• Une vie avec le syndrome Gilles de la Tourette : l’histoire vraie derrière le film Plus fort que moi
    Maëlle Beauget-Uhl

    Maëlle Beauget-Uhl

    Rédacteur JustWatch

    Plus fort que moi / I Swear (2025), le film de Kirk Jones qui a fait sensation aux Baftas en février dernier, sort enfin dans les salles françaises cette semaine. Robert Aramayo, qui était nommé aux côtés de Timothée Chalamet, Leonardo DiCaprio, Michael B. Jordan et Ethan Hawke, avait remporté la statuette du Meilleur acteur pour sa prestation dans le film. Il y incarne John Davidson, un militant écossais atteint du syndrome Gilles de la Tourette. 

    Le long métrage retrace son parcours de vie, qui bascule du jour au lendemain, lorsque les premiers signes du syndrome, qui provoque des tics et insultes non-contrôlés, font leur apparition l'année de ses 14 ans. Dès lors, le jeune homme est harcelé par ses camarades et incompris par ses parents, en particulier par son père, qui en vient même à quitter le domicile familial. 

    Un film, deux documentaires

    Si vous souhaitez en apprendre plus sur la vie de John Davidson après ou même avant de découvrir le film, la BBC a, dès ses 16 ans, suivi le quotidien de l’adolescent dans le documentaire John’s Not Mad (1989). Kirk Jones a d’ailleurs expliqué à la chaîne que les images tournées à l’époque l’avaient beaucoup marquées :

    « Je m'étais rappelé de la vie de John d'après ce documentaire. Il est parfois incroyablement triste, mais très drôle aussi. Je ne pouvais penser à personne d’autre qui avait connu ces 40 dernières années, une vie avec autant de bouleversements, de tragédies et d'émotions. »

    Dans ce documentaire, John témoigne de son expérience face caméra, de façon extrêmement ouverte et vulnérable. Il avoue même avoir pensé au suicide les jours les plus durs, un chapitre très sombre de sa vie qui est aussi montré dans le film. Les tâches du quotidien, comme faire les courses avec sa mère ou partager un repas en famille, relèvent du défi et valent au jeune garçon de nombreux regards en coin et des remarques des passants. Dans une interview, Davison a témoigné de l'impact de ce documentaire sur sa vie de tous les jours, en particulier à Galashiels, dans sa ville d’enfance :

    « Avant la diffusion, je ne voulais même plus sortir. Les gens traversaient la rue pour changer de trottoir et éviter de me croiser, ou ils me fixaient du regard ou m'insultaient. Après la diffusion, je me suis forcé à retourner dehors pour voir si les choses avaient changé. Les gens traversaient pour venir me voir. Ils s'excusaient et disaient qu’ils ne savaient pas ce que je traversais. Ils me souhaitaient bonne chance. Il y a eu un changement drastique dans leur comportement après ce documentaire, et le reste et bien, c’est de l'histoire. » 

    En plus du travail de militantisme mené par John Davison au cours de sa vie pour mettre en lumière le syndrome et ses effets, il a également participé à un deuxième documentaire The Boy Can’t Help It (2002), tourné treize ans plus tard. John y est désormais dans sa trentaine, et vient en aide à un jeune garçon de huit ans, également atteint du syndrome Gilles de la Tourette.

    Plus fort que moi est-il fidèle à la vie de John Davidson ?

    Dans les moments les plus légers comme dans les plus dramatiques, Plus fort que moi est très fidèle à la vie de John Davidson, qu’il s’agisse de la performance incroyable de Robert Aramayo, à l'écriture très honnête et naturelle du film. L’acteur anglais a passé de nombreuses semaines en compagnie de John Davidson afin d'étudier son accent, son langage corporel et ses tics. Après avoir vu le film, ce dernier a déclaré que c'était comme se voir à l'écran tant le travail réalisé par Aramayo était précis et méticuleux.

    Le syndrome Gilles de la Tourette a valu à Davidson de nombreux déboires avec une justice et une police qui n'étaient pas suffisamment éduquées sur cette condition, comme on peut le voir dans le film à plusieurs reprises. L’un des moments les plus traumatisants de sa vie est un véritable choc pour le public également : un soir, au détour d’une ruelle, le jeune homme est passé à tabac avec une barre en fer, après qu’il ait insulté une jeune femme. Davidson est pratiquement laissé pour mort, et se réveille à l'hôpital. Cette altercation lui a pratiquement coûté la vie, et c'est justement pour éviter des situations aussi extrêmes que ce film et le travail de Davidson et d'autres militants est aussi important.

    En ce qui concerne sa première rencontre avec Dottie Achenbach, elle est aussi vraie dans le film que dans la vie. Dans une interview  donnée à l'occasion de la sortie du film, Achenbach a raconté : « Quand ce jeune garçon est entré, il a dit ‘Ha-Ha, tu vas mourir d’un cancer!’ C’était la première fois depuis des semaines qu’on avait été aussi honnête avec moi. Et j’ai pensé, on va bien s’entendre ! »

    Quelles sont les avancées médicales ?

    À la fin du film, on se retrouve en 2023. John Davidson se rend à l’Université de Nottingham pour rencontrer une chercheuse ayant travaillé plusieurs années sur un bracelet permettant de réguler le système nerveux des personnes atteintes d'un fort syndrome Gilles de la Tourette. Dans une séquence très émouvante, John se rend pour la première fois dans une bibliothèque. C’est un rêve simple mais qu’il n'avait jamais pu réaliser par peur de ses tics trop bruyants. Mais cette fois-ci, il est apaisé et serein et peut enfin profiter d’un peu de quiétude. Il demande à la chercheuse s’il peut garder le prototype, mais elle lui répond qu’il faut d’abord mettre en place un protocole de tests.

    Davidson s'est d'ailleurs exprimé à ce sujet : « On m’a mis ce prototype qui ressemble à une smartwatch. Elle se situe sur le nerf médian et envoie des impulsions électriques à une partie du cortex cérébral. Et pour une raison que j'ignore, ça bloque une grosse partie des signaux de tics. Je n'en revenais pas, ça m'a ému aux larmes. Je ne m'étais pas senti aussi calme depuis des années, ça a réduit les tics d'environ 45-60%. (...) « Ils ont les budgets, maintenant ils attendent que le gouvernement fasse les vérifications médicales et les recherches nécessaires pour autoriser son utilisation, ce qui j'espère devrait avoir lieu en janvier ou février. C'est un moment vraiment très important pour beaucoup de gens. »

  • Des ballerines, du sang et Uma Thurman : ce survival cartonne en streaming… et son titre y est sans doute pour beaucoup !
    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Son titre m’a tapé dans l'œil en naviguant sur Prime Video… et je ne suis visiblement pas le seul ! L’association des termes Pirouette Fatale (2026), totalement inattendue (« Pirouette » évoquant plus pour moi la célèbre comptine Pirouette Cacahuète), a visiblement eu son petit effet sur les abonné.es de la plateforme de streaming d’Amazon. Tout comme l’affiche, qui présente cinq ballerines badass, armées et vêtues de tutus ensanglantés. Résultat ? Un carton. 

    Un carton sur Prime Video

    Mis en ligne le 25 mars dernier, Pirouette Fatale / Pretty Lethal avait été dévoilé quelques jours plus tôt dans le cadre du Festival South By Southwest (SXSW pour les puristes), rendez-vous incontournable des films de genre et des concepts barrés où l’accueil a été triomphal et survolté. Une belle manière de lancer le long métrage de Vicky Jewson, qui a par la suite immédiatement trouvé son public en ligne. Selon le Streaming Charts JustWatch, le film s’est ainsi propulsé à la deuxième marche des contenus les plus regardés de la semaine, gagnant au passage plus de 1800 places au classement ! Désormais installé en tête du Top Amazon, il devrait truster les sommets pendant quelques temps, aidé par l’algorithme de recommandation mais aussi par la curiosité des abonné.es.  

    De quoi parle Pirouette Fatale ?

    Car il y a de quoi être curieux et surpris face à cette proposition imaginée par la scénariste Kate Freund (qui joue également dans le film), qui croise la danse classique et le survival sanglant. Il y avait déjà eu l’action de Ballerina (2025) avec Ana de Armas, la tension psychologique de Black Swan (2010) avec Natalie Portman,  le vampirisme de Abigail (2024) avec Melissa Barrera… mais jamais un film dans lequel des ballerines badass affrontent des mafieux d’Europe de l’Est ! Car tout le pitch -et la saveur- de Pirouette Fatale est là : comment cinq innocentes touristes américaines, envoyées à Budapest pour une démonstration de ballet et qui se retrouvent bloquées dans un établissement douteux au fin fond de la campagne hongroise, vont faire face aux gros bras chargés de les éliminer. Ce qui commençait comme un Hostel en tutu tourne alors au jeu de massacre, à grand renfort de « ballet-fu » !

    C’est quoi le « ballet-fu » ?

    On connaissait le « kitchen-fu », popularisé par Jackie Chan. Le « gun-fu » immortalisé par John Wick. Le « car-fu » piloté par Le Transporteur. Le « junk-fu » improvisé dans Mad Max : Fury Road. Le « wire-fu » proposé par la franchise Matrix. Place au « ballet-fu », un nouveau style de combat basé sur un mélange entre des mouvements de danse classique et des coups de pieds violents (encore plus quand ces demoiselles coincent une lame de cutter entre leurs orteils !). Cet art nouveau -et improbable- est issu de la collaboration inattendue des coordinateurs de cascades de 87North Productions (à l'œuvre sur Bullet Train et Fall Guy) et de chorégraphes de ballet classique (!), avec pour seule consigne que chaque coup provienne d’un véritable pas de danse. Et à l’écran, ça fonctionne ! Et ça fait mal, aussi.

    Les actrices ont-elles effectué leurs propres cascades ?

    C’est d’autant plus impressionnant que certaines des comédiennes du film, formées au ballet, ont pu effectuer l’essentiel de leurs scènes d’action. Je pense notamment à Maddie Zielger, révélée par l’émission Dance Moms et les clips de Sia, qui défonce tout ici ! Ou à Lana Condor, qui casse totalement son image romantique de Lara-Jean de la trilogie A tous les garçons quand elle joue du fusil à pompe. Globalement, les deux comédiennes et leurs partenaires Avantika, Millicent Simmonds et Iris Apatow ont suivi un entraînement intense en amont de tournage, avec plusieurs heures quotidienne de danse puis de baston, et des chaussons renforcés pour pouvoir frapper adversaires, accessoires et décors ! De vrais «poings américains pour pieds », en somme.

    Elle a fait quoi d’autre, la réalisatrice ?

    Avec Pirouette Fatale / Pretty Lethal, la réalisatrice Vicky Jewson offre un cocktail (d)étonnant de grâce et de brutalité, qui célèbre la sororité et le girl-power. Celle qui souhaitait présenter ses ballerines non pas comme des poupées fragiles mais comme des athlètes et des combattantes, s’était déjà illustré avec d’autres héroïnes d'action, comme Born of War (2013) emmené par Sofia Black-D'Elia en survivante lancée sur les traces de son père terroriste, ou Close (2019) dans lequel Noomi Rapace joue les gardes du corps. Elle avait également dirigé trois épisodes de la mini-série The Witcher: L'héritage du sang (2022) où les personnages féminins s’illustraient de belle manière (Sophia Brown et Michelle Yeoh en tête). La voir diriger ici Uma Thurman en nemesis / alliée de nos survivantes sonne dès lors comme un savoureux passage de relais, la comédienne amenant évidemment tout l’héritage et l'imagerie de Kill Bill (2003/2004) avec elle.

  • Projet Dernière Chance et 5 films pour sauver le monde
    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    « Il n’y a pas de plan B », martèlent régulièrement les scientifiques, rappelant à une Humanité incontrôlable que rien ne nous sauvera à part notre propre capacité à (re)devenir raisonnables. De son côté, le cinéma entretient l’espoir que nous pourrons -peut-être- un jour être sauvés de nous-mêmes ou de catastrophes planétaires, via des super-héros mais aussi des missions de science-fiction aussi spectaculaires qu’improbables. La preuve par six.

    Projet Dernière Chance (2026)

    C’est LE succès-surprise de ce début d’année. Adapté du roman de Andy Weir (Seul sur Mars), Projet Dernière Chance (2026) est passé en quelques semaines du statut de film passé sous les radars à celui de champion du box-office -et potentiel outsider aux Oscars 2027. Ce petit miracle, on le doit au tandem Phil Lord / Chris Miller qui nous offrent un vrai bijou, à la fois épique et intimiste, qui évoque les plus belles heures de la SF des années 80. On y suit la mission menée par un scientifique (Ryan Gosling) pour étudier un organisme dévoreur d’étoiles, qui menace notre Soleil. Dans cette aventure, il va croiser une créature rocailleuse, qu’il baptiste Rocky, elle aussi en mission. Les deux êtres vont alors faire équipe pour sauver leurs univers respectifs… Au-delà de la mission, le film est une ode à l'amitié, même improbable, qui convoque tendresse et émerveillement. C’est peut-être de ça dont l’Humanité a le plus besoin en ce moment ?

    Armageddon (1998)

    Considéré comme le film de science-fiction le moins crédible par la NASA (et en même temps, peu importe !), Armageddon (1998) fait partie de ces plaisirs coupables qui fonctionnent tout le temps. Sur moi en tout cas. Si le film de Michael Bay repose sur un postulat aussi énorme que l’astéroïde qui menace la Terre (une équipe de spécialistes en forage est envoyée sur le rocher pour y placer une charge nucléaire), il enfile tellement de poncifs qu’il en devient réjouissant. L’arrivée au ralenti sur le tarmac, les fusées baptisées Liberté et Indépendance, le cabotinage de Bruce Willis, l’amourette entre Ben Affleck et Liv Tyler, les seconds rôles tous plus caricaturaux les uns que les autres, les plans de différents pays du monde débordant de clichés (2CV et bérets de mise pour la France !)… Tout est risible et donc parfait dans ce blockbuster qui m’arrache des larmes stupides sur les moments de sacrifice ou les répliques cheesy (« Je voulais saluer la fille de l’homme le plus courageux que j’ai jamais rencontré » ou « Tu vois ce monsieur à la télé ? C’est ton père. » ). Chaque fois que je tombe sur le film, je reste devant. C’est la preuve qu’il a réussi quelque chose dans sa démesure. Quant aux scènes de destruction, elles sont impressionnantes et rappellent que nous sommes bien peu de chose… Même Notre-Dame de Paris !

    Deep Impact (1998)

    La même année, Hollywood propose un projet-concurrent dans un affrontement commercial et narratif comme le cinéma aime parfois en imaginer. Deep Impact (1998), c’est un peu l’anti-Armageddon. La menace est la même -un astéroïde se dirigeant droit sur notre planète bleue- mais le traitement, choral et surtout humain, suit le parcours de plusieurs protagonistes à mesure que la catastrophe se rapproche : un jeune homme qui a découvert la menace (Elijah Wood), une journaliste (Tea Leoni), le Président des Etats-Unis (Morgan Freeman), l’équipage d’une mission visant à essayer d’arrêter le monstre rocailleux (emmené par le toujours parfait Robert Duvall)… Le film de Mimi Leder (Urgences, The Morning Show) est resté dans l’ombre du tandem Michael Bay / Bruce Willis, et c’est bien dommage car le traitement est touchant mais également spectaculaire, avec un impact d’astéroïde qui m’a profondément marqué (un tsunami de plusieurs centaines de kilomètres de haut, c’est quelque chose !). Bref, entre deux visionnages d’Armageddon, donnez-lui sa chance !

    Fusion - The Core (2003)

    Je ne saurais pas vraiment dire pourquoi, mais j’aime beaucoup ce film. Fusion - The Core (2003) prend le contrepied de la menace intersidérale en plaçant la catastrophe au coeur du noyau terrestre : la Terre s’est « arrêtée », provoquant des catastrophes électromagnétiques à la surface et menaçant l’Humanité d’un retour à l’âge de pierre avant que la couche d’ozone ne se désagrège. Bref, une vraie fin du monde dont les prémisses sont plutôt impressionnantes à l’écran malgré un budget loin des blockbusters du genre. Comment relancer le noyau ? En pilotant un sous-marin (ou plutôt un sous-terrien) indestructible à travers les couches terrestres jusqu'au centre de la Terre où seront placées des charges nucléaires ! Improbable, certes, mais une fois la suspension d’incrédulité installée, on vibre pour cet équipage composé -excusez du peu- de Aaron Eckhart, Hilary Swank, Tchéky Karyo, Delroy Lindo, Stanley Tucci et Bruce Greenwood, épaulés en surface par Alfre Woodard et Richard Jenkins. On a connu moins talentueux pour sauver le monde !

    Sunshine (2007)

    Voilà un film catastrophe qui vous hante. Par sa musique, son ambiance et la manière dont Danny Boyle et son fidèle scénariste Alex Garland retranscrivent la fascination que l’on peut avoir pour le Soleil. Dans le vaisseau Icarus II, un équipage (Cillian Murphy, Chris Evans, Rose Byrne Michelle Yeoh, Cliff Curtis, Hiroyuki Sanada, Benedict Wong…) est chargé de rejoindre l’astre pour tenter de le rallumer, alors que ses rayons faiblissent : en chemin, ils captent le signal de la mission Icarus I, disparue sept ans plus tôt. Oscillant entre science-fiction, mystique et visions horrifiques, Sunshine (2007) est un spectacle aussi unique que ses plans sur les flammes solaires, quelque part entre Interstellar, Solaris, Ad Astra et Event Horizon. Sept ans avant Christopher Nolan, Danny Boyle nous a livré une vision unique de l’espace, faite de lumière et de surbrillance, parfois aveuglante. La séquence où l’un des protagonistes se lance dans une course contre la montre pour rejoindre une partie de l’habitacle, uniquement portée par sa respiration haletante et l’Adagio en D Mineur de John Murphy reste pour moi un monument de la SF. Et je pèse mes mots !

    Interstellar (2014)

    Que puis-je dire sur Interstellar (2014), dont l’impact sur le public depuis sa sortie est à rapprocher de l’aura qu’un 2001, l’odyssée de l’espace (1968) a pu avoir sur tous les cinéphiles, notamment Christopher Nolan ? Sur une Terre à l’agonie, qui rend ses dernières récoltes, un ancien astronaute devenu fermier assiste à des phénomènes étranges liés à la gravité, qui le conduisent dans une base secrète. C’est là que se prépare la dernière chance de l’Humanité, une mission pour rejoindre un trou de ver et tenter de trouver une nouvelle planète habitable aux confins de l’espace. Au-delà de ses séquences ahurissantes (les vagues géantes de la planète Miller, les étendues glacées de la planète Mann, la rotation incontrôlée du vaisseau…), le film interroge le temps, l’amour (la relation à travers l’espace-temps entre Matthew McConaughey et ses enfants est déchirante), notre dualité entre espèce et individu… C’est une œuvre profondément humaine -la plus humaine de son réalisateur- qui me bouleverse à chaque visionnage.

  • « Vers l’infini et au-delà ! » : 30 ans d’aventures avec tous les films Toy Story dans l’ordre
    Justine Charlet

    Justine Charlet

    Rédacteur JustWatch

    30 ans déjà ! Sorti en 1995, Toy Story a marqué un tournant historique en devenant le tout premier long métrage entièrement réalisé en images de synthèse. À l’époque, Pixar, en collaboration avec The Walt Disney Company, ne se contente pas d’innover techniquement : le film impose aussi une nouvelle manière de raconter des histoires animées, mêlant l’humour à l’émotion avec des personnages profonds (pour des jouets !).

    Trois décennies plus tard, l’aventure de Woody et Buzz l’Éclair reste une référence incontournable, aussi bien pour les spectateurs que pour les professionnels de l’animation. En trente ans, la franchise n’a cessé d’évoluer avec son époque, accompagnant toute une génération de spectateurs devenus adultes. Chaque nouveau film a repoussé les limites technologiques tout en abordant les thèmes universels comme l’amitié ou le passage des années. De la chambre d’Andy aux nouveaux horizons explorés dans les suites, la saga a su se renouveler sans perdre son identité. 

    À l’approche de la sortie du cinquième volet, la franchise s’impose plus que jamais comme une œuvre intergénérationnelle dans laquelle on aime se replonger ! Ce que je vous propose de faire avec ce guide JustWatch.

    Toy Story (1995)

    Il y a une vie quand les enfants désertent leur chambre ! Celle d’Andy, petit garçon d’une dizaine d’années, est remplie de jouets qui se disputent son attention. En particulier Woody, une poupée cow-boy qui jalouse le nouveau venu : Buzz l’Éclair, un ranger de l’espace… ou plutôt une figurine articulée d’astronaute !

    En 1995, tout ce petit monde débarque au cinéma : coproduit par The Walt Disney Company, Toy Story réalisé par John Lasseter est le premier long métrage d’animation en images de synthèse des studios Pixar. Difficile de revoir le film aujourd’hui sans juger archaïque le graphisme des personnages, mais à l’époque, c’était une véritable révolution !

    Toy Story 2 (1999)

    À partir de Toy Story 2, sorti seulement quatre ans plus tard, l’animation se révèle déjà plus fluide, les décors plus riches et les images plus précises. Pixar confirme ici tout son savoir-faire, en poussant encore plus loin les possibilités offertes par la CGI. De nouveaux personnages s’invitent sur les étagères et dans le coffre à jouets d’Andy, comme Jessie, la pétillante cow-girl, et Papi Pépite, prospecteur passionné.

    Mais il n’y a pas que la technologie qui a fait un bond : le scénario et la réalisation gagnent aussi en qualité. Les rebondissements sont incessants et les gags toujours plus nombreux, avec un Woody kidnappé que ses amis — Buzz l’Éclair en tête — vont aller sauver au péril de leurs vies. Une suite qui fait peut-être encore mieux que le premier opus.

    Toy Story 3 (2010)

    Avec Toy Story 3, les jouets changent de terrain de jeu : Andy part à l’université et se débarrasse de ses compagnons de jeu pour en faire profiter une crèche. Entre les mains moins délicates de jeunes enfants, la vie va se corser.

    Derrière la caméra, changement de réalisateur : Lee Unkrich prend le relais. Considéré par beaucoup comme surpassant les deux premiers volets, ce troisième opus est loué pour son humour, son inventivité et les progrès impressionnants de la 3D. Il remporte même l’Oscar du Meilleur film d’animation ainsi que celui de la Meilleure chanson originale. Et autre distinction : c’est le premier film d’animation à avoir dépassé le milliard de dollars de recettes !

    Toy Story 4 (2019)

    Neuf ans après le troisième, Toy Story 4 marque le retour de Woody et de toute la bande. Alors que l’histoire semblait avoir trouvé une conclusion parfaite avec le départ d’Andy, le film choisit de se concentrer sur une nouvelle enfant : Bonnie, et sur le rôle que peuvent encore jouer les jouets dans sa vie. Très vite, l’équilibre est bouleversé par l’arrivée de Fourchette, un jouet bricolé qui remet en question la notion même d’identité et d’utilité. La Bergère, absente de Toy Story 3, est aussi de retour !

    Magasin d’antiquités, fête foraine… les jouets vivent encore des aventures improbables dans un monde toujours plus crédible et détaillé. Ce quatrième opus explore aussi des thèmes plus matures, comme le sens de l’existence et la liberté. Visuellement, le film impressionne par son réalisme des textures et des lumières. 

    Toy Story 5 (2026)

    Bonne surprise pour les fans : un cinquième opus sortira le 17 juin 2026 ! Dans ce Toy Story 5, Woody débarque avec une calvitie naissante pour aider Buzz, Jessie, Rex et les autres, délaissés par leur humaine. Bonnie a en effet reçu un cadeau qui pourrait les mener à leur perte : une tablette ! Baptisée Lilypad, cette dernière compte bien se faire une place de choix aux côtés de l’enfant…

    Derrière cette intrigue, le film explore un thème très actuel : la place de la technologie dans l’imaginaire des enfants et la manière dont elle redéfinit leur rapport aux jouets traditionnels. Le casting vocal original est de retour, Tom Hanks et Tim Allen en tête !

    Les spin-offs et séries Toy Story

    En attendant, les fans peuvent prolonger l’expérience avec plusieurs dérivés revoir les spin-offs, Buzz l’éclair, le film : le début des aventures sorti en 2001 ou le long métrage Buzz l’éclair sorti en 2022 qui prennent tous les deux le héros de l’espace comme véritable personnage principal. Des séries animées existent également autour des jouets de la chambre d’Andy : Les aventures de Buzz l’éclair, Toy Story Toons et Fourchette se pose des questions.

  • One Piece et les 8 adaptations live-action d'anime et de manga qui brisent la malédiction
    Aurélien Bouron

    Aurélien Bouron

    Rédacteur JustWatch

    Adapter un manga ou un anime en live-action est un numéro d’équilibriste. Essayez de reproduire l'œuvre à l’identique et on se retrouve avec l’équivalent d’un cosplay caricatural. Prenez trop de liberté, et tout ce qui faisait le charme de l’histoire disparaît. Vous vous souvenez de Dragonball Evolution (2009) ? Un traumatisme, un naufrage même, dû à une occidentalisation à outrance qui tentait de compresser 50 tomes de manga dans un banal blockbuster hollywoodien. Une horreur. 

    Depuis, le vent a tourné. Les studios semblent avoir enfin trouvé la recette : adapter ne veut pas dire singer bêtement, occidentaliser une œuvre japonaise, ou chercher à tout prix à plaire au public le plus large possible. Aujourd’hui, on voit débarquer des projets ambitieux qui réussissent à briser ce plafond de verre. Comment ? Les studios choisissent les formats sériels pour laisser respirer l’histoire, impliquent les créateurs originaux pour garder l’âme de l'œuvre, et s’entourent d’un casting de passionnés pour que l’esprit des personnages reste le plus fidèle possible. 

    Les titres ci-dessous ont réussi à adapter sans trahir. Certains misent sur le grand spectacle, d’autres essaient d’être aussi fidèles que possible, et d’autres encore prennent de vraies libertés pour réinventer sans perdre l’âme. Tout n’est pas parfait, mais presque.

    One Piece (2023-)

    J’étais le premier à m’inquiéter quand Netflix a annoncé une adaptation de One Piece (1999-), l’œuvre d’Eiichiro Oda, alors que j’étais à peine remis du massacre de Cowboy Bebop (2021). Et pourtant, l’adaptation One Piece (2023-) est une franche réussite ! Les showrunners ont fait le meilleur choix possible : demander à Oda de participer, et laisser le projet dans les mains des fans. Iñaki Godoy crève l’écran en incarnant Monkey D. Luffy avec un optimisme contagieux (même s’il a tendance à en faire un peu trop). On sent que le casting est passionné : le meilleur exemple est Taz Skylar qui a voulu apprendre à faire tous les mouvements de Sanji lui-même pour éviter la doublure au maximum ! 

    Autre coup de génie : avoir mis le paquet sur des décors incroyables (les bateaux sont réels !), loin des approximations numériques habituelles. Évidemment, il y a toujours de quoi pinailler, avec des chorégraphies de combat qui sont parfois rigides et qui manquent d’impact et quelques effets spéciaux un peu bizarres. Mais, ce seront des points qui pourront être améliorés dans les prochaines saisons. Ici,  l’essentiel est sauvé : l’âme fraternelle et libertaire de l’équipage au Chapeau de Paille transpire à chaque plan. C’est coloré, généreux, épique et émouvant. Une aventure feel-good qui ne prend pas les spectateurs pour des idiots. 

    Speed Racer (2008)

    Je pense honnêtement que Speed Racer (2008) est un grand malentendu des années 2000. Boudé et regardé de haut à sa sortie, c’est en réalité une pépite visionnaire des sœurs Wachowski qui mérite une réhabilitation d'urgence. Au lieu de chercher à « normaliser » l’anime de départ ou à le rendre réaliste, les réalisatrices ont pris ses extravagances à bras-le-corps. Elles ont littéralement inventé un nouveau langage visuel pour transposer l'énergie frénétique de l’animation japonaise à l’écran. 

    Le résultat est une agression de nos rétines totalement assumée, un kaléidoscope où les couleurs, les mouvements, les décors, et les accélérations sont poussés jusqu’à saturation. Autant vous dire que les transitions ne seront jamais enseignées dans les écoles de cinéma ! Tout est too much, ça en devient épuisant… mais c’est justement là que se trouve l’âme de Speed Racer, à mi-chemin entre le film d’animation Redline (2009) et l’énergie de Scott Pilgrim (2010), le bijou d’Edgar Wright ! Derrière tout ce panache pop-art qui ferait griller les pixels de votre TV se cache un message profondément anticapitaliste. Si vous cherchez un grand huit visuel avec de la profondeur, sautez sur le film. Si vous voulez du réalisme, passez votre chemin. 

    Kenshin le vagabond (2012)

    Grâce à One Piece, le monde des adaptations a clairement passé un cap. Mais, si l’on gratte un peu, on s'aperçoit que Kenshin le vagabon (2012) est le film qui a établi la recette de la réussite. Le réalisateur Keishi Ōtomo nous livre ici un authentique film de samouraïs : nerveux, violent, mais pas seulement. Le film ne réduit pas Kenshin à un simple épéiste cool, il garde sa fatigue morale, sa culpabilité, sa douceur, mais aussi de sa superbe. Les combats sont chorégraphiés avec précision, ils ont de l’élan, du nerf, ça tranche, ça virevolte. On aurait parfois presque l’impression de revoir le combat entre Neo et Morpheus dans Matrix (1999). 

    Le plus impressionnant, c’est que l'ensemble tient remarquablement bien la route dans la durée. En effet, cinq films Kenshin le vagabond sont sortis depuis 2012, et le réalisateur Keishi Otomo peut se vanter d’avoir fait le Grand Chelem. Cinq films à voir absolument, autant pour les fans de l’anime que pour celles et ceux qui ont aimé Zatōichi (2003) ou tout autre film de sabre. 

    Parasyte: The Grey (2024)

    Parasyte est, selon moi, l’un des meilleurs anime. Tout aussi passionnant à regarder qu’à écouter puisque l’action y est intense, mais les nombreuses conversations philosophiques se dévorent comme un bon podcast. Alors comment adapter tout cela sans se casser la figure ? Plutôt que de recycler la même intrigue que l’œuvre culte de Hitoshi Iwaaki, le réalisateur Yeon Sang-ho (Dernier train pour Busan, 2016) nous livre une approche très maligne. Avec Parasyte: The Grey (2024), on oublie le remake fidèle pour faire un pas de côté : on voit la silencieuse invasion extraterrestre se dérouler dans un tout autre contexte : des personnages différents, en Corée du Sud plutôt qu’au Japon. 

    Voir des visages se transformer en tentacules géantes nous fait entrer dans l’univers glauque du body-horror. Sous les litres d’hémoglobine, la série prend ce virage philosophique que j’aime tant dans l’original et questionne notre propre humanité avec beaucoup de cynisme. The Grey ne pousse pas à la remise en question aussi intensément que l’anime, sans doute par manque d’épaisseur psychologique de certains personnages, mais le rythme est effréné et l’intrigue est intelligente. Les fans de conversations profondes qui voudraient continuer les remises en question existentielles seront passionnés devant Psycho Pass (2012) qui ne cesse de faire référence à Bourdieu et Foucault. 

    Alice in Borderland (2020)

    Avant que toute la planète ne se découvre une nouvelle passion pour les survival games à la Squid Game (2020-2025), le réalisateur Shinsuke Satō a sorti une petite bombe d’angoisse sur nos écrans. Alice in Borderland (2020-) adapte le manga de Haro Aso avec succès. Le postulat de départ ? Une poignée de personnes se réveille dans un Tokyo post-apocalyptique et totalement déserté, forcée de participer à des jeux mortels pour prolonger leur espérance de vie de quelques jours. La tension est constante, et une boule au ventre s’installe dès le premier épisode. Les énigmes et les jeux sont tordus, on se surprend à s’attacher à ces personnages, sachant pertinemment qu’ils peuvent mourir de la pire des manières à la prochaine épreuve.

    Ce que j’aime particulièrement, c’est qu’un mystère réside : qui se cache derrière ces jeux ? Pourquoi Tokyo se retrouve soudainement déserté ? Au fil des épisodes, les questions s’accumulent sans forcément y trouver de réponses. Au final, on se retrouve dans le questionnement constant, sans savoir qui va survivre, et sans savoir où va l’histoire. Cette immense zone d’ombre marche parfaitement avec le genre de jeu de survie. On retrouve cette même sensation dans Gantz (2004) ou Battle Royale (2000)

    Old Boy (2003)

    Beaucoup l’ignorent, mais Old Boy (2003), ce chef-d'œuvre absolu de Park Chan-wook, tire ses origines d’un manga éponyme assez méconnu. Ici, il est clair que le réalisateur s’est totalement approprié le matériau d’origine pour le transcender. L’intrigue nous jette dans les pas d’Oh Dae-su, un père de famille ordinaire mystérieusement enlevé et séquestré pendant quinze longues années, sans la moindre explication. Un jour, il est relâché, brisé, et se lance dans une quête de vérité sanglante. Cette histoire de vengeance obsessionnelle prend aux tripes et nous installe dans un malaise assez étrange à ressentir, jusqu’à nous traumatiser et à nous hanter lors de sa révélation finale.

    Si l’adaptation doit beaucoup au réalisateur (on pense au plan-séquence de la scène de baston dans le couloir), le succès est aussi en grande partie à mettre au crédit de Choi Min-sik qui livre une performance tout simplement monumentale, presque animale. C’est l’un des meilleurs thrillers psychologiques, à voir absolument au moins une fois. Old Boy s’inscrit dans la trilogie de la vengeance de Park Chan-wook, au milieu de Sympathy for Mr. Vengeance (2002) et Lady Vengeance (2005), à ne surtout pas manquer.

    Les Gouttes de Dieu (2023)

    Cette coproduction franco-japonaise très ambitieuse est une pépite qui n’est pas assez connue. Les Gouttes de Dieu (2023-) délaisse les bastons pour nous plonger dans le monde de l’œnologie. À la mort d’une légende du vin, sa fille biologique qui le fuyait depuis des années et son plus brillant protégé japonais se retrouvent forcés de s’affronter dans une série d’épreuves de dégustation à l’aveugle, avec pour enjeu un héritage inestimable.

    Cette adaptation prend de très nombreuses libertés avec le manga d’origine, mais réussit admirablement le pari. Par exemple, la série change le genre et la nationalité d’un des protagonistes, brillamment incarné par Fleur Geffrier. Le résultat est excellent, et on se surprend à angoisser à cause d’une simple gorgée de vin ou de l’identification d’un cépage. Un thriller œnologique (oui, c’est un nouveau genre) à ne pas manquer pour les passionnés de bonnes histoires et les amateurs de vin. On retrouve une ambiance similaire dans Le Jeu de la Dame (2020), avec l’incroyable Anya Taylor-Joy, qui nous sort du monde du vin pour nous emmener dans la tension des parties d'échecs. 

    Erased (2017)

    Erased (2017) est une réussite en manga, en anime (2016) et en série. Le strike ! On comprend vite pourquoi lorsque l’on voit l’histoire : Satoru, un jeune mangaka doté du pouvoir de remonter le temps de quelques minutes pour empêcher des accidents, se retrouve soudainement projeté dix-huit ans en arrière, piégé dans son corps d’écolier. Il doit alors empêcher une série de kidnappings et de meurtres dont ses camarades de classe ont été victimes. 

    L’atmosphère est glaciale, typique des polars nippons, et magnifiée par un décor enneigé de la région d'Hokkaidō. Si j’ai adoré l’anime, il faut tout de même avouer que la série en prises de vue réelles accepte de prendre son temps pour rester fidèle au dénouement imaginé par Kei Sanbe. Un thriller temporel qui pourrait nous rappeler Dark (2017), la série allemande qui a retourné le cerveau des abonné.es Netflix..

    Alita: Battle Angel (2019)

    Alita : Battle Angel (2009) est le bébé de l’alliance inattendue entre James Cameron et Robert Rodriguez. Un blockbuster cyberpunk qu’on attendait au tournant mais qui a finalement agréablement surpris. Alita est une cyborg amnésique reconstruite par le docteur Ido. Dotée d’un corps mécanique redoutable et de capacités à combattre surpuissantes, la jeune fille est en quête d’identité dans une société ultra violente. 

    Déjà, on apprécie la fidélité à l’œuvre de Yukito Kishiro, et le courage qu’il fallait pour prendre la décision d’animer le visage de l’héroïne avec des yeux disproportionnés. Mais, il faut bien avouer que tout marche assez bien. L’actrice, Rosa Salazar, endosse parfaitement son rôle, et la brutalité en toile de fond est convaincante. Les séquences d’action sont de vrais spectacles et visuellement le film est magnifique. Il n’y a aucun moment d’ennui, et c’est un plaisir de regarder un blockbuster qui décide de bien faire, de prendre son temps, et de rester fidèle au matériel source. Malgré tout cela, un défaut subsiste : où est la suite ? Gunnm (le titre du manga en japonais) est une référence dans l’univers cyberpunk, et le film arrive tout à fait à s’ancrer dans les héritages de ce genre, mais la fin du film était un peu trop brutale et on en attend plus. Le côté cyberpunk me donne envie de revoir Ghost in the Shell (1995) alors que le tout CGI me dirige plutôt vers Ready Player One (2018).

  • Ce personnage-surprise de Super Mario Galaxy ouvre la porte à un multivers… et à Super Smash Bros. !
    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Il y a trois ans, Super Mario Bros. le film (2023) avait été un raz-de-marée dans les salles, avec plus de 1,3 milliards de dollars de recettes dans le monde et plus de 7,3 millions d’entrées en France. Un succès qui a effacé le souvenir douloureux de l’adaptation live-action de 1993. Trois ans plus tard, la franchise Nintendo / Illumination est de retour avec Super Mario Galaxy, le film (2026), pour un triomphe d’ores et déjà annoncé. Mais pas que…

    La surprise Fox McLoud

    Alors que cette suite avait dévoilé ses nouveaux personnages majeurs (Yoshi, la Princesse Harmonie, Bowser Jr.), les producteurs ont choisi de mettre en avant un autre protagoniste important (au point d’avoir sa propre affiche et d’être doublé par nul autre que Glen Powell) : Fox McLoud ! Le renard de l’espace, pilote intrépide et membre de l’unité Star Fox, est l’une des grandes figures de l’écurie Nintendo depuis ses débuts en 1993. Passé par toutes les consoles (SNES, Nintendo 64, Gamecube, Wii, Switch…), il a œuvré aussi bien dans sa propre série de jeux que dans le cultissime Super Smash Bros., jeu de mêlée qui consiste à éjecter les combattants -venus de nombreuses franchises Nintendo- de la plateforme de combat. Au-delà de confirmer son statut de star montante d'Hollywood, le choix de Glen Powell (déjà rompu à l'exercice du doublage après des apparitions vocales dans Rick & Morty et Les Griffin et un rôle récurrent dans La Colo du Crétacé) est parfait pour le personnage, le comédien pouvant y amener l'héroïsme teinté de vantardise d'un Hangman de Top Gun Maverick en même temps que la vulnérabilité d'un Chad Powers. J'ai hâte de le découvrir faire des tonneaux aux commandes de son Arwing !

    Que signifie sa présence dans Super Mario Galaxy ?

    Bien sûr, on peut regretter que la présence de Fox McLoud n’ait pas été gardée secrète : je peux aisément imaginer les hurlements des fans découvrant son apparition durant la projection ! Mais à défaut de surprise, nous pouvons maintenant spéculer sur ce que l'on peut attendre de son apparition… et après. Dans Super Mario Galaxy, déjà, on pourrait imaginer voir le renard aider Mario, Luigi, Peach et Toad durant leur aventure intergalactique, pourquoi pas épaulé par ses légendaires camarades Falco, Peppy et Slippy ? Ensuite, on peut facilement penser que l’association avec Illumination permette de lancer des longs métrages autour de chaque grande franchise Nintendo… à commencer par un film Star Fox qui pourrait nous offrir un Gardiens de la Galaxie vidéoludique. Enfin, ce crossover entre deux univers Nintendo ne pourrait-il pas annoncer un film Smash Bros., croisant les plus grandes figures des jeux, comme Les Mondes de Ralph (2012) avait pu le faire avec sa cultissime réunion de méchants ? Imaginez un film avec la Team Mario, la Team Star Fox, la Team Pokemon, la Team Zelda, la Team Mega Man, la Team Metroid… A l’heure où chaque studio rêve de son multivers, les personnages Nintendo offrent un terrain de jeu incomparable !

    Un univers étendu Nintendo ? Ça a déjà été (mal) fait… en 1989 !

    La possibilité d’un tel univers étendu, porté par la patte animée d’Illumination et un respect des différents univers, enchante évidemment les gamers. Et, de la même manière que Super Mario 2023 a effacé le douloureux souvenir de Super Mario 1993, un Nintendo Extended Universe rattraperait la série animée Captain N: The Game Master (1989-1991) qui avait tenté cette approche avec plus ou moins de talent il y a trente-sept ans. Durant trois saisons et trente-quatre épisodes, on y suivait les pas de Kevin Keene, un joueur aspiré dans sa télévision et embarqué dans des aventures croisant les différents univers Nintendo. Accompagné de Mega Man, Simon Belmont (Castlevania), Kid Icarus, la Princesse Lana et Game Boy (littéralement une console sur pattes), il affrontait plusieurs méchants iconiques des jeux de l’époque (Punch-Out, Metroid, Donkey Kong, Zelda…). Assurément une curiosité à (re)découvrir -les épisodes sont visibles sur Youtube- en attendant l’officialisation d’un uNivers (avec un grand N) étendu par Nintendo / Illumination !

