Rouges, blancs, antifascistes

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Rosa Luxemburg: Présente! Karl Liebknecht: Présent!

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Face aux nouvelles formes de domination: nouvelle résistance

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Au sujet de l’assassinat de trois militantes kurdes à Paris

kurdistan

Voici le communiqué publié par une cellule de la Jeunesse Communiste Marxiste-Léniniste. Nous le publions car il apporte des éléments intéressants pour comprendre ce qui se passe et rappelle des faits qui ne doivent jamais être oubliés. Les révolutionnaires de France ont pour mission d’être solidaires de leurs camarades turcs et kurdes, ici et ailleurs, dans toutes leurs légitimes luttes. D’autant plus que le moment est crucial, avec une intensification de la répression contre le peuple kurde, qui a des répercussions en Europe (on n’oublie pas tous ceux qui ont été arrêtés par les polices du continent et livrés à l’état Turc pour y être emprisonnés, torturés ou exécutés!). D’autre part le vieil état français est actuellement entrainé dans une fuite en avant; il est en pleine décadence, incapable de se sortir de la crise qui l’affecte à tous les niveaux. Et cela entraine une explosion de la barbarie, avec le racisme bien sûr – et toutes les autres façons de diviser le peuple, mais aussi avec les offensives impérialistes au Mali et dans d’autres pays considérés comme une « zone d’influence ». Le combat pour la libération totale n’a pas de frontières. Il est aujourd’hui urgent de s’informer, de s’organiser sur des bases de classe, pour être capables de frapper fort.

Trois militantes kurdes ont été froidement exécutées mercredi après-midi alors qu’elles se trouvaient dans les locaux du Centre d’information du Kurdistan (CIK). Il s’agit de Sakine CANSIZ, une des co-fondatrices du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) ; Fidan DOGAN, présidente du CIK ; Leyla SOYLEMEZ.

Pour nous, les slogans lancés par les centaines de Kurdes venus protester cet acte terroriste se suffisent (« Turquie assassin ; Hollande complice ! ») En effet, les circonstances qui entourent cet assassinat nécessitent une attention particulière.

En ce début d’année 2013, les autorités turques poursuivent pas-à-pas les pourparlers engagés fin décembre avec Abdullah ÖCALAN, chef du PKK emprisonné sur l’île d’Imrali depuis 1999. Le dialogue entre le leader kurde et les services de renseignements turcs, est présenté comme intégrant « un processus de paix » devant mettre fin aux affrontements armés. Ce processus de paix a été initié suite à la grève de la faim de 10 000 prisonniers politiques en Turquie qui dénonçaient les conditions d’incarcération d’Abdhullah ÖCALAN. L’accord de principe étant le désarmement du PKK en échange de droits accordés à la minorité kurde par une refonte de l’Etat (nouvelle constitution). Or ni les Kurdes ni les forces progressistes et communistes de Turquie ne sont dupes : chacun est conscient des manœuvres de l’Etat turc en vue d’éradiquer une bonne fois pour toute le mouvement kurde de libération nationale que nous soutenons. C’est pourquoi la vigilance est de mise côté kurde sachant que 14 guérilleros ont encore péri dans des opérations menées par l’armée turque ce lundi.

L’entrée en pourparlers ne signifie pas l’arrêt de la répression de la part de la bourgeoisie, comme nous l’apprend l’exemple basque. Nous rappelons que des militants basques continuent d’être arrêtés et incarcérés en France et en Espagne via une étroite collaboration des services de polices des deux pays. D’ailleurs, le Premier ministre turc, Recep Tayyip ERDOGAN, exclue toute hypothèse de libération du leader kurde de même qu’une amnistie générale au profit des prisonniers politiques kurdes.

