Socialisme ou barbarie

rosa luxemburg meeting

Dans les révolutions bourgeoises, l’effusion de sang, la terreur, le crime politique étaient des armes indispensables entre les mains des classes montantes. La révolution prolétarienne n’a nul besoin de la terreur pour réaliser ses objectifs.

Elle hait et abhorre l’assassinat. Elle n’a pas besoin de recourir à ces moyens de lutte parce qu’elle ne combat pas des individus, mais des institutions, parce qu’elle n’entre pas dans l’arène avec des illusions naïves qui, déçues, entraîneraient une vengeance sanglante. Ce n’est pas la tentative désespérée d’une minorité pour modeler par la force le monde selon son idéal, c’est l’action de la grande masse des millions d’hommes qui composent le peuple, appelés à remplir leur mission historique et à faire de la nécessité historique une réalité.

Mais la révolution prolétarienne sonne en même temps le glas de toute servitude et de toute oppression ; voilà pourquoi se dressent contre elle dans une lutte à mort, comme un seul homme, tous les capitalistes, les Junkers, les petits-bourgeois, les officiers, bref tous les profiteurs ou les parasites de l’exploitation et de la domination de classe.

C’est pure folie que de s’imaginer que les capitalistes pourraient se plier de bon gré au verdict socialiste d’un Parlement, d’une Assemblée nationale, qu’ils renonceraient tranquillement à la propriété, au profit, aux privilèges de l’exploitation. Toutes les classes dominantes ont lutté jusqu’au bout pour leurs privilèges, avec l’énergie la plus tenace. Les patriciens de Rome tout comme les barons féodaux du moyen âge, les gentlemen anglais, tout comme les marchands d’esclaves américains, les boyards de Valachie, tout comme les soyeux lyonnais — tous ont versé des torrents de sang, ont marché sur des cadavres, au milieu des incendies et des crimes, ils ont déchaîné la guerre civile et trahi leur pays, pour défendre leur pouvoir et leurs privilèges.

Dernier rejeton de la caste des exploiteurs, la classe capitaliste impérialiste surpasse en brutalité, en cynisme, la bassesse de toutes celles qui l’ont précédée. Elle défendra ce qu’elle a de plus sacré : le profit et le privilège de l’exploitation avec ses dents et ses ongles. Elle emploiera les méthodes sadiques dont elle a fait montre dans toute sa politique coloniale et au cours de la dernière guerre.

Contre le prolétariat elle mettra en mouvement le ciel et l’enfer ; elle mobilisera la paysannerie contre les villes, excitera des couches ouvrières rétrogrades contre l’avant-garde socialiste, elle se servira d’officiers pour organiser des massacres, tentera de paralyser toute mesure socialiste par les mille moyens de résistance passive, elle suscitera contre la révolution vingt Vendées, elle appellera à son secours l’ennemi de l’extérieur, les Clemenceau, les Lloyd George et les Wilson avec leurs armes, préférant transformer l’Allemagne en un tas de décombres fumants plutôt que de renoncer de plein gré à l’esclavage du salariat.

Toutes ces résistances, il faudra les briser pas à pas d’une main de fer en faisant preuve d’une énergie sans défaillance. A la violence de la contre-révolution bourgeoise, il faut opposer le pouvoir révolutionnaire du prolétariat, aux attentats, aux intrigues ourdies par la bourgeoisie, la lucidité inébranlable, la vigilance et l’activité jamais en défaut de la masse prolétarienne. Aux menaces de la contre-révolution, l’armement du peuple et le désarmement des classes dominantes.

Rosa Luxembourg – Le Drapeau Rouge – 1918

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Dans la rue

affiche manifestation antifa

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Mother Russia – Iron Maiden

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Au sujet du sport

afa teramo

Article très pertinent du collectif Quartiers Libres au sujet du sport et des préjugés racistes véhiculés à propos des compétences « ethniques ».

Pour s’imposer au plus haut niveau dans un sport, il est nécessaire d’avoir un impératif de succès et de disposer des moyens pour réussir. La surreprésentation d’un groupe social ou d’un genre dans la pratique et la réussite d’une discipline sportive n’est donc pas un phénomène naturel.
Chaque sport a sa classe sociale privilégiée et une orientation de genre. Il a aussi ses pays, en fonction de leur position économique et/ou de leur localisation géographique.

La boxe, par exemple, est un sport très majoritairement ouvrier. Le sociologue et authentique boxeur Loïc Wacquant explique parfaitement dans son ouvrage « Corps et âmes » comment répétition du geste, discipline quotidienne et pratique du combat sont des critères qui répondent à une condition prolétaire. Ceci explique pourquoi les pays du bloc soviétique et Cuba ont marqué l’histoire de la boxe amateur (celle des Jeux Olympiques).

La boxe professionnelle, qui permet très rarement à un athlète de gagner beaucoup d’argent, est aussi le révélateur de la composition de la population se situant au bas de l’échelle sociale d’un pays. En pratique, on ne trouve pas beaucoup de boxeurs professionnels qui viennent des beaux quartiers ; à l’opposé, très peu de gitans deviennent des champions de golf ou de polo.