  • Le pire film de tous les temps est disponible gratuitement… et c’est un incontournable !
    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Chaque semaine, entre le cinéma en salles, les productions télévisuelles et les nouvelles séries et saisons qui débarquent en streaming, nous sommes déjà bien servis en fiction ! Et par ailleurs, l’histoire du cinéma regorgent de milliers de long métrages qui n’attendent que d’être (re)découverts. Alors pourquoi perdre du temps à s’imposer de mauvais films ? Tout simplement parce que certains sont tellement célèbres que leur visionnage s’impose.

    Tellement mauvais qu’ils sont cultes

    Dans cette famille très particulière des « So Bad They’re Good », il y a évidemment The Room (2003) de Tommy Wiseau, un OFNI dont le tournage a été raconté dans le film The Disaster Artist (2017) avec James Franco dans le rôle du réalisateur-scénariste-producteur-acteur-artiste-maudit. Il y a l’incontournable Turkish Star Wars (1982) qui recycle sans autorisation le space opera de George Lucas. Il y a Dragonball Evolution (2009) qui a tué toute velléité d’adapter le manga de Akira Toriyama à l'avenir. Il y a Vercingétorix : la légende du druide roi (2001) où Christophe Lambert et sa perruque font ce qu’ils peuvent pour sauver le projet de la catastrophe -sans succès-. Il y a Battlefield Earth (2000) avec un John Travolta en extraterrestre à dreadlocks et chaussures compensées. Il y a les films d’horreur -dans tous les sens du terme- Troll 2 (1990) et Birdemic (2010). Il y a le récent Papamobile (2025) avec Kad Merad où RIEN ne marche et dont le ratage a été assumé avec beaucoup de philosophie par son réalisateur. Et puis il y a…

    Plan 9 from Outer Space, le « chef d’œuvre » d’Ed Wood

    Edward D. Wood Jr. (1924-1978) était un cinéaste passionné, dont l’enthousiasme permanent compensait l’absence à peu près totale de talent et de moyens. Révélé par Glen or Glenda (1953) et La Fiancée du Monstre (1955, à voir gratuitement sur JustWatch TV), dans lesquels il dirige le légendaire Bela Lugosi (Dracula, 1931), il s’attaque ensuite à son « chef d'œuvre » Plan 9 from Outer Space (1957). Au croisement de la science-fiction et de l’horreur gothique, le film raconte comment des extraterrestres planifient la résurrection de cadavres pour convaincre l’Humanité de mettre un terme à leurs expérimentations nucléaires qui menacent l’univers tout entier.

    On est ici quelque part entre Le Jour où la terre s’arrêta (1951) et La Nuit des morts-vivants (1968, à voir gratuitement sur JustWatch TV)... mais avec beaucoup moins de budget. Ed Wood ne dispose ainsi que de 60 000 dollars pour produire cette ambitieuse histoire, essentiellement récoltés auprès d’une église baptiste en échange du baptême de certains membres de l’équipe ! Le résultat ? Des soucoupes volantes tenues par des films, des décors en carton, des plans sans réelle continuité, des dialogues aussi grandiloquents qu’absurdes et un scénario auquel on ne comprend absolument rien !

    Alors pourquoi c’est culte ?

    Je ne vais pas vous mentir, les 1h18mn de projection peuvent sembler un peu pénibles si on regarde le film avec sérieux. En revanche, c’est un visionnage touchant à plusieurs égards. Déjà, on y apprécie la plus pure incarnation de la « patte » Ed Wood, cinéaste bricolo mu par une foi totale dans ses projets, qui avait été magnifié par Tim Burton et Johnny Depp dans le biopic de 1994. Ensuite, on y découvre, « grâce » au décadrage proposé par la version télévisée, les parties de l’image qui n’avaient pas été projetées en salles à l’époque (où le film, a, mine rien, connu un petit succès à la fin des années 50), dévoilant des éléments techniques censés être cachés ! C’est, enfin, le tout dernier film de Bela Lugosi, dont les plans, tournés avec Ed Wood sans but précis avant même la mise en chantier du film, ont été intégrés à cette histoire après le décès du comédien.

    Diffusé au cinéma en solo ou dans le cadre de double-programmes,  Plan 9 from Outer Space (initialement baptisé Grave Robbers from Outer Space) avait disparu de la circulation à partir du début des années 60 avant d’être redécouvert en 1980 par les critiques et historiens du cinéma Harry et Michael Medved. C’est à cette époque qu’il gagne ses galons de « pire film de tous les temps ». Si on le (re)voit d'abord avec des yeux moqueurs, le regard se fait ensuite plus indulgent, et même enthousiastes alors qu’on comprend qu’une telle œuvre se célèbre pour son iconographie (les silhouettes de Maila « Vampira » Nurmi et Tor Johnson sont entrées dans l’Histoire du 7ème art), son innocence totale et son amour sincère du cinéma et des histoires -même incompréhensibles-. C’est pour tout ça que le film rayonne encore, sept décennies plus tard, en tant que nanar sincère et figure emblématique des pépites de la série Z.

  • 2026 est-il le nouveau 2001 ? Harry Potter et 10 films et séries qui nous ramènent 25 ans en arrière !
    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    L’histoire, l’économie, la mode, la musique… La société humaine s’inscrit dans des cycles, ramenant régulièrement sous les feux de l’actualité des dynamiques quelque peu familières. Le cinéma -et par extension les séries- n’y échappe pas. Encore moins en cette année 2026, qui ressemble étrangement à ce que proposaient les studios il y a 25 ans. Je connais bien l’année 2001, qui m’a vu commencer à travailler dans ce milieu. Pour JustWatch, je vous partage les sorties et projets qui me rappellent mes débuts !

    Harry Potter

    En décembre 2026, nous pousserons à nouveau les portes de Poudlard avec Harry Potter and the Philosopher's Stone (2026), adaptation en série de la saga magique imaginée par J.K. Rowling. Vingt-cinq ans plus tôt, le 5 décembre 2001, nous assistions aux débuts d’une franchise majeure et milliardaire (7,7 milliards de dollars au box-office mondial), qui déclinait en huit longs métrages -onze si on ajoute Les Animaux Fantastiques- les aventures du jeunes orphelin à la cicatrice et de ses amis dans les couloirs de l’école de sorcellerie, et leur combat contre Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom. La bande-annonce de la série propose des images à la fois familières mais légèrement différentes, à travers de nouveaux visages mais aussi une approche plus sombre et réaliste et des séquences « inédites », dans la mesure où le programme HBO Max pourra prendre son temps -une saison par roman- pour mettre en image des moments et des personnages qui avaient été écartés des films.

    Le Seigneur des Anneaux

    Avec les sorties de Harry Potter et du Seigneur des Anneaux deux semaines plus tard, le mois de décembre 2021 a marqué les débuts de la pop culture comme culture mainstream. C’est le moment précis où la fantasy, les super-héros ou les jeux vidéo sont passés du « monde des geeks » à un public mondial. Un quart de siècle plus tard, Andy Serkis est en plein travail de pré-production sur The Lord of the Rings: The Hunt for Gollum (2027) alors que Peter Jackson et Stephen Colbert viennent d’annoncer un autre long métrage pour prolonger les événements de La Communautés de l’Anneau (2001) ! Les deux films sont en effet envisagés comme des sidequels, des histoires parallèles venant s’intégrer à la grande histoire de la trilogie, et plus spécifiquement du premier volet. The Hunt for Gollum racontera ainsi comment Aragorn et Gandalf ont tenté de retrouver la créature avant les forces de Sauron, quand Shadow of the Past mettra en images six chapitres qui n’avaient pas adaptés en 2001 et qui se situent au début du parcours de Frodon, Sam, Merry et Pippin alors qu’ils partent pour Bree. Je me souviens avoir découvert, subjugué, vingt minutes du film en mai 2001 à Cannes… et je ne pensais alors pas que je me retrouverais à écrire sur cette histoire vingt-cinq ans après !

    Scary Movie

    Bien sûr, il y a eu trois autres volets de la saga depuis 2001 (Scary Movie 3, 2003 ; Scary Movie 4, 2006 ; Scary Movie 5, 2013). Mais l’année 2001 marquait le dernier « vrai » épisode, les frères Wayans ayant été écartés après Scary Movie 2 (2001). Les fans de leur sens du gag (très) potache et trash seront donc ravis de voir Shawn Wayans, Marlon Wayans, Keenen Ivory Wayans et Craig Wayans reprendre la plume pour Scary Movie (2026), qui passe à la moulinette de la parodie politiquement (très) incorrecte les succès horrifiques récents comme Terrifier, Sinners, Évanouis ou The Substance. Et comme ce sixième opus rappelle également Anna Faris, Regina Hall, Jon Abrahams, Cheri Oteri ou Dave Sheridan (sa version du shérif me fait HURLER de rire) -ainsi que Marlon « Shorty » Wayans et Shawn « Ray » Wayans, il y a de grandes chances qu’on vive un vrai revival du tout début des années 2000. S’ils trouvent en plus une manière de réinventer la fameuse séquence du Wazzuuuuuuup!, nous serons bien en 2001 !

    Focker-In-Law

    Ben Stiller en gendre gaffeur, Robert De Niro en patriarche méfiant : en 2001 (le film est sorti le 3 janvier en France), on découvrait avec bonheur la dynamique familiale de Mon beau-père et moi, ou la rencontre hilarante entre un infirmier au nom improbable (Greg Focker transposé en Gaylord Furniker en VF) et le père de sa future compagne, ancien agent de la CIA très méfiant vis à vis de ce nouveau venu. Les séquences du film sont devenues culte (l’incendie involontaire de l’autel, le match de volleyball, le détecteur de mensonges), et les deux suites (Mon beau-père, mes parents et moi, 2004 ; Mon beau-père et nous, 2010) n’ont pas démérité… même si je ne comprends pas comment la relation entre Ben Stiller et Robert de niro « repart à zéro » à chaque nouvel opus. En novembre prochain, Focker-in-Law (2026) nous proposera de retrouver les deux hommes ainsi que Teri Polo, Blythe Danner et Luke Wilson devant la caméra John Hamburg, scénariste des précédents films. Les années ont filé et Greg se retrouve désormais dans la même position que son beau-père à l’époque : la confrontation avec une pièce rapportée, une jeune femme très têtue choisie par son fils et campée par Ariana Grande. Ça promet !

    Tomb Raider

    Même si la série sortira en 2027 sur Prime Video, on parle beaucoup d’elle en 2026, au fur et à mesure que les images de tournage fuitent sur les réseaux sociaux. C’est la géniale Phoebe Waller-Bridge qui est chargée de donner un nouvel élan à la franchise Tomb Raider (2027) et un nouveau visage à Lara Croft (celui de Sophie Turner, la Sansa Stark de Game of Thrones). Une série au croisement de la modernité de Fleabag (2016-2019) et d’une aventure façon Indiana Jones et le Cadran de la Destinée (2023) où Phoebe Waller-Bridge officiait à la plume et devant la caméra ? C’est tout ce que l'on souhaite pour ce projet qui arrive vingt-cinq ans après la première itération live action, portée par Angelina Jolie : Lara Croft : Tomb Raider (2001) était loin d’être parfait, mais il n’était pas honteux non plus et surtout il a incarné ce moment où les adaptations de jeux vidéo ont obtenu plus de crédibilité et d’ambition. C’était même le premier blockbuster vidéoludique, qui a préfiguré les Resident Evil et autres Silent Hill qui ont suivi.

    Highlander

    Comme Tomb Raider, on ne devrait découvrir Highlander qu’en 2027. Mais les premiers clichés -très prometteurs- nous parviennent dès cette année alors que l’immortel Henry Cavill affronte le Kurgan Dave Bautista devant la caméra de Chad Stahelski (la saga John Wick). Et cela nous ramène à mai 2001 et Highlander : Endgame, le dernier long métrage cinéma en date de la franchise médiévalo-fantastique. Il y a eu par la suite le DTV Highlander : Le Gardien de l'immortalité (2007) et l’anime Highlander - Soif de vengeance (2007), mais sur grand écran, la saga a trouvé une « conclusion » dans un long métrage qui confrontait Duncan MacLeod (Adrian Paul) à son cousin Connor MacLeod (Christopher Lambert) et qui croisait les films et la série. Pour moi, en réalité, il n’y a qu’un seul et unique Highlander : le film original, imaginé en 1986 par Russell Mulcahy et qui figure très (très) haut dans mon panthéon personnel. Les transitions temporelles, la musique de Queen, le trio Christophe Lambert / Sean Connery / Clancy Brown, l’imagerie so eighties… La barre est haute pour Chad Stahelski !

    La Momie

    Le 15 avril prochain, nous découvrirons Le Réveil de la Momie (2026) de Lee Cronin, quinzième long métrage consacré à l’un des plus célèbre Universal Monsters et nouvelle itération horrifique de la franchise comme ont pu l’être récemment Invisible Man (2020) et The Wolfman (2025). Mais 2026, c’est surtout l’année de l’annonce de La Momie 4, qui rappelle Brendan Fraser, Rachel Weisz, John Hannah et Oded Fehr ! La dernière fois qu’on a vu cette bande réunie, c’était il y a vingt-cinq ans dans Le Retour de la Momie (2001), suite un peu boursouflée aux dollars et aux CGI du cultissime La Momie (1999). Il y avait certes eu par la suite le bancal La Momie : La Tombe de l'empereur Dragon (2008), où Maria Bello remplaçait Rachel Weisz et qui avait transposé l’action loin du désert égyptien vers les paysages chinois… mais c’était très oubliable. Je propose qu’on l’oublie officiellement donc, pour se concentrer sur cette Mummy-Reunion qu’on attend avec impatience !

    Ocean’s Eleven

    Souvenez-vous : en 2001, Steven Soderbergh faisait rimer braquage avec cool et glamour en nous proposant Ocean’s Eleven (2001), remake all-star de L’Inconnu de Las Vegas (1960) où George Clooney, Brad Pitt, Matt Damon, Don Cheadle, Julia Roberts et leur bande mettaient sur pied un plan ultra-sophistiqué pour vider les coffres du casino d’Andy Garcia. Succès oblige, il y a eu deux suites (Ocean’s Twelve, 2004 ; Ocean’s Thirteen, 2007) et un spin-off au féminin (Ocean’s 8, 2018) avec Sandra Bullock dans le rôle de la soeur de Danny Ocean... et on parle aujourd’hui de deux projets autour de la franchise ! D’un côté, un prequel centré sur les parents Ocean, qui seraient incarnés par Margot Robbie et Bradley Cooper. De l’autre, un Ocean’s 14, qui réunirait l’équipe une dernière fois autour d’un scénario inspiré des braqueurs vieillissants de Going in Style (1979), déjà revisité dans Braquage à l'ancienne (2017). Début de tournage pour ces deux films : 2026, soit vingt-cinq ans pile après les débuts de la saga.

    Scrubs

    Dans la grande famille des séries hospitalières, il y a les dramas (Urgences, Grey’s Anatomy, The Pitt)... et il y a les séries plus légères comme Scrubs. Entre 2001 et 2010, durant neuf saisons et 182 épisodes, le show nous a plongés dans les couloirs et les salles d’opération de l’hôpital du Sacré-Coeur, racontant avec beaucoup d’humour (burlesque et surréaliste) et beaucoup d’humanité le quotidien du personnel en blouses bleues, vertes, violettes et blanches à travers l’amitié de J.D. et Turk. En 2026, on remet ça avec un nouveau Scrubs très attendu qui verra Zach Braff et Donald Faison (et Sarah Chalke !) reprendre le chemin de la salle de pause : dans cette suite, l’environnement a évolué, la médecine a changé, les internes ne sont plus tout à fait les mêmes… mais leur amitié a résisté à l'épreuve du temps. Rendez-vous le 15 avril sur Disney+ pour voir si l’esprit Scrubs a survécu au passage des années !

    Shrek

    Shrek 5 sera assurément l’événement animé de 2027. Il était initialement programmé pour décembre 2026 dans les salles, avant d’être repoussé pour éviter un affrontement direct avec Dune : Troisième Partie et Avengers Doomsday… et surtout pour revoir son animation ! Il faut dire que le tout premier teaser, dévoilé il y a plus d’un an, avait été globalement rejeté par les spectateurs et les spectatrices, en raison de son humour 2.0 (Shrek scrollant des memes sur le Miroir Magique !) mais surtout d’une animation hyperréaliste beaucoup trop éloignée des standards des précédents films. Un « effet  Sonic » en somme, qui a obligé les équipes DreamWorks Animation à revoir leur copie. A défaut de sortie, c’est donc en 2026 qu’on découvrira le résultat de ce coup de polish au moment de la mise en ligne d’une nouvelle bande-annonce, et qu’on pourra la comparer avec les traits de la version originale, sortie durant l’été 2001. Non, ça ne nous rajeunit pas !

    Spider-Man

    La bande-annonce de Spider-Man Brand New Day (2026) a affolé la toile. Plus d'un milliard de visionnage en quelques jours, Hollywood n'avait jamais « vues » ça ! Et cela me ramène un quart de siècle en arrière, quand je regardais en boucle le tout premier teaser du Spider-Man (2002) de Sam Raimi. Retirée des cinémas après les événements du 11 septembre, la bande-annonce figure an panthéon des meilleures promos de tous les temps : après un braquage façon Heat (1995), on y découvrait l'hélicoptère des criminels pris dans une toile géante (tendue entre les deux tours du World Trade Center). Pas de super-héros, pas de titre : juste une date et cette image grandiose témoignant de l'ambition donnée aux première aventures live de L'Homme-Araignée campé par Tobey Maguire. Vingt-cinq ans plus tard, c'est un autre Spidey-Trailer, emmené cette fois par Tom Holland, qui rentre dans l'histoire, bouclant la boucle 2001-2026.

  • Résister ou collaborer ? Les 10 films et séries incontournables sur la France pendant l’Occupation
    Justine Charlet

    Justine Charlet

    Rédacteur JustWatch

    La sortie de Les Rayons et les ombres (2026) de Xavier Giannoli, avec Jean Dujardin et Nastya Golubeva, appelle à se replonger dans l’une des périodes les plus explorées du cinéma français et pourtant toujours intéressante à revisiter : l’Occupation. Mise en avant de figures héroïques ou compromissions avec l’ennemi, de nombreuses fictions ont cherché à faire état de cette période très particulière de notre pays. 

    Entre comédies cultes, fresques historiques ou films chocs, le ton n’est pas toujours le même, oscillant pour certains entre récit national et exploration de zones grises. Pour JustWatch, je vous ai dressé une liste de dix oeuvres incontournables.

    Un Village français

    Je commence par cette fresque au long cours que les téléspectateurs de France Télévisions ont pu suivre sur sept saisons : Un Village français (2009-2017). Oeuvre fleuve, la plus ambitieuse jamais produite sur l’Occupation, elle propose de s’installer dans le quotidien de VIlleneuve en 1940, un village fictif situé dans le Jura, au plus près de nombreux personnages qui connaissent chacun des trajectoires différentes et complexes. Certains font le choix de la Résistance, d’autres naviguent en eaux troubles, tous évoluent avec des nuances qui permettent d’imaginer, en tant que spectateurs, ce que fut sans doute réellement la vie sous l’Occupation. Le créateur de Andor (2022-2025) avoue y avoir puisé beaucoup pour nourrir la série Star Wars consacrée à la naissance de la Rébellion contre l’Empire.

    La Grande vadrouille

    La Grande Vadrouille (1966), le film avec lequel tout le monde a grandi (17 millions d’entrées) ! Difficile d’imaginer aujourd’hui une fiction sur l’Occupation qui fasse autant rire toutes les générations. Pourtant, le classique de Gérard Oury réussit ce pari avec une efficacité redoutable. Le duo Louis de Louis de Funès / Bourvil transforme la guerre en terrain de jeu, les répliques sont devenues cultes (« Mon vélo, mes chaussures… et puis quoi maintenant ? »), les scènes inoubliables… Un plaisir intact qui montre plutôt une France qui a aidé, a caché et a résisté. 

    Papy fait de la résistance

    Ce film-là, soit on adhère, soit on décroche. Mais il faut lui reconnaître une chose : il ose. Là où d’autres contournent, Papy fait de la résistance (1983) fonce dans les clichés pour les exploser de l’intérieur. Tout est outrancier, tout est excessif, et c’est précisément ce qui le rend intéressant. Parce qu’en poussant la caricature à l’extrême, le film met en lumière l’absurdité de certaines représentations de l’époque. Ce n’est pas toujours subtil, mais ce n’est clairement pas le but. Je vous rappelle l’intrigue : une famille de musiciens virtuoses refuse de jouer pour les Allemands. Leur hôtel particulier est alors réquisitionné pour accueillir le général Spontz. La cohabitation va être un fiasco !

    Le Vieux Fusil

    Aucun film ne m’a plus marquée (traumatisée, si je dois employer le bon mot) que Le Vieux Fusil (1975), film de Robert Enrico qui se concentre sur un drame intime. Tout repose sur la performance de Philippe Noiret, qui donne toute sa force à ce récit de vengeance, où la douleur personnelle, incontrôlable et presque primitive, prend le pas sur toute lecture politique. On souffre avec ce personnage qui expérimente la guerre au plus profond de son être, alors que sa femme et sa fille ont été assassinées par les SS. Le film fait preuve d’une violence sèche et brutale qui se vit comme une expérience très difficile. 

    L’Armée des ombres

    Avec Jean-Pierre Melville et L’Armée des ombres (1969), le cinéma français atteint son sommet dans la représentation de la Résistance. Fini le spectaculaire : ici, tout est retenu, froid, presque silencieux. Les personnages avancent dans un monde sans espoir, où chaque décision peut être fatale. Cette austérité donne au film une puissance unique. Il ne cherche pas à glorifier, mais à montrer, et c’est précisément ce qui le rend inoubliable. Un grand classique avec Simone Signoret et Lino Ventura.

    Les Femmes de l’ombre

    Il a fallu attendre 2008 pour voir sur grand écran un film choral féminin sur la Résistance. Un long métrage populaire, efficace, pas parfait mais engageant, réalisé par Jean-Paul Salomé et porté par cinq femmes (Sophie Marceau, Julie Depardieu, Marie Gillain, Déborah François et Maya Sansa). Le pitch des Femmes de l’ombre (2008) ? Une Résistante fuit Londres après l’assassinat de son mari. Recrutée par le SOE, elle se voit confier une première mission : l’exfiltration d’un agent britannique tombé aux mains des Allemands. Louise constitue alors un commando de femmes.

    Au revoir les enfants

    Film de mémoire, Au revoir les enfants (1987) de Louis Malle adopte un point de vue plus rare : celui de l’enfance. L’histoire se passe dans un pensionnat catholique sous l’Occupation, un élève se lie d’amitié avec un nouveau venu discret, avant de comprendre qu’il cache en réalité son identité juive, protégé par les adultes de l’établissement. À travers une amitié fragile, il capte la violence de l’époque sans jamais la surligner. Tout repose sur les regards, les silences, les non-dits. Cette retenue rend le film d’autant plus bouleversant. C’est une œuvre qui marque durablement, précisément parce qu’elle refuse le spectaculaire et laisse l’émotion s’installer lentement, mais sûrement.

    Monsieur Batignole

    On ne naît pas courageux, on le devient. Ou pas. Dans Monsieur Batignole (2002), Gérard Jugnot explore la transformation progressive d’un homme ordinaire. Boucher-charcutier sous l’Occupation, Batignole profite sans trop se poser de questions de la spoliation d’une famille juive déportée, jusqu’au jour où le fils de cette famille revient et se retrouve sous sa responsabilité. Contraint de le cacher, puis de fuir avec lui, il entame un chemin qu’il n’avait pas choisi. La force du film réside dans cette évolution : pas de héros immédiat mais un homme qui apprend à composer, hésite, avant de basculer. 

    Lucie Aubrac

    Retour à une figure forte et identifiable de la Résistance, Lucie Aubrac (1997), pour un récit qui met en avant une femme. À Lyon en 1943, elle s’engage corps et âme pour faire libérer son mari, arrêté par la Gestapo de Klaus Barbie. Elle multiplie les actions clandestines et les stratégies audacieuses pour y arriver. Ce qui fonctionne particulièrement bien, c’est la manière dont le film humanise son héroïne, campée par Carole Bouquet : loin d’une icône figée, Lucie apparaît déterminée, inventive, mais aussi vulnérable. Une approche accessible, portée par une vraie intensité dramatique, qui rend son courage d’autant plus impressionnant.

    La Traversée de Paris

    Avec La Traversée de Paris (1956), Claude Autant-Lara signe un film à part dans le paysage du cinéma sur l’Occupation : une œuvre qui dérange autant qu’elle fascine. L’intrigue est simple en apparence : dans le Paris occupé, deux hommes (incarnés par Jean Gabin et Bourvil) doivent transporter clandestinement de la viande à travers la ville, en pleine nuit, pour alimenter le marché noir. Mais ce point de départ devient rapidement le prétexte à une plongée acide dans une société gangrenée par la peur, la débrouille et les compromis. Ici pas de récit héroïque ni d’idéalisation : on est dans les petits arrangements et les lâchetés ordinaires dont cette période n’est pas exempte. Au contraire, chacun semble avoir composé avec ses peurs et ses intérêts.

  • Bande-annonce Harry Potter : ces scènes de la série n'étaient pas dans les films !
    Maëlle Beauget-Uhl

    Maëlle Beauget-Uhl

    Rédacteur JustWatch

    La magie est de retour ! Le premier aperçu de la série Harry Potter est en ligne et les images nous ramènent en 2001, quand nous découvrions -sur grand écran- le jeune sorcier au 4 Privet Drive, l’adresse iconique des Dursley où tout a commencé. C’est sur HBO Max que l’aventure sera à vivre désormais, sous la plume de Francesca Gardiner (Succession) et Mark Mylod (Game of Thrones) qui réalise plusieurs épisodes.

    Une saison par roman

    Si dès l’annonce du projet, le but -voire l'intérêt- de cette série a été remis en question par beaucoup de fans, HBO a immédiatement précisé que de nombreuses scènes importantes des livres seraient présentes dans la série, alors qu’elles n’avaient pas été intégrées aux films pour des raisons pratiques, de temps ou simplement pour des raisons créatives. Ici, une saison correspondra à un tome de la saga littéraire. Plus on avancera dans la série, plus nous aurons droit à des passages -et à des personnages- entiers qui ne pouvaient être ajoutés aux films, racontés principalement du point de vue du jeune héros.

    J.K Rowling officie sur le programme en tant que productrice exécutive, aux côtés de David Heyman qui était déjà producteur de la saga Harry Potter (2001-2011). Côté musique, le grand Hans Zimmer reprend le flambeau du maestro John Williams, qui avait composé les thèmes les plus iconiques de la saga. Cependant, il semblerait que HBO et Hans Zimmer ne soient pas encore tout à fait prêts à présenter leur nouvelle bande originale, puisque c'est une musique « temporaire » que nous pouvons entendre dans cette bande-annonce.

    Quels sont les changements majeurs de cette bande-annonce ?

    D’un point de vue simplement stylistique et photographique, on passe des couleurs vives et chaudes utilisées dans les films, à des teintes beaucoup plus froides et plus neutres dans la série. Cela a été remarqué par de très nombreux fans et internautes, qui ont tout de suite noté le changement de ton adopté par la série.

    Si le style de la saga cinématographique évoluait en même temps que ses personnages, passant du monde magique et enchanteur de Poudlard dans le premier opus, à quelque chose de beaucoup plus grave et aux couleurs beaucoup plus sombres dès La Coupe de Feu (2004), et encore plus dans L’Ordre du Phénix (2007), retour officiel de Voldemort oblige). Ce premier trailer prend d'emblée une approche stylistique plus mature voire réaliste. Ce choix a bien évidemment, là encore, divisé les fans.

    Si n’importe quel Potterhead, Moldu ou Cracmol qui se respecte est habitué au titre Harry Potter à l'École des Sorciers en français, la série HBO a opté pour le titre original du roman de Rowling : Harry Potter and the Philosopher’s Stone, qui, lors de sa publication aux Etats-Unis, était devenu Harry Potter and the Sorcerer’s Stone. Cela peut paraître anecdotique, pourtant, si on suit la logique du studio, c’est déjà une indication de leur désir d'être beaucoup plus fidèles aux romans. 

    Côté Moldus…

    En ce qui concerne l'histoire en tant que telle, dans les romans, on sait que Dudley Dursley et sa bande de copains tortionnaires et harceleurs s’amusent à mener la vie dure à Harry à l'école. Ce dernier est régulièrement poussé et frappé par son cousin. 

    Dans le film, nous sommes effectivement témoins de ce comportement à deux reprises : lorsque Dursley dévale les escaliers, tacle Harry en le poussant dans son placard sous l'escalier et donne un grand coup de pied dans sa porte. Puis une seconde fois, lors de la fameuse scène du zoo, lorsqu’ Harry se met à communiquer avec le serpent et que Dudley le bouscule encore une fois en le renversant par terre. 

    Dans le trailer, on passe à quelque chose d’encore plus traumatisant pour Harry, puisqu’on voit le jeune garçon être poursuivi dans les couloirs de l'école, et même être collé violemment contre un mur par son insupportable cousin et ses amis. Nous verrons peut-être Harry faire face aux premiers signes de magie non intentionnelle, qui sont mentionnés dans les livres.

     En ce qui concerne les Dursley, la tante Pétunia, ici incarnée par Bel Powley, semble être une véritable tortionnaire, coupant les cheveux d’Harry de force, comme cela est mentionné dans le livre. On verra également Hagrid accompagner Harry dans le métro londonien, après l'avoir enfin délivré de l'emprise des Dursley, tout comme dans le roman.

    Côté Sorciers… 

    Si nous avons également eu le droit à un premier aperçu de nombreux personnages principaux, de Ron (Alastair Stout) et Hermione (Arabella Stanton) à Dumbledore (John Lithgow), en passant par Rogue (Paapa Essiedu) et McGonagall (Janet McTeer), le grand rival d’Harry Potter, Drago Malefoy (Lox Pratt), fait également une apparition dans le trailer, dans une scène qui semblerait rappeler le chapitre Duel à minuit dans lequel Malefoy provoque en duel Harry. Ce fourbe de Serpentard ne se présente pas et à la place, il prévient Rusard que des élèves sont en dehors des dortoirs.

    Lors de ce court aperçu, on peut également voir Crabbe, Goyle, et une fille que j’imagine être Pansy Parkinson, une amie de Drago, qui aura sûrement comme dans les romans, une place un peu plus importante dans la série que dans les films. Pour le reste de l'intrigue, ou plus de détails sur la série, il faudra encore attendre quelques semaines, au fur et à mesure que HBO en dévoile un peu plus sur sa campagne marketing.

  • Ces deux films ont tellement ému Colin Farrell qu’il a immédiatement écrit à ses proches pour leur conseiller de les voir  !
    Öykü Sofuoğlu

    Öykü Sofuoğlu

    Rédacteur JustWatch

    Les acteurs ne sont, de manière générale, pas aussi cinéphiles qu’on pourrait le croire. Vous avez probablement déjà vu les vidéos de The Criterion Closet ; on n’attend pas forcément des acteurs qu’ils soient spécialistes du cinéma d’art et d’essai. Mais il y a bien sûr des exceptions, et Colin Farrell en est certainement une !

    Lors d’un entretien que Farrell a accordé à JustWatch aux côtés de Fala Chen et Edward Berger pour promouvoir leur film Ballad of a Small Player (2025), il nous a parlé de deux films qu’il a adorés mais qu’il estime relativement peu vus par le public, à savoir Perfect Days (2023) de Wim Wenders et Sans jamais nous connaître (2023) de Andrew Haigh.

    Perfect Days : un récit doux et tendre

    Farrell précise que le film lui tient beaucoup à cœur. Il déclare : « Tout est traité avec subtilité, à travers un récit doux et tendre ». Selon l’acteur, le film reste encore à découvrir pour de nombreux spectateurs. Aux États-Unis, cela peut effectivement être le cas, mais il ne faut pas oublier la popularité de Wim Wenders en Europe -et le succès de Perfect Days (près de 400 000 entrées en France) s’est imposé comme un véritable retour en force pour le réalisateur qui, depuis quelque temps, se consacrait à des documentaires plus modestes, s’éloignant ainsi de la fiction et, par conséquent, de l’attention du grand public.

    Perfect Days se concentre sur un homme nommé Hirayama, qui travaille à l’entretien des toilettes publiques de Tokyo. Son quotidien est très structuré, mais pas aussi monotone qu’on pourrait le croire. Il enrichit sa vie de plaisirs simples : écouter de la musique dans sa voiture, photographier les arbres, observer la lumière du jour filtrer à travers leurs feuilles. Le film met en scène cette routine avec une poésie narrative et visuelle toute en subtilité. C’est avant tout un film de gestes. Des gestes d’abord perçus comme rituels, mais qui acquièrent peu à peu un caractère singulier, à mesure que le personnage les nourrit et les transforme en les partageant, au fil de rencontres inattendues et précieuses. 

    Au cours du film, on apprend peu de choses sur Hirayama, mais les retrouvailles avec sa nièce offrent quelques indices sur son passé et sur les raisons pour lesquelles il apparaît si différent de l’image que l’on se fait des personnes travaillant dans le domaine de la propreté. Wenders s’appuie également sur un excellent répertoire musical, avec des morceaux iconiques de Lou Reed, Patti Smith et Iggy Pop, qui participent à une véritable immersion pour le spectateur. Par ailleurs, le film doit beaucoup à Kōji Yakusho -acteur incontournable du cinéma japonais, connu notamment pour ses collaborations avec Kiyoshi Kurosawa- qui livre une performance d’une grande simplicité, justement récompensée par le prix d’interprétation à Cannes.

    Le cinéma américain indépendant n’est pas tout à fait étranger à la thématique de la poésie du quotidien : si l’on pense à Paterson (2016) de Jim Jarmusch ou Columbus (2017) de Kogonada, on retrouve le même regard épuré et attentif porté sur la vie, sur l’entourage proche des personnages, mais aussi sur l’environnement -qu’il soit naturel ou urbain- dans lequel ils évoluent. Ce n’est donc pas un hasard si Farrell évoque Perfect Days, l’acteur étant familier du style de Kogonada, avec qui il a collaboré une deuxième fois l’année dernière dans A Big Bold Beautiful Journey (2025), où il partage l’affiche avec Margot Robbie. C’est surtout dans After Yang (2021), leur première collaboration, que l’on retrouve les thèmes et les perspectives qui expliquent sans doute l’intérêt de Farrell pour le film de Wenders, et, pourquoi pas, les similitudes entre Hirayama et Jake, son personnage dans le film de Kogonada.

    Sans jamais nous connaître : entre deuil et amour  

    « Deux films : Perfect Days et Sans jamais nous connaître. En sortant de ces deux films, je me souviens avoir essayé de penser à qui j’aimais assez pour lui envoyer immédiatement un message lui disant qu’il fallait absolument voir ces films » explique Farrell, avec une vraie sincérité et un véritable enthousiasme aux yeux. 

    Même si la tonalité des deux films diverge considérablement, on comprend le désir de l’acteur de partager l’expérience de ces œuvres avec ses proches -surtout après avoir vu Sans jamais nous connaître, qui est l’un des films les plus émouvants et mélancoliques de ces dernières années. Réalisé par Andrew Haigh et adapté du roman Strangers de Taichi Yamada, le film prolonge les thématiques du deuil et de l’amour queer que le réalisateur britannique a déjà explorées dans ses précédents films.

    Le film s’annonce d’emblée comme un récit fantomatique : Adam, le personnage principal -un scénariste vivant seul à Londres- se retrouve confronté à ses parents, décédés dans un accident de voiture lorsqu’il avait 12 ans, comme s’ils étaient encore vivants, avec leurs apparences inchangées. Parallèlement, Adam fait la rencontre de son voisin, Harry, avec qui il s’engage dans une relation amoureuse aussi fragile que passionnée.

    La dimension fantastique et fantomatique étant explicitement assumée dès le départ, l’enjeu pour le spectateur devient de comprendre comment le réalisateur tisse des liens entre les mémoires et les rêves, entre un passé révolu et un futur qui ne s’est jamais réalisé. Sans trop en dévoiler, la fin du film se révèle profondément dévastatrice sur le plan émotionnel, et pour cette raison, on vous conseille de le regarder avec quelqu’un qui vous est cher, et surtout pas seul -Farrell a bien raison.

    Côté casting, le film réunit quatre acteurs parmi les plus marquants de leur génération : Andrew Scott et Paul Mescal, respectivement dans les rôles d’Adam et de Harry, ainsi que Claire Foy et Jamie Bell dans les rôles des parents d’Adam. Certains pourraient penser que Farrell offre une sorte de passe-droit à ses compatriotes, mais les mérites du duo Scott-Mescal dépassent largement une simple solidarité irlandaise. Vous avez trouvé Aftersun (2022) de Charlotte Wells émouvant ? Préparez vos mouchoirs : Andrew Haigh va encore plus loin.

  • C’est officiel : la saison 5 de Bridgerton promet la romance que les fans espéraient !
    Maëlle Beauget-Uhl

    Maëlle Beauget-Uhl

    Rédacteur JustWatch

    Je l’avais annoncé ici-même il y a quelques semaines  la saison 5 de La Chronique des Bridgerton sera bien consacrée à la romance entre Francesca et Michaela, aka « Franchaela ». C’est la première fois dans l'histoire de la série Netflix qu’une relation saphique sera l’histoire d'amour principale de la saison.

    « Ces relations et les gens Queer ont toujours existé, et existeront toujours »

    Dans un communiqué, Hannah Dodd, qui incarne Francesca, déclare : « Ces histoires d’amour ont traditionnellement été exclues des drames d'époques. Mais ces relations et les gens Queer ont toujours existé, et existeront toujours. Ils méritent une histoire d’amour comme n’importe qui d’autre. »

    Masali Baduza, qui tient le rôle de Michaela, ajoute : « Nous voulions vraiment donner une vision réaliste d’une histoire d’amour Queer, et leur donner une fin heureuse. Je pense que c’est très important pour la communauté Queer de voir cela à l’écran, de savoir que ça peut marcher, et qu’elle mérite de ressentir de l’amour. »

    De quoi parlera la saison 5 ?

    L'intrigue de la saison 5 a également été dévoilée : elle commence deux ans après le décès de John, alors que Francesca décide de chercher un nouvel époux, pour des raisons pratiques. Mais lorsque Michaela revient à Londres pour s’occuper du domaine des Kilmartin, les sentiments complexes que Francesca éprouve la poussent à choisir entre ses intentions pragmatiques et ses véritables sentiments.  

    Cette cinquième saison est donc basée sur le tome When He Was Wicked de la série de romans écrite par Julia Quinn. Sauf qu’ici, He devient She et Michael, le grand amour de Francesca dans les romans, devient Michaela. Pour rappel, à la fin de la saison 4, Michaela repart en Ecosse, laissant Francesca seule dans sa maison, alors même qu’elle lui avait promis de rester après le décès de John. De toute évidence, ses sentiments pour Francesca sont trop forts, et elle préfère donc quitter Londres. 

    Cette cinquième saison s’annonce donc très forte en yearning, en rebondissements et en déclarations d’amours passionnées, comme Bridgerton sait si bien le faire. Il se pourrait également que Francesca passe un peu plus de temps avec son frère Benedict, qui est bisexuel. C'est d'ailleurs le seul membre de la famille Bridgerton à avoir connu des relations Queer, même si Francesca n’est pas encore au courant.

    JustWatch s'était d’ailleurs entretenu avec Hannah Dodd et Luke Thompson (Benedict), et ce dernier avait fait part de l’importance de la relation entre Francesca et Benedict. Qui sait, peut-être que son grand frère pourra l’aider à comprendre et à naviguer les sentiments qu’elle éprouve pour Michaela ? En tout cas, il y a fort à parier qu’il sera d’un grand soutien et à l'écoute de sa sœur dans cette prochaine saison. Jess Brownell, la showrunneuse de la série, a d’ailleurs récemment déclaré que Benedict serait « potentiellement un allié très important pour Francesca dans la saison 5 ».

    Un conte de fée et une fin heureuse pour Franchaela

    Brownell a également expliqué que cette saison ne serait ni dramatique, ni traumatisante pour nos deux personnages principaux. « Ce sera une saison sur la joie Queer, et non sur le traumtisme Queer. Il y aura des difficultés et des conflits à surmonter pour ces personnages, comme pour n’importe quel autre personnage dans Bridgerton. Mais nous centrons toujours nos histoires d’amour dans le fait que c’est une série sur la joie. Sur l’humour ».

    Elle a également déclaré que cette nouvelle saison allait délivrer plus de yearning -un désir ardent mais presque impossible, en bon français- que jamais. « S’il y a une chose qui sera très spécifique à cette saison, ce sera le yearning. Du yearning de compétition. Ceux d’entre nous qui savent ce que c’est que d'être dans une relation saphique, ou d’avoir un crush saphique, comprendront que c’est inhérent à cette expérience. On s’amuse beaucoup dans notre writer’s room pour la saison 5, on discute de façon très spécifique des relations entre femmes. Par exemple, ce moment où on pense ‘Mon dieu, est-ce qu’on est juste amies ? Ou plus que ça ?’ Vous savez, cette panique gay. On s’amuse énormément avec cette saison ! »

    Après tous les traumatismes que Francesca a vécu dans la saison 4, j’ai très (très) hâte de la voir ENFIN avoir droit à sa grande histoire d’amour avec Michaela !