L’assassinat des trois militantes kurdes en plein Paris soulève toutefois des questions cruciales. A l’heure actuel, tout l’appareil d’Etat turc pointe du doigt un supposé règlement de compte au sein du PKK, entre partisans des négociations – à l’issue incertaine – et une branche radicale qui viendrait « saboter » ledit processus de paix. Pour nous, cet acte terroriste vise la communauté kurde. Les exécutions sommaires de militants communistes turcs ou kurdes d’une balle dans la tête ont déjà maintes fois eu lieu par le passé et rappellent de près les attentats revendiqués par l’extrême droite turque. Il est fort probable que ce soit là un moyen de faire pression sur le PKK pour qu’il cesse la lutte armée sans engagements politiques conséquents de la part du gouvernement.

Nous savons aussi que la France s’est rapprochée de la Turquie aussi bien sur le plan des échanges économiques et industriels que sur le plan de la répression. Un accord de coopération policière entre les deux pays a vu le jour le 7 octobre 2011 sous la présidence Sarkozy et continue de sévir à l’encontre des opposants turcs et kurdes en France (cf. l’augmentation des procès de militants passés sous silence ainsi que les perquisitions de locaux appartenant à des associations kurdes). Plusieurs militants du DHKP-C ont été condamnés le 20 décembre à entre 7 et 5 ans de prison. Le fait que la France réprime pour le compte de la Turquie peut laisser penser que fascistes et services secrets turcs peuvent agir en toute impunité sur le territoire.

Nous demandons à ce que la lumière soit faite sur cet assassinat et affirmons une fois de plus notre soutien au peuple kurde. Nous appelons toutes les forces communistes et progressistes à se joindre aux initiatives qui ont lieu depuis ce matin afin de protester cet acte barbare. Nous devons faire en sorte que cela ne se reproduise plus jamais. A bas les crimes fascistes ! Vive le mouvement kurde de libération nationale !

JCML 69

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Nucleo Terco – Leningrad Rockers

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Parce que nous aimons rendre service, même à Depardieu et consort

Gulag

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Back in black

blog blac block tenez bon

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Les dangers de la suraccumulation en Chine : une analyse marxiste

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The Host – Cette société crée des monstres… Qui nous en débarrassera, à part nous mêmes?

the host

The Host (Gwoemul en VO) est un filmé sud-coréen réalisé par Bong Joon-ho, sorti au cinéma en 2006. Grosso modo, l’histoire est la suivante: des militaires américains présents sur une base en Corée du sud décident de balancer dans le fleuve Han tout un tas de produits passablement toxique. Quelques temps plus tard, cela entraine la mutation d’un poisson qui se transforme en un bon gros monstre amphibie, dans la plus pure tradition des films du genre. Il commence à semer la panique sur les berges du fleuve, et lors de sa première apparition, il entraine avec lui la fille d’un petit commerçant un peu demeuré, Park Gang-du (joué par l’excellent Song Kang-ho). Celui ci sait que sa fille est encore en vie, mais à part sa famille, personne ne le croit: au contraire, on cherche à l’arrêter pour éviter une supposée contamination due à un contact avec le monstre. Park se lance alors à la recherche de sa fille avec son vieux père, son frère chômeur et sa sœur championne raté de tir à l’arc.

Hormis l’aspect très divertissant du film et la qualité des acteurs, cette œuvre contient des références politiques intéressantes, qui ont contribué à son succès. En effet, l’histoire de la contamination du fleuve n’est pas inventée: elle fait suite au scandale provoqué en 2000 quand la presse a révélé qu’un entrepreneur américain liée à l’armée avait balancé d’énormes quantités de produits toxiques dans le fleuve Han. Cela a entrainé une controverse quant à la présence des bases américaines en Corée du Sud responsables d’important dégâts. Il y a aussi la présence d’un « agent jaune » employé pour combattre le monstre dans la droite ligne de « l’agent orange » américain utilisé comme défoliant pendant la guerre du Vietnam: celui ci étant à l’origine d’une autre catastrophe écologique.