Durant les années 80, les conservateurs américains ont repris la vieille thèse raciste selon laquelle les afro-américains dominaient la boxe pour des raisons physiologiques. Ils ont tenté, à travers des études scientifiques, de prouver que les afro américains avaient un cerveau plus petit, les rendant moins sensibles aux commotions cérébrales et aussi moins capables de réussir dans les études. L’objectif de cette démonstration était de donner une explication « naturelle » à la hiérarchie sociale et à la surreprésentation des noirs dans les classes populaires.
Bien évidemment, tout cela a été démenti par les faits et les analyses biologiques.
Cette théorie a été définitivement discréditée dans le courant des années 90 lorsque les latinos, considérés comme plus proches des blancs par les conservateurs et les suprématistes blancs, ont commencé à battre les noirs. Il a fallu se rendre à l’évidence : ce qui fait aller au charbon pour exceller dans une discipline sportive telle que la boxe, c’est avant tout la faim. Une corrélation a pu être établie à ce moment entre la réussite en boxe et les quotas de l’affirmative action pour entrer en fac.
Aux Etats-Unis, les latinos sont ceux à qui l’on demande le moins de points dans le cadre des tests d’entrée à l’Université – non pas parce qu’ils ont un cerveau plus petits, mais parce qu’ils sont plus pauvres et donc moins instruits.

Collectif Quartiers Libres – La suite en lien

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Lutte et fête

communisme fete banda bassotti

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Justice de classe

justice bourgeoise

Une bonne brève de nos camarades du collectif Tantquil à propos de la violence de classe. Parce qu’on nous rabat les oreilles avec la justice républicaine ou le laxisme des magistrats, alors que la délinquance en cols blancs étale chaque jour son odieuse impunité, avec ses politiciens corrompus et ses patrons voyous. Mais c’est bien sûr moins vendeur que les « bandes des cités »: les quartiers où vivent les classes populaires sont de vraies réserves d’indiens pour la bourgeoisie, qui ne les connait pas et ne les comprend pas. Rien d’étonnant alors à ce qu’on retrouve le même discours à l’extrême droite, au PS ou à l’UMP, pour justifier les mesures « sécuritaires » de contre-insurrection préventive.

Dans cette brève, on va se limiter à présenter des chiffres marquants et à leur apporter un peu d’éclairage. La justice est présentée comme étant aveugle et ne représentant les intérêts d’aucune catégorie sociale. Voici quelques chiffres qui remettent ça en question :

  • Nombre d’affaires passant en comparution immédiate en 2011 : 43 000
  • Nombre de condamnations en comparution immédiate faisant l’objet d’un mandat de dépôt (prison ferme) : 15 200, c’est-à-dire que 35% des personnes passant en comparution immédiate vont en prison.

La comparution immédiate est une procédure de jugement ou l’accusé est jugé sans avoir le temps de préparer sa défense.

  • Nombre d’affaires passant au tribunal suite à une procédure normale avec instruction : 14600
  • Nombre de condamnations suite à une instruction qui font l’objet d’un mandat de dépôt (prison ferme) : 720, c’est-à-dire que 4,9% des personnes qui ont un procès avec instruction vont en prison.

On rappelle qu’une procédure normale met plus de temps. Elle demande une instruction et permet aux avocats de préparer la défense du prévenu.

Les personnes qui passent en comparution immédiate ont donc sept fois plus de chance d’aller en prison que ceux qui ont un procès normal.

Qu’est ce que ça veut dire?

Au premier abord, ces chiffres sont hallucinants pour qui « croit en la justice de son pays ». En effet, les comparutions immédiates sont consacrées aux délits « les moins graves » et sont censées permettre des aménagements de peine pour désengorger les tribunaux. Comment expliquer qu’un tiers des personnes qui passent en comparution immédiate pour des délits légers aillent en prison, et seulement 5% des délits « graves » ?

Une seule explication : la justice de classe.

En effet, la comparution immédiate est une procédure ou l’accusé n’a pas le temps de se défendre, et où les avocats n’ont ni le temps ni souvent la volonté de faire une bonne défense. C’est surtout le type de procédure ou se retrouvent les auteurs de « petits délits » qui sont plutôt l’affaire des plus pauvres : bagarres, deal de shit, vols, petits cambriolages.

Ceux qui peuvent payer un avocat qui leur donne des bons conseils, mais aussi les « délinquants en cols blancs » qui sont plus souvent issus de la bourgeoisie passent au tribunal avec une instruction, et vont donc beaucoup moins en prison.

Ceux qui se retrouvent en comparution immédiate sont souvent issus des quartiers populaires, de la classe ouvrière. Cette procédure est souvent un abattoir où se défendent faiblement les prévenus sans avoir préparé leur procès. Ils font face à des procureurs et des juges qui sont souvent issus de la bourgeoisie ou des classes moyennes supérieures : à la clé, des peines de prison.

Voici comment un paradoxe apparent, le fait que ce sont les personnes soupçonnées d’avoir commis les délits les moins graves qui aillent en prison est résolu : La justice n’est pas « un outil protégeant les français », mais une arme aux mains des classes dominantes pour briser les plus pauvres.

Pour aller plus loin:

Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, La violence des riches: chronique d’une immense casse sociale, Paris, Zones.

Voir aussi un article de presse:  La justice des pauvres et des « colorés ».

Collectif Tantquil

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VII / 1984 – Le bruit des bottes

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Moins de poseurs bling-bling, plus de prolétaires déters’!

brav

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La violence des riches

bourgeoisie medef

On avait jusque là oublié de parler des Pinçon-Charlot, un couple de sociologues dont les travaux ont permis de démontrer la cohérence et l’impact idéologique de la classe dominante, que l’on nomme bourgeoisie. Voilà qui est fait grâce à cette excellente interview pour le magazine Basta! Leur dernier livre, La violence des riches – Chronique d’une immense casse sociale, vient de sortir. Nous vous conseillons leurs travaux car on ne combat bien que ce que l’on connait.