  • « Je n’ai pas encore été capable de faire face à ça » : Peter Jackson n’a pas réalisé de film depuis 12 ans pour une triste raison
    Maëlle Beauget-Uhl

    Maëlle Beauget-Uhl

    Rédacteur JustWatch

    En ce jour de Tolkien Reading Day -créé par la Tolkien Society en 2003- nous célébrons la chute de Sauron et la destruction de l’Anneau de pouvoir (gloire à Frodon ET Sam !). Alors que les annonces du casting officiel pour The Hunt for Gollum se font attendre, ce matin, Peter Jackson a annoncé qu'un second film Seigneur des Anneaux était en préparation : The Shadows of the Past.

    C’est également en cette année du 25ème anniversaire de La Communauté de l'Anneau (2001) que le Festival de Cannes rendra prochainement hommage à Peter Jackson en lui décernant une Palme d’Or d’honneur. Pourtant, le cinéaste néo-zélandais manque énormément au cinéma (et je dis ça de façon très objective, bien évidemment).

    En effet, cela fait maintenant 12 ans, soit depuis la sortie du Hobbit: La Bataille des cinq armées (2014) que le réalisateur n’est pas retourné derrière la caméra pour une œuvre de fiction.Il y a quelques semaines, lors de la ressortie dans les cinémas américains de la trilogie en version longue, le réalisateur a expliqué dans une vidéo les raisons de son absence. 

    Pourquoi Peter Jackson n’a pas réalisé de fiction depuis 12 ans ?

    En 2015, Andrew Lesnie, le directeur de photographie, collaborateur et très cher ami de Peter Jackson est décédé, laissant un énorme vide dans la vie et dans le désir de création du cinéaste. En effet, Andrew Lesnie avait travaillé sur la trilogie du Seigneur des Anneaux, puis sur celle du Hobbit, mais également sur Lovely Bones (2009) et King Kong (2005). Il avait également remporté en 2002 l’Oscar de la Meilleure photographie pour La Communauté de l’Anneau. Jackson a expliqué : « Je suis fils unique, et j’ai tout de suite pensé : Andrew est comme un frère pour moi maintenant. »

    « Perdre Andrew a été un véritable choc dans ma vie. C’est étrange, parce que ce n'était pas une décision délibérée que j’ai prise. Parce qu'après, j’ai fait un documentaire sur les Beatles en utilisant les images qu’ils avaient tournées. Mais en fait, je me suis rendue compte que j'évitais les films de fiction, parce que je devrais faire équipe avec un directeur de photographie qui n’est pas Andrew. Et son don était… ça a changé mon processus créatif. Donc ces douze dernières années, je n’ai pas fait de fiction parce que ça voulait dire que je devais construire une nouvelle relation avec un autre directeur de la photographie, et je n’ai pas encore été capable de faire face à ça, je pense. Mais je vais le faire. Le moment où je pourrais le faire se rapproche de plus en plus. Mais ça aura pris du temps de me remettre de la perte d'Andrew. »

    Le cinéaste a fait preuve d'énormément d'honnêteté lors de cette déclaration. Et puisqu’il a fait part de son désir de se remettre à la fiction, on ne peut que lui souhaiter de trouver une relation au moins aussi épanouissante et enrichissante que celle qu’il a connue avec Andrew Lesnie.

    Le Hobbit : un voyage inattendu… et un tournage très difficile 

    Pendant plusieurs années, les fans ont également pensé -et à juste cause- que l'absence de Peter Jackson était due aux difficultés de tournage lors de la trilogie du Hobbit.  En effet, si ces trois films sont largement en deçà de la qualité de la trilogie originale, ce n’est bien évidemment pas du fait de Peter Jackson, puisque le cinéaste n’avait jamais imaginé le livre de Tolkien sous forme de trilogie, pour commencer. D’ailleurs, il n’avait tout simplement pas envisagé réaliser ce triptyque, puisque c'était à l'époque Guillermo del Toro qui était attaché à ces films.

    Jackson est arrivé à la dernière minute pour remplacer Del Toro, qui a finalement quitté le projet après avoir travaillé plus de 18 mois sur une vision très unique du Hobbit. D'après Philippa Boyens, la co-scénariste et productrice, sa vision était plus fantastique, voire fantasmagorique -et on en attendrait pas moins de la part du grand Guillermo del Toro.

    Mais les studios New Line / MGM n'ont jamais donné le feu vert à la vision du cinéaste. Les négociations n’ayant jamais abouti, Del Toro a donc pris la décision de se retirer. Bien sûr, même après l’annonce du retour de Jackson, les studios ont mis plusieurs mois à valider le projet. La production ayant pris énormément de retard, et la plupart des idées de Del Toro ayant été écartées, Jackson n’a malheureusement pas eu ni le temps ni les ressources pour se préparer comme il l’avait fait pour sa première trilogie : il n’a ainsi pas pu développer ni ses storyboards, ni les effets pratiques comme il l’aurait voulu.

    Il a par la suite admis à de nombreuses reprises avoir improvisé la majorité du tournage, sans vraiment savoir ce qu’il faisait, et ne sachant même pas ce qu’il allait tourner d’un jour à l’autre ! Peter Jackson a expliqué en détail à quel point le tournage avait été chaotique. Même les casques, armures et autres accessoires étaient souvent prêts le matin pour le jour même. En guise d'éléments de comparaison (la preuve existe en photos) ces accessoires étaient prêts parfois jusqu’à un an à l'avance, lors du tournage du Seigneur des Anneaux

    Même s’il y a beaucoup d’autres raisons qui peuvent expliquer le chaos qu’a été le tournage du Hobbit -y compris des raisons politiques-, le manque de temps et de préparation a bien évidemment été la cause principale. Dans plusieurs vidéos de tournage, on découvre un Jackson abattu, fatigué et stressé. C’est un véritable crève-cœur de voir le cinéaste aussi désemparé, quand on sait l'amour et la passion qu’il a toujours porté à l’univers de Tolkien.

    On ne saura jamais ce qu'aurait donné un Hobbit version Guillermo del Toro, même s’il est quand même crédité en tant que co-scénariste. Mais le plus dur pour les fans, c’est surtout d’imaginer le fait que si Peter Jackson avait eu le droit au temps -et au respect- qu’il méritait pour un projet de cette ampleur, le Hobbit aurait pu être une trilogie pas loin du niveau du Seigneur des Anneaux, qui sait ? Heureusement pour le cinéaste, les prochains films sur la Terre du Milieu qui viennent d'être annoncés vont peut être lui permettre de mettre derrière lui ce chapitre douloureux, et de profiter au maximum de tout ce que l’univers de Tolkien a à nous offrir. 

  • Cet immense fan du Seigneur des Anneaux développe un nouveau film… et l’annonce divise les fans
    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Le 25 mars, on célèbre le Tolkien Reading Day ! Ou pour le dire autrement, une journée mondiale autour de l’auteur du Seigneur des Anneaux (dont la date coïncide avec le jour de la chute de Sauron) qui incite les lecteurs à (re)découvrir son œuvre. Le jour idéal pour que Peter Jackson prenne la parole -c’est rare !- pour annoncer aux fans un nouveau projet de film. Avec un partenaire étonnant… et qui divise.

    Qui va écrire ce nouveau film ?

    Ce partenaire inattendu, c’est Stephen Colbert, figure majeure du paysage audiovisuel outre-Atlantique depuis près de trente ans, qui porte The Late Show sur CBS depuis 2015. Alors qu’il sera « libéré » par la chaîne en mai prochain avec la fin annoncée d’une émission qui a été un pilier des soirées américaines pendant plus de trente ans portée par lui et son prédécesseur David Letterman, Stephen Colbert va rebondir au cinéma, en Terre du Milieu, avec un projet qui a convaincu Peter Jackson.

    « Je ne pensais pas que j’aurais le temps », plaisante Colbert dans une vidéo d’annonce où il partage une visio avec le réalisateur-scénariste-producteur. « Malgré mon amour pour cet univers, je ne pouvais pas mener de front ce projet et l’émission. Mais il s’avère que je vais avoir du temps libre dès cet été ! Donc si vous me le permettez, je termine ce programme, puis je me mets à l’écriture du scénario et je vous donne rendez-vous à toutes et à tous dans la Comté ». Le projet est, pour le moment, baptisé The Lord of the Rings: Shadows of the Past.

    Comment Stephen Colbert a convaincu Peter Jackson ?

    « Vous savez ce que les livres représentent pour moi », rappelle cet immense fan et spécialiste de J.R.R. Tolkien. « Et ce que ces films représentent pour moi. Mais il y a une partie de l’histoire que je n’arrête pas de relire et re-relire : il s’agit des six chapitres au début de La Communauté de l’Anneau que vous n’aviez pas intégrés dans le premier film à l’époque. Cela va du chapitre 'Three is Company' au chapitre 'Fog on the Barrow-Downs'. Et j’ai réalisé que cette partie pouvait être sa propre histoire s’intégrant dans une plus grande histoire. En proposant quelque chose qui soit à la fois fidèle aux romans et fidèle aux films que vous aviez faits ».

    « J’en ai parlé avec mon fils Peter, qui est scénariste. Nous avons échangé sur ce qui pourrait fonctionner, notamment au niveau de la structure de cette histoire. Il m’a fallu ensuite quelques années pour trouver le courage de t’appeler, mais je me suis lancé il y a deux ans, tu as assez aimé l’idée pour que nous puissions en parler. Et depuis ce jour, nous avons travaillé avec la brillante Philippa Boyens pour développer ce récit Puis nous avons présenté l’idée à New Line et Warner Bros… et je suis très heureux de dire qu'ils ont adoré. Voilà ce sur quoi nous allons travailler. » 

    De quoi va parler précisément le film ?

    Si vous êtes un lecteur ou une lectrice de Tolkien, vous avez immédiatement identifié la partie « manquante » de l’histoire évoquée par Stephen Colbert. Elle s’étale du chapitre trois au chapitre huit, soit les segments 'Trois font la compagnie', 'Un raccourci vers les champignons', 'Une conspiration démasquée', 'La Vieille Forêt', 'Chez Tom Bombadil' et 'Brouillard sur les hauts des Galgals'. Ce segment est réduit à quelques minutes dans La Communauté de l’Anneau (2001) en présentant Frodon, Sam, Merry et Pippin échappant aux Cavaliers Noirs dans la forêt et au Bac de Châteaubouc, pour rejoindre Gandalf à l’auberge du Poney Fringant de Bree.

    Pourtant, ces six chapitres proposent une véritable épopée, qui passe effectivement par la forêt où les Hobbits croiseront un autre compagnon (Fredegar Bolger), des Elfes, le Père Magotte et sa famille, un Vieil Homme-Saule, un être des Galgals… et surtout le légendaire Tom Bombadil et son épouse Baie d'Or. L’absence de Tom Bombadil dans les films avait été regrettée par les fans, tant le personnage est mystérieux et fascinant : présenté comme un joyeux et accueillant compère qui adore chanter et raconter des histoires, il est en réalité très ancien et très puissant, au point que l’Anneau unique n’a aucun pouvoir sur lui. Tolkien n’a d’ailleurs jamais révélé la nature exacte de cet être, désintéressé par le bijou, qui a toujours été jugé inadaptable à cause justement de cette position « à part » dans Le Seigneur des Anneaux. Jusqu’à maintenant.

    Pourquoi cette annonce divise ?

    Normalement, The Lord of the Rings: Shadows of the Past -c’est le titre du projet- devrait enchanter les spectateurs. D’autant qu’il devrait convoquer les quatre acteurs originaux, Elijah Wood (Frodon), Sam (Sean Astin), Merry (Dominic Monaghan) et Pippin (Billy Boyd). Le synopsis annonce ainsi : « Quatorze ans après la mort de Frodon, Sam, Merry et Pippin entreprennent de retracer les premiers pas de leur aventure. Pendant ce temps, la fille de Sam, Elanor, a découvert un secret longtemps enfoui et est déterminée à percer le mystère de la Guerre de l'Anneau, qui a failli être perdue avant même de commencer. »

    Mais il y a deux raisons majeures à l’accueil en demi-teinte réservé à l’information. D’abord, les prises de position très claires de Stephen Colbert, Démocrate et progressiste, qui irritent une partie du public dans une Amérique de plus en plus polarisée : sa connaissance et son amour de Tolkien sont un immense gage de qualité et de respect au matériau original, bien sûr, mais son étiquette politique pourrait être un vrai repoussoir pour certains spectateurs. Ensuite, l’impression que la franchise (qui fête des 25 ans cette année) est un peu trop « étirée » : on se souvient d’une trilogie Le Hobbit (2012-2014) qui racontait en trois films ce qui tenait en un petit conte pour enfants au format papier, de l’anime Le Seigneur des Anneaux : La Guerre des Rohirrim (2024) qui n’a pas (du tout) trouvé son public, alors que la série Les Anneaux de Pouvoir (2022-) a du mal à embarquer les abonné.es Prime Video depuis son lancement… Et il ne faut pas oublier qu’un autre film se prépare, lui aussi complémentaire à la trilogie originale. 

    C’est quoi l’autre film ?

    The Hunt For Gollum, développé par Andy Serkis, racontera comment Gandalf et Aragorn ont tenté de trouver la créature avant l’Ennemi, afin de l’empêcher de divulguer la localisation de l’Anneau sous la torture des sbires de Sauron. Cette histoire, que Peter Jackson tease avec des superlatifs prometteurs (« formidable », « incroyable », « remarquable » et qui sera, comme les précédents films, racontée de l’intérieur par des modules de making-of postés au fil de la production) s'intégrera dans la grande histoire de la Guerre de l’Anneau entre l’anniversaire de Bilbon (le moment où Frodon récupère l’Anneau magique de son oncle) et le départ du Hobbit de la Comté vers Fondcombe pour remettre l’artefact aux Elfes d’Elrond.

    D’ores et déjà daté en salles au mois de décembre 2027, le long métrage devrait entrer sous peu en tournage en Nouvelle-Zélande. A date, on sait qu’Andy Serkis reprendra le rôle de Sméagol / Gollum, que Kate Winslet y jouera un rôle majeur et que la production recherche un jeune Aragorn pour remplacer Viggo Mortensen. Peter Jackson annonçant malicieusement qu’on y retrouvera des visages familiers aux côtés de nouveaux visages, on peut imaginer que Ian McKellen et Elijah Wood y reprendraient leurs rôles de Gandalf et Frodon. La scénariste Philippa Boyens avait teasé dans les pages d’Empire : « C'est une histoire d'aventure, avec une histoire psychologique et intérieure très forte qui se déroule en parallèle. »

    Le saviez-vous ?

    Stephen Colbert s’était invité dans la trilogie Le Hobbit ! C’était dans La Désolation de Smaug (2013), deuxième film du triptyque, où il prêtait ses traits à un espion borgne (ou presque) du Maître de Lacville (Stephen Fry), chargé de surveiller les déplacements du rebelle Bard (Luke Evans), batelier et archer qui réussira à abattre le dragon. Durant sa visite des plateaux et cette journée de tournage en compagnie de sa famille, l’animateur avait reçu une réplique de Dard / Sting, l’épée de Frodon, des mains de Peter Jackson. En 2019, il avait également réalisé la bande-annonce parodique du film Darrylgorn où il campait le frère caché d’Aragorn, tourné en Nouvelle-Zélande avec des apparitions de Peter Jackson, Ian McKellen, Viggo Mortensen et Elijah Wood !

    Autre information étonnante : un fan-film The Hunt for Gollum avait déjà été réalisé en 2009 ! D’une durée de 38 minutes (!), cette production imaginée par Chris Bouchard mettait en scène Gollum, Aragorn, Gandalf et Arwen, entre autres. Tourné au Royaume-Uni pour à peine 3 000 Livres Sterling, le projet, au rendu bluffant, a été vu plus de 14 millions de fois. Retiré de Youtube à la demande de la Warner quand le long métrage a été annoncé, il a finalement été remis en ligne après la mobilisation des fans. Et tant mieux, ça donne de quoi patienter en attendant décembre 2027 !

  • Chaplin, Keaton, Lloyd : 3 génies du muet à (re)découvrir gratuitement !
    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Leurs silhouettes, leurs séquences, leur inventivité, leur talent et leurs noms ont traversé les décennies. Le siècle, même, puisque la plupart de leurs films majeurs ont été produits il y a une centaine d’années environ. Charlie Chaplin, Buster Keaton et Harold Lloyd, c’est le trio sacré du cinéma muet. Trois hommes qui, au-delà de leurs styles singuliers, partagent le même goût du slapstick burlesque, de la cascade mémorable et de l’iconographie cinématographique.

    Il n’est jamais trop tard pour (re)découvrir leurs films, qui ont influé sur tout ce qui a suivi (Doc Brown accroché à l’horloge de Retour vers le futur, c’était déjà chez Harold Lloyd !). Et JustWatch vous aide dans cette démarche cinéphilique en vous proposant un grand nombre de longs métrages en visionnage gratuit. Ça nous fait plaisir ! Et, entre nous, si vous vous apprêtez à découvrir ces œuvres pour la première fois… vous avez bien de la chance. Je vous envie.

    Charlie Chaplin - 3 films gratuits sur JustWatch TV

    Faut-il encore présenter Charlie Chaplin ? C’est assurément le nom le plus connu de ce triumvirat, une légende dont le personnage de Charlot (costume noir, chapeau melon, canne et moustache) incarne le 7e Art depuis son premier long métrage, Le Kid (1921). Il y incarne un vagabond qui prend sous son aile un jeune garçon abandonné (joué par… Jackie Coogan, le futur Oncle Fétide de La Famille Addams !) : on y trouve tout ce qu’on aimera par la suite chez Chaplin, ce sens de la comédie mêlé d’une émotion puissante et d’une réelle mélancolie.

    Quatre ans plus tard, le cinéaste (homme-orchestre en réalité) livre La Ruée vers l’or (1925), dont les scènes et les gags (la chaussure mangée, l’illusion du poulet, la danse des petits pains, la cabane en équilibre…) sont là encore mémorables. Le Cirque (1928), son film suivant, lui offre une scène -ou plutôt une piste- parfaite pour sa physicalité alors qu’il intègre une troupe d’amuseurs : Chaplin y élève le gag visuel et la pantomime au rang d’art majeur, que saluera d’ailleurs un Oscar d’honneur décerné lors de la toute première cérémonie des Oscars (l'Académie jugeant que son talent méritait une catégorie à lui seul !). C’est un film moins connu de Chaplin, que le réalisateur a d’ailleurs longtemps mal considéré en raison d’un tournage maudit (incendie, divorce, matériel perdu…), mais dont l’image finale est la quintessence de tout ce que fut cet immense artiste à l’écran.

    Buster Keaton - 10 films gratuits sur JustWatch TV

    Ni un, ni deux, ni trois, ni cinq mais… dix films gratuits de Buster Keaton : c’est ce que vous propose JustWatch autour de cette figure majeure du muet, souvent restée dans l’ombre de Chaplin aux yeux du grand public mais dont les cinéphiles savent à quel point son influence a été majeure dans l’Histoire du cinéma. « L'homme qui ne rit jamais » a débuté dans le vaudeville, dès l’âge de 3 ans (!) : durant les représentations auxquelles il participe, souvent périlleuses, il va parfaire sa maîtrise des cascades (il ne sera JAMAIS doublé au fil de sa carrière, quitte à se fracturer le cou sur une scène) et l’art de l’impassibilité face au chaos qui devient sa signature.

    Parmi ses chefs d'œuvres aux morceaux de bravoure légendaires, il y a Le Mécano de la générale (1926) et la scène la plus chère de l’histoire du cinéma muet (la chute d’un train depuis un pont réalisée… sans trucage !), Cadet d'eau douce (1928) et sa célèbre séquence de la façade de maison qui s’écroule sur son héros (sans doute la plus iconique de sa carrière), ou encore Sherlock Junior (1924), un bijou d’onirisme et d’inventivité qui préfigure des films comme Last Action Hero (1993) ou Inception (2010) avec un projectionniste qui rentre dans un écran de cinéma et un rêve dans le rêve. Vous avez dit visionnaire ?

    Harold Lloyd - 5 films gratuits sur JustWatch TV

    C’est l’une des images les plus célèbres de l’histoire du muet -et du cinéma tout court- : un homme suspendu à la grande aiguille d’une immense horloge, sur la façade d’un gratte-ciel dans le film Monte là-dessus ! (1923). Cet homme, c’est Harold Lloyd, figure majeure de la « Thrill-Comedy », les comédies à sensation proposant des cascades impressionnantes. Avec ses lunettes à écailles vissées sur le nez et son optimisme permanent, l’acteur-réalisateur-scénariste-producteur incarne le rêve américain et impose un personnage qui connaît un grand succès, faisant de lui la star la mieux payée de son époque.

    Avec plus de 200 films (!) en une trentaine d'années de carrière, Harold Lloyd a été incontournable, même si la postérité -et le fait qu’il empêche la diffusion de ses films à la télévision- l’a quelque peu invisibilisé en comparaison de ses illustres compères. Au-delà de l’indispensable Monte là-dessus ! (à qui Jackie Chan, Robert Zemeckis et Martin Scorsese, entre autres, rendront hommage), je vous invite à jeter un œil à Vive le sport ! (1925), comédie sportive et étudiante qui est un peu l’ancêtre des teen movies, ou Le Petit Frère (1927) considéré comme son film le plus abouti avec le juste équilibre entre humour et émotion.

  • Lucky Luke : les films et séries adaptés des aventures du cowboy solitaire dans l’ordre
    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    « I'm a poor lonesome cowboy… I'm a long long way from home… » Si vous fredonnez cet air à la lecture de ces lignes, c’est que vous avez déjà vu une version de Lucky Luke, que ce soit à la télévision ou au cinéma, en animation ou en prises de vues réelles. Depuis sa création en 1946 par Morris, l’homme qui tire plus vite que son ombre a connu de nombreuses aventures à l’écran. JustWatch revient sur ces cinq décennies d'adaptations.

    Lucky Luke / Daisy Town (1971)

    Si les planches de la BD nous avaient déjà présenté le fameux duel entre Luke et son ombre -spoiler, le cowboy est toujours le plus rapide-, c’était un vrai événement de voir cette scène emblématique prendre vie à l’écran. Sous la supervision directe de René Goscinny et Morris, le film d’animation Lucky Luke (1971) propose une histoire originale, qui sera par la suite adaptée en BD avec Daisy Town (1983)... qui amènera à ce qu’un nouveau titre soit appliqué au long métrage. Vous suivez ? On y suit la naissance d’une ville-champignon, rapidement envahie par les bandits et malfrats, dans laquelle Lucky Luke est appelé pour remettre de l’ordre. Le film intègre tout ce qu’on aime dans la bande dessinée (cowboys, indiens, cavalerie, colons, les Dalton…) et propose un doublage réjouissant, notamment Pierre Tornade en Averell. Près de 2,8 millions d’entrées saluent cette première tentative.

    La Ballade des Dalton (1978)

    Sept ans plus tard, Morris et Goscinny remettent ça, sous la bannière des jeunes Studios Idéfix (Les Douze Travaux d’Astérix, 1976). Plus abouti que son prédécesseur, La Ballade des Dalton (1978) est un road movie animé qui voit Lucky Luke faire équipe (ou presque) avec ses meilleurs ennemis : pour toucher l’héritage promis par leur oncle, les frangins doivent retrouver et éliminer les huit jurés et le juge responsables de la condamnation de leur aïeul, Lucky Luke étant nommé témoin du bon déroulement des opérations. Notre héros ne va évidemment pas laisser des innocents se faire tuer, et il monte un stratagème destiné à tromper la fratrie… Même si sa structure le rend par définition quelque peu répétitif, ce deuxième long métrage est plus ciselé et inventif, avec notamment une séquence de comédie musicale restée dans les mémoires. Et il y a le chien Rantanplan, aussi inutile qu’il est drôle ! La vraie tristesse, quand on (re)voit le film, c’est de se dire que Goscinny ne l’aura jamais vu terminé, emporté par un infarctus à l’âge de 51 ans en novembre 1977, pendant la production.

    Lucky Luke (1983-1984)

    Notre cowboy solitaire étant un héros américain, il était assez logique qu’il intéresse les studios hollywoodiens. Légendes de l’animation télévisuelle outre-Atlantique, les studios Hanna-Barbera s’emparent de l’univers de la BD avec la série animée Lucky Luke (1983-1984), qui a pour ambition d’adapter les différents albums à travers les vingt-six épisodes qui composent l’unique saison du programme. Parmi les changements notables de ce voyage aux Etats-Unis, le héros abandonne sa cigarette pour un brin d’herbe et beaucoup de stéréotypes ethniques sont effacés : un scandale pour les puristes à l’époque… mais plutôt une très bonne chose vue d'un prisme actuel ! La répétition hebdomadaire, en format « long » (26 minutes) ou découpé en mini-parties de 5 minutes, a ancré le show dans beaucoup d’esprits, notamment son univers sonore et vocal qui marquera beaucoup d’oreilles et d’imaginaires (dont le mien !). A noter que les trois premiers épisodes seront rassemblés pour former le long métrage Les Dalton en cavale (1983).

    Lucky Luke (1991-1992)

    La deuxième itération de Lucky Luke en série animée est en quelque sorte une saison 2… mais sans Hanna-Barbera, dont l’enthousiasme a été douché par un échec d’audience. Le programme revient donc en France, au sein des studios IDDH qui adaptent les albums restants ainsi que des histoires inédites ou rallongées pour atteindre les vingt-six épisodes nécessaires à la livraison d'une saison. L’univers retrouve sa patte européenne, en rétablissant les éléments édulcorés par les producteurs américains huit ans plus tôt. Et Jolly Jumper prend du galon, en opérant comme narrateur des aventures de son cowboy désormais très mutique (toujours doublé par Jacques Thébault). A l’exception de lui et Pierre Tornade (Averell Dalton), le reste de la distribution vocale est en revanche renouvelée, ce qui perturbe les aficionados de la première série. Mais le ton renoue avec l'esprit de la BD, et on ne peut qu'apprécier.

    Lucky Luke (1991)

    Comme Astérix, Lucky Luke est une telle icône qu’il est compliqué de le revisiter à l’écran en prises de vues réelles. D’ailleurs, la première adaptation officielle de ses aventures, le western parodique Le Juge (1971) de Jean Girault avec Pierre Perret et Robert Hossein… écarte carrément le personnage au profit d’un certain Buck Carson ! Il faut attendre vingt ans pour que Lucky Luke prenne vie sous les traits de Terence Hill. Je dois avouer que je garde un souvenir mitigé de ce film que j’attendais beaucoup à l’époque : blond, yeux bleus perçants, vêtu de blanc/beige, bien moins mutique que son alter ego de papier… la star des westerns spaghettis comiques en impose mais ne ressemble en rien à Lucky Luke ! Comme les Dalton (Ron Carey, Bo Gray, Dominic Barto, Fritz Sperberg) sont loin de ressembler aux bandits de la BD. Quant à Jolly Jumper et sa voix intérieure, c’est… bizarre. Je ne blâme pas Terence Hill, grand fan de l'œuvre originale, dans sa tentative d’adaptation (il transpose une nouvelle fois Daisy Town), mais pour moi, ça ne marche pas trop… Mais si vous aimez -et tant mieux !- n’hésitez pas à prolonger le plaisir avec la série en huit épisodes qui a vu le jour en 1992.

    Les Nouvelles Aventures de Lucky Luke (2001-2003)

    Les Zinzins de l'espace, Oggy et les Cafards, Zig et Sharko… J’aime beaucoup l’ambition et la patte développée par Marc du Pontavice et Xilam depuis plus de vingt-cinq ans. Les voir s’attaquer à la BD culte de Morris est donc un véritable plaisir quand, en 2001, le studio lance Les Nouvelles Aventures de Lucky Luke. Sur cinquante-deux épisodes de 22 mn, le programme a pour ambition de dépoussiérer les précédentes adaptations animées en déclinant de nouvelles histoires et de nouveaux personnages et en y intégrant un rythme et un sens du gag « xilamien ». Antoine de Caunes a le privilège de camper le héros aux « ouaip » légendaires, qui va croiser le chemin de Don Quichotte, Sherlock Holmes, Buffalo Bill, les frères Lumière ou encore Napoléon III, mais aussi de figures plus attendues comme les Dalton, Calamity Jane et Billy the Kid. Fort du succès du show, le studio proposera par la suite les séries animées Rantanplan (2006-2007) et Les Dalton (2010-2015), sans que Lucky Luke n’y soit présent.

    Les Dalton (2004)

    « Tagada, tagada, voilà les Dalton...», chantait Joe Dassin. Avec Les Dalton, la fratrie de bandits a enfin son film. Et voir le « petit énervé » Eric Judor en Joe Dalton et le « grand niais » Ramzy Bedia en Averell Dalton, sur le papier, ça marche !  D’autant que le réalisateur Philippe Haim (Secret Défense) bénéficie de moyens conséquents pour offrir une adaptation fidèle à la BD. Décors, costumes, paysages… la dimension visuelle est certes criarde mais plutôt soignée. En revanche, le cœur narratif ne prend pas. Eric & Ramzy ne se sont jamais cachés de leur amertume vis à vis du long métrage, dans lequel ils se sentaient perdus, et vis à vis d’une approche narrative avec laquelle ils se sentaient peu alignés. Pourtant portés par les succès de La Tour Montparnasse Infernale (2001) et Double Zéro (2004), le duo ne trouve pas ses marques… et le résultat est pénible. Quant à Lucky Luke, il est très secondaire, sous les traits de l’Allemand Til Schweiger. Restent heureusement Marthe Villalonga en Ma Dalton et Jean Rochefort en… Jolly Jumper !

    Tous à l'Ouest : une aventure de Lucky Luke (2007)

    Inspirés par le succès de leur série animée, le studio Xilam et le réalisateur Olivier Jean-Marie tentent l’aventure du long métrage avec Tous à l'Ouest : une aventure de Lucky Luke, dans lequel Lambert Wilson se glisse sous le stetson (vocal) du héros. Là encore, le rythme est frénétique et « xilamien » : si le récit s’inspire librement de l’album La Caravane, on est ici dans recherche permanente du gag, avec une vraie importance donnée à tous les personnages qui entourent le cowboy solitaire, des Dalton (Clovis Cornillac est en feu en Joe !) à Rantanplan (François Morel) en passant par le méchant et cupide Crook (Edgar Givry). C’est d’ailleurs la limite du film, quelque peu fatigant (voire épuisant ?) : le style Xilam fonctionne sur une vingtaine de minutes, mais devient difficile à encaisser sur un long métrage ! Notamment pour les adultes. Cela ne retire rien à l’ambition du projet (15 millions d’euros), qui propose un vrai blockbuster d’animation aux dessins et aux décors soignés. Tous à l’Ouest méritait mieux que les 500 000 spectateurs qui ont fait le déplacement en salles. Si vous ne l’avez pas encore vu, n’hésitez pas ! D’autant que les cafards de Oggy s’y cachent…

    Lucky Luke (2009)

    Jean Dujardin était déjà apparu dans une version live de la BD : c’était dans Les Dalton, où il campait un cowboy vanneur (préfigurant son Brice de Nice) face aux Dalton. Le comédien prend du galon devant la caméra de son complice de « kasse » James Huth, en incarnant un Lucky Luke plus vrai que nature dans une aventure à Daisy Town (encore !) où il croise des figures comme Billy The Kid (Michaël Youn), Calamity Jane (Sylvie Testud), Pat Poker (Daniel Prévost), Jesse James (Melvil Poupaud) et Belle (Alexandra Lamy). Sans verser dans le côté BDesque des Dalton ni dans le western chamanique façon Blueberry, l'expérience secrète (2004), le film trouve un juste milieu avec un travail très poussé sur les costumes et les décors, installés en Argentine et notamment dans un désert de sel à 4000 mètres d'altitude. Mais encore une fois, c’est le récit qui pêche… Le scénario est mince et l’histoire engage peu. Et on touche ici, finalement, à la limite du personnage : comme Astérix ou Tintin, Lucky Luke est un moteur de l’action mais manque de failles pour être vraiment intéressant à l’écran. Le film mérite quand même d’être (re)découvert, pour voir Jean Dujardin s’approprier cette figure majeure, pour les décors, et aussi pour la présence vocale du regretté Bruno Salomone en Jolly Jumper.

    Lucky Luke (2026)

    Il a fallu attendre dix-sept ans (!) pour que Lucky Luke obtienne une nouvelle fois sa chance. Et c’est Disney+ qui a fait le pari d’une série live, emmenée par Alban Lenoir dans le costume iconique du justicier. Dans cette aventure inédite, il est accompagnée d’une jeune femme de 18 ans (Billie Blain), à la recherche de sa mère. Une touche de modernité et de féminité bienvenue pour cette première saison qui convoque Calamity Jane (Camille Chamoux), Joe Dalton (Jérôme Niel) ou Billy The Kid (Victor Le Blond) et qui apporte plus de profondeur et de sérieux à l’histoire. Est-ce enfin LA vraie bonne adaptation que tous les lecteurs espéraient ? Est-ce que Alban Lenoir, nouvelle star du film d'action made in France, réussira là où ses prédécesseurs ont échoué ? Réponse à travers les huit épisodes à découvrir sur Disney+ !

  • Miami Vice, Je suis une légende, Creed… : les projets de Michael B. Jordan après l’Oscar de Sinners
    Justine Charlet

    Justine Charlet

    Rédacteur JustWatch

    Avec sa double incarnation de jumeaux mafieux dans Sinners (2025), Michael B. Jordan a chipé la statuette dorée au nez et à la barbe d’autres grands noms du cinéma américain : Leonardo DiCaprio (Une bataille après l’autre), Ethan Hawke (Blue Moon) et surtout Timothée Chalamet (Marty Supreme), qui a longtemps été pressenti pour recevoir son premier Oscar.

    Une victoire qui vient consacrer un acteur dont la trajectoire, patiemment construite depuis plus d’une décennie, n’a cessé de gagner en intensité et en crédibilité. Révélé à la télévision, notamment grâce à son rôle marquant dans The Wire (2002-2007), Michael B. Jordan s’est rapidement imposé comme un talent à suivre avant de percer au cinéma avec Fruitvale Station (2013). Il a ensuite construit une carrière solide en naviguant entre films d’auteur et blockbusters, de Creed (2015), qui l’a consacré comme héritier de la saga Rocky, à Black Panther (2018), où son Killmonger a marqué les esprits.

    Avec Sinners (2025), il franchit un cap décisif et entre désormais dans la catégorie des acteurs oscarisés dont chaque projet est attendu comme un événement. Que lui réserve l’avenir ? Je vous dis tout des nombreuses pistes que j’ai dégotées !

    Miami Vice : le polar qui a la classe

    Premier projet très excitant : le film Miami Vice, reboot de… Miami Vice, série culte des années 80 emmenée par le tandem Don Johnson / Philip Michael Thomas, déjà adaptée au cinéma en 2006 par Michael Mann avec Colin Farrell et Jamie Foxx dans les rôles principaux. Cette nouvelle version déjà datée au 4 août 2027 au cinéma, développée par Universal Pictures, devrait être réalisée cet été par Joseph Kosinski (Top Gun : Maverick) sur un scénario signé Dan Gilroy (Night Call, Andor).

    Petit problème qui pourrait faire capoter l’ambitieux projet : Michael B. Jordan aurait des prétentions salariales un peu trop élevées pour enfiler le costume de Ricardo Tubbs, son agent demandant une somme plus importante après les résultats des Oscars. Le cachet espéré s’élèverait à 18 millions de dollars, soit le double de son collègue Austin Butler, qui incarnerait Sonny Crockett. La production s’alignera-t-elle pour s’assurer de mettre en scène ce duo qui promet d’être incroyable ? Je croise les doigts pour les négociations salariales aillent aussi vite que la Ferrari Testarossa du duo d’origine !

    L’Affaire Thomas Crown : un remake de prestige

    Le remake de L’Affaire Thomas Crown (2027) avait déjà été tourné avant que Michael B. Jordan ne reçoive son Oscar pour Sinners (2025), mais sa consécration a encore renforcé l’intérêt autour de ce projet. Dans ce film dont il signe aussi la réalisation, il incarne un milliardaire sophistiqué et insaisissable, un rôle iconique qui avait marqué les générations précédentes avec Steve McQueen et Pierce Brosnan

    Bien que le tournage soit terminé, la sortie du film prend désormais un relief particulier : l’acteur arrive au sommet de sa reconnaissance et le public découvrira cette performance avec un œil nouveau, curieux de voir comment son charisme et son aura oscarisée transforment ce classique modernisé. Et si son prochain Oscar était celui du Meilleur réalisateur ?

    Mathusalem : un projet ambitieux

    Avec Mathusalem (2028) développé par Warner Bros. et qui sera réalisé par Danny Boyle, Michael B. Jordan s’aventure sur un terrain plus conceptuel. Le film se passe à l’époque du personnage biblique Mathusalem, fils d’Hénoch, qui vécut 969 ans et symbolise la longévité. 

    À partir de ce point de départ, le récit mêlera action et réflexion autour de l’immortalité et du passage du temps. Longtemps resté en développement, le projet pourrait aujourd’hui trouver un nouvel élan, porté par l’influence grandissante de Jordan à Hollywood. Une proposition plus singulière, qui confirme sa volonté de diversifier ses rôles et d’explorer des récits ambitieux.

    Rainbow Six : une nouvelle franchise d’action

    Changement de registre avec Rainbow Six, adaptation du roman de Tom Clancy. Michael B. Jordan y reprendrait le rôle de John Clark, personnage de Navy Seal introduit dans Sans aucun remords (2021). Le projet, souvent évoqué comme la suite directe de ce premier film, pourrait être mis en scène par Chad Stahelski, connu pour la saga John Wick, ce qui laisse entrevoir une approche plus spectaculaire et chorégraphiée de l’action. 

    Pensé comme le point de départ d’une véritable franchise, le film s’inscrit dans la tradition des thrillers d’espionnage musclés, entre opérations militaires et enjeux géopolitiques. Un retour assumé au blockbuster pour Michael B. Jordan, mais avec une ambition claire : installer sur la durée un nouvel univers d’action capable de rivaliser avec les grandes sagas du genre.

    I am Legend 2 : face à Will Smith

    Parmi les projets les plus attendus figure I Am Legend 2 (2030), suite du film culte Je suis une légende, sorti en 2007, dans laquelle Michael B. Jordan partagerait l’affiche avec Will Smith. Le long-métrage devrait proposer une nouvelle lecture de l’histoire en s’éloignant de la fin originale. 

    Entre héritage et renouveau, ce projet représente un défi de taille, mais aussi une opportunité de toucher un public très large. Dans les cartons depuis 2012, pas sûr que cette suite soit assurée d’exister. Même si son développement a récemment été relancé avec l’implication de ses deux stars, rien ne garantit encore qu’il aboutira réellement. Un projet ambitieux, donc, mais dont l’existence reste suspendue aux aléas d’Hollywood.

    Creed IV : retour à la saga qui l’a révélé

    Il l’a dit au Festival International du Film de Santa Barbara : Michael B. Jordan « pense qu’il y aura assurément Creed IV ». Après le succès de Creed III (2023), il devrait poursuivre l’aventure devant et derrière la caméra confirmant son rôle central dans la saga. Si peu d’éléments ont encore filtré sur l’intrigue, la suite pourrait approfondir l’héritage d’Adonis Creed, tout en introduisant de nouveaux visages et de nouveaux enjeux sportifs et personnels. 

    Dans la continuité du troisième volet, qui mettait déjà l’accent sur la transmission et les rivalités intimes, ce quatrième film pourrait élargir encore l’univers narratif, notamment à travers des spin-offs ou des projets dérivés. Plus qu’une simple franchise, Creed s’impose désormais comme un véritable « Creed-verse », dont Michael B. Jordan est l’architecte principal.

  • Projet Dernière Chance et les 5 meilleurs films dans l’espace depuis 2001
    Öykü Sofuoğlu

    Öykü Sofuoğlu

    Rédacteur JustWatch

    Projet Dernière Chance (2026), la nouvelle collaboration du duo de réalisateurs Phil Lord et Christopher Miller, s’impose selon un nombre considérable de spectateurs, comme l’un des plus grands films de science-fiction de tous les temps. Cela peut paraître exagéré, mais le long métrage affiche un score de 98% sur Rotten Tomatoes et il a réussi à entrer dans la liste officielle des 100 meilleurs films de Letterboxd, alors qu’il est à peine sorti en salle !

    Adapté du roman d’Andy Weir -dont Seul sur Mars a également fait l’objet d’une adaptation cinématographique réalisée par Ridley Scott-, le film se caractérise notamment par son inscription dans ce que l’on appelle la « hard science fiction ». Porté par Ryan Gosling et Sandra Hüller, le récit se concentre sur un professeur de sciences qui se réveille à l’intérieur d’un vaisseau spatial dans un état d’amnésie, sans aucune connaissance de son identité ni de la raison de sa présence. À mesure qu’il retrouve la mémoire, il comprend que sa mission à bord du vaisseau est liée au sort de l’Humanité.

    Gosling n’est pas étranger aux costumes d’astronaute : on salue First Man (2018), qui n’a pas pu rentrer dans cette liste, relevant de la biographie et non de la science-fiction. Dans Projet Dernière Chance, il est tout aussi charismatique, charmant et généreux en émotions, permettant de s’identifier facilement à son personnage. Pour célébrer la sortie du film -mais aussi pour anticiper sa probable carrière triomphante (rendez-vous aux Oscars 2027 ?)-, je vous propose une liste JustWatch des meilleurs films de hard sci-fi depuis 2001.