Bong Joon-ho assume le message politique du film sur des bases écologistes et anti-impérialistes. En allant plus loin, on a une critique sociale intéressante puisque les seules forces à même de combattre le « monstre » représentant les conséquences de l’écocide capitaliste sont la famille du personnage principal. Et cette famille symbolise non pas la société civile mais les classes populaires. Des rebuts du système en apparence n’ayant pas « réussi leur vie »… Et pourtant, la seule force vraiment positive, capable de faire changer les choses. L’État, sa police, son armée, prétendent défendre la population: ils ne font que bloquer et réprimer le besoin de changement porté par les classes populaires. La scène finale vue dans cette perspective porte une très forte symbolique.

The Host est donc un film agréable à voir, amusant, bien réalisé et plutôt intelligent dans l’image qu’il donne de la société sud-coréenne moderne et de ses profondes contradictions.

D.

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Graff, pochoir, autocollant, collage, tag: les murs sont à nous.

blog street art girl

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Pablo Hasél – No hay bozal

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GIA

GIA

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Fuck nazis.

blog fuck nazis

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Le réveil approche

blog révolution

Un article intéressant du journal de gauche keynésienne « Rue89 ». Intéressant, pourquoi? Nous n’avons pas pour habitude sur Feu de Prairie de faire la publicité de journaux ou de médias portant des perspectives politiques clairement divergentes des nôtres. Et ici, l’interview de Thomas Piketty se situe bien dans une perspective réformiste, social-démocrate. Néanmoins il y a quelques éléments pertinents à piocher dans son propos. Ne serait-ce que le fait de voir de tels réformistes « redécouvrir » la lutte des classes, qui n’a jamais cessé d’exister… C’est un signe des temps. L’analyse de Piketty met en valeur les inégalités croissantes dans notre société, opposées à une certaine vision de l’histoire de France (laisser entendre que les guerres mondiales, largement dues aux appétits des bourgeoisies nationales impérialistes, ont été une catastrophe pour elles, il fallait oser: dans un cadre de crise de surproduction, cette destruction horrible de millions de vies humaines – de force de travail, donc – et de capital, a au contraire permis au capitalisme de se développer et de se sauver temporairement!). Par contre sa stratégie visant à pousser à gauche le PS avec de bonnes vieilles mesures keynésiennes a de quoi faire sourire par son décalage total avec les nécessités imposées par la situation actuelle. Les partis gestionnaires ne peuvent être améliorés, ni de l’extérieur ni de l’intérieur: ils accompagneront l’effondrement du système économique et tenteront de le sauver par tous les moyens. Ce qu’il faut, c’est constituer un front radical et autonome de tous ces réformistes, qui assume la lutte idéologique et politique pour la libération totale.

D. Pour Feu de Prairie (l’article intégral publié par Rue89 est disponible en cliquant sur l’image, comme d’habitude)

Historien, économiste, professeur à l’école d’économie de Paris, Thomas Piketty travaille sur les questions de répartition de revenus, des inégalités et de la fiscalité. Il est l’auteur des « Hauts revenus en France au XXe siècle » et coauteur de « Pour une révolution fiscale ».

Rue89 : Vous dites que la lutte des classes n’est pas morte. On va vous accuser de réveiller une vieille guerre dépassée…

Thomas Piketty : J’essaie de comprendre ce qui a vraiment changé dans la structure des classes sociales – et ce n’est pas un gros mot, « classes sociales » – depuis le XIXe siècle, qui est un peu le point de départ du capitalisme industriel et des grands traumatismes en matière d’inégalités.

On a aujourd’hui une structure de classes qui est tout de même un peu plus méritocratique, plus fondée sur la liberté individuelle et la justice que sur la filiation. Mais, par rapport à l’immense espoir méritocratique sur lequel sont fondées nos sociétés démocratiques, les transformations ont été plus limitées qu’on ne l’imagine souvent.

Et surtout, on assiste aujourd’hui à une vraie régression. Les privilèges de naissance et le patrimoine viennent concurrencer le capital humain, le mérite. C’est un type d’inégalité violent, que l’on croyait avoir dépassé. Je pense possible un retour des structures de classes plus proches du XIXe siècle que de celles des Trente Glorieuses.