Basta!: Qu’est-ce qu’un riche, en France, aujourd’hui ?
Monique Pinçon-Charlot : Près de 10 millions de Français vivent aujourd’hui en-dessous du seuil de pauvreté. Celui-ci est défini très précisément. Mais il n’existe pas de « seuil de richesse ».
C’est très relatif, chacun peut trouver que son voisin est riche. Et pour être dans les 10 % les plus riches en France, il suffit que dans un couple chacun gagne 3000 euros. Nous nous sommes intéressés aux plus riches parmi les riches. Sociologiquement, le terme « riche » est un amalgame. Il mélange des milieux très différents, et regroupe ceux qui sont au top de tous les univers économiques et sociaux : grands patrons, financiers, hommes politiques, propriétaires de journaux, gens de lettres… Mais nous utilisons délibérément ce terme. Car malgré son hétérogénéité, ces « riches » sont une « classe », mobilisée pour la défense de ses intérêts. Et nous voulons aujourd’hui contribuer à créer une contre-offensive dans cette guerre des classes que mènent les riches et qu’ils veulent gagner.
Pourquoi est-il si difficile de définir cette classe ?
La richesse est multidimensionnelle. Bourdieu parlait très justement de capital – capital économique, culturel, symbolique –, c’est ce qui donne du pouvoir sur les autres. A côté de la richesse économique, il y a la richesse culturelle : c’est le monde des musées, des ventes aux enchères, des collectionneurs, des premières d’opéra… Jean-Jacques Aillagon, président du comité des Arts décoratifs, vient d’être remplacé par un associé-gérant de la banque Lazard. Dans l’association des amis de l’Opéra, on retrouve Maryvonne Pinault (épouse de François Pinault, 6ème fortune de France), Ernest-Antoine Seillière (ancien président du Medef, 37ème fortune de France avec sa famille)…
A cela s’ajoute la richesse sociale, le « portefeuille » de relations sociales que l’on peut mobiliser. C’est ce qui se passe dans les cercles, les clubs, les rallyes pour les jeunes. Cette sociabilité mondaine est une sociabilité de tous les instants : déjeuners, cocktails, vernissages, premières d’opéra. C’est un véritable travail social, qui explique la solidarité de classe. La quatrième forme est la richesse symbolique, qui vient symboliser toutes les autres. Cela peut être le patronyme familial : si vous vous appelez Rothschild, vous n’avez pas besoin d’en dire davantage… Cela peut être aussi votre château classé monument historique, ou votre élégance de classe.
Il existe aussi une grande disparité entre les très riches…
Bernard Arnault, propriétaire du groupe de luxe LVMH, est en tête du palmarès des grandes fortunes professionnelles de France, publié chaque année par la revue Challenges. Il possède 370 fois la fortune du 500ème de ce classement. Et le 501ème est encore très riche ! Comparez : le Smic à 1120 euros, le revenu médian à 1600 euros, les bons salaires autour de 3000 euros, et même si on inclut les salaires allant jusque 10 000 euros, on est toujours dans un rapport de 1 à 10 entre ces bas et hauts salaires. Par comparaison, la fortune des plus riches est un puits sans fond, un iceberg dont on ne peut pas imaginer l’étendue.
Malgré l’hétérogénéité de cette classe sociale, les « riches » forment, selon vous, un cercle très restreint.
On trouve partout les mêmes personnes dans une consanguinité tout à fait extraordinaire. Le CAC 40 est plus qu’un indice boursier, c’est un espace social. Seules 445 personnes font partie des conseils d’administration des entreprises du CAC 40. Et 98 d’entre eux détiennent au total 43 % des droits de vote. Dans le conseil d’administration de GDF Suez, dont l’État français possède 36 % du capital, il y a des représentants des salariés. Ceux-ci peuvent être présents dans divers comités ou commissions, sauf dans le comité des rémunérations. Cela leur est interdit. Qui décide des rémunérations de Gérard Mestrallet, le PDG ? Jean-Louis Beffa, président de Saint-Gobain, notamment. C’est l’entre-soi oligarchique.
Cela semble si éloigné qu’on peut avoir l’impression de riches vivant dans un monde parallèle, sans impact sur notre vie quotidienne. Vous parlez à propos des riches de « vrais casseurs ». Quel impact ont-ils sur nos vies ?
Avec la financiarisation de l’économie, les entreprises sont devenues des marchandises qui peuvent se vendre, s’acheter, avec des actionnaires qui exigent toujours plus de dividendes. Selon l’Insee, les entreprises industrielles (non financières) ont versé 196 milliards d’euros de dividendes en 2007 contre 40 milliards en 1993. Vous imaginez à quel niveau nous devons être sept ans plus tard ! Notre livre s’ouvre sur une région particulièrement fracassée des Ardennes, avec l’histoire d’une entreprise de métallurgie, qui était le numéro un mondial des pôles d’alternateur pour automobiles (les usines Thomé-Génot). Une petite entreprise familiale avec 400 salariés, à qui les banques ont arrêté de prêter de l’argent, du jour au lendemain, et demandé des remboursements, parce que cette PME refusait de s’ouvrir à des fonds d’investissement. L’entreprise a été placée en redressement judiciaire. Un fonds de pension l’a récupéré pour un euro symbolique, et, en deux ans, a pillé tous les savoir-faire, tous les actifs immobiliers, puis fermé le site. 400 ouvriers se sont retrouvés au chômage. C’est un exemple parmi tant d’autres ! Si vous vous promenez dans les Ardennes aujourd’hui, c’est un décor de mort. Il n’y a que des friches industrielles, qui disent chaque jour aux ouvriers : « Vous êtes hors-jeu, vous n’êtes plus rien. On ne va même pas prendre la peine de démolir vos usines, pour faire des parcs de loisirs pour vos enfants, ou pour planter des arbres, pour que vous ayez une fin de vie heureuse. Vous allez crever. »
Comment s’exerce aujourd’hui ce que vous nommez « la violence des riches » ?
C’est une violence inouïe. Qui brise des vies, qui atteint les gens au plus profond de leur corps, de leur estime, de leur fierté du travail. Être premier dans les pôles d’alternateur pour automobiles, c’est faire un travail de précision, c’est participer à la construction des TGV, à l’une des fiertés françaises. Casser cela est une violence objective, qui n’est ni sournoise ni cachée, mais qui n’est pas relayée comme telle par les politiques, par les médias, par ces chiens de garde qui instillent le néolibéralisme dans les cerveaux des Français. Pour que ceux-ci acceptent que les intérêts spécifiques des oligarques, des dominants, des riches, deviennent l’intérêt général

Agnès Rousseaux -Interview de Monique Pinçon-Charlot pour le magazine Basta !