    Sunshine (2007)

    Certains seront surpris d’apprendre que Oppenheimer (2023) n’est pas le premier film dans lequel Cillian Murphy incarne un physicien. En effet, dans Sunshine (2007), il interprète un scientifique membre de l’équipage d’un vaisseau spatial envoyé en mission pour rallumer le Soleil à l’aide d’une bombe nucléaire, alors qu’en 2057 celui-ci est sur le point de s’éteindre.

    Réalisé par Danny Boyle et écrit par son fidèle collaborateur Alex Garland, Sunshine est souvent considéré comme une œuvre mineure de la filmographie du cinéaste. Pourtant, au sein dans la science-fiction, il est aujourd’hui célébré pour ses qualités esthétiques et techniques, qui en font un classique moderne.

    Par les questions morales et métaphysiques qu’il soulève, mais aussi à travers les expérimentations stylistiques de Boyle -notamment dans sa dernière partie, qui bascule vers le registre de l’horreur -Sunshine prouve une fois de plus que le cinéma de genre constitue un dispositif privilégié permettant aux cinéastes de méditer sur les grandes interrogations de l’Humanité. Dans une veine comparable, bien que relevant d’un autre genre, on vous conseille également de regarder 28 ans plus tard (2025).

    Gravity (2013)

    Ce n’est pas pour rien que James Cameron qualifie Gravity (2013) de Meilleur film spatial jamais réalisé ! Signé par Alfonso Cuarón, le long métrage offre à ses spectateurs un véritable sentiment d’immersion dans les efforts de survie de deux astronautes dont la navette spatiale est endommagée par une pluie de débris. Les deux scientifiques -Matt Kowalski et Ryan Stone- sont incarnés par George Clooney et Sandra Bullock ; en tant que seuls protagonistes du film, les acteurs portent tout le poids émotionnel et dramatique du récit.

    À l’égard de son récit, le film est assez minimaliste -on pourrait même le qualifier de survival dans l’espace- ; la dimension visuelle est époustouflante grâce aux effets spéciaux fondés sur la 3D. Sur le plan scientifique, les spécialistes ont certes relevé des inexactitudes, mais la véritable force du projet réside davantage dans sa manière de communiquer, par l’image et le son, ce que peut être l’expérience sensorielle de se déplacer, flotter et, à un stade ultime, se perdre dans l’espace.

    Même si on en fait l’expérience par le biais du cinéma, Gravity excelle dans l’immersion cinématographique au point de nous faire perdre nos repères. Pour un autre classique qui poursuit des ambitions esthétiques et formelles similaires, mais sous un angle plus maximaliste, on peut se tourner vers Apollo 13 (1995) de Ron Howard.

    Interstellar (2014)

    Aujourd’hui, quand on pense aux films de hard sci-fi, Interstellar (2014) est sans doute celui qui vient en tête chez de nombreux cinéphiles, et ce n’est pas sans raison. Même si Christopher Nolan est connu pour ses récits labyrinthiques où la narration devient presque une énigme à résoudre, le réalisateur nourrit ici une véritable ambition de réalisme scientifique. Comme pour plusieurs films de cette liste, le récit s’articule autour d’une mission spatiale. Nous sommes en 2067, et la Terre est devenue inhabitable pour les êtres humains. Cooper, ancien pilote de la NASA, après avoir été confronté à d’étranges phénomènes semblant indiquer l’existence d’une intelligence cherchant à communiquer à travers le temps, accepte de rejoindre une mission visant à traverser des trous de ver afin de trouver des mondes susceptibles d’accueillir l’Humanité.

    De la théorie de la relativité à la science des trous noirs, Nolan fait appel à de nombreuses bases théoriques pour l’écriture de son scénario. Il collabore notamment avec le physicien Kip Thorne pour les représentations visuelles des trous noirs et des trous de ver. Certes, il ne faut pas non plus chercher une exactitude complète, puisqu’il s’agit d’une fiction, mais Nolan part de bases solides.

    Cependant, l’enjeu du film reste avant tout émotionnel et passe par la relation entre Cooper et sa fille Murphy -dont la justesse doit beaucoup aux performances touchantes de Matthew McConaughey et Jessica Chastain. Interstellar accomplit ainsi un réel travail de « vulgarisation scientifique », se montrant sans doute plus accessible qu’un film comme Tenet (2020). Le film présente d’ailleurs de nombreux points communs avec Contact (1997) de Robert Zemeckis, notamment dans l’importance accordée à la relation père-fille, ainsi que dans la centralité de la figure de la chercheuse, sans oublier la présence de Matthew McConaughey au casting.

    Seul sur Mars (2015)

    Seul sur Mars (2015) de Ridley Scott est souvent évoqué dans les discussions autour de Projet Dernière Chance, en raison de l’identité de l’auteur des livres sur lesquels les deux films sont basés, mais aussi de leur scénariste commun, Drew Goddard. La tonalité optimiste -un aspect rare dans le genre- que les deux films déploient constitue également un trait commun.

    Le long métrage est porté par Matt Damon, qui incarne Mark Watney, un astronaute-botaniste cherchant à survivre à la surface hostile de Mars après un accident survenu lors d’une tempête de poussière, laissant les autres membres de la mission croire qu’il était mort. On suit les efforts de Watney à travers un journal vidéo qu’il enregistre en attendant l’arrivée du prochain équipage, prévue dans quatre ans.

    Seul sur Mars se caractérise notamment par l’accessibilité de son récit, qu’il atteint grâce à un humour bien dosé, malgré le haut niveau de réalisme scientifique qui nourrit l’univers du film. En effet, il est lui aussi connu pour être l’une des rares productions dans lesquelles la NASA a contribué en tant que consultante afin d’en garantir la crédibilité scientifique. Succès commercial et critique, le film porte un sentiment d’espoir que l’on associe volontiers aux années 2010 et que les fans de Projet Dernière Chance se réjouissent de retrouver dans la vision de Lord et Miller.

    Ad Astra (2019)

    Le réalisateur américain James Gray est surtout connu pour ses récits introspectifs aux touches mélancoliques et, dans Ad Astra (2019), il transpose ses thèmes de prédilection dans l’espace. Le film se déroule dans un futur proche où l’astronaute Roy McBride part à la recherche de son père, disparu il y a plusieurs années, mais qui s’avère être à l’origine de la surcharge électrique menaçant la Terre.

    Dans le film, McBride fils est incarné par Brad Pitt, tandis que l’acteur vétéran Tommy Lee Jones apparaît dans le rôle du père, Clifford McBride. La tension père-fils chez Gray atteint ici une dimension beaucoup plus métaphysique, pas très éloignée de Solaris (1972) de Andrei Tarkovski, et évidemment de Interstellar. Brad Pitt livre ici l’une de ses performances les plus nuancées et subtiles -on ne l’avait jamais vu aussi vulnérable sur le plan émotionnel.

    Même s’il contient des séquences techniquement très habiles, Ad Astra n’est pas tant un blockbuster spatial à la manière de Seul sur Mars, la déception face à la figure paternelle autrefois idéalisée constituant le véritable noyau émotionnel de l’histoire. Si vous cherchez des films similaires, proches de cette approche sentimentale au sein d’un genre rendu plus accessible au grand public, on vous conseille surtout une autre réalisation du cinéaste, The Lost City of Z (2016).

  • « Si tu aimes, tu aimes ! » : les stars de Outlander dévoilent un étonnant plaisir coupable
    Maëlle Beauget-Uhl

    Maëlle Beauget-Uhl

    Rédacteur JustWatch

    Les fans d’Outlander (2014-2026) -dont je fais bien évidemment partie-, se rapprochent un peu plus chaque semaine de la fin de cette véritable épopée du petit écran, qui aura duré plus de 12 ans. D’ici le 9 mai, il faut se préparer à faire nos adieux à Sam Heughan et Caitríona Balfe, alias Jamie et Claire Fraser. Et ce sera difficile.

    En attendant ce moment fatidique, JustWatch s’est entretenu avec les comédiens. Au-delà de nous promettre une huitième saison digne de véritables montagnes russes émotionnelles, les deux stars ont répondu à la désormais incontournable question que nos interview : le « Sorry Not Sorry », qui met en lumière les plaisirs coupables des talents du grand et du petit écran. 

    Et le plaisir coupable des stars d’Outlander est… 

    Caitríona Balfe a répondu très directement à la question, sans aucune gêne particulière vis à vis de sa recommandation un peu étonnante: « J’ai un peu changé d’opinion en ce qui concerne le concept de plaisir coupable. Si tu aimes, tu aimes ! First Dates, j’aime bien ! » 

    Sam Heughan a immédiatement rejoint sa co-star sur le sujet : « Oh, j'adore First Dates ! First Dates Hotel est super bien, ils vont en Italie ! J'adore les émissions de TV réalité, je regarde The Great Pottery Throw Down, j'adore The Repair Shop, et la version irlandaise de The Traitors est vraiment merveilleuse. J’ai tout ce temps libre maintenant, ce n'était pas le cas avant. Donc je peux enfin rattraper toute cette bonne télévision ! »

    First Dates, c’est quoi ?

    First Dates est une émission de télé-réalité britannique, dans laquelle deux personnes qui ne se sont jamais rencontrées auparavant participent à un premier rendez-vous dans un restaurant. A la fin de l'émission, on demande aux deux inconnus s'ils souhaitent en apprendre plus l’un sur l'autre lors d’un second rendez-vous… ou pas. Dans le spin-off First Dates Hotel, même principe, sauf que cette fois-ci, tout se passe dans un hôtel de luxe (la deuxième saison à laquelle Sam fait référence se déroule effectivement dans un magnifique hôtel près de Naples).

    Poterie, objets anciens... et traîtres

    Quant à The Great Pottery Throw Down et The Repair Shop, il s’agit de ce que je qualifierais de soft télé-réalité voire même d’une émission télé classique : on est très loin d’émissions à scandales et ultra-scriptées puisqu’il s’agit, pour la première, d’un concours de poterie, et pour la seconde, de donner une seconde vie à des objets anciens. Ces deux émissions pourraient même, pourquoi pas, susciter de nouvelles passions ou de nouveaux intérêts chez les téléspectateurs. Il s’agit finalement plus de travail d'artisanat et de restauration que de l’image typique que l’on peut avoir de la télé-réalité. Sam Heughan est donc un fan de romance et loisirs manuels. Et ce n’est pas sans rappeler un certain Jamie Fraser…

    Et enfin The Traitors, qui a eu le droit à de nombreuses versions dans plusieurs pays (y compris la France), c’est un peu un Loup-Garou ou un Cluedo à ciel ouvert. La partie se joue entre les fidèles et les traîtres. Il y a des challenges à résoudre et des traîtres à démasquer. Le tout se déroule dans un château, de quoi ravir les amateurs de frissons. Pour l’anecdote, la version irlandaise a été plébiscitée pour avoir utilisé à plusieurs reprises le gaélique, la première langue officielle de l’Irlande.

  • De Bref.2 aux K D’Or : les meilleurs rôles de Laura Felpin au cinéma et en streaming
    Justine Charlet

    Justine Charlet

    Rédacteur JustWatch

    Peut-on cumuler dans sa carrière le Molière de l’humour et un César pour ses performances de comédien.ne ? Alex Lutz l’a fait ! Avec même deux Molière ! Laura Felpin pourrait bien un jour suivre son chemin tant elle déploie de mieux en mieux son talent, dans des projets séries et cinéma très différents.

    Il était une fois Laura Felpin

    Pour Laura Felpin, le Molière de l’humour, c’est fait, en 2023. Pour ce qui est de la comédie, la jeune femme accumule les expériences et développe un jeu de plus en plus sensible. Alsacienne d’origine, elle a étudié la comédie à Paris et développe en parallèle des personnages qu’elle expose sur les réseaux sociaux.

    La mayonnaise prend, elle rejoint le collectif Golden Moustache et participe à plusieurs vidéos jusqu’à intégrer l’équipe de l’émission Quotidien sur TMC pour présenter la météo, grimée sous les traits de ses personnages préférés. Expérience courte, un mois seulement, mais Laura Felpin est lancée.

    Elle écrit son premier spectacle, Ça passe, et enchaîne les rôles d’ampleur différente. Pour JustWatch, je fais le point sur sa filmographie, en classant ses films du moins remarquable au plus prometteur.

    6. Banger

    Dans Banger (2025), ce film qui mélange comédie et espionnage, Laura Felpin apparaît en agente DGSI appliquée et un brin sarcastique, qui approche Scorpex, ancien DJ star de la French Touch, pour infiltrer le milieu électro et faire tomber son rival Vestax, soupçonné de trafic de drogue. Une mission improbable pour laquelle Laura Felpin se donne avec énergie mais sans surjeu. Un rôle à la marge dans un film porté par Vincent Cassel et proche de la parodie de toute une génération. Un rôle sur-mesure certes, où elle peut injecter son sens du rythme et son second degré, mais qui reste secondaire.

    5. Joli joli

    Dans cette comédie musicale ovniesque qui semble enfermée toute entière dans une « jolie jolie » boule à neige, on ne peut qu’être séduit par l’impressionnant casting qui pousse la chansonnette : Clara Luciani dont Joli joli (2024) est le premier film, Victor Belmondo, entre autres. Laura Felpin, elle, est Mirette, une femme de ménage amoureuse et serviable à l’extrême. Plus tempérée dans ses réactions qu’à l’accoutumée, l’actrice laisse tomber tous les fantômes de ses personnages comiques pour se rapprocher d’un jeu plus incarné. Dépouillée de ses artifices habituels (mais qu’on adore), elle impose une présence tendre et sincère, évitant à Mirette de sombrer dans la caricature.

    4. Les K d’Or

    Dans Les K d’Or (2026), le premier film de l’humoriste Jérémy Ferrari, Laura Felpin intègre un trio bidonnant complété par Eric Judor, lancé sur les traces du trésor de Kadhafi dont Noé (Jérémy Ferrari) pense être le fils caché. Les dialogues fusent, percutants, et elle s’empare avec malice du rôle de Zoulika, fraîchement sortie d’un centre de réinsertion, en y apportant une fraîcheur et une malice irrésistibles. Son sens du timing comique impeccable transforme chaque réplique en un petit bijou d’humour absurde. On la reconnaît bien mais dans ce film, c’est surtout l’humoriste qui domine : la comédienne derrière le personnage se fond dans le registre burlesque, laissant toute la place à la folie du trio et des situations.

    3. Le Flambeau

    Personnage roots, décontractée sur l’hygiène, tendance punkette à chien, Annick est l’une des aventurières les plus drôles de la fiction parodique de Koh-Lanta, Le Flambeau, les aventuriers de Chupacabra (2022). Son sourire permanent, même face aux moqueries et aux situations absurdes, sa voix traînante comme si rien n’était grâce, font d’elle un personnage immédiatement mémorable. Laura Felpin y déploie sa virtuosité comique : gestuelle précise, répliques décalées et une capacité à rendre attachante une héroïne à côté de la plaque. Annick est à la fois exubérante et sincère, soit un savant mélange d’absurde et d’humanité que Laura Felpin maîtrise à la perfection, confirmant son talent à créer des personnages.

    2. L’Amour c’est surcoté

    On avait déjà pu découvrir Laura Felpin dans la comédie romantique décalée Joli joli, mais L’Amour, c’est surcoté (2024) prend un ton bien différent. Ce drame romantique navigue avec beaucoup plus de tendresse dans le lien qui se crée entre deux personnes qui tombent amoureuses, ici incarnées par Laura Felpin et Hakim Jemili. Les dialogues usent et abusent du second degré, multipliant punchlines, humour contre le racisme et la misogynie, avec une franchise rafraîchissante. Le duo séduit par sa chimie naturelle, un roman d’amitié se joue aussi, loin des schémas classiques de la romance hollywoodienne. Ici, la comédie sert subtilement l’émotion, et Laura Felpin y dévoile une facette plus sensible et nuancée de son jeu.

    1. Bref.2

    Treize ans plus tard, Bref.2 (2025), la suite du format culte revient de manière inattendue, pourvue de nouveaux atours. En six épisodes, Kyan Khojandi dresse le portrait d’un homme en pleine crise existentielle. Dans l’équation, Laura Felpin incarne Billie, la colocataire : drôle et paumée, accrochée à une relation toxique dont elle apprend à comprendre les mécanismes. L’inventivité de l’écriture (de Khojandi et Bruno Muschio) et de la mise en scène servent parfaitement le jeu de Laura Felpin. Mais surtout, on sent que la comédienne a mûri : prête pour des rôles plus complexes, plus nuancés, moins définis par des traits de personnalité archi-marqués. Avec Bref.2, de nombreux spectateurs - moi la première - ont découvert que Laura Felpin possédait un vrai potentiel pour explorer d’autres registres et élargir son spectre d’actrice.

  • Sans lui, pas de Walking Dead ni de World War Z : ce film incontournable est à voir gratuitement !
    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Techniquement, La Nuit des morts-vivants (1968) n’est pas le premier film de zombies. Avant lui, il y avait eu Vaudou (1943) de Jacques Tourneur, centré sur le folklore haïtien. Mais si vous cherchez la première vraie histoire de « living deads », ces cadavres sortis de leurs tombes pour venir harceler (et dévorer) les vivants, c’est George A. Romero qui l’a proposée, créant un sous-genre du cinéma d’horreur aujourd’hui incontournable. 

    Il était une fois les zombies…

    Comme chaque année, Barbara (Judith O'Dea) et son frère se rendent dans un cimetière isolé pour fleurir la tombe de leur père. Ils y sont attaqués par un homme au comportement étrange. Le frère meurt, et Barbara s'enfuit et se réfugie dans une maison de campagne. Sur place, elle fait la connaissance de quelques réfugiés, dont Ben, un chauffeur-routier afro-américain (Duane Jones). Alors que la radio annonce une catastrophe dans l’Est des Etats-Unis, qui voit les morts revenir à la vie pour attaquer et se nourrir des vivants, ces survivants vont devoir faire face aux assauts répétés des créatures, horde muette et implacable qui s’abat sur la ferme fragile… Le film est disponible gratuitement sur JustWatch, dans une version colorisée.

    Un tournage guérilla

    Quand il se lance dans la réalisation du film, George Romero n’est pas encore un Master of Horror. Fraîchement diplômé, il fait ses armes à la réalisation de courts métrages et de publicités. Avec ses amis, il développe sa propre société de production, et le groupe parvient à rassembler un peu plus de 100 000 dollars pour lancer leur premier long métrage. Le budget est mince, mais cette contrainte va justement dicter ce qui fera l’originalité de La Nuit des morts-vivants : des maquillages et costumes simples pour les goules, du noir et blanc pour limiter les coûts de pellicule, une approche horrifique susceptible d’intéresser les cinéma d’exploitation et les drive-in locaux et un tournage guérilla au réalisme brut.

    Sang pour sang culte

    A sa sortie, La Nuit des morts-vivants est un choc culturel, révolutionnaire en tous points. Côté box-office, il devient l’un des films les plus rentables de tous les temps, avec des recettes estimées à 30 millions de dollars dans le monde, soit 250 fois son budget initial. Un pactole qui aurait pu être bien plus élevé si un oubli de copyright (!) dans le générique final n’avait pas fait tomber immédiatement le film dans le domaine public. Formellement, la conjonction d’une approche quasi-documentaire, d’un décor local et banal (la campagne de Pennsylvanie) et d’une horreur graphique (le public est directement confronté au cannibalisme) bouleverse tous les codes du genre. Thématiquement, le long métrage est loué pour son sous-texte politique subtil, qui brasse une dénonciation du racisme, de l’individualisme, du capitalisme, des médias, de l’intervention au Vietnam, de la fragilité de la société… Enfin, il impressionne par son ton désespéré et nihiliste, aussi, qui pose les bases d'une mécanique propre au genre : les vrais monstres, c’est nous !

    Et après ?

    Avec La Nuit des morts-vivants, Romero découvre qu’il peut utiliser le genre horrifique comme un véhicule d’idées engagées et subversives. Il développe alors, au fur et à mesure des décennies, sa célèbre « sagas des morts-vivants » : Zombie / Dawn of the Dead (1978) et sa critique de la société de consommation de masse, Le Jour des morts-vivants (1985) et sa critique de l’armée, Land of the Dead - le territoire des morts (2005) qui mêle apocalypse zombie et inégalités sociales, Diary of the Dead (2007) qui interroge notre usage des images, et enfin Survival of the Dead (2010) qui décline le genre autour des notions d’idéologie et de cycle de la violence. Chacun.e aura son préféré (dans mon cas, Zombie a été un choc d'enfance qui me hante depuis toujours, et le gore du Jour des morts-vivants m'a traumatisé), et même si les films sont de qualité inégale, l'ensemble forme une œuvre passionnante.

    Les héritiers de Romero

    Preuve de son impact et de son importance culturelle, l’univers imaginé par Romero a été directement revisité, que ce soit par le maquilleur Tom Savini à travers le remake de La Nuit des Morts-Vivants (1990) dont Romero signe le scénario, ou le mémorable L’Armée des morts / Dawn of the Dead (2004) de Zack Snyder qui dynamite le genre en faisant courir les morts-vivants ! Et plus largement, au sein des innombrables productions cinéma, vidéo, télévisuelles et streaming du genre, des oeuvres comme 28 jours plus tard (2002-2026), Shaun of the Dead (2004), The Walking Dead (2010-2022), World War Z (2013) ou Dernier train pour Busan (2016) se revendiquent de son approche mêlant horreur frontale et sous-texte sociétal et politique. Incontestablement, aucun de ces films n’existerait sans La Nuit des morts-vivants, qui a posé les bases de « l’imaginaire zombie » et de ses règles de survie (les tirs dans le cerveau et les morsures contaminantes en tête).

    L’info en plus

    Pour développer son histoire, George A. Romero s’est beaucoup inspiré d’un roman majeur de la science-fiction : I Am Legend de Richard Matheson. Véritable chef d'œuvre (c’est mon roman préféré de tous les temps !), le récit nous plonge dans un monde post-apocalyptique aux côtés du dernier être humain, qui organise sa survie dans ce nouvel univers peuplé de vampires tout en essayant de trouver un antidote au virus qui a ravagé la Terre. Adapté au cinéma par Will Smith avec le blockbuster Je suis une légende (2007), le roman avait auparavant eu droit à deux autres versions : Le Survivant (1971) emmené par Charlton Heston, mais surtout Je suis une légende (1964) porté par le légendaire Vincent Price. Et j’ai une bonne nouvelle pour vous : le film est lui aussi disponible en visionnage gratuit sur JustWatch ! Cela vous fait deux grands classiques fantastique-horreur à rattraper sans débourser un centime. Vous n'avez plus d'excuses !

  • Spider-Man 4 : 7 films Marvel à rattraper avant la sortie de Brand New Day
    Aurélien Bouron

    Aurélien Bouron

    Rédacteur JustWatch

    La bande-annonce de Spider-Man : Brand New Day (2026) vient de retourner internet en réussissant parfaitement à nous mettre l’eau à la bouche. Oubliez ce que vous pensiez savoir de l’homme-araignée toujours de bonne humeur du Queens. : les premières images du trailer nous montrent un Peter Parker atrocement seul, rayé de la carte et de la mémoire collective.

    Araignée du soir, désespoir…

    D’emblée, ça fait mal : MJ (Zendaya) a refait sa vie et s’affiche sans complexe avec un nouveau copain, et Peter ne peut qu’assister à cela de loin, le cœur brisé. Surtout, la bande-annonce nous apprend que les pouvoirs du héros mutent ! Pour essayer de comprendre cette altération, il se tourne vers Bruce Banner (Mark Ruffalo), qui a abandonné sa forme Smart Hulk et fait son retour sous sa forme humaine. 

    Bruce Banner n’est pas la seule bonne surprise de la vidéo puisque Punisher (le retour de Jon Bernthal) fait son apparition, toujours aussi insolent et violent ! Ajoutez à ce joyeux bazar un Scorpion (Michael Mando) revanchard et de mystérieux ninjas de La Main, et cela nous laisse imaginer un film rempli d’action. Fini Tonton Stark comme nounou de luxe qui fournit tous les gadgets, ces images nous montrent que le réalisateur Destin Daniel Cretton orchestre un retour aux fondamentaux de Spider-Man avec un récit sombre, percutant, loin de la gloire des super héros habituels. 

    Mais la vidéo nous rappelle aussi qu’une grosse session de rattrapage s'impose pour être certain de tout comprendre et de ne rien avoir oublié. Voici donc la liste JustWatch des sept films indispensables à (re)voir avant d’aller au cinéma à la sortie de Brand New Day, le 29 juillet 2026

    Captain America : Civil War (2016)

    Civil War est un sacré début pour Spider-Man ! Dans ce film, le gouvernement veut avoir plus de contrôle sur les Avengers via les accords de Sokovie, scindant l’équipe en deux camps idéologiques : les pro-Stark, qui sont pour plus de contrôle et de transparence ; et les pro-Rogers qui veulent rester aussi indépendants que possible. Pour gonfler ses rangs, Tony Stark recrute Peter Parker. 

    Son arrivée dans l’univers est fraîche, drôle, et ça dépoussière la franchise. Tom Holland arrive à imposer son charisme juvénile et réussit à séduire le public en quelques répliques. L’alchimie immédiate entre Spidey et Tony Stark crève l’écran et installe un fil rouge que j’ai adoré tout au long des films Avengers. 

    Spider-Man : Homecoming (2017)

    Au milieu de tous ces films Marvel aux enjeux planétaires, Jon Watts, réalisateur de Homecoming, signe un teen-movie rafraîchissant. Peter Parker est de retour dans son Queens natal après un stage d’observation chez les Avengers, et attend avec impatience le coup de fil de Tony Stark. Mais quand il tombe sur un trafic d’armes extraterrestres, le gamin décide de faire ses preuves en solo. Dans ce film, Peter alterne entre les actes héroïques, les justifications bancales de ses absences au lycée, et essayer d’avoir le courage de parler à son crush. 

    La grande force de ce premier film solo est de réussir à donner autant d’importance à la routine du quotidien qu’aux grands combats et enjeux. Même le méchant, joué par Michael Keaton, est un simple père de famille, loin des mégalos qu’on a l’habitude de voir. On est proche de la vibe adolescente et intimiste de Super 8 (2011). 

    Avengers : Infinity War (2018)

    Infinity War a été la grande claque des fans de Marvel, et reste l’une des pièces maîtresses d’une décennie entière de construction narrative. Ici, Thanos débarque pour rassembler les six Pierres d’infinité et accomplir un dessein macabre : éradiquer la moitié de toute vie dans l’univers d’un simple claquement de doigts. 

    Notre lycéen du Queens se retrouve embarqué dans ce contexte terrifiant. Peter passe d’un simple gamin insouciant qui voulait juste jouer les héros à un soldat prêt aux plus grands sacrifices. Dans ce film, Tom Holland démontre tout son talent et réussit à tous nous faire pleurer. Les frères Russo, réalisateurs, montrent qu’ils sont les rois du divertissement avec un film rempli de rebondissements totalement fous et une histoire qui nous laisse hagards bien après le générique de fin. 

    Avengers : Endgame (2019)

    Infinity War nous a laissé la mâchoire décrochée. Pour les fans, attendre la sortie de Endgame était une vraie torture. Mais l’attente valait le coup ! Je ne vais pas m’éterniser sur les détails de l’intrigue ici, de peur de spoiler à la fois ce film et son prédécesseur. Résumons le film à cela : Endgame est la conclusion parfaite à toute cette phase Marvel qui a défini l’âge d’or du studio. 

    Le film est une pierre angulaire dans l’histoire du Spider-Man joué par Tom Holland. L’épreuve qu’il traverse le force à grandir brutalement, tout en réussissant à conserver cette étincelle de jeunesse qui fait tout le charme incontestable de l’homme-araignée. En somme, si vous avez vibré devant Infinity War, vous allez adorer ce final.  

    Spider-Man : Far From Home (2019)

    Dans Far From Home, c’est un voyage scolaire qui tourne au cauchemar. Dans ce film signé Jon Watts, notre héros tente désespérément de fuir ses responsabilités écrasantes. On y retrouve Jake Gyllenhaal dans la peau de Quentin Beck, alias Mysterio, manipulant toutes les vulnérabilités de Spider-Man. Le ton du film me semblait trop léger au vu des récents traumatismes galactiques, mais c’est aussi un moyen de mettre tout cela derrière nous et de se concentrer sur le Spidey qui avait donné le ton dès Homecoming

    C’est malin, c’est rythmé, on ne peut pas s’ennuyer une seconde, et c'est souvent drôle. C’est celui que j’ai le moins aimé de la trilogie, mais vous êtes garantis de passer un bon moment ! Surtout que c’est un film obligatoire pour pouvoir comprendre la suite.

    Spider-Man : No Way Home (2021)

    No Way Home est le film de la nostalgie et du fan service. Si c’est généralement un défaut à mes yeux, il est si bien amené qu’on s’en délecte. Le multivers permet de ramener tous les vilains iconiques des anciennes sagas, et de faire de très nombreuses références à la pop culture. Qui n’a pas sauté de joie de son fauteuil quand le meme des Spider-Man se montrant du doigt a été recréé ? 

    Willem Dafoe revient comme Bouffon vert et vole la vedette à tout le casting avec son talent. Il pousse notre héros dans ses retranchements avec beaucoup de sadisme, et la légèreté laisse place à la noirceur. La conclusion du film amène aux événements de Brand New Day et nous montre le lourd fardeau que Peter Parker va devoir porter : tomber dans l'oubli le plus total. On se rapproche des films sombres de superhéros comme The Dark Knight ou Logan, mais toujours avec ce côté enfantin. Les événements de Brand New Day ayant lieu quatre ans plus tard, on s’imagine que ce côté enfantin va disparaître pour laisser place à un Spider-Man solitaire, et qui n’a plus la blague au bord des lèvres. 

    Daredevil : Born Again (2025–)

    C’est Charlie Cox qui remet le costume du Diable de Hell’s Kitchen dans cette série, mais c’est pour quelqu’un d'autre qu’elle gagne sa place dans cette rétrospective : le retour violent et implacable de Frank Castle aussi connu sous le nom de Punisher. On l’a vu dans la bande annonce, on peut s’attendre à un face-à-face d’apparence amicale entre l’arsenal militaire de l’un et les toiles d’araignée de l’autre. 

    Ici comme dans Brand New Day, c’est Jon Bernthal qui enfile le gilet pare-balles à tête de mort. C’est l’antihéros parfait avec sa tête en colère du mec prêt à faire le ménage dans les ruelles de New York. Born Again est donc une bonne introduction à Punisher qu’on a hâte de voir aux côtés / face de Peter Parker ! 

  • Le plaisir coupable du réalisateur de Sinners ? C’est une comédie romantique culte des années 2000 !
    Maëlle Beauget-Uhl

    Maëlle Beauget-Uhl

    Rédacteur JustWatch

    Ryan Coogler et l'équipe de Sinners viennent de triompher aux Oscars en remportant quatre statuettes : Meilleur scénario original, Meilleur acteur pour Michael B. Jordan, Meilleure musique pour Ludwig Göransson et enfin une statuette de la Meilleure photographie historique, décernée pour la toute première fois à une femme (Autumn Durald Arkapaw). 

    Sinners a largement participé à écrire l'Histoire du cinéma horrifique en cette 98ème cérémonie, puisque trois films d’horreur -Sinners, Weapons et Frankenstein- ont remporté un total de huit Oscars ! Du jamais-vu pour le genre. Mais Ryan Coogler est également fan de… comédies romantiques. Il a même récemment avoué qu’il aimerait un jour en réaliser une.

    D'ailleurs, dans le cadre d’un récent entretien avec JustWatch, autour de la délicieuse question récurrente du « Sorry Not Sorry »,  le cinéaste a confié que son plaisir cinéma « coupable » n'était autre qu’un mélodrame culte des années 2000 porté par Mandy Moore !

    C’et quoi ce « plaisir coupable » de Ryan Coogler ?

    Pendant notre entretien avec Ryan Coogler et son acteur-fétiche Michael B. Jordan, la salle de presse est hilare. Le réalisateur de Sinners vient de révéler que son plaisir coupable était que Le Temps d’un Automne. L’ambiance est bien sûr très bon enfant, et Coogler, inébranlable, lance, « Pourquoi vous rigolez ? » Michael B. Jordan ironise : « Laisse parler ton cœur ! Ils rigolent tous, c’est fou ! » Coogler refuse de se laisser ridiculiser et répond « Ça m’est égal, j’ai trois enfants maintenant, tu vois ce que je veux dire ? »

    « Le Temps d’un Automne, j'étais au lycée, tu vois ? C'était pas mal pour les jours où il n'y avait pas école. » Comme de nombreuses comédies romantiques des années 2000, Le Temps d’un Automne est une adaptation du livre de Nicholas Spark, l'écrivain à succès à l’origine d’ Une bouteille à la mer (1999) et de N'oublie Jamais (2004). Si vous n’avez jamais vu ce film mais que vous connaissez un peu l'écriture de Sparks, vous devinerez tout de suite que c’est potentiellement, très, très larmoyant.

    Landon Carter le « bad boy » d’un lycée d’une petite ville de Caroline du Nord doit absolument faire remonter ses notes au risque d'être expulsé. Il demande de l'aide à Jamie, une élève discrète, brillante, mais moquée et harcelée par beaucoup d'élèves. Après de nombreux quiproquos, Landon et Jamie finissent par passer du temps ensemble, et se rendent compte que des sentiments amoureux ont remplacé ceux d’une simple amitié. Jamie essaye de lutter contre ses sentiments, et finit par avouer à Landon qu’elle est gravement malade. Cette nouvelle, ainsi que leur amour naissant, changeront à jamais la vie des ces deux adolescents. 

    Ayant vu Le Temps d’un Automne, j’avoue être également surprise par la réponse de Coogler, tant l’histoire est dramatique -et oui, peut-être aussi un peu niaise et assez stéréotypée…- Mais après tout, c’est ça le cinéma ! Même si un film un peu tourné en ridicule par la majorité des gens peut faire plaisir, ne serait-ce qu'à une seule personne, ça a quand même du mérite !

    Bientôt une romcom signée Ryan Coogler ?

    Il n'empêche que cela nous amène vers une véritable question : Ryan Coogler va peut-être bientôt réaliser une comédie romantique ! C’est en tout cas ce que le cinéaste a récemment révélé à Deadline. Il a d’ailleurs précisé qu’il n’y avait pas « un seul genre de films qu’il n'aimait pas » et qu’il espérait un jour pouvoir réaliser une romcom qui fonctionnerait aussi bien que Quand Harry rencontre Sally (1989), la comédie culte du très regretté Rob Reiner.

    Il a ajouté que pour lui, c’est un film intemporel qui aura toujours sa place, mais aussi une romance solide qui fait également « très adulte ». Une chose est sûre : toutes ces heures passées à voir et revoir des comédies romantiques, qu’elles soient considérées comme « plaisir coupables » ou cultissime, serviront -bientôt j'espère- au réalisateur. Et j’ai personnellement très, très hâte de voir une comédie romantique signée Ryan Coogler !

  • Pas de retour pour Buffy contre les vampires ! Pourquoi le reboot de la série a-t-il été annulé ?
    Justine Charlet

    Justine Charlet

    Rédacteur JustWatch

    L’annonce vient directement de Sarah Michelle Gellar, qui n’a pas caché sa déception. Il n’y aura pas de reboot à Buffy contre les vampires ! La star et productrice américaine a utilisé Instagram pour faire un post très informatif (et très déceptif) : « Malheureusement, Hulu a décidé de ne pas donner suite à Buffy : New Sunnydale », déclare celle qui fut l’incarnation de Buffy Summers dans la série à succès de 1997 à 2003.

    « Je suis vraiment triste de devoir vous annoncer cela, mais je tenais à ce que vous l’appreniez par moi-même », a tenu à écrire la comédienne de 48 ans.  La série avait pourtant de quoi séduire un large public, en partant des nostalgiques jusqu’aux nouveaux abonnés des plateformes aujourd’hui. D’autant que derrière la caméra devait officier une réalisatrice reconnue, Chloé Zhao, oscarisée en 2021 pour Nomadland et dont le Hamnet (2026) était nommé huit fois aux Oscars (le film est reparti avec la statuette de la Meilleure actrice pour Jessie Buckley).

    « Les choses arrivent pour une raison », a réagi la cinéaste auprès du magazine Variety. « J’ai passé un moment incroyable avec Sarah, avec tout le casting et l’équipe en travaillant là-dessus et, avant tout, nous nous considérons comme les gardiens de la série originale. Notre priorité a toujours été de rester fidèles à la série ».

    Un « requel » ambitieux pour un univers culte

    Le projet Buffy 2026 n’était pas un simple reboot, mais véritablement un « requel » (mélange de reboot et de sequel) : une continuation moderne de l’histoire originale de Sunnydale. L’idée était de conserver l’univers mythique de Buffy tout en y introduisant une nouvelle génération de tueuses, avec ses propres dilemmes et combats surnaturels. Ryan Kiera Armstrong avait été choisie pour incarner cette nouvelle héroïne, tandis que Sarah Michelle Gellar devait revenir dans un rôle récurrent et agir comme productrice exécutive, assurant ainsi la continuité avec l’esprit de la série originale. Un super programme !

    Le scénario initial promettait un mélange de drame adolescent et de série d’action surnaturelle, évidemment fidèle à l’humour noir qui avait fait le succès de Buffy contre les vampires. Les fans pouvaient s’attendre à retrouver des références à l’univers original, des clins d’œil à Sunnydale et des enjeux plus modernes, reflétant les problématiques actuelles des jeunes adultes tout en gardant l’ambiance fantastique chère aux amateurs de la première heure. Bref, la déception est immense.

    Des désaccords créatifs et des choix économiques

    Malgré un casting prometteur et une équipe créative super ambitieuse, le pilote n’a pas convaincu les décideurs de Hulu. Plusieurs sources indiquent que des désaccords créatifs sont survenus d’ailleurs très tôt dans le processus, certains cadres de la plateforme n’étant pas pleinement investis dans l’univers Buffy et n’ayant pas forcément compris la dynamique et l’humour de la série originale. Sans doute n’ont-ils pas saisi l’engouement de l’époque d’origine.

    Même si le pilote avait été retravaillé pour inclure davantage de scènes avec Buffy et renforcer le lien avec l’histoire originale, la plateforme a estimé que le projet ne correspondait pas à sa stratégie actuelle. Peine perdue donc. Dans un contexte où les décisions de production dépendent autant de l’économie que de l’enthousiasme créatif, Hulu a préféré ne pas donner suite, malgré le potentiel évident de la série et l’intérêt manifeste des fans sur les réseaux sociaux et les forums spécialisés.

    Une déception… mais pas la fin de Sunnydale

    Pour les fans -dont je fais partie-, cette annulation est évidemment une déception. Mais elle ne marque pas nécessairement la fin de l’histoire de Sunnydale. Sarah Michelle Gellar a en effet tenu à rassurer ses abonné.es et les nostalgiques en soulignant que la porte n’était pas totalement fermée : d’autres projets pourraient voir le jour, sur d’autres plateformes ou sous une forme différente. On attend d’en savoir plus pour vous tenir au courant.

    De plus, la popularité durable de Buffy contre les vampires et l’engouement continu pour ses personnages laissent entrevoir que l’univers pourrait renaître à tout moment, que ce soit via un autre spin-off, un film ou même une série limitée. L’univers de Sunnydale reste donc vivant dans l’imaginaire collectif, preuve que la force de Buffy et de ses combats, symboles d’empowerment et de courage, continue de résonner auprès des nouvelles générations. Alors : quelle plateforme sera cap’ de s’attaquer à ce chantier prometteur ?

  • Oscars 2027 : 15 films qui pourraient s’inviter à la fête l’année prochaine
    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    A Hollywood, une saison des récompenses chasse l’autre ! Alors que Une bataille après l’autre a triomphé lors d’une cérémonie marquée par de nombreuses « premières fois », on se tourne déjà vers la 99e édition des Oscars, dont le niveau promet d’être (très) relevé. L’année cinéma 2026 est en effet extrêmement prometteuse, avec au moins quinze films d'ores et déjà attendus dans la course à la statuette dorée.

    Dune : Troisième partie - au cinéma le 16 décembre 2026

    Dune 3 est, de mon point de vue, LE grand favori. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’au-delà de l’attente autour de ce dernier chapitre, la première bande-annonce est tout simplement ahurissante. Puissante, épique, sombre, elle dévoile un troisième opus guerrier et trouble, qui devrait éviter un manichéisme simpliste pour faire basculer Paul Atreides du côté obscur. Et aussi parce que les deux précédents films avaient été quelque peu « boudés » par l’Académie, avec uniquement des prix techniques (six pour Dune, deux pour Dune 2). Et aucune (!) nomination pour Denis Villeneuve à la réalisation. Cela peut se comprendre : une trilogie se juge dans sa globalité. Je lui prédis donc un destin comme celui du Retour du Roi, avec une moisson de trophées… dont Meilleur acteur pour Timothée Chalamet ?  

    L’Odyssée - au cinéma le 15 juillet 2026

    Trois ans après le triomphe de Oppenheimer (sept Oscars dont Meilleur film et Meilleure réalisation), le fauteuil de Christopher Nolan est déjà réservé à la cérémonie 2027. Sauf accident industriel et artistique (improbable, j’en conviens), sa version de L’Odyssée et du périple mythologique d’Ulysse / Matt Damon s’annonce comme un monument de cinéma, qui ne manquera pas de rivaliser avec Dune 3 dans toutes les catégories de la 99ème édition des Oscars : Film, Réalisation, Scénario adapté, Photographie, Décors, Effets visuels, Musique, Casting… ainsi que la nouvelle section dédiée aux Cascades. Une soirée glamour « opposant » Nolan et Villeneuve, cela ressemble à un rêve de cinéphile. Et un véritable crève-cœur aussi, car les votant.es de l’Académie devront choisir entre ces deux génies. Et même plus, car il y a -au moins- un autre monstre sacré d’Hollywood qui devrait être de la fête !