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La Plataforma – Cristales rotos

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La moitié du ciel

blog serve the people

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Il y a déjà presque un siècle…

Gramsci

Les communistes pensent que la crise actuelle est une catastrophe plutôt qu’une crise. Les communistes sont renforcés dans leur opinion à ce sujet, non seulement par la critique de l’économie capitaliste qu’a faite l’Internationale communiste, mais aussi par l’opinion des économistes libéraux. Les libéraux ont toujours nié la possibilité d’une crise économique frappant simultanément toutes les industries et tous les pays, et pourtant cette crise s’est produite, elle est en cours; il ne peut donc plus s’agir d’un phénomène limité dans le temps et dans l’espace, prévisible par des calculs valables pour la norme; on ne peut parler que de catastrophe, d’un phénomène exceptionnel, auquel on ne peut remédier que par des moyens exceptionnels; d’un phénomène de complète désagrégation du système économique bourgeois, qui ne peut être circonscrit et surmonte que par la conquête de I’État, par l’imposition de la dictature du prolétariat.

Le chômage s’étend dans toutes les industries ; il n’est donc pas possible que les ouvriers sans travail passent d’une industrie à l’autre. Le chômage envahit tous les pays, l’émigration n’est donc pas possible. Les compensations qui s’offraient par le passé sont actuellement impossibles. La crise apparaît sans limites, ni d’espace, ni de temps. Le spectre de la faim et du licenciement plane, menaçant, sur d’immenses foules de sans-travail; que doivent faire ces foules ? Comment doivent-elles apaiser leur faim, comment doivent-elles se vêtir, comment doivent-elles se loger ? La faim et le manque de logements conduisent fatalement au brigandage, à la violence individuelle, à la destruction chaotique du peu de biens qui existent. Les réformistes se figurent-ils que le gouvernement voudra entretenir indéfiniment les chômeurs? Le capitalisme vit du profit tiré du travail des masses prolétariennes : il ne peut entretenir les masses qui ne travaillent pas sans s’anéantir complètement. Les réformistes croient-ils que le capitalisme veuille s’anéantir ? Le capitalisme c’est… les capitalistes, des hommes en chair et en os, des gens qui ne veulent pas faire de la philanthropie, des gens qui préfèrent employer leur argent à enrôler des gardes blancs prêts à fusiller les ouvriers, plutôt que de le distribuer en subsides et en soupes populaires.

La démagogie socialiste n’est pas seulement un crime, c’est aussi une sottise. Dans des périodes comme celle-ci, il est indispensable de parler net, c’est la franchise et la décision qui sont indispensables et non les atermoiements. Le prolétariat ne peut se sauver qu’au prix de connaître la vérité tout entière, au prix de connaître toute la portée des dangers qu’il court et des sacrifices qu’il doit accomplir pour les surmonter. La tactique des réformistes et des « communistes de tendance » ne trace pas de ligne d’action ; elle n’est qu’un reflet de la panique qui s’est emparée de tous les dirigeants petits-bourgeois de la société en décomposition. Le devoir des communistes est de démasquer ces hommes devant les masses, et de faire la preuve que le prolétariat ne peut sortir de la pénurie présente, qui le menace dans sa vie physique comme dans son développement spirituel et civil, qu’en entrant résolument dans la lutte pour abattre le régime actuel et pour créer un gouvernement international des forces productives existant dans le monde.

Gramsci – journal L’Ordre Nouveau – 1921

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Bim bam boum

blog antisexisme

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Minsk populaire et antifasciste

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Alfon Libertad!

blog Alfon Libertad

Alfonso Fernández est un jeune ouvrier madrilène qui a été arrêté lors de la dernière grève générale, le 14 novembre, au moment où il s’apprêtait à aller à un piquet. Il est accusé de détention d’explosifs et placé en détention provisoire, sous un régime de haute sécurité (FIES), en attente du jugement. Dans les trois semaines qui ont suivi cette arrestation, ses amis et ses voisins mais aussi de nombreuses organisations politiques et sociales se sont mobilisées pour dénoncer un montage policier et réclamer sa libération.