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Dans les stades

hapoel antifa 2

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Solidarité

yarmouk

Depuis six mois, plus de 20.000 réfugiés palestiniens du camp de Yarmouk sont assiégés par les forces gouvernementales. La population est affamée faute de ravitaillement, et vit dans des conditions d’hygiène intenables, au milieu de montagnes de gravats qui témoignent de la brutalité des combats et des bombardements incessants de l’armée. Samedi 18 janvier, un convoi alimentaire est entré dans Yarmouk, mais la nourriture distribuée n’a couvert qu’une infime partie des besoins. Samedi, deux habitants sont morts d’épuisement, ce qui porte le total à 50 les personnes sont mortes de faim, de déshydratation ou de pénurie de soins à Yarmouk.

Un groupe palestinien de second rang, le Front Populaire pour la Libération de la Palestine-Commandement général, a essayé de contrôler Yarmouk au nom du gouvernement, une initiative que les réfugiés ont rejetée. Il y avait un semi-consensus parmi les Palestiniens pour ne pas se laisser pas entraîner dans la guerre. Mais toutes les parties belligérantes syriennes ont agi dans le sens contraire, et le résultat a été dévastateur pour les réfugiés. A côté des 1500 Palestiniens déjà tués et des milliers d’autres blessés, la majorité des réfugiés sont une fois de plus sur les routes. Le Secours Rouge Arabe appelle à une journée de solidarité avec les habitants du camp ce 25 janvier.

Appel à la solidarité pour Yarmouk – Secours Rouge Arabe
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Lucio avec nous

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Anti-système?

Italy riot

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Comme en Pologne ou en Espagne : Refaire du sport

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Les Cellules Communistes Combattantes de Belgique – Entretien avec Bertrand Sassoye

blog CCC Belgique

Un nouvel article de fond du site ami Laboratoire d’Urbanisme Insurrectionnel, cette fois ci au sujet des Cellules Communistes Combattantes, qui ont mené la lutte armée en Belgique dans les années 80. L’intégralité de l’article et les explications complémentaires sont trouvables en cliquant sur le lien dans l’image.

Les anciens membres des CCC n’ont pas écrit leur histoire. N’est-ce pas priver ainsi les futurs révolutionnaires de vos expériences, de vos connaissances, même si les nouvelles technologies ont rendu obsolète vos méthodes d’alors  ? Le manuel de Carlos Marighella, les écrits de Che Guevara, sont encore précieux et bien actuels, malgré le temps.

Mais nous avons fait mieux qu’écrire l’histoire des Cellules, nous avons écrit ensemble, en prison, le document intitulé «  La Flèche et la cible  » qui expose le projet des Cellules et qui fait le bilan de cette expérience. C’est le seul document légitime (parce que collectif) sur l’histoire des Cellules.

Peu après les libérations, nous avons caressé l’idée d’écrire l’histoire des Cellules, et même jeté quelques premières notes, mais c’est resté sans suite… Pourtant cette histoire n’est pas tout-à-fait sans intérêt, même dans certains de ses détails, car elle permet de déboulonner certaines idées reçues sur la pratique de la guérilla urbaine. Voilà pourquoi, considérant l’important travail d’analyse et de recherches effectués sur votre site, je répondrai bien volontiers à cette interview.

Mais je voudrais faire quelques mises au point.

J’ai été un des membres fondateurs des Cellules. C’est une réalité et, en vérité, j’en suis très fier, mais je dois d’emblée préciser que mon témoignage ne peut être pris comme la vérité sur les Cellules, et cela pour au moins trois raisons  :

– D’abord parce qu’il y a un certain nombre de choses que je ne dirai pas  : primo, celles qui risque d’exposer d’anciens protagonistes de l’histoire des Cellules aux curiosités malveillantes de policiers ou de journalistes, et secundo celles dont nous avions, à l’époque, collectivement, décidé de taire.

– Ensuite parce que je n’ai pas connu tout le monde, ni participé à toutes les actions, ni visité toutes les bases etc. Mon témoignage est partiel et doit être complété et recoupé.

– Enfin parce qu’il s’agit de souvenirs lointains et que ma mémoire n’est que ce qu’elle est. J’étais un jeune homme enthousiaste au cœur d’une expérience enthousiasmante, et j’en garde un souvenir tellement ailé que je le soupçonne embelli.

Mais bon, vaille que vaille, et dans ces limites, je ferai de mon mieux pour répondre à vos questions.

Dans tout processus de gestation et de création d’un groupe révolutionnaire armé, la «  rencontre  » entre les membres ayant les mêmes affinités idéologiques et le même déterminisme, s’opère, le plus généralement, autour d’un point de convergence, que ce soit un lieu – université, de travail, squat –, une organisation  ; ou bien une ville  : on se souvient de l’importance de Berlin pour la RAF, ainsi décrite par Klaus Hartung  :

«  L’après-guerre n’y est pas toujours terminée. La ville a des vides, des ruines, des quais désaffectés, des coins débordant d’herbes folles, des monceaux de décombres, des traces qui succèdent aux traces. Le paysage urbain y gagne un zeste d’utopie. La contemplation des ruines stimule les idées  : il faudrait, si on essayait de… Des sentiments que ne susciteront jamais les zones piétonnières de l’Allemagne de l’Ouest. Et l’utopie de la ruine va bien au-delà de l’esthétique. Par exemple, la famille grande bourgeoisie a été léguée sous forme de ruine et ce dans de grands appartements de 5 à 8 pièces  : un espace où peuvent se déployer les communautés d’habitations, les communes, les boutiques d’enfants.  »

La famille bourgeoise de Bruxelles – ville refuge pour les révolutionnaires du 19e siècle – avait également cédé les quartiers centraux historiques aux populations ouvrières, et ses grands appartements. Avant que n’existent les CCC, quelle était la situation et la géographie politique de Bruxelles  ?