    Disclosure Day - au cinéma le 10 juin 2026

    Sans trop m’avancer, la présence de Disclosure Day parmi les grands favoris de la cérémonie semble indiscutable. Et la dixième nomination de Steven Spielberg à l’Oscar de la Meilleure réalisation s’impose. Pour ses retrouvailles avec la science-fiction et les aliens après Rencontres du troisième type (1977), E.T. (1982) et La Guerre des Mondes (2005), le cinéaste propose un long métrage encore très mystérieux, écrit par David Koepp (Jurassic Park) d'après une idée originale de Spielberg, qui devrait confronter l’Humanité à une révélation majeure autour de la question « Sommes-nous seuls dans l’univers ? ». Les différentes bandes-annonces ont généré une hype immense, qui profite de la petite phrase lâchée par Barack Obama au sujet de l’existence de la vie extraterrestre. Bref, un candidat idéal pour la cérémonie.

    Narnia - sur Netflix en décembre 2026

    Comme Christopher Nolan, son partenaire inattendu du « Barbenheimer », Greta Gerwig fait son grand retour sur les écrans en 2026, avec le premier volet de la saga Narnia réinventée pour Netflix. Voir la réalisatrice de Barbie s’emparer de l’univers fantasy de C.S. Lewis est extrêmement prometteur, car elle saura assurément apporter son regard unique et sa modernité aux aventures des enfants Pevensie dans le monde magique d’Aslan. Wicked (en tout cas le premier volet) avait trouvé un écho très positif chez les membres de l’Académie en 2025 : il n’y a pas de raison qu’il n’en soit pas de même pour cette nouvelle version (vingt-et-un ans après celle de Disney), où Emma Mackey campera la Sorcière Blanche.

    Digger - au cinéma le 30 septembre 2026

    Imaginez la diffusion de la 99e cérémonie des Oscars, et l’écran des nominations à la Meilleure réalisation : alors que les remettants ouvrent l’enveloppe, on y voit les visages de Steven Spielberg, Christopher Nolan, Denis Villeneuve, Greta Gerwig… et Alejandro González Iñárritu ! Oui, il y aura aussi un film du cinéaste mexicain à voir en cette année absolument dantesque. Le réalisateur de Birdman et The Revenant revient avec Digger, dont le pitch mystérieux génère les attentes les plus folles : l’homme le plus puissant du monde se lance dans une mission frénétique pour prouver qu’il est le sauveur de l’humanité avant que le désastre qu’il a déclenché ne détruise tout. Cet homme, c’est Tom Cruise, Oscar d’honneur cette année et dont la précédente nomination en tant que comédien remonte à… Magnolia, en 2000 !

    The Adventures Of Cliff Booth - sur Netflix en août 2026

    Quentin Tarantino s’étant volontairement éloigné des plateaux, c’est David Fincher qui officie à la réalisation de la suite de Once Upon a Time in… Hollywood (2019). Sobrement intitulé The Adventures Of Cliff Booth (2026), le long métrage, écrit par « QT », suivra les pas du cascadeur-doublure so cool incarné par Brad Pitt alors qu’il poursuit sa carrière entre tournages et studios californiens. Lauréat de l’Oscar du Meilleur second rôle pour son interprétation, le comédien rempile et retrouve son réalisateur-fétiche : quand on sait que leur collaboration a donné Seven (1995), Fight Club (1999) et Benjamin Button (2008), on est en droit d’attendre a minima un très bon film sous la bannière Netflix. Et un candidat sérieux aux Oscars, où Fincher et la plateforme avaient emmené Mank (2020).

    The Social Reckoning - au cinéma le 7 octobre 2026

    David Fincher étant mobilisé sur les aventures de Cliff Booth, il a décliné la suite de The Social Network (2010). Le long métrage, qui reste l’un des plus réussis et emblématiques de la décennie 2010-2020, sera donc prolongé par son scénariste, l’illustre et brillant Aaron Sorkin, lauréat de l’Oscar du Meilleur scénario pour son script sur la création de Facebook. Avec The Social Reckoning (2026), il raconte les rouages internes du réseau social, tels qu’ils furent mis en lumière en octobre 2021 par le journaliste du Wall Street Journal Jeff Horowitz. Campé par Jeremy Allen White, le reporter sera confronté à Mikey Madison (Anora) et Jeremy Strong (Succession) en Mark Zuckerberg. Sur le papier, ça clignote « Oscars », non ?

    The Entertainment System Is Down - prochainement au cinéma

    A 51 ans, Ruben Östlund fait déjà partie du club très fermé des réalisateurs avec deux Palmes d’or. Récompensé à Cannes pour The Square (2017) et Sans filtre (2022), il pourrait tenter un triplé historique cette année sur la Croisette (il fait partie des « habitués » qu’on espère évidemment revoir en sélection). Comme Parasite, Anatomie d’une chute, Anora ou Valeur sentimentale, son nouvel opus, The Entertainment System Is Down (2026), pourrait ensuite terminer sa course aux Oscars, d’autant que son casting choral emmené par Keanu Reeves et Kirsten Dunst promet une satire sociale grinçante dans le cadre d’un vol long courrier dont le système de divertissement embarqué tombe en panne : que peut-il se passer à 10 000 mètres d’altitude quand des passagers se retrouvent en huis clos avec leurs pensées ?

    Paper Tiger - prochainement au cinéma

    Vous pensiez que Gerwig, Spielberg, Nolan, Villeneuve, Fincher, Iñárritu et Östlund ce n’était déjà pas assez compliqué en termes de pronostics ? Alors j’ajoute James Gray à cette liste déjà ahurissante. Jamais primé ni même nommé aux Oscars (c’est assez invraisemblable quand on y pense), le réalisateur de The Yards (2000), La Nuit nous appartient (2007), The Lost City of Z (2017) et Ad Astra (2019) travaille actuellement sur Paper Tiger (2026), l’histoire de deux frères qui poursuivent le rêve américain et se retrouvent embarqués dans un plan qui s'avère finalement trop beau pour être vrai, impliquant notamment la mafia russe. Au casting de ce polar noir, on retrouvera Adam Driver, Scarlett Johansson et Miles Teller. Indéniablement, ce film a toute sa place ici.

    The Drama - au cinéma le 1er avril 2026

    Ils étaient sur la scène des Oscars il y a quelques jours pour remettre la statuette de la Meilleure réalisation à Paul Thomas Anderson : Zendaya et Robert Pattinson incarnent le couple au centre de The Drama (2026) de Kristoffer Borgli, l’histoire de deux jeunes fiancés préparant le plus beau jour de leur vie, jusqu’à ce que des révélations inattendues fassent dérailler ce que l'un d'eux pensait savoir de l'autre lors d’un jeu un peu arrosé de confessions entre amis… Le studio A24, collectionneur d’Oscars et de nominations (87 citations et 21 statuettes depuis 2012 !), accompagne ce drame grinçant imaginé par le réalisateur norvégien de Sick of Myself (2022) et Dream Scenario (2023). De quoi en faire un film à suivre, assurément.

    Raison et Sentiments - au cinéma le 23 septembre 2026

    En 1995, Raison et sentiments, signé Ang Lee, s’était imposé comme un bijou d’adaptation de Jane Austen. Avec à la clé sept nominations et un Oscar (Meilleur scénario adapté pour Emma Thompson). Cette année, la réalisatrice britannique Georgia Oakley (Blue Jean) revisite cette histoire avec Sense and Sensibility (2026), porté par Daisy Edgar-Jones, Esmé Creed-Miles et Caitríona Balfe dans le rôle des femmes Dashwood, confrontées à des choix majeurs entre mariages de convention et passions amoureuses. Il n’y a pas de raisons (!) que l’Académie ne soit pas sensible à cette nouvelle version qu’on imagine moderne, comme ce que Greta Gerwig avait fait avec Les Filles du Docteur March (2019) et comme ce que Dolly Alderton s’apprête à faire avec Orgueil et Préjugés sur Netflix cette année.

    Josephine - prochainement au cinéma

    Attention, pépite indé en vue ! Grand Prix du Jury et Prix du public au dernier Festival de Sundance, Josephine (2026) de Beth de Araújo semble avoir mis tout le monde d’accord. La réalisatrice de Soft & Quiet (2024) y dirige Channing Tatum et Gemma Chan dans le rôle des parents d’une petite fille de huit ans (la révélation Mason Reeves), témoin d'une attaque brutale au Golden Gate Park : plongée dans un tourbillon de peur et de paranoïa, l’enfant agit avec une violence croissante, cherchant un moyen de reprendre le contrôle de sa propre sécurité, face à son père et sa mère impuissants. Voilà un film qui trouvera, assurément, sa place aux Independent Spirit Awards (les Oscars du cinéma indépendant américain) début 2027, mais qui pourrait poursuivre son chemin jusqu’au Dolby Theatre. 

    Wild Horse Nine - au cinéma le 4 novembre 2026

    Le Britannique Martin McDonagh possède une filmographie remarquée depuis Bons Baisers de Bruges (2008). On y retrouve notamment 3 Billboards, Les Panneaux de la vengeance (2017), nommé à l’Oscar du Meilleur film et lauréat des statuettes pour Frances McDormand et Sam Rockwell, ainsi que Les Banshees d'Inisherin crédité de neuf nominations en 2023. Pour Wild Horse Nine (2026), le cinéaste a réuni Sam Rockwell, Steve Buscemi, John Malkovich, Parker Posey et Tom Waits pour un road-movie entre Santiago du Chili et L'île de Pâques aux côtés de deux agents de la CIA. Peu de choses ont filtré sur le long métrage, mais on est à peu près assurés de découvrir un film comme aucun autre, qui ne laissera personne indifférent. Comme ses précédentes propositions.

    Flowervale Street - au cinéma le 12 août 2026

    Réalisateur-chouchou des cinéphiles depuis It Follows (2015) et Under the Silver Lake (2018), David Robert Mitchell revient enfin avec un film qui suscite l’une des plus grosses attentes de l’année : Flowervale Street (2026), croisement entre film d’auteur et blockbuster, qui projette Ewan McGregor et Anne Hathaway dans un étonnant voyage au pays des dinosaures après un mystérieux orage. Dans ce nouveau monde, la famille va devoir survivre et comprendre comment retrouver son époque… Présenté comme un hommage à l’esprit eighties et au cinéma de Steven Spielberg, le long métrage devrait être l’une des belles surprises de l’été. Avec, en cas de succès critique et publique, une carte d’outsider à jouer dans la course aux Oscars qui s’ouvrira dans la foulée (la saison des récompenses débute à la rentrée avec le Festival de Toronto).

    Projet dernière chance - actuellement au cinéma

    En parlant d’outsider, voici un autre film qui pourrait s’inviter dans les esprits et les cœurs des membres de l’Académie. Accompagné par des critiques et un buzz extrêmement positif en amont de sa sortie, Projet dernière chance a toutes ses… chances (désolé) de toucher les votant.es, notamment grâce à la relation touchante entre l’alien Rocky et le scientifique campé par Ryan Gosling chargé de sauver le monde. Au-delà d’une nomination pour le travail d’adaptation du roman d’Andy Weir (auteur de Seul sur Mars), on peut imaginer que le film offrira au comédien canadien sa quatrième nomination personnelle, et sans doute une citation pour les artistes au travail sur la création de l’attachante créature rocailleuse.

    Et l’Oscar des outsiders est attribué à…

    Parmi les autres films potentiels -et il y en a BEAUCOUP, notamment ceux qui nous prendront par surprise à Cannes et Venise- on pourrait citer le biopic sur Michael Jackson par le producteur de Bohemian Rhapsody ; Fjord (2026), premier long métrage hors de la Roumanie de Cristian Mungiu porté par Sebastian Stan et Renate Reinsve ; Jack of Spades de Joel Coen avec Josh O'Connor et Frances McDormand ; Amarga Navidad de Pedro Almodovar ; le délicat et intimiste Soudain (2026) de Ryûsuke Hamaguchi (Drive My Car) avec Virginie Efira ; l’Arlésienne The Way of the Wind de Terrence Malick centré sur différents épisodes de la vie du Christ ; Toy Story 5 (2026) s'il renoue avec les sommets du troisième opus ; sans oublier The Bride! de Maggie Gyllenhaal et Hurlevent de Emerald Fennell qui pourraient dépasser leur accueil mitigé en ce début d’année pour être remis en lumière par l’Académie. Vous avez dit année dingue ?

  • Dune 3 : ce détail de la bande-annonce va vous réconcilier avec Timothée Chalamet
    Öykü Sofuoğlu

    Öykü Sofuoğlu

    Rédacteur JustWatch

    Le lendemain de la 98ème cérémonie des Oscars, tout le monde était presque certain qu’on n’entendrait pas parler de Timothée Chalamet pendant un petit moment. Surtout après l’échec colossal de la campagne marketing de Marty Supreme (2025), ainsi que les polémiques que l’acteur a récemment provoquées avec ses propos regrettables sur l’opéra et le ballet.

    Oubliez Marty, place à Paul !

    C’est tout l’inverse qui vient de se produire ! Avec la révélation des affiches officielles de personnages de Dune : Troisième Partie (2026), et la mise en ligne de sa première bande-annonce, Chalamet, tel un phénix, revient sur le devant de la scène. Et avec le grand final que le troisième opus de la saga Dune que le réalisateur Denis Villeneuve nous prépare pour la fin d’année, le comédien va plus que jamais continuer à faire l’actualité ! 

    Cette bande-annonce, c’est un vrai événement : Warner a organisé une projection à Los Angeles et, par une décision qui a quelque peu dérouté certains spectateurs, elle a d’abord été partagée sur TikTok. Mais quel trailer ! Accompagnées d’une musique guerrière et tribale profondément exaltante -une fois encore composée par le grand maestro Hans Zimmer- et chantée par… Timothée Chalamet lui-même (!) comme l’a confirmé le compte Instagram du compositeur, ces deux minutes d’images suffisent à prouver que Villeneuve devrait proposer un véritable chef-d’œuvre et une conclusion digne du matériau source de Frank Herbert.

    Petite récap’ de Dune : Deuxième partie

    Comme Dune : Deuxième partie (2024) est sorti il y a déjà deux ans, certains spectateurs peuvent -comme moi, d’ailleurs- avoir du mal à se souvenir de l’endroit où nous avons laissé le fameux Lisan al-Gaib, notre héros Paul Atréides. Pour rafraîchir les mémoires et mieux comprendre les scènes présentes dans la bande-annonce du troisième opus, voici ce qui se joue à la fin du deuxième film.

    Vous vous souviendrez sans doute que Paul et les Fremen ont réussi à vaincre les forces impériales ainsi que les armées de la Maison Harkonnen, avec l’aide des monstrueux Shai-Hulud. Face à l’Empereur Shaddam IV, Paul révèle d’abord sa véritable identité, exige d’épouser la princesse Irulan, puis affronte et tue Feyd-Rautha en duel. Une fois proclamé Empereur, et alors que les Grandes Maisons refusent de reconnaître son autorité, il ordonne à ses armées de les attaquer. Chani, se sentant trahie par la proposition de mariage de Paul avec Irulan, disparaît dans les déserts d’Arrakis.

    Qu’est-ce qu’on apprend de la bande annonce de Dune : Troisième partie

    Cette troisième entrée de la saga adapte seulement le deuxième tome du cycle de romans de Frank Herbert. Cela pour dire qu’au regard de l’étendue de l’univers du matériau source, ce n’est pas tant une conclusion ! Mais pour concevoir un final épique, Denis Villeneuve pourrait changer certains aspects du récit. On découvre quelques aperçus de ces modifications dès la bande-annonce, car si Le Messie de Dune débute douze ans après les événements du premier tome, le cinéaste a confirmé que cette intervalle sera de dix-sept ans dans le long métrage.

    La bande annonce contient également des scènes des guerres que Paul a menées contre les Grandes Maisons. Quand le jeune homme demande « Comment père faisait-il ? », sa mère lui répond « Ton père n’a jamais eu à déclarer une guerre ». Toutefois, si le film sera résolument guerrier, Villeneuve a rappelé que le cœur du film résidait dans l’histoire d’amour entre Chani et Paul. C’est sans doute pour cette raison que la bande-annonce met en avant une scène clé entre les deux personnages, celle où ils évoquent les noms de leurs futurs enfants. Les internautes ont d’ailleurs commenté ces images en parlant d’un « dead wife montage » appliqué à Chani… et ils n’ont pas tout à fait tort ! 

    La relation entre Paul et Chani rappelle inévitablement celle d’Anakin et Padmé dans Star Wars, épisode III : La Revanche des Sith (2005). En réalité, le roman de Herbert précède chronologiquement Star Wars -c’est donc plutôt la saga de George Lucas qui en reprend certains motifs- mais la question demeure : pourquoi Villeneuve choisit-il de mettre en scène ses personnages dans des images visuellement proches d’une franchise dont l’imagerie reste aussi emblématique ? Néanmoins, la partie que l’on suppose se dérouler dans le futur- celles où Paul a la tête rasée -laisse déjà entrevoir que leur destin ne sera pas comme celui des amoureux tragiques de Star Wars.

    Personnages : nouveaux visages, retours surpris 

    Dans la bande-annonce, on retrouve également des scènes un peu hors contexte, mais qui nous rappellent d’autres personnages centraux du film, comme l’ordre des Bene Gesserit, la princesse Irulan (Florence Pugh) et Dame Jessica (Rebecca Ferguson). On y découvre aussi de nouveaux visages, à commencer par Alia Atréides, la petite sœur de Paul, interprétée par Anya Taylor-Joy, qui avait déjà fait une très brève apparition dans le deuxième film. Il reste encore à découvrir le rôle que ce personnage jouera au sein de la Maison Atréides et les pouvoirs qu’elle possèdera. 

    Une autre figure qui se fait remarquer est Scytale, interprété par Robert Pattinson. Sous des traits méconnaissables, les cheveux blonds -presque à la manière d’un Targaryen de Game of Thrones- il incarne un assassin envoyé pour tuer Paul. Ce personnage fait partie des Danseurs-Visage, des êtres polymorphes capables de modifier leur apparence grâce à leurs pouvoirs.

    Enfin, un autre personnage absent du deuxième film fait son retour dans la bande-annonce : Duncan Idaho ! Interprété par le toujours très charismatique Jason Momoa, on se souvient que le guerrier avait été tué par les Sardaukar dans le premier film. Selon les livres, il sera ressuscité sous la forme d’un « ghola », une sorte de clone cybernétique. Idaho sera d’ailleurs le seul personnage à apparaître dans tous les romans du cycle, ce qui a inspiré chez les fans de la série de nombreuses blagues sur son sort.

    La sortie du film est prévue le 16 décembre en France.

  • Timothée Chalamet et 10 acteurs qui n’ont jamais gagné l’Oscar
    Justine Charlet

    Justine Charlet

    Rédacteur JustWatch

    Il a touché du doigt la statuette mais elle lui est passé sous le nez ! Timothée Chalamet, 30 ans, a encore bien le temps de se voir honorer d’une telle récompense. Si l’acteur figurait parmi les favoris pour la course à la statuette 2026, Michael B. Jordan et sa double prestation dans Sinners (2025) auront eu les préférences de l'Académie.

    Timothée Chalamet

    Cette nouvelle défaite rappelle à quel point même les plus grands talents peuvent rester à l’écart du palmarès. Chalamet, déjà multi-nommé aux Oscars (pour Call Me by Your Name en 2018 et Un parfait inconnu en 2025), semblait pourtant incarner le candidat idéal : jeune, charismatique, capable d’incarner des personnages complexes et marquants à l’écran. Son rôle dans Marty Supreme, acclamé par la critique, combinait intensité dramatique, subtilité émotionnelle et maîtrise technique. Tous les ingrédients qui font rêver l’Académie.

    Mais comme pour tant d’acteurs avant lui —de Leonardo DiCaprio à Jake Gyllenhaal— la reconnaissance de l’Académie ne se mesure pas toujours à l’évidence du talent. Timothée Chalamet rejoint ainsi la longue liste des acteurs exceptionnels régulièrement nommés, admirés et applaudis… mais qui attendent encore de voir leur nom gravé au palmarès des Oscars.

    Tom Cruise

    Icône absolue du cinéma mondial, dont chaque film est un événement planétaire, Tom Cruise est paradoxalement l’un des acteurs les plus célèbres… pour n’avoir jamais remporté l’Oscar du Meilleur acteur ! La faute peut-être à un excès de Mission : Impossible ? Très certainement : l’Américain connaît une évolution qui le place aujourd’hui dans un cinéma bien éloigné des standards de l’Académie.

    Pourtant Tom Cruise compte à son palmarès des rôles plus complexes qui l’ont fait passer à deux doigts de la récompense dorée : je pense à Né un 4 juillet (1989) d’Oliver Stone, où il incarne un vétéran du Vietnam devenu paralysé et militant anti-guerre, qui lui vaut seulement une nomination. Tout comme son rôle d’agent sportif en pleine crise existentielle dans Jerry Maguire (1996).

    Quant à l’une de ses meilleures performances, celle de gourou toxique et brisé dans Magnolia (1999), elle ne lui vaut qu’une nomination… comme Meilleur second rôle. Sans parler de ses interprétations dans Eyes Wide Shut (1999) et Collateral (2004), carrément oubliées par les votant.es. Victime de la concurrence, ce pauvre Major Tom !

    Ralph Fiennes

    Acteur britannique d’une intensité rare, Ralph Fiennes a terrorisé les enfants du monde entier avec son interprétation du méchant Voldemort dans la saga Harry Potter certes. Mais il est surtout reconnu pour sa capacité à incarner des personnages complexes, voire ambigus.

    On se souvient de son rôle d’officier nazi dans La liste de Schindler (1993), qui lui vaut une nomination aux Oscars dans la catégorie Second rôle. Il confirme ensuite avec le magnifique film Le patient anglais (1996), fresque romantique aux 9 Oscars (mais pas celui du Meilleur acteur alors qu’il était pourtant dans la short list), puis avec des rôles plus récents comme dans The Grand Budapest Hotel (2014) de Wes Anderson et son rôle de concierge extravagant et touchant.

    Sur le papier, enfin la pellicule, une carrière riche donc. Et encore, il faut rappeler sa performance dans The Constant Gardener (2005) et plus récemment Conclave (2024). Salué par la critique, toujours, mais jamais récompensé par une statuette. Une absence qui interroge tant Ralph Fiennes semble cocher toutes les cases du profil des Oscarisés : exigence, prise de risque, capacité à disparaître derrière un personnage. 

    Ryan Gosling

    Naviguant entre cinéma indépendant et grandes productions hollywoodiennes, Ryan Gosling est l’un des acteurs les plus charismatiques de sa génération. Le Canadien s’est construit une filmographie tantôt très accessible, tantôt très exigeante, marquée par des choix audacieux. Sa première nomination aux Oscars remonte à Half Nelson (2006) où il joue un enseignant accro à la drogue, mais c’est son rôle de pianiste de jazz passionné dans La La Land (2016), de Damien Chazelle, qui aurait dû lui valoir la précieuse statuette, comme sa partenaire de film Emma Stone. D’autant qu’il avait reçu le Golden Globe quelques semaines avant ! Mais Casey Affleck et son rôle dans Manchester by the Sea (2016) lui volent sa victoire… 

    Entre ces deux moments forts, Ryan Gosling a marqué durablement le cinéma contemporain avec des rôles devenus cultes comme dans Drive (2011) où il impose une présence mutique, toute en tension, puis avec Blade Runner 2049 (2017), où il incarne un héros mélancolique dans un univers futuriste.

    Plus récemment, ses talents de chanteur et danseur ont été valorisés dans Barbie (2023), pour jouer Ken, le petit ami peroxydé de Margot Robbie. Il est actuellement à l’affiche de Projet dernière chance (2026), une adaptation de SF humaniste et feel-good, peut-être un de ses meilleurs rôles. Et si les Oscars 2027 lui souriaient ?

    Adam Driver

    Avec son visage très particulier, long et émacié, Adam Driver est devenu l’un des acteurs les plus fascinants de sa génération. Après des débuts dans la série Girls, il est révélé au grand public avec son costume du tourmenté Kylo Ren dans Le Réveil de la force (2015). Il s’impose ensuite dans un registre plus exigeant avec Paterson (2016) de Jim Jarmusch, où il incarne un chauffeur de bus poète. Et enchaîne avec Martin Scorsese dans Silence (2016), puis avec Spike Lee dans BlacKkKlansman (2018), qui lui vaut une première nomination aux Oscars dans la catégorie Second rôle.

    Mais c’est avec Marriage Story (2019), de Noah Baumbach, qu’il atteint un nouveau sommet. Son interprétation d’un metteur en scène en plein divorce, oscillant entre colère, vulnérabilité et douleur contenue, est unanimement saluée. Il décroche alors une nomination à l’Oscar du Meilleur acteur et s’impose comme l’un des grands favoris… sans finalement l’emporter.

    Depuis, le comédien continue d’enchaîner les projets ambitieux comme House of Gucci (2021) de Ridley Scott, Ferrari (2023) de Michael Mann ou encore Megalopolis (2024) de Francis Ford Coppola. À ce stade de sa carrière, une chose me semble évidente : ce n’est plus une question de talent mais de timing pour décrocher le titre suprême !

    Willem Dafoe

    Plus de 40 ans de carrière, un respect total de l’industrie… mais pas de statuette à déposer sur la cheminée. Que s’est-il passé pour cet acteur si singulier qui plaît autant à Hollywood qu’au cinéma d’auteur, et qui a su faire des choix audacieux, le plaçant dans la catégorie des rôles étranges ?

    Dès les années 1980, il est un sergent profondément humain dans Platoon (1986). Et hop, première nomination aux Oscars dans la catégorie Meilleur acteur dans un second rôle. Puis au fil des décennies, il s’impose comme l’acteur caméléon avec son rôle de Bouffon Vert dans la saga Spider-Man. En 2000, sa réinterprétation du Comte Orlok dans L’Ombre du vampire (2000) lui vaut une deuxième nomination. Raté encore, Benicio del Toro lui vole la vedette pour Traffic (2001). 

    Avec The Florida Project (2017) de Sean Baker, son rôle de gérant bienveillant d’un motel en Floride lui vaut une troisième nomination aux Oscars, toujours pour le second rôle. Sans suite. En 2018, il franchit une étape avec cette fois une nomination au titre de Meilleur acteur grâce à son interprétation de Vincent Van Gogh dans le biopic At Eternity’s Gate (2018) qui lui vaut un Prix d’interprétation masculine à la Mostra de Venise… mais Rami Malek lui est préféré pour sa version de Freddie Mercury dans Bohemian Rhapsody (2018).

    Depuis, Willem Dafoe continue d’enchaîner les rôles marquants, dirigés par des réalisateurs de renom : Robert Eggers avec The Lighthouse (2019), où il joue un gardien de phare halluciné face à Robert Pattinson, Guillermo del Toro avec Nightmare Alley (2021), l’univers singulier de Wes Anderson avec Asteroid City (2023) où il s’intègre parfaitement à une distribution chorale. Toujours là où on ne l’attend pas, il collabore également avec Yorgos Lanthimos dans Pauvres créatures (2023), confirmant son goût pour les projets atypiques, avant de rejoindre l’univers gothique de Tim Burton avec Beetlejuice Beetlejuice (2024). Avec une filmographie aussi dense, à quand la récompense pour Willem Dafoe ?

    Ethan Hawke

    Figure incontournable du cinéma indépendant américain, Ethan Hawke a construit une carrière discrète mais profondément marquante, loin des projecteurs hollywoodiens traditionnels. Acteur, scénariste et réalisateur, il s’impose depuis plus de trente ans comme l’un des visages les plus constants du cinéma d’auteur, encore nommé cette année pour Blue Moon (2025). 

    Révélé dans les années 1990, il connaît une reconnaissance internationale avec la trilogie Before Sunrise (1995), Before Sunset (2004) et Before Midnight (2013), réalisée par Richard Linklater. À travers ces films qu’il coécrit (deux nominations aux Oscars du coup comme Meilleur scénario), il incarne Jesse, un personnage qu’il fait évoluer sur près de vingt ans, offrant une performance rare par sa continuité et sa sincérité. Sa collaboration avec Linklater se poursuit avec Boyhood (2014), projet unique tourné sur douze ans, dans lequel il incarne un père imparfait mais profondément humain. Le film est acclamé par la critique et lui vaut une nouvelle nomination aux Oscars, cette fois dans la catégorie du Second rôle.

    Mais Ethan Hawke ne se limite pas à ce registre. Il impressionne également dans Training Day (2001), face à Denzel Washington, rôle pour lequel il décroche sa première nomination aux Oscars. Plus récemment, il livre une performance intense et habitée dans Sur le chemin de la rédemption (2017), où il incarne un pasteur en pleine crise existentielle. Une interprétation largement saluée… mais ignorée par l’Académie, souvent citée parmi les oublis les plus marquants de ces dernières années. 

    Jake Gyllenhaal

    Jake Gyllenhaal fait partie de ces acteurs dont la carrière est régulièrement associée au mot « injustice » lorsqu’on évoque les Oscars. Depuis plus de vingt ans, il enchaîne les rôles marquants, souvent intenses, parfois dérangeants, sans jamais être récompensé par l’Académie.

    Révélé au début des années 2000, il se fait connaître du grand public avec Donnie Darko (2001), film culte dans lequel il incarne un adolescent troublé. Mais c’est avec Le secret de Brokeback Mountain (2005) qu’il accède à une reconnaissance internationale. Son rôle de cow-boy pris dans une histoire d’amour interdite lui vaut sa première — et à ce jour unique — nomination aux Oscars, dans la catégorie du Second rôle.

    Par la suite, Jake Gyllenhaal prend un virage plus sombre et exigeant. Il impressionne dans Zodiac (2007) de David Fincher, puis dans Prisoners (2013), où il incarne un détective obsessionnel. Mais c’est surtout avec Night Call (2014) qu’il livre l’une des performances les plus marquantes de sa carrière. Amaigri, inquiétant, presque inhumain, il incarne un vidéaste prêt à tout pour capturer des images choc. Une prestation unanimement saluée par la critique… mais totalement ignorée par l’Académie, souvent citée comme l’un des plus grands oublis des années 2010. Acteur de transformation, capable de disparaître derrière ses personnages, Jake Gyllenhaal semble pourtant rester en marge des choix de l’Académie. Trop radical dans ses performances.

    Bradley Cooper

    Acteur, réalisateur, producteur : Bradley Cooper a testé de nombreuses facettes du cinéma, apparaissant comme une figure complète d’Hollywood. Pourtant, malgré une reconnaissance constante de l’Académie, il reste l’un des grands oubliés des Oscars. Longtemps associé à des comédies grand public comme Very Bad Trip (2009), il opère un tournant décisif au début des années 2010.

    Sa performance dans Happiness Therapy (2012), aux côtés de Jennifer Lawrence, lui vaut sa première nomination à l’Oscar du Meilleur acteur. Il enchaîne immédiatement avec American Bluff (2013) et American Sniper (2014), confirmant son statut d’acteur dramatique de premier plan. Mais c’est en passant derrière la caméra qu’il franchit un cap. Avec A Star Is Born (2018), qu’il réalise et dans lequel il donne la réplique à Lady Gaga, Bradley Cooper livre une performance intense et habitée. Le film est un immense succès critique et public, et lui vaut plusieurs nominations aux Oscars, dont Meilleur acteur et Meilleur film. Pourtant, il repart une nouvelle fois les mains vides. 

    Il confirme cette ambition avec Maestro (2023), biopic consacré à Leonard Bernstein, où il se transforme physiquement et livre une interprétation exigeante. Là encore, la performance est saluée, mais l’Oscar lui échappe. Au total, Bradley Cooper cumule plusieurs nominations aux Oscars (acteur, film, scénario, production) sans jamais avoir remporté la récompense. Un paradoxe pour un artiste qui semble cocher toutes les cases : transformation physique, rôles intenses, projets ambitieux. Trop présent et trop polyvalent, le Brad ?

    Paul Dano

    Acteur discret, loin des trajectoires hollywoodiennes classiques, Paul Dano a construit sa carrière à coups de rôles complexes et souvent dérangeants, soulignant l’intensité rare de son jeu. Révélé au grand public avec Little Miss Sunshine (2006), il marque durablement les esprits avec un rôle presque muet, tout en retenue.

    Mais c’est surtout avec There Will Be Blood (2007) de Paul Thomas Anderson qu’il impressionne. Face à Daniel Day-Lewis, il livre une performance intense et troublante dans un double rôle, souvent citée comme l’un des grands oublis des Oscars cette année-là. Paul Dano confirme ensuite son talent dans des films sombres et exigeants comme Prisoners (2013) de Denis Villeneuve, où il incarne un suspect inquiétant, ou encore Love and Mercy (2014), dans lequel il prête ses traits à Brian Wilson, cofondateur des Beach Boys. Une performance saluée par la critique… mais, là encore, ignorée par l’Académie.

    Plus récemment, il s’illustre dans The Batman (2022), où il campe un Sphinx dérangeant et contemporain face à Robert Pattinson, confirmant sa capacité à apporter de la profondeur à des rôles issus du cinéma grand public. Acteur de l’ombre, Paul Dano n’a jamais été nommé aux Oscars. Une anomalie au vu de sa trajectoire.

    Mark Ruffalo

    Acteur engagé et profondément humain, Mark Ruffalo fait partie de ces comédiens dont la carrière repose sur une constance remarquable plutôt que sur des coups d’éclat isolés. Capable d’alterner entre blockbusters et drames exigeants, il s’est imposé comme une figure respectée d’Hollywood… sans jamais décrocher l’Oscar. 

    Révélé dans les années 2000, il enchaîne les rôles marquants avant de connaître une reconnaissance majeure avec Shutter Island (2010) de Martin Scorsese et Tout va bien ! The Kids Are All Right (2010), qui lui vaut sa première nomination aux Oscars dans la catégorie du Second rôle. Il confirme rapidement avec Foxcatcher (2014), où il incarne un lutteur marqué par une relation toxique avec son frère, interprété par Channing Tatum. Mais c’est surtout avec Spotlight (2015) qu’il marque durablement les esprits mais sa nomination aux Oscars en tant que Meilleur acteur dans un second rôle n’aboutit à rien. Dans ce film de Tom McCarthy, pourtant récompensé par l’Oscar du Meilleur film et du Meilleur scénario original, il incarne un journaliste déterminé à révéler un scandale majeur au sein de l’Église catholique. Une performance intense et engagée, qui lui vaut une troisième nomination aux Oscars… sans victoire. 

    Parallèlement, Mark Ruffalo devient mondialement célèbre grâce à son rôle de Hulk dans l’univers Avengers, où il apporte une dimension plus sensible et introspective au personnage de Bruce Banner. Au total, Mark Ruffalo cumule 4 nominations à l’Oscar du Meilleur acteur dans un second rôle, sans jamais l’emporter. Une absence qui contraste avec la régularité de ses performances et son engagement dans des films souvent porteurs de sens.

  • Pillion et 5 films coquins qui explorent des relations kinky
    Öykü Sofuoğlu

    Öykü Sofuoğlu

    Rédacteur JustWatch

    Vous vous souviendrez sûrement du phénomène littéraire, puis cinématographique, qu’a été Cinquante Nuances de Grey. C’est avec cette série -qui n’est d’ailleurs pas aussi choquante qu’on la présentait- que les relations BDSM ont été pleinement absorbées par la culture populaire mainstream. Actuellement au cinéma, Pillion (2025) de Harry Lighton compte parmi les exemples les plus récents de cette tendance à normaliser ces rapports.

    Adapté du roman Box Hill d’Adam Mars-Jones, le film se présente comme un récit initiatique dans lequel Colin, un jeune homme qui n’a pas vraiment d’ambition dans la vie, se retrouve transformé à la suite de sa rencontre avec Ray, un motard charismatique et imposant qui l’initie à une relation passionnée où il incarne le rôle de soumis.

    Avec Harry Melling -le méconnaissable Dudley Dursley de la saga Harry Potter !- et Alexander Skarsgård -toujours aussi mystérieux, drôle et sexy- en tête d’affiche, Pillion traite les relations sadomasochistes et les sous-cultures sous un regard queer, rempli d’humour noir, de passion et d’affection. Pour prolonger l’expérience, je vous présente ici mes cinq films préférés sur le BDSM, qui représentent une belle variété de genres et de tonalités, car vous le savez, chacun son goût !

    La Secrétaire (2002)

    Réalisé par Steven Shainberg, La Secrétaire (2002) est certainement un film très marquant quant à la représentation des relations BDSM dans le cinéma mainstream -des relations qui avaient jusqu’alors été traitées comme une pathologie dangereuse. Adapté de la nouvelle éponyme de Mary Gaitskill, le film offre à son audience un mélange bien dosé de romance, d’érotisme et d’humour noir. Il raconte la relation sensuelle entre un avocat exigeant et sa nouvelle secrétaire, qui découvre son penchant pour assumer un rôle soumis dans les rapports intimes. 

    Les tensions sexuelles entre les personnages sont abordées à travers la hiérarchie d’autorité professionnelle entre employeur et employée -ce qui relève d’une thématique assez répandue dans le genre du thriller érotique. Le film date d’une époque où James Spader avait encore ses magnifiques cheveux, et il est tellement charismatique dans le rôle d’Edward Grey. Mais la vraie révélation du film, c’est Maggie Gyllenhaal ! Petit bonus sur le film : le fait que le personnage de Spader s’appelle Grey a suscité des hypothèses selon lesquelles la fameuse saga Cinquante Nuances de Grey aurait été inspirée du film de Shainberg. À vous de décider !

    The Duke of Burgundy (2014) 

    Même si le cinéaste britannique Peter Strickland s’est d’abord fait connaître auprès de la sphère Art et essai avec son film Katalin Varga (2009), c’est avec The Duke of Burgundy (2014) qu’il est devenu une figure provocatrice et prometteuse que l’on comparait souvent à Yorgos Lanthimos. Strickland n’a certainement pas le rythme de production de ce dernier et, depuis Flux Gourmet (2022), on entend très peu son nom. Mais The Duke of Burgundy a certainement laissé une impression durable sur une génération de cinéphiles.

    Prévenons quand même que l’on est loin de la tonalité de La Secrétaire et que le côté subversif ainsi que le récit impassible du film pourraient être un peu trop pour la sensibilité de certains spectateurs. Inspiré du cinéma de Jesús Franco, Strickland met en scène la relation amoureuse de deux femmes, Evelyn et Cynthia, qui s’engagent dans des jeux de domination et de soumission. L’ingéniosité du film réside dans le renversement des rôles que le film dévoile progressivement en explorant la nature de leur relation. Strickland se caractérise avant tout par son style tactile, avec l’attention qu’il porte aux textures, aux couleurs et aux sensations. Par rapport aux films figurant dans cette liste, The Duke of Burgundy est celui qui porte les représentations des rapports BDSM au-delà du cadre narratif et qui en capture l’essence en tant qu’expérience sensorielle.

    Les Chiens ne portent pas de pantalon (2019)

    Peut-être moins connu que les autres films de la liste, cette pépite du cinéma finnois propose également une approche intéressante des rapports BDSM. Réalisé par J-P Valkeapää, Les Chiens ne portent pas de pantalon (2019) se concentre sur Juha, un chirurgien dont la femme est morte noyée il y a plusieurs années. Traumatisé par cette perte, on découvre que Juha a fini par développer un rapport assez conflictuel avec sa propre sexualité. Un jour, alors qu’il visite un salon de piercing avec sa fille, il fait la connaissance de Mona, une dominatrice à qui il demande plus tard, de manière désespérée, de l’asphyxier.

    L’obsession de Juha pour être puni est sans doute traitée sous un angle plus psychologique, à travers un lien causal entre ce qu’il désire et ce dont il se sent coupable. Même si le récit pourrait laisser croire que le film optera pour une structure conventionnelle – sublimation de la douleur suivie d’un retour au « normal » –, il surprend son audience par une fin assez ouverte, qui ne fournit pas forcément une résolution narrative classique, surtout concernant sa relation avec sa fille, et qui n’instrumentalise pas les relations BDSM. Si vous appréciez l’humour excentrique scandinave – notamment les œuvres de cinéastes comme Aki Kaurismäki ou Roy Andersson –, vous devriez regarder Les Chiens ne portent pas de pantalon sans hésitation. De plus, le film bénéficie d’une bande originale excellente, composée de morceaux électroniques hypnotiques et très sensoriels.

    La Vie selon Ann (2023)

    Joanna Arnow est aujourd’hui considérée comme l’une des voix les plus singulières du cinéma indépendant américain. Son premier long métrage, i hate myself :) (2013), la mettait déjà en scène, explorant à la fois sa relation toxique avec un poète provocateur et raciste et sa vie familiale auprès de ses parents. En prolongeant cette approche autodérisoire dans La Vie selon Ann (2023), tout en s’investissant davantage dans un registre proche du documentaire que de la fiction, Arnow met en scène une femme, Ann, qui s’engage dans des relations BDSM de courte durée, sans vraiment parvenir à construire une relation amoureuse.