Secours Rouge – APAPC

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Bons baisers de Slovénie

blog Maribor

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Dernier Rempart & L’Alerte Rouge – Galériens en guérilla

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Collection printemps/été 2013

fringues

Feu de Prairie prend de l’avance et vous présente ses conseils mode pour se préparer à un été très chaud!

Plus sérieusement, il est nécessaire de s’intéresser aux différentes façons de s’habiller lors d’actions politiques pour assurer sa sécurité et sa protection tout en permettant une mobilité maximale. Cela fait partie des questions plus globales entourant les tactiques de manifestation et de résistance à la répression, que nous abordons régulièrement sur ce site. Nous avions déjà parlé par exemple des modes de communication que les militants emploient pour l’agitation et la propagande; il pourra être question une prochaine fois des différentes tactiques employées dans les manifestations anticapitalistes radicales.

Comme d’habitude notre but n’est pas d’être exhaustif mais de donner quelques conseils aux gens nous lisant et s’interrogeant sur des photos de manifs qu’ils ont pu voir, ou se préparant à participer. Et au vu de l’embrasement de l’Europe, des révoltes spontanées qui agitent les classes populaires ici et ailleurs, il nous semble important de nous préparer collectivement au mieux… Alors, quelques idées d’habillement pour les militant(e)s d’aujourd’hui.

Se protéger en manifestation: les bases. Tout d’abord, cela peut sembler important mais il est primordial de réfléchir cinq minutes à sa tenue avant de sortir de chez soi. Est ce que je prends un sac? Si oui, que mettre dedans? Je viens en tong ou en rangers? Bien sûr, cela dépend des évènements: une manifestation anti-G8 partant pour l’affrontement ne se déroule pas comme une démonstration syndicale plan-plan bercée par la Rue Kétanou (ou autre musique « revendicative »), un piquet de grève n’est pas un black bloc, etc. Éviter le folklore, ne pas se faire repérer à trois kilomètres est évident, et c’est une bonne habitude à prendre. Dans le cadre d’une manifestation visant à se faire entendre et non d’une action de confrontation, il est aussi important de réfléchir à son apparence pour ne pas se couper radicalement des gens voyant passer le cortège. Les habits doivent être aussi sobres que possible pour limiter les possibilités d’interpellation par la maréchaussée. Porter un chapeau rose est peut être très divertissant mais vous êtes une cible de choix. Un jean et un sweet casual sont bien plus difficiles à décrire. Pensez y. Ensuite: porter une écharpe et, si possible, prendre du sérum physiologique. L’écharpe permet de se masquer ou de limiter l’effet des lacrymogènes.

La tête. Des lunettes de soleil cheap couplées à une casquette et/ou à une capuche peuvent également rendre l’identification difficile mais n’assurent pas un anonymat total (notamment par reconnaissance biométrique). Les lunettes plastiques noire seront préférées (elles résistent mieux aux chocs éventuels), voire les lunettes de piscine en cas de répression probable (elles protègent les yeux des gaz). Des casquettes renforcées sont trouvables dans le commerce. La question des casques se pose aussi: très présents dans les manifestations d’Europe du sud (Italie, Grèce…) ils ont une symbolique forte et donnent un aspect agressif. Ils sont souvent visés par la police tout comme les autres types de protection, car symbolisant une certaine volonté d’en découdre. A garder pour les actions particulièrement tendues, la défense d’un lieu, un piquet de grève risqué ou la protection collective d’une manifestation/ un service d’ordre. Les casques de chantier ou de scooter laissent une bonne visibilité, couplés à une écharpe ils permettent d’être protégé et relativement anonyme. Dans le cadre d’une attitude plus défensive, les casques de moto sont mieux adaptés, finalement assez proches de ceux des CRS…