Il n’est pas facile de répondre à cette question car «  Bruxelles politiques  » était mon environnement naturel, donc je n’ai jamais pris le recul pour l’examiner comme vous la pourriez examiner. En plus ma connaissance de la ville (et chaque Bruxellois est dans le cas) est très partielle  : il y a des communes dont on connaît chaque recoin et des communes où on ne met jamais les pieds, où on ne voudrait même pas être enterré. La réalité communale est extrêmement prégnante en Belgique. C’est un vieil héritage des luttes bourgeoises antiféodales. On pourrait naître et mourir sans sortir de sa commune.

Saint-Gilles est une commune qui a été urbanisée au XIXe et qui, à la période où l’on parle, fin des années 70 et début des années 80, avait une petite partie middle class (le « haut ») et de grands quartiers populaires. Cela avait été une commune de petites industries et, avec la gare du midi, un quartier d’immigration. Nous avons eu des fortes vagues d’immigrations directement politiques  : juifs polonais et bessarabiens ou républicains espagnols, mais aussi simplement très politisées et fortement organisées (grecs, portugais, italiens). A mon athénée, il y avait encore peu d’arabes. Le pic de la grande vague d’immigration arabe avait bien été atteint quelques années plus tôt, mais les enfants des primo-arrivants n’étaient encore pas en âge d’aller en secondaire. A mon athénée, c’était en majorité des gamins nord-méditerranéens, et ils avaient baigné dans une culture politique. Il y avait de tout  : anarchistes, révisionnistes, trotskistes, ML, mao, etc. mais tous viscéralement antifascistes et anti-impérialistes (les enfants de l’émigration arabe n’auront pas ce back-ground politique).

Dans les années 70, Saint-Gilles était une commune rouge, qui comptait plusieurs librairies d’extrême-gauche. C’était aussi le cas de Saint-Josse et de Schaerbeek (encore que là aussi, il y avait un coin chic à Schaerbeek). La majorité des locaux de l’extrême gauche étaient localisés là (autant qu’il m’en souvienne) – seul le PC ayant ses locaux «  historiques  » à Bruxelles-ville. Les fascistes qui venaient coller à Saint-Gilles prenaient donc le risque de se faire casser la figure. A contrario, il y avait des communes réputées tenues par la droite et l’extrême droite. Laeken par exemple. Pour aller coller là, on partait en force, et moyennement à l’aise. Plus tard, à l’époque des Cellules, nous avons pratiqué une sorte de «  géométrie inversée  », en évitant «  nos  » quartiers, en évitant par exemple Saint-Gilles où nous risquions trop d’être reconnus …

Les CCC précisent dans un texte  : «  Il n’y a donc pas de réel problème de  »conditions pratiques » préalables à la lutte armée en ce sens qu’elle peut être menée partout où existe la volonté politique de la mener. Toutefois la conjoncture mérite d’être considérée en ce qu’elle détermine d’importante façon les axes politiques et tactiques de l’activité des forces communistes combattantes.  »

Le contexte économique de la Belgique des années 1980, où se succèdent les plans gouvernementaux d’austérité, n’a donc pas été fondamentalement déterminant pour la création des CCC  ?

C’est une dialectique. Dès le moment où il y a oppression, exploitation, il y a lieu de créer une force révolutionnaire. Mais aussi  : toute force révolutionnaire authentique est déterminée par les conditions objectives et subjectives. Un changement de conditions ne peut impliquer le renoncement à la lutte révolutionnaire: il implique simplement d’autres déterminations. Autrement dit: le contexte détermine l’initiative révolutionnaire mais il n’est pas besoin d’un contexte particulier pour impulser une initiative révolutionnaire.

Qu’en était-il alors pour nous  ? La société belge d’alors était traversée d’un grand nombre de contradictions, mais nous en avions identifié deux comme fondamentales. C’est sur ces deux contradictions que nous allions fonder notre lutte.

La première était celle opposant le prolétariat à la bourgeoisie dans le cadre du capitalisme en crise. Jusque là, et depuis la réactivation de la crise (1973), la bourgeoisie belge avait suivi des politiques keynésiennes de relance par la consommation, qui avaient largement préservé le prolétariat des effets de la crise. Le seul vrai impact était un chômage de plus en plus important, mais les revenus (y compris ceux du chômage, alors non limité dans le temps) étaient protégés par l’indexation. L’introduction des politiques néolibérales dans les pays voisins a changé la donne. L’économie belge est toute d’importation et d’exportation, la moindre variation dans les grands pays-marchés-concurrents voisins la touche de plein fouet. Les entreprises belges ont beaucoup perdu en compétitivité à la fois à cause d’une concurrence traditionnelle devenue plus offensive, et à la fois à cause de l’apparition de nouveaux concurrents, notamment asiatiques (la bourgeoisie belge avait peu investi, sa sidérurgie continuait à produire des articles semi-fini à peu de valeur ajoutée dont la production avait explosé en Asie). Pour restaurer cette compétitivité, la bourgeoisie et ses politiques se sont attaqué au coût du travail et, pour mener cette attaque, aux protections légales et syndicales. Une vague de conflits sociaux extrêmement durs s’en est suivi. Grèves, occupations, batailles de rue, lock-out allant jusqu’à la fermeture pure et simples d’entreprises se sont succédés. Le prolétariat et ses organisations traditionnelles ont subi une série de défaites retentissantes, et la confiance de la classe envers les partis et les syndicats réformistes en a été sérieusement ébranlée. Les Cellules sont intervenues à ce moment où coexistaient une grande rage, une grande volonté de lutte contre la bourgeoisie et son gouvernement, et une grande désillusion envers les forces réformistes. C’était une conjoncture idéale pour proposer une alternative révolutionnaire.