    Arnow n’a pas peur de provoquer son audience et utilise la performativité des pratiques BDSM et des jeux sexuels, qu’elle pousse parfois jusqu’à l’absurde. C’est un angle sous lequel le désir sexuel féminin est rarement traité, et l’humour deadpan qu’elle mobilise fonctionne à merveille. Arnow construit également un récit parallèle autour de la vie professionnelle de son personnage -qu’elle interprète elle-même- où son état de soumission sert aussi de point de départ à une réflexion sur le capitalisme tardif dans lequel sa génération se retrouve piégée. Ici, ce n’est pas tant l’aspect potentiellement choquant des relations qui perturbe l’audience, mais plutôt l’absurde et l’autodérision, qui rendent certaines scènes étonnamment difficiles à regarder. Si vous appréciez l’humour de Nathan Fielder et ses séries The Rehearsal (2022-) et The Curse (2023), l’univers de Joanna Arnow est sans doute fait pour vous.

    Babygirl (2024)

    Le désir de soumission chez les femmes au cinéma est souvent abordé sous un angle hétéronormatif et masculiniste -en particulier dans les classiques du thriller érotique tels que 9 Semaines ½  (1986). La réalisatrice néerlandaise Halina Reijn, en s’inspirant du cinéma de Paul Verhoeven, renverse justement cette perception et parvient à aborder ce désir depuis une perspective féminine.

    Le récit de Babygirl (2024) se tisse autour de Romy, PDG quinquagénaire d’une prestigieuse entreprise de robotique à New York. Derrière la façade d’une vie harmonieuse, tant sur le plan professionnel qu’intime, elle ne trouve pas d’épanouissement sexuel –jusqu'à ce qu’un jeune stagiaire nommé Samuel entre dans sa vie et réveille les désirs de soumission qu’elle dissimulait à son mari. Le personnage dont la réalisatrice explore les désirs n’est pas exempt de contradictions ni de complexes, et, à travers les contrastes qui se manifestent entre son intimité et sa position professionnelle, Reijn aborde également, avec audace, certaines tensions du féminisme contemporain.

    Au-delà de ces aspects, Babygirl (2024) constitue un excellent exemple d’un plaisir visuel pensé au féminin, qui saisit les sensations et les sentiments complexes des relations BDSM sans objectiver le corps des femmes. Le film est aussi un véritable festin de performances, à commencer par Nicole Kidman, dont le rôle lui a valu le prix de la meilleure actrice à la Mostra de Venise, mais aussi Harris Dickinson et Antonio Banderas -tous deux livrant ici certaines de leurs performances les plus mémorables de ces dernières années.

  • « Je pleure à chaque fois » : l’une des KPop Demon Hunters adore ce film Pixar !
    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Elle n’a techniquement pas reçu l’Oscar de la Meilleure chanson, décerné à EJAE, Mark Sonnenblick, Joong Gyu-kwak, Lee Yu-han, Nam Hee-dong, Teddy Park et 24 qui ont œuvré sur sa création. Mais Audrey Nuna est indissociable du succès planétaire de Golden (Briller en version française), le titre-phare de KPop Demon Hunters (2025) qu’elle interprète en trio avec EJAE et Rei Ami.

    Plus qu’une chanson, un hymne

    De la même manière que le film d’animation -également récompensé par une statuette dorée dimanche- a dominé les visionnages de Netflix depuis sa sortie en octobre dernier (325 millions de vues, soit le plus gros succès de tous les temps de la plateforme), Golden a généré plusieurs milliards d’écoute en quelques mois à peine. Enfants comme parents ne peuvent s’empêcher de fredonner encore et encore le morceau (je le fais en écrivant ces lignes !), décliné à travers d’innombrables covers et karaokés.

    Dans KPop Demon Hunters, on suit les aventures musicales et surnaturelles des HUNTR/X, un trio de Kpopstars qui enchante les scènes du monde entier le jour et combat de redoutables démons la nuit venue. Quand ces derniers prennent l’apparence du nouveau groupe à la mode, Rumi, Mira et Zoey vont se retrouver face à leur plus grand défi pour protéger leurs fans et leur unité, alors que Rumi cache un terrible secret à ses deux amies…

    Le plaisir (pas si) coupable d’Audrey Nuna 

    C’est durant la promotion du long métrage que JustWatch a pu s’entretenir avec Audrey Nuna. L’occasion de la soumettre à notre format récurrent et savoureux : le « Sorry Not Sorry », ou quand les talents du cinéma nous partagent leur plaisir coupable ! Vous savez, ces films un peu honteux, presque « doudou », qu’on ne peut s’empêcher de revoir encore et encore… et qu’on est souvent les seuls à aimer. Dans le cas d’Audrey Nuna, toutefois, je dois avouer que son plaisir coupable trouve un écho plus que favorable dans mes goûts personnels.

    La chanteuse, entendue sur les bandes originales de Shang-Chi et la Légende des Dix Anneaux, Insecure, Agent Stone et KPop Demon Hunters, a choisi un autre film d’animation : 1001 Pattes / A Bug’s Life (1998), deuxième long métrage de l’histoire des studios Pixar. « C’est l’un des films les plus émouvants de tous les temps. Je pleure littéralement chaque fois que je regarde ce film ! Je ne sais pas pourquoi… Mais je le trouve vraiment très profond. Quand Tilt n’arrête pas de faire des erreurs et que sa colonie le pense inutile alors qu’il veut juste aider, je crois que c’est quelque chose qui me touche profondément. »

    Tilt, c’est le sympathique et envahissant anti-héros de cette aventure à hauteur d’insectes. Une petite fourmi très imaginative (dont les inventions, pourtant brillantes, provoquent souvent des catastrophes) qui se met en tête de dénicher des mercenaires pour aider sa colonie face aux pillages incessants des sauterelles menées par le tyrannique Le Borgne. A la suite d’un quiproquo, Tilt va engager un groupe iconoclaste d’artistes de cirque -qu’il pense être de redoutables combattants- pour venir au secours de sa fourmilière… alors que la troupe, elle, pense être engagée pour un spectacle prestigieux !

    Un Pixar « mineur » et pourtant incontournable

    1001 Pattes a longtemps été mon Pixar préféré. Et si Alerte Rouge l'a délogé il y a peu, il occupe toujours une place particulière dans mon coeur de spectateur. Il fait pourtant partie des productions sous-cotées du studio à la lampe bondissante, éclipsé par les jouets de Toy Story, les poissons du Monde de Nemo, les créatures de Monstres et Cie, les souris gastronomes de Ratatouille, les super-héros des Indestructibles, les bolides de Cars, les robots amoureux de WALL-E, les émotions de Vice-Versa et les revenants musiciens de Coco.

    Et pourtant quel régal d’inventivité, de dialogues (la VF est un bijou) et de personnages, entre Marcel la coccinelle au grand coeur, Heimlich la chenille gourmande, Fil le phasme élégant et flippé, Manny la mante religieuse sage et mystique, Chivap et Chichi les cloportes intenables, la princesse Atta, la petite Couette, le très barnumien Lilipuce, le délicieusement méchant le Borgne et son abruti de frère… Des interactions au sein de la troupe au plan d'attaque en passant par les monologues de la méchante sauterelle, tout est génial.

    Au croisement de Minuscule, Les Sept mercenaires et Galaxy Quest, c’est un Pixar méconnu, certes, mais incontournable, qu’on confond à tort avec Fourmiz, projet concurrent de DreamWorks sorti la même année. Moins verbeux et intello, beaucoup plus jovial, drôle et rythmé, 1001 Pattes incarne à mes yeux l’esprit Pixar des débuts : du pur storytelling, une capacité à humaniser un univers pourtant très éloigné de nous, et un plaisir communicatif durant les 1h35mn de visionnage. Et attention, 1h35mn et pas une de moins : il faut bien rester durant le générique, riche en surprises avec un bêtisier absolument hilarant de nos amis les insectes !

  • Park Chan-wook défend l’un des pires films de tous les temps comme « un chef-d’œuvre »
    Öykü Sofuoğlu

    Öykü Sofuoğlu

    Rédacteur JustWatch

    Au sein des franchises d’horreur, il est difficile de trouver des suites qui dépassent la réussite et l’effet de choc des films originaux — notamment parce que les deuxièmes volets reprennent très souvent la même formule employée par le premier. Il existe certes des cas exceptionnels, comme Evil Dead 2 (1987), Ouija : Les Origines (2016) et Annabelle : La Maison du mal (2019.

    Mais le consensus critique montre généralement que ces suites trouvent leur origine moins dans une nécessité organique de faire avancer un récit que dans le besoin des studios de générer davantage de profits.

    Park Chan-wook est un grand fan de L'Exorciste 2 ! 

    Par ailleurs, il y aussi les amateurs de l'horreur avec des goûts assez particuliers qui vont à l'encontre des avis conventionnels sur les franchises. Le réalisateur coréen et prochain Président du Jury du Festival de Cannes Park Chan-wook en fait partie quand il explique qu’à ses yeux, L'Exorciste 2 : L'Hérétique (1977) est aussi bon que L'Exorciste (1973) ! 

    Lors d’un échange avec JustWatch autour de son nouveau film Aucun autre choix (2025), Park a confié être un grand admirateur de cette suite décriée signée John Boorman. Il a expliqué, avec une conviction apparente : « Depuis plus de 25 ans, j’ai toujours affirmé que la suite de L’Exorciste est un excellent film. » À une époque où Park était encore critique de cinéma, il avait même écrit des articles dans lesquels il défendait L’Exorciste 2 !

    Le réalisateur va même jusqu’à le qualifier de chef-d’œuvre. Ce n’est sans doute pas un hasard si Park conseille également au public de regarder -ou de redécouvrir- ses films les moins appréciés par la critique. Il s’adresse certainement à des spectateurs et spectatrices qui, comme lui, pourraient très bien y déceler des aspects et des perspectives qui leur plairont malgré des avis peu favorables.

    Un véritable phénomène culturel

    Réalisé par William Friedkin, L'Exorciste est unanimement considéré comme un classique de l’histoire du cinéma. Adapté du roman éponyme de William Peter Blatty, le récit se concentre sur un cas de possession démoniaque qui bouleverse la vie de la famille McNeil. À l’âge de 12 ans, la jeune Regan manifeste des comportements étranges et de plus en plus violents. Sa mère, Chris, en plein désespoir, sollicite l’aide de deux prêtres -le père Karras et le père Merrin- afin de sauver sa fille des forces du Mal.

    En s’intéressant à des questions métaphysiques tout en maintenant une tonalité viscérale et expressive, Friedkin a incontestablement réalisé un chef-d’œuvre dont l’influence persistera auprès des générations de cinéastes qui lui succéderont. Outre les neuf nominations qu’il a reçues aux Oscars -dont deux récompenses-, L’Exorciste est également connu pour être le premier film d’horreur nommé dans la catégorie du Meilleur Film.

    Par ailleurs, au-delà de sa reconnaissance critique, le long métrage est devenu un véritable phénomène culturel, notamment en raison des réactions extrêmes du public lors de sa sortie, qui ont largement contribué à sa notoriété. Comment aller encore plus loin face à un tel phénomène ? La tâche de John Boorman n’en était que plus délicate.

    L'Exorciste 2 est-il vraiment à la hauteur du film original ?

    La suite se déroule quatre ans après les événements du premier film. Regan, désormais adolescente, cherche à mener une vie normale malgré les traumatismes qui continuent de la hanter. Elle est approchée par un prêtre, le père Lamont, qui mène une enquête sur la mort du père Merrin ainsi que sur le pouvoir démoniaque de l’entité baptisée Pazuzu.

    À sa sortie, les réactions du public et des critiques sont diamétralement opposées à celles suscitées par L'Exorciste : le film est rapidement qualifié de l’un des pires de tous les temps. Friedkin lui-même a accusé Boorman d’avoir diminué la valeur de son film. Même si L'Exorciste 2 a failli mettre fin à la carrière de son réalisateur, il a également eu de fervents défenseurs, comme Pauline Kael, Martin Scorsese et, bien évidemment, Park Chan-wook !

    Il est vrai que les deux films diffèrent considérablement dans leur approche du matériau source. Celle de Boorman est beaucoup plus radicale, visuellement audacieuse et plonge davantage dans l’aspect métaphysique. Il n’est pas difficile de comprendre pourquoi des spectateurs, venus chercher une expérience de terreur et de peur extrême, ont été déçus par le mysticisme et la « psychédélie » formelle du film. Quoi qu’il en soit, L'Exorciste 2 est loin d’être le pire film de l’histoire du cinéma — un statut, on l’espère, qui contribuera à sa popularité.

    Suivant la recommandation du cinéaste Park, si vous avez envie de regarder L'Exorciste 2, on vous conseille également Boorman and the Devil (2025) de David Kittredge — un documentaire qui plonge le spectateur dans les coulisses du film, à travers des entretiens réalisés avec le cinéaste lui-même, ainsi qu’avec les acteurs et les techniciens ayant travaillé sur le film.

  • 5 séries irlandaises à binger pour la Saint-Patrick
    Maëlle Beauget-Uhl

    Maëlle Beauget-Uhl

    Rédacteur JustWatch

    Si vous souhaitez célébrer la Saint-Patrick loin des clichés sur l’Irlande (du style trèfles à quatre feuilles et gentils leprechauns), le petit écran et les plateformes de streaming ont récemment su offrir aux téléspectateurs des séries 100% irlandaises réussies, de la comédie au drame en passant par… les deux en même temps !

    Vous aurez d’ailleurs remarqué que l'Irlande connait un véritable succès à Hollywood depuis quelques années : de Cillian Murphy (premier acteur irlandais à remporter un Oscar pour son rôle dans Oppenheimer), à Jessie Buckley qui, hier soir, est également devenue la première actrice irlandaise à remporter la statuette dorée pour sa performance bluffante dans Hamnet), en passant par son partenaire à l’écran Paul Mescal, mais également Saoirse Ronan, Barry Keoghan, Kerry Condon ou encore les icônes que sont Colin Farrell et Brendan Gleeson, l’Irlande a de quoi être très fière de sa scène culturelle.  

    Comme je le disais, vous pouvez également retrouver ce talent indéniable et magnétique Made in Ireland sur petit écran. Alors si vous préférez célébrer la Saint-Patrick chez vous plutôt que dans un bar, je vous ai concocté avec JustWatch une liste de 5 séries à binger en ce 17 mars. 

    Derry Girls (2018-2022)

    On commence avec ma série préférée sur cette liste, qui est en réalité, l’une de mes séries préférées tout court : j’ai nommé… Derry Girls. Je vais donc essayer de vous convaincre -de façon très objective- de découvrir au plus vite cette pépite signée Lisa McGee si ça n'est pas déjà fait. Derry Girls se concentre sur la vie quotidienne d’un groupe d'adolescentes de Derry, une ville de l’Irlande du Nord dans les années 90. Avec un thème pareil, on peut s’attendre à une série assez dramatique… Mais Lisa McGee a créé avec Derry Girls, une véritable masterclass en comédie !

    La scénariste s’est en partie inspirée de son adolescence au sein d’une famille Catholique pendant le conflit nord-irlandais, plus connu sous le nom de « troubles ». Elle voulait en effet peindre un tableau un peu moins sombre que ce qui avait l’habitude d'être fait au cinéma en ce qui concerne ce conflit qui a duré pratiquement trente ans. Non pas parce qu’il n'était pas grave ou important, mais parce que pour la population de l’Irlande du Nord, la vie devait trouver un moyen de suivre son cours et les adolescent.es un moyen de vivre leur jeunesse le plus normalement possible. 

    C’est là qu'entrent en scène nos Derry Girls, toutes plus hilarantes les unes que les autres: Erin, Orla, Claire, Michelle, et « le petit Anglais », James. La série a révélé de nombreux talents tels que Nicola Coughlan (Bridgerton), Louisa Harland (Renegade Nell) ou encore Anthony Boyle, qu’on a pu découvrir dans de très nombreuses séries ces dernières années (Masters of the Air, Manhunt

    House of Guinness (2025-)

    Steven Knight, le créateur de Peaky Blinders est un spécialiste des drames historiques. Le dernier en date, House of Guinness, se concentre sur la vie des héritiers Guinness à la mort de leur père. La série se déroule à Dublin à la fin du XIXème siècle, et bien que certains éléments et personnages soient fictifs, la série nous fait voyager à travers une époque très intéressante de l’Histoire de l’Irlande. 

    En effet, à ce moment-là, la ville de Dublin est divisée entre les aristocrates irlandais, majoritairement protestants, et les Feniens, des nationalistes irlandais catholiques qui combattent la présence britannique en Irlande. La bande originale anachronique et explosive utilisée par Knight (les fans de Fontains D.C devraient adorer) et l’écriture enflammée du scénariste donnent une énergie folle à la série, que j’ai devorée en deux jours.

    On retrouve d’ailleurs Anthony Boyle, que j’ai mentionné plus haut, et qui incarne l'aîné de la fratrie Guinness. Il est accompagné d’une distribution presque entièrement irlandaise et vraiment impressionnante, de Fionn O’Shea (Dating Amber), à Niamh Mccormack en passant par Jack Gleeson (Game of Thrones) et Danielle Galligan (Shadow and Bone).

    Bad Sisters (2022-2024)

    On continue dans les familles très attachantes mais légèrement dysfonctionnelles, avec Bad Sisters, une série Apple TV créée par Sharon Horgan et que j’ai -sans surprise- adorée, tant l'écriture de la scénariste est travaillée avec finesse, humour et réalisme (c’est difficile de croire qu’on est pas réellement face à de vraies sœurs tant l’alchimie est là !). Les sœurs Garvey sont très soudées mais elles ont toutes un caractère bien défini. Grace est la plus calme, la plus douce et bienveillante. Elle a une fille et un mari que ses sœurs détestent plus ou moins en secret, John Paul Williams, surnommé « The Prick » en anglais.

    L’histoire se déroule sur deux temporalités : on commence avec l’enterrement de John Paul Williams. Eh oui, Grace est veuve -et non, ceci n’est pas un spoiler-. Mais une compagnie d’assurances est chargée d'enquêter en profondeur sur les causes du décès soit disant accidentel de John Paul. On est ensuite transportés six mois plus tôt, alors que John Paul est encore en vie, et on commence alors à comprendre les dynamiques familiales tordues qu’il avait installées. 

    Je ne vous en dit pas plus, mais croyez moi, quand on commence un épisode de Bad Sisters, on ne peut plus s'arrêter. Tout le monde devient suspect et on remet en cause n’importe quel alibi. Et si vous êtes bilingue en humour noir, Bad Sisters est faite pour vous ! Ce sont encore des noms que le tout Hollywood s’arrachent qui sont à l’affiche de cette série de Sharon Horgan, qui tient également le rôle de l'aînée des sœurs Garvey : Eve Hewson (Disclosure Day, Jay Kelly) ou encore Daryl McCormack (Orgueil et Préjugés, Wake Up Dead Man : Une Histoire à couteaux tirés) font tous partie de cette distribution impressionnante.

    Say Nothing (2024)

    Say Nothing, la troisième et dernière série de cette liste mettant en scène Anthony Boyle -cet acteur de seulement 31 ans fait des choix de carrière extrêmement intéressants et diversifiés- adopte un ton beaucoup plus dramatique, pour de nombreuses raisons. D’abord, il s’agit d’une histoire vraie et de personnages historiques très connus pour leurs actions au sein de l’IRA (Armée Républicaine Irlandaise), pendant le conflit nord-irlandais. Elle se déroule sur environ trois décennies, des années 70 aux années 90. 

    De plus, avec Say Nothing, il s’agit non pas de faire le procès de qui que ce soit ou d'innocenter ces anciens volontaires de l’IRA, mais plutôt d'essayer de comprendre et de rassembler les tenants et les aboutissants : de la disparition d’une mère de famille dans les années 70, à la grève de la faim menée par les soeurs Price, Dolours et Marian, suite à leur incarcération pour l’attentat à la voiture piégée d’Old Bailey à Londres. 

    C’est une série absolument passionnante -sombre, bien sûr- mais si vous avez envie d’en apprendre plus sur le conflit nord-irlandais, ou si vous souhaitez avoir un point de vue nouveau sur ces événements, Say Nothing est porté par des prestations impressionnantes. Et par un niveau d’écriture qui atteint des sommets de réalisme, qu’il s’agisse de scènes de combats dans les rues de Belfast, ou des séquences plus calmes mais tout aussi fondamentales dans la compréhension de ce conflit et de la psychologie des différents partis. Lola Petticrew (Trespasses) et Hazel Doupe, qui incarnent les sœurs Price, sont par ailleurs vraiment excellentes dans leur rôle. 

    De Belfast au Paradis (2025)

    De Belfast au paradis, c’est un peu Derry Girls qui rencontre Bad Sisters. Lisa McGee est donc de retour avec une comédie à l’humour un peu macabre en 8 épisodes, dans laquelle trois copines d’enfance apprennent qu’une quatrième amie, Greta, est décédée. Elles se retrouvent dans le comté de Donegal en Irlande du Nord pour lui rendre hommage, mais lorsqu’un événement étrange se produit lors de la veillée funéraire, le trio en vient même à se demander si leur amie est vraiment morte… 

    Là encore, j’ai été happée par le rythme et l’humour noir qui fait effectivement penser à Derry Girls, comme à Bad Sisters. Et s’il y a déjà des fans de Derry Girls parmi vous, vous reconnaîtrez forcément quelques visages familiers, qui me font toujours sourire lorsque je les vois à l'écran. Saoirse Monica-Jackson (Derry Girls, The Decameron) fait d’ailleurs une apparition, comme une véritable guest-star : oui, Lisa McGee sait faire plaisir à ses fans de la première heure !

  • De Michael B. Jordan à la Kpop : les 20 « première fois » des Oscars 2026
    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Certes, il y a eu Sean Penn, lauréat de son troisième Oscar. Certes il y a eu le compositeur Ludwig Göransson, qui a reçu lui aussi sa troisième statuette (en sept ans !). Certes il y a eu le sixième trophée pour le génie des effets visuels Joe Letteri, qui a mis Pandora en images. Mais pour le reste, l’essentiel des talents récompensés durant la 98ème cérémonie des Oscars étaient des « first-timers », symbole du renouvellement du paysage hollywoodien.

    Cassandra Kulukundis (et le casting)

    C’était par définition la Première la plus évidente : l’intronisation de la catégorie du Meilleur casting, saluant le travail de l’ombre mais ô combien essentiel mené par les directeurs -en réalité souvent des directrices- de casting pour composer un ensemble choral talentueux devant la caméra et repérer les visages de demain. A l’image de Chase Infinity, révélation de Une bataille après l’autre, recommandée par Cassandra Kulukundis à Paul Thomas Anderson pour camper la fille de Leonardo DiCaprio à l’écran. A l’oeuvre sur tous les films de « PTA » depuis Magnolia (1999), l’Américaine entre donc dans l’histoire de l’Académie comme la première lauréate dans cette catégorie. Rendez-vous l’an prochain pour une autre nouvelle section, honorant les coordinateurs, cascadeurs et doublures.

    Michael B. Jordan

    En recevant l’Oscar du Meilleur acteur des mains d’Adrien Brody, Michael B. Jordan a convoqué celle et ceux qui l’ont précédé dans l’histoire des Oscars : Sidney Poitier, Denzel Washington, Jamie Foxx, Forest Whitaker et Will Smith, ainsi que Halle Berry. « Être parmi ces géants, ces légendes, parmi mes ancêtres, parmi mes mentors… Merci à vous tous, ici présents et chez vous, pour votre soutien tout au long de ma carrière. Je le ressens. Je sais que vous souhaitez ma réussite, et je veux y parvenir car vous avez cru en moi. Alors merci de continuer à croire en moi. » S’il est le sixième comédien afro-américain à recevoir le trophée, son double-rôle dans Sinners marquait sa première nomination. Et sa première victoire donc.

    Jessie Buckley (et l’Irlande)

    Hamnet offre à Jessie Buckley son premier Oscar, mais aussi la première statuette à l’Irlande dans la catégorie de la Meilleure actrice. Très émue malgré son statut de grande favorite, cette comédienne discrète, authentique et puissante a rappelé que les hasards du calendrier avaient fait coïncider la cérémonie avec la Fête des Mères au Royaume-Uni. L’occasion pour elle de remercier sa réalisatrice Chloé Zhao : « Apprendre à connaître cette femme exceptionnelle et comprendre la puissance de l’amour maternel est la plus grande rencontre de ma vie. (...) Je voudrais dédier cet hommage au magnifique chaos du cœur d’une mère. Nous descendons toutes d’une lignée de femmes qui, contre vents et marées, continuent de créer. »

    Amy Madigan

    Elle a attendu quarante ans pour retrouver les lumières de la cérémonie des Oscars. La deuxième fois a été la bonne pour Amy Madigan, enfin sacrée par une statuette dorée pour son rôle aussi marquant que flippant dans Évanouis. Celle qui, un peu mise de côté par Hollywood, songeait à mettre un terme à sa carrière au moment où le réalisateur Zach Cregger est venu la chercher pour le rôle de Tante Gladys, avait connu les honneurs d’une nomination en 1986 pour Soleil d'automne, sans succès à l’époque. Elle triomphe enfin, à 75 ans, sous les yeux émus de son compagnon de toujours Ed Harris. C’est la deuxième lauréate la plus âgée de l’histoire, après Jessica Tandy, primée à 80 ans pour Miss Daisy et son chauffeur. Comme quoi, il n’est jamais trop tard !

    Paul Thomas Anderson

    C’est le grand gagnant de la soirée. Et il a rattrapé en une seule édition l’injustice et le sort qui semblaient s’acharner sur lui, film après film. Jamais primé par l’Académie depuis Boogie Nights malgré onze nominations, Paul Thomas Anderson a raflé trois Oscars ce dimanche sur la scène du Dolby Theatre. Et non des moindres : Meilleur film, Meilleure réalisation et Meilleur scénario adapté pour Une bataille après l’autre. Son premier Oscar est donc en réalité un triplé, qui lui permet de rentrer d’office dans un club très fermé où il côtoie Billy Wilder, Francis Ford Coppola, James Cameron, Peter Jackson, les frères Coen, Alejandro González Iñárritu, Bong Joon-Ho, Sean Baker et Walt Disney. Pour une première, « PTA » a fait fort !

    Ryan Coogler

    Cette 98ème cérémonie se jouait entre Une bataille après l’autre et Sinners. Et donc entre Paul Thomas Anderson et Ryan Coogler. Comme « PTA », le cinéaste a reçu sa toute première statuette dorée ce dimanche, saluant le scénario original de son film qui croise gangsters, musique noire américaine et vampires. Avec l’humilité qui le caractérise, Ryan Coogler a demandé à toute son équipe de se lever, afin de pouvoir les saluer et les remercier depuis la scène. S’il passe à côté de l’Oscar de la Meilleure réalisation (qui n’a jamais été décernée à un.e cinéaste afro-américain.e en 98 ans !), ce premier trophée atteste de son poids à Hollywood. Et qu’il le reçoive le même soir que son acteur-fétiche et ami Michael B. Jordan, qui l’accompagne depuis Fruitvale Station, c’est tout un symbole.

    Autumn Durald Arkapaw

    L’Oscar de la Meilleure photographie décerné à Autumn Durald Arkapaw pour Sinners est historique. Pour elle, évidemment, qui reçoit la toute première récompense majeure de sa carrière pour ce film tourné en IMAX (c’est la première femme à réaliser cela). Mais plus largement pour toutes les femmes chargées de la lumière et des caméras sur les plateaux hollywoodiens, qui n’avaient jamais pu toucher ce prix en 98 ans de cérémonie. Oui, il a fallu près d’un siècle pour que le nom d’une artiste soit accolé à « Best Achievement in Cinematography ». C’est ahurissant, quand on y pense. Et surtout scandaleux alors que la première nomination pour une directrice de la photographie remonte à… 2018, soit neuf décennies après la création de la catégorie ! Quand Autumn Durald Arkapaw a fait lever toutes les femmes de l’assistance pour célébrer ensemble ce moment majeur, c’était un moment très fort. 

    Andy Jurgensen

    Monteur de clips pour Radiohead et Haim, Andy Jurgensen croise la route de Paul Thomas Anderson sur Inherent Vice (2014) où il officie en tant qu’assistant-monteur. Il le retrouve sur Phantom Thread (2017) et Licorice Pizza (2021), avant de se voir confier l’orchestration des images de Une bataille après l'autre. La poursuite hallucinante et hallucinée en plein désert, la quête de Leonardo DiCaprio pour mettre la main sur un chargeur de batterie ou l’hilarant dialogue de sourds au téléphone pour tenter de retrouver un code vieux de plusieurs années sont à mettre au crédit du jeune homme, dont le sens du rythme et du montage ont été loués. Avec à la clé ce tout premier Oscar. Il y a fort à parier que d’autres suivront.

    Tamara Deverell

    Si son collègue Shane Vieau avait déjà eu la joie de recevoir un Oscar en 2018 pour les décors de La Forme de l'eau, la statuette décernée aux décors, plateaux et accessoires de Frankenstein est une première pour Tamara Deverell. Le cinéaste mexicain avait repéré son talent pour bâtir des décors aussi somptueux que chargés en caractère sur la série The Strain (2014-2017), le visuellement sublime Nightmare Alley (2021) et son anthologie Le Cabinet de curiosités de Guillermo del Toro (2022). Une patte idéale pour donner vie à l’univers gothique imaginé par Mary Shelley, qui a tapé dans l'œil des votant.es et offert à Tamara Deverell une consécration mondiale en compagnie de Shane Vieau.

    Kate Hawley

    Comme Tamara Deverell, Kate Hawley est une fidèle du cinéma de Guillermo del Toro, qu’elle a accompagné sur les costumes de Pacific Rim (2013), Crimson Peak (2015) et Frankenstein. Celle qui a également imaginé des costumes pour la Terre du Milieu de la trilogie Le Hobbit (2012-2014) et de la série Le Seigneur des Anneaux : Les Anneaux de Pouvoir (2023-), les looks de Harley Quinn et de la Suicide Squad (2016) et la garde-robe rétro-futuriste de Mortal Engines (2018) risque d’être très demandée après ce premier Oscar.

    Gwendolyn Yates Whittle & Juan Peralta

    Qu’on ait aimé la proposition de F1® Le Film ou regretté que le long métrage de Joseph Kosinski lorgne un peu trop vers la publicité géante pour les circuits de Formule 1, on ne peut qu’être d’accord sur l’immersion incroyable proposée par le film. On est littéralement avec Brad Pitt et Damson Idris derrière le volant, sur le bitume et dans les stands. Et les effets sonores participent énormément à l’expérience. Parmi les cinq lauréats de la statuette du Meilleur son, on retrouve deux néo-oscarisés : Gwendolyn Yates Whittle qui a pourtant une filmographie longue comme le bras qui remonte à Willow (1988), et Juan Peralta, mixeur chevronné depuis la fin des années 90 qui travaille en ce moment même sur le mixage de Avengers Doomsday (2026).

    Mike Hill, Jordan Samuel et Cliona Furey

    Aussi fou que cela puisse paraître, La Forme de l’eau, dont la créature amphibie campée par Doug Jones était une immense réussite technique et artistique, n’a pas été nommée à l’époque pour les Meilleurs maquillages. C’est ainsi que Mike Hill et Jordan Samuel ont connu leur toute première nomination aux Oscars cette année avec Frankenstein, accueillant Cliona Furey, elle aussi primo-nommée au sein de leur équipe qui a été chargée de donner vie à la Créature de Mary Shelley revisitée par Guillermo del Toro. C’est d’ailleurs Cliona Furey qui a conseillé au cinéaste de proposer le rôle à Jacob Elordi, qu’elle avait coiffé en Elvis sur Priscilla (2023). Au-delà de l'Oscar des Maquillages/Coiffures, elle aurait pu prétendre à celui du meilleur casting !

    Maggie Kang, Chris Appelhans et Michelle Wong

    Derrière ce trio se cache LE carton-surprise de 2025 : la claque animée et musicale KPop Demon Hunters qui affole les classements de Netflix depuis l’automne 2025, avec plus de 325 millions de vues sur la plateforme. Soir le film le plus regardé de l’histoire du géant du streaming. Jamais mise en lumière par Hollywood jusque-là, l’équipe formée par les réalisateurs Maggie Kang et Chris Appelhans et la productrice Michelle Wong peut enfin « briller » grâce à ce premier Oscar… avec la pression désormais de sortir au plus vite la suite des aventures des HUNTR/X, alias Rumi, Mira et Zoey, Kpopstars de jour et chasseuses de démons la nuit venue. Il faudra être un peu patient.es, car on parle d’une sortie au mieux en 2029. Oui, c’est loin ! Ça nous laissera le temps de (ré)écouter la bande originale.

    La Kpop

    Je ne vous apprends rien en disant que KPop Demon Hunters repose entièrement sur des morceaux (entêtants) issus de la Kpop. Dont l’incontournable hit Golden / Briller, salué par l’Oscar de la Meilleure chanson. C’est la toute première fois que ce style musical venu de Corée du Sud, et popularisé par des formations comme BTS ou BLACKPINK, reçoit une statuette dorée de la part des votant.es de l’Académie. Ou plutôt devrais-je dire une « Golden Statuette », décernée à EJAE, Joong Gyu-kwak, Nam Hee-dong, 24, Mark Sonnenblick, Lee Yu-han et Teddy Park, et qui symbolise la toute-puissance de l’Hallyu, la vague culturelle venue de la péninsule qui a infusé dans tous les champs du divertissement avec des oeuvres comme Parasite (2019) ou Squid Game (2021-2025). La Kpop aux Oscars, c’est donc une première... mais sans doute pas une dernière !

    La Norvège

    La Norvège et les Oscars, c’était une histoire très brève, uniquement marquée par la statuette du Meilleur documentaire décernée à L'Expédition du Kon-Tiki de Thor Heyerdahl en 1952. Soixante-quatorze ans plus tard, Joachim Trier offre à son pays le premier Oscar du film international de son histoire avec Valeur Sentimentale. Auréolé de neuf nominations, dont celles du Meilleur film, de la Meilleure réalisation et de la Meilleure actrice, le long métrage emmené par Renate Reinsve, Stellan Skarsgård, Inga Ibsdotter Lilleaa et Elle Fanning a fait briller le cinéma scandinave sur la scène du Dolby Theatre, après un Grand Prix à Cannes et le Prix du Meilleur film aux European Film Awards. Joachim Trier va t-il désormais céder aux sirènes hollywoodiennes ? Ses prochains projets vont être intéressants à suivre.

  • Et l’Oscar de la Meilleure percée est attribué… au cinéma d’horreur !
    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Qu’il s’agisse de Cannes, de Berlin, de Venise, de Toronto, des César, des BAFTAs ou des Oscars, le constat est souvent le même : les grandes cérémonies de cinéma privilégient le drame, au détriment de la comédie -souvent- et des films de genre -très trop souvent-. C’est le cas notamment des films d’horreur, rarement invités à participer à la saison des récompenses. Mais cette 98e cérémonie des Oscars a changé la donne !

    Avant 2026, quel bilan pour le cinéma d’horreur aux Oscars ?

    Avant de dresser un bilan, la difficulté est de définir le cinéma d’horreur en lui-même ! Si certains films relèvent du genre de manière indiscutable, qu’en est-il d’un thriller policier comme Le Silence des Agneaux (1991), d’un face à face contre des xénomorphes comme Aliens le retour (1986), d’un thriller psychologique comme Black Swan (2010), d’un huis clos adapté de Stephen King comme Misery (1990), d’un film de kaijus comme Godzilla Minus One (2023), de comédies joyeusement macabres comme Beetlejuice (1988) et La Mort vous va si bien (1992), ou d’une romance monstrueusement poétique comme La Forme de l’eau (2017) ?

    Vous avouerez que si ces longs métrages proposent des éléments horrifiques, ils n’en sont pas pour autant de purs films d’horreur. Je me suis donc arrêté à une liste très stricte et -a priori incontestable- qui a fait briller le genre aux Oscars. Le plus souvent sur des aspects visuels (maquillages, direction artistique, effets visuels) ou immersifs (musique, son), plus rarement sur le scénario et l'acting. Avec seulement vingt-et-un Oscars en près d'un siècle de cérémonies, la moisson est maigre. Clairement. Et les (rares) gagnants sont…

    2026, une année record !

    Grâce aux talents combinés de Ryan Coogler, Guillermo del Toro et Zach Cregger, l’édition 2026 a fait tomber des barrières. Et un record ! Avec huit Oscars en tout, le cinéma d’horreur ressort comme le grand gagnant de la soirée. Rappelons, déjà, que Sinners avait mis le genre sur de très bons rails avec ses seize nominations historiques. Plus que n’importe quelle production dans l'histoire de la cérémonie ! Et même si le film de vampires emmené par Michael B. Jordan ne repart au final du Dolby Theatre qu’avec quatre trophées (dont Meilleur acteur et Meilleur scénario original)… c’est déjà plus que n’importe quel film d’horreur avant lui.

    Le Frankenstein (2025) porté par Oscar Isaac et Jacob Elordi en ajoute trois à ce cumul ! Projet de cœur de l’amoureux des monstres Guillermo del Toro, le long métrage revisite et magnifie le roman de Mary Shelley et livre un spectacle horrifico-gothique visuellement sublime, salué par les prix des Meilleurs décors, maquillages/coiffures et costumes. Ajoutez l’Oscar de la Meilleure actrice dans un second rôle décerné à Amy Madigan, alias la terrifiante Tante Gladys de Evanouis (2025), et vous obtenez un cru horrifique à huit Oscars saluant trois films certes d'horreur mais surtout majeurs de l’année cinéma 2025. Si le film n’était pas si grand public, on pourrait presque ajouter les deux statuettes de KPop Demon Hunters (2025) où il est question d’affrontements avec des démons… mais j'ai promis de rester sur des critères très stricts, donc je m'en tiens à huit trophées pour cette année.

    Le cru 2026 fera-t-il mieux ? Entre Send Help de Sam Raimi, 28 ans plus tard : le temple des morts de Nia DaCosta et The Bride! de Maggie Gyllenhaal, déjà sortis, et les très attendus Evil Dead Burn de Sébastien Vaniček, Faces of Death de Daniel Goldhaber, The End of Oak Street de David Robert Mitchell, Ice Cream Man de Eli Roth, The Mummy de Lee Cronin, Onslaught de Adam Wingard, Resident Evil de Zach Cregger, Backrooms de Kane Parsons, The Young People de Osgood Perkins et Werwulf de Robert Eggers, l’année frissons s’annonce très intéressante. Et très flippante, aussi. Et elle pourrait poursuivre cette percée horrifique réjouissante.

  • Oscars 2026 : Leonardo DiCaprio et Paul Thomas Anderson ont rejoint deux clubs prestigieux durant la soirée
    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    La 98ème cérémonie des Oscars qui s‘est tenue cette nuit à Los Angeles, a plébiscité Une bataille après l’autre (2025), avec six statuettes dont celle du Meilleur film. Si Leonardo DiCaprio est reparti les mains vides du Dolby Theatre, la victoire du long métrage dans la catégorie suprême lui permet toutefois de rejoindre un club très fermé. Quant à son réalisateur, Paul Thomas Anderson, son grand chelem lui ouvre aussi les portes d’une liste prestigieuse.

    Trois Oscars en une nuit pour « PTA »

    Ignoré depuis Boogie Nights (1997) par l’Académie, avec onze nominations et aucune victoire, Paul Thomas Anderson a effacé cet affront cette nuit, avec beaucoup de classe et d’humilité, lui qui semblait surpris par ses trois trophées ! En remportant les Oscars de la Meilleure réalisation, du Meilleur scénario adapté (il a lui-même transposé le roman de Thomas Pynchon) et du Meilleur film (où il occupe un poste de producteur aux côtés de Sara Murphy et du regretté Adam Somner, récompensé à titre posthume), « PTA » s’offre un magnifique grand chelem.

    Trois nominations et trois prix au cours d'une même édition, peu d’artistes peuvent se vanter d’avoir fait aussi bien. D’ailleurs, ils/elles ne sont pas nombreux à avoir précédé le cinéaste ! Avant lui, seuls treize talents avaient mis la main sur trois statuettes dans la même soirée : Billy Wilder (1961), Marvin Hamlisch (1974), Francis Ford Coppola (1975), James L. Brooks (1984), James Cameron (1998), Peter Jackson (2004), Fran Walsh (2004), Ethan Coen & Joel Coen (2008), Alejandro González Iñárritu (2015), Bong Joon-Ho (2020) et Daniel Kwan & Daniel Scheinert (2023).

    Il y a même encore plus fort avec quatre trophées au cours d'une cérémonie ! Cet exploit a été réalisé par Walt Disney (l’homme le plus primé des Oscars avec 22 victoires), qui reçut les statuettes du Meilleur documentaire (The Living Desert), du Meilleur court métrage documentaire (The Alaskan Eskimo), du Meilleur court métrage d’animation (Toot, Whistle, Plunk and Boom) et du Meilleur court métrage (Bear Country) en 1954. Pour quatre films différents donc, en tant que producteur. En 2025, Sean Baker a quant à lui mis la main sur quatre prix (Film, Réalisation, Scénario original, Montage) pour Anora, grâce à une polyvalence propre à une production indépendante qui lui a permis de réaliser ce petit miracle. Une razzia qu'on ne reverra sans doute plus jamais.

    Leonardo DiCaprio à l’affiche de trois « Meilleurs films »

    Même si un deuxième Oscar du Meilleur acteur, remporté par Michael B. Jordan pour Sinners (2025), lui a échappé, Leonardo DiCaprio peut se réjouir du trophée du Meilleur film décerné à Une bataille après l’autre. Grâce à ce prix, le comédien rejoint quelques rares et illustres pairs (hors figurant.es) ayant trois Oscars du Meilleur film au sein de leur filmographie.