Le haut. Tous les gouts sont dans la nature. Toute veste assez solide pour amortir les coups est tout de même préférable. De même, ayez à l’esprit qu’un col ou n’importe quoi peut permettre à quelqu’un de vous agripper. Les lacrymos peuvent pourrir les fringues, inutile de sortir vos plus beaux atours… La plupart des habits existants sont déclinés en simili-cuir ou en synthétique, ce qui est intéressant pour ceux/celles qui sont vegans parmi nous.

Le bas. Tout le monde porte des jeans, non? Des chaussures fermées et assez serrées sont conseillées.

Les autres protections. Les boucliers: apparus avec les premières manifestations étudiantes violentes des années ’60 et largement employés par la mouvance autonome, ils reviennent à la mode. Ils ne sont utiles que si leur usage est décidé collectivement et nécessitent une certaine cohésion de groupe pour être employés efficacement. Les book blocs renouvellent cela en transformant les livres en protection: c’est incontestablement très fort symboliquement, et cela peut être mis en place assez simplement. Mais un bête morceau de plexi avec une poignée fait aussi l’affaire. A noter que l’extrême droite emploie parfois des boucliers pour protéger ses cortèges des projectiles (Suède, Grèce, USA…) lancés par les manifestants. Cela marque une différence claire avec les manifestations révolutionnaires cherchant à se protéger de la police: les néofascistes fonctionnant comme des auxiliaires officieux des flics, ils n’ont pas besoin de réfléchir à cela… Les drapeaux: un bon manche de bois d’un mètre à un mètre cinquante donne un outil de dissuasion redoutable. Plus petit encore, le morceau de tissu n’est qu’un prétexte pour avoir un gourdin. Pourtant, ça marche, donc pourquoi s’en priver? Et puis, ça nous change agréablement des hampes syndicales en plastique. Des gants ont aussi leur utilité pour limiter les traces et les blessures mais réduisent l’habilité manuelle. Toutes ces protections doivent être pensées dans un cadre mixte, elles ne doivent pas devenir l’apanage d’une minorité « combattante » projetant une image de guerrier viril: tout le monde peut les employer.

Le sac. Carte d’identité (même si il est plutôt conseillé de l’avoir directement sur soi), eau, pansements, vêtements de rechange éventuels, et rien de fragile bien sûr. Un petit sac à dos est moins encombrant.

Les choses à éviter. L’alcool et la drogue – aucune exception à ce sujet. C’est un suicide politique, et un excellent prétexte à la répression. Les lances pierres et autres armes de jets non-improvisées (c’est une arme d’un point de vue légal). A part pour une action bien précise, c’est également à éviter car difficilement défendable en cas d’arrestation. Les protections trop importantes (type protections de genoux et d’avant-bras pour sport de glisse): risquées aussi, il convient de faire attention. Les cagoules: donnant un aspect « terroriste » et tombant sous le coup de la loi (le port d’un masque étant interdit), mieux vaut les éviter pour les manifestations en France. En Allemagne ou dans les pays d’Europe du nord plus généralement, la question se pose différemment.

C’est intéressant tout ça, mais si on n’est pas équipé? On peut trouver des solutions économiques comme les marchés Emmaüs ou le Secours populaire. Les friperies, les sites d’enchère en ligne, et les vides-grenier permettent aussi de trouver des objets sympas et utiles à des prix très raisonnables. Inutile de se ruiner pour se protéger, donc… Mais n’oublions jamais que la meilleure protection reste la cohésion de groupe, la confiance que l’on peut avoir dans ceux/celles qui marchent à nos côtés, et la solidarité face à la répression.

Cette liste n’est pas exhaustive et sera surement complétée, modifiée, corrigée ou précisée suivant les retours que l’on recevra. Bonne lecture et bon shopping!

D.

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F Tipi film

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