centrales à gaz fleurissent).
  2. Elle ne participe plus à l’exploitation des travailleurs du clic (oui, ce n’est pas spécifique à l’IA, et oui, je continue à regarder YouTube qui a exactement le même problème. J’aimerais éviter d’en rajouter).
  3. Elle ne nécessite plus un pillage organisé de toute la connaissance humaine (oui, la connaissance devrait être libre, financée par l’impôt, blablabla. Team OpenData/OpenSource/SciHub ici. Mais le deux poids, deux mesures (Aaron 💔) c’est non).
  4. Elle fonctionne correctement (partie 1) ; les “hallucinations” sont maitrisées, les points de vues contradictoires sont exposés, les complotismes, négationnismes, etc. sont étiquetés comme tels, les sources sont disponibles, fiables, et de qualité, les résumés sont utiles au lieu de filtrer les points les plus importants (oui, je sais, il suffit de savoir prompter correctement. ET DE BIEN CRIER surtout, il parait qu’elle est un peu dure d’oreille. Sinon, pour la recherche d’information, il existe un truc qui s’appelle Wikipedia qui ne marche pas mal du tout. Donnez-leur le montant de votre abonnement ChatGPT plutôt. Et oui, je sais aussi, le mois prochain, dans la version n+1 de chaque modèle, ça sera résolu 🤦‍♂).
  5. Elle fonctionne correctement (partie 2) ; dans le développement logiciel, elle facilite l’écriture d’application et leur maintenance, sans introduire plus de bugs de sécurité que ne le ferait un humain, et sans imposer à ces derniers un rôle de contremaitre toujours à la traine.
  6. Elle sera encore là demain. C’est-à-dire qu’une fois qu’Anthropic, par exemple, aura décidé d’arrêter d’en subventionner l’usage (en ce moment, vous payez pour avoir le privilège d’entrainer leurs modèles, vous avez donc droit à une réduc’ !), les simples mortels pourront encore se permettre le coût de l’abonnement ; qu’on sera certain·es que les modèles ne sont pas en train de s’effondrer, qu’il n’y a pas une “bulle” d’IA sur le point d’exploser, laissant on ne sait quoi derrière, qu’un homme aux cheveux orange ne pourra plus décider du jour au lendemain que vous n’y avez plus accès (oui, oui, on va faire des IA “souveraines” un jour, parait-il).
  7. Qu’elle n’enrichit et ne pousse plus l’agenda de technofascistes, en particulier l’uniformisation de la pensée selon leurs critères (si c’est vraiment aussi utile qu’on le dit, nationalisons-les !)
  8. Qu’elle ne peut plus être utilisée pour le capitalisme de surveillance (ce n’est pas limité aux IA génératives, mais évitons d’en remettre une couche, ok ?)
  9. Qu’elle n’est plus utilisée que pour permettre aux humains de faire leur travail dans de meilleures conditions, et non pas pour augmenter la “productivité” (i.e. les profits des capitalistes), au détriment de la santé physique et psychique des travailleur·euses : ni celle des cols blancs, dont on parle beaucoup, ni celle des classes populaires, largement invisibilisées (pour changer).
  10. Qu’elle ne peut plus être utilisée pour noyer les contenus web sous sa bouIAsse.
  11. Qu’elle ne peut plus être utilisée pour générer des fake news en masse, des deepfakes, des nus non consensuels, des attaques d’ingénierie sociale, etc.
  12. Que ses problèmes de biais sont résolus, et qu’elle ne participe plus à une discrimination systématique (là encore, ce n’est pas spécifique à l’IAg, mais c’est un accélérateur phénoménal).
  13. Qu’elle ne pose plus de problème d’addiction, ne provoque plus de troubles psychologiques.
  14. Qu’elle ne remplace plus les travailleur·euses juniors, les coupant du marché du travail et conduisant à un monde sans séniors dans quelques années.
  15. Qu’elle ne remplace plus non plus les sénior·es ni les agents publics.
  16. Qu’elle n’induit plus de pertes cognitives, et n’empêche plus l’acquisition de ces capacités cognitives chez les élèves et les étudiant·es.
  17. Qu’elle ne puisse plus être utilisée pour cibler des écoles au Moyen-Orient.

Promis, dès que tout ça est réglé, je m’y mets !