    On y retrouve dix-neuf talents illustres, parmi lesquels Morgan Freeman (Miss Daisy et son chauffeur, Impitoyable, Million Dollar Baby), Diane Keaton (Le Parrain, Le Parrain 2e partie, Annie Hall), Jack Nicholson (Vol au-dessus d’un nid de coucou, Tendres Passions, Les Infiltrés), Meryl Streep (Voyage au bout de l’enfer, Kramer contre Kramer, Out of Africa) ou Clark Gable (New York-Miami, Les Révoltés du Bounty, Autant en emporte le vent). Sans oublier, évidemment John Cazale, qui n’a joué que dans cinq films avant sa disparition à 42 ans, tous nommés à l’Oscar du Meilleur film (Le Parrain, Conversation secrète, Le Parrain 2e partie, Un après-midi de chien et Voyage au bout de l’enfer) avec trois trophées à la clé !

    Leonardo DiCaprio est encore jeune (51 ans), et il a tout le temps pour inscrire son nom au générique d’autres Oscars du Meilleur film. Comme il a le temps pour glaner d’autres statuettes individuelles après celle reçue pour The Revenant en 2016. L’objectif pour lui serait sans doute de faire aussi bien que les trois Oscars de ses partenaires Sean Penn -qui a reçu le troisième trophée de sa carrière cette nuit pour Une bataille après l’autre-, Jack Nicholson qu’il avait côtoyé dans Les Infiltrés et Daniel Day-Lewis qu’il affrontait dans Gangs of New York. Leonardo DiCaprio, ou comment tisser la filmographie la plus incontestable !

  • Paul Thomas Anderson a enfin gagné son Oscar… mais ces cinéastes attendent toujours la récompense suprême !
    Justine Charlet

    Justine Charlet

    Rédacteur JustWatch

    Alors que l’expression « passer sous le nez » semblait avoir été inventée pour Paul Thomas Anderson, qui a vu l’Oscar lui échapper onze fois par le passé, le metteur en scène américain est enfin rentré dans le club ! La malédiction a pris fin cette nuit lors de la 98ème cérémonie avec le triomphe d’Une bataille après l’autre (2025) qui repart avec six statuettes au total !

    Trois décennies de malédiction pour « PTA »

    Pour rappel, le réalisateur avait déjà séduit dès 1998 avec Boogie Nights (nommé dans la catégorie Meilleur scénario original), puis deux ans plus tard avec Magnolia (1999) pour la même catégorie. There Will Be Blood (2007) comptait des nominations pour le Meilleur Film, la Meilleure réalisation et le Meilleur scénario adapté, cette dernière catégorie étant celle retenue également pour Inherent Vice (2014).

    Avec Phanthom Thread (2017), Paul Thomas Anderson est dans les starting blocks pour l’Oscar du Meilleur film et Meilleure réalisation. Mais encore raté : Guillermo del Toro rafle la mise avec La Forme et l’eau pour les deux catégories. En 2022, son film Licorice Pizza (2021) avait largement séduit l’Académie avec trois nominations (Meilleur Film, Meilleure réalisation et Meilleur scénario originale) mais là encore, pas de miracle. 

    Hitchcock et Lynch ignorés de leur vivant

    L’histoire des Oscars est ainsi faite d’absences remarquables. Certains des plus grands cinéastes du XXᵉ siècle n’ont jamais été récompensés par l’Académie, malgré des carrières qui ont profondément marqué le cinéma mondial. Pensons à Alfred Hitchcock, l’inventeur du suspense moderne ou David Lynch, créateur d’univers surréalistes inoubliables. Ils ont laissé une empreinte indélébile sur le cinéma… sans jamais voir leur nom gravé au palmarès des Oscars de la Meilleure réalisation Il a également fallu attendre 2010 pour qu’une réalisatrice obtienne enfin l’Oscar pour la première fois, l’Américaine Kathryn Bigelow pour Démineurs (2008). 

    Aujourd’hui, certains réalisateurs et réalisatrices contemporains, talentueux, influents et souvent cités continuent de subir cet étrange « oubli ». Pour JustWatch, je vous fais une liste de sept cinéastes extraordinaires — hommes et femmes — qui ont marqué le cinéma… sans jamais décrocher l’Oscar de la Meilleure réalisation.

    Greta Gerwig

    Après le succès phénoménal au box-office de son film rose bonbon Barbie, Greta Gerwig s’impose comme une réalisatrice incontournable. C’est à la suite d’un début de carrière d’actrice dans le cinéma indépendant américain qu’elle passe derrière la caméra et connaît immédiatement un immense succès critique.

    Son premier long métrage, Lady Bird (2017), est nommé à cinq Oscars et lui vaut une nomination dans la catégorie Meilleure réalisation, faisant d’elle l’une des rares femmes citées dans cette catégorie. Elle confirme ensuite son talent avec Les Quatre filles du Dr March (2020), puis connaît un succès mondial avec Barbie (2023).

    Malgré cette reconnaissance critique et publique, l’Oscar lui échappe toujours.

    Ridley Scott

    La Reine Elizabeth a beau avoir anobli ce citoyen britannique pas comme les autres, pour services rendus au cinéma de son pays, « Sir » Ridley Scott ne possède pas encore la récompense suprême de ses pairs. Pourtant souvent reconnu pour son talent d’architecte d’un cinéma spectaculaire, le cinéaste a été nommé dans la catégorie Meilleure réalisation pour Thelma et Louise (1991), Gladiator (2000) et La Chute du faucon noir (2001). Sans gratification ultime au bout.

    Et certains de ses films cultes sont passés à la trappe : Alien, le huitième passager (1979) a bien reçu l’Oscar des meilleurs effets visuels en 1979, mais rien pour son metteur en scène. Seul sur Mars (2015) partait grand favori avec sept nominations (sauf celle de la Réalisation). Encore raté, le film repart totalement bredouille. 

    Plus de vingt-cinq ans après Gladiator (2000) et plusieurs films marquants entre-temps, Ridley Scott reste un maître du cinéma mondial dont l’Académie semble avoir décidé de ne pas couronner le travail de metteur en scène. Une situation qui frôle l’injustice tant son influence est immense, de Kingdom of Heaven (2005) à American Gangster (2007), en passant par Prometheus (2012).

    Quentin Tarantino

    Enfant terrible d’Hollywood depuis les années 1990, Quentin Tarantino a profondément marqué la culture populaire avec ses films à la violence stylisée, mêlant dialogues virtuoses et références cinéphiles. Dès son deuxième film, Pulp Fiction (1994), il révolutionne le cinéma indépendant américain avec une narration éclatée et des dialogues devenus cultes. Le film remporte la Palme d’or au Festival de Cannes et vaut à Tarantino son premier Oscar du Meilleur scénario original, partagé avec Roger Avary. Pourtant, l’Oscar de la réalisation lui échappe déjà cette année-là. 

    Le réalisateur revient ensuite régulièrement dans la course aux Oscars. Inglourious Basterds (2009) est nommé dans huit catégories, dont celles du Meilleur film et de la Meilleure réalisation, mais c’est finalement Kathryn Bigelow qui remporte la statuette avec Démineurs (2008).

    Même scénario pour Django Unchained (2012), qui lui permet de décrocher un second Oscar du Meilleur scénario original, mais pas celui de la réalisation. Enfin, Once Upon a Time in Hollywood (2019) récolte dix nominations, dont celles du Meilleur film et de la Meilleure réalisation. Une nouvelle occasion manquée pour Tarantino, malgré un film largement salué par la critique et le public.

    David Fincher

    Depuis son thriller psychologique Seven (1995) et Fight Club (1999), chacun de ses films fait l’événement. Pas sur le tapis rouge des Oscars. Mais les 40 nominations aux Oscars de sa filmographie ne suffisent pour l’instant pas à décider les votant.es de l’Académie à lui remettre la statuette dorée. 

    David Fincher s’est pourtant rapidement imposé comme l’un des stylistes les plus influents du cinéma américain contemporain. Mais il faut attendre L’Etrange histoire de Benjamin Button (2008) pour qu’il décroche sa première nomination à l’Oscar de la Meilleure réalisation. Le film cumule alors treize nominations, mais c’est finalement Danny Boyle qui l’emporte cette année-là grâce à Slumdog Millionaire (2008).

    En 2021, Fincher revient dans la course avec Mank (2020), hommage au Hollywood des années 1930 qui obtient dix nominations. Là encore, pas de victoire dans la catégorie saluant la mise en scène. Une nouvelle occasion manquée pour un cinéaste qui a profondément influencé l’esthétique du cinéma moderne.

    Sofia Coppola

    FIlle du légendaire Francis Ford Coppola (lui récompensé par l’Oscar de la Meilleure réalisation pour Le Parrain, 2e partie), Sofia Coppola s’est imposée au fil des années comme l’une des réalisatrices les plus singulières du cinéma contemporain. 

    Elle se fait remarquer dès son premier film, Virgin Suicides (1999), avant de connaître un succès mondial avec Lost in Translation (2003). Le film reçoit quatre nominations aux Oscars, dont celles du Meilleur film et de la Meilleure réalisation. Sofia Coppola devient alors seulement la troisième femme de l’histoire à être nommée dans cette catégorie. Cette année-là, elle remporte l’Oscar du Meilleur scénario original, mais l’autre statuette lui échappe. 

    Elle poursuit ensuite sa carrière avec des films très personnels comme Marie-Antoinette (2006), Somewhere (2010) ou encore Les proies (2017), récompensé au Festival de Cannes pour sa mise en scène. Pas d’Oscar en vue.

    Denis Villeneuve

    Le réalisateur québécois Denis Villeneuve s’est imposé en quelques années comme l’un des cinéastes les plus ambitieux et respectés du cinéma contemporain. Après avoir attiré l’attention de la critique avec Incendies (2011), nommé à l’Oscar du Meilleur film international, il enchaîne plusieurs succès critiques à Hollywood avec Prisoners (2013) et Sicario (2015).

    C’est avec le film de science-fiction Premier contact (2016) qu’il obtient sa première nomination à l’Oscar de la Meilleure réalisation. Le film est également nommé dans la catégorie Meilleur film et remporte l’Oscar du Meilleur montage sonore.

    Villeneuve confirme ensuite son statut de grand metteur en scène avec Blade Runner 2049 (2017), puis avec l’adaptation spectaculaire de Dune : première partie (2021). Ce dernier remporte six Oscars techniques et obtient dix nominations, mais son réalisateur n’est même pas nommé, une absence qui surprend de nombreux observateurs. Malgré ces succès critiques et publics, Denis Villeneuve attend toujours de voir son nom récompensé. Peut-être avec Dune : Troisième partie (2026) ?

    Luca Guadagnino

    Le réalisateur italien Luca Guadagnino s’est imposé comme l’un des cinéastes contemporains les plus sensibles et stylisés, capable de faire vibrer à la fois le cœur et les sens du spectateur.

    Révélé internationalement avec Call Me by Your Name (2017), il reçoit des nominations pour l’Oscar du Meilleur film et du Meilleur scénario adapté, mais la statuette de la Meilleure réalisation lui échappe encore. Son travail sur la lumière, la musique et l’émotion pure dans ses films lui valent un respect immense de la critique et du public, mais pas de reconnaissance officielle dans la catégorie reine.

    Guadagnino confirme son talent avec Suspiria (2018), remake du classique de Dario Argento, et Bones and All (2022), film romantique et horrifique à la fois, salué pour son audace narrative et sa mise en scène immersive. Malgré ces œuvres marquantes et plusieurs nominations aux prix internationaux, l’Oscar de la meilleure réalisation continue de lui échapper, faisant de lui l’un des grands oubliés contemporains de l’Académie.

  • Oscars 2026 : 10 moments marquants de la cérémonie (qui n'ont rien à voir avec les gagnants)
    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Une cérémonie des Oscars, ce sont avant tout des récompenses, bien évidemment. Cette année, le palmarès a distingué Une bataille après l'autre de Paul Thomas Anderson avec trois prix majeurs (Film, Réalisation, Scénario adapté) et six statuettes en tout, alors que Sinners (quatre Oscars), KPop Demon Hunters (deux Oscars), Frankenstein (trois Oscars) et Hamnet (Meilleure actrice pour Jessie Buckley) ont aussi été distingués par les votant.es de l'Académie. Mais la soirée a offert quelques moments marquants, drôles, émouvants ou étonnants.

    Conan O'Brien est Tante Gladys

    Pour lancer le show, Conan O'Brien a fait fort. Maquillé à la truelle (on ne peut pas dire autre chose !), le maître de cérémonie se dévoile en clone de Tante Gladys, le personnage terrifiant campé par Amy Madigan dans Evanouis (la comédienne a d'ailleurs été primée pour son interprétation mémorable en début de soirée). Alors que sa maquilleuse brise un bâton (celles et ceux qui ont vu le film de Zach Cregger saisiront le clin d'oeil), une horde d'enfants possédés se lance à la poursuite de l'animateur. Pour survivre, il doit fuir... et son chemin l'entraîne à travers certains films nommés : il passe sur les circuits de F1® Le Film, il échange quelques balles avec Marty Supreme, il déambule sur la scène de Hamnet, il tape à la porte du bar de Sinners, il boit un thé avec Stellan Skarsgård dans Valeur Sentimentale, il s'invite même en version animée dans KPop Demon Hunters ! Un lancement hyper sympa, qui rappelle les grandes heures de Billy Crystal qui adorait s'incruster dans les longs métrages du temps où il présentait la soirée. Et si vous avez éteint trop tôt, vous aurez loupé une autre séquence parodique, en scène post-générique de la cérémonie, qui voit O'Brien gagner son bureau à vie au sein de l'Académie avant d'être éliminé comme le personnage de Sean Penn dans Une bataille après l'autre.

    L'hommage aux disparus

    Billy Crystal, justement, était présent cette nuit au Dolby Theatre. Dans le cadre du traditionnel In Memoriam, hommage annuel rendu aux grand.es disparu.es de l'année, il a livré une vibrante déclaration d'amitié à son complice Rob Reiner, réalisateur de Quand Harry rencontre Sally. Alors qu'il termine son discours par un touchant « Buddy, what fun we had storming the castle », il est rejoint sur scène par d'illustres comédiens qui avaient joué devant la caméra du cinéaste (Meg Ryan, Kathy Bates, Demi Moore, Kiefer Sutherland, John Cusack, Annette Bening, Cary Elwes...) pour un dernier salut. Dans le cadre de ce tableau, Rachel McAdams a évoqué quant à elle le talent inoubliable de Diane Keaton, alors que Barbra Streisand a poussé une petite chanson (The way we were) pour honorer la mémoire de son partenaire de Nos plus belles années, Robert Redford. Très émouvant.

    Les tacles à Timothée Chalamet

    Depuis sa sortie malheureuse vis à vis de l'opéra et du ballet, Timothée Chalamet savait qu'il ne pourrait pas échapper à quelques piques lors de cette cérémonie. Conan O'Brien a dégainé, en annonçant des mesures de sécurité très strictes en regardant explicitement le comédien de Marty Supreme (2025) : « On s'attend à de l'hostilité de la part des artistes de ballet et d'opéra ». Par la suite, c'est le lauréat de l'Oscar du Meilleur court métrage Deux personnes échangeant de la salive (2025), Alexander Singh, qui a lancé depuis la scène : « Il faudra peut-être dix ans, mais nous pouvons changer la société grâce à l’art, à la créativité, au théâtre et au ballet. Et aussi grâce au cinéma. » Enfin, Timothée Chalamet a pu profiter du spectacle de ses fesses, détournées en instrument de musique au sein de l'orchestre, alors qu'un musicien tapait dessus à coups de raquettes de ping-pong, rejouant une scène du film de Josh Safdie. Et je n'oublie pas, évidemment, l'Oscar du meilleur acteur lui lui passe sous le nez, lui qui avait pourtant surinvesti la campagne de promotion du film avec ce trophée comme objectif.

    Baby Yoda en invité-surprise

    Tout le monde aime Grogu ! On en a eu la preuve alors que la créature trop mimi venue de l'univers Star Wars, et connue sous le pseudonyme de Baby Yoda, était aperçue sur un fauteuil du Dolby Theatre, aux côtés de Kate Hudson. « Ne la touche pas sale p*** ! » lui lance alors Sigourney Weaver depuis la scène où elle était accompagnée du Mandalorian Pedro Pascal, parodiant l'une de ses répliques les plus célèbres de Aliens le retour. La séquence était drôle et mignonne, comme lorsque le chien de Anatomie d'une chute avait été convié pour applaudir des deux pattes il y a deux ans. A la différence près que Grogu a les bras trop petits pour suivre le clapping des invités, au grand désespoir de Conan O'Brien qui ne cesse de l'invectiver avant la coupure pub !

    Deux Avengers sur scène

    Parmi les remettants notables de cette soirée, les fans de Marvel ont été ravis de revoir Robert Downey Jr. (dans un magnifique costume vert que ne renierait pas Docteur Doom) et Chris Evans, réunis pour remettre les Oscars du Meilleur scénario original et du Meilleur scénario adapté alors que leur première collaboration au sein du MCU soufflait ses quatorze bougies. Pris de court par cet anniversaire, l'interprète de Iron Man a trouvé un cadeau de dernière minute en coulisses, en offrant le string à paillettes de Magic Mike à son cher Captain America... avant que l'accessoire ne soit réclamé par Channing Tatum en personne depuis un fauteuil du Dolby Theatre, lui qui a du boulot après la cérémonie !

    Les Bridesmaids réunies

    Au-delà des retrouvailles des deux Avengers, du couple pince-sans-rire formé par Anne Hathaway et Anna Wintour et de la chansonnette poussée par Nicole Kidman et Ewan McGregor vingt-cinq ans après Moulin Rouge!, la réunion la plus réussie était assurément celles de la bande de Mes meilleures amies / Bridesmaids (2011). Quinze ans après, quel plaisir de retrouver Kristen Wiig, Maya Rudolph, Melissa McCarthy, Rose Byrne et Ellie Kemper sur la scène du Dolby Theatre. L'alchimie entre les copines est toujours là, notamment quand chacune découvre en direct une note remise par un assistant de production concernant la durée de leur intervention ou leur âge ! Dans la salle, Elle Fanning, Leonardo DiCaprio, Benicio Del Toro, Stellan Skarsgård et «le gamin de Hamnet » jouent le jeu, et c'est très drôle.

    Le tableau musical de Sinners

    On attendait -évidemment- la performance de Golden / Briller, la chanson-phare de Kpop Demon, Hunters (sacrée par l'Oscar de la Meilleure chanson). C'était réussi, mais c'est pourtant Sinners qui a livré le tableau le plus réussi, avec des dizaines de danseurs et musiciens recréant en live la fameuse scène musicale du film de Ryan Coogler sur le morceau I Lied to You interprété par Miles Catton et Raphael Saadiq. Li Jun Li, Jayme Lawson, Jack O’Connell, Shaboozey, Buddy Guy ou encore la ballerine Misty Copeland se sont mêlés à la fête, pour une séquence qui restera définitivement dans les annales de la cérémonie.

    Quelques sorties politiques

    La situation outre-Atlantique et dans le monde ne pouvait évidemment pas laisser les participant.es indifférent.es. Et c'est notable de voir que le côté lice et policé d'un tel événement a tout de même autorisé quelques sorties engagées : alors que certains lauréats rappelaient la nécessité d'un monde uni et optimiste pour les générations futures, Paul Thomas Anderson et Conan O'Brien en tête, Javier Bardem a lancé un tonitruant et limpide « No to war, and free Palestine » au moment de remettre l'Oscar du Meilleur film international avec Priyanka Chopra Jonas. Lors de son monologue d'ouverture, Conan O'Brien a évoqué les Epstein Files (« Il n'y a pas de comédiens anglais en lice cette année... Mais les Anglais nous ont répondu : au moins, nous on arrête nos pédophiles ! ») ainsi qu'une soirée alternative organisée par Kid Rock. Mais la palme (ou l'Oscar) du tacle politique revient à Jimmy Kimmel, invité à remettre la statuette du Meilleur documentaire : avant d'évoquer à demi-mot l'absence de Melania Trump dans la catégorie, il lançait : « On parle beaucoup de courage lors de cérémonies comme celle-ci, mais raconter une histoire qui peut vous faire tuer, ça c'est du vrai courage. Comme vous le savez, il y a des pays dont les leaders ne défendent pas la liberté d'expression. Je n'ai pas le droit de dire lesquels. On va dire la Corée du Nord et CBS. »

    Adrien Brody fait (très) court

    On se souvient du (trè) long discours d'Adrien Brody l'an dernier, en recevant l'Oscar du meilleur acteur pour The Brutalist (2024) : 5mn40 derrière le micro, soit la plus longue prise de parole d'un lauréat dans l'histoire de la cérémonie ! Le comédien s'est amusé du souvenir laissé, en sortant de sa poche plusieurs feuilles manuscrites. Immédiatement interrompu par la musique de l'orchestre, il a alors annoncé sans plus attendre les nominations dans la catégorie, passant ainsi de la présentation la plus longue à la plus courte. Avec en bonus une petite vanne sur son chewing-gum, qui avait beaucoup fait parler en 2025 et qu'il a décidé... d'avaler ici !

    Un meme en direct, plusieurs Michael B. Jordan et un opéra

    Parmi les autres petites surprises préparées par Conan O'Brien et son équipe, on retiendra ce moment où Leonardo DiCaprio, constamment détourné en memes sur les réseaux sociaux (Django Unchained, Gatsby le magnifique, Once Upon A Time in... Hollywood), est invité à improviser en direct une séquence symbolisant « ce sentiment quand on n'est pas du tout d'accord avec ça ». Cette séquence où Michael B. Jordan a été démultiplié dans la salle pour applaudir (et juger le costume) du maître de cérémonie, clin d'oeil au double-rôle du comédien dans Sinners. Et ce final (là encore en référence à Timothée Chalamet ?), où Conan O'Brien s'improvise roi de la soirée et reçoit un Oscar des serres de son aigle Cicero, alors que Josh Groban chante sa gloire au milieu de figurants en costumes. Vive l'opéra... et vive le cinéma !

  • Oscars 2026 : Sean Penn rejoint Jack Nicholson et Daniel Day-Lewis dans un club très fermé
    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    « Sean Penn n'a pas pu être présent ce soir — ou n'a pas souhaité l'être —, je recevrai donc le prix en son nom. » Lauréat de l'Oscar du Meilleur second rôle l'an dernier pour A Real Pain, Kieran Culkin s'est autorisé ces quelques mots alors que Sean Penn n'était pas présent dans l'enceinte du Dolby Theatre de Los Angeles pour recevoir sa statuette pour son interprétation dans Une bataille après l'autre. L'une des six récompenses remportées par le film de Paul Thomas Anderson, grand gagnant de cette 98ème édition.

    L'Ukraine plutôt que les Oscars

    Selon le New York Times, le comédien, comme toujours très engagé, était en déplacement en Ukraine au moment de la cérémonie. On se souvient qu'en 2022, il avait justement offert l'une de ses statuettes à Volodymyr Zelensky. Et qu'il s'était accroché l'année suivante avec le producteur de la soirée, alors que sa demande d'y donner la parole au Président ukrainien n'avait pas été entendue. Est-ce pour cette raison qu'il n'était pas présent aux côtés de « PTA », de ses partenaires et de ses co-nommés (Benicio Del Toro, Stellan Skarsgård, Jacob Elordi et Delroy Lindo) cette nuit ?

    Une victoire historique

    Quoi qu'il en soit, Sean Penn est entré dans l'histoire de la cérémonie avec cette troisième victoire. Il n'est que le quatrième à réaliser cet exploit, lui qui a été sacré Meilleur acteur en 2004 pour Mystic River, Meilleur acteur en 2009 pour Harvey Milk et Meilleur second rôle pour Une bataille après l'autre (2025). Il avait également été nommé pour Sam, je suis Sam (2001), Accords et désaccords (1999) et La Dernière marche (1995). Il rejoint un club très fermé composé de Jack Nicholson (Oscar du Meilleur acteur pour Vol au-dessus d'un nid de coucou et Pour le pire et pour le meilleur et du Meilleur second rôle pour Tendres passions), Walter Brenan (triplement primé en second rôle pour Le Vandale, Kentucky et Le Cavalier du désert) et Daniel Day-Lewis (My Left Foot, There Will Be Blood et Lincoln). Ce dernier étant le seul à avoir été primé trois comme Meilleur acteur.

    Quel est son rôle dans Une bataille après l'autre ?

    Devant la caméra de Paul Thomas Anderson, road movie satirique et politique adapté de Thomas Pynchon, il campe le Colonel Steven J. Lockjaw, un militaire chargé de mettre un terme aux agissements du groupuscule d'activistes révolutionnaires des French 75 menés par Teyana Taylor et Leonardo DiCaprio. Mâchoire serrée, démarche virile, philosophie autoritaire entièrement tournée vers la réussite de la mission, le personnage incarne l'ordre de cette Amérique alternative, mais développe vite une obsession déviante pour l'Amazone Perfidia Beverly Hills qui lui fait perdre toute sa dignité et sa superbe. Le personnage, caricature assumée, devient alors totalement grotesque, jusque dans sa quête d'un bureau au sein de l'organisation secrète qui tire les ficelles, et dont Conan O'Brien a livré une sympathique parodie une fois la cérémonie achevée. Outre l'Oscar, Sean Penn a été récompensé aux BAFTAs et aux Actors Awards pour ce rôle.

  • Oscars 2026 : cette victoire rarissime ne s'était pas produite depuis 14 ans !
    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Il y a des moments toujours marquants aux Oscars. Comme la victoire de Autumn Durald Arkapaw il y a quelques heures, première femme sacrée dans la catégorie Meilleure photographie en 98 ans. Ou les rarissimes films lauréats du très convoité « Big Five », le grand chelem parmi les cinq sections majeures (Film, Réalisation, Acteur, Actrice, Scénario). Et il y a eu, parfois, des victoires ex aequo. Comme cette année où deux courts métrages ont reçu exactement le même nombre de suffrages des votant.es de l'Académie !

    Un Oscar, deux courts métrages

    « Ironiquement, c'est la catégorie qui prendra le double de temps ce soir ! » Chargé de remettre le trophée du Meilleur court métrage de fiction, le comédien Kumail Nanjiani n'a pas caché sa surprise en ouvrant l'enveloppe contenant le nom du lauréat, découvrant non pas un titre de film mais deux longs métrages. Il a immédiatement prévenu l'assistance de cette anomalie inattendue, conviant les personnes présentes au Dolby Theatre de Los Angeles à applaudir et accueillir une première équipe, avant d'appeler les autres lauréats à recevoir leur trophée.

    Le temps a dû sembler long aux Frenchies de Deux personnes échangeant de la salive, appelés en second pour recevoir leur récompense. Repartis bredouille des César, Natalie Musteata et Alexandre Singh n'ont pas caché leur bonheur face à cette consécration, même partagée avec The Singers de Sam A. Davis, saluant les illustres marraines du projet (Julianne Moore et Isabelle Huppert) et rappelant l'approche queer, féminine et cosmopolite de ce film en noir et blanc, raconté par Vicky Krieps, qui nous plonge dans un monde où embrasser est puni par une condamnation à mort.

    Le 7ème ex aequo de l'Histoire

    L'Académie des Oscars (Academy of Motion Picture Arts and Sciences ou (AMPAS) est constituée de milliers de votant.es. Et les règles sont strictes depuis 1933 : deux ex aequo ne peuvent être déclarés comme tels que s'ils reçoivent exactement le même nombre de suffrages. Cela fait suite au « tie in » enregistré en 1932, lors de la cinquième cérémonie, qui avait sacré Fredric March (Dr. Jekyll et Mr. Hyde) et Wallace Beery (Le Champion) dans la catégorie du Meilleur acteur : le règlement, changé par la suite, stipulait alors que deux nommés séparés par trois voix ou moins étaient sacrés conjointement. Fredric March avait alors reçu un vote de plus que Wallace Beery.

    Depuis, outre l'Oscar du court métrage partagé en 2026, les ex aequo se sont comptés sur le doigt d'une main. Et dans une catégorie majeure notamment. Il y a eu le trophée du court métrage documentaire en 1950, remis à A Chance to Live et So Much for So Little ; l'Oscar du documentaire en 1987, partagé entre Artie Shaw: Time Is All You've Got et Down and Out in America ; la statuette du court métrage en 1995 décernée à Franz Kafka's It's a Wonderful Life et Trevor ; le prix du Meilleur son en 2013 qui n'a pas réussi à départager le travail réalisé sur Skyfall et Zero Dark Thirty.

    Et puis il y a l'Oscar de la Meilleure actrice 1969, qui a vu deux légendes se partager la lumière et la statuette dorée. D'un côté, Katharine Hepburn, inoubliable Aliénor d’Aquitaine du Lion en hiver, libérée durant les fêtes de Noël 1183 par le Roi Henri II d'Angleterre pour décider de l'héritier du trône : ses répliques mordantes, s ajoute verbale avec Peter O’Toole et la qualité de son interprétation lui valent alors le troisième Oscar de sa carrière (elle en recevra un dernier en 1982 pour La Maison du lac). De l'autre, Barbra Streisand dont la carrière hollywoodienne est lancée avec Funny Girl, comédie musicale où elle reprend avec brio le rôle qu'elle tenait à Broadway, celui d'une meneuse de revue ambitieuse, lumineuse et drôle, tête d'affiche des Ziegfeld's Follies.

    Que deux comédien.nes se partagent ainsi les suffrages illustre la qualité de leur interprétation. D'ailleurs, on serait curieux de connaître la répartition des votes cette année entre Michael B. Jordan, Leonardo DiCaprio, Timothée Chalamet, Wagner Moura et Ethan Hawke tant l'issue de la catégorie Meilleur acteur (remportée par Jordan pour Sinners) était relevée et serrée !

  • Un Oscar historique pour Sinners ! Il a fallu attendre 98 ans pour ce prix...
    Maëlle Beauget-Uhl

    Maëlle Beauget-Uhl

    Rédacteur JustWatch

    « Je vais demander à toutes les femmes de la salle de se lever, car je ne serais pas sur cette scène sans vous toutes. » Voilà le discours très émouvant prononcé par Autumn Durald Arkapaw, qui est devenue ce soir, la première femme à gagner l’Oscar dans la catégorie de la Meilleure photographie, pour son travail dans Sinners (2025).

    Un Oscar attendu depuis… 98 ans !

    La standing ovation, les applaudissements de la salle, et le rappel de Conan O’Brien de la victoire historique que cela représente, ont montré à quel point les femmes ont très largement manqué de reconnaissance dans cette profession. 

    En effet, cette catégorie a été créée en 1927, et la première femme à être nommée était… Rachel Morrison, pour le film Mudbound en 2018 ! Pourtant, les femmes ne manquent pas dans ce corps de métier : Natasha Braier (The Neon Demon), Kira Kelly (13th), Ari Wegner (Lady Macbeth), pour n’en citer que quelques-unes, parmi les dizaines et dizaines de directrices de photographie qui travaillent dans l’industrie du cinéma.

    Pourtant, il aura fallu attendre 90 ans pour une nomination, et 98 ans pour une victoire. Au total, seules quatre femmes ont été nommées dans cette catégorie. 

    Ce soir, Autumn Durald Arkapaw a donc créé l’Histoire avec un grand H, avec une nomination, et une victoire, qu’elle a obtenu en étant également la première femme à tourner un film en IMAX. Elle est également la première femme de couleur à être reconnue par l’Académie derrière la caméra.  

    Qui est Autumn Durald Arkapaw ?

    Le travail d’Autumn Durald Arkapaw dans Sinners m’a laissé bouche bée lorsque j’ai vu le film pour la première fois en IMAX. Mais en réalité, je suis en admiration devant son talent depuis que j’ai découvert sa patte dans The Last Showgirl (2024), le drame de Gia Coppola porté par Pamela Anderson. 

    Mais si sa victoire pour Sinners est si importante, et si Arkapaw a souligné l’importance de travailler avec un réalisateur aussi bienveillant que Ryan Coogler (qui était parti chercher en courant le jeune fils de sa collègue et amie oscarisée !), c’est parce qu’ils ont déjà travaillé ensemble sur Black Panther: Wakanda Forever (2022), pour lequel Arkapaw avait également dirigé le clip Lift Me Up de Rihanna.

    Pour la petite histoire, c’est d’ailleurs Rachel Morrison -la toute première femme nommée dans cette catégorie- qui avait présenté Coogler à Autumn Durald Arkapaw en 2022 ! La boucle est bouclée, et une chose est sûre désormais : Autumn Durald Arkapaw vient d’ouvrir la voie à de nombreuses femmes de cette profession.

  • Sinners marque l'histoire des Oscars avec une performance live enflammée
    Maëlle Beauget-Uhl

    Maëlle Beauget-Uhl

    Rédacteur JustWatch

    Miles Catton et Raphael Saadiq ont enflammé la scène du Dolby Theatre lors de cette 98ème cérémonie des Oscars. Rejoint sur scène par une partie de la distribution de Sinners (2025), le film de Ryan Coogler au record historique de 16 nominations, cette performance a su rendre hommage au travail incroyable réalisé pour ce film, et notamment par la directrice de photographie, ​​Autumn Durald Arkapaw, lors du tournage de cette séquence déjà devenue culte.

    Catton, qui incarne le jeune Sammie dans le film, est donc monté sur scène pour reprendre sa chanson I Lied to You, qui fait partie de la bande originale incroyable produite par Ludwig Göransson et interprétée par les acteurs eux-mêmes. Cette bande originale est d’ailleurs noméme aux Oscars ce soir. 

    Tout comme dans le film, un ensemble d’acteurs, de danseurs et chanteurs ont repris la séquence du club de blues, renommée The Surreal Montage. Catton et Saadiq ont été rejoints par leur co-stars, Li Jun Li, Jayme Lawson et Jack O’Connell (qui est d’ailleurs arrivé sur le tapis rouge avec des dents de vampires pour l’occasion !) 

    Pendant cette performance où se mêlaient blues, hip-hop, rock, et des centaines d'années d’histoire de la musique, d’autres artistes de renommée mondiale tels que Shaboozey ou encore Buddy Guy, qui fait également une apparition à la fin de Sinners en reprenant le rôle de Sammy plus âgé, se sont mêlés à la fête.

    Misty Copeland, la célèbre ballerine américaine, a également rejoint l'assemblée en dansant, une semaine après la controverse Timothée Chalamet, renommé le « ballet / operagate » par internet.

    Enfin, la mise en scène de cette performance et la façon dont elle a été filmée est un merveilleux hommage au travail d’Autumn Durald Arkapaz, qui est la première femme de cette profession à avoir tourné en IMAX, mais également la première femme de couleur à être nommée dans cette catégorie.

    Tout comme dans le film, l’audience -et les téléspectateurs- ont été emportés sur scène, à naviguer à travers des siècles d’arts, de danse, de chant et de célébrations des cultures. 

    Et il est fort à parier que ce ne sera pas la dernière fois que le cast de Sinners sera célébré sur la scène du Dolby Theatre ce soir. 

  • Oscars 2026 : 6 Oscars pour Une bataille après l'autre, Michael B. Jordan et Jessie Buckley récompensés !
    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Enfin ! Après une course aux Oscars réellement interminable, le tout-Hollywood a décerné ses prix dans la salle so glamour du Dolby Theatre de Los Angeles pour célébrer le meilleur du cinéma de 2025. Le duel était serré et attendu entre Sinners (16 nominations historiques) et Une bataille après l'autre. Et c'est le film de Paul Thomas Anderson qui ressort vainqueur de la soirée, avec les trophées du Meilleur film, Meilleure réalisation, Meilleur scénario adapté, Meilleur second rôle masculin (Sean Penn), Meilleur montage et Meilleur casting. Une célébration mérité pour « PTA », l'un des immenses cinéastes américains à n'avoir jamais été salués par l'Académie.

    Le long métrage gangstero-vampiricio-musical de Ryan Coogler ne démérite pas, avec des victoires en Meilleur acteur (Michael B. Jordan), Meilleur scénario original, Meilleure musique et Meilleure photographie (le premier Oscar remis à une femme, Autumn Durald Arkapaw) ! Parmi les autres lauréats, si les triomphes de Jessie Buckley (Meilleure actrice pour Hamnet) et KPop Demon Hunters (Meilleur film d'animation et meilleure chanson) étaient attendus, la belle surprise est venue du Frankenstein de Guillermo del Toro, salué pour ses costumes, ses maquillages/coiffures et ses décors). Et je n'oublie pas le premier Oscar de la soirée, décerné à Amy Madigan pour son interprétation mémorable terrifiante de la Tante Gladys dans Evanouis, qui n'a pas manqué d'inspirer le maître de cérémonie Conan O'Brien pour l'ouverture de la soirée.

    La course aux Oscars, c'est fini ! Maintenant, les yeux sont tournés vers Cannes dont la sélection sera dévoilée mi-avril.

    Le palmarès complet des Oscars 2026

    03h35 - Meilleur film : Une bataille après l'autre

    Vingt-cinq ans après avoir en-chanté Moulin Rouge !, le couple Nicole Kidman / Ewan McGregor s'est réuni sur la scène du Dolby Theatre pour remettre la statuette majeure de cette 98ème édition des Oscars. Et c'est Une bataille après l'autre qui remporte la statuette du Meilleur film, la sixième de la soirée et la troisième personnelle pour Paul Thomas Anderson, producteur du long métrage aux côtés de Sara Murphy et du regretté Adam Somner. Le cinéaste a rappelé, avec modestie et émotion, que les Oscars 1975 avaient confronté Vol au-dessus d'un nid de coucou, Barry Lyndon, Un après-midi de chien, Les Dents de la mer et Nashville. « Aucun film n'était LE meilleur, cela dépend juste de l'état d'esprit des votants ce jour-là. » Une très belle manière de saluer les autres films en lice lors d'une cérémonie qui aura été extrêmement ouverte et indécise.

    Etaient nommés :

    • Bugonia

    • F1® Le Film

    • Frankenstein

    • Hamnet

    • L'Agent secret

    • Marty Supreme

    • Sinners

    • Train Dreams

    • Valeur sentimentale

    03h30 - Meilleure actrice : Jessie Buckley - Hamnet

    Là pour le coup, aucune surprise. Mais une joie réelle de voir la comédien irlandaise enfin sacrée par l'Académie des Oscars. Elle est le coeur battant du Hamnet de Chloé Zhao, dans lequel elle campe la compagne de William Shakespeare avec une puissance émotionnelle incomparable alors que le couple doit faire face à la perte d'un enfant. En ce jour de Fête des Mères en Grande-Bretagne, l'actrice a tenu à dédier son trophée au « chaos magnifique qui vit dans le coeur des mères ».

    Etaient nommées :

    • Rose Byrne - Si j'en avais la force

    • Renate Reinsve - Valeur sentimentale

    • Emma Stone - Bugonia

    • Kate Hudson - Sur un Air de Blues

    03h21 - Meilleur acteur : Michael B. Jordan - Sinners

    Tout le monde avait initialement prédit un duel entre Leonardo DiCaprio et Timothée Chalamet. Et puis ces dernières semaines, notamment après son prix aux Actor Awards (décerné par le syndicat des comédiens), Michael B. Jordan a émergé comme un outsider inattendu dans la catégorie. Pour sa première nomination, dans un double-rôle de jumeaux dans Sinners, le comédien reçoit son premier Oscar. Et tout en saluant sa famille et ses partenaires (dont son réalisateur fétiche Ryan Coogler qui l'accompagne depuis Fruitvale Station), il a eu un mot fort pour celles et ceux qui l'ont précédé dans cette conquête des sommets d'Hollywood : Sydney Poitier, Denzel Washington, Halle Berry, Jamie Foxx, Forest Whitaker, Will Smith... Désormais, le nom de Michael B. Jordan est inscrit à leurs côtés.

    Etaient nommés :

    • Timothée Chalamet - Marty Supreme

    • Leonardo DiCaprio - Une bataille après l'autre

    • Ethan Hawke - Blue Moon

    • Wagner Moura - L'Agent secret

    03h16 - Meilleure réalisation : Paul Thomas Anderson - Une bataille après l'autre

    Depuis le début de la saison des récompenses, tout le monde sentait que ce serait l'année de « PTA ». C'est confirmé avec un deuxième Oscar ce soir, après celui du Meilleur scénario adapté. Le cinéaste voit enfin sa réalisation unique saluée par l'Académie, lui qui était passé à côté de la statuette dorée pour Licorice Pizza, Phantom Thread et There Will Be Blood. Quand on repense à cette course-poursuite finale dans le désert, entre montées et descentes, on ne peut qu'applaudir !

    03h10 - Meilleure chanson : « Golden / Briller » - KPop Demon Hunters

    Un Oscar... et des milliards d'écoutes ! Le triomphe attendu de Golden / Briller a bien eu lieu, après une performance live très réussie sur la scène du Dolby Theatre. C'est, là encore, une première avec ce tout premier Oscar récompensant un morceau de Kpop décerné à EJAE, Mark Sonnenblick, Joong Gyu-kwak, Lee Yu-han Nam, Hee-dong, Teddy et Park 24. Deux nominations, deux Oscars : carton plein pour les HUNTR/X !

    03h04 - Meilleur film international : Valeur Sentimentale

    Au regard de la situation internationale, on aurait pu penser que l'Académie voterait pour Jafar Panahi (Un simple accident) ou Kaouther Ben Hania (La Voix de Hind Rajab). C'est finalement Valeur Sentimentale de Joachim Trier qui décroche la statuette, et cela semble assez logique au regard des neuf nominations du long métrage ce soir. C'est le second Oscar de l'histoire de la Norvège, après le prix du Meilleur documentaire remis à L'Expédition du Kon-Tiki de Thor Heyerdahl en 1951. Mais le premier dans la catégorie du Meilleur film étranger.