La seconde grande contradiction était celle opposant les masses populaires à la tendance à la guerre impérialiste. Cette tendance, produite par la crise du capitalisme en général et par le bellicisme de l’administration Reagan, avait été rendue perceptible par le programme d’installation des euromissiles, dont 48 Cruise à Florennes. Ce programme rendait tangible la menace d’un affrontement militaire nucléaire limité entre USA et URSS, avec l’Europe comme principal champ de bataille. Les mobilisations ont été massives. Une manifestation a rassemblé 400.000 personnes à Bruxelles  : Un Belge sur 20 avait fait le déplacement  ! Malgré une propagande atlantiste effrénée, dans laquelle la social-démocratie a joué un rôle central, plus de 80% des Belges étaient opposés aux missiles. Or, plus de 80% des parlementaires ont votés pour les missiles — et puis on a appris que les Américains avaient débarqué les missiles à Florennes avant même le vote. Là aussi, une fracture profonde sur une question essentielle était apparue entre les masses populaires et le régime. Là aussi, la situation était propice à la formulation d’une alternative révolutionnaire.

Entretien avec Bertrand Sassoye pour le LUI

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Marseille reste rouge & noire !

blog antifa Marseille contre AF

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Terror – One Blood

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Boxe populaire à Saint-Etienne

blog boxe populaire saint-étienne

Cela fait déjà plusieurs fois que les camarades antifas de Saint-Étienne organisent des tournois de boxe populaire : l’idée s’est même exportée jusqu’à Paris en décembre dernier, au squat de Bagnolet le Transfo : un tournoi bon enfant de boxe et de lutte y a réuni plusieurs dizaines de combattantEs, dont de nombreux militants antifascistes. Voici le texte d’appel d’une nouvelle initiative en mars prochain.

Le sport en général et le sport de combat en particulier sont des moyens d’expression individuelle et collective qui peuvent véhiculer des valeurs et des idées. Dans l’inspiration des squats de Turin, Berlin, Madrid ou Paris qui organisent des exhibitions de boxe populaire antifasciste pour encourager les militant(e)s à faire du sport dans une optique d’autogestion, de respect des autres et de rejet des idées haineuses, nous  renouvelons l’expérience avec cette soirée de boxe populaire.
Nous essayons de proposer des ateliers dans des lieux alternatifs pour que tout le monde puisse accéder à la pratique d’une activité sportive, et que cela ne soit plus le monopole des salles de sports classiques ou des clubs. Dans ceux-ci, nous faisons de notre mieux pour éviter de reproduire des comportements et attitudes présents dans la société qui ne nous plaisent pas, à savoir les rapports de domination, les idées et propos racistes, homophobes et sexistes ainsi que l’esprit de compétition exacerbé.
Dans la pratique, ceci se traduit par la possibilité de partager nos savoirs en matière de sport (et d’arts martiaux dans notre cas) dans un cadre ou tout le monde peut s’investir d’une façon ou d’une autre en tant qu’acteur et pas seulement consommateur. En ce qui concerne cette image virile et machiste qui est associée trop souvent à la pratique d’un sport de contact, nous essayons de la casser en montrant qu’au final, le genre  importe très peu quand il s’agit de s’entraîner et d’apprendre à maîtriser son corps et canaliser sa violence.
Nous concevons le sport comme un dépassement de soi même dans le respect de l’autre. Dans ce sens, pour nous il ne s’agit pas d’écraser le partenaire mais de s’amuser et de partager ses connaissances pour progresser mutuellement .
Pour ce qui est du rejet des idées d’extrême droite, nous venons d’horizons divers et variés et nous nous positionnons clairement contre toute forme de racisme. Face aux politiciens, partis et groupes qui répandent et mettent en pratique ces idées, nous organisons une riposte métisse et populaire : les ateliers de boxe thaï représentent à la fois un outil et une expression de cette détermination.

L’initiative de boxe populaire que nous proposons s’inscrit dans cette démarche politique. C’est pourquoi nous organisons une exhibition de boxe pied-poings à l’espace autogéré La Gueule Noire à Saint-Etienne le samedi 1er mars 2014.

Pour plus d’informations, merci de nous envoyer un mail à  boxepopulaire@riseup.net avant le 31 janvier 2014. Nous vous invitons à participer, relayer l’info et nous aider ainsi à faire passer le message afin que ce type d’initiatives se généralisent dans le mouvement alternatif.

Initiative des camarades – Présentation par la Horde

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…Car nous sommes nombreux

black bloc fighters

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Au sujet de l’antisémitisme moderne

Faye Schulman

Vous êtes en soirée, au taff, à la fac ou en famille, et on vous somme encore une fois de choisir votre camp: « …Et toi, t’es pour Valls ou pour Dieudonné? » Alors, t’es pour le PS ou pour les quenelles? T’es conspi ou franc-maçon? Tu préfères dire que les roms sont des sous-hommes ou que les juifs contrôlent les médias? Plutôt Pepsi ou Cola?