    02h50 - Meilleure photographie : Autumn Durald Arkapaw pour Sinners

    Une standing ovation au féminin ! C'est la belle image qui restera de l'Oscar remis à Autumn Durald Arkapaw pour Sinners. La directrice de la photographie, première femme primée dans l'histoire de la cérémonie (!) a demandé à toutes les artistEs de l'assistance de se lever pour célébrer collectivement ce moment. Il n'aura fallu attendre « que » 98 ans pour que le travail d'une femme derrière la caméra soit mis en lumière par l'Académie. Il était temps !

    02h33 - Meilleure musique originale : Ludwig Göransson pour Sinners

    Sacré en 2019 pour Black Panther et en 2024 pour la bande originale de Oppenheimer, Ludwig Göransson remet ça pour Sinners. Soit Trois Oscars en sept ans ! C'était le grand favori de la catégorie, alors que le film place la musique au centre de son étonnant récit, qui navigue entre gangsters, vampires et reconstitution historique. Notamment grâce à la chanson I Lied to You, composée par Ludwig Göransson et Raphael Saadiq, dont le tableau en début de cérémonie était tout simplement ahurissant. Le film de Ryan Coogler rattrape son retard sur celui de « PTA », et le suspense reste entier.

    Etaient nommés :

    • Jerskin Fendrix - Bugonia

    • Alexandre Desplat - Frankenstein

    • Max Richter - Hamnet

    • Jonny Greenwood - Une bataille après l'autre

    01h36 - Meilleur scénario original : Ryan Coogler pour Sinners

    C'est là encore une première ! Pour le grand favori Sinners ce soir, mais aussi pour le réalisateur-scénariste Ryan Coogler qui avait auparavant été nommé pour Judas and the Black Messiah (Meilleur film, 2021) et Black Panther: Wakanda Forever (Meilleure chanson, 2023) sans jamais recevoir les honneurs d'une victoire. La bataille est enfin lancée entre les deux films favoris, et le suspense sera assurément entier jusqu'à la fin de la soirée !

    Etaient nommés :

    • Robert Kaplow - Blue Moon

    • Jafar Panahi, Shadmehr Rastin, Nader Saeivar & Mehdi Mahmoudian - Un simple accident

    • Josh Safdie & Ronald Bronstein - Marty Supreme

    • Joachim Trier & Eskil Vogt - Valeur sentimentale

    01h32 - Meilleur scénario adapté : Paul Thomas Anderson pour Une bataille après l'autre

    C'est le premier Oscar de la carrière de Paul Thomas Anderson ! Jamais salué par l'Académie, le cinéaste reçoit enfin une statuette son adaptation du roman de Thomas Pynchon. De très bonne augure pour la suite de la soirée alors que Une bataille après l'autre enchaîne les victoires depuis le début de la cérémonie avec déjà trois récompenses.

    Etaient nommés :

    • Will Tracy - Bugonia

    • Guillermo del Toro - Frankenstein

    • Maggie O'Farrell & Chloé Zhao - Hamnet

    • Clint Bentley & Greg Kwedar - Train Dreams

    01h22 - Meilleur acteur dans un second rôle : Sean Penn dans Une bataille après l'autre

    Il n'était pas présent au Dolby Theatre. Mais son Colonel Steven J. Lockjaw hante les esprits depuis son apparition dans Une bataille après l'autre où il mène une traque et une guerre contre « les ennemis de l'intérieur » tout en étant obsédé par la révolutionnaire campée par Teyana Taylor. C'est le troisième Oscar remporté par le comédien, après Mystic River (Meilleur acteur 2004) et Harvey Milk (Meilleur second rôle 2009). Il rejoint un club très fermé où Jack Nicholson, Daniel Day-Lewis et Walter Brennan !

    Etaient nommés :

    • Benicio Del Toro - Une bataille après l'autre

    • Stellan Skarsgård - Valeur sentimentale

    • Jacob Elordi - Frankenstein

    • Delroy Lindo - Sinners

    01h15 - Meilleur court métrage (ex aequo) : The Singers & Deux personnes échangeant de la salive

    « Ironiquement, c'est la catégorie qui prendra le double de temps ce soir ! » Kumail Nanjiani ne s'attendait sans doute pas à remettre un Oscar ex aequo. Encore moins dans la catégorie du court métrage. Un partage exact des votes, c'est arrivé à quelques reprises dans l'histoire de la cérémonie : Katharine Hepburn (Le Lion en hiver) et Barbra Streisand (Funny Girl) en Meilleure actrice 1969 ou Skyfall et Zero Dark Thirty en Meilleur son en 2013. Parmi les deux films lauréats, on retrouve un film français, Deux personnes échangeant de la salive, proposition originale, cosmopolite et queer soutenue par Julianne Moore et Isabelle Huppert.

    01h05 - Meilleur casting : Une bataille après l'autre

    Il y a du nouveaux aux Oscars 2026 ! Pour la première fois, la direction de casting est récompensée par l'Académie, mettant en lumière un travail de l'ombre -trop longtemps ignoré- qui permet de rassembler tous les visages et talents qui donneront vie à une histoire à l'écran. Et c'est Cassandra Kulukundis, qui a déniché tous les comédiens de Paul Thomas Anderson dans Une bataille après l'autre, qui reçoit cette première statuette historique, en présence notamment de sa jeune révélation Chase Infinity qui est venue sur la scène du Dolby Theatre pour adresser un joli message à celle qui l'a découverte.

    Etaient nommées :

    • Nina Gold - Hamnet

    • Jennifer Venditti - Marty Supreme

    • Gabriel Domingues - L'Agent secret

    • Francine Maisler - Sinners

    00h55 - Meilleurs costumes et Meilleurs maquillages/coiffures : Frankenstein

    Le projet de rêve de Guillermo Del Toro est célébré aux Oscars 2026. Huit ans après son triomphe pour La Jeune fille de l'eau, le réalisateur mexicain est salué à travers ses équipes artistiques, dont le sublime travail de costumes et de maquillages/coiffures sur sa réinterprétation de Frankenstein (un peu dans l'ombre durant cette campagne des Oscars) a tapé dans l'oeil des votant.es de l'Académie. Et dans celui de Anne Hathaway et Anna Wintour, chargées de remettre ces deux statuettes so fashion, en joli clin d'oeil à la sortie prochaine du Diable s'habille en Prada 2.

    00h31 - Meilleur film d'animation : KPop Demon Hunters

    Bien sûr, on regrettera que Arco et Amélie et la métaphysique des tubes repartent bredouille de Los Angeles, mais cet Oscar décerné à KPop Demon Hunters était on ne peut plus attendu. Et logique, au regard de la réussite artistique, musicale et publique du long métrage signé Chris Appelhans et Maggie Kang, plus gros succès de tous les temps sur Netflix avec plus de 325 millions de vues depuis sa mise en ligne en octobre 2025 ! On attend désormais les HUNTR/X pour la statuette de la Meilleure chanson, elles dont le Golden / Briller a envahi les esprits à la manière de l'entêtant Libérée, Délivrée de La Reine des Neiges il y a treize ans.

    Etaient également nommés :

    • Arco

    • Amélie et la métaphysique des tubes

    • Zootopie 2

    • Elio

    00h25 - Meilleure actrice dans un second rôle : Amy Madigan dans Évanouis

    On parlait de Tante Gladys, elle est venue en personne recevoir la première statuette de la soirée ! Nommé il y a quarante ans pour Soleil d'automne (1986), la comédienne, un peu oubliée ces dernières années (elle pensait même arrêter sa carrière), est revenue sur le devant de la scène grâce à Évanouis (2025) de Zach Cregger qui a fait de son personnage un fan favorite instantané. C'est assez rare de voir le cinéma d'horreur récompensé aux Oscars, et c'est réjouissant que cela survienne avec une créature aussi marquante (malgré un temps très réduit à l'écran). Entre la sorcière et le croquemitaine, la Tante Gladys est terrifiante derrière son look si particulier. Elle pourrait d'ailleurs revenir très prochainement sur les écrans dans un projet de prequel centré sur son parcours. Très émue par cette consécration tardive, Amy Madigan a salué son compagnon et partenaire régulier à l'écran, Ed Harris, avec qui elle est mariée depuis 1983. L'amour et le talent célébrés, on valide !

    Etaient également nommées :

    • Elle Fanning - Valeur Sentimentale

    • Inga Ibsdotter Lilleaas - Valeur Sentimentale

    • Teyana Taylor - Une bataille après l'autre

    • Wunmi Mosaku - Sinners

  • Michael B. Jordan est fan de cette comédie méconnue des années 90 !
    Maëlle Beauget-Uhl

    Maëlle Beauget-Uhl

    Rédacteur JustWatch

    Nous sommes à quelques heures du début de la 98ème cérémonie des Oscars, et les pronostics ont rarement été aussi divisés, en particulier pour la catégorie Meilleur acteur. Si Timothée Chalamet a longtemps été le très grand favori, depuis la victoire de Robert Aramayo aux BAFTAs et celle de Michael B. Jordan (Sinners) aux Actors Awards, ce dernier est désormais pressenti pour remporter la statuette dorée.

    En attendant les Oscars…

    Sinners (2025) a déjà marqué l’Histoire des Oscars en devenant le film le plus nommé de tous les temps ! En effet, le film de Ryan Coogler est présenté dans 16 catégories, dont Meilleur film, Meilleur réalisateur et Meilleur acteur pour Michael B. Jordan donc. Mais ses partenaires ont également été remarquées par l'Académie, avec des nominations en second rôle pour Wunmi Mosaku côté actrices, et Delroy Lindo côté acteurs.   

    Les Oscars sont avant tout une façon de célébrer le cinéma et les différentes industries qui contribuent à faire perdurer la magie du 7ème art. JustWatch s’est justement récemment entretenu avec Michael B. Jordan, qui n’a pas manqué de célébrer l'un de ses genres et l’un de ses films préférés avec nous. Plus précisément un « plaisir coupable », qui vient s’inscrire dans la collection aussi surprenante que réjouissante des Sorry Not Sorry que nous proposons aux talents rencontrés en interview..

    Quel est le film « plaisir coupable » de Michael B. Jordan  ?

    A Low Down Dirty Shame (1994) est officiellement le « plaisir coupable » de Michael B. Jordan. D'après lui, cette comédie de et avec Keenen Ivory Wayans, est très largement sous-cotée dans la catégorie comédies cultes des années 1990. Le comédien avoue ainsi, en plaisantant, : « Vous voulez rire ?! Il est super ! Avec Peaches ! »

    Jamais sortie en France, cette comédie met en scène André Shame (Keenen Ivory Wayans), un détective privé qui malgré tous ses efforts, est constamment rattrapé par son passé et ses actions lorsqu’il est inspecteur de la LAPD. Toujours épaulé par Peaches (Jada Pinkett Smith), son assistante, Shame est maintenant chargé d'arrêter un baron de la drogue qu’il pensait mort depuis des années. 

    Bien que cette comédie ait été très mal accueillie par la critique, elle a su trouver avec le temps une communauté loyale -dont Michael B. Jordan fait officiellement partie-, qui prend un très grand plaisir à revoir régulièrement le film et ses gags tous plus risibles, absurdes et ridicules les uns que les autres. « Non mais c'était vraiment un super film. C'était un film de flics, avec ’Roc’, Charles Dutton. Oui, c’est un bon film ! » 

    D’ailleurs, si vous êtes fans de comédies cultes et de buddy cops movies des années 2000 comme White Chicks (2004), Little Man (2006) ou encore Scary Movie (2000), A Low Down Dirty Shame devrait sans aucun doute faire partie de votre watchlist !

  • One Piece saison 3 : Alabasta, Ace et Crocodile… tout ce qu’il faut attendre de la suite sur Netflix !
    Aurélien Bouron

    Aurélien Bouron

    Rédacteur JustWatch

    Il y a des adaptations qui avancent aussi vite que possible. Celles qui charcutent le matériau d’origine pour enchaîner les épisodes, sprinter à travers l’histoire et faire de l’audience en un minimum de temps. Et puis, il y a One Piece. Netflix a clairement compris qu’il ne fallait surtout pas froisser les fans. Prendre son temps, soigner l’adaptation des arcs, installer de nouveaux visages avec patience et respect…

    Et c’est exactement ce que vient de prouver la saison 2, tout juste sortie en mars 2026. Pour les lecteurs de l’œuvre d’Oda, cette deuxième fournée a déjà laissé quelques indices sur les prochaines intrigues qui vont se jouer dans la série. Certaines vont se dénouer à très long terme, d’autres vont nous exploser au visage. Tout cela nous laisse donc une bonne idée de ce qui nous attend pour la saison 3, qui est déjà en production depuis fin 2025 en Afrique du Sud. 

    Rangez vos boussoles, sortez le log pose, et regardons où nous allons naviguer lors de la saison prochaine !

    Alabasta, et puis c’est tout !

    L’arc d’Alabasta est très important pour la communauté. À mes yeux, c’est le point de bascule où l’équipage du Chapeau de Paille devient une véritable famille, commençant enfin à se bâtir une réputation respectable sur les mers de Grand Line.  C’est sûrement avec cela en tête que les showrunners, Matt Owens et Joe Tracz, ont pris une excellente décision : cette saison 3 sera intégralement dédiée à ce seul arc narratif, couvrant le récit des chapitres 155 à 217 du manga. 

    L’histoire de ce passage est passionnante. Alabasta, c’est un royaume désertique servant d’arène à une guerre civile. On plonge la tête la première dans un nid de vipères, au cœur des complots politiques orchestrés par l’organisation criminelle secrète Baroque Works. La princesse Nefertari Vivi est le personnage central de cette tragédie. Pour les néophytes qui découvrent l’univers de la série, la saison 2 vous a déjà donné un petit indice : la traque du One Piece n’est finalement que la toile de fond d'un enchaînement de quêtes annexes épiques, toutes aussi passionnantes les unes que les autres. Mais ici, on ne parle pas d’une petite quête, puisque Luffy et ses amis se lancent dans le sauvetage d’un royaume entier ! C’est le moment où le manga prend un vrai tournant, et cimente l’ADN de nos héros : des pirates au grand cœur prêts à casser la tronche aux tyrans pour défendre les opprimés. 

    Vivi, Crocodile, Portgas D. Ace : les personnages centraux de la saison 3 

    Vivi, parfaitement jouée par Charithra Chandran, prendra une toute autre dimension dans la prochaine saison. Souvenez-vous : introduite au début de la saison 2 comme agente de Baroque Works sous le nom de Miss Wednesday, notre héroïne aux cheveux bleus (et chouchoute absolue des lecteurs) est en réalité la princesse d’Alabasta, au centre de toute l’intrigue.

    Face à elle se dresse Mr. 0, aussi connu sous le nom de Sir Crocodile. Fini les clowns de pacotille de l’East Blue, place au vrai méchant, fort, sombre, détestable. C’est Joe Manganiello qui va prêter sa carrure de titan au boss mafieux. Mais, la série gagnera aussi en couleur et en paillettes avec l’arrivée du théâtral et flamboyant Bon Clay, campé par Cole Escolar. Je sais que, comme moi, vous trépignez d'impatience à l'idée de l'entendre hurler son mythique « Okama wayyyyy » à l'écran. En parallèle, on va aussi assister à l’évolution de Miss All Sunday, la mystérieuse Nico Robin (jouée par Lera Abova), et du craquant Chopper (Mikaela Hoover).

    Mais, s’il y a un personnage que tout le monde attend, c’est Portgas D. Ace. Lui, c’est le panache pur, un pyromane charismatique, délicieusement fêlé, mais surtout un combattant d’une puissance redoutable. Il occupe une place sacrée, aussi bien dans la mythologie du manga que dans le cœur de notre héros, Luffy. Autant dire que Xolo Maridueña a une pression monstrueuse sur les épaules pour donner vie à cette icône intouchable.

    Le piège de la saison 3 : les effets spéciaux

    Ici, ça passe ou ça casse. La saison 3 n’est plus une histoire de petits pirates qui naviguent d’île en île. C’est une guerre totale. Crocodile manipule des tempêtes de sable, Ace est une torche humaine, Chopper… on n’en parle même pas ! Surtout, les combats seront nombreux et intenses, et il va falloir améliorer les CGI par rapport à la saison 2 que j’ai trouvée un peu limite à certains moments. Si les chorégraphies manquent d’impact ou que les pouvoirs des Fruits du Démon ont l’air de sortir d’une cinématique de PS2, ça va être compliqué. Iñaki Godoy (Luffy dans le live action) a déjà teasé que les combats seraient radicalement différents, plus brutaux. On attend donc cette troisième étape de la série au tournant. 

    La date de sortie ? Soyez patients, mais ça arrive ! 

    Même si le tournage devrait se terminer avant cet été, on se doute que la saison 3 ne va pas sortir aussi rapidement. Comme dit plus haut, la phase de post-production s’annonce immense avec la tonne de CGI nécessaire pour animer les tempêtes de sable, les attaques enflammées, les bras qui s’étirent, et tous les pouvoirs bizarres du manga. Aucune date n’a été officiellement annoncée, mais on peut prédire une sortie fin 2027, début 2028. Certains parlent même de l’été 2027, mais l’expérience nous prouve qu’il vaut mieux voir large lorsque l’on parle de la sortie d’une série. 

    La bonne nouvelle ? L’univers d’Eiichiro Oda est immense. Avec plus de 30 de manga et d’anime, vous avez une montagne colossale de contenu pour étancher votre soif de piraterie d’ici le grand retour du live action.

  • Oscars 2026 : date, heure, nominations… Êtes vous prêt.es pour la 98e cérémonie ?
    Öykü Sofuoğlu

    Öykü Sofuoğlu

    Rédacteur JustWatch

    Plus que quelques heures avant les Oscars ! Et entre les scandales impliquant certains réalisateurs -oui, on te voit, Josh Safdie- et les discours problématiques de comédiens qui pourraient leur coûter la statuette -oui, on parle de toi, Timothée Chalamet-, la saison des récompenses 2025-2026 sera enfin derrière nous à l’aube du 16 mars 2026.

    Avez-vous déjà fait vos pronostics sur les gagnant.es de la soirée ? Pour celles et ceux qui comptent regarder la cérémonie -ces cinéphiles hardcore qui n’ont pas peur de faire une nuit blanche avant un lundi de travail- JustWatch vous propose le guide ultime des Oscars !

    Quand auront lieu les Oscars 2026 ?

    Les Oscars se tiendront à Los Angeles, dans le très célèbre Dolby Theatre, le 15 mars 2026. La cérémonie débutera à 16 h (heure du Pacifique) et à 19 h sur la côte Est des États-Unis -ce qui correspond à minuit, heure locale en France. Cette année, la cérémonie commence une heure plus tôt que l’an dernier -une occasion qui permettra aux téléspectateurs européens de dormir un peu plus. 

    Comment regarder la cérémonie ?

    Pour le public français, la cérémonie sera retransmise sur la plateforme de streaming Disney+, qui, en plus de la diffusion en direct, offrira à ses utilisateurs une immersion complète et divertissante dans la soirée la plus attendue de l’industrie hollywoodienne. Un pré-show débutera à 22h00, présenté par Kyan Khojandi et Navo, accompagnés d’Éric Judor, Kheiron, Blandine Lehout et Alice David. Le duo et leurs invité·e·s proposeront à l’audience « une cérémonie parallèle décalée avec un tapis rouge revisité », ainsi qu’une série de jeux et de quiz pour bien se chauffer avant le marathon cinéphile qui suivra.

    Ensuite, à 23h15, place au très prestigieux et sophistiqué tapis rouge, guidé par Lena Situations et Augustin Trapenard depuis Los Angeles. Ils accompagneront les stars hollywoodiennes pour commenter les looks les plus iconiques de la soirée et capturer les moments exceptionnels et exclusifs du red carpet avant le début de la cérémonie à minuit. La cérémonie elle-même sera présentée par le comédien, podcasteur et animateur Conan O’Brien, qui reviendra sur la scène du Dolby Theatre pour une deuxième édition, après le succès de son show l’année dernière.

    Connaissez-vous les nommés à l’Oscar du Meilleur Film ? 

    Cette année marque un tournant dans l’histoire des nominations : Sinners (2025) a battu un record historique en obtenant 16 nominations, dont celle du Meilleur Film. Ce récit aux inspirations du Southern Gothic, signé Ryan Coogler, figure parmi les favoris de la catégorie, aux côtés de Une bataille après l’autre (2025) de Paul Thomas Anderson, qui propose une fresque politique des États-Unis à travers un récit intime reliant un père et sa fille. 

    Parmi les dix films nommés dans cette catégorie phare des Oscars, on retrouve Marty Supreme (2025), porté par la performance remarquée de Timothée Chalamet, ainsi que Hamnet (2025) de Chloé Zhao, œuvre shakespearienne explorant le deuil et le processus créatif. Ces films font figure d’outsiders face à Sinners et Une bataille après l’autre. Quant à Valeur sentimentale (2025), qui a connu un bon démarrage auprès du public au début de la saison, ses chances restent relativement faibles.

    La nomination de L’Agent secret (2025) de Kleber Mendonça Filho, jusque-là connu uniquement du cercle cinéphile, offre une visibilité méritée au réalisateur et à son acteur principal, Wagner Moura. Train Dreams (2025), avec son ton sentimental et contemplatif, pourrait également créer la surprise, à l’instar du succès inattendu de CODA (2021). En revanche, Bugonia (2025), probablement jugé trop clivant pour les votant.es, F1 (2025) et Frankenstein (2025) au contraire trop grand public, apparaissent comme les moins probables pour décrocher la statuette.

    Oscars 2026 : les pronostics de JustWatch France

    Nous sommes maintenant dans la dernière ligne droite, et le duel dans la catégorie du Meilleur Film semble se jouer entre Sinners et Une bataille après l’autre. Le gagnant de cette catégorie est souvent lié à celui de la Meilleure Réalisation -la catégorie la plus marquante de cette édition : si Ryan Coogler remporte le prix de la Meilleure Réalisation, le Meilleur Film pourrait revenir à Une bataille après l’autre, et inversement. Mais Josh Safdie et Chloé Zhao pourraient également créer la surprise en décrochant une victoire inattendue.

    Dans la catégorie du scénario adapté, le succès pourrait revenir à Hamnet ou à Une bataille après l’autre, tandis que la course du scénario original se jouera vraisemblablement entre Marty Supreme et Sinners. Côté performances, malgré les controverses récentes -selon lesquelles elle aurait donné un ultimatum à son mari concernant ses chats parce qu’elle ne les aime pas- Jessie Buckley semble bien partie pour recevoir la statuette de la Meilleure actrice.

    Du côté du Meilleur acteur, compte tenu des autres prix de l’industrie, ainsi que des commentaires et de la campagne de marketing de Timothée Chalamet qui ont suscité pas mal d’animosité, Michael B. Jordan semble être le grand favori. La catégorie de la Meilleure actrice dans un second rôle semble promettre à Teyana Taylor un succès quasi assuré, tandis que celle du Meilleur acteur dans un second rôle s’annonce beaucoup plus compétitive, avec Benicio Del Toro, Sean Penn et Stellan Skarsgård, tous trois également soutenus et mis en avant.

    KPop Demon Hunters (2025) apparaît comme le prix le plus sûr de l’année dans la catégorie du Meilleur film d’animation. La catégorie du Meilleur film international, en revanche, est plus clivant : L’Agent secret a sans doute de bonnes chances ici, compte tenu de l’enthousiasme du public et du soutien des académicien·ne·s brésilien·ne·s, mais les récents événements politiques pourraient pousser les membres à voter pour La Voix de Hind Rajab (2025) ou encore Un simple accident (2025).

  • Et les pires films de l’année sont… Où et comment voir La Guerre des Mondes et les gagnants des Razzies 2026 ?
    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    C’est la coutume à Hollywood depuis 1981 : chaque année, la veille des Oscars, la Golden Raspberry Award Foundation décerne ses Razzie Awards, des trophées saluant les plus grands ratés de l’année cinématographique. Parfois avec pertinence, parfois avec une mauvaise foi totale (je pense à certains acteurs constamment dans le viseur des votant.es, j'y reviendrai). Mais c’est un rendez-vous que je ne manquerai pour rien au monde.

    De mon point de vue, c’est toujours fascinant de découvrir des choses loupées. Voire mauvaises. Voire très mauvaises. Et il y a, aussi, un vrai plaisir coupable assumé dans le visionnage de ces œuvres. C’est ce que saluent ces « Oscars du pire ». Je regrette d’ailleurs que la démarche n’existe plus en France, car des films comme Papamobile méritent d’être mis en lumière ! Alors que la planète cinéma a les yeux tournés vers la 98e cérémonie des Oscars, JustWatch vous partage le palmarès complet des Framboises d’or 2026, avec les informations sur les plateformes où retrouver les films en bas de page.

    NB - A noter que le Razzie de la Rédemption de cette 46ème édition est attribué à Kate Hudson, saluée comme Pire actrice en 2021 pour Music et relancée cette année avec sa nomination à l’Oscar pour Sur un air de blues (2025).

    La Guerre des Mondes (2025)

    • Pire film

    • Pire acteur : Ice Cube

    • Pire réalisation : Rich Lee

    • Pire scénario

    • Pire prequel, remake, film-dérivé ou suite

    C’est LE film dont tout le monde parlait l’été dernier. Et le grand gagnant de cette édition. 4% sur Rotten Tomatoes, 1/10 sur Letterboxd, 2,5/10 sur IMDB… La Guerre des Mondes (2025) partait pourtant d’une proposition intéressante : revisiter le classique de H.G. Wells à l’ère du numérique, en racontant l’invasion des tripodes extraterrestres à travers des écrans (ordinateurs, smartphones, caméras de surveillance…). Dans le jargon, on appelle ce sous-genre « screenlife » et il a essentiellement été décliné à travers l’horreur (Unfriended ou Host) et le thriller (Searching : Portée disparue ou  Missing : Disparition inquiétante). Pourquoi pas la science-fiction, après tout ? On est toutefois bien loin -à des années-lumière, même- de la version mémorable proposée par Steven Spielberg en 2005.

    Ici, tout est fauché, bricolé, flottant… Il y a presque un esprit nanar Asylum qui se dégage de tout ça ! A la décharge de Ice Cube, Eva Longoria et Clark Gregg (mais qu’allaient-ils faire dans cette galère ?), le long métrage a été tourné en 15 jours seulement, à distance pendant le confinement de la pandémie de COVID-19, et le réalisateur Rich Lee a dû littéralement bricoler un montage à partir des rushes envoyés par ses comédiens. Initialement prévu pour une sortie cinéma, La Guerre des Mondes a été revendu discrètement à Prime Video… qui n’espérait pas tant de publicité autour de ce direct-to-streaming. Je profite donc de ces Razzies pour vous inciter à y jeter un œil : quand c’est aussi raté, ça en devient incontournable !

    Blanche Neige (2025)

    • Pire second rôle masculin : les sept nains artificiels

    • Pire couple à l’écran : les sept nains artificiels

    Entre l’Oscar d’honneur remis en 1939 à Walt Disney pour saluer la création du premier long métrage de fiction (une grande statuettes et sept petites, représentant Blanche-Neige et les sept nains) et les deux Razzies décernés à l’adaptation live action cette année, c’est le grand écart pour le studio aux grandes oreilles ! Si Rachel Zegler et Gal Gadot ont échappé à des nominations (c’est assez miraculeux au regard du bad buzz qui avait accompagné leurs performances et leurs prises de parole pendant le tournage puis au moment de la sortie), ce sont les nains numériques qui ont été plébiscités par deux Framboises d’Or, avec une insistance sur le mot « artificial » dans le communiqué des Razzies, qui rappelle la polémique qui avait entouré leur création.

    Ces deux prix du Pire, ce sont les deux derniers clous dans le cercueil du film de Marc Webb, après un rejet massif de la part de la critique et du public -même s’il ne faut pas minimiser la campagne de bashing orchestrée en ligne pour nuire à cette vision en prises de vues réelle du classique de l’animation- et surtout après son échec au box-office (à peine 205 millions de dollars de recettes dans le monde pour un budget au-delà des 300 millions) qui a généré des pertes estimées à 170 millions de billets verts pour le studio, selon Forbes. Disney a tout de même une raison de se réjouir : alors qu’il dominait les nominations avec des citations dans six catégories, Blanche Neige a finalement « limité la casse » avec ces deux prix secondaire.

    Bride Hard (2025)

    • Pire actrice : Rebel Wilson

    Et un deuxième Razzie pour Rebel Wilson ! Déjà saluée par la Framboise d’or de la Pire actrice dans un second rôle en 2020 pour le mémorable Cats, l’actrice australienne est plébiscitée pour la comédie d’action Bride Hard (2025). Cet habile jeu de mots entre Die Hard / Piège de Cristal et Bridesmaids / Mes meilleures amies annonce la couleur de ce film Prime Video (décidément à la fête lors de cette 46ème édition), qui confronte les invités d’un mariage à une prise d’otages. Heureusement, l’une des demoiselles d’honneur, incarnée par Rebel Wilson, est un agent secret bien décidée à ne pas laisser les mercenaires gâcher l’union de sa meilleure amie.

    Le réalisateur Simon West est aguerri aux cascades, aux fusillades et aux explosions, lui qui a fait ses débuts avec le cultissime Les Ailes de l’enfer (1997) porté par Nicolas Cage, avant de diriger des gros bras comme Jason Statham, Sylvester Stallone, Arnold Schwarzenegger et Bruce Willis et d’adapter les aventures de Lara Croft à l’écran avec Angelina Jolie dans le rôle-titre. Mais la rencontre entre comédie et action qu’il orchestre ici ne prend jamais, et c’est Rebel Wilson qui en fait essentiellement les frais, coincée entre des gags lourdingues et des situations embarrassantes malgré son investissement physique et son entraînement poussé. Dommage pour les fans de Hit Girls / Pitch Perfect qui se réjouissaient des retrouvailles de la comédienne avec Anna Camp.

    Gunslingers (2025)

    • Pire actrice dans un second rôle : Scarlet Rose Stallone

    Il y a un point commun entre les ratages de Bride Hard (2025) et de Gunslingers (2025) : la présence de Stephen Dorff au générique des deux films. C’est pourtant vers ses partenaires féminines que se sont dirigés les suffrages des 1 100 votant.es des Razzie Awards, avec un prix pour Rebel Wilson, donc, et un autre pour Scarlet Rose Stallone. Stallone ? Oui, comme Sylvester Stallone dont la comédienne de 23 ans est la fille ! « Sly » a d’ailleurs marqué une nouvelle fois l’histoire de la cérémonie cette année -lui qui détient le record de prix et de nominations avec respectivement 12 et 39-, puisque sa présence en Pire second rôle masculin pour Alarum (2025) et celle de sa benjamine est notable : c’est la première fois qu’un parent et son enfant sont nommés la même année !

    Pour en revenir au western Gunslingers, Scarlet Rose Stallone y campe la fille d’un hors-la-loi repenti aux côtés de Stephen Dorff, Heather Graham et Nicolas Cage. C’est le premier long métrage de la jeune femme sans son père, qu’elle avait côtoyé dans Bad Luck (2014) et la série Tulsa King (2022-). Même si le film est raté, on sent, tout de même, que les Razzies semblent avoir voulu ici « se payer » une Stallone plus qu’autre chose en accrochant la fille à leur tableau de chasse. Ce prix du pire donne au moins l’occasion / l'envie de la découvrir, avant qu’elle ne rejoigne Mel Gibson dans le thriller musclé Hunting Season.

  • 8 films et séries sur le rugby qui transforment l'essai
    Aurélien Bouron

    Aurélien Bouron

    Rédacteur JustWatch

    Que c’est difficile d’adapter le rugby à l’écran. Mais quand c’est bien fait, c’est magnifique. Les ruck, les mêlées, les sauts en touche, le ballon qui vole… Même si beaucoup ne comprennent pas grand chose aux règles, le rugby peut être un régal pour le spectateur. 

    Alors que le Tournoi des Six Nations a enflammé nos week-ends de janvier à mars, et qu’on aime aller voir les matchs dans les bars, une Guinness à la main (avec modération !), voici une sélection musclée pour prolonger l’ambiance moite des vestiaires depuis votre canapé. Des pelouses de Nouvelle-Zélande aux clichés chauvins de notre Sud-Ouest, ce sport de voyous joué par des gentlemen a de quoi plaire.

    Invictus (2009)

    On l’a dit, transposer le rugby au cinéma n’est pas chose facile. Mais, on pouvait bien compter sur Clint Eastwood pour réussir. Dans Invictus, nous sommes en 1995, dans une Afrique du Sud post-apartheid encore profondément fracturée. Fraîchement élu président, Nelson Mandela (incarné par Morgan Freeman, né pour ce rôle) fait le pari d’utiliser la Coupe du monde de rugby à domicile pour unir la nation. 

    Matt Damon campe François Pienaar, le capitaine des Springboks, et fait le job. Même si on aurait aimé le voir un peu plus brut et rugueux. C’est du vrai Clint Eastwood : c’est efficace, classique, parfois un peu trop scolaire avec une avalanche de bons sentiments. Cependant, le cinéaste arrive très bien à saisir tout l’enjeu de cette coupe du monde et l’ambiance politique autour de celle-ci. Mais d’un point de vue français, le film fait grincer quelques dents. Les fans de rugby de l’Hexagone sont traumatisés par la fameuse demi-finale Afrique du Sud - France. Un match entaché d’une pelouse totalement inondée à Durban, de décisions arbitrales étranges, et de scandales en tous genres. C’est un film qui a tout de même l’honneur de faire découvrir le sport et de mettre la lumière sur l’histoire contemporaine sud-africaine avec Nelson Mandela comme héros national. 

    Six Nations : au contact (2024)

    Après l’immense succès de leur série documentaire sur la F1, Netflix ne pouvait que chercher d’autres sports pour renouveler l’expérience. D’ailleurs, le géant du streaming a repris exactement la même formule que Formula 1 : Pilotes de leur destin (2019) pour la transposer au rugby. Franchement, le résultat de Six Nations : au contact est pas mal du tout ! Les caméras s’infiltrent dans l’intimité des vestiaires, réussissant à capter les tensions, les déceptions, les joies, les discours hurlés à s’en péter les cordes vocales. 

    Le montage est ultra-nerveux alors que les épisodes se concentrent sur des personnalités du rugby, comme Finn Russell ou Ellis Genge. Je trouve malgré tout que la série a trop essayé de scénariser le tournoi en inventant quelques rivalités, et en forçant le storytelling. C’est une série idéale pour mettre les pieds dans le monde du rugby, mais qui ne plaira pas forcément aux passionnés de la première heure. Au final, j’ai préféré Formula 1 : Pilotes de leur destin, un incontournable même si (comme moi) vous ne connaissez rien à la F1 mais que vous aimez tous les sports. 

    Le Stade (2022)

    Le Stade nous plonge au cœur du mythique Stade Toulousain lors de la saison de toutes les réussites : celle du légendaire doublé Top 14 / Champions Cup. D’abord, l'esthétique du documentaire est tout aussi surprenante que magnifique avec ce choix de filmer en noir et blanc. On croirait presque voir un film hollywoodien avec des discours des joueurs ou d’Ugo Mola, l'entraîneur, qui nous donnent des frissons. Les chocs s’enchaînent, les blessés aussi, la défaite vient parfois (rarement) se mêler aux multiples victoires. Le Stade Toulousain est présenté comme une véritable famille avec un seul but : la victoire. 

    Visuellement, on prend une claque, même un peu trop grande. On frôle parfois le spot publicitaire, alors qu’Antoine Dupont et Ugo Mola sont filmés presque comme s’ils étaient des dieux. Pourtant, c’est génial, et nous rappelle aisément Les Yeux dans les Bleus (1998). Ce documentaire est un indispensable pour les inconditionnels du peuple Rouge et Noir, mais aussi pour tous les fans de rugby (même ceux qui en ont marre de voir Toulouse sur le devant de la scène).

    All or Nothing: New Zealand All Blacks (2018)

    Amazon Prime Video s’est attaqué à une équipe de légende, avec Taika Waititi à la narration. All or Nothing: New Zealand All Blacks se concentre sur l’équipe néo-zélandaise, et rentre dans son intimité. On découvre la culture et la rigueur des All Blacks, leur gestion du stress, de la pression médiatique, et le poids immense d’un maillot qui représente l’âme d’une nation. 

    L’ensemble peut manquer d’un peu de folie, et est parfois trop chirurgical. Un défaut qu’on retrouve étonnamment souvent dans cette liste. Comme s’il fallait gommer le sang, la boue et la sueur pour que ce soit accepté par le grand public. Cela reste une mine d’or pour les fans de tactiques et de management pur et dur. On retrouve une ambiance similaire à The Last Dance, la série documentaire vraiment géniale sur les Chicago Bulls et Michael Jordan. 

    Le Fils à Jo (2011)

    Philippe Guillard, ancien joueur, est passé derrière la caméra pour réaliser Le Fils à Jo, une comédie dramatique enracinée dans le terroir du Sud-Ouest de la France, le berceau du rugby français. Gérard Lanvin y campe une ancienne gloire du ballon ovale, un peu bourrue, qui incite lourdement son fils chétif à reprendre le flambeau. Le film coche toutes les cases du bingo des clichés ruraux. Rivalités de clocher qui sentent le cassoulet, troisième mi-temps bien arrosée, des personnages aussi têtus que leur accent est fort, on frôle parfois la caricature. Mais ce qu’il y a de bien, c’est que cela semble totalement assumé. 

    Sous son trop plein de bons sentiments, le film a un cœur énorme et donne le sourire. Il parvient à capturer cette atmosphère de la terre du rugby, de l’amour du terroir, de l’envie de transmettre, même si cette envie n’est pas partagée. Car le rugby français, même les pros le diront, doit toujours faire honneur au rugby de village, aux amateurs, à ceux qui font vivre la culture de l’ovalie. Le Fils à Jo le fait parfaitement. C’est un peu le Rasta Rockett (1993) du Tarn : c’est naïf, mais bourré de bonnes intentions, et on finit par s’y attacher. 

    Philippe Guillard a également réalisé Pour l’honneur (2023). Avec ce film, il continue d’explorer le monde de l’ovalie du sud de la France, alors que deux bourgades rivales voient leur quotidien chamboulé par l’arrivée de demandeurs d’asile. Nous voilà lancés dans 1h37 de choc des cultures, de feel good, d’intégration, et de rugby comme ciment social. Là aussi c’est naïf, mais le message est beau et bien véhiculé. 

    Steelers: The World's First Gay Rugby Club (2020)

    Ce documentaire indépendant est une petite merveille. Le réalisateur de Steelers: The World's First Gay Rugby Club, Eammon Ashton-Atkinson, prend la caméra pour documenter les Kings Cross Steelers de Londres, devenu le tout premier club de rugby gay et inclusif au monde. 

    Ce documentaire dévie rapidement, avec beaucoup de grâce, vers une exploration de la vulnérabilité et de la masculinité. On y suit des piliers massifs luttant contre la dépression, des joueurs combattant les démons de l’homophobie. Le rugby, ce sport brutal et frontal, devient ici un exutoire pour se reconstruire. C’est filmé avec les tripes, sans le moindre vernis, sans en faire trop, mais sans rien cacher. Le film est dans la lignée de Pride (2014), un chef-d'œuvre sur la convergence des luttes sous Thatcher.

    Mercenaire (2016)

    Mercenaire est une petite pépite méconnue réalisée par Sacha Wolff et qui suit Soane. Ce dernier est un jeune Wallisien (incarné par Toki Pilioko), arraché de son île du Pacifique pour venir jouer pilier dans un club de Fédérale en métropole. 

    Ce film vient entacher le côté romantique du rugby français, qu’on imagine franchouillard et bon enfant. On parle de déracinement et d’exploitation du physique des jeunes des îles du Pacifique à qui on vend du rêve pour ne leur donner que des miettes. On découvre un monde qui traite l’humain comme du bétail. Là encore, rien n’est aseptisé. Le film est rempli de sueur, de drame, de réalisme. On ne peut qu’être touché par le jeu de l’acteur principal, son envie de chasser les démons de son passé, et de s’intégrer dans une métropole qui ne l’accepte pas. 

    The Ground We Won (2015)

    The Ground We Won est entièrement tourné dans un noir et blanc poisseux, sublime, organique. Ce documentaire signé Christopher Pryor nous montre le rugby amateur néo-zélandais sans le moindre artifice. On suit le club de Reporoa pendant une saison entière, constitué de fermiers et de travailleurs ruraux qui troquent leurs bottes boueuses pour des crampons tous les week-end. 

    Ici, nous sommes loin des All Blacks, on respire la terre humide et on y voit des hommes cabossés par le travail physique. On ouvre les bières à la troisième mi-temps, on oublie les côtes fêlées, on dévoile sa masculinité flirtant parfois avec le toxique et on noie le tout dans le ciment de la vie de ces sportifs : la camaraderie. Le documentaire est presque anthropologique. Il analyse la façon dont le ballon ovale structure, anime et sauve la vie sociale d’une région isolée de Nouvelle-Zélande. La brutalité est si forte qu’elle en devient poétique. C’est en même temps un documentaire très local et très universel. Je suis persuadé que certains clubs du sud de la France se reconnaîtront dans le quotidien de cette équipe. S’il y avait un titre à retenir pour comprendre ce qu’est le rugby, au-delà des mêlées et des règles compliquées, c’est celui-ci.