Cette scène, on l’a tous vécu, et elle nous saoule. Comme on en a marre de voir tous ces électeurs du PS ou de l’UMP se croire subversifs en soutenant Dieudonné (« hihi trop ouf j’ai mis une quenelle au système sioniste! »), comme on en peut plus de voir ces proclamés antifascistes se mettre à la remorque de l’État, ces gens qui pensent que tous les « musulmans de banlieue » (comprendre: les prolos issus de l’immigration) seraient des fans inconditionnels de Dieudonné…

Alors, on doit assumer le combat et voir les choses en face. L’antisémitisme n’est pas un « racisme comme les autres ». Il n’y a d’ailleurs pas deux racismes identiques. L’antisémitisme est un racisme de la classe moyenne flippant de perdre ses privilèges. De bons français biens cultivés, qui, après avoir considérés les juifs comme des « français intégrés » alliés avec eux contre les immigrés, les rejettent. Parce que pour eux, le constat de l’effondrement du système ne doit pas remettre en cause leur place privilégiée. La petite bourgeoisie doit survivre et pour cela il lui faut un bouc émissaire: hors de question de faire feu sur les patrons français, si il y a une élite aux commandes, elle ne peut être que fondamentalement différente d’eux, et donc intouchable. Double avantage: l’ennemi lointain ne peut pas être combattu, et sa nature toute-puissante fait de ceux qui le combattent des résistants héroïques.

Voilà donc l’antisémitisme qui revient à ses fondamentaux, jamais vraiment abandonnés: dans cet imaginaire « le » juif (puisqu’il représente une « communauté organisée ») est à l’image de l’argent, du capitalisme « déréglé » (pas le « bon capitalisme productif » des patrons français donc), de la spéculation, il est intouchable, incompréhensible et omnipotent. Le juif devient alors un oriental accusable de tous les maux: sous prétexte de liberté d’expression, on dresse des listes de noms, de journalistes, d’écrivains… Peu importe que les BHL, Zemmour et autres Attali (odieux bien sûr, comme tout les bourgeois qui assument leur domination de classe) ne risquent absolument rien, et que ce soient les juifs et juives des classes populaires qui soient visés, qui subissent le racisme au quotidien et qui soient poussés au communautarisme défensif.

Car l’antisémitisme n’est pas une théorie factuelle à partir de laquelle se construirait une politique raciste: c’est la justification des aspects les plus atroces du capitalisme pourrissant, de la division populaire et des peurs de la petit bourgeoisie finissante, allant jusqu’au pogrom. C’est pour justifier la nécessité de la violence de masse qu’on mobilise des arguments délirants, des faits divers, des accusations de crimes rituels, etc. Et ces théories suintent forcément dans les classes populaires.

Celles ci sont néanmoins surtout poussées à une autre forme de racisme, l’islamophobie: si le juif menace « par le haut » le capitaliste français qui peut alors se poser en victime et non en bourreau, le musulman lui, serait un barbare sanguinaire arrivant « par le bas ». Les fascistes jouent sur les deux tableaux, tentant d’encadrer une partie du peuple par l’antisémitisme, et une autre par l’islamophobie et donc le racisme anti-arabe. Le but à court terme, c’est de légitimer ce qui arrive en ce moment, c’est à dire la violence de groupes ou d’individus agressant des femmes voilées, des jeunes, des vieux, sur des critères racistes. Les brutes qui commettent ces actes deviennent donc de glorieux résistants qui ont compris que les victimes de l’exploitation impérialiste en Afrique, venant grossir les rangs du prolétariat en France, seraient une horde barbare venant violer leurs femmes et voler leur emploi. L’inversion accusatoire dans toute son horreur: le bourreau se fait passer pour une victime, et réciproquement.

Intéressant de constater que Dieudonné ou Valls, poussant chacun de leur côté au racisme et à la division des classes populaires, se posent tous les deux en rassembleurs républicains « anti-communautaristes ». Faire du business sur la haine, récupérer des électeurs ou vendre des mugs et des t-shirts, tout se légitime quand on s’invente des ennemis puissants… Le relativisme pourrit la société française, être « humoriste » permet tout, les appels au meurtre sont justifiés par la déconne et la liberté d’expression. Mais on s’en fout! Nous ne croyons pas à la matrice libérale, aux valeurs bourgeoises qui sont totalement partagées par les deux « camps » (sociaux-démocrates et complotistes/fascistes). La discussion est finie avec ceux qui ont choisi de véhiculer la division. Se prétendre « pro-palestinien » ou démocrate n’excuse rien. Nous ne sommes pas de ceux qui espèrent récupérer les complotistes se « trompant de colère » ou autre connerie opportuniste: il est temps de s’adresser à ceux et celles qui sont légitimement dégoutés et révoltés.

A l’heure où les condamnations commencent à tomber contre les camarades qui résistent à la montée de l’antisémitisme (à Tours, déjà, des amendes très lourdes pour « dégradations »; ailleurs, des gardes à vue, des menaces, des procès), nous refusons d’esquiver le combat, de nous taire pour ne « pas faire le jeu de l’État ». Non, les jeunes, les classes populaires ne sont pas de « la graine de fachos » ni des « moutons sionistes » – combattre le fascisme c’est aussi lutter contre un système pourrissant, contre le racisme d’État et les tendances social-démocrates n’ayant plus rien à proposer face à la barbarie. Une vraie solidarité s’impose.

Une seule solution, l’organisation de l’action antifasciste et l’autodéfense populaire !

Feu de Prairie

PS: Pour plus d’informations sur le sujet, vous pouvez lire les analyses de sites que nous mettons en lien, particulièrement le collectif Quartiers Libres, mais aussi le blog Luftmenschen, le blog Brasiers & Cerisiers…

fight_antisemitism

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Comme quoi, il y en a des bons !

Feu de Prairie n’a pas pour habitude de se pencher de manière exclusive sur tout ce que peut receler le net, tout comme une analyse sur le phénomène des youtubers et podcaster mériterait une analyse profonde qui ne sera pas développé ici. Après un coup d’œil rapide sur ce que peut regorger la toile d’émissions en tout genre, allant des conseils pratiques à l’analyse/commentaire de jeux vidéos, c’est avec plaisir qu’il faut noter la progression positive d’un youtuber comme Mathieu Sommet, sans doute plus connu pour son émission Salut les Geeks, ou SLG pour les intimes.

Ce qui va suivre n’est pas une tentative de récupération politique, ni même une volonté de notre part de vouloir faire de Mathieu Sommet l’individu représentant une avant-garde quelconque. Nous devons féliciter et surtout remercier SLG depuis quelques épisodes de donner un ton plus critique et (osons le mot) plus politique que de simples analyses de vidéo qui sont là pour faire rire, parce qu’elles sont burlesques, stupides ou les deux à la fois. Le fait d’ajouter une dimension critique à un contenu humoristique est une très bonne chose et permet de nous faire respirer un peu : L’univers du net et du podcast est souvent rempli d’un fourre-tout qui peut allez du pire au vraiment dégoûtant. L’insouciance de certains sujets, d’autres qui sont traité à la légère ou tout simplement bâclé peuvent laisser un sentiment d’incompréhension et même de lassitude. Parlons même de certains propos ou certains vidéos qui sont ambigus et ne font que perpétuer une tourbe idéologique qui reposerait uniquement sur l’usage du troisième degré pour faire passer la pilule sur n’importe quel sujet, même un qui serait un temps soit peu polémique.

Revenons à nos moutons. Le fait que SLG commence à prendre des positions clairs sur certains sujets de société (Notamment sur les témoins de Jéhovah, sur le lâcher de billets dans une boîte de nuit ou encore le Père Noel avec ses flingues qui nous ré-interprète un célèbre chant de noël…) est une bonne chose, face à une offensive réactionnaire ouverte dans les médias, sur le net et de la part de la pensée dominante. Disons encore qu’il est assez jouissif de voir SLG mettre une trempe interposée (et dialectique !) à un petit malin qui s’amuse à parler de viols « positif » en opposition à des viols « négatif » et la liste est longue. Le fait d’intervenir sur ce genre de vidéos et d’en voir le côté politique est une très bonne chose, ce qui fait que la consistance d’une vidéo de SLG prend une tout autre saveur. Nous ne prétendons pas ici faire de SLG ou de Mathieu Sommet un crypto-communiste et nous lui laissons le choix de ses opinions politiques tout en proclamant qu’il est plaisant de voir des esprits critiques/progressistes se réveiller dans une atmosphère générale qui sent le rance.

Gageons pour que SLG continue de fournir des émissions de qualité tout en ne renonçant pas à son côté hilarant, avec un jeu d’acteur au poil. Nous savons que le milieu ‘geek’ est un milieu qui a déjà été critiqué maintes et maintes fois pour ses relents racistes, xénophobes, machistes et anti-féministe (http://cafaitgenre.org/2013/03/16/sexisme-chez-les-geeks-pourquoi-notre-communaute-est-malade-et-comment-y-remedier/ ou http://la-bonne-fee.blogspot.fr/2013/04/sexisme-geek-dossier-malade.html) qui représente en fait l’état de décomposition avancée d’une idéologie capitaliste mortifère et réactionnaire. Nous ne généraliserons pas et nous ne nous le permettrons pas. SLG et d’autres, font leur bout de chemin et donnent une bouffée d’air frais aux militants que nous sommes.

Continuez les gars, vous êtes sur le bon chemin. Le pouvoir est au bout du clic de souris !

G.P

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Rote Flora bleibt

Rote Flora bleibt

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Manifestation à Berlin pour Rosa Luxembourg et Karl Liebknecht

LL demo

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Lutte des classes en Corée du Sud

korea strike

Quelque 130 syndicalistes ont été arrêtés le 22 décembre lorsque des milliers de policiers ont effectué une descente au siège de la Confédération coréenne des syndicats (KCTU), en réaction à une grève des ouvriers du rail qui craignent des licenciements massifs imminents. Plusieurs ouvriers ont été blessés lorsque la police a utilisé des aérosols de gaz poivre. Il s’agissait du premier raid de la police au siège de la Confédération coréenne des syndicats, mené sans mandat de perquisition, depuis qu’elle s’est vue accorder un statut juridique en 1999.

La grève a démarré le 9 décembre pour protester contre la décision de Korea Railroad (KORAIL) de fonder une société distincte pour gérer une nouvelle ligne de train à grande vitesse. Le Syndicat coréen des ouvriers du rail (KRWU), qui fait partie de la KCTU, craint que cela ne conduise à la privatisation de KORAIL et à des licenciements massifs. Lors de précédentes descentes de police dans deux bureaux du Syndicat coréen des ouvriers du rail à Séoul le 17 décembre, une trentaine de policiers ont saisi des disques durs et des documents confidentiels. Deux jours plus tard, la police a saisi de nouveaux disques durs et des documents lors de raids simultanés dans quatre sièges régionaux du KRWU à Daejeon, Busan, Suncheon et Yeongju.

Le 18 décembre, le Premier ministre Chung Hong-won aurait qualifié la grève des ouvriers du rail d’« illégale ». KORAIL a suspendu 7.927 ouvriers grévistes, à titre de sanction disciplinaire. Les mandats d’arrêt émis contre 28 représentants syndicaux se fondaient sur les charges pénales d’« obstruction de l’activité économique » et deux dirigeants syndicalistes ont été arrêtés. KORAIL a également intenté une action en dommages-intérêts pour pertes estimées à 5.314.000 contre le KRWU et ses 186 dirigeants.

Secours Rouge